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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 11:35

Antonin Artaud, nait à Marseille, le 4 septembre 1896, il décède à Ivry sur Seine en 1948.

Poète, romancier, acteur dessinateur et théoricien du théâtre français. Inventeur du concept du théâtre de la cruauté, dans le théâtre et son double ; il aura  tenté de transformer

 la littérature, le théâtre et le cinéma. Par la poésie, la mise en scène, la drogue, les pèlerinages, le dessin et la radio, chacune de ces activités a été un outil entre ses mains, un moyen pour atteindre un peu de la réalité qui le fuit.

Souffrant de maux de tête chroniques depuis son adolescence, qu'il combattra par de constantes injections de médications diverses, la présence de la douleur influera sur ses relations comme sur sa création. Il sera interné en asile, subissant de fréquentes séries d’électrochocs. 

    

En 1920, il rencontre Lugné-Poë , directeur du Théâtre de l'Œuvre.Engagé, Artaud révèle de grandes capacités d’acteur, il crée également les décors et les costumes pour "La vie est un songe "de Calderon de la Barca.

Max  Jacob lui suggère de rencontrer Charles Dullin,  qui vient de créer le Théâtre de l'Atelier et reprend les rénovations entreprises par Jacques  Copeau en 1913 « invention » du metteur en scène, et recréation d’une troupe de théâtre.

En 1923, il quitte Dullin   pour la compagnie de Georges et Ludmilla Pitoëff  installée à la Comédie des Champs-Élysées. Puis avec Roger Vitrac, Roger Aron   et l'aide matérielle du Dr René Allendy, psychiatre et psychanalyste, qui le soigne, il fonde le Théâtre Alfred  Jarry et définit une conception nouvelle de l'art dramatique dans le manifeste publié aussitôt :

 

« Si nous faisons du théâtre ce n'est pas pour jouer des pièces mais pour arriver à ce que tout ce qu'il y a d'obscur dans l'esprit, d'enfoui, d'irrévélé se manifeste en une sorte de projection matérielle. »

  

 Le théâtre d'Alfred Jarry présentera quatre séries de spectacles : " Les Mystères de l'amour" de Vitrac, "Ventre brûlé ou la Mère folle" d' Artaud et "Gigogne" de Max Robur (pseudonyme de Robert Aron), "Le songe" d'August Strindberg perturbé par les surréalistes en 1927, et le troisième acte du "Partage du midi" de Paul Claudel. Il s'ensuit une brouille avec Jean Paulhan et la reconsidération des surréalistes en 1928. "Victor et les enfants au pouvoir" de Vitrac sera la dernière représentation en décembre 1928.

 

 

Il fera de nombreux films en tant qu’acteur.  Mais c’est dans l’univers du  théâtre, chez Dullin qu’il

rencontre une comédienne d'origine roumaine, Génica Athanasiou , qui va partager sa vie de 1922 à 1927.

 

Génica nait en 1897 à Bucarest et décède en 1966 à Lagny.

En 1919 elle quitte la Roumanie pour devenir comédienne à Paris, elle étudie avec Charles Dullin.  Dès 1921, elle fait partie de la nouvelle troupe de celui-ci et participe à son premier spectacle. Un jeune acteur, nouveau membre de la troupe tombe sous le charme de sa beauté il s’agit d’Antonin Artaud. Une passion nait entre eux, chaque jour où ils sont séparés, Artaud lui envoie des lettres intenses, des poèmes, il écrit qu’il a trouvé  l’amour parfait, céleste qu’il  avait rêvé. Et il dira : Génica est le seul être avec qui je puisse être moi-même.

Elle fut le grand amour d’Artaud.  

 

En 1927, Génica joue dans "La coquille" et le "Clergyman"   réalisé par Germaine Dulac   sur un scénario d'Antonin Artaud. Dans les mois qui suivent, après cinq ans de passion et de tourments, les deux amants se séparent.

 

Sa carrière de comédienne se poursuit. Parallèlement au théâtre, elle se tourne vers le cinéma. En  1928 et en 1929 , elle joue dans deux films : "Maldone"  et "Gardiens de phare  , films du réalisateur Jean Grémillon , dont elle devient la compagne. Leur relation dure plus de dix ans.

 

Toujours fidèle au théâtre, et à la troupe de Dullin, auprès duquel elle restera durant toute sa carrière, elle abandonne pratiquement le cinéma à la fin des années 1930.

 

bouquet

 

 

C’est au théâtre de l’Atelier, lieu de rencontre d'Antonin Artaud et Génica Athanasiou que  cette lecture musicale est interprétée par Carole Bouquet, ce sont des extraits de la correspondance d’Artaud. Dans cette correspondance l’écrivain se livre, l’amour qu’il a pour Génica, sa jalousie mais aussi sa maladie, sa folie. 

 

Une chaise au centre de la scène  devant un rideau de fer (rideau coupe-feu),  la comédienne apparait  sous un faisceau lumineux, vêtue d’une robe sombre, seule en scène elle donne le ton à cette lecture, la passion et l’amour qu’Artaud avait pour Génica , elle partage même la souffrance de l’auteur, tantôt debout, tantôt assise feuilletant de gros cahiers comportant ces lettres qu'elle connait très bien, quittant la scène à plusieurs reprise laissant  le temps de passer quelques extraits musicaux.

La comédienne séduit, excellente performance. 

 

 Très belle soirée,   Jusqu’au 11 novembre 2010 théâtre de l’atelier Paris

 

 

 

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 11:40

Pour fêter cet événement au programme :

Carl Maria von Weber, ouverture du Freischütz

   

Fréderic Chopin, concerto pour piano et orchestre no1 en mi mineur, opus 11  

Allegro maestoso

Romance : larghetto

Rondeau : vivace

 

Ludwig van Beethoven

Symphonie no5 en ut mineur, opus 67

Allegro con brio

Andante con moto

 Scherzo : allegro

 

Allegro

  wyung

Myung-Whun Chung, chef d’orchestre coréen, reçoit très jeune le deuxième prix du concours Tchaïkovski de Moscou. Il poursuit son apprentissage à New York  à la Julliard School, il devient assistant de Carlo Maria Giulini à l’orchestre philarmonique de Los Angeles en 1979 et devient associé dès 1981.

