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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 17:50
Exposition divisée en 6 thèmes.
Louis Comfort Tiffany nait à New York en 1848 y meurt en 1933, artiste américain, fils de Charles Lewis Tiffany, fondateur d’une bijouterie, Tiffany and Co.
 Elevé dans un décor privilégié, entouré de beaux objets, il est très sensible au raffinement de ce qui nait dans les ateliers de son père. Réceptif et influencé par d’Edward Moore, très érudit et pédagogue, maitre orfèvre de la joaillerie familiale.
Cela ne surprend personne lorsque le jeune Louis Comfort décide de devenir peintre au lieu d’entrer dans l’entreprise. En 1866, il étudie à la Nationale Academy of Design (association d’artistes américains, elle fut fondée en 1825), le but de promouvoir les beaux arts en Amérique par l'enseignement et grâce à des expositions. Il est l’élève de George Inness, peintre paysagiste américain, travaillant dans le style de l’école de Barbizon.
En 1867, les affaires de son père sont un prétexte pour venir visiter Londres et Paris, il y rencontre un monde artistique tourné vers les styles exotiques du moyen et extrême orient.

- les débuts de la carrière de Tiffany, et ses voyages en Europe.

Ses séjours en Europe Louis Comfort Tiffany vient à Paris en 1868, pendant un an, il est l’élève de Léon- Charles Bailly chez qui il étudie la peinture, c’est un maitre de l’école de Paris, spécialisé dans l’art oriental. Il voyage avec Robert Swain Gifford en Egypte, Maghreb, Espagne, Italie. Il se rend également à Londres, ou il a certainement rencontré des artistes et intellectuels du moment tels que : William Morris, Rossetti, Burnes-Jones et son compatriote américain James McNeill Whistler. Pendant ses voyages il dessine et étudie l’architecture des pays qu’il traverse.
Dès 1870, il rentre à New York et expose les objets rapportés de voyage.
 Il continue de voyager, c’est l’époque où l’archéologie devient une science, de nombreuses fouilles sont entreprises en Afrique du nord, au moyen Orient, révèlent des formes d’art oubliées, tel que les verres antiques, pour Tiffany c’est une révélation, les couleurs sont extraordinaires, et les matériaux retiennent son attention. Longtemps enfouis sous terre, les verres ressortent transformés par leur exposition aux oxydes naturels, surfaces rugueuses aux tonalités nacrées aux reflets bleus, verts, d’or.
A 24 ans en 1872, il s’oriente vers le travail du verre. Très attiré aussi par les vitraux de nos églises et cathédrales, il a visité Chartres pour découvrir le bleu des vitraux.
 En 1878, il présente 3 peintures à l’huile et deux aquarelles, à l’exposition universelle de Paris. Ses peintures remportent un très vif succès.

A l’exposition :

Dès l’entrée, une immense photo montrant l’immeuble Tiffany à New York, devant, une vitrine est consacrée aux œuvres d‘ artistes célèbres :
Une coupe à décor lune et arbres de Rousseau datée de 1884 plusieurs couches de verre taillé et gravé, une coupe libellule de Gallé, un vase de Salviati en Murano, composition cobalt, antimoine, manganèse et fer plus manganèse. Un service à café et à thé en argent, laiton et ivoire de Moore.
Un tableau de Joaquim Sorolla y Baptista montrant Louis comfort Tiffany,


Un vase camée en verre soufflé et gravé 1889 de Tomas Weeds.
 Quelques tableaux de Tiffany, les boutiques d’Alger, une autre les charmeurs de serpents à Tanger.



- son travail de décorateur d’intérieur pour d’influents clients américains,

 Des mouvements naissent comme Arts and Crafts fondé par William Morris en Angleterre. En 1876 à l’exposition de Philadelphie il a vu de nombreux spécimens d’art appliqués anglais, influencé par ce mouvement et décide de faire de la décoration d’intérieur.
1878, il loue un appartement qu’il décore lui-même, il utilisera un tapis comme modèle, 1 vitrail (œuvre abstraite avant-gardiste) il a réinterprété sa propre palette de peintre, le travail est complexe il réalise dans la masse à chaud.



L. C. Tiffany & Associated Artists est créée en 1879, entreprise de décoration d’intérieure, à laquelle collaborent Stanford White, Samuel Colman, artiste peintre.
Tiffany est un artiste et homme d’affaire, l’Amérique est au zénith de sa prospérité industrielle et commerciale. Les milliardaires se précipitent chez son père dans la compagnie Tiffany and Co, ils achètent bijoux et objets rares. Louis Comfort les connaît tous il les a déjà rencontrés. Leurs souhaits, un intérieur luxueux pour montrer leur réussite, il peut leur fournir. Ayant décoré sa propre maison et celle de son Père, ou les motifs sont mauresques, il a aussi le gout des chenets et des paravents, ainsi les clients peuvent visiter les deux maisons. Il va bénéficier de cette clientèle fortunée, les décors qu’il fera seront mauresques et d’une très grande élégance.
Dès 1880, Louis Comfort Tiffany dirige trois entreprises, une production de mobilier, une production de textiles d’ameublement et une de décoration d’intérieurs.
1887, la firme réalise des décorations d’intérieurs dans une grande variété de matériaux et de techniques tel que le papier peint, peintures, fresques, tissus, revêtements mural et au sol, cuir, verre, métal ,ébénisterie, mosaïque. Ses clients : Mark Twain, Henry Osborne, Louisine Havemeyer, Cornelius Vanderbilt, Lily Langtry, George Kemp 1882 pour qui il créé des salons, en 1889, Chester Arthur le fait venir à la maison blanche pour décorer le salon d’accueil, décor qui laisse la part belle au vitrail orientaliste, à Chicago il décore une chapelle qui a été aujourd’hui reconstruite, beaucoup de verre coloré. Il faut savoir qu’en 1889 on découvre l’électricité. Alors comment utiliser la lumière. Il décore une bibliothèque de Chicago avec des lustres en mosaïques. En 1892, il termine la décoration de la demeure d’Henry Osborne et de Louisine Havemeyer.

Exposition :

Une lampe datée de 1901-1905 verre, plomb; une suspension Millefiori 1904, une photo de la maison Tiffany à Miami, un chandelier en verre et bronze, une paire de chenets 1894, bronze, verre et fer. Une lampe Pineapple 1900-1906 verre et bronze. Un écran de cheminée après 1902 en verre, bronze, fer forgé, un paravent 1882. Un vitrail de l’appartement de Tiffany de New York, un tableau nous montre un coin de son atelier, quelques dessins de Sarah Cochran avec des projets pour manteau de cheminée fin XIX eme début XX eme. Une horloge de mosaïque, un projet de décoration pour un mur. Un vitrail à la sirène daté de 1899 pour la demeure à Hawaï de James Castle producteur de sucre.



- les vases en verre Favrile, aux formes organiques et aux remarquables contrastes de couleurs,

A partir du XVeme siècle, les vénitiens et grands verriers d’Europe s’évertuent d’obtenir un matériau d’une limpidité cristalline. Les verriers d’art nouveau, s’écartent de cette tradition, Tiffany veut tenter différentes expériences techniques dans ce domaine.
 Dès 1885, il crée son entreprise, la Tiffany Glass Co. Il invente un procédé pour fabriquer des verres opalins et des techniques différentes :
Le verre de Chypre et antique, ce verre présente une surface irisée, rappelant les vases antiques trouvés dans les tombes grecques et romaines que le temps à rongé.
Le verre gravé en camée, il s’agit d’une gravure sur verre, Tiffany garde la tradition des artisans d’Alexandrie.
 Le verre de lave, effets de lave sur le verre, style japonisant.
Le verre réactif, certains verres réagissent à la couleur pendant la cuisson.
 Le verre feuilleté, il s’agit de plusieurs feuilles de verre de couleurs différentes. Le verre agate ou marbré, technique connue des romains dès le 1er siècle avant JC, pour l’obtenir on mélange des verres colorés opaques que l’on fait fondre ensemble dans un grand récipient.
Le verre aigue-marine, fait parti des exploits techniques de Tiffany produit vers 1913, il est obtenu par inclusion de diverses représentations de la vie aquatique, algues, oursins, coquillages, dans la couche de verre interne on ajoute une couche de couleur verte qui donne l’illusion de l’eau de mer.
Le verre lustré ou verre « favrile », iridescent, miroitant et changeant selon l’angle de vision. Favrile veut dire fait à la main, il est fait au souffle et réalisé à la flamme, la forme obtenue, on plonge dans de l’oxyde métallique et est strié à la baguette, le résultat va donner de l’émail. Les sels procurent un aspect iridescent à la matière.
Il acquiert un autre immeuble et installe le four où seront produits les vases favrile en verre soufflé.
 En 1893, la nouvelle technique est introduite dans son entreprise.
Cette technique sera utilisée principalement pour les vases et les bols. Ses motifs beaucoup de fleurs, des libellules ce qui est nouveau dans la décoration, les plumes de paon très appréciées et utilisées par les symbolistes.
1896, pour donner un autre départ aux œuvres de Tiffany, on cercle une œuvre avec un montage en argent avec des formes qui rappellent Guimard.
 Deux musées parisiens font l’acquisition de pièces en verre favrile, les musées des Arts décoratifs et du Luxembourg.

