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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 08:41

Jean-Louis Forain nait en 1852 à Reims, artiste peintre, illustrateur et graveur. Cette année là c’est l’entrée de Louis-Napoléon Bonaparte à Paris, il prend le nom de Napoléon III.

 

Son père artisan peintre, vient s’installer à Paris en 1863.

 

1867, c’est Jacquesson de la Chevreuse (artiste peintre qui fut l’élève de Gérôme, Ingres, Flandrin) qui initie le jeune Jean-Louis au dessin, il va au Louvre et fait de nombreuses copies, il découvre Goya, Rembrandt.

 

1868, Il entre quelques temps aux beaux-arts et a comme professeur Jean-Léon Gérôme, Carpeaux le remarque et le prend comme praticien, remercié un an après, il se retrouve à la rue alors qu’il n’a que 17 ans.

 

 Il participe à la guerre de 1870.

 

 Ses amis sont Verlaine, Rimbaud. Il va dans les salons organisés par Nina de Callias, poétesse, mariée a un écrivain et journaliste au Figaro, a ceux de la comtesse de Loynes demi mondaine originaire comme Forain de Reims, (organisatrice de salons littéraires et politiques influent sous le second empire et la troisième république, dans ce milieu intellectuel et mondain on y discutait philosophie, littérature, de l’actualité de l’époque), lieu que Forain fréquentait régulièrement il y a rencontré Maurice Barres et Paul Bourget, Manet et Degas sont aussi ses amis.

 Il fait ses débuts de caricaturiste auprès d’André Gill, ses débuts de peintre auprès des impressionnistes.

 

1874, il envoi une nature morte au salon, elle est refusée. Il publie un certain nombre de caricatures ironiques dans plusieurs journaux le Scapin en 1876, le Monde parisien, le Monde moderne, la République des lettres. Il dé couvre le monde de l’opéra avec ses danseuses, ses abonnés, il en fait ses sujets de prédilection.

 

IL participe avec les impressionnistes à plusieurs expositions sur l’invitation de Degas, de 1879 à 1886.

 

1884, " le buffet" est présenté au salon, il s’agit d’une réception mondaine. L’année suivante présentation du "Veuf '

 

forain salon

 

Forain habite faubourg saint Honoré, dans une cité d’artistes, il y rencontre Toulouse Lautrec qui est admiratif.

 

1887, la revue le courrier français publié régulièrement ses dessins satiriques, à partir de 1835 il collabore avec le Figaro et cela dure 30 ans. On le considère comme le successeur de Daumier. Sa carrière évolue en publiant dans plusieurs journaux, tel que L’écho de Paris, le New York Hérald, le journal amusant, le rire, le temps, l’assiette au beurre, le Gaulois. Ils se disputent tous son esprit caustique, Il va lancer son propre journal "le fifre " en 1889, il y narre la vie quotidienne 1890, il abandonne l’eau-forte pour la lithographie. Ses thèmes les scènes de mœurs, des nus à la toilette.

 

1891, il épouse Jeanne Bosc sculpteur.

 

 Nous sommes à la période du Boulangisme (mouvement politique de la fin du XIX eme , qui constitua des menaces pour la 3eme république), l’affaire Dreyfus qui va durer de 1894 à 1906, le scandale de Panama. Forain se détourne de la satire sociale et s’oriente vers la satire politique. Pendant la première guerre mondiale il exalte le patriotisme de ses contemporains dans le journal l’opinion, le Figaro.

 

En 1893, il va à New York et à Chicago, invité par Gordon Bennett, (propriétaire du New York Hérald), la même année avec son épouse il va à Venise.

 

1894, ils voyagent ensemble à Madrid, vont à Guernesey chez Victor Hugo. Le couple s’installe dans un petit hôtel particulier à Paris dans le 17 eme arrondissement. Il conçoit 17 cartons pour décorer la façade du café Riche.

 

1895, naissance de son fils Jean-Loup.

 

1898, il fonde un autre journal le "Psst" avec Caran d’Ache et le soutien de Degas et Maurice Barrés.

 

 En 1899 le couple s’est fait construire une maison rue Spontini porte Dauphine.

 

1902, l’artiste s’intéresse à nouveau à l’eau-forte, à la pointe sèche, il privilégie des sujets tirés de l’évangile, ou inspiré des pèlerinages à Lourdes, il a trouvé la foi en compagnie de Huysmans en 1900.

 

 1904, Anna de Noailles créé le prix de la vie heureuse ou Judith Gauthier, Mme Alfonse Daudet reçurent des prix. Ce prix est devenu aujourd’hui le prix Femina. Elle fut la première femme commandeur de la légion d’honneur, l’Académie française créa un prix en son honneur et est la 1ere femme reçue à l’Académie royale de littérature et de langue française de Belgique.

 

1905, année de la séparation de l’église avec l’état. Il participe aux diners, va chez Vollard en compagnie de Misia, Degas, Cézanne, Renoir, Marie de Regnier (muse, femme de lettres, femme fatale de la Belle Epoque), chez la comtesse Anna de Noailles (fille du prince Grigore Bibescu-Basarab, sa mère, Raluca Moussouros, pianiste grecque, sa tante, Elena Bibescu, joue un rôle important dans la société artistique du XIX eme siècle. Anna en 1897, épouse Mathieu de Noailles. Le couple fait parti de la haute société parisienne de l’époque. Anna écrit de nombreux poèmes, trois romans, et une autobiographie. Les grands thèmes l’amour, la mort, la nature. Son salon, avenue Hoche, attire l’élite intellectuelle, littéraire et artistique parisienne tel que : Edmond Rostand, Paul Claudel, Francis James, Colette, Cocteau, André Gide, Maurice Barres, Frédéric Mistral ; de Montesquiou, Paul Valery, Alphonse Daudet, Pierre Loti, Max Jacob. Beaucoup d’artistes peintre firent sont portrait, Van Dongen, Antonio de la Gandara, Jacques-Emile Blanche, Jean-Louis Forain, Philip Alexius de Laszlo. Anna de Noailles, 

Forain l’appelait " la comédie parisienne "

 

 1913, une exposition au musée des arts décoratifs, présente son art avec 390 œuvres.

 

1914, première guerre mondiale, il exalte le patriotisme de ses contemporains dans le Figaro, l’Opinion.

 

1917, Décès de son ami Degas.

 

 En 1920, avec d’autres artistes, il participe à la fondation de la République de Montmartre.

 

 1923, il est élu membre de l’Académie des Beaux-arts. Il devient président de la république de Montmartre, il y restera jusqu’à la fin de sa vie.

 

1925, il préside la société nationale des Beaux-arts Il publie son dernier dessin dans le Figaro.

 

1928, promu commandeur de la Légion d’honneur et élu membre étranger de l’Académie royale de Suède.

 

1930, il devient membre de la Royale Academy d’Angleterre. Il illustre une édition des Tribunaux de Courteline.

 

 1931 Il décède en juillet.

 

 

Dans son oeuvre, Il traite différents thèmes à la mode les champs de courses, les scènes de la vie quotidiennes, spectacles, lieux de plaisirs, soirées mondaines dans des lieux élégants ou l’on y retrouve toute l’élite, les mœurs de la société un exemple avec les coulisses de l’opéra ou les abonnés viennent s’encanailler avec les danseuses.

 

 A L’exposition dès l’entrée une revue présente l’artiste et ‘la revue parisienne’ 250 dessins et 240 tableaux.

 

 La vie de Bohème et les amitiés littéraires : Verlaine, Rimbaud, le surnomme gavroche ( il découvre avec eux la poésie littéraire), il rejoint le cercle des artistes indépendants, ils se réunissent au café Gerbois , place Clichy (lieu de rencontres et d’échanges à la fin du XIX eme siècle entre artistes peintres, écrivains, amateurs d’art, autour de Manet, le groupe se réunissait les dimanches et mardis il y avait Bazille, Zola, Louis-Edmond Duranty, Monet, Renoir, Sisley, Fantin-Latour, Degas et bien d’autres ), puis à la nouvelle Athènes ( autre lieu de rencontre des gens de lettres), ainsi Forain se rapproche de Manet et de Degas il s’imprègne des théories impressionnistes sur la lumière et la couleur.

"Je suis d’aucune école, j’admire Degas Forain "  Toulouse Lautrec

 

forain la nelle athenes

 

1ere salle découverte des croquis :

 

" Le boulevard " daté de 1876 plume et aquarelle, dédicacé à son ami Georges Edouard. "Le nœud de cravate "1880, gouache, mine de plomb, papier brun, aquarelle. Frontispice pour croquis parisien "les folies bergères " dont 4 photos eaux-fortes, pour "Marthe "refusé elle est représentée en slip et bas. "Portrait de l’artiste" en 1906 toile.

 

"Jean-Louis Forain est l’un des peintres de la vie moderne les plus incisifs que je connaisse". Jean-Karl Huysmans

 

1880 L’artiste dévoile les dessous de la société parisienne, il n’hésite pas à montrer une scène de maison close de ce fait il montre que la prostitution existe.

 

"Le Client ", " Autoportrait" en 1872 dédicacé à Manon Portrait de Rimbaud présumé en 1874, dédicacé a mon ami Portelan, Rimbaud est allongé sur un sofa. "Portrait de Huysmans", il s’agit d’un pastel il lui est dédicacé.

 D’autres croquis : " Le gommeux au bouquet " daté de 1876 , style Daumier, il s’agit d’une eau-forte .

 

forain gommeux

 

" L’ambulante au parapluie "1879-80 encre sur papier .

 

" C’était sur mon chemin, je voyais chaque soir cette femme fardée, à l’angle d’un trottoir s’offrir à tous ainsi qu’une chose à l’enchère. Non loin de là s’ouvrait une porte cochère où mendiait, frileuse, en s’abritant dessous, une fillette avec des bouquets de deux sous et celle qui trainait la soie et l’infamie. Attendant que l’enfant se fût bien endormie. Et lui faisant alors l’aumône seulement tu lui pardonneras n’est-ce pas."

 

" A la guinguette" 1880, aquarelle présentée à la 5 eme exposition en 1880 " La promenade du voyou à la campagne" 1880, vers de Verlaine. "La belle Véronique " 1877, a De Banville son admirateur dévoué "Portrait de Camille Pissarro" 1879, dédicacé à l’artiste "Le café de la Nouvelle Athènes" daté de 1876.

 

 "Je me suis demandé ce qu’un homme de lettres entendait par art anarchiste ? du Forain ? il me semble" Pissarro à Mirebeau

 

1892, Il expose 4 fois avec les impressionnistes les plus incisifs. Ses maitres Degas, Manet La façon de poser la lumière artificielle ou d’ordonner d’audacieux cadrages japonisants. " Femme respirant les fleurs ", cette élégante coupée du monde à la recherche des sensations olfactives. L’éternel du transitoire cher à Baudelaire. Il est proche des indépendants.

 

forain femme respirant les fleurs

"Le client" daté de 1878 " La première communion " 1877,79 aquarelle , "La belle chevelure " 1875-77, " La dame au canapé " 1875-77 aquarelle, " Le bon client "1878, " Entrée au restaurant " 1879, aquarelle gouache, " intérieur de café " 79, gouache et aquarelle, " l’Anglais au promenoir" 1879, gouache, " Belle aux paillettes d’or",1879-80 gouache et aquarelle et paillettes d’or.

