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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 17:50
Exposition divisée en 6 thèmes.
Louis Comfort Tiffany nait à New York en 1848 y meurt en 1933, artiste américain, fils de Charles Lewis Tiffany, fondateur d’une bijouterie, Tiffany and Co.
 Elevé dans un décor privilégié, entouré de beaux objets, il est très sensible au raffinement de ce qui nait dans les ateliers de son père. Réceptif et influencé par d’Edward Moore, très érudit et pédagogue, maitre orfèvre de la joaillerie familiale.
Cela ne surprend personne lorsque le jeune Louis Comfort décide de devenir peintre au lieu d’entrer dans l’entreprise. En 1866, il étudie à la Nationale Academy of Design (association d’artistes américains, elle fut fondée en 1825), le but de promouvoir les beaux arts en Amérique par l'enseignement et grâce à des expositions. Il est l’élève de George Inness, peintre paysagiste américain, travaillant dans le style de l’école de Barbizon.
En 1867, les affaires de son père sont un prétexte pour venir visiter Londres et Paris, il y rencontre un monde artistique tourné vers les styles exotiques du moyen et extrême orient.

- les débuts de la carrière de Tiffany, et ses voyages en Europe.

Ses séjours en Europe Louis Comfort Tiffany vient à Paris en 1868, pendant un an, il est l’élève de Léon- Charles Bailly chez qui il étudie la peinture, c’est un maitre de l’école de Paris, spécialisé dans l’art oriental. Il voyage avec Robert Swain Gifford en Egypte, Maghreb, Espagne, Italie. Il se rend également à Londres, ou il a certainement rencontré des artistes et intellectuels du moment tels que : William Morris, Rossetti, Burnes-Jones et son compatriote américain James McNeill Whistler. Pendant ses voyages il dessine et étudie l’architecture des pays qu’il traverse.
Dès 1870, il rentre à New York et expose les objets rapportés de voyage.
 Il continue de voyager, c’est l’époque où l’archéologie devient une science, de nombreuses fouilles sont entreprises en Afrique du nord, au moyen Orient, révèlent des formes d’art oubliées, tel que les verres antiques, pour Tiffany c’est une révélation, les couleurs sont extraordinaires, et les matériaux retiennent son attention. Longtemps enfouis sous terre, les verres ressortent transformés par leur exposition aux oxydes naturels, surfaces rugueuses aux tonalités nacrées aux reflets bleus, verts, d’or.
A 24 ans en 1872, il s’oriente vers le travail du verre. Très attiré aussi par les vitraux de nos églises et cathédrales, il a visité Chartres pour découvrir le bleu des vitraux.
 En 1878, il présente 3 peintures à l’huile et deux aquarelles, à l’exposition universelle de Paris. Ses peintures remportent un très vif succès.

A l’exposition :

Dès l’entrée, une immense photo montrant l’immeuble Tiffany à New York, devant, une vitrine est consacrée aux œuvres d‘ artistes célèbres :
Une coupe à décor lune et arbres de Rousseau datée de 1884 plusieurs couches de verre taillé et gravé, une coupe libellule de Gallé, un vase de Salviati en Murano, composition cobalt, antimoine, manganèse et fer plus manganèse. Un service à café et à thé en argent, laiton et ivoire de Moore.
Un tableau de Joaquim Sorolla y Baptista montrant Louis comfort Tiffany,


Un vase camée en verre soufflé et gravé 1889 de Tomas Weeds.
 Quelques tableaux de Tiffany, les boutiques d’Alger, une autre les charmeurs de serpents à Tanger.



- son travail de décorateur d’intérieur pour d’influents clients américains,

 Des mouvements naissent comme Arts and Crafts fondé par William Morris en Angleterre. En 1876 à l’exposition de Philadelphie il a vu de nombreux spécimens d’art appliqués anglais, influencé par ce mouvement et décide de faire de la décoration d’intérieur.
1878, il loue un appartement qu’il décore lui-même, il utilisera un tapis comme modèle, 1 vitrail (œuvre abstraite avant-gardiste) il a réinterprété sa propre palette de peintre, le travail est complexe il réalise dans la masse à chaud.