 De 1984 à 1990 il dirige l’orchestre symphonique de la radio à Sarrebruck, il est invité à la tête du théâtro communale de Florence de 1987 à 1992.

De 1989 à 1994, il est à la direction musicale de l’orchestre de l’opéra de Paris.

Jusqu’à 2005, il est le chef principal de l’orchestre de l’Académie Sainte-Cécile de Rome.

Depuis 2000, il est directeur musical de l’orchestre philarmonique de radio France. Après avoir obtenu en Italie le Premio Abbiati et le prix Toscanini, nommé l’artiste de l’année, 1992, il reçoit la légion d’honneur. Primé aux victoires de la musique en 1995 et 2002, en 1996 il reçoit de la Corée le Kumkuan ; récompense la plus élevée décernée par le gouvernement coréen pour sa contribution à la vis musicale de son pays. Il a le titre honorifique d’ambassadeur pour la culture de la Corée.

  Tiempo

Sergio Tiempo, Pianiste, d’origine argentine, né à Caracas (Venezuela) en1972.

Il prend ses premières leçons de musique avec sa mère Lyl Tiempo à l’âge de deux ans et sa première apparition en publique à l’âge de trois à la Fondation pour le pianoforte en Italie

Dès l’âge de 7 ans, il joue ses premiers en Europe, à Menton et à Londres

 Mais c'est son concert au milieu des années 1980 dans la série des Grands Pianistes au Concertgebouw d'Amsterdam qui lui a valu l'amorce d'une reconnaissance au niveau international.

Sergio Tiempo a joué à la Philharmonie de Berlin, au Palais des Beaux Arts de Bruxelles, au Conservatoire Verdi de Milan, à la Salle Pleyel à Paris, à l'Académie Liszt de Budapest, au Théâtre Colón de Buenos Aires, à l'Ambassador Hall de Los Angeles, au Kennedy Center de Washington, au Suntory Hall de Tokyo, au Symphony Hall de Osaka...

Il joue avec les plus grands dont Martha Argerich, Il a effectué une tournée en duo avec le violoncelliste Misha Maïsky.

Sergio Tiempo forme également un duo avec sa sœur la pianiste Karin Lechner. Il a remporté en Allemagne le Prix Davidoff 2000 .

 

Soirée d’exception avec Sergio Tiempo, excellent pianiste trop rarement en France.

Ce  concert proposé  au  public  parisien à la salle Pleyel il y a quelques jours, sera diffusé ultérieurement à la télévision sur France 2 à ne pas manquer.

 

 

 

 

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 16:47

Une nouvelle saison commence pour les concerts du dimanche matin au théâtre des Champs Elysées

 

Yasmina Reza , femme de lettres et actrice née à Paris en 1959, son père ingénieur mi-russe mi-iranien, sa mère violoniste hongroise.

Son œuvre est variée, théâtre quelle a étudié, romans, essais.  Elle a reçue deux Molières pour ses pièces : "'Art " et "Conversations après un enterrement".

 Elle a suivi le président de la République pendant sa campagne électorale et a écrit un livre-enquête intitulé "L'Aube le soir ou la nuit".

Tous ses livres sont traduits dans une trentaine de langues ainsi que  ses pièces de théâtre -- qui ont reçu entre autres les prix anglo-saxons les plus prestigieux comme le Laurence Olivier Award (Grande-Bretagne) et le Tony Award (Etats-Unis), elles sont jouées dans le monde entier.

 

Ses pièces : "Conversations après un enterrement", "La traversée de l'hiver"  ,"Art"," L'homme du hasard", "Le dieu du carnage" , "Adam Haberberg ".

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Frank Braley, pianiste français né en 1968. Après des études au conservatoire, Il obtient le premier prix de piano et de musique de chambre. En 1991, il obtient le premier prix et le prix du public du Concours musical international Reine Elisabeth-de-Belgique.

Invité régulièrement au Japon, aux Etats-Unis, au Canada et dans toute l'Europe, Frank Braley se produit avec des formations telles que l'Orchestre national de France, le Philharmonique de Radio France, les orchestres de Bordeaux, Lille, Montpellier et Toulouse, ainsi que l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, le London Philharmonic, les orchestres de la Suisse romande et de la Suisse italienne, l'Orchestre de la radio de Berlin, l'Orchestre national de Belgique, l'Orchestre royal de Copenhague, l'Orchestre de Trondheim, le Tokyo Philharmonic, le Boston Symphony Orchestra.

 

braley

En hommage à son père disparu, qui fréquentait souvent la salle de ce prestigieux théâtre des Champs Elysées pour assister à des concerts.

Yasmina Reza, est venue nous lire quelques extraits de ses œuvres «  nulle part » et  Hammerklavier »…….., l’auteur nous met en situation et nous donne le temps de la réflexion par ses silences. Accompagnée par le talentueux pianiste Frank Braley qui a interprété quelques  belles pages de Schubert, Bartók, Bach, Chostakovitch, Beethoven.

 

Rencontre entre lecture et musique. La force des mots à la rencontre de la musique des grands compositeurs.

Un excellent moment à la rencontre de deux grands talents.

 

Frank Braley a interprété :

 

Impromptu en do mineur no1 op 90 de Schubert

 

Danses populaires roumaines pour piano  no  3, 5, 6 Bartók 

 

Moment musical  en fa majeur no 3 op 94 de  Schubert

 

Concerto italien en fa majeur BWV 971 de  Bach 

 

Préludes et fugues op 87, no 4 en mi mineur, no 8 en fa dièse mineur, no 5 en ré majeur, et no 16 en si bémol mineur de Chostakovitch

 

Sonate no3  op 2 no 3 de Beethoven.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 18:12

Alexandre Tharaud commence le piano à l’âge de 5 ans. Il obtient un premier prix au Conservatoire National de Paris à l’âge de dix sept ans. Lauréat des concours de Munich, Maria Canals et Citta di Senigallia.

Il commence par enregistrer de la musique française : Emmanuel Chabrier puis Francis Poulenc pour lequel il reçoit plusieurs récompenses dont le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1997.