Les cafés et théâtres sont des lieux de racolage, il le montre dans "Au foyer du théâtre"1883 aquarelle et gouache, l’homme est coiffé d’un chapeau haut de forme de profil, il observe les jeunes femmes presque dévêtues. "Loge d’actrice " ce tableau fût à l’exposition des indépendants en 1881, "Couple dans une loge de théâtre", 1885, aquarelle et gouache, "au bal masqué" 1885-90, huile, "La loge "1885 huile sur panneau de bois, " L’avant scène "1883 aquarelle, " Salon parisien" 1878, "Le buffet " 1884, huile sur toile.

 

"Jean-Louis Forain a rétabli la balance en penchant vers l’officiel. Et pourtant cela conserve encore un arôme, possède encore un cachet incisif qui le différencie des œuvres des autres peintres". Huysmans

 

"L’entrée au théâtre " 1880-90 huile sur toile ; ce tableau est plus aérien, il traduit le mouvement. " Femme respirant des fleurs "1883 pastel, présenté à la huitième exposition, " La débutante "1886, dédicacé à son ami Verlet, " Le déjeuner " 1879, On peut supposer que Forain assiste aux cotés de Manet à l’une des premières séances de pose de chez "le Père Lathuile " célèbre cabaret restaurant des Batignolles, présenté au salon par Manet.

12 Feuilles de carnet, ce sont des dessins représentants des visages et portraits.

 

Un thème sur l’Opéra

 

 " A l’opéra ","La sortie des danseuses "1888 crayon , " Jeune fille faisant la vaisselle "," le matin  la même en danseuse le soir" datée de 1889, "Dans les coulisses" 1885, " Le maitre de Ballet et la danseuse" daté de 1910, " Habilleuse aidant Une jeune femme devant un Monsieur en habit " 1895-1900, " tractation dans la loge" 1898

 

Ce n’est pas la féerie du spectacle qui l’attire, mais ce qui se passe derrière la scène, les coulisses. Il faut s’abonner à l’opéra afin d’avoir accès au foyer, telle que Nana (Zola)

"Danseuse dans sa loge "1890, huile sur papier, " Sur le plateau "1912, " danseuse dans les coulisses " 1904, " Le dialogue "1890 Un éventail peint (une soirée à l’opéra) daté de 1879 gouache, au crayon.

forain eventail

 "une ballerine au repos "1895, "éventail danseuse "aquarelle et crayon 1889, "Danseuse au tutu coloré " fond bleu canard, on voit la danseuse, un paysage et des roseaux, pastel, fusain, gouache. "Ballerine rattachant son maillot "dessin de 1890-95, éventail ballet dan un jardin 1886, "Devant le décor "1895-1900 le décor représente la mer il s’agit d’un pastel, " Dans les coulisses " 1900 gouache sur carton.

 

Présentation d’un grand panneau humoristique divisé en quatre parties :

 

La partie droite : deux danseuses, un homme en habit et haut de forme, avec une citation ; " Alors c’est entendu, nous vous attendons toutes les deux ".

Le second panneau : Un homme en haut de forme, regardant les danseuses après le spectacle ; citation : " faut attendre encore un an mon général "

3 eme panneau :Nous sommes dans la foule, dont un couple citation : "A la façon dont tu parles à ton mari, je vois bien que tu ne l’aime plus "

4 eme panneau : Un couple regarde un paysage derrières une fenêtre, citation : " A la mer "

 

 La comédie parisienne en référence à la comédie humaine de Balzac "La tonnelle " aquarelle 1893, deux clichés, "Devant la bourse "deux exemplaires datés de 1880 huile sur panneau.

 

 Chronique d’une vie parisienne en plein air

 

Forain aime se promener dans les rues de Paris et saisir sur le vif le spectacle de la vie parisienne, scènes nocturnes, bals, cirques, cafés, concerts. Avec les scènes nocturnes, il étudie les variations de la lumière artificielle au gaz, les ombres quelle projette, sur les visages, les vêtements, l’ambiance sous un lampadaire. Il se concentre sur la vie frivole, mondaine, le Paris populaire, dandy, bourgeois, demi-mondaines, prostituées. Les gestes, attitudes, les courses hippiques.

 

"Jeunes femmes sur un yacht " 1885, c’est la nuit les lumières scintillent dans le fond, elle est assise au premier plan, l’éclairage rehausse la luminosité de son visage. «"L 'acrobate"1880, spectacle de rue," La sortie du théâtre " 1885, scène de rue, dédicacé à mon ami Zacharie Astruc . "Souvenir de Chantilly "1886, "Champ de courses"1884-85, " Aux courses " 1885, "Les musiciens ambulants"1885, "La cavalière " 1882, " Le pécheur " 1884, il est assis sur une poutre au-dessus de l’eau, il est accompagné de son chien. "Madame Forain péchant à la ligne "1884, elle se mire dans la rivière, le ciel de fin de journée dans les tons rose rouge, on est dans l’atmosphère.

 "Promenade au bord de la mer "1885, la mer est houleuse.

forain bord de mer

" La mer houleuse "1885 elle arrive aux pieds des personnes .

 

Les caricatures, une affiche, présentation d’un salon, invitation à un vernissage société des dessins humoristes et dessinateurs fondée en 1904 du 1er au 30 avril. Vernissage 31 mars au Palais des Modes 15 rue de la Ville l’Evêque, près de la Madeleine.

 

Les forains du café Riche : 

 

Institution parisienne, située à l’angle du boulevard des Italiens et de la rue Le Peletier (café brasserie nous sommes en 1894), 17 cartons sont commandés à Jean-Louis Forain, afin de réaliser en façade une frise exécutée par le mosaïste italien Facchina (il fit le pavement du Petit Palais à Paris), le café fut rasé et 10 cartons préparatoires sont rassemblée pour la première fois pour cette exposition ( ils illustraient les mœurs de la parisienne). Les masques qui dissimulent les visages de la jeune femme avec loup et gants noirs,

forain femme au loup

 

 

 

 

 

 

 

l’éventail qui cache celui du dandy et la confidente au bal, suggère les intrigues de la société de mœurs que Forain intitule " La comédie parisienne ". Maitre de la ligne, l’artiste simplifie les formes, sa science du dessin lui permet de synthétiser par grands aplats de couleurs, c’est également la même chose pour l’affiche, il expérimente comme Lautrec.

Quelques exemples :

"Le cycliste " 1894 gouache sur papier brun, " La confidente au bal "1894 est présentée également en mosaïque, "La valse"1894 également en mosaïque,"Le souper"1894,

forain le veuf

"La petite marchande de violettes"," Le trottin de Paris "également de 1894, "Le crieur de journaux ","Jeune femme coiffée d’un chapeau ", " Au champ de course " 1894, "L’enceinte du pesage ", " les élégantes aux courses " en vitrail.

 Pour montrer l’établissement à l’époque une très grande photo. Toutes les peintures sont en aplat

 

"Jean-Louis Forain est l’animateur sous toutes les formes de la vie parisienne. Il ne sera plus seulement l’illustrateur de nos journaux, il devient décorateur de façade, l’égayeur des rues, pris dans la foule, ses types synthétises les personnages de la comédie qui se joue sous nos yeux , Ici le jeu, là l’amour, ici tout le public qui gravite autour du cheval et des courses ; là, le soupeur et la soupeuse, la bouquetière, le marchand de journaux, la dame qui traverse ou qui se prépare à ouvrir son parapluie, avec son pendant, le monsieur qui le nez au vent, flairant les jeunes trottins, par en chasse »John Grand-Carteret, 1894"

 

  Le Polémiste : Violences graphiques et picturales.

 

 De 1893 à 1925, Forain tire 2500 dessins (publié dans les journaux) la moitié ont un caractère politique. La puissance du trait permet de trancher dans le vif, quelque fois avec férocité. Il s’intéresse aux affaires à la 3 eme république : Le scandale de Panama, la crise anarchiste, la séparation de l’église et de l’état.

 

"Il m’arrive quelque fois de trouver la légende d’abord, mais le plus souvent je fais mon dessin, puis je l’écoute » Forain ,1892"

 

Quelques dessins à l’exposition :

 

"La Saisie "1892," courrier F", (ordre des avocats de Paris), "misère", "le courrier français "," l’ivrogne" 1898 "Dans PSH ,tout çà pour dire en ballotage "1910, "le jet de pierres", "scènes de grèves " 1897, «" Clémenceau "1917, " La lettre du prétendant "1896 pour le Figaro "Marianne apparaît dans son jardin, telle Marguerite dans le Faust de Gounod, elle tient une lettre tout juste décachetée, celui qui aspire à sa main n(est autre que le prétendant à la couronne de France, le duc d’Orléans " "Le 14 juillet","Au secours " il s’agit de Zola qui traverse le Rhin à la nage pour obtenir la protection des allemands auxquels il aurait rendu service par la publication de j’accuse en 1898, manuscrit à la main, on ne voit que la tête de Zola qui émerge de l’eau.

 

 Quelques tableaux pour illustrer ce thème.

 

"Scène de prétoire"1905,"L’acquittement"1905,"'Scène de tribunal "1907, "'La salle des pas perdus "1910

 

Quêtes spirituelles :

 

 Le jour de Noël 1800, Forain est avec Huysmans, les bénédictins de Ligugé, il décide à 48 ans de passer à des dessins plus dignes. Eaux-fortes et pointes sèches "Parabole du Christ , et épisodes de la vie ", il a la maitrise du noir et blanc, représentation de Lourdes.

 

Quelques toiles :

 

 " La fille adultère "1910, "Le départ de l’enfant prodigue "1826, "Après l’apparition "1902-07, "Fraction du pain " 1902-09, "Route d’Emaus" 1907. Il évoque l’humanité à partir du noir, il fige le mystère de la foi, en créant des halos de lumière avec le blanc du papier. Le haut se fait fiévreux aiguisé à la manière de Rembrandt, il joue avec les angles droits, les hachures, les lignes brisées, selon ou le regard se pose, le spectateur passe de l’endroit violent à la sérénité. Il créé une correspondance entre scènes bibliques et vie contemporaine, ainsi il donne à ses œuvres une dimension universelle.

 

Forain sous l’uniforme (14-18) :

 

Il est correspondant de guerre, il a 62 ans . Il laisse un témoignage graphique, 208 illustrations pour le journal , l’Opinion, le Figaro, l’Avenir.

 

 Quelques toiles :

"La relève dans la tranchée " en 1918, " Soldat sous la mitraille " 1915-18, "La relève des réfugiés ", " La borne Verdun" 1916.

 

Dans la Rotonde du Petit Palais nous pouvons observer les vitraux de Forain pour le café Riche 

 

Autre salle, ou les murs de l’exaltation de la sensualité.

 

 Il attaque avec réalisme et provocation, il présente les prostituées. Séduit par le concept naturaliste du nu à la toilette, il montre des modèles féminins dénudés dans leur intérieur.

Quelques exemples avec :

" Au bain ","Se séchant ", " Coiffage", Degas dira : "c’est comme si vous regardiez parle trou de la serrure "

En 1903-05, il renouvelle sa vision du nu, il sublime son ambition devant la beauté féminine, qu’il magnifie par la caresse du dessin, la puissance des volumes, l’audace de certaines ressources. Tel que : "La toilette "1896, " La sortie du tub "1896, " Le réveil"1912, "Artiste et modèle "1927, " Femme nue couchée sur le coté gauche, les jambes recouvertes d’une étoffe " 1910.