L. C. Tiffany & Associated Artists est créée en 1879, entreprise de décoration d’intérieure, à laquelle collaborent Stanford White, Samuel Colman, artiste peintre.
Tiffany est un artiste et homme d’affaire, l’Amérique est au zénith de sa prospérité industrielle et commerciale. Les milliardaires se précipitent chez son père dans la compagnie Tiffany and Co, ils achètent bijoux et objets rares. Louis Comfort les connaît tous il les a déjà rencontrés. Leurs souhaits, un intérieur luxueux pour montrer leur réussite, il peut leur fournir. Ayant décoré sa propre maison et celle de son Père, ou les motifs sont mauresques, il a aussi le gout des chenets et des paravents, ainsi les clients peuvent visiter les deux maisons. Il va bénéficier de cette clientèle fortunée, les décors qu’il fera seront mauresques et d’une très grande élégance.
Dès 1880, Louis Comfort Tiffany dirige trois entreprises, une production de mobilier, une production de textiles d’ameublement et une de décoration d’intérieurs.
1887, la firme réalise des décorations d’intérieurs dans une grande variété de matériaux et de techniques tel que le papier peint, peintures, fresques, tissus, revêtements mural et au sol, cuir, verre, métal ,ébénisterie, mosaïque. Ses clients : Mark Twain, Henry Osborne, Louisine Havemeyer, Cornelius Vanderbilt, Lily Langtry, George Kemp 1882 pour qui il créé des salons, en 1889, Chester Arthur le fait venir à la maison blanche pour décorer le salon d’accueil, décor qui laisse la part belle au vitrail orientaliste, à Chicago il décore une chapelle qui a été aujourd’hui reconstruite, beaucoup de verre coloré. Il faut savoir qu’en 1889 on découvre l’électricité. Alors comment utiliser la lumière. Il décore une bibliothèque de Chicago avec des lustres en mosaïques. En 1892, il termine la décoration de la demeure d’Henry Osborne et de Louisine Havemeyer.

Exposition :

Une lampe datée de 1901-1905 verre, plomb; une suspension Millefiori 1904, une photo de la maison Tiffany à Miami, un chandelier en verre et bronze, une paire de chenets 1894, bronze, verre et fer. Une lampe Pineapple 1900-1906 verre et bronze. Un écran de cheminée après 1902 en verre, bronze, fer forgé, un paravent 1882. Un vitrail de l’appartement de Tiffany de New York, un tableau nous montre un coin de son atelier, quelques dessins de Sarah Cochran avec des projets pour manteau de cheminée fin XIX eme début XX eme. Une horloge de mosaïque, un projet de décoration pour un mur. Un vitrail à la sirène daté de 1899 pour la demeure à Hawaï de James Castle producteur de sucre.



- les vases en verre Favrile, aux formes organiques et aux remarquables contrastes de couleurs,

A partir du XVeme siècle, les vénitiens et grands verriers d’Europe s’évertuent d’obtenir un matériau d’une limpidité cristalline. Les verriers d’art nouveau, s’écartent de cette tradition, Tiffany veut tenter différentes expériences techniques dans ce domaine.
 Dès 1885, il crée son entreprise, la Tiffany Glass Co. Il invente un procédé pour fabriquer des verres opalins et des techniques différentes :
Le verre de Chypre et antique, ce verre présente une surface irisée, rappelant les vases antiques trouvés dans les tombes grecques et romaines que le temps à rongé.
Le verre gravé en camée, il s’agit d’une gravure sur verre, Tiffany garde la tradition des artisans d’Alexandrie.
 Le verre de lave, effets de lave sur le verre, style japonisant.
Le verre réactif, certains verres réagissent à la couleur pendant la cuisson.
 Le verre feuilleté, il s’agit de plusieurs feuilles de verre de couleurs différentes. Le verre agate ou marbré, technique connue des romains dès le 1er siècle avant JC, pour l’obtenir on mélange des verres colorés opaques que l’on fait fondre ensemble dans un grand récipient.
Le verre aigue-marine, fait parti des exploits techniques de Tiffany produit vers 1913, il est obtenu par inclusion de diverses représentations de la vie aquatique, algues, oursins, coquillages, dans la couche de verre interne on ajoute une couche de couleur verte qui donne l’illusion de l’eau de mer.
Le verre lustré ou verre « favrile », iridescent, miroitant et changeant selon l’angle de vision. Favrile veut dire fait à la main, il est fait au souffle et réalisé à la flamme, la forme obtenue, on plonge dans de l’oxyde métallique et est strié à la baguette, le résultat va donner de l’émail. Les sels procurent un aspect iridescent à la matière.
Il acquiert un autre immeuble et installe le four où seront produits les vases favrile en verre soufflé.
 En 1893, la nouvelle technique est introduite dans son entreprise.
Cette technique sera utilisée principalement pour les vases et les bols. Ses motifs beaucoup de fleurs, des libellules ce qui est nouveau dans la décoration, les plumes de paon très appréciées et utilisées par les symbolistes.
1896, pour donner un autre départ aux œuvres de Tiffany, on cercle une œuvre avec un montage en argent avec des formes qui rappellent Guimard.
 Deux musées parisiens font l’acquisition de pièces en verre favrile, les musées des Arts décoratifs et du Luxembourg.