 

 En 2001, lorsqu’il enregistre au piano des Suites pour clavecin de Jean-Philippe Rameau , toute la presse salue son talent et il devient la révélation discographique de l’année.

 

Son intégrale de l’œuvre pour piano de Maurice Ravel en 2003 rencontre le même engouement (diapason d’Or, Choc du Monde de la musique pour n’en citer que quelques uns et une nomination aux Edison Awards 2004).

 

L’année suivante Alexandre Tharaud présente ses « Concertos Italiens » de Jean-Sébastien Bach. Il fait redécouvrir au public des transcriptions de Bach d’après des œuvres de Vivaldi et Marcello ; poursuivant ainsi son travail très personnel, il transcrit lui-même la première et la dernière pièce de ce disque.

 

En 2007, son choix d’enregistrer au piano des suites pour clavecin de François Couperin « Tic, toc, choc » confirme un souci de filiation entre compositeurs qui l’amènera naturellement à Chopin. En effet, Chopin occupe une place importante dans le répertoire du pianiste. Il commence par enregistrer « Les Valses » en terminant son programme par la Valse-Evocation sur le thème de Chopin de Federico Mompou (compositeur Argentin décédé en 1987). Une fois de plus, il faut souligner la délicatesse du jeu et l’originalité de la démarche artistique. Après les Valses, les Préludes.

 

Il enregistre un double cd sur les œuvres d’Erik Satie.

 

2009, journal intime consacré à Frédéric Chopin.

 

Pour cette soirée au Théâtre des Champs Elysées , Alexandre Tharaud interprète deux grands romantiques :

Franz Schubert et Frédéric Chopin.

 

En première partie: Franz Schubert :

 

6 Moments Musicaux Opus 94 D. 780

Moderato - Andantino - Allegro moderato - Moderato - Allegro vivace - Allegretto.

 

Franz Schubert/Alexandre Tharaud

 

Rosamunde opus 26 D. 797

Allegro molto moderato – Andantino – Allegro - Andantino

 

 La seconde partie réservée à Fréderic Chopin :

 

 Nocturne no 2 en mi bémol majeur opus 9 no 2

Andante

 

Fantaisie en fa mineur opus 49

Tempo di marcia – Lento sostenuto – Tempo primo – Adagio sostenuto – Assai allegro

 

Nocturne no 20 en ut dièse mineur opus posthume

 

 Fantaisie-impromptu en ut dièse mineur opus 66

 Allegro agitato – Largo- Moderato cantabile

 

Mazurka en la mineur opus 17 no 4

Lento ma non troppo – Poco più vivo

 

Ballade no 1 en sol mineur opus 23

 Lento – Moderato- Presto con fuoco

 

alex

 

Très bel hommage rendu à Frédéric Chopin, année du bi centenaire de sa naissance. Alexandre Tharaud, passionné de musique, nous a donné une vision très personnelle de sa relation avec le compositeur.

Soirée exceptionnelle

 

Alexandre Tharaud sera à partir d’avril 2010 en France, Belgique, Monaco.

A ne pas manquer.

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 16:32

Siddhârta Ballet d’Angelin Preljocaj

Musique Bruno Mantovani

 

L’Incarnation de Bouddha Siddhârta Gautama, né vers 560 avant JC, dans le nord de l’Inde, il aurait vécu 80 ans. Il est l’initiateur du bouddhisme et vécut à l’époque charnière de la pensée religieuse, en effet il vécut à la même période ou en Chine Lao Tseu et Confucius ouvraient la voie du taôisme et du confucianisme. Au proche Orient, les perses et les hébreux se partagent les frontières le monothéisme et du polythéisme. La tradition orale, recueillie dans les premiers écrits bouddhique du 1er siècle de notre ère, narre que Siddhârta était le fils ainé du roi Suddhodana.

 

chausson-danse.jpg

 

 Ce ballet est composé de 14 tableaux. Siddhârta un homme rencontre l’éveil une femme, les hommes vêtus de noir représentent les forces du mal. Les mystères, les tourments de ce long voyage intérieur sont dévoilés, semé d’embuches, d’incertitudes et de doutes. C’est le sacrifice dans la quête d’un absolu.

 

 Dès le lever de rideau nous sommes dans une atmosphère particulière, la lumière est froide, une énorme boule de métal grise balaie l’espace et fabrique des nuages sous laquelle les danseurs évoluent, vêtus de noir et casqués. L’atmosphère mentale, représentation de la brutalité, du tourment de l’angoisse du désordre. L’homme est désuni, il est le lieu de sentiments qui le divise, haine, folie, ambition, vanité, fierté, orgueil, envie, jalousie. Les danseurs, se comportent selon des lois qui leur sont propres sans aucune cohérence, aucune unité, énergie négative, cela transmet la violence le désordre, l’angoisse.

 

II- Siddhârta et sa femme Yasodhara lors d’une fête à la cour. Musique et opulence, tout le monde danse et s’amuse, le vent tiède et parfumé fait bruire les feuilles des arbres. Siddhârta angoissé, se sent prisonnier. La perspective de monter sur le trône est pour lui un supplice. La vie familiale, l’amour de ses proches sont un obstacle à son accomplissement spirituel. Le roi, père de Siddhârta essai d’intéresser son fils aux affaires du royaume, mais Siddhârta explique au roi que son rôle n’est pas de s’occuper de politique mais du salut de l’homme. Il s’éloigne au bord de la rivière pour méditer, le roi l’épie et a peur que son fils quitte le royaume.

 

 III – Un village, misère et maladie, détresse épidémie. Siddhârta et Yasodhara viennent en aide à la population, des villageois contaminés s’écroulent sur le sol. Siddhârta oppressé ne supporte plus cela. Comment libérer l’humanité de la souffrance ? On les éloigne d’un vieil homme qui est sur le point de s’éteindre.

 

 IV- Atmosphère mentale. Une femme danse, dans le lointain, comme une vision, d’essence abstraite, précédée d’un écoulement mélodieux de messagères qui en même temps l’annoncent et la protègent. C’est la figure de l’éveil, elle est l’incarnation de la libération. Elle est la voie qui mène à la plénitude au-delà de toute souffrance. Elle est le rêve qui a commencé à prendre forme dans l’esprit de Siddhârta.