 

forain nu allongé

 

 Portraits et Autoportraits : "Portrait d’homme " ,

 

 

forain anna de noailles

 

 

 

 

 

 " Comtesse Anna de Noailles " 1905, 

 

 

" Autoportrait "1929, "Portrait de Marie Régnier "1907, il s’agit de la fille de José Maria de Heredia, femme d’Henri Reigner, Maria de Régnier à publié des vers sous le nom de Gérard d’Houville 1875-1963., « Suzanne au turban » 1925, Suzanne Delepine est la cousine de son épouse Jane , " Femmes damnées" 1920

 

L’œuvre ultime :, l’éblouissement des années 20,

 

Forain arrête en 1925 pour la presse, il se passionne pour les mœurs des années folles (il montre la vie nocturne). Renouveau de sa fougue gestuelle et le culte de l’inachevé, pour lui un tableau, pour être ragoutant doit être terminé en esquisse, c’est le secret de Rembrandt, Rubens, Fragonard. Il suggère un climat, sa peinture n’est qu’ambition et perception des jeux de lumière.

 

 Quelques exemples :

 

" La belle de nuit " 1925, " Le tango au cabaret " 1926,

 

forain tango

" Le repos des danseuses " 1926, " Le champagne dans la loge "1925, " Après souper ", 1907, " Le rayonnement de l’artiste ".

 

Le rayonnement de l’artiste Apollinaire le considère comme l’un des plus illustres artistes vivant, Vuillard lui rend hommage en 1927, Van Dongen, Villon, Derain, Hopper, Picasso.

 

 L’admiration de Plantu, perpétue le rayonnement de l’artiste jusqu’à ce jour. L'exposition se termine par quelques livres" la Comédie Parisienne " 1893, " Les maitres humoristes" 1908, "Doux pays" 1897, "De la marne au Rhin "14-19, "les temps difficiles" 1894 .

Quelques extraits du "petit journal de l'exposition"

Magnifique exposition, nous sommes complètement dans l’atmosphère de la fin XIX au 1er quart du XX eme siècle. A voir jusqu’au 5 juin au Petit Palais à Paris

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Published by Tinou - dans Exposition
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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 16:44

Martial Caillebotte père (1799-1874), marié 3 fois, dont un premier fils Alfred, il sera prêtre à Notre-Dame des Lorette, chargé de la création de l'Église Saint-Georges en 1873. Martial sera deux fois veuf, il se mariera une troisième fois avec Céleste Daufresne petite-fille de notaire. Ils auront trois fils  Gustave  René et Martial.

 19 août 1848, naissance de Gustave, année de bouleversements, en février, 3 jours de révolution à Paris  renversent la Monarchie de Juillet, Louis Philippe abdique, Napoléon III est élu président de la République,  

Janvier 1851, naissance de René, année du coup d'état du 2 décembre, acte par lequel en violation de la légitimité constitutionnelle, Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, conserve le pouvoir à quelque mois de la fin de son mandat. Alors que la constitution de la deuxième République, lui interdisait de se représenter.

 7 avril 1853, naissance de Martial, c’est l’année du mariage de Napoléon III avec Eugénie de Montijo, création de la compagnie ferroviaire grand central, le baron Haussmann, nommé préfet de la Seine entreprend ses grands travaux.

En 1860, Martial Caillebotte père acquiert une propriété de 11 hectares à Yerres dans l’Essonne, c’est aussi l’année ou la Savoie devient française.

1861, Martial est devenu juge au tribunal de commerce de la Seine est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

IL fait construire un hôtel particulier de trois étages sur un terrain acheté à la ville de Paris, quartier Miromesnil, la famille s’y installe en 1867.

1870, guerre franco allemande, c’est la chute de l’empire (époque de fastes), avènement de la III eme République en 1871. Gustave effectue un voyage avec son père en Italie, il y rencontre Giuseppe de Nittis.

1871, En mai l’insurrection éclate dans Paris c’est « La commune ».

Des conseillers municipaux sont élus. La III eme république veut œuvrer pour que la France reconquière son rang de grande puissance, elle se lance dans l’aventure coloniale.

 Paris, capitale et métropole culturelle, artistique.

De grandes expositions universelles en  1855, 1867, renouent avec l’ambition française de retrouver sa place dans le monde.

C’est la reconstruction de Paris, de nombreux monuments : Le sacré cœur, La tour Eiffel, l’arc de triomphe, l’opéra  embellissent la capitale. Mais aussi constructions des immeubles haussmanniens, des grands magasins, salles de spectacles, opéra comique, opéra bouffe dont Offenbach est le roi, les cafés fleurissent, Paris est la capitale des plaisirs.

Les commerces de luxe font fortunes

L’argent est roi, grands train de vie dans certaines familles,  dont les Caillebotte font partie.

Après des études de droit, Gustave entre à l'École des Beaux-arts en 1873.  

Martial, a étudié le piano et la composition au conservatoire de Paris. Il a composé de nombreuses œuvres pour piano et quelques unes pour orchestre, mais également de la musique religieuse pour son demi-frère Alfred curé à Notre Dame des Lorette. La grande partie de ses œuvres sont restées inédites. On peut dire qu’il est précurseur de la musique impressionniste. Il est également photographe.

 Caillebotte père meurt en 1874. Gustave ne participe pas à l’exposition impressionniste

1875, les raboteurs de parquets sont refusés au Salon. Les impressionnistes Pissarro, Degas, Sisley, Renoir, Morisot, Cézanne n’ont pas ou peu de moyens, ils survivent. C’est Gustave qui va financer la seconde exposition, la presse va faire une revue, Renoir dira " il va garder le nom d’impressionnistes ", Gustave paye tout, le frère de Renoir écrit les articles. Gustave les aidera tous, en plus il achètera des œuvres tel que le ‘Moulin de la galette’ il aidera aussi Cézanne

 

1876, Jules Simon est au Gouvernement. René décède alors qu’il n’a que 26 ans. La collection de Gustave est commencée, préparation d’un testament pour faire un legs à l’état.

 

1877, Gustave est présent à l’exposition. Il a un réseau de relations publiques, il va amener des gens, il sera ainsi le liant jusqu’en 1880. Lorsque Durand-Ruel aura vendu quelques toiles.

1878,  Leur mère, Céleste décède à son tour, ses fils héritent d'une grande fortune. Exposition universelle à Paris.

En 1879, Gustave et Martial s'installent au 31 boulevard Haussmann, ils habitent ensemble jusqu’au mariage de Martial. L'hôtel de la rue Miromesnil est revendu, ainsi que la propriété d'Yerres. Gustave présente 25 tableaux à l’exposition impressionniste.

Gustave et Martial ont des passions communes, ils collectionnent les timbres et deviennent de grands philatélistes, ils s’initient ensemble au yachting, ils se distinguent dans ces domaines.

 

En été 1880, ils participent avec succès à de nombreuses régates en Normandie, sur les voiliers conçus par Gustave. Il présente 11 toiles à la 5 eme exposition des impressionnistes.

 

La peinture ou la photographie, ce sont des centres d’intérêts communs, en restituant différentes facettes de leur environnement, la vie quotidienne, le nouveau Paris Haussmannien, les loisirs, la famille.

 

En 1881, Gustave et Martial acquièrent une parcelle au Petit Gennevilliers, au lieu-dit « L'île aux draps », proche du Cercle de voile de Paris, entre les ponts d'Argenteuil et de Colombes.

 

1882, 7 eme exposition des artistes indépendants. Dessin des plans du Yacht Jack à Argenteuil.

 

1884, Manet vend son atelier, Gustave achète des œuvres de l’artiste. Il rencontre Claude Monet.

 

1886, grande année pour Gustave il expose à New York.

 

1887, Martial épouse Marie Minoret à Paris. Le mariage est célébré par son demi-frère Alfred. Le couple s'installe rue Scribe. Martial publie quelques unes de ses œuvres.

La même année, Gustave rachète ses parts du Petit-Gennevilliers, agrandit la propriété, et s'y installe définitivement. Il dessine et construit des bateaux, s'adonne au canotage et à la voile, et se passionne pour l'horticulture.

 

1888, naissance de Jean Caillebotte, fils de Martial et Marie Caillebotte. Gustave est élu conseiller municipal de Gennevilliers.

 

1889, grande exposition universelle à Paris

 

1890, Geneviève Caillebotte, la fille de Martial, naît à Montgeron (Essonne).

 

1891, Gustave participe aux diners impressionnistes du Café Riche (lieu célèbre à cette époque, réunissant littéraires et artistes, nous retrouvons cet établissement dans bel ami de Maupassant et   dans la Curée de Zola).

1892, Gustave est le témoin de mariage de Monet.

 

Gustave décède en 1894.

 

1897, exposition de 40 œuvres de l’artiste au musée du Luxembourg.

 

1910 Décès de Martial.

 

Gustave célèbre peintre, devient mécène des impressionnistes, Martial compositeur, pianiste, photographe.

Ces deux artistes, membre de la grande bourgeoisie, complices aux passions communes, sont aussi fascinés par la modernité, le chemin de fer, l’animation des rues parisiennes.

caillebotte frères

N’ayant pas de soucis financiers, vivant de leurs rentes, ils ne sont pas les seuls, Flaubert est dans la même situation et ainsi a pu écrire.

C’est l’époque de la construction du nouveau Paris, les frères Caillebotte vont ainsi pouvoir exprimer leurs passions.

 Les sujets peints sont aussi souvent photographiés, la vie familiale, les loisirs, Paris.

La photo existe déjà et a changé le paysage de l’époque, l’Académie des sciences et les Beaux arts présentent la photographie, c’est un progrès scientifique et technique, elle reproduit des images, donc un moyen mécanique de reproduction. Elle nous renseigne, tous les détails apparaissent, rien ne lui échappe.

Les réactions sont nombreuses et différentes : Baudelaire n’apprécie pas. Delacroix est plutôt admiratif  en verra le coté pratique il fera faire des photos de modèles, moins onéreux que les séances de poses. Degas dira : faux artistes faux peintres, Ingres dira la photo est si belle, qu’il ne faut pas trop le dire.

Mais cette photographie vole le moyen de vivre du peintre, avant celle-ci, il n’y avait que le peintre pour faire des portraits. Nadar photographie les personnalités de l’époque, mais les premiers clichés ne sont pas clairs, tandis que la peinture possède une belle palette.

 

Cette Exposition est organisée pour le 100 eme anniversaire de la mort de Martial.

50 tableaux 130 photos, expliquent la fascination des frères pour les symboles de la modernité, activités de plein air, Paris en mutation, l’intimité des Caillebotte.

Chaque thème est présenté par un immense panneau mural, les photos sépias de Martial encadrées sont posées sur ces panneaux, mises en valeur par l’éclairage, les autres murs étant réservés à l’accrochage des peintures de Gustave, peintures et photos sont face à face.

Le premier thème :

Paris en mutation, les deux frères présentent l’environnement.

Les photos nous montrent Paris en Hiver sous la neige en 1892, les monuments de Paris, quartier de l’opéra, Monsieur et Madame Caillebotte et leur fille Geneviève,  les petits métiers

Gustave présente Paris en mutation, en perspective, Paris des 4 saisons.  