Exposition :

Un certain nombre de vases favrile sont exposés, tel que le Vase fleur créé en 1900, vase liseron ce vase à la forme de la fleur en 1915.



 - ses relations avec le marchand d’art parisien Siegfried Bing qui contribue à la diffusion et au succès de ses créations en Europe,

1894, Siegfried Bing, propriétaire d’une galerie d’art à Paris, spécialisé dans l’art oriental. Lors d’un voyage aux Etats-Unis il visite les ateliers de la Tiffany glass and décorating company à New York, un contrat est conclu par les deux hommes ils ont la même passion pour l'art japonais. Bing voyage partout en Europe pour les arts décoratifs, il devient le marchand exclusif de Tiffany en Europe.
 Cette même année Bing fait appel aux Nabis, Vuillard, Sérusier, Roussel, Vallotton, Bonnard, Maurice Denis, Lautrec, afin de réaliser des cartons qui seront reproduits par Tiffany.
 A l’exposition universelle de Paris en 1900, ou il présente des verres favrile, des vitraux, des lampes, des mosaïques, des objets émaillés. Il est nommé chevalier de la légion d’honneur et obtient des grands prix d’arts appliqués.

Exposition :

Le vitrail de Toulouse Lautrec « Pépé chrysanthème » au nouveau cirque. IL a une préférence dans ses motifs pour les plumes de paon, il fait plusieurs vases, un miroir au décor paon.



 - les vitraux, un aspect essentiel et pourtant méconnu de sa production,

Pendant le dernier quart du XIX eme siècle, les vitraux ont une énorme popularité aux USA, Louis Comfort Tiffany en devient le créateur le plus célèbre et le plus prolifique. Pendant des années de recherches Tiffany s’est penché sur le graphisme, la couleur et la construction des vitraux du moyen âge. Il travaille directement à partir du verre, les morceaux étant découpés et mis en place selon le puzzle de couleurs et de formes de dessins originaux et le plomb glissé autour, le résultat donne une fidélité absolue au modèle. Le verre fait également l’objet d’une recherche intensive, il y a une coopération entre les artisans de Tiffany et le chimiste Parker Mcllhiney, afin d’obtenir de nouveaux verres, mise au point de différents types de verres tel que :
Le verre plissé, il est coloré, la texture évoque des froissements d’étoffe, on peut tirer des effets montrant des petits plis ou des larges drapés. Technique : Pour créer cet effet particulier, qui donne un surprenant relief à l’élément de vitrail terminé, les ouvriers écrasent la surface du verre fondu sous de lourds rouleaux, puis l’étendent et la repousse à la main.
 Le verre strié : Sur le marbre ou table on met plusieurs verres en fusion, strié en refroidissant on repousse les couleurs utilisé dans les ciels et paysages.
 Moucheté : On ajoute de la fluorine sur le marbre pour obtenir des zones d’ombres.
Peigné : Utilisé pour les ailes d’anges, les plumes les feuilles. Prendre des rouleaux et strier en courant on obtient des petits plis, si on veut plus de blancheur pour la lumière on ajoute de la fluorine.
 Bariolé : Filigranes de verres colorés, on fait une forme et on coule le verre en fusion et incorpore pour les fusions Martelé : On utilise un autre rouleau avec bosselage et on tape ce qui donne des effets écaillés.
 Les cabochons : Ce sont des moules on l’on a coulé le verre, le résultat donne une forme.
 Ondulé : Sur une planche on roule avec un cylindre, le verre a des secousses et fait des ondulations comme les vagues.
Les confettis : On prend des particules de verre, et ainsi on obtient des couches de verres.
La peinture est quelques fois utilisée pour les visages. Arthur J. Nash souffleur de verre de talent viendra rejoindre l’équipe de Tiffany et en 1893, les deux hommes fonderont la Stourbridge Glass Company à Corona, à Long Island. Louis Comfort Tiffany exécute 20 vitraux pour l’église Erskine de Montréal entre 1897 et 1910, conçus pour une autre église mais cette église étant démolie les vitraux furent transférés dans l’église Erskine en 1936. Il en réalise d’autres pour l’église Church of the Incarnation, Madison avenue, à New York. Le vitrail chez Tiffany est une manne financière,


Les vitraux de l’exposition :

Un vitrail présenté sur la nouvelle Jérusalem, un autre iris et poissons, vitrail à l’étoile de mer. Les vitraux représentent un ange, la foi, le Christ et Emmaüs, le bon pasteur, la charité,des projets pour des fonds baptismaux, 4 des vitraux exposés viennent de l’église Erskine à Montréal. La texture n’est pas connue en Europe, elle est propre aux ateliers de Tiffany. Projet de dessin pour une église de Brooklyn.



- et l’expansion de l’entreprise grâce surtout au commerce des lampes et d’objets décoratifs qui contribue à asseoir son immense popularité.

La fin du XIX eme siècle et le début du XX eme siècle marquèrent la grande époque Tiffany, célèbre dans le monde entier ; chef de file du mouvement Art nouveau aux USA, il a obtenu toutes les récompenses internationales et remporta un grand succès commercial. La révolution de l’éclairage commence en 1879. Dans ses ateliers des restes de verres taillés, des petites formes complexes, une idée lui vint faire des lampes avec les déchets de verres. C’est l’invention de l’ampoule électrique qui motiva cette idée. Il fabriquait des vases, il fallait faire des abat-jour ( la même technique que les vitraux). Les lampes en verre soufflé ont donc précédées les lampes en verre plombé. C’est le résultat de diverses influences artistiques, issues de ses voyages en Europe, des souvenirs d’enfance. Tiffany a passé une partie de sa vie à l’étude du verre, il a aussi étudié ses réactions à la lumière, aux possibilités infinies qu’offrent la transparence, l’opacité, son opalescence, son irisation. Et un grand amour pour la couleur. Les lampes en verre plombé, grande production associant qualité et quantité, chaque exemplaire d’un même modèle, possède un caractère unique. Des exemples la lampe glycine et la lampe libellule. Clara Driscoll engagée chez Tiffany en 1887 devient une de ses stylistes les plus remarquables et finit par prendre la tête du département design en 1904, une petite anecdote elle est une des femmes les mieux payées d’Amérique. Elle est à l’origine de nombreuses lampes Tiffany ses motifs sont : floraux, animaliers géométriques ou abstraits. En 1900 elle obtient un prix à l’exposition universelle de Paris pour la lampe libellule. La lampe glycine remporte une médaille à l’exposition internationale des arts décoratifs de Turin en 1902, la lampe nénuphar obtient le grand prix.

 Exposition :

Les artistes de chez Tiffany observaient la nature pour créer les motifs dans celui de la vie aquatique, les algues suggèrent le mouvement de l’eau, ces vases montrent des plantes aquatiques, les poissons qui flottent. Un panneau de mosaïque aux pivoines, aux cacatoès 1908, encrier flacon de parfum, quelques bijoux boite à timbres. Un lampadaire Peony 1904, un vase Jack in the Pulpit 1909-1910, lampe Westrie 1901-02, des chandeliers, lampe de bureau 1900-1910. Le vase Lava 1904-1906, ou matière en fusion, les parois s’affaisses, les ondulations en relief semblent s’entasser, les cabochons ressemblent à des galets. La céramique japonaise a jouée un rôle important. Paravent à théière, lampe nénuphar, Quelques dessins inspirés par la nature chez Tiffany, un exemple avec le lampadaire magnolia, une coupe au décor de fleurs, des vases, vitrail magnolia vers 1900, d’après les dessins d’Agnès Northrop , qui resta le plus longtemps avec Tiffany.



Exposition à ne pas manquer .

 La première salle passée, l’exposition est aérée par une succession de salles ouvertes .La possibilité de contourner certaines œuvres tel que les lampadaires et les lampes disposées sur des tables rondes, les vitraux peu nombreux malheureusement, certains étant en restauration à Montréal, pour en voir plus il faudra attendre 2011, la réouverture de l’église Erskine pour admirer les 20 vitraux dans leur contexte. A observer attentivement les différentes techniques utilisées pour ces œuvres.