 

V – chambre à coucher, Siddhârta annonce à sa femme qu’il s’en va pour trouver la voie : « Je voudrais vaincre l’angoisse et l’affliction. Extraire les hommes de leur souffrance et les sauver de leur agitation. Quand j’aurais trouvé la voie de l’illumination je reviendrai auprès de toi. » Yasodhara, pleine d’abnégation et de compréhension, le laisse partir. C’est avec une immense dignité qu’elle dissimule à Siddhârta la douleur qui l’accable. Siddhârta et Ananda son fidèle cousin, quittent le palais en s’enfuient dans la foret, où ils courent pendant longtemps. Siddhârta demande à Ananda, de lui couper ses longs cheveux avec une épée. Un peu plus tard, ils échangent leurs riches vêtements, contre ceux, usés et rapiécés, de deux vagabonds, avant de s’endormir au pied d’un arbre.

 

 VI- Atmosphère mentale, la même vision féminine, Cette fois-ci au lieu de rester immobile Siddhârta fait quelques pas vers la figure de l’éveil. Il doit lutter contre un grand nombre de pensées et de sentiments qui s’interposent, incarnés par les danseurs vêtus de noir, et écarter de son esprit des images de son père, de sa mère, de sa femme, qui l’entravent. Ainsi, après un long combat, Siddhârta voit la figure de l’éveil s’estomper peu à peu, et finit par disparaître.

 

VII – Siddhârta et Ananda, ont pris place dans une communauté d’ermites. Immobiles, silencieux. De très légères altérations de leurs postures. Des gestes étranges qu’ils réalisent manifestent les effets de la méditation sur leur état mental. Des villageois apparaissent, les ermites font l’aumône, on leur donne de l’eau et de la nourriture. Sujeta, une jeune villageoise se met à jouer de la flute, en présence des deux jeunes filles sensuelles. La douleur qu’exprime cet air de flute, plaintif et discordant, l’affliction qui se laisse percevoir bouleverse Siddhârta et le conforte ainsi dans sa résolution : libérer l’humanité de la douleur. En même temps on sent l’attirance que Siddhârta et Ananda éprouvent envers les deux jeunes femmes, les efforts qu’ils déploient l’un et l’autre pour écarter la tentation qu’elles ont fait naitre, celle du plaisir et de l’amour. Ils ne cessent de les regarder, ils les suivent du regard lorsqu’elles s’éloignent.

 

VIII - Atmosphère mentale, Siddhârta s’est isolé pour méditer et se rapprocher peu à peu de la figure de l’éveil en cheminant d’une messagère à l’autre comme sur les barreaux d’une échelle mouvementée. Les danseurs vêtus de noirs, le souvenir de ses parents, ont pour effet de détourner Siddhârta de l’objet de sa quête. C’est à une difficile domestication de ses énergies intérieures que l’on assiste. Les membres de sa famille semblent repoussés en périphérie du plateau par une main invisible que son esprit commanderait. Toute inquiétude a disparu, Siddhârta pénètre dans « les êtres sans le vouloir » , qu’il convoite, et dans l’état de l’espace infini. Il s’est allégé de toute activité mentale. Les notions d’extase et de perception ont cessé d’exister. Cet état n’est pas un effet de la conscience : c’est la conscience elle-même. Une adhésion totale de l’esprit à l’instant et à l’univers vivant. L’espace est vécu comme la source illimitée de toute chose. Dès que Siddhârta s’approche de la figure de l’éveil, les messagères semblent devenir immatérielles et se dissoudre dans l’atmosphère. Il est sur le point de triompher, s a méditation finit par échouer.

 

IX - Siddhârta et Ananda au milieu des ermites. Ils vont faire l’aumône auprès des villageois, on sent que Siddhârta les magnétise. Il attire à lui l’attention et les offrandes de tous, il redistribue la nourriture à ses compagnons. Rencontrant deux jeunes filles sensuelles sur leur passage, Siddhârta et Ananda se laissent entrainer jusqu’à la rivière. Les deux hommes se précipitent chacun dans les bras d’une des jeunes filles et s’abandonnent à la puissance de leur désir. Moment d’oubli et de consolation. C’est excessif et passionnel, tendre, sensuel, respectueux. Siddhârta et Ananda se culpabilisent, ils regrettent ce qu’ils viennent de commettre. Ils se lancent contre un mur devant les deux jeunes filles, qui tentent de les retenir puis s’enfuient, effrayées.

 

X- Mortifications, supplice, souffrance. Siddhârta et Ananda se sont engagés dans une épreuve mentale et corporelle totalement folle, excessive, radicale, ils n’ont plus de force. Les tortures qu’ils s’infligent se multiplient. Siddhârta s’entraîne à surmonter la peur. Il imagine qu’il parviendra à se libérer de lui-même s’il s’affranchit de la douleur. Les deux hommes se lacèrent la peau avec une lame. Ils rampent dans des ronces dans des cailloux. Ils retiennent leur respiration. Ils demandent aux ermites de déposer des blocs de pierre sur leur torse. Ils demandent qu’on les encorde au tronc d’un arbre pendant plusieurs jours. Ils retirent du feu à pleines mains des boulets de fonte incandescents. Atmosphère mentale. Siddhârta après un supplice particulièrement cruel, se déplace au milieu des messagères, qu’il semble avoir domestiquées, et essai de conquérir la figure de l’éveil. Il s’en approche mais la lumière se rallume violemment. C’est brutal. La figure de l’éveil a disparu. La réalité a refait irruption. Echec. Sa quête spirituelle, une fois de plus, s’est disloquée. Siddhârta se dit qu’il n’y arrivera jamais. Il traine son amertume au pied d’un arbre, il s’écroule.