" Les peintres en bâtiment " datée de 1877, cette toile montre les ouvriers entrain de regarder le travail qu’ils vont devoir accomplir devant un magasin parisien,

caillebotte 12

 "un refuge boulevard Haussmann ",  "la caserne de la pépinière"1877-78, "Homme au balcon ", 1850, "Rue de Paris, temps de pluie " datée 1877, l’architecture haussmannienne nous montre le nouveau Paris, caillebotte 10

 

 

  "le boulevard vu d’en haut " 1880, "le Boulevard des Italiens"," Boulevard Haussmann sous

 la neige "," un balcon boulevard Haussmann " "les hommes sur le balcon découvrent les immeubles au dessus des arbres, date 1880.

caillebotte 1

Dans l’intimité des Caillebotte

La famille, les amis

En photos :

Les enfants Caillebotte, Martial son frère ainé, la coupe de cheveux, Martial sa belle famille, les enfants, les plaisirs familiaux chez Martial, Marie caillebotte chez elle, la vie quotidienne chez Martial 9 rue Scribe, Maurice Minoret, le beau-frère de Martial, Renoir sa famille et son fils de 8 ans.

photo famille

Gustave a immortalisé les amis, la famille dans leur contexte

" Autoportrait au chevalet ", 1880, l’artiste s’est représenté devant son chevalet, derrière lui on peut apercevoir ‘le moulin de la galette’ toile de Renoir, "Autoportrait ", 1878, " Portrait d’Eugène Daufresne lisant ", (oncle de l’artiste), " Portrait de Martial Caillebotte "1877, " Le déjeuner "1876, Madame Caillebotte servie par son valet Jean Daurelle, tandis que son frère René mange, ils sont représentés dans la pénombre de la salle à manger de l’appartement bourgeois, les cristaux du service de table scintillent (jeu d’ombres et lumières),

  caillebotte 11

 " Henri Cordier " 1883 (Orientaliste français),  représenté entrain de travailler dans son bureau,  

"Portrait de madame Renoir "en 1888, "La leçon de piano" en 1881, " intérieur femme lisant " 1880, "Portrait de Jules Froyez " (journaliste) 1894," Intérieur, femme à la fenêtre " 1880.

caillebotte interieur 

Le paysage moderne

C’est la révolution industrielle, les voitures, les chemins de fer, la photo est le symbole de la modernité. Quelques unes sont présentées pour immortaliser ce modernisme.

Les tableaux de Gustave montrent tout l’environnement du chemin de fer, rails, ponts.

" Passage du train ", " voies et chemin de fer ", "paysage à la voie de chemin de fer " 1872-73.

Le  pont de l’Europe", 1876, la structure métallique du pont est imposante et prend une partie du tableau, l’artiste s’est représenté avec un chapeau haut de forme en compagnie d’une amie,

caillebotte O

 

 "pont de l’Europe sans personnages"

Au fil de l’eau

Dès 1870, les frères Caillebotte font du yachting, ils participent aux régates d’Argenteuil

Quelques photos montrant le chantier de Gustave, du plan à la navigation, le bassin d’Argenteuil, Les berges de la seine,  la famille de Martial et les plaisirs du bord de l’eau, Gustave, Alfred et la famille de Martial

Gustave nous présente les différentes embarcations de l’époque et les activités autour de l'eau.

" Le petit bras de la Seine à Argenteuil "1878

caillebotte bateau

" effet de soleil "1884, " Pêche à la ligne à Yerres »" 1878 ; "Baigneurs sur les bords de l’Yerres ", 

" Les périssoires "1878, perissoire.jpeg

" canotier au chapeau haut de forme "1878

"La berge du petit Gennevilliers et la seine" 1890 », "bateau à voile sur la seine" 1893, "Régates à Argenteuil " datée de 1893, "Bateau à l’ancre sur la Seine" 1892, "Fabrique à Argenteuil "1888, " Voilier sur la scène à Argenteuil "1893 

 

Le plaisir des jardins

Gustave est passionné par l’horticulture, les paysages.

Les photos :

La maison des beaux parents de Martial à Montgeron, Jeanne et Geneviève à Montgeron, Gustave dans son jardin au petit Gennevilliers,

caillebotte gustave au jardin

 le jardin de Montgeron, la maison du petit Gennevilliers.

Les tableaux représentent des scènes de plein air et les jardins

"Autoportrait au chapeau d’été ", 1872-78, " Le jardin à Yerres ",1876, "Portrait à la campagne "1876,les femmes font de la broderie , de la couture devant le Cassin, la mère de Caillebotte lit un peu à l’écart proche d’un massif de pélargoniums rouge, cela évoque la sérénité et une certaine bourgeoisie, 

caillebotte jardin et mère

 " Le potager du petit Gennevilliers " 1882 " Le potager à Yerres "1877, " l’allée du jardin petit Gennevilliers ", " les fleurs capucines »" 1892,caillebotte capucines

 

 

 "Orchidée "1893, un ensemble de 4 panneaux de peintures décoratives, "Chrysanthèmes" en 1893 les fleurs sont du jardin du petit Gennevilliers,

 

  "Marguerites" 1892, " jardin du petit Gennevilliers" en 1883, "les roses du jardin du petit Gennevilliers" ( Charlotte Berthier amie de Gustave, elle cueille des roses, elle est représentée de profil.

caiilebotte jardin

Exposition à ne pas manquer au Musée Jacquemart André à Paris jusqu’au 11 juillet 2011

Les frères caillebotte nous apportent un double regard sur leur quotidien, la modernité, le Paris qui se transforme, les activités de plein air, les paysages  avec beaucoup d’élégance et de poésie.

La réalité est apportée par les clichés photographiques de Martial, l’émotion par la peinture de Gustave.

 

 

 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 15:32

Michelangelo Merisi nait en septembre 1571 à Milan, son père travaille dans cette ville en tant qu’architecte, maçon, il est aussi l’intendant du marquis de Caravaggio. Francesco Sforza, seigneur de Caravaggio fut témoin du mariage des parents de l’artiste, donc famille reconnue.

 1576, la peste fait rage et la famille doit repartir en Lombardie, région de la famille, dans la province de Bergame dont la petite ville se nomme Caravaggio. C’est dans cet endroit que Michelangelo passe son enfance, son père décède en 1577, emporté par l’épidémie et sa mère en 1584, alors que le futur artiste n’a que 13 ans. Il entre comme apprenti dans l’atelier  du peintre milanais, Simone Peterzano  (peintre du maniérisme tardif, qui fut l’élève du Titien à Venise), Michelangelo va y rester 4 ans. Il apprend les théories picturales, le dessin, les techniques de la peinture à l’huile, de la peinture à fresque, le portrait.

  

En 1588, il quitte l’atelier de Simone Peterzano, il rentre à Caravaggio en 1589, il attend l’héritage familial qui arrive en 1592 et part pour Rome, il entre dans l’atelier « Alla Consolatione » de Lorenzo Siciliano (peintre sicilien).

  

Rome à cette époque est une ville pontificale très dynamique, le Concile de Trente (dix-neuvième Concile œcuménique  reconnu par l’église catholique Romain), s’est terminé  en.1563, c’est aussi la réforme  catholique.  Les chantiers sont nombreux, dans un esprit baroque.

 1592 c’est l’élection du Pape Clément VIII.

  

Ses premières années à Rome sont chaotiques, il a la réputation d’homme violent et querelleur, il est obligé de fuir les conséquences judiciaires de ses rixes et duels. Il vit avec peu de moyens et est hébergé par un ami, puis chez Monseigneur Pucci, ou il peint des images de dévotion et fait des copies de tableaux religieux, il peint ses premières œuvres dont le « garçon pelant des fruits » et « jeune garçon mordu par un lézard ».

 

 1593, il entre dans l’atelier d’Antiveduto Grammatica, proche de l’église San Giacomo d’Augusta, il continue de peindre des copies d’œuvres pour amateurs peu fortunés. En juin de la même année il va travailler chez Giuseppe Cesari (dit le cavalier d’Arpin), peintre attitré du pape, il y peint « le garçon avec un panier de fruits », « le jeune Bacchus malade ».

  

 

 caravage 1

  

Est t’il allé à Venise ? Cela expliquerait certaines influences typiquement vénitiennes, un exemple avec « le repos pendant  la fuite en Egypte ». Il  reste dans cet atelier peu de temps, il n'apprécie pas l'Antiquité ni l'art de Raphaël.

Il se lie d'amitié avec des artistes de l'académie Saint-Luc, l'institution officielle, et peint son premier tableau religieux « Madeleine repentant »e et des scènes de genre, « les tricheurs », «  la diseuse de bonne aventure », « les musiciens ». Son style est original, le fond est neutre, les personnages sont en action, il n’y a pas de décor, mais une extrême précision.

  caravage 2

 

  Il est remarqué par le Cardinal Del Monte, qui apprécie le réalisme de l’artiste, il lui achète les tricheurs. Il le prend sous sa protection et l’héberge dans son palais dès 1597. Caravage peint ses premiers grands tableaux religieux, des scènes de genre tel que « le concert » et « le joueur de luth » dont l’un sera vendu au Marquis  Vicenzo Guistini , grâce à ce mécène, il reçoit des commandes importantes dès 1599 pour le Clergé : « la vocation », « le martyr de saint Mathieu » pour la chapelle Contarelli de Saint Louis-des-Français, « la conversation de saint Paul sur le chemin de Damas », « La crucifixion de saint Pierre »  pour la chapelle Cesari à Saint-Paul-du-peuple.

 Plusieurs œuvres seront refusées par ses commanditaires (soit trop vulgaires, ou scandaleuses), tel que la première version de son « saint Mathieu et l’ange »  la sensualité de l’ange jugée triviale, mais aussi pour la saleté des pieds du saint, minutieusement reproduite d’après modèle. Mais le tableau qui cause le plus grand scandale aux yeux de l’église reste « la mort de la Vierge », la présentation du corps trop réaliste, elle a un ventre gonflé accompagné de rumeurs sulfureuses selon lesquelles le modèle aurait été le cadavre d’une prostituée enceinte retrouvée noyée dans le Tibre.

Les années qu'il passe à Rome sous la protection du cardinal ne sont pas exemptes de difficultés. Il fréquente les tavernes et les courtisanes, toujours aussi bagarreur et violent, il se trouve souvent mêlé à de nombreuses affaires de mœurs et  criminelles,il connaît plusieurs séjours en prison ainsi qu'à l'hôpital.

Entretemps, il peint une grande partie de ses tableaux les plus réputés et connaît un succès et une célébrité croissants à travers toute l'Italie : les commandes affluent, même si certaines toiles sont toujours régulièrement refusées. Les œuvres sont nombreuses, il peint directement sur la toile, d'un seul trait, et dessine très peu.

 En 1599, il peint sa «  Tête de Méduse », pour le cardinal del  Monte, première œuvre sur le thème de la décapitation, il fera d’autres œuvres sur ce thème «  Sainte Catherine d'Alexandrie », « la Conversion de Marie-Madeleine » « Judith décapitant Holopherne »  

En mai 1606, suite à une rixe, il tue en  duel   Ranuccio Tomassoni, le chef de la milice de son quartier. Il est condamné à mort, et obligé de fuir Rome en 1607, il commence un long périple à travers l’Italie. Il reviendra à Rome plus tard grâce a un   pardon pontifical que ses amis et ses protecteurs vont s'essayer d'obtenir.

Il part pour  Naples, qui à l’époque est espagnole, il est hébergé dans la famille Colonna, il peint quelques tableaux, dont un retable « les sept œuvres de la miséricorde » pour l’église du pio Monte della Miséricordia » et « la flagellation du Christ », grand succès.