Exposition :

Un certain nombre de vases favrile sont exposés, tel que le Vase fleur créé en 1900, vase liseron ce vase à la forme de la fleur en 1915.



 - ses relations avec le marchand d’art parisien Siegfried Bing qui contribue à la diffusion et au succès de ses créations en Europe,

1894, Siegfried Bing, propriétaire d’une galerie d’art à Paris, spécialisé dans l’art oriental. Lors d’un voyage aux Etats-Unis il visite les ateliers de la Tiffany glass and décorating company à New York, un contrat est conclu par les deux hommes ils ont la même passion pour l'art japonais. Bing voyage partout en Europe pour les arts décoratifs, il devient le marchand exclusif de Tiffany en Europe.
 Cette même année Bing fait appel aux Nabis, Vuillard, Sérusier, Roussel, Vallotton, Bonnard, Maurice Denis, Lautrec, afin de réaliser des cartons qui seront reproduits par Tiffany.
 A l’exposition universelle de Paris en 1900, ou il présente des verres favrile, des vitraux, des lampes, des mosaïques, des objets émaillés. Il est nommé chevalier de la légion d’honneur et obtient des grands prix d’arts appliqués.

Exposition :

Le vitrail de Toulouse Lautrec « Pépé chrysanthème » au nouveau cirque. IL a une préférence dans ses motifs pour les plumes de paon, il fait plusieurs vases, un miroir au décor paon.



 - les vitraux, un aspect essentiel et pourtant méconnu de sa production,

Pendant le dernier quart du XIX eme siècle, les vitraux ont une énorme popularité aux USA, Louis Comfort Tiffany en devient le créateur le plus célèbre et le plus prolifique. Pendant des années de recherches Tiffany s’est penché sur le graphisme, la couleur et la construction des vitraux du moyen âge. Il travaille directement à partir du verre, les morceaux étant découpés et mis en place selon le puzzle de couleurs et de formes de dessins originaux et le plomb glissé autour, le résultat donne une fidélité absolue au modèle. Le verre fait également l’objet d’une recherche intensive, il y a une coopération entre les artisans de Tiffany et le chimiste Parker Mcllhiney, afin d’obtenir de nouveaux verres, mise au point de différents types de verres tel que :
Le verre plissé, il est coloré, la texture évoque des froissements d’étoffe, on peut tirer des effets montrant des petits plis ou des larges drapés. Technique : Pour créer cet effet particulier, qui donne un surprenant relief à l’élément de vitrail terminé, les ouvriers écrasent la surface du verre fondu sous de lourds rouleaux, puis l’étendent et la repousse à la main.
 Le verre strié : Sur le marbre ou table on met plusieurs verres en fusion, strié en refroidissant on repousse les couleurs utilisé dans les ciels et paysages.
 Moucheté : On ajoute de la fluorine sur le marbre pour obtenir des zones d’ombres.
Peigné : Utilisé pour les ailes d’anges, les plumes les feuilles. Prendre des rouleaux et strier en courant on obtient des petits plis, si on veut plus de blancheur pour la lumière on ajoute de la fluorine.
 Bariolé : Filigranes de verres colorés, on fait une forme et on coule le verre en fusion et incorpore pour les fusions Martelé : On utilise un autre rouleau avec bosselage et on tape ce qui donne des effets écaillés.
 Les cabochons : Ce sont des moules on l’on a coulé le verre, le résultat donne une forme.
 Ondulé : Sur une planche on roule avec un cylindre, le verre a des secousses et fait des ondulations comme les vagues.
Les confettis : On prend des particules de verre, et ainsi on obtient des couches de verres.
La peinture est quelques fois utilisée pour les visages. Arthur J. Nash souffleur de verre de talent viendra rejoindre l’équipe de Tiffany et en 1893, les deux hommes fonderont la Stourbridge Glass Company à Corona, à Long Island. Louis Comfort Tiffany exécute 20 vitraux pour l’église Erskine de Montréal entre 1897 et 1910, conçus pour une autre église mais cette église étant démolie les vitraux furent transférés dans l’église Erskine en 1936. Il en réalise d’autres pour l’église Church of the Incarnation, Madison avenue, à New York. Le vitrail chez Tiffany est une manne financière,


Les vitraux de l’exposition :

Un vitrail présenté sur la nouvelle Jérusalem, un autre iris et poissons, vitrail à l’étoile de mer. Les vitraux représentent un ange, la foi, le Christ et Emmaüs, le bon pasteur, la charité,des projets pour des fonds baptismaux, 4 des vitraux exposés viennent de l’église Erskine à Montréal. La texture n’est pas connue en Europe, elle est propre aux ateliers de Tiffany. Projet de dessin pour une église de Brooklyn.