Au musée du Luxembourg Paris jusqu’en janvier 2010.
 Février à mai 2010 au musée des beaux-arts à Montréal.
Richmond USA fin mai à aout 2010.

 Quelques extraits du livre Tiffany par Douglas Jackson
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 09:59
 Nancy, ville d’art et ancienne capitale du duché de Lorraine, sous les règnes des ducs Charles III fils de François 1er et Léopold, fils de Charles V. Dès le XVI eme siècle, la ville bénéficie de nombreuses extensions et constructions d’hôtels particuliers, ainsi que d’un rayonnement culturel sans précédent.

Au XVIII eme siècle, Stanislas Leszczynski, roi de Pologne, beau père du roi de France, sa fille Marie Leszczynska épouse Louis XV en 1725, écarté du trône de Pologne, il reçoit en viager le duché de Lorraine, cédé par les Habsbourg et le duc François III de Lorraine au traité de Vienne. Le duché libéré de la pression militaire française, connaît une période d’apogée, en plein siècle des lumières. Il créé en l’honneur du roi de France une place, qui à sa mort en 1766 portera son nom, le duché revient à la couronne de France.

1871, la ville de Nancy reste française, tandis que l’Alsace et la Lorraine sont rattachées à l’Allemagne ainsi que Strasbourg et Metz par le traité de Francfort. Elle connaît la prospérité et un nouvel âge d’or culturel.

Fin XIX eme début XX eme siècle, Nancy devient le foyer de l’art décoratif français, de magnifiques villas agrémentent la ville, ayant appartenues aux banquiers, commerçants, industriels. On peut découvrir, le Musée de l’Ecole de Nancy situé dans la propriété d’Eugène Corbin, la villa Majorelle, la villa Bergeret, celle de l’architecte Weissenburger.



Auguste Majorelle nait en 1825, père de neuf enfants dont Louis, de Toul il vint s’installer à Nancy, Il est fabricant de meubles. Louis Majorelle nait en 1859, ébéniste décorateur, fait l’école de Nancy, puis à partir de 1877, les beaux-arts à Paris. Au décès de son père il rentre à Nancy.

 Il se marie en 1885 avec Marie Léonie Jane Kretz, fille du directeur des théâtres de Nancy. Ils auront un fils Jacques artiste peintre né 1886, il deviendra le peintre de l’atlas.

Louis Majorelle fait des copies de mobilier style Louis XV, et expose en 1894 à l’exposition d’art décoratif et industriel de Nancy, influencé par Emile Gallé qui l’initie à partir de cette date, il donne a sa production une nouvelle orientation. Il remplace le mobilier japonisant par de la marqueterie naturaliste ou symboliste, il prend sa source dans la nature, des plantes à tiges, nénuphars, chardons, libellules seront les motifs de ses marqueteries. Il développe le mobilier de luxe. Il collabore à partir de 1898 avec les verriers de Nancy, les frères Daum.

 Vers 1900, il ajoute un atelier de forge pour que les artisans produisent des poignées et des charnières dans l’esprit de lignes fluides en harmonie avec son travail d’ébénisterie. Dans son atelier on réalise également des rampes de balcons en fer forgé pour de nombreux bâtiments de Nancy. Il obtient un grand succès à l’exposition universelle de 1900, et se lance dans le mobilier de série, ce qui lui permet d’élargir son catalogue et sa
clientèle. Il devient un des membres fondateur de l’école de Nancy Les œuvres de Louis Majorelle triomphèrent et lui fournirent une clientèle internationale. Dès 1910, il ouvre des boutiques avec ses meubles à Paris, Lille, Lyon, Nancy. Il décède en 1926.

L’école de Nancy ou la naissance de l’art nouveau en France, art né en Angleterre par le mouvement Arts et Crafts, généralisé en Europe de 1870 à 1880. Il s’agit d’un groupe d’artistes, architectes, critiques d’art et industriels de Lorraine qui décident de travailler en collaboration ayant une prédominance pour l’art nouveau, mouvement artistique fin XIX eme début XXeme.

 L’Art nouveau connaît un développement artistique international. Tous les domaines de création et techniques sont concernés par ce mouvement artistique, verrerie, mobilier, vitrail, céramique, cuir, ferronnerie, architecture. L’intérêt pour les artistes et artisans : ils rencontrent l’attrait du public, l’art rentre dans les maisons pour la décoration et sa pour sa modernité. L’un des plus connu Emile Gallé, il créa l’Ecole de Nancy en 1901, il expose dès 1889 à l’exposition universelle de Paris. Les artistes nancéiens se font connaître lors du salon de la société nationale des beaux-arts de Paris en 1891 et 1893.
Les artistes les plus célèbres de ce mouvement pour la France : Emile Gallé, René Lalique, les frères Daum, Hector Guimard, Jacques Grüber, Eugène Vallin, Victor Prouvé, Louis Majorelle, les frères Muller.  

 Dès l’entrée de l’exposition un portrait de Majorelle nous accueille peint par son fils Jacques en 1908.


  Une table à thé laquée en chêne et placage de noyer entre 1885 et 1890, motifs floraux, papillo et oiseaux, elle est japonisante. A ses cotés un petit meuble à trois tiroirs daté de 1894.

Dans la seconde salle un certain nombre de chaises et de chevets, les dossiers de ces chaises sont ornés de marqueteries naturaliste pour la plus part. Une chaise à garniture cuir repoussé, à décor marqueté et crosse de fougères, une autre à décor feuille de marronniers, ou décor de pommes de pin et velours, décor de vignes, de Ginkgo biloba. Ces chaises sont datées des années 1898 à 1901.

 Les tables de chevet aux décors de marqueterie. L’une en palissandre et citronnier, combaril, noyer mouluré de 1899 Table de chevet muguet applique en bronze ciselé et doré. La table de chevet de la chambre de Majorelle datée de 1902 en frêne placage tamo (frêne du japon) Une autre à décor de fougères et a porte de 1929 en chêne, amarante, placage ébène de Macassar, filets ivoire faïencés. Une table de chevet de la maternité de Nancy datée de 1828-29 en hêtre teint.

Nous parcourons notre visite dans une autre salle avec une vitrine orchidée de 1905, acajou mouluré, placage acajou et bronze doré. Quelques fauteuils dont l’un fauteuil gondole, pomme de pin 1902 garniture soie.
 Fauteuil fougère Majorelle 1906 en bois doré, Maison Perrier-Jouet Epernay
Fauteuil pomme de pin velours 1904, moulure acajou .
Un bureau primevère daté de 1905 en noyer sculpté moulures, marqueteries. Autre bureau de dame trèfle 1902 en acajou placage palissandre et bronze doré.
Ecritoire de 1898 noyer marqueterie bois variés moulures garni cuir.
Meuble de musique en noyer mouluré et sculpté, marqueterie d’amarante représentant oiseaux et glycines, 1898

Dans la 3eme salle nous découvrons un meuble de salon « les algues » 1905, bois exotique, placage de palissandre de rio, marqueterie et incrustations de nacre de Majorelle.
Un cabinet à décor d’iris 1901 noyer moulure sculptée marqueterie. Etagère à décor floral 1898, noyer mouluré et sculpté, marqueterie palissandre acajou.
 Une vitrine art déco 1920-25 acajou rouge, bois divers pour marqueterie, fleurs en nacre.

 Un escalier nous conduit à l’étage, dans une vitrine, un chevalet en acajou sculpté de l’école de Nancy, un porte plante et une sellette en marqueterie.

A l’étage sont exposées quelques tables dont l’une, table aux butomées 1900 acajou, bois serpent, marqueterie d’amarante, coupe d’orme et Amboine, érable, noyer, padouk école de Nancy
Guéridon aux nénuphars, acajou sculpté, bronze doré de Majorelle en 1902. Différents guéridons de l’école de Nancy dont un à décor de clématites de 1900 à 1905.

 Dans une autre salle nous découvrons des objets décoratifs tel que : des plateaux en bois datés de 1925 de Majorelle en acajou et palissandre nacré poignées en bronze. Sur un autre une marqueterie, représentation d’un paysage daté de 1900 en noyer.

Quelques beaux exemplaires de lampes, Majorelle travaillait en collaboration avec Antonin Daum L’une représente un figuier de barbarie le pied en bronze doré Majorelle-Daum 1903, une avec libellules pied en bronze doré 1902, lampe magnolia 1902-03 verre soufflé et moulé, lampe pissenlits 1902, une lampe de table ombelle 1903-04, lampe à décor d’algues. Lampadaire Poincaré 1910 de Daum.