 

 

Il continue son périple et s’installe à Malte en 1607, son désir, obtenir la protection de l’Ordre des chevaliers de Malte, il est présenté au grand maitre de cet ordre Alof de Wignacourt, il peint son portrait ainsi que plusieurs tableaux « la décapitation de saint Jean-Baptiste », réalisé dans la cathédrale saint Jean de la Valette (une nouvelle flagellation condamnée par le clergé local). L’année suivante 1608, il est fait Chevalier de grâce de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Mais sa consécration dure peu de temps : il est rattrapé par sa réputation et suite à une nouvelle bagarre dans la maison de l'organiste de la cathédrale, il est accusé d'avoir séduit   le fils d'un haut dignitaire de l’ordre, peut-être  est-ce le jeune page au sourire malicieux représenté dans «  le portrait d’Alof de Wignacourt  » de ce fait,  il est radié de l'ordre et jeté en prison. Il ne doit son salut qu'à son évasion, probablement aidé de quelques amis haut placés.

Il part pour Syracuse, il y produit plusieurs commandes pour de grandes familles et le clergé, dont deux retables « La résurrection de Lazare », « l’enterrement de Sainte Lucie », « l’adoration des bergers », « une nativité avec saint Laurent et saint François »

Il s'emploie, avec l'appui de ses protecteurs et en peignant des tableaux moins provocateurs, à obtenir la grâce du pape afin de pouvoir rentrer à Rome.

 

1609, il revient à Naples, grièvement blessé dans une nouvelle bagarre lors de son arrivée. Il est considéré comme mort, mais il survit et peint quelques commandes « Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste », « Le reniement de Saint Pierre », «  Saint  Jean-Baptiste », « David et Goliath », (il se représente dans le visage de Goliath), « le martyr de sainte Ursule » et termine quelques œuvres « la méduse » peinte en 1598 terminée en 1609, « Marie Madeleine » 1598-1609.

 

 

1610, le pape est disposé à lui accorder sa grâce, mais il s’embarque sur une felouque qui fait liaison avec Porto-Ercole frazione de Monte Argentario (enclave espagnole) pour se rapprocher de Rome, il emporte avec lui trois tableaux qu’il voulait restaurer, mais lors de l’escale à Palo il est arrêté et emprisonné pendant deux jours, à sa sortie plus de bateau, ses tableaux sont restés à bord.
 

Désespéré, il rejoint à pied Porto-Ercole à cent kilomètres. La légende dit que, dépité, perdu et fiévreux, il marcha sur la plage en plein soleil où il finit par mourir quelques jours plus tard,

Il décède le 18 juillet 1610, alors qu’il n’a que 39 ans

Caravage maitre du clair-obscur, il place les personnages principaux de ses scènes dans l’obscurité, soit dans une pièce sombre, un extérieur nocturne, ou bien dans un fond noir sans décor. Une lumière puissante provenant d’un point surélevé du tableau, enveloppe les personnages, comme  un projecteur sur une scène de théâtre. Le centre de la scène particulièrement éclairé, les contrastes sont saisissants, ils produisent  une atmosphère dramatique et souvent mystique.

Son œuvre ne laisse pas indifférent, elle est détestée méprisée pour ses sujets ambigus, scandaleux, mais aussi pour son réalisme, sa théâtralité associée à sa vie de délinquant, d’assassin. Elle est aussi appréciée pour son intensité dramatique et bien sur par le génie de l’artiste.

La figure humaine joue un rôle très important  pour l’artiste, les personnages restent les sujets principaux dans ses tableaux soit en portraits ou mises en scènes.

Il choisit ses modèles parmi les gens du peuple tel que les prostituées, gamins des rues ou mendiants poseront souvent pour les personnages de ses tableaux, même pour les tableaux religieux.

Il a inspiré de nombreux  peintres: Poussin, La Tour, Vélasquez, Rubens, Rembrandt. Il a révolutionné la peinture au XVII eme siècle.

 

caravage

 

 

Cette pièce fut créée à l’occasion du 400 eme anniversaire de la mort de Caravage, d’après l’œuvre de Dominique Fernandez « la course à l’abime »

 

L’atmosphère est créée, nous sommes plongés dans une semi obscurité ou clair-obscur, ce qui   va permettre d’immortaliser la gestuelle et de reproduire la composition de quelques toiles de l’artiste évoquées pendant le spectacle.

Cesare Capitani se métamorphose, il incarne parfaitement le maitre, Michelangelo Merisi dit Caravage,  Il développe l’histoire d’une vie, la personnalité, les querelles, les aventures, l’œuvre de cet artiste fougueux.

 

  

Laetitia Favart sa partenaire,  adopte le visage de certains modèles de Caravage entre autre celui de la Méduse, elle interprète aussi le rôle de ses amants, chante Monteverdi.

 

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Très belle prestation des artistes, ils  nous  emmènent dans un voyage à travers le temps.

Moment d’une grande intensité.

Excellent à ne pas  manquer au théâtre du Lucernaire à Paris jusqu’au 21 mai 2011 en juillet au festival d’Avignon

 A lire « La course à l’abime » de Dominique Fernandez, chez Grasset

 

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 09:35

L’auteur rentre chez lui à Vienne, c’est son anniversaire, il regarde son courrier parmi une lettre plus épaisse, il s’agit d’une lettre d’une inconnue.

L’Auteur est interloqué, il ne connaît pas cette femme, pourquoi lui écrit’ elle ?

 

L’inconnue est en  larmes son enfant est mort. Tout au long de la pièce  cette femme va nous dévoiler sa vie liée à cet homme, que le hasard a fait rencontrer

Elle se souvient à l’âge de 13 ans, adolescente, elle vit avec sa mère qui est veuve, leur vie  est  triste, modeste, un jour un jeune homme écrivain vient emménager à coté de chez elle, elle admire les affaires que l'on apporte dans l'appartement : les nombreux livres couverts de dorures, les chandeliers, les meubles. Elle ne se doute pas encore qu’il va bouleverser sa vie, y donner un intérêt,  l’homme est élégant, gai, il profite de la vie, reçoit. Elle va guetter ses faits et gestes, désormais sa vie est orientée autour de lui. Au hasard d’une rencontre, il lui adresse une phrase gentille et la jeune fille tombe amoureuse. Sa mère se  remarie et elles déménagent pour partir en Province, c’est un déchirement pour l'adolescente, et elle rêve du jour ou elle pourra enfin revenir à Vienne, dans ce lieu. Ce jour arrive et la jeune femme commencera à observer à nouveau cet homme, le soir surveille la lumière de son appartement en essayant d’y voir un décor, son visage.

Un jour, ils se rencontrent il la trouve jolie, il l’invite à diner. La jeune fille est naïve, cet homme n’est qu’un grand séducteur, et très vite va l’oublier pour se jeter dans d’autres bras, Ils se rencontrent plusieurs fois et de là nait un enfant.

Ils se revoient quelques années plus tard, dans un bar ou elle se prostitue, pour que son enfant ne manque de quoi que ce soit, il ne la reconnait  pas.

C’est par ce courrier qu’Il apprend que son enfant, âgé de 11 ans vient de mourir.

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« Leur enfant, est parti pour un voyage dont il ne reviendra pas. Elle n'a plus personne à choyer ni à attendre ».


Elle demande simplement qu'à chacun de ses anniversaires, il achète des roses blanches, puisqu'elle ne sera plus là pour le faire.

Avec Fréderic Andrau dans le rôle de Stéfan Zweig et Sarah Biasini dans le rôle de  l’inconnue.

Magnifique interprétation de Sarah Biasini dans ce rôle, tour à tour adolescente, amoureuse obsessionnelle, prostituée, mère éprouvé par le tragique destin survenu à son enfant.

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Excellent à voir absolument

Théâtre des Mathurins à Paris (petite salle) jusqu’à fin mai

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 19:20

Soirée exceptionnelle pour le Japon, suite à la catastrophe survenue le mois dernier.

De nombreux artistes ont répondu présent à cette manifestation, par leurs prestations et leur immense talent, ils nous ont fait  partager  des moments d’exceptions, en alternance, la danse, la musique, extraits d’œuvres lyriques, lectures.

C’est Kenzo Takada, (couturier) qui a ouvert la soirée, un grand panneau servant de décor, identique à la couverture du programme, il en est l’auteur. Kenzo est venu nous parlé avec beaucoup d’émotion, de cette région du Japon touchée par ce drame, de la souffrance, mais aussi du courage de la population.

Hope Japan

Sylvie Guillem, danseuse, a  interprété  en solo « Two » sur une musique d’Andy Cowton.

Natasha Parry, comédienne anglaise,  et Gen Shimaoka, comédien japonais sont intervenus à plusieurs reprises dans la soirée, pour des lectures de « Haikus » poèmes japonais, très courts à composantes symboliques sur les saisons.

Le lyrique à l’honneur avec un extrait des contes d’Hoffmann, les interprètes : Nathalie Dessay (soprano) et Rolando Villazón (Ténor) le duo a interprété avec brio « Hoffmann et Antonia »

Lambert Wilson comédien, a lu « lettre de SendaÏ »,  témoignage d’un anonyme, envoyé le 17 mars, quelques jours après la catastrophe, et un poème de Kenji Miyazawa « Ne pas céder face à la pluie »

Yasutake Shimaji, danseur de la Compagnie William Forsythe, venu nous interpréter un solo « I don’t believe in Outer Space «  sur une musique de Thom Willems.

Momo Kodama (piano) et Sayaka Shoji (violon) ont interprété « Hika », élégie pour violon et piano, et « Berceuse d’Itsuki », transcription d’un chant populaire japonais.

Nicolas Le Riche danseur étoile de l’Opéra de Paris et Guillaume Gallienne de la comédie française, dans une chorégraphie de Nicolas Le Riche en solo « Friendsphip » sur une musique de Vivaldi « les quatre saisons » adagio de l’hiver.

Guillaume Gallienne une lecture « Le cheval »  de Victor Hugo.

Momo Kodama (piano) et Hiromi Omura (soprano), interprétation de chants populaires japonais, « Karatachi no hana (La fleur de Karatachi) et « Akatonbo » (libellule rouge),

Akram Khan, danseur et chorégraphe britannique, a dansé une de ses chorégraphie « Nameless », musique de Jocelyn Pook et Natacha Atlas « Adagio » Natacha Atlas et Lore Lixenberg chanteuses,  

Martha Argerich et Nelson Freire (pianistes), duo à quatre mains le « Grand rondo en la majeur » de Schubert,

Sylvie Guillem et Nicolas le Riche, sur une chorégraphie de Mats Ek, « Appartement » grand pas de deux, (créé pour l’Opéra de Paris en 2000), musique the Flesh quartet  « Innocent »,

Khatia Buniatishvili pianiste géorgienne, Gauthier Capuçon (violoncelle) et Renaud Capuçon (violon) ont interprété  un extrait du trio, No 1 de Tchaïkovski,

Pour terminer cette magnifique soirée Bartabas, fondateur du théâtre équestre Zingaro et de l'Académie du spectacle équestre de Versailles, et son cheval Soutine, « Le centaure et l’animal » extrait du texte de Lautréamont « Les chants de Maldoror, texte enregistré   par Jean-Luc Debattice.

 

La Croix rouge  française partenaire de cette soirée est chargée de collecter les dons afin de les transmettre à la croix rouge japonaise, le but aider les sinistrés.

Le public nombreux a répondu à cet appel.

Cette soirée est inoubliable. Un grand merci pour ce moment unique.

Cette soirée sera retransmise sur France 2, le 12 avril à 0h30.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:37

Marc Chagall nait en 1887 à  Liozna près de Vitebsk en Biélorussie, dans un milieu modeste .Il quitte sa ville natale en 1907 et fait ses études aux beaux arts de Saint Petersbourg, et, au cour d’art moderne que Bakst vient d’ouvrir, il développe son art dans différents ateliers. Sa première exposition fait scandale. Il obtient une bourse et fait le choix de venir à Paris.