- et l’expansion de l’entreprise grâce surtout au commerce des lampes et d’objets décoratifs qui contribue à asseoir son immense popularité.

La fin du XIX eme siècle et le début du XX eme siècle marquèrent la grande époque Tiffany, célèbre dans le monde entier ; chef de file du mouvement Art nouveau aux USA, il a obtenu toutes les récompenses internationales et remporta un grand succès commercial. La révolution de l’éclairage commence en 1879. Dans ses ateliers des restes de verres taillés, des petites formes complexes, une idée lui vint faire des lampes avec les déchets de verres. C’est l’invention de l’ampoule électrique qui motiva cette idée. Il fabriquait des vases, il fallait faire des abat-jour ( la même technique que les vitraux). Les lampes en verre soufflé ont donc précédées les lampes en verre plombé. C’est le résultat de diverses influences artistiques, issues de ses voyages en Europe, des souvenirs d’enfance. Tiffany a passé une partie de sa vie à l’étude du verre, il a aussi étudié ses réactions à la lumière, aux possibilités infinies qu’offrent la transparence, l’opacité, son opalescence, son irisation. Et un grand amour pour la couleur. Les lampes en verre plombé, grande production associant qualité et quantité, chaque exemplaire d’un même modèle, possède un caractère unique. Des exemples la lampe glycine et la lampe libellule. Clara Driscoll engagée chez Tiffany en 1887 devient une de ses stylistes les plus remarquables et finit par prendre la tête du département design en 1904, une petite anecdote elle est une des femmes les mieux payées d’Amérique. Elle est à l’origine de nombreuses lampes Tiffany ses motifs sont : floraux, animaliers géométriques ou abstraits. En 1900 elle obtient un prix à l’exposition universelle de Paris pour la lampe libellule. La lampe glycine remporte une médaille à l’exposition internationale des arts décoratifs de Turin en 1902, la lampe nénuphar obtient le grand prix.

 Exposition :

Les artistes de chez Tiffany observaient la nature pour créer les motifs dans celui de la vie aquatique, les algues suggèrent le mouvement de l’eau, ces vases montrent des plantes aquatiques, les poissons qui flottent. Un panneau de mosaïque aux pivoines, aux cacatoès 1908, encrier flacon de parfum, quelques bijoux boite à timbres. Un lampadaire Peony 1904, un vase Jack in the Pulpit 1909-1910, lampe Westrie 1901-02, des chandeliers, lampe de bureau 1900-1910. Le vase Lava 1904-1906, ou matière en fusion, les parois s’affaisses, les ondulations en relief semblent s’entasser, les cabochons ressemblent à des galets. La céramique japonaise a jouée un rôle important. Paravent à théière, lampe nénuphar, Quelques dessins inspirés par la nature chez Tiffany, un exemple avec le lampadaire magnolia, une coupe au décor de fleurs, des vases, vitrail magnolia vers 1900, d’après les dessins d’Agnès Northrop , qui resta le plus longtemps avec Tiffany.



Exposition à ne pas manquer .

 La première salle passée, l’exposition est aérée par une succession de salles ouvertes .La possibilité de contourner certaines œuvres tel que les lampadaires et les lampes disposées sur des tables rondes, les vitraux peu nombreux malheureusement, certains étant en restauration à Montréal, pour en voir plus il faudra attendre 2011, la réouverture de l’église Erskine pour admirer les 20 vitraux dans leur contexte. A observer attentivement les différentes techniques utilisées pour ces œuvres.

Au musée du Luxembourg Paris jusqu’en janvier 2010.
 Février à mai 2010 au musée des beaux-arts à Montréal.
Richmond USA fin mai à aout 2010.

 Quelques extraits du livre Tiffany par Douglas Jackson

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Published by Tinou - dans Exposition
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commentaires

Yves 13/10/2009 18:28


Tiffany est un nom connu mais j'étais loin de me douter de la richesse de ses créations. Ton texte est dense mais après lecture cette densité est nécessaire pour saisir toute la créativité de
Tiffany. Ajoute quelques photos d'objets qui symnbolisent les techniques du verre que tu as décrites pour les profanes comme moi. Cela facilitera notre compréhension. Bravo pour cet article
technique que j'ai beaucoup apprécié.