 

XI – Siddhârta se réveille au pied de l’arbre. Il s’ouvre au monde sensible. C’est un déclic. Relation sensuelle avec la matière, les sons, les parfums, la lumière. Un grand nombre de sensations se déploient en lui. On a l’impression que pour la première fois depuis longtemps il regarde autour de lui et se rend réceptif aux beautés de la nature. C’est gai et enjoué. Sujata arrive et lui donne des fruits. Ils s’amusent. Sujata joue le même air de flute que la fois précédente et propose son instrument à Siddhârta. C’est discordant, mélancolique et douloureux. Puis peu à peu un air magique se fait entendre, une mélodie sublime et apaisée qui convoque toutes les splendeurs de l’univers. Enchantement, plénitude du moment présent. Les oiseaux interrompent leur chant pour se délecter de cet air harmonieux. Des villageois ont accouru et entourent Siddhârta. On lui remet une nouvelle robe, ainsi qu’à son cousin. Siddhârta fait l’expérience du moment présent et de la plénitude sensorielle : boire, manger, se baigner dans la rivière, contempler les paysages. Il a compris que c’est de cette manière, en observant avec la plus grande acuité ce qui se passe autour de lui, qu’il parviendra à la libération. On sent dans son attitude l’imminence de cet événement. Siddhârta et ses disciples ne font plus qu’un avec l’univers. Ils sont entrain d’assimiler les principes d’impermanences, et d’interdépendances et d’absence de soi préparé. C’est la mise en œuvre de ces principes que s’ouvrira l’illumination. Ils vivent des milliers de naissances et de morts. Sujata et villageois, emportés par cet élan vital, s’éloignent de Siddhârta, qui reste seul.

 

XII – Siddhârta se prépare longuement. Il se confectionne un tapis d’herbes et de fleurs coupées. Atmosphère mentale. La figure de l’éveil apparaît, accompagnée de ses messagères. Ecartant les uns après les autres, les danseurs vêtus de noir, sa femme et ses parents, obtenant des messagères, par la seule force de son esprit, qu’elles forment comme un sentier qui le conduise vers l’illumination, Siddhârta accède enfin à l’état de béatitude absolue : il étreint la figure de l’éveil.

 

XIII – Sujata se trouve seule C’est alors qu’apparaît Siddhârta. Il n’a jamais été si lumineux, auréolé d’une telle aura d’autorité. Il se déplace avec humilité, suivi par un grand nombre de villageois magnétisés, impatiens d’être entrainés par sa parole sur la voie de l’illumination. Il ne fait pas de doute, il a trouvé la voie. Sujeta se précipite vers lui et l’interroge sur ce qui s’est passé. Une ronde se forme autour de Siddhârta. Celui-ci isole Sujeta et lui délivre sa parole. Ce sont des stances, il s’exprime d’une manière imagée. C’est alors que le climat mental de la méditation descend sur le plateau : Siddhârta guide et oriente la jeune fille vers la figure de l’Eveil au milieu du chaos des danseurs vêtus de noir. Il l’a pousse devant lui par la seule force de sa pensée et obtient d’elle qu’elle neutralise les uns après les autres, les danseurs vêtus de noir. C’est ainsi que Sujeta va parvenir à éteindre la figure de l’éveil. Cela va se produire avec d’autres villageois. La figure de l’éveil va passer d’une personne à une autre dans une sorte d’embrasement universel. Siddhârta partage l’éveil avec ses contemporains.

 

 XIV – Des centaines de disciples autour de Siddhârta et d’Ananda. Sa femme et ses parents sont là. Tous habillés pareil. Rien ne les distingue des autres. Même le roi reconnaît qu’il s’est trompé et demande à son fils de lui pardonner : il voudrait qu’il lui enseigne son savoir. Un groupe d’hommes refuse de se soumettre. Siddhârta essaie de leur parler. Ils ont gardés leurs riches vêtements. Ils tiennent dans leur bras des cartes roulées dans des tubes. Même si Siddhârta, a fini par conquérir la figure de l’éveil, la violence et la dureté du monde n’en continuent pas moins de prospérer. Siddhârta revient vers ses disciples.

 Extraits du livret.

 

 Très belle chorégraphie d’Angelin Preljocaj, la musique très originale de Bruno Mantovani bien adaptée. Grande soirée, le ballet de l’opéra est toujours aussi talentueux, haute technicité, mais aussi la grâce, la sensibilité. Dans les rôles principaux : Aurélie Dupont l’éveil ; Nicolas Leriche Siddhârta ; Alice Renavand l’épouse, Stéphane Bullion Ananda.

A voir absolument Jusqu’au 11 avril à l’opéra bastille.

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 16:13

Colombe pièce de Jean Anouilh, il aurait eu 100 ans en juin 2010.



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Julien, jeune homme idéaliste doit partir faire son service militaire, il part pour trois ans, laissant sa jeune femme Colombe et son enfant, n’ayant pas d’autres moyens que de les confier à sa mère,Madame Alexandra célèbre actrice,qu’il déteste.

Madame Alexandra est charmée par sa belle-fille elle lui trouve un petit rôle dans "l’impératrice des cœurs",mélodrame qui obtient un grand succès dont elle est l’interprète principale .Colombe prend gout au théâtre et à la vie d’artiste, elle est très courtisée devient une autre femme, libre, heureuse de vivre dans cet environnement, elle est la maitresse d’Armand frère de Julien.

Julien vient rendre visite à son épouse le temps d’une permission, il ne la reconnaît plus, il apprend la mauvaise nouvelle …………………….   

 

L’auteur met le théâtre dans le théâtre avec cette pièce, en même temps nous montre la vie avec tout ce qu’elle peu comporter de joies, peines, cabotinages etc……………..

Excellente pièce, la distribution est éblouissante, dans les principaux rôles Anny Duperey, Mme Alexandra, Sara Giraudeau dans celui de Colombe, grégori Baquet dans celui de Julien, Benjamin Bellecour rôle d’Armand (frère de Julien), Rufus, jean-Paul Bordes, Fabienne Chaudat, Etienne Draber, Jean-Pierre Moulin, Jean-François Pargoud.


A ne pas manquer.



Comédie des Champs Elysées Paris, jusqu'à fin mai 2010. 

 

 

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 10:22

Alexandra David-Neel, exploratrice, orientaliste, féministe, cantatrice, écrivain, Alexandra David-Neel  voyage pendant quinze ans à la découverte des régions inexplorées du Tibet.