1910-1914, sa première période parisienne, il découvre le Louvre, rencontre les peintres de Montparnasse. Il s'installe à La Ruche en 1912, ainsi il pénètre dans le milieu artistique parisien. Il assiste aux vendredis de Canudo, directeur de la revue Montjoie, il y rencontre d'autres artistes, devient ami avec Cendrars et Apollinaire, les deux poètes sont admiratifs de sa peinture.

 C'est la fin du fauvisme et le début du cubisme. Le fauvisme va lui inspirer la couleur pure, gaie, le second la déconstruction de l'objet. Il expose aux indépendants. Il n'appartient à aucun courant, il est inspiré par la tradition juive et l'art russe.

En 1914, il repart à Vitebsk jusqu'en 1922, bloqué par la première guerre mondiale, il ne peut revenir à Paris, il se consacre à son art, il peint surtout la vie de la communauté juive, mais l'orientation de la politique artistique le déçoit, il s'oppose à Malevitch en 1919.Il part à Moscou pour faire le décor d'un théâtre d'art juif, réalisation de costumes et décors pour trois pièces de Scholom Aleichem en 1921.

1922, il va à Berlin, il rencontre Grosz, Hofer, Meidner, Archipenko, il s'initie à la gravure. Il grave pour Paul Cassirer, les illustrations de son autobiographie (26 eaux-fortes et pointes sèches) publiées sans texte à Berlin l'année suivante.

 1923, il revient à Paris. Ses œuvres sont déjà connues aux Etats-Unis, ou des expositions sont organisées. Il s'installe dans un atelier et retrouve Sonia et Robert Delaunay, Marcoussis, Gris. Il fait la rencontre d'Ambroise Vollard marchand d'art, de livres, celui-ci lui commande 30 gouaches et plus de 100 eaux-fortes afin d'illustrer les fables de La Fontaine (1924-25),118 eaux-fortes pour les "âmes mortes" de Gogol (1925-31), et des illustrations pour la bible en 1930. Il effectue de nombreux voyages en famille, dont un en Israël en 1931, à son retour il définit la Bible comme " la plus grande source de poésie de tous les temps", il mentionne qu'il a cherché ce reflet dans la vie et dans l'art.Il va commencer une nouvelle vie dans sa création artistique, il se consacre à la thématique biblique, traduisant l'écriture sainte en gouache et en gravure. Ce travail monumental est à l'origine du Message biblique qui propose un cycle décoratif relatant l'histoire biblique, terminé en 1966. Chagall en a fait don à l'état français, un musée lui fut consacré à Nice en 1973, il s'agit du Musée national du Message biblique.

 1932, il va étudier les gravures de Rembrandt à Amsterdam.

 

1937, il prend la nationalité française, afin de fuir l'antisémitisme de l'Europe centrale.

Avec la seconde guerre mondiale, les menaces pèsent sur les communautés juives, en 1941, il décide de partir aux Etats-Unis avec sa famille, grâce au journaliste américain Varian Fry (qui depuis Marseille à sauvé plus de 2000 juifs militants anti nazis en les aidant a fuir l'Europe et le régime de Vichy). Pendant son séjour , il réalise des décors et des costumes pour des ballets "Aléko" en 1942 et "L'oiseau de feu" de Stravinsky en 1945.

Son épouse Bella décède en 1944, c'est cet événement qui le marque dans le choix de son style et celui de sa peinture, à cette époque.

Son retour en France s'effectue en 1948, il s'installe à Vence de 1950 à 1956.

En 1952, il se remarie avec Valentina Brodsky (1905-1993).

Paris lui inspire une nouvelle série de tableaux (1953-56), rêveries poétiques dont la couleur est diffuse, cendrée. Il reçoit de nombreuses commandes, des céramiques, des vitraux, pour le baptistère d'Assy , création des costumes pour " Daphnis et Chloé" en 1958, des vitraux pour la cathédrale de Metz de 1960 à 68, des lithographies, des décors pour l'opéra 'la flute enchantée", le plafond de l'opéra Garnier à Paris. Il termine sa vie en France, à Saint Paul de Vence ou il s'est installé en 1966, il y décède en 1985.

 Son oeuvre s'est diversifiée, en utilisant différentes techniques tel que la mosaïque, la gravure, la gouache, la peinture à l'huile, les vitraux, la céramique et la sculpture (dans les années 1950 à 1969).

Son oeuvre est vendue dans le monde entier.

 

   

 Après les fables de La Fontaine, pour le même éditeur un nouveau projet, illustrer la bible à la demande d’Ambroise Vollard, nous sommes en 1930.

 Marc Chagall se consacre à la bible hébraïque, la torah, ses choix : une préférence pour les patriarches de Moise, les guerriers, les rois et prophètes, son inspiration dans l’empreinte juive traditionnelle (son éducation de l’enfance).

Sa vision souvenir de  Vitebsk en Russie, ses habitants, ses impressions de voyage en Israël.

Cette exposition retrace le processus de création, depuis la série de gouaches réalisée par l’artiste, puis les différents états de la gravure (précision du motif), jusqu’à l’état final, c'est-à-dire la gravure définitive.

Exposition de la bible, datée de 1956

Il réalise d’abord 40 gouaches, à partir de cette forme  picturale, le rendu coloré auquel il aspire en gravure.

Il s’agit des épisodes de la bible : Dieu créa l’homme 1932, Noé reçoit l’ordre de construire 1931, Noé la chute de la colombe, 1931,L’arc en ciel signe d’alliance entre Dieu et la terre 1931, Le manteau de Noé 1931, les 3 anges reçus par Abraham 1931, Abraham et les anges, escente vers Sodome 1931, Les filles de Lot 1931, La circoncision prescrite par Dieu à Abraham 1931, Abraham et Isaac, en route vers le lieu de sacrifice 1931 Abraham prêt à immoler son fils 1931, Abraham pleurant Sara 1931, Eliézer et Rebecca 1931 Moise repend la mort chez les égyptiens 1931, Les israélites mangent l’agneau de la Pâque< 1931, Les israélites passent la mer rouge 1931 , Les hébreux adorent le veau d’or 1931, Moise brise les tables de la loi 1931, Aaron devant le chandelier 1931, Moise reçoit les tables de la loi 1931 ci-dessous.

table lois Chagall

L’élaboration des eaux-fortes l’occupe de longues années. Inspiré par celles de Rembrandt.

 La salle suivante nous conduit à la présentation des 105 eaux-fortes (originales) tirées sur papier Montval.

Quelques exemples :

La tombe de Rachel, la lutte de l’ange, rencontre de Jacob et Rachel, Joseph jeune berger, Joseph et ses frères, Jacob pleurant Joseph, le songe du Pharaon, Départ de Jacob pour l’Egypte, Moïse  sauvé des eaux, le buisson ardent, rencontre de Moïse et Aaron, Moïse fait jaillir l’eau du rocher, Josué devant Jéricho, Josué et les rois vaincus, Samuel rappelant Dieu, David devant Saul, David montant la colline des oliviers, Songe de Salomon, prophétie sur Jérusalem, vision d’Isaïe, Samson et Dalila.

 Dans ce parcours nous avons quelques citations de l’artiste :

 "Il me semble que quelque chose m'aurait manqué si à part la couleur, je ne m'étais pas occupé aussi, à un moment de ma vie, des gravures et lithographies. Dès ma première jeunesse, quand j'ai commencé à me servir d'un crayon, j'ai cherché a quelque chose qui pourrait se répandre comme un grand fleuve se déversant sur des rives lointaines et attirantes. En tenant une pierre lithographique ou une plaque de cuivre, je croyais toucher un talisman. En elles, il me semblait que je pouvais placer toutes mes tristesses, toutes mes joies". Marc Chagall

Quelques eaux-fortes présentées montrent l'évolution du travail "La sortie d'Egypte" datée de 1931-39, il s'agit de la planche 33 de la bible, 15 clichés nous amènent à la phase finale du travail ,dont la plaque de cuivre gravée. " damson renverse les colonnes", 4 planches et la plaque de cuivre gravée,"Le songe de Salomon" 4 planches et la plaque de cuivre. 

La technique de l'eau forte

C'est un procédé de gravure en creux ou taille douce, sur une plaque métallique à l'aide d'un acide. L'artiste qui utilise l'eau-forte est appelé aquafortiste. A l'origine, l'eau-forte était le nom donné à l'acide nitrique, aujourd'hui l'acide nitrique est remplacée par des produits moins toxiques, on utilise le perchlorure de fer.

Il existe différents procédés d'eaux-fortes :

L'aquatinte, procédé d'eau-forte par lequel on obtient différentes tonalités, par la morsure, plus ou moins prolongée, dans un bassin d'acide, d'une plaque de métal recouverte d'une couche de résine ou de bitume en poudre.

La gravure au lavis, procédé de gravure en taille-douce dérivé de l'eau-forte, à l'origine de l'aquatinte et comme elle joue sur la corrosion partielle de la plaque de métal par un acide. Elle fut inventée au XVIII eme siècle, elle imitait, par la gravure, les dessins en lavis afin de les reproduire de la manière la plus fidèle. La gravure au burin, dessine un réseau de lignes qui s'adapte au rendu du dessin. Tandis que la gravure à manière d'aquatinte et de lavis donne un grainage de la surface, ce qui convient aux effets picturaux. Ainsi on peut obtenir toutes les valeurs de clairs-obscurs comparables à celles du lavis ou bien d'une aquarelle. 

 La manière de crayon, est une gravure sur métal : son but : se rapprocher, à l'impression, de l'effet du crayon.

 Toutes ces techniques désignent une gravure où l'image est creusée sur une plaque de métal à l'aide d'un acide. Elles se différentient par les outils ou vernis à graver utilisés.

La technique est simple  : sur une plaque de métal recouverte d'un vernis à graver, l'artiste dessine son motif à la pointe métallique. Ensuite la plaque est placée dans un bain d'acide qui mord les zones à découvert et laisse intactes les parties protégées. Après le nettoyage du vernis, la plaque est encrée et mise sous presse.

A l'étage du musée un tableau nous accueil,  "Dans la synagogue à Safed" 1931   huile sur toile (Safed est ville située au nord d'Israël).

Sur les traces des ancêtres

Chagall va en Palestine avec sa famille en 1931, invité par le maire de Tel Aviv, il rencontre aussi l'écrivain et poéte Haim Nahman Bralik , qui est considéré comme le poéte national d'Israël, Edmond Fleg également écrivain, penseur et romancier et la ville de Jérusalem.

Il est fasciné par Jérusalem, il peint les lieux saints, le mur des lamentations, Tel Aviv, mais aussi les lieux saints du judaïsme : la tombe de Rachel, le mur des lamentations, l'intérieur des synagogues. Quelques exemples : "Une vue de Jérusalem" huile sur toile datée de 1932-37, "Jérusalem et le mur des lamentations" 1931, " L'enceinte de Jérusalem près du portail de la grâce" Sur ces toiles le vert de la végétation domine et met en valeur la couleur ocre de la pierre.

Il fait une autre rencontre pendant son séjour, le célèbre peintre Reuven Rubin (Chagall va s'en inspirer à son retour par son langage stylistique et cela pour les 40 gouaches bibliques).