  L’école de Nancy travaillait aussi avec la manufacture de Rambervillers, un carreau en grès flammé est présenté décor la monnaie du pape ainsi qu’une frise d’algues datée de 1905 .
L’escalier monumental des galeries Lafayette de Paris commande de 1908, en fer forgé, laiton, fer estampé peint et doré, décor floral, démonté en 1974.
Des coupes circulaires en verre soufflé inclusion d’or pour certaines de chez Daum, monture en fer forgé elles sont de différentes couleurs dont l’une en jade datée de 1925. Un vase Daum cylindrique également de 1925 .
Devant de foyer et chenets 1905 Majorelle Bronze doré et verre.

 De nombreux dessins, modèles préparatoires pour deux verreries cloisonnées 1920 à 1925 au crayon et aquarelle sur papier, école Daum de dessin. Autres dessins pour des loges de théâtres aquarelle et gouache avec tampon Majorelle .Quelques dessins aux motifs d’algues.
 Des faïences provenant du château de Lunéville datant de 1895 de Keller et Guérin.

Le mobilier de la villa Majorelle ou villa Jika initiales du nom de l’épouse de Louis Majorelle, première maison d’art nouveau à Nancy. Une chambre a couché l’armoire à décor de clématites, le lit décor roses et tulipes 1899 marqueteries en amarante, citronnier et palissandre. Lit et chevet nénuphar 1905-1908.

 Une commande du maréchal Foch (1851-1929) un bureau et un fauteuil. Palais du gouverneur Nancy.

La publicité est importante elle est présentée a l’exposition, ainsi on passe du dessin à l’image publicitaire, les dessins de Majorelle, sont des projets de mobilier pour décorer les villas, illustrations des premiers catalogues à diffuser, cartes d’invitation à une exposition, cartes de visite.

Une dernière oeuvre, une bibliothèque tournante et bureau, elle est circulaire éclairée il y a possibilité de rentrer à l’intérieur, de Majorelle en collaboration avec Etienne Cournault datée de 1937.

C’est un éventail de cette grande exposition qui nous montre les œuvres de Louis Majorelle et des artistes de l’école de Nancy, mobilier, dessins, mais aussi la ferronnerie, le grès, l’art du verre partagé avec Daum, des bronzes, environ 170 œuvres sont exposées, elles proviennent pour la plus part du musée de l’école de Nancy , Orsay , des collections
 particulières.

 Le style est raffiné agrémenté de belles marqueteries montrant le style imaginatif des ébénistes sur un mobilier fonctionnel.

Exposition organisée pour les 150 ans de la naissance de Louis Majorelle.

Exposition à la galerie Poirel à Nancy jusqu'au 30 aout.
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 11:57
Fin XIX eme début XX eme période de « la belle époque »,

Mais dans cette belle époque nous avons la dette à la Prusse qu’il faut payer, beaucoup de mouvements sociaux, les femmes revendiquent, 1905 séparation de l’église et de l’état, il y a l’affaire Dreyfus. Mais tout le monde va dans les cabarets.

1870, Montmartre devient l’endroit du monde le plus célèbre, car Paris y a installé ses plaisirs, mais aussi se passent de nombreux crimes. Nous sommes au lendemain de la commune, Paris décide et veut faire la fête, des bistrots sont ouverts, des bals, des revues, des bordels, des cabarets, l’alcool coule à flots. Une société se forme avec ses rites, ses usages, son langage. Elle mêle les artistes, bohèmes, voyous, les danseuses, les bourgeois qui se retrouvent dans le même espace de rêve, mais aussi de violence…. Naissance du moulin de la galette, le chat noir.

 En art c’est la période du symbolisme, de l’art nouveau, de 1870 à la première guerre mondiale, Montmartre est la terre d’élection des avant-gardes artistiques, probablement due à son atmosphère très particulière. De nombreux artistes s’y installent, peintres, musiciens, écrivains, ils se rencontrent dans les cafés. Toulouse Lautrec peint les bordels et les filles de joies de la rue Breda ou il se rend régulièrement, les galeristes ouvrent aussi à Montmartre, lieux de rencontres, d’expositions et de ventes. De Picasso à Modigliani, Juan Gris, Van Dongen, Vlaminck, Pascin, les peintres de toute l’Europe se pressent pour venir sur les traces des impressionnistes, des divisionnistes et des nabis, attirés par une promesse d’une plus grande liberté. A tous les artistes qui rejetent l’académisme des beaux-arts, aux exclus des circuits de vente et d’expositions habituels, Montmartre offre cette alternative, les perspectives de travail sont moins fermées qu’ailleurs et les sujets d’inspiration ne manquent pas et se rapprochent de la réalité moderne. La vie n’y est pas chère, c’est la naissance d’un espace de liberté.
Le village fut rattaché à Paris en 1860, à l’origine habité par des ouvriers, des cousettes, des truands, les ouvriers pour la plupart travaillaient sur les grands chantiers d’urbanisme du second empire. Les immeubles Haussmanniens réservent leurs derniers étages aux ateliers d’artistes, Manet s’installe dans l’un d’eux et devient le pilier d’un petit cénacle, Degas, Bazille, Fantin-Latour, Nadar, Zola, des critiques Astuc et Duranty, Pissarro.
Chaque vendredi ils se réunissent au café Guerbois, avenue de Clichy, après la guerre des communes, dans le quartier de la nouvelle Athènes. On y débat sur la peinture en plein air, du rendu de la lumière et de la mode des estampes japonaises, on y lance des revues, journaux sur l’art entre autre, mais aussi on y parle politique au cabaret du « rat mort » qui rassemble surtout journalistes, dessinateurs, satiriques, on y expose même. Certains tenanciers de cabaret y achète des tableaux pour les exposer dans leur établissement ceux de Manet, Monet, Pissarro. Des sociétés anonymes créées par des artistes pour organiser leurs propres expositions, tel Renoir en 1874 qui vivait en bas de la Butte, des œuvres sont présentées dans l’atelier du photographe Nadar.
 Dès 1880, tout évolue, le quartier devient plus festif et fripon, plus pittoresque. Cabarets, cafés-concerts, artistes et intellectuels en font leur lieu d’élection, Ils sont tous fascinés par ce Montmartre animé par ces bals populaires, ses saltimbanques de la bohème, le monde canaille des cabarets, des maisons closes bourgeois en goguette, mais c’est aussi le Montmartre de la misère et de la contestation sociale, mais aussi le Montmartre poétique, avec ses bidonvilles champêtres, ses jardins cachés, ses ruelles en lacet. Tout cela fait rupture avec la tradition, de nouveaux sujets pris dans la vie réelle. Les revues sont nombreuses, les tavernes telles que le « chat noir ». C’est la bohème fêtarde, on y retrouve, Alphonse Allais, Emile Goudeau, Caran d’Ache, Verlaine, Debussy ou Zola.
Ce sont les débuts de Bruant. Toulouse-Lautrec réalise un certain nombre d’affiches pour tous ces cabarets. Il existe aussi « le divan japonais », » le Moulin rouge » lancé en 1889, La Goulue, Jane Avril, danseuse cultivée et muse de Lautrec, maitresse d’Alphonse Allais et amie de Mallarmé, de Valentin le désossé au Père la pudeur, Yvette Guibert tous représentés par Toulouse-Lautrec.
1889 une affiche est crée pour le Moulin rouge par Jules Chéret, il représente sur l’affiche la joie de vivre. Il faut faire la publicité des revues et de ses artistes, les affiches vont être placardées partout dans Paris, elles doivent être animées.
1891 Lautrec en fait une, il se focalise sur la Goulue et Valentin le désossé, c’est la première affiche moderne. Il apprend un nouveau travail la typographie, les lettres sont en rouge, travail de perspective, l’influence est japonaise, on y voit des taches blanches et jaunes, des ombres chinoises, c’est le reflet asiatique du théâtre d’ombre, le personnage au premier plan sert de repoussoir, la Goulue lève la jambe et montre ses jupons.

 Le japonisme est à la mode, Lautrec aime se déguiser, il porte parfois des kimonos.
Il a réalisé une affiche « confetti » la femme représentée est inconnue, représentation des maisons closes.

Au Japon c’est la période EDO. Pour l’affiche « Cadieux » il s’inspire d’un acteur de kabuki.

 Les thèmes de ses affiches, une grande place pour les femmes.


 Une affiche pour le moulin rouge, on y voit Valentin dresser ses nouvelles danseuses, c’est une composition à 4 couleurs on y a rajouté le jaune nous sommes en 1891.

Ou pour, « la troupe de Melle Eglantine », Cléopâtre, Gazelle le nom des autres danseuses, cette troupe s’est produite à Londres, elles ont demandé des affiches ou elles dansent.