Elle nait à Saint Mandé, le 24 octobre 1868, et décède à Digne le 8 septembre 1969.Enfant terrible, adolescente elle fut contestataire, dans sa jeunesse anarchiste, plus âgée, penseur libre du XX eme siècle.

Son père français, sa mère scandinave, elle est élevée dans un cadre austère, bourgeois, Alexandra est individualiste et a le désir de liberté, adolescente elle fera de nombreuses fugues, elle veut partir toujours plus loin.

Lorsqu’elle a 6 ans ses parents s’installent près de Bruxelles à Ixelles, c’est là qu’elle passera sa jeunesse. Elle est démoralisée, son seul objectif voyager.

Son désir de voyager la conduit à la découverte de paysages, mais avant tout c’est une recherche philosophique et religieuse.

Dès l’âge de 6 ans elle ne s’endormait pas sans avoir lue un verset de la bible, dès 15 ans Epictète et les philosophes stoïciens nourrissaient ses pensées et déterminaient ses actes. Dès 1883, elle part seule en Angleterre. A 17 ans quitte la Belgique pour se rendre en Suisse, le Saint-Gothard à pied et visité les lacs italiens avec, pour tout bagage, un imperméable et le "Manuel d'Epictète".1886 elle part à bicyclette.

A la suite d'un séjour à Londres, Alexandra commence à étudier sérieusement les philosophies orientales tout en se familiarisant avec la langue anglaise. Ayant obtenu sa majorité, elle quitte sa famille, s'installe à Paris à la Société Théosophique et entreprend en auditeur libre des études en Sorbonne, aux Langues Orientales et au Collège de France. Alexandra se rend  au   musée Guimet   le plus souvent possible, elle va à la   bibliothèque ou des «  vocations naissent » et, ajoute-t-elle, "la mienne y est née."

Elle poursuit également des études musicales et lyriques et sur la scène de nombreux théâtres, elle obtient un succès certain en interprétant divers rôles : entre autres, Marguerite de Faust, Manon de Massenet et Carmen de Bizet. Cependant, après avoir rempli son contrat à l'opéra d'Athènes, Alexandra abandonne cette carrière qu'elle n'aime pas. Dans   les années   1890-1891, grâce à un héritage légué par sa marraine, Alexandra a pu pendant plus d'une année parcourir l'Inde du sud au Nord et d'Est en Ouest. Elle est fascinée par la magie de l'Inde, envoûtée par la musique tibétaine, émerveillée par les sommets de l'Himalaya ! Elle y retournera !

Mais avant de repartir pour cette Asie qui, chaque jour, l'attire davantage, elle passe par l'Afrique du Nord. Elle veut entendre le Muezzin appeler du haut du minaret les fidèles à la prière ; surtout le soir, au soleil couchant, disait-elle. Bien entendu, Alexandra a aussi étudié le Coran.

C’est à Tunis, qu’elle rencontre un ingénieur des Chemins de Fer : Philippe Néel, qui la persuade de mettre fin à son célibat. C'est en 1904, qu’ils se marient Alexandra, féministe a 36 ans.

De 1911, elle part pour ne revenir qu’en 1925, elle est liée à son mari par un contrat de mariage, mais aussi par une profonde et indéfectible amitié, ils se retrouvent... pour quelques jours seulement. En effet, l'adoption du jeune Lama Yongden, son compagnon d'exploration et preuve de son voyage à Lhassa (exploit qui la fit connaître au monde entier en 1924), amènera la séparation d'Alexandra et Philippe.

Alexandra vient de parcourir des milliers de kilomètres à travers l'Extrême-Orient et une grande partie de l'Asie Centrale, perfectionnant sa connaissance du sanskrit et, surtout du tibétain, ce qui lui a permis d'avoir accès aux plus grands gurus et de rencontrer les plus grands penseurs. Elle a écouté, étudié, écrit, allant partout où il lui a été possible de pénétrer.

Arrivée au Sikkim en 1912, où une étroite amitié l’a liée à Sidkéong Tulku, souverain de ce petit état himalayen, elle a visité tous les grands monastères, augmentant ainsi ses connaissances sur le Bouddhisme et plus précisément sur le Bouddhisme tantrique. C’est dans l’un de ces monastère qu’elle rencontre Aphur Yongden, il deviendra son fils adoptif, c’est alors qu’ils décident de se retirer  dans une caverne à 3900 m d’altitude, au nord du Sikkim.

Là, elle est auprès d'un des plus grands Gomchens (ermites) dont elle a le privilège de recevoir l'enseignement et surtout, elle est tout près de la frontière tibétaine, qu'envers et contre tous, elle franchira à deux reprises. Elle pénétrera même jusqu'à Jigatzé, l'une des plus grandes villes du sud du Tibet, mais pas encore à Lhassa, qui en est la capitale interdite. A cause de ces incartades, Alexandra sera expulsée du Sikkim en 1916.

En 1914-18 l’Europe est en guerre   impossible de rentrer. Ils resteront donc quelques mois en Inde et s'embarqueront ensuite pour le Japon, pays qui la décevra.

Alexandra va donc se réfugier dans l'étude et rencontrer dans ce but des orientalistes, des érudits, des mystiques. L'un d'eux, le moine philosophe Ekaï Kawaguchi va lui apporter une lueur d'espoir.

Quelques années auparavant, sous le déguisement d'un moine chinois, il a réussi à demeurer  18 mois à Lhassa. Prévenu des soupçons qu'il éveillait et sur les conseils d'un de ses amis, elle a du prendre la fuite.

Ils quittent donc le Japon, pour la Corée. Les montagnes, rassure-t-elle Yongden, vont lui rappeler le Tibet. Ils ne parlent pas le coréen, mais vont sûrement le baragouiner dans quelques mois, écrit-elle à son mari.

Alexandra, Yongden et les bagages prennent le train pour Pékin... Là, au temple des Lamas se trouvent des érudits ; ils sont Tibétains ! Alexandra parle leur langue, tout va s'arranger, mais au bout de quelques mois ils repartent et vont  traverser dans de grandes difficultés toute la Chine d'Est en Ouest. Ils visitent le Gobi, la Mongolie et, après trois années d'études passées au monastère de Kum-Bum, abandonnant mules, yaks, domestiques et "les bagages", vêtue d'une robe de mendiante et pour Yongden de son habit de moine, empruntant le plus souvent des chemins inexplorés, ils franchiront, cette fois avec succès, la frontière de ce si mystérieux Tibet et séjourneront  à Lhassa, ils visiteront la ville sainte et les monastères : Drépung, Séra, Ganden, Samyé.

