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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 10:57
Valvins, commune de Vulaines sur Seine, petit village de Seine et Marne qui se situe entre Seine et forêt a proximité de Fontainebleau, une petite maison sur les bords de Seine, nous sommes chez Stéphane Mallarmé.

Dès 1874 il y fait de nombreux séjours, a 32 ans, de santé fragile le poète décide de s’établir dans ce petit village, tout proche du pont de Valvins face à la Seine, il avait loué deux pièces dans cette maison qui était une auberge, plus tard il finira par l’acquérir.


Il avait lui-même aménagé la maison avec beaucoup de simplicité et de raffinement.

Sa vie à Valvins était faite de repos, il écrivait à ses amis, repensait son œuvre, se promenait en forêt ou canotait sur le fleuve. Ses promenades fluviales le menaient du Pont de Valvins à l'écluse de Samois ou dans l'autre sens vers Thomery. Il allait à la pêche accompagné du photographe et ami Nadar.

 Il y recevait ses amis arrivant de Paris ou d'alentours : Berthe Morisot et sa fille Julie Manet, en 1892, à la mort d'Eugène Manet, frère d'Édouard Manet, Mallarmé devient le tuteur de sa fille, Julie , Paul Valéry, Manet, Léon Dierx, Vuillard, Marcel Schwob ou les Natanson, qui étaient voisins, Thaddée créateur de la revue blanche dans laquelle écrivait Stéphane Mallarmé.

 Elémir Bourges, Henri de Régnier, Edouard Dujardin, Paul et Victor Margueritte, Odilon Redon, Camille Mauclair, Armand Point, Stuart Merrill, Gabriel Seailles, Renoir et bien d’autres étaient aussi voisins.

Grâce à lui, le pont de Valvins, cinq fois reconstruit depuis les Romains, est devenu le haut lieu de la littérature française.



 " André Billy, à propos du Pont de Valvins, déclara : " il a joué dans la méditation de Mallarmé un rôle presque aussi important que son cabinet de travail ou son jardin "
Henri Mondor rappelait que c'est au Pont de Valvins que Mallarmé rencontra un baigneur qui perdant connaissance était en train de se noyer : et ce baigneur n'était autre que Paul Valéry. Il y rencontra aussi Oscar Wilde.
 En 1885 dans une lettre à Paul Verlaine, Mallarmé s'épanchait : "J'oubliais mes fugues aussitôt que pris de trop de fatigue l'esprit, sur le bord de la Seine et de la Forêt de Fontainebleau, en un lieu le même depuis des années.

Les poètes étaient fascinés par ce lieu, Victor Hugo passa quelques jours aux Plâtreries, Samois tout proche. La forêt impressionnait les poètes, les peintres, les musiciens passaient du romantisme au symbolisme.
 Stéphane Mallarmé y décède en 1898.



Au rez-de-chaussée, le début de la visite nous conduit à l' exposition consacrée au poème « l’après-midi d’un faune » de Stéphane Mallarmé, chef d‘œuvre de la poésie symboliste, publié en 1876, ce poème est enregistré par un acteur, il est diffusé pendant la visite de la première salle.

 Quelques années plus tard, un ballet fut créé par le grand danseur des ballets russes, Nijinski, il ne devait pas se démarquer du style de Fokine, car sous l’influence d’Isadora Duncan, Fokine avait effectué le retour aux sources grecques de la danse, illustré par ses ballets, décorés par Léon Bakst.
 Nijinski pour cette œuvre devait également s’inspirer de la Grèce, mais différent du style de Fokine par la nouveauté de la gestique. Il rencontra Bakst, Diaghilev pendant l’été 1910. Ils se réunirent tous les trois à Paris à l’automne de la même année, durant ce séjour les traits essentiels du ballet furent arrêtés. Le contenu narratif, inspiré de l’églogue de Mallarmé, fut certainement établi avec Cocteau.



 Diaghilev et Léon Bakst étaient allés au Louvre, voir un vase grec du V eme siècle avant JC de Pisticci, le décor du vase représentant « satyre poursuivant une Ménade », ce décor servit de modèle à la création des costumes.


Extraits de l'après-midi d'un faune, livre de l'exposition.

Le projet du décor de Bakst est présenté à l'exposition, ainsi que des écrits sur le ballet, 13 aquarelles originales de René Louis Emile Bignon.
Quelques livres, l’original du poème illustré par Edouard Manet, collaboration étroite entre les deux hommes de 1874 à 1876 (Manet Mallarmé).

Dans une autre salle, un fond musical il s'agit de l’œuvre de Debussy ' prélude à l'après-midi d'un faune", La partition originale est présentée, des portraits de Mallarmé par Gauguin, Picasso, une sculpture de Gauguin, le faune en bois exotique.
 
La visite à l’étage nous conduit dans les appartements du poète, le décor est sobre, une enfilade de pièces, les portes entrebâillées, l’auteur n’est pas loin on aperçoit sa silhouette dans l’embrasure de celles-ci, il nous invite à pénétrer dans son intimité.

 De suite on est introduit dans l’appartement, des photos de la famille et de l’auteur, il est vrai que les photos étaient à la mode ce sont les débuts du grand photographe Nadar, quelques éventails exposés au mur ,Mallarmé a écrit des poèmes sur chaque, il parait qu’il en offrait à certaines femmes par amitiés. 
(Une expostion aura lieue dès le 19 septembre  2009, sur les éventails de Mallarmé).

 Nous passons dans la chambre de Mesdames, toujours des photos, quelques tableaux il avait beaucoup d’amis peintres, Manet, Monet, Berthe Morisot, Degas, le mobilier est sobre les pièces petites.

Dans la salle à manger, quelques objets de valeur, une pendule en porcelaine de Saxe, un pot à tabac en porcelaine de chine, et la table des « mardis littéraires » Mallarmé réunissait dans son appartement parisien chaque semaine autour de cette  table une bande d'amis, Verlaine, Huymans, Manet, Ravel, Valery...

 La pièce suivante est un boudoir ou le cabinet japonais, le Japon était à la mode, Mallarmé collectionnait ce qui venait de ce pays, mobilier, éventails, coupelles en bois laqué, le raffinement.

La chambre de Stéphane , ou son lit  est positionné face à la fenêtre d’où il pouvait voir la Seine, il aimait la contemplée à toutes heures du jour, on y trouve aussi une bibliothèque anglaise.

 La chambre de Geneviève sa fille, quelques photos , des portraits de Stéphane, un piano de Roller et Blanchet, et une lampe magique peinte par Julie Manet, il s’agit de petits personnages peints sur une plaque de différentes couleurs, Julie était pupille de Mallarmé après le décès de sa Mère.

En fin de visite, une promenade dans le jardin, nous sommes au premiers jours de l’été, il est fleuri, les rosiers embaument, au premier plan des fuchsias, roses trémières et différentes sortes de fleurs tout cela assez touffu, quelques arbustes, la tonnelle  recouverte de roses nous conduit  au verger , quelques  pommiers, poiriers, des tables et chaises dispercées çà et là, permettent d’imaginer la vie à l’époque du poète et de méditer dans ce havre de paix. Endroit charmant qu’il est bon de visiter.

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commentaires

Yves 04/09/2009 20:48

Bravo Tinou pour cette belle promenande nostalgique sur la vie d'un artiste entouré de ses amis artistes, le tout dans un décor bucolique. Tu as bien réussi à traduire la nostalgie de cette maison et à faire resortir tes impressions du lieu.