Quelques gouaches tel que : "Rabbin à la Torah" 1930, " La traversée de la mer rouge" 1935, sur toile de lin, ce tableau symbolise les pogroms et la shoah, "Abraham et les 3 anges" 1940-50, "Le songe de Jacob" 56-57, "Le rabbin" 1912 .

traversée mer rouge chagall La traversée de la mer rouge  rabbin chagall

 

abraham et les trois anges chagall

 

 

 Abraham et les 3 anges

 

La guerre et persécutions inspirent à l'artiste des scènes douloureuses, nous retrouvons cela dans "La crucifixion en jaune" 42-43, le Christ est juif, le rouleau de la Torah se déroule sur son bras,il semble soutenu par un ange, dessous on découvre l'univers de Chagall, sa ville natale, son peupleil identifie le martyr de Jésus à celui des juifs. "Obsession" daté de 1943, "l'exode' de 1952-56.

 

La grande revue littéraire et artistique Verve éditée par Tériade, a consacrée un numéro à la reproduction intégrale d'héliogravure des 105 eaux-fortes de Chagall, 16 lithographies en couleur et 12 en noir et blanc.

"Les Pâques" autre toile du maitre.

les paques chagall

 "Pour moi le Christ à toujours symbolisé le même type de martyr juif. C'est ainsi que je l'ai compris en 1908, quand j'ai pour la première fois utilisé cette figure. C'était sous l'influence des Pogroms, ensuite je l'ai peint et dessiné dans des oeuvres relatives aux ghettos entouré par des afflictions de juifs, par les mères juives courant terrifiées et tenant leurs petits enfants entre leurs bras. Mon Dieu est le Dieu juif, dans mon imagination, le Christ est seulement un de nos martyrs juifs, avec sa mère juive, entourés de nos prophètes juifs, je n'ai jamais peint de figures d'évangelistes seulement notre bible" Marc Chagall

la bible en lumière

Marc Chagall entreprend en 1950 un cycle de peintures pour la chapelle de Vence, dans l’église du plateau d’Assy dès 1948, les vitraux de l’hôpital Hadassah à Jérusalem.

La bible en lumière est exposée une maquette pour l’église de Mayence et une autre pour Zurich.

Les maquettes et croquis de l’hôpital Hadassah sont présentés : peintes à la gouache, à l’aquarelle, pastel, encre de chine, crayon sur papier. Le thème les 12 fils de Jacob tels qu’ils sont décrits dans le livre de la Genèse : Ruben, Siméon, Levi, Juda, Zabulon, Issachar, Dan, Gad, Aser, Nephtali, Joseph, Benjamin, et des 12 tribus qui en découlent.

"Je me suis référé au grand livre universel qu’est la bible. Dès mon enfance, elle m’a rempli de visions sur le destin du monde. Et m’a inspiré dans mon travail ; dans les moments de doute, sa grandeur et sa sagesse hautement poétique m’ont apaisé, elle est pour moi comme une seconde nature". Chagall

Pour terminer l’exposition :

"L’ange peintre"daté de  1927-28" L’ange à la palette’"27-36, ‘la chute de l’ange’ œuvre dramatique datée de 23-34-47 ci-dessous

la chute de l'ange chagall

Se sont des autoportraits et une allégorie de l’artiste messager du divin.  

 

Les vitraux de l’hôpital Hadassah à Jérusalem : chaque vitrail, portant une couleur dominante parmi le bleu, le rouge, le vert, le jaune, et l’orange est consacré à l’un des 12 fils de Jacob.

Les motifs, aucun être humain représenté, seulement des mains, des symboles juifs, des fleurs, animaux, soleil, bateaux.

La technique du vitrail utilisée : il s’agit d’un mélange de verre et acides, ce qui permet de superposer différentes couleurs sur un même espace de verre. Cette technique est différente de la technique traditionnelle, cela implique d’isoler chaque morceau de verre peint par des bandes de plomb, de ce fait, nous avons une sensation de profondeur .

Cet ensemble est admirable et s’harmonise avec le lieu, ces 12 vitraux sont disposés par 3, les tons changent selon la luminosité extérieure. A Voir à Jérusalem

vitrail

Un livre à lire absolument  "Quelques pas dans les pas d'un ange"

Ecrit par David McNeil , fils de Marc Chagall

Très belle exposition montrant le monde de la bible vu par Chagall

Avoir au musée du Judaïsme à Paris jusqu'au 5 juin 2011

  

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Published by Tinou - dans Exposition
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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 16:12

Les Romanov, dynastie russe qui régna de 1613 à 1762, originaire de Lituanie, les Romanov  famille de boyards (désignent une classe d’ aristocrates de certains pays orthodoxes  d’Europe de l’est) s’installent en Russie dès le XIV eme siècle. Elle fut renversée par la révolution russe de 1917.  

 Les tsars de Russie :

Michel 1er 1613-1645

Alexis 1er 1645-1676

Fédor III 1676-1682

Ivan V 1682-1696  

Pierre 1er ou Pierre le Grand  nait en 1672, fils d’Alexis 1er et de Natalia Narychkina  fut tsar dès 1682, alors qu’il n’a que 10 ans, il est le premier empereur de l’empire russe de 1721 à 1725. Il épouse en  1689 Eudoxie Lopoukhine, ils eurent un fils, Alexis Pétrovitch de Russie (1680-1718), ils divorcèrent, Alexandre 1er épouse en  1707 Catherine 1ere de Russie.

Il a transformé la Russie en puissance européenne, il est aussi un grand amateur d’art.

De 1697-98 a l’initiative de Pierre 1er  la grande ambassade qui comporte 250 personnes, voyagent dans les grandes capitales européennes.

1699-1700, le tsar fait promulguer une série de lois destinées à occidentaliser la Russie : adaptation d’un calendrier à l’européenne, tentative de latinisation de l’alphabet cyrillique, obligation pour la cour et les fonctionnaires de se vêtir à l’occidentale.

1703, c’est la création de Saint-Pétersbourg, l’année suivante l’architecte italien, Trezzini est chargé, des travaux d’urbanisme.

1706, création d’un chantier naval.

1711, début de la construction du palais d’hiver

1712 Saint-Pétersbourg devient la capitale de la Russie

1716-17, Pierre 1er voyage en Europe et vient à Paris, il y rencontre Louis XV qui n’a que 7 ans.

1719, ouverture du premier musée  public dans le palais Kikine dans Saint-Pétersbourg

1721, la paix de Nystad met un terme à la guerre contre la Suède qui durait depuis 1700, le Sénat donne à pierre 1er le titre de Pierre le Grand empereur de toutes les Russies.

1725, décès de Pierre 1er, sa seconde épouse Marthe Skavronska, devient impératrice sous le nom de Catherine 1ere

Catherine I ère règne à partir de  1725 à 1727

De 1727 à 1730, ce sera le règne de Pierre II, fils de Pierre  le Grand

Anne 1ere règne de 1730 à 1740, fille d’Ivan V

Ivan VI de 1740 à 41

 

Elisabeth 1ere impératrice de Russie de  1741 à 1762, fille de Pierre le Grand.

Pierre III, fils du duc Charles-Frédéric de Holstein-Gottorp (maison d’Oldenbourg) et de son épouse Anna Pétrovna de Russie fille de Pierre le Grand qu’il eut en second mariage avec Catherine 1ere de Russie, il fut empereur que quelques mois en 1762 avant d’être roi de Finlande de 1742 à 1762. 1er souverain russe de la branche Holstein-Gottorp, branche qui reprit le nom de Romanov

En 1745, Pierre III , petit-fils de Pierre le Grand et héritier du trône, épouse  Catherine princesse allemande (famille Anhalt-Zerbst), c’est Elisabeth 1er en 1744 qui la choisit pour son  neveu.

Catherine II impératrice de Russie à partir de 1762

Catherine organise un complot avec les frères Orlov et le comte Panine, contre le tsar Pierre III quelques mois après son ascension au trône ; ce qui permet à Catherine d’accéder au trône cette même année, sous le nom de Catherine II. Elle est impératrice de Russie  de 1762 à 1796.

En 1764, La décision est prise, il s’agit de la  fondation d’un musée impérial, il s’agit de l’Ermitage.

En 1776 c’est la création du théâtre de Moscou le Bolchoï.

1782 voit le début de la construction du palais de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Au décès de Catherine II c’est son fils Paul 1er qui devient empereur de Russie  de 1796 à  1801, il fut duc de Holstein-Gottorp de 1762 à 1773, il a également occupé les fonctions de grand maitre de l’ordre de Malte de 1898 à 1801.

1782, la Russie entre en guerre avec la France au sein de la seconde coalition, elle se rapprochera d’elle en 1800.

1801, assassinat de  Paul 1er, son fils lui succèdera sous le nom d’Alexandre 1er 

Alexandre 1er de 1801 à 1825, date de son décès, il fut roi de Pologne de 1815 à 1825

1805, les russes sont battus par l’armée de Napoléon 1er à Austerlitz, en 1807 à Friedland, c’est à l’issue de cette défaite que fut signée le traité de Tilsit entre la France et la Russie, il mit fin à la coalition européenne.

Nicolas 1er de 1825 à 1855, il fut aussi roi de Pologne et grand duc de Finlande

1837, construction du nouvel Ermitage suite a un incendie au Palais  d’hiver, l’inauguration aura lieue en 1850.

1854-55, guerre de Crimée, les russes se battent contre français et anglais, défaite à Sébastopol.

Décès de Nicolas 1er, son fils lui succède sous le nom d’Alexandre II.

Alexandre II empereur de Russie de 1855 à 1881, aussi grand duc de Finlande et roi de Pologne jusqu’à ce que celle-ci soit annexée dans l’empire Russe  en 1867.

Alexandre III, avant dernier empereur de 1881 à 1894.

Nicolas II, règne de 1894 à 1917

 

A l’entrée de l’exposition un panneau montre le musée de l’Ermitage

Un buste en marbre blanc  représente chaque tsar, le premier celui de  Pierre le Grand, il précède les œuvres qui furent acquises pendant son règne, grand amateur d’art, surtout de peinture hollandaise, mais aussi grand collectionneur , il s’est constitué une collection d’œuvres européennes en envoyant ses agents dans toute l’Europe, afin d’acquérir sculptures et peintures  flamandes, hollandaises, françaises, italiennes. 

 Voici quelques œuvres achetées pendant son règne (1721-1725)

Une toile de Hendrik Mommers 1623-97 peintre de genre et paysagiste "une vue du pont neuf "  1660  

" David et Jonathan "  de Rembrandt 1669

romanov rembrandt

"Le contrat de mariage" de jean Steen 1650, peintre baroque, ici  il s’agit  d’une scène de genre.

romanov steen

 

Une "marine " de Cloes 1690

" Paysages et bergers dansant " de Hensch

" Moine dans une grotte" de  Jordaens 1620, un des grands peintre flamand

" Mise au tombeau " de Garofalo 1520

Continuons l’exposition en compagnie de Catherine II. Son règne de 1762 à 1796,   

Elle poursuivit  les achats, très cultivée, elle se constitue une collection extraordinaire, et fait construire le petit Ermitage afin d’y exposer les œuvres d’art, ce musée est vite trop exigu, le grand ermitage est construit de 1771 à 1787. Deux amis vont l’aider a faire des acquisitions d’œuvres d’art à Paris et partout en Europe: Diderot et le baron Grimm, diplomate et homme de lettre bavarois, il  fut son ministre.