Alexandra se sépare de son mari et parcourt la Provence c'est Digne qu'elle choisit en 1928 pour y bâtir Samten-Dzong, sa forteresse de la méditation. Certes, la Bléone n'est pas le fleuve Brahmapoutre ! Le pic du Couar n'est pas l'Everest ! Mais, le ciel est bleu, le soleil brille, Alexandra est séduite par la beauté de ces pré-Alpes, ces « Himalayas pour Lilliputiens », comme elle se plaisait à le dire aux journalistes. Elle, qui a parcouru une grande partie de notre globe, traversé des régions paradisiaques, respiré le violent parfum des forêts d'orchidées en fleurs, n'a à aucun moment regretté de s'être fixée dans cette cité parfumée de lavande.

Elle y publie plusieurs livres qui relatent ses voyages et commente, avec succès, les théories des mystiques et magiciens qu'elle a approchés. Entre ces diverses publications - toujours accompagnée d'Aphur Yongden, le fidèle compagnon d'aventures, devenu légalement son fils adoptif - elle fera de grandes tournées de conférences en France et en Europe.

A la fin de sa vie, autoritaire et fantasque, elle revit avec sa collaboratrice les aventures qui ont marqué son destin d'exception.

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C’est ainsi que débute la pièce, nous sommes chez Alexandra à Digne, elle reçoit une jeune fille qui vient se présenter pour être sa collaboratrice. Alexandra âgée se déplace difficilement, avec des béquille ce qui la rend acariâtre, la jeune fille  va accepter d’être sa collaboratrice, elle doit montrer un caractère très fort pour vivre avec cette dame autoritaire et féministe avant tout. Alexandra revit tout son parcours, ses 15 années passées da ns  cette Asie qu’elle affectionne tant, ses rencontres, son compagnon de voyage,  Aphur Yongden, décédé dont elle possède les cendres dans une urne, la relation entre les deux femmes ne va pas être facile leurs caractères vont s’affronter, entre amour et haine, tendresse, colères, Tortue, nommée ainsi par Alexandra, voyage par ses récits. Alexandra entend la Traviata à la radio, les souvenirs  de ses années de cantatrice  ressurgissent elle enfile la robe qu’elle portait pour interpréter Violetta,  tout en expliquant quelques passages musicaux de l’œuvre. Les deux femmes finissent par s’accepter .La mairie organise une fête pour les 100 ans d’Alexandra, les journalistes sont présents et nous devons entonner l’happy Birthday pour cet événement……………….Alexandra   invitée à Berlin, décide de faire faire un nouveau passeport pour  repartir avec Tortue, ce voyage est impossible, et, dans sa 101 année Alexandra décède.


Magnifique interprétation des deux comédiennes, Hélène Vincent incarne le rôle d’Alexandra, Emilie Duquesne celui de Tortue. De suite nous sommes  plongés dans l’univers d’Alexandra par ses récits de voyages, de son amour pour l’Asie .Mais avec un espoir, celui de pouvoir repartir.
A ne pas manquer.



Au petit Montparnasse, Paris, jusqu’en mars 2010

 

 

 

 

 

 

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 16:03

Hommage à Maurice Béjart  au Palais Garnier Paris.

Quatre  ballets, rarement présentés ils couvrent 41 ans de travail de 1957 à 1998.

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Inspirée  du   huit clos de Sartre, cette « sonate à trois » 2 femmes un homme, retrace le tragique affrontement de trois personnages qui viennent de mourir et se voient enfermés dans une chambre sans issue .Ils ne sont pas unis par hasard, mais sont condamnés dans leur enfer réciproque. Musique de Bartók sonate pour deux pianos et percussions.  

« Webern opus V » musique de Schonberg ;

Il s’agit du 3eme ballet créé par Maurice Béjart, La musique de l’opus V s’offre sans concessions, austère et dépouillée, Maurice Béjart y répond par une scénographie épurée, des costumes simples qui épousent les formes du corps, des visages sans expressions tout nait des lignes du corps et du rapport des deux danseurs. Cette chorégraphie exprime l’angoisse de la solitude, de l’incompréhension, les affrontements contemporains, cette distorsion des esprits traduite par celle des corps.  Un thème cher à Maurice Béjart la complémentarité des sexes et la recherche de l’idéal.  Les musiciens sur scène deux violons, un alto et un violoncelle.

 « Dialogue de l’ombre double » musique Pierre Boulez.

Il s’agit d’établir un dialogue entre une clarinette et elle-même. Deux clarinettes se répondent, l’une réelle et visible, jouée par Alain Damiens sur scène, l’autre, virtuelle et invisible, enregistré sur bande magnétique. Le titre fait référence à deux scènes du soulier de satin de Paul Claudel : l’ombre double un monologue et le dialogue entre Dona  Prouhéze et l’ange gardien, son double. Cette dualité entre un instrument réel et un instrument imaginaire joue sur ‘alternance.

« Le marteau sans maitre » d’après le recueil de René Char, musique Pierre Boulez Œuvre abstraite fondée sur les rapports  entre la partition musicale et le mouvement. Six instrumentistes et une chanteuse trouvent leur correspondance sur scène avec six danseurs et une ballerine.

Extraits du livret de la soirée.

L'inspiration littéraire, la théâtralité, le gout pour la musique, la chorégraphie, l'interprétation par les danseurs du Béjart Ballet Lausanne.

Magnifique soirée en hommage au Maître. 

Directeur artistique du Béjart Ballet Lausanne Gil Roman



















































































 

 

 

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 17:46

 Quatre ballets présentés en hommage aux ballets russes.