Jane Avril « jardin de Paris »qui est un café concert, le parquet donne une perspective. Pour cette affiche il s’est inspiré d’un tableau de Degas, le manche de la contrebasse, il faut savoir que Lautrec avait une passion pour Degas.

Pour le « divan japonais » Jane Avril est au premier plan, la chanteuse derrière sur la scène, c’est Yvette Guibert, les instruments de musique sont en raccourcis, Jane est assise à coté d’Edouard Dujardin, critique musical, mais regarde plutôt Jane, on voit la sensualité mise en scène ainsi que le chic de Jane. Une coupe de champagne est au premier plan, (le champagne à cette époque est à la mode). En comparaison le tableau de Degas ‘ les danseuses’ gros plan sur l’orchestre 1er parallèle avec l’affiche.


 Yvette Guilbert, toujours des gants noirs et longs, il représente le visage réaliste et pas à son avantage.


 May Milton artiste anglo-saxonne, toujours un vêtement blanc, la typographie animée, elle est l’amie de Jane Avril, Lautrec était fasciné par cette femme, il lui a offert une affiche en cadeau.

On a un tableau de Lautrec, avec des personnages dans un café, il est au centre avec son cousin, Jane Avril au fond de la salle, Une femme se recoiffe en public elle est vulgaire c’est la Goulue et son amie la môme fromage, une personne au visage verdâtre c’est May Milton, ce sont les femmes de la vie de Toulouse Lautrec. Le tableau se trouve aux USA. Sur ces affiches il y a quelques fois plusieurs tirages, un tirage avec texte, l’autre non, une petite remarque en bas peut apparaître sur certaine il peut y avoir un clown joue du banjo, ce tirage fut réalisé pour un menu. « La revue blanche » dirigée par les frères Natanson, c’est une revue d’avant-garde sur tous les arts, image de Misia son épouse, l’artiste est belle elle représente bien la revue. Sur l’affiche Lautrec la représente avec un manchon de la fourrure, elle fait du patin à glace.
Autre personnage important Aristide Bruant : Il incarne Montmartre, il est auteur compositeur, il sait se mettre en scène il porte toujours une écharpe rouge. Affiche pour l’hebdomadaire « le Mirliton » un personnage regarde l’affiche avec Aristide, il est aussi avec Lautrec, Aristide est montré au ¾, il a son écharpe, un chapeau, le visage narquois, sur le haut de l’affiche on voit marquer « Ambassadeur », il s’agit d’un théâtre vers les champs Elysées et opéra c’est à la mode. Le travail de l’affiche en aplat et le japonisme. Son image sur l’affiche est applaudie par tout le public. Pour son travail Lautrec utilise beaucoup la photo. Bruant passe à l’Eldorado on refait une affiche en changer la position de coté, on met trois bulles sous le nom Eldorado, cela aussi est du japonisme. Pour l’affiche « au Mirliton » Bruant est de dos, il part nous sommes en 1894.


La présentation de l’exposition est originale, on se croit dans un endroit plus ou moins en travaux, non plutôt dans les coulisses d’un théâtre ou d’un cabaret ou les artistes sont en répétition, car il y a un fond musical on y entend, les chansons de l’époque ,Offenbach. L’ambiance est créée nous pouvons commencer la visite par quelques dessins de Lautrec, les différentes affiches évoquées ci-dessus.
Pour terminer l’exposition des affiches en hommage au maitre par des graphistes contemporains venus de tous les coins de la planète, le salon des cent est recrée depuis 2001.
Exposition montrant la modernité de l’époque l’alliance de l’art, de l’industrie, du commerce. Excellent moment passé dans le Montmartre de "la belle époque".
Au musée des Arts décoratifs jusqu’en janvier 2010
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 15:46
   Picasso-Cézanne 

Les liens qui unirent les deux artistes.

L'exposition  présente  4 thèmes : Picasso regarde Cézanne, Picasso collectionne Cézanne, Thèmes et formes partagées, Picasso se rapproche de Cézanne.

 Naissance de Picasso en 1881 à Malaga tandis que Cézanne a plus d’une génération, il a atteint sa maturité, il s’éloigne de Paris pour s’installer en Provence, sa palette est de dominance sombre ainsi que ses thèmes. Dans les années 1885-86 il sculpte ses toiles plus qu’il ne les peints avec son couteau à palette dans une fièvre d’empâtement et de couleurs dont l’application sur la toile en reliefs peut apparaître comme l’annonce du cubisme.

Picasso se libère dans un autoportrait comme Yo Picasso en 1901 dans un éclatement de couleur et de matière virilement travaillée. Un substrat romantique ou post-romantique, voire symbolique pour  Picasso. 
  Yo Picasso

 Picasso regarde Cézanne, la fougue et les passions se conjuguent aux caractères des deux hommes. Ils sont méditerranéens tous les deux.
Une même dominante dès 1867, les tons de bleus. Les corps se simplifient, ils sont disproportionnés, ils s’étirent, la perspective est exprimée différemment. L’expressionnisme s’impose avec une avance pour Cézanne. Un exemple avec « le festin » de Cézanne et dès 1901 « évocation » de Picasso.








                     
                            
Le festin Cézanne
                                                                                                                  Evocation Picasso

Cézanne considère que sans tempérament on n’est pas un véritable artiste.
 Picasso arrive à Paris en 1900, il entre en contact avec l’œuvre de Cézanne, il fait une approche progressive.
 Dès 1901, il peint une nature morte « la desserte ». Il a pu voir des œuvres de Cézanne dans les expositions en 1905-1906, il peut aussi les étudier chez ses amis les Stein, ils possèdent une très belle collection constituée avec Vollard marchand d’art. Picasso fréquente aussi les marchands.
Mais à la fin de sa période rose, il se tourne vers Gauguin en 1906. Le primitivisme est une manière de renouveler sa vision influencé par l’art nègre.

  Première salle une citation de Cézanne :

« Je suis peut-être venu trop tôt, j’étais le peintre de votre génération plus que de la mienne » Cézanne à un jeune artiste.

 une nature morte, portraits,nus, le primitivisme la touche stimulante.
 Comparaison des deux artistes. Portrait de Gustave Geffroy par Cézanne, femme à la mandoline de Picasso. 
 
                                                 

gustave geoffroy Cézanne     



                                                                   





                                                                                             femme à la mandoline de Picasso

Quelques œuvres exposées : « fruits, serviette et boite à lait » de Cézanne, « la desserte » de Picasso, autoportraits des deux hommes, de nus, »académie d’homme nu » Cézanne, « nu assis « Picasso, Académie d’homme Cézanne, homme drapé d’une tunique Picasso, portrait de Mme Cézanne et de Fernande Olivier pour Picasso George Braque (ami de Picasso pendant la période cubiste),
Quelques tableaux en reliefs, la peinture devient sculpture.

Picasso collectionne Cézanne Il dira « qu’est-ce que, au fond, un peintre ? C’est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu’il aime chez les autres »

Ce sont des achats, des échanges, Picasso commence tôt sa collection.

 Il possède quelques Cézanne, "le château noir", "les cinq baigneuses", "la mer à l’Estaque", aquarelle, des lettres autographes, livres, aussi Braque, Derain, Matisse.
 En regardant les Cézanne et les Matisse il disait qu’est ce qu’on peut faire de mieux.

 Une préférence pour "le château noir," quil trouvait le plus merveilleux de tous, domaine ou Cézanne allait peindre, d’où il pouvait admirer la sainte-Victoire, ce château est en pierre ocre. Il se situe près d’Aix.


 La lumière ultime monte et s’embrase. Picasso l’acheta en 1936 à Ambroise Vollard.

"La mer à l’Estaque", Dominée par la cheminée d’usine s’élevant entre les arbres, cadrage particulièrement heureux, cette vue du village de pécheurs proche de Marseille, lieu qui avait souvent accueilli Cézanne, le bleu de la mer Méditerranée que Picasso aimait tant. Acquit en 1950 en échange d’un de ses tableaux.







"Les cinq baigneuses", Picasso avait repris ce thème dans les demoiselles d’Avignon, il a acquit ce tableau en 1957.




Un paysage une aquarelle, « la cathédrale d’Aix de Cézanne, elle est géométrisée annonçant le cubisme, offre un panorama aixois vu du dernier atelier du maitre, sur le chemin des Lauves.
Lorsqu’il montrait ses œuvres car il avait à cœur de les monter, il avait une manière de les examiner, de les commenter, d’insister sur leur magnificence, une émotion où transparaissait sa passion. Lorsque le grand photographe David Douglas Duncan vint en 1959 à Vauvenargues, Picasso lui confiait « je vais vous montrer mes amis à moi », instants immortalisés par l’objectif.