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" Le spectre de la rose"  Invitation à la valse de Carl-Maria Von Weber, cette valse est dédiée à la femme, la valse proprement dite est caractéristique du romantisme de Weber par sa succession de tableaux, visuels aux perspectives toujours nouvelles. Décors er costumes de Léon Bakst .
L'atmosphère du poème est habilement retranscrite "Poème de Théophile Gautier en 1837"

 Soulève ta paupière close
 Qu’effleure un songe virginal;
 Je suis le spectre d’une rose
 Que tu portais hier au bal.
 Tu me pris encore emperlée
 Des pleurs d’argent de l’arrosoir,
 Et parmi la fête étoilée
 Tu me promenas tout le soir.

 Ô toi qui de ma mort fus cause,
 Sans que tu puisses le chasser,
 Toute la nuit mon spectre rose
 A ton chevet viendra danser.
 Mais ne crains rien,je ne réclame
 Ni messe, ni De Profundis;
 Ce léger parfum est mon âme,
 Et j’arrive du paradis.

 Mon destin fut digne d’envie ;
 Pour avoir un trépas si beau,
 Plus d’un aurait donné sa vie,
 Car j’ai ta gorge pour tombeau,
 Et sur l’albâtre où je repose
 Un poète avec un baiser
 Ecrivit : Ci-gît une rose
 Que tous les rois vont jalouser. 


 Beaucoup de grâce et de délicatesse pour l'interprétation de ce ballet. La jeune fille interprétée par Delphine Moussin , le spectre Emmanuel Thibault.

 "L’après-midi d’un faune ", poème de Stéphane Mallarmé, musique de Debussy .

 Le faune,
 Ces nymphes, je les veux perpétuer.
 Si clair,
 Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
 Assoupi de sommeils touffus
 Aimai-je un rêve ?
 Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
 En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
 Bois même, prouve, hélas ! Que bien seul je m’offrais
 Pour triomphe la faute idéale de roses -- Réfléchissons...

 Ou si les femmes dont tu gloses
 Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
 Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus.
 Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :
 Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste
 Comme brise du jour chaude dans ta toison ?
 Que non ! Par l’immobile et lasse pamoison
 Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,
 Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte.
 Au bosquet arrosé d’accords ; et le seul vent
 Hors des deux tuyaux prompts à s’exhaler avant
 Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
 C’est à l’horizon pas remué d’une ride
 Le visible et serein souffle artificiel
 De l’inspiration, qui regagne le ciel.

 Extraits du poème de Mallarmé 1876.
 
La toile de scène (peinte par Léon Bakst) représente une forêt touffue d’où se détache un promontoire, le repère du Faune, difficilement perceptible par l’absence volontaire de perspective. Un seul danseur le faune et sept danseuses dont la grande nymphe. Les costumes d'inspiration grecque sont de Bakst.

Le faune Jérémie Belingard, la grande nymphe Emilie Cosette.

" Le tricorne" ,ballet à la fois classique, moderne et de caractère espagnol, aussi dans la musique de Manuel De Falla, dans les décors de Picasso, dans la chorégraphie. L’histoire se passe dans un village du sud de l’Espagne vers la fin XVIII eme, beaucoup de personnages officiels, voisins, mendiants….
Le rôle du meunier interprété magnifiquement par José Martinez, la femme du meunier Marie-Agnès Gillot.

"Pétrouchka", musique de Stravinski, il introduisit dans "l’esthétique de foire "en employant le procédé des chansons populaires russes et françaises. Décors et costumes de Benois.
Nous sommes à Saint-Pétersbourg sur la place de l’Amirauté, c’est la foire du carnaval, chevaux de bois, montagnes russes tout est en place, les danseurs s’exercent au son d’un orgue de barbarie, des vendeurs de pain d’épice, des curieux. Un charlatan en magicien annonce qu’il va présenter des poupées animées. Une baraque et soudain trois poupées en sortent Pétrouchka en guignol (pantin malheureux) les jambes tordues, un Maure et une ballerine dansent avec beaucoup d’entrain ce qui les ferait prendre pour des êtres vivants…………………….
Petrouchka Benjamin Pech, la poupée Claire-Marie Osta, le Maure Yann Bridard, le charlatan Laurent Novis.

Très belle soirée à l’opéra Garnier pour rendre hommage à Diaghilev et aux ballets russes, quatre œuvres essentielles, présentées dans leurs chorégraphies d’origine, de Léonide Massine, Mikhaïl Fokine, et Vaslav Nijinski.
Ils arrivaient à Paris il y a 100 ans.
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 11:24
Casse-noisette, ballet en deux actes, musique de Tchaïkovski, chorégraphie de Rudolph Noureev.

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 Nous sommes dans une petite ville allemande, le président Silberhaus avec sa femme organisent un arbre de Noël. Les invités accompagnés des enfants arrivent on commence la distribution des cadeaux. Un conseiller fantasque arrive et amène des poupées animées, il s’agit d’Arlequin et de colombine, un soldat et une vivandière. La fille du président Clara reçoit un casse-noisette, son frère jaloux s’en empare, la petite Clara fond en larme, les invités partent. Aux douze coups de minuit les rats arrivent de partout et se faufilent dans la pièce, l’arbre de Noel grandit, les poupées et jouets s’animent ainsi que le casse-noisette, une bataille s’organise entre les jouets et les rats, le roi des rats s’attaque au casse-noisette il est en mauvaise posture, mais d’un coup de pantoufle, la petite Clara le débarrasse de son ennemi. Le casse-noisette devient un prince charmant, il invite Clara à le suivre dans une forêt où tombent des flocons de neige qui dansent et chantent autour d’eux. Il l’emmène au "Royaume des douceurs", la fée dragée organise un grand divertissement chorégraphique en leur honneur avec le chocolat danse espagnole, le café danse arabe, le thé danse chinoise, la danse russe et celle des mirlitons précédent mère Gigogne et les polichinelles. La valse des fleurs succède au pas de deux, la fée dragée  danse avec le prince Orgeat.
 D’un seul coup Clara se réveille dans le salon, ou ses parents l’avaient laissée.
 Est-ce que Clara a fait un beau rêve ?

Nous sommes dans la féérie de Noël, conte magnifique les enfants de l’école de danse font parti du ballet, les danseurs incarnent leur rôle à merveille Karl Paquette le prince et Mathilde Froustey pour Clara. C’est magique. Excellente soirée.

 Opéra Bastille Paris jusqu’au 9 janvier.
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