Thèmes et formes partagées : Points communs les séries. Le thème de la nature morte est devenu majeur dans l’art moderne, pourtant considéré comme art mineur dans l’histoire de la peinture. Cézanne en fera un certain nombre ainsi que Picasso des exemples : la série des pommes, lorsque l’on observe bien, on voit qu’il a peint merveilleusement le poids de l’espace et la forme circulaire, la forme elle-même est un volume creux, sur lequel la pression extérieure est telle qu’elle produit l’apparence d’une pomme. C’est la poussée rythmique de l’espace sur cette forme qui compte.





Cézanne                                                                                                               Picasso

"Les grandes baigneuses de Cézanne", brutalité picturale, à la limite de la sauvagerie, il a rénové la peinture moderne, il a peint ces nus et visages avec férocité.
Picasso et ses amis apprécient cette leçon de liberté picturale. "Femmes assises dans un fauteuil",
Cézanne représente son épouse, Florence Fiquet.
Ce type de thème se développe chez l’un comme chez l’autre par les variations de femmes aux mains croisées ; femmes cousant. L’homme accoudé qu’il soit chez Cézanne, fumeur, joueur de cartes ou paysan au repos, frappa Picasso à son retour à un certain naturalisme entre 1914 et 1916, période de remise en question de sa peinture. Il fera un rapprochement entre le jeune homme à la tête de mort de Cézanne et l’homme accoudé du peintre et son modèle, peint à Avignon en 1914. Les arlequins, figures enfantines continueront ces séries
Présentation de dessins Le retour du naturalisme, Picasso autoportrait  :

« Je ne fais jamais un tableau comme une œuvre d’art, c’est toujours une recherche, je cherche constamment, et il y a un enchainement logique dans toute cette recherche Picasso »

Une salle de l'exposition est réservée à une série de tableaux inachevés.
 
Picasso se rapproche de Cézanne : Lorsque Picasso abordant la période rose après le pessimisme de ses premières toiles, abandonnant le thème d’une misère plus ou moins factice, pour traiter la vie à travers les arlequins, acrobates, saltimbanques. Certaines œuvres de Cézanne peuvent annoncer Picasso.
L’arlequin de Cézanne, le jeune homme aux bras écartés se retrouve dans une figure d’acrobate. Mais c’est avec les demoiselles d’Avignon que l’importance de Cézanne est déterminante mais plus encore par l’expression picturale à la fois sauvage et construite, savante et primitive de l’un et l’autre. Picasso s’exerce à un genre
Cézanien qui ne lui sera jamais vraiment familier, à savoir le paysage. Il reste à Picasso les natures mortes propre à Cézanne dont il est le maitre incontesté, dans un jeu de réduction, de fragmentation, de structuration qui aboutira vers le cubisme.

« quand on regarde les pommes de Cézanne, on voit qu’il a peint merveilleusement le poids de l’espace sur cette forme circulaire »
Picasso

"Bethsabée", "les baigneuses", "les pommes", "compotier de porcelaine blanche", "les vanités" (natures mortes). Portrait de dona Maria de Picasso, les enfants.
« Je pensais à Cézanne, et à la démarche de l’arlequin de mardi gras » Picasso

 Présentation de l’arlequin de Cézanne, femme assise dans un fauteuil en hommage à Cézanne.


 






l'arlequin Cézanne                     
                                                            femme assise dans un fauteuil  Picasso

Picasso en revenant d’une corrida, visitera le château de Vauvenargues avant de se l’approprié. « Picasso dira j’ai acheté la Sainte Victoire de Cézanne» à Kahnweiler, il lui demanda laquelle, il répondra la vraie.
En achetant le château de Vauvenargues il est également propriétaire d’une partie de la Sainte Victoire et ainsi il rentre dans l’œuvre de Cézanne à tout jamais.
Les œuvres peintes à Vauvenargues sont exposées, tel que "le buffet Henri II", qui se situe dans le château, "l’enfance à Vauvenargues", des "natures mortes ","la mandoline de Vauvenargues " dont Picasso dira c’est une nature morte espagnole. Il peindra beaucoup le village de Vauvenargues, sa palette est différente, le vert foncé représente la végétation autour du château, le jaune et le rouge les couleurs de l’Espagne.



Il a illustré ‘le chef d’œuvre inconnu’ de Balzac en 1960, eaux fortes. On reconnaît dans un coin une silhouette il s’agit de Cézanne et cela à différents moments de sa vie.
" Le peintre et son modèle", "Jacqueline de Vauvenargues", il s’agit de Jacqueline Roques qu’il a rencontrée en 1954 et épousée en 61.
« Ce qui nous intéresse, c’est l’inquiétude de Cézanne, c’est l’enseignement de Cézanne, ce sont les tourments de Van Gogh, c'est-à-dire le drame de l’homme, le reste est faux » Picasso

« Passer des pommes de Cézanne au toréador de Picasso, je me suis demandé si c’était changer forcement d’histoire, à moins que les deux, par la suite ne deviennent complémentaires ». René Char

Extraits du catalogue de l'exposition

Exposition Cézanne Picasso  au musée Granet Aix-en-Provence, jusqu'au 27 septembre 2009.

A ne pas manquer, nous approchons de plus près Picasso et découvrons a quel point il était  admiratif de Cézanne, la visite du château de Vauvenargues est indispensable et complémentaire à l'exposition

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 10:27

 

Pour la première fois les trésors du Mont Athos sortent de Grèce pour s’exposer à Paris.



Un peu d’histoire :

Le Mont Athos « la sainte montagne » péninsule qui se situe dans le nord de la Chalcidique, offre l’un des plus beau paysage de Grèce. Le point le plus haut culmine à plus de 2000 mètres.

L’arrivée des moines au Mont Athos est surement due aux  événements de la seconde période de la crise iconoclaste 813-842. Persécutés pour la représentation des images, ils se sont réfugiés sur le Mont Athos favorisant leur isolement, cela depuis le V eme siècle. Ils vivent en solitaires, cela existe en Orient depuis VI eme siècles à la suite des premiers ascètes chrétiens de Palestine et d’Egypte. Ce type de vie monastique prend plusieurs formes : ceux qui se retirent du monde pour vivre à l’écart ils sont appelés anachorètes, chacun vit seul, isolé des autres cela fait un ermite. Lorsque les ermites vivent pas loin les uns des autres ils forment une communauté appelé laure, chacun vit comme il l’entend il n’y a pas de chef. Ces demi-solitaires s’exercent à l’ascète, ils peuvent consulter un ancien quand ils le souhaitent. Le plus célèbre est  Saint Antoine l’Egyptien, dont la vie, fut rédigée par son ami Athanase, évêque d’Alexandrie, qui devint le guide de la vie ascétique des générations de moines.

L’arrivée de Saint Athanase au Mont Athos X-XI eme siècle

 Saint Athanase arrive au Mont Athos en 963, il vient fonder le monastère de la grande Lavra, avec l’appui de Nicéphore Phocas, élu empereur la même année, il consacre de grands moyens à la fondation du monastère. Athanase veut importer au Mont Athos, le modèle cénobitique c'est-à-dire vivre et prier en communauté sous un même toit, avec un règlement intérieur et un chef. C’est la règle de vie « stoudite », elle aura une grande influence jusqu’au XV eme siècle et au-delà. Sa vision de la vie monastique se heurte a celle des moines anachorètes qu’il trouve a son arrivée. C’est pourtant son choix qui sera imposé avec l’aide de Byzance. Son successeur poursuivra son œuvre notamment la première réglementation ou typikon signée en 972 par l’Empereur. Ce typikon constitue le  droit athonite, encore en activité aujourd’hui

L’empire byzantin :

En 324, L’empereur Constantin décide de transférer la capitale de l’Empire à Byzance, situation stratégique  et économique favorable. La nouvelle capitale rebaptisée Constantinople, est inaugurée en 330, elle est désignée comme la nouvelle Rome, et montre ses liens avec la ville de Rome et la continuation de la tradition romaine.

Les deux siècles suivants, l’Empire doit défendre le christianisme, devenue religion d’état, et contre les invasions des nouveaux peuples tel que les Huns. Justinien 1 er (527-565)   réussit à reconquérir l’Occident et à rétablir l’unité de l’empire provisoirement. Son règne est marqué, par une grande œuvre, le fondement du droit civique moderne.

Au VII eme siècle, l’Empire traverse une crise. Il perd les provinces les plus riches de l’Orient, conquises par les arabes 636.Pendant des siècles, feront peser une menace sur Byzance. Dépossédé  d’une grande partie de la péninsule balkanique avec l’arrivée des  slaves, fin VI eme VII eme siècle.

La fondation de la Bulgarie date de 631, de cette crise nait l’Empire grec. La crise iconoclaste 730-843, opposent adversaires et défenseurs des images, cela dure pendant plus d’un siècle.

Le rétablissement du culte des images à lieu en 843, ce sera la période la plus glorieuse de l’histoire byzantine.

Les empereurs  de la dynastie macédonienne de 867 à 1056 reconquière l’Asie mineure, les Balkans et préparent une œuvre législative importante.

L’Empire connait au  IX et X eme siècle une renaissance culturelle de l’église de Constantinople et étend son influence sur les nouveaux états : 863  évangélisation de slaves, 864, baptême du tsar de Bulgarie, en 989 celui du prince russe Vladimir.

Fin XI eme, de graves troubles compromettent l’œuvre des macédoniens. La pénétration économique de Venise, Gènes et Pise, privent Constantinople  de ses ressources économiques. Les croisades ruinent et morcellent  l’Empire. La prise de Constantinople à lieue en 1204 est placée sous domination romaine. Après sa reconquête en 1261, malgré la reconstitution de l’Empire, il est affaibli  économiquement, bouleversé par des guerres dynastiques et des mouvements sociaux, l’Empire ne peut résister à l’avancé des ottomans, ils prennent Constantinople en 1453, sa chute marque la fin de l’Empire byzantin. Byzance a su créer de 1261 à 1453, une renaissance culturelle et artistique, qui survivra à la disparition de l’Empire.

Extraits du petit journal.




Mais revenons à l’exposition, à l’entrée une maquette du mont Athos, en suivant, nous avons  toute  l’histoire du Mont qui se déroule par date en même temps que la découverte des œuvres.

Les monastères sont au nombre de 20, les œuvres exposées viennent principalement de deux monastères  Vatopédi et d’Iviron.

Le Mont Athos dans l’Antiquité IV après JC.

Existence de 5 villes sur la péninsule à cette période. Des petits hameaux ont subsistés, des vestiges d‘une basilique paléochrétienne ont étés trouvés ainsi que des céramiques sans décor.

Présentation d’un bas-relief funéraire avec une inscription et une tête d’homme début II eme siècle après JC

L’arrivée des moines étrangers et de Saint  Athanase

Une icône est exposée le représentant, elle date de 1360, un psautier datant du Ix eme siècle pour les œuvres principales, une icône avec Saint Georges et Saint Paul Xeropotaminos entourant le Christ.

  Art Byzantin à Athos époque Byzantine

Cette époque correspond à l’apogée culturel et politique de l’Empire.

Les  ivoire grand succès au X  et XI  eme siècle, place importante dans la production artistique de l’époque.  Avec la dynastie des Commènes 1081-1185, c’est la floraison des arts et lettres qui atteignent leur apogée, la peinture monumentale qui orne les bâtiments monastiques.

Sont exposés : L’embrasement des apôtres Pierre et Paul 1170-1180, revêtement d’une reliure XIV eme XV eme siècle, argent doré pierres semi précieuses , icône représentant l’apôtre Marc et une icône de l’apôtre Pierre. Nous reconnaissons la peinture commène par le volume des visages, les aplats  rouges  sur les joues, les sourcils arqués et le rendu de la chevelure.

L’art Byzantin à Athos

Les 20 monastères renferment l’une des plus grandes collections d’art chrétien au monde, cela va de la renaissance macédonienne à la chute de l’empire de Byzance. Les églises et bâtiments monastiques offrent des sculptures et mosaïques, mais aussi beaucoup de manuscrits, reliquaires, broderies, mobilier et objets liturgiques.

Un certain nombre de ces objets sont à l’exposition.

 

L’art du XIII au XV eme siècle

A la faveur de la 4 eme croisade, la prise de Constantinople par les latins alliés aux vénitiens marque un passage difficile pour les monastères, qui sont occupés tour à tour par les croisés. Cette présence explique, l’arrivée d’œuvres occidentales, conservées dans les monastères.

Un exemple nous est montré par une plaque, l’adoration des mages, attribué à un atelier de Basse-Saxe entre le XII eme et XIX eme siècle, aussi une plaque en émail de Limoges.

La restauration de l’Empire byzantin par Michel VIII ouvre une période de renouveau pour la Sainte Montagne, elle correspond au renouveau de Constantinople. Ce développement monastique résiste à l’occupation serbe 1356-1371, puis à la prise d’Athos par les turcs en 1383 puis en 1393, puis la défaite des turcs à Ankara en 1406 n marque le retour e l’Athos dans l’Empire

A cette époque l’art de l’icône est fleurissant.

De grandes icones sont exposées, de Saint Georges, vers 1300, de Saint Dimitios, vers 1300

L’architecture à Athos

Le Katholikon c’est ainsi que l’on nomme l’église centrale d’un monastère. Les icones y occupent une grande place. Elles recouvrent l’iconostase (cloison séparant le sanctuaire de la nef recouverte d’icones) selon un programme bien précis. En temps que lieu principal e la liturgie, le Katholikon abrite l’ensemble des objets nécessaires au déroulement du culte. Livres saints, Evangiles, psautiers parfois richement décorés, rouleaux de liturgie, vêtements et ornements ecclésiastiques, des lutrins, mobiliers.

Présentation de lutrin XV eme en bois, de reliquaires, ornements liturgiques brodés.

Donations et protections impériales

De nombreuses donations furent faites aux monastères à l’époque byzantine. Les empereurs et leurs familles, les dignitaires byzantins, les souverains étrangers faisaient des dons aux monastères. Es œuvres précieuses des manuscrits, icônes revêtues souvent d’argent et argent doré, mosaïques. Ces dons visaient à, assurer la prière des moines. Ces donations pouvaient servir également à une admission ou bien une amélioration des conditions de vie  d’un parent moine. Ces cadeaux pouvaient jouer un rôle diplomatique.

Un exemple avec Jean VI Cantacuzène (1347-1354) au monastère de Vatopédi. Son règne marqué par des menaces extérieures, troubles sociaux au sein de l’Empire byzantin, détrôné il devient moine et pensait venir au monastère de Vatopédi dont il était un actif protecteur, il avait offert de grandes icones, des manuscrits, un epilaphios brodé la famille offrit aussi des terres.

Nous voyons ces objets tel que la croix d’iconostase fin XIV eme, un calice dit le jaspe, en argent doré seconde moitié du XIV eme, une icône de saint George, stéatite, argent doré.

Le Mont Athos après la chute de l’Empire byzantin

Repoussés deux fois les turcs sont aux portes de l’Empire. Dès 1423, le Mont Athos fait allégeance aux ottomans, 30 ans avant la chute de Constantinople. Les sultans adoptent une politique favorable aux moines. Cette alliance permet au Mont de garder son autonomie, après la chute de l’Empire, ce sera le refuge de l’orthodoxie et son défenseur, c'est-à-dire permanence de la vie monastique mais aussi une vitalité artistique. Depuis le XV eme siècle le mont Athos importe des œuvres de grandes qualités, des icones de Crète. Au XVI eme le moine crétois Théophane s’installe à Athos. Sa réalisation de la décoration en fresques des Kathonikata 1546 introduit un retour au style monumental.

 Nous pouvons voir Le prophète Ezéchiel montre une grande expressivité

Au XVII eme siècle la peinture perpétue le XVI eme, un exemple le Christ pantocrator.

Au XIX eme, un grand nombre de peintres moines travaillent à Athos, ils créent une peinture religieuse populaire qui marque la fin de l’Empire byzantin.

L’exposition se termine de nombreux livres venant des bibliothèques des monastères

Cette exposition est exceptionnelle par  la mise en valeur et la beauté des  œuvres présentées. De magnifiques panneaux photographiques de  Ferrante Ferranti   montrant  les monastères, ils permettent de situer les œuvres dans leur contexte.

Exposition  à ne pas  manquer, au petit Palais à Paris  jusqu’au 15 juillet.

 

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 09:50

Séraphine Louis, dite de Senlis,


Comme  les artistes de la Renaissance, Séraphine Louis, prend le nom de sa ville, et devient ainsi Séraphine de Senlis

Née en septembre 1864, à Saint-Nicolas-d’Acy, proche de Senlis, née dans un milieu pauvre, elle n’a qu’un an au décès de sa mère, et 7 ans à celui de son père, elle est élevée par sa sœur. Pour assurer sa survie, elle devient bergère puis fait des ménages à Senlis chez des bourgeois.

 Wilhelm Uhde, collectionneur allemand vivant depuis 1904 à Paris, avait organisé la première exposition du Douanier Rousseau, ami de Picasso et de Braque avait acheté plusieurs de leurs œuvres, il loue un appartement à Senlis, découvre par hasard, le talent de sa femme de ménage en 1912. 
Etre artiste et femme, d’un milieu modeste à cette époque, malgré le talent cela reste difficile.
 

Illustre inconnue dans le domaine de l’art, ne faisant parti d’aucun courant artistique. C’est par la peinture que Séraphine s’exprime, peignant à la bougie le soir chez elle, isolée du monde, son contact, la nature, avec qui elle a une relation particulière, elle parle aux arbres et aux fleurs. 
 

 C’est du « primitivisme moderne » dira Wilhelm Uhde.

 Contraint de quitter la France en 1914, il demande à Séraphine d’améliore son art, ce quelle fera, il ne  reprendra contact avec elle qu’en 1927.


 1929, il organise une exposition ce qui permet à Séraphine d’accéder à une certaine  prospérité.
 

Malheureusement, elle sombre très vite dans la folie, et rentre dans un hôpital psychiatrique en 1932, elle renonce à la peinture, elle meurt en 1942, à 78 ans.

 L’art de Séraphine est dense, elle fait partie des primitifs, avec une grande modernité, autodidacte elle confectionne ses couleurs elle-même, son mélange reste un secret. Sa signature gravée quelques fois au couteau laisse apercevoir une sous-couche de couleur contrastée

Les marguerites

Ses premières œuvres sont de petits formats. Son thème est  orienté vers les compositions végétales, des mélanges de fruits et fleurs, souvent imaginaires, des grappes de raisins se mêlant aux feuilles, des marguerites, des pommes, délicatement posées sur la toile avec un rythme dans la composition, sa palette est vive, les  tons bien harmonisés. Sur certaines œuvres, elle laisse une marge en bas du tableau  ou l’on y trouve un autre aspect de la composition, les fruits et les fleurs continuent de s’épanouir avec d’autres éléments, les feuilles plus sombres que sur le reste du tableau, comme si on pouvait voir les racines et tout ce qui est sous terre.                                                       

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    
 Les feuilles

On ressent une force de créativité, même une obligation de peindre, Séraphine avait la foi, et n’avait vu que les vitraux et  la rosace de la cathédrale de Senlis, dont elle s’est surement inspirée.

Son œuvre comporte environ 80 toiles, les chardons 1920, bouquet de fleurs au fond rouge 1925, feuilles d’automne 1928,  un arbre de vie en 1928, l’arbre du paradis en 1929, les grappes de raisins 1930.

L’exposition présente une vingtaine de tableaux, elle est prolongée jusqu’au 18 mai, www.museemaillol.com,

Suite au succès du film, qui retrace la vie de l’artiste, interprété magnifiquement par Yolande Moreau. Ce film vient d’obtenir 7 césars. Il est également en DVD.  

L'arbre de vie 


 



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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 16:48

 

 Prato au XV eme siècle est une ville très prospère, grâce au développement des affaires et du commerce. De nombreuses commandes civiles et ecclésiastiques sont passées aux artistes du XIV eme au XVI eme siècle, échanges politiques et culturels avec Florence qui se situe à 15 km. C’est une période positive, c’est l’âge d’or de Prato. Des princes viennent vénérer la sainte ceinture exposée dans la cathédrale.

De nombreux artistes, architectes, peintres, sculpteurs, ciseleurs viennent s’installer à Prato. Filippo Lippi y reste 14 ans.

Filippo Lippi né en 1406, décède en 1469, c’est un religieux, il découvre Masaccio qui travaille à la chapelle Brancacci à Florence, tout proche de son couvent.

Masaccio apporte quelque chose de nouveau, les personnages peints de profils, les anatomies se rapprochent de la réalité, les auréoles suivent la perspective. Filippo sera influencé par celui-ci, mais aussi par Fra  Angelico, Masolino.  

 A Florence en 1420, les artistes, Lorenzo Monaco, Gentile Fabiano, sont au gothique international, l’art est raffiné élégant, de beaux costumes, ils travaillent sur panneaux de bois, la tendance : l’unification de l’espace, beaucoup d’or.

Filippo Lippi part à Prato en 1452, pour décorer la chapelle du chœur de la cathédrale.

Il à un fils Filippino en 1456 avec un de ses modèles que l’on retrouvera dans plusieurs de ses œuvres, Lucrezia Buti, elle est religieuse, ils se mettent en ménage, c'est très mal vu en Italie. Côme de Médicis ira même voir le pape, il ne faut pas oublier ils sont religieux. 

Il peint de nombreuses fresques, des petits autels de dévotion, des retables et prédelles, il travaille aussi pour Côme de Médicis. Son dessin est fluide, beaucoup de détails, la gestuelle, les marbres veinés, il essaie de travailler la 3eme dimension, on le voit dans ses volumes, on ressent la présence des corps. Sa palette est sobre, les tons doux.


Salomé danse, fluidité du vêtement. Différentes scènes représentées mises en opposition les unes avec les autres


L’exposition du musée du Luxembourg, www.museeduluxembourg.fr ,propose environ 60 tableaux, du XIV eme au XVI eme siècle. 
 Dès la première salle nous sommes à la fin du gothique, XIV eme siècle, un exemple avec la prédelle de Bernardo Daddi, évoquant la légende de la   Sainte ceinture, un tableau d’Uccello, Le polyptique de Giovanni da Milano.

 La Nativité avec saint George et saint Vincent Ferrer de Filippo Lippi et sa pala (son retable) qui représente  la Vierge à la Ceinture

Quelques tableaux avec des fonds d’or sont aussi exposés, un clin d’œil pour montrer la richesse de la ville.

L’importance de la sculpture au XV eme siècle, y est montrée, présentation de quelques autels de dévotion privée, il s’agit de petits formats, commandes de particuliers, il faut prier chez soi, ces tableaux peuvent être emporté lors de déplacements. Ils sont en terre cuite rehaussée de polychromie. Quelques exemples avec Donatello, da Maiano, Bliglicci.

Tout au long de l’exposition, nous rencontrons les œuvres de Lippi ainsi que les œuvres faites  avec ses collaborateurs Fra Diamante, Di Zanobi, les œuvres de ses suiveurs tel que Botticelli, qui a travaillé dans son atelier, Tommaso di Piero dit Il Trombetto, Luca Signorelli, Zanobi Poggini, Raffaellino del Garbo et Filippino.

Son  style est novateur, « la maniera », ses  vierges à l’enfant sont exceptionnelles, élégantes, les traits fin, une belle gestuelle, des drapés raffinés.

 
 

 Filipino n’a que 13 ans à la mort de son père, il travaille dans l’atelier de Botticelli, il emprunte  a son maitre les figures allongées et affinées, élégantes. Il connaît rapidement le succès et est choisi pour terminer la décoration de la chapelle Brancacci de l’église Santa Maria del Carmine à Florence. Il peint également les fresques de La chapelle Carafa de Santa Maria sopra Minerva à Rome. A son retour de Rome, Filippino Lippi est chargé  par Laurent le Magnifique de peindre les fresques de sa villa, (aujourd’hui disparues), 

Filippino peint par son père

Ce parcours  nous montre le foisonnement artistique existant à Prato à cette époque et permet de voir l’évolution stylistique de Filippo Lippi, grand de la Renaissance, et de son fils Filippino.

Très belle exposition.

 

 

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 18:19

Une très grande exposition à la Pinacothèque de Paris, Valadon, Utrillo 50 tableaux pour chaque artiste. Suzanne Valadon a évoluée auprès des peintres impressionnistes en tant que modèle, et s’est inspirée de ses maitres pour s’orienter à son tour vers cet art, principalement Degas, dont elle a repris un thème le tub. Ses esquisses nous révèlent son talent dans l’art du dessin. Tout au long de l’exposition on peut  admirer l’évolution de sa technique. Son thème  favori,  les nus,  sont représentés quelques fois avec une certaine violence, transmise par les tons de sa palette. 
 

Ses tableaux sont exposés en alternance avec ceux de son fils, Maurice Utrillo, les œuvres de Maurice présentées sont celles de sa période blanche, sa technique est d’une grande précision et le travail de ses blancs remarquable, ses sujets principaux : le quartier Montmartre où il a vécu, et les églises. Le rendu de la pierre est exceptionnel, la manière de la travailler, ses reliefs. On ressent la détresse de cet artiste dans son coup de pinceau, les représentations des rues sont souvent sans vie.


Ce couple mère-fils nous donne l’impression d’un rendez-vous manqué, un grand respect l’un envers l’autre, tous les deux autodidactes,  leur  succès en alternance, tel un chassé croisé.

 Très belle exposition qui nous montre à travers ces deux artistes l’évolution de la peinture au tournant du siècle,  de l’impressionnisme à l’école de Paris.

Exposition à ne pas manquer.

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