Elle fit de nombreuses  acquisitions : celle de Gotzkowski  à Berlin, berlinois marchant d’art en 1764, cette collection comporte 225 tableaux dont 1 Rembrandt, France Hals ;

En 1766, c’est la collection Aved à Paris, elle comporte deux Poussin ;

 1767 c’est  la collection Jean de Julienne à Paris elle comporte 850 dessins de Jacques Callot, un Watteau, 1 Metsu, 1 Berchem, 1Wouwerman, mais aussi la collection de marquis de Villette à Paris dont un Claude Vernet,

En 1768 c’est à Bruxelles qu’elle continue ses achats avec la collection Cobentzel , 5  Rubens, 6000 dessins et autres 

1769 la collection du comte de Bruhl à Dresde, 600 tableaux dont 4  Rembrandt, 4 Ruysdael, 5 Rubens et autres

1771, collection  Braamkamp à Amsterdam ;

 1772, collection Louis Antoine Crozat à Paris  566 tableaux dont  Véronèse, Poussin, Rubens Van Dyck, Lancret, Greuze et bien d’autres, la même année         la collection du duc de Choiseul à Paris dont un Murillo, Steen, mais aussi celle de Madame Geoffrin également à Paris avec un Van Loo,

1777, il s’agit de la collection Walpole à Londres 198 tableaux dont 4 Dughet, 2 Poussin, Snyders et 15 Van Dyck

1781 la collection Baudoin à Paris 119 tableaux dont 9 Rembrandt,  6 Van Dyck, Rubens

Les français apprécient guère le transfert des œuvres d’art vers la Russie. Au décès de la tsarine, sa galerie comporte plus de 4000 tableaux.

Dans l’exposition nous avons :

" Portrait d’acteur "de Fetti 1620-23 -ci-dessous

romanov fetti

"Autoportrait" de Véronèse 1560-65

" L’Arrivée de Marie de Médicis à Lyon " ou rencontre du roi et de la reine 1622-25 Rubens

" Portrait de George Gage" 1616-17 Rubens

‘L’Incrédulité de Thomas"1620 Van Dyck "‘Portrait d’homme barbu  coiffé d’un béret "1661 Rembrandt

"Chemin à l 'orée de la forêt"1646-47 Jacob Isaacksz Ruysdael

" Paysage d’Italie avec deux jeunes filles " Cloes

" L’assaut des forteresses" de Wouwerman 1650

"Le malade et la médecine " 1660 de Gabriel Metsu

Quelques gouaches de Clérisseau :

Le colisée 1660, Fantaisie architecturale, l’arc de triomphe de Titus à Rome, cour du palais de l’empereur dioclétien à Split 1757. Grande minutie dans les détails architecturaux.

  De Chardin "nature morte aux attributs des arts " ci-dessous

romanov chardin

"Portrait de jeune homme au chapeau " 1750 de Greuze

romanov greuze

De Jean-Baptiste Pater "danseurs sous les frondaisons " " et divertissement musical "1725

‘Le concert espagnol "de Van loo (architecture antique a l’arrière).

" Vénus, faune, putti" 1630 de Poussin

" Portrait des filles de Paul 1er " de madame Vigiée Lebrun 1796

"Amour à la chasse"  de poussin

" Concert au parc " de Lancret 1738

"‘Nature en Italie " 1750 de Vernet

"Fuite de la sainte famille en Egypte" de Carducho 1603

 Ribalta  " Préparatifs de la crucifixion " 1582

Alexandre Ier, petit fils de Catherine  règne de 1801 à 1825, il achète des grands maitres espagnols, des tableaux de Velasquez, Murillo. Mais ses acquisitions ne se limitent pas à la peinture ni  aux sculptures mais aussi des albums de dessins architecturaux, des gravures font aussi parties des collections. Sous son règne l’organisation du musée se met en place et les premières reproductions gravées de ses tableaux apparaissent.

Ses tableaux exposés :

Le " miracle du pain et du poisson" Orrente 1620

" Annonciation" de Murillo de 1668

romanov murillo

" Présentation du Christ au temple"de Mathias Torres de 1697

"La rencontre de Marie et Elisabeth " Calvaert école de Bologne

" Le chœur de la chapelle des capucins de la place Barberini à Rome " Granet 1818

" Henri IV et sa suite à la chasse "Tannay école française

" Christ tout puissant "  Titien 1560

" Natale chiavasie " Hebé 1820-21, grand raffinement, ce tableau représente une femme tenant une aiguière, elle fait boire un aigle, les tons pastels, une grande retenue dans le comportement de la femme

" Le petit déjeuner " Metsu 1660, raffinement dans le costume porté par la femme, un petit chien a ses pieds, de nombreux détails mobiliers, objets de décoration. ci-dessous

romanov metsu

"  Marie Madeleine pénitente " de Vaccaro 1650

Nicolas 1er accède au trône en 1825 et le nouvel Ermitage inauguré en 1850 pendant son règne, il en fin un musée d’art universel poursuivant la collection de ses prédécesseurs, il participa à la direction de l’établissement avec un grand intérêt pour l’art. Cependant en 1737 un incendie dévasta le palais d’hiver, lors de sa reconstruction cela incita le tsar à donner plus de place pour agrandir et faire acquisitions d’autres collections. Les deux grands architectes Vassili Stasov et Alexandre Brioullov et plus de 8000 artisans participèrent à la reconstruction, un an plus tard les travaux prirent fin et Nicolas 1er projeta un musée pour abriter les collections impériales, il s’intéressait aux peintures italiennes de la renaissance , intérêt pour les toiles du XVI eme siècle tel que Garofalo et Sebastiano Piombo, il avait une préférence pour les maitres de l’école de Bologne dans la période suivante , le Guerchin, Guido Reni .Il reçut également en cadeau un ensemble important de tableaux de l’école hollandaise du XV et XVI eme siècle, il fit des acquisitions de maitres espagnols Zurbaran et Murillo.

Les œuvres présentées :

"Mise au tombeau" 1500 d’Antonio de Pereda peintre espagnol du siècle d’or

"Adam et Eve chassés du paradis "1700 Van der Werff

"Portrait de jeune femme "1560  Sofonisba Anguissola femme peintre italienne de Crémone maniériste spécialisée dans les portraits. On peut remarquer la richesse du costume porté par la jeune femme. Ci-dessous

romanov anguissola

 

"Madone à l’enfant" 1520 de Pedro di Simone Bugiardini, école florentine

La dernière salle ou le cabinet de peinture italienne ce sont les vues des salles de l’Ermitage réalisées vers 1850 peintes par trois artistes Edward Hau, Luigi Premazzi, Constantin  Oukhtomski, ils ont réalisés 55 vues pendant la période de 1852 à 1861. Cela permet de découvrir comment les tableaux ont étés exposés lors de l’ouverture du musée au public.

24 chefs-d’œuvre de l’art topographique sont présentés :

Edward Hau présente  "cabaret de peinture italienne"1860 aquarelle réhaut de blanc "salle de l’école flamande ", "salle de l’école hollandaise et flamande" 1857, "salle de l’école russe’", "salle de peintures italiennes" en 1853, 1856 ; 1860

Constantin  Oukhtomski " les loges de Raphael "en 1860, il s’agit d’une des merveilles du Vatican

Luigi Premazzi vue du "nouvel Ermitage de la rue Millionnaire" "salle de la sculpture moderne en 1856 ", "salle de peintures flamandes" en 1854

romanov premazzi

Magnifique exposition qui montre un éventail des collections acquises par la famille Romanov,  c’est à partir de la fin du XVII eme siècle que s’effectuent les premiers achats : scènes de genres, bibliques ou mythologiques, fêtes galantes, natures mortes, portraits, ruines, ou marines, elle est l’une des plus  belles collections  du monde. Pour présenter ces œuvres, il y eu la construction d’un musée, ouvert au public dès 1805.

Quelques extraits de connaisance des arts

L’exposition comporte une centaine d’œuvres. A voir absolument à la Pinacothèque de Paris jusqu’à fin mai 2011

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 16:31

 La nuit juste avant les forêts

Pièce de Bernard-Marie Koltès

Mise en scène de Patrice Chéreau, Thierry Thieû Niang

Interprète Romain Duris

duris

Le rideau se lève

Un décor austère, un homme allongé sur un lit aux urgences d’un hôpital, il est blessé, il vient de se faire tabasser.

Une banlieue où il pleut, où l’on est étranger, il  rencontre un inconnu un soir au coin d'une rue, il  lui raconte  tout son univers, sa solitude, sans travail, la vie nocturne qu’il traverse, tous les dangers, mauvaises rencontres, prostituées. C’est un appel au secours que cet homme lance, en se livrant à cet inconnu qu’il tente de retenir par la puissance de ses mots, il lui parle de tout, de la vie, de l’amour en attendant la mort.  

 

Très belle interprétation de Romain Duris dans ce monologue de Koltès, habité par son personnage débraillé il est à la fois plein de fierté, d’arrogance  il  donne le ton à  ce  texte sur l’exclusion.

 

A ne pas manquer.

  

Au théâtre de l’Atelier  à Paris jusqu’au 5 mars 2011

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 16:12

Cet excellent film documentaire  nous montre l’après Béjart comme son titre l’indique. Continuer à transmettre l’œuvre, l’esprit, les idées de Maurice Béjart, bel héritage laissé par le créateur à sa  compagnie le " Béjart Ballet Lausanne ", mais il faut poursuivre la création sans le maitre, son successeur, Gil Roman, y apporte talent, courage et toute sa fougue ainsi que tous les danseurs de la compagnie. Dans ce film on voit le travail accompli par tous les artistes.

 

bejart

A voir dans 6 salles à Paris   

Après le tournage du film, " Syncope" création de Gil Roman, a fait l’unanimité au théâtre Baulieu de Lausanne fin 2010.

En 2011 la compagnie sera en tournée dans différentes villes de France, en Grèce, Pologne, Italie, Allemagne et à Lausanne.

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 14:41

Paul Gauguin nait en 1848 à Paris. Son père Clovis Gauguin (1814-1851), journaliste républicain au " National ", sa mère Aline Chazal (1825-1867), fille de Fora Tristan (écrivain), petite fille de Simon Bolivar et de Thèrese Laisnay. Donc descendante de propriétaires terriens espagnols d’Amérique du sud.

Paul passe une partie de son enfance à Lima, son père décède pendant le voyage en 1851, fuyant le régime de Napoléon III, alors que l’enfant n’a que 3 ans. Paul rentre en France à l’âge de 7 ans et fait ses études à Orléans.

Après ses études il s’embarque dans la marine marchande, puis dans la marine française il navigue sur toutes les mers pendant six ans.

1870, il revient en France à Paris et devient agent de change à la bourse , il obtient de bons résultats en affaires, et a une vie bourgeoise avec son épouse danoise Mette-Sophie Gad, ils ont cinq enfants : Emilie, Aline, Clovis, Jean-René, Paul-Rollon.

 

1874, il rencontre Camille Pissarro peintre impressionniste et ainsi voit la première exposition  impressionniste. Comme son tuteur Gustave Arosa, Gauguin devient amateur d’art et décide  de peindre. Il expose avec les impressionnistes pendant plusieurs années 1876, 1880, 1881, 1882, 1886.

 

1882, il quitte son emploi à la Bourse pour se consacrer à sa nouvelle passion la peinture.  

1884, Il part s’installer à Rouen, Pissarro y réside, il l’a guidé dans son approche de l’impressionnisme, il y reste 10 mois et réalise 30 tableaux, des vues de la ville et des environs. Mais ne gagnant pas assez il décide de partir avec son épouse et les enfants,  vivre dans la famille de celle-ci à Copenhague. Tout se passe mal avec la belle  famille et ses affaires ne vont pas bien.

 

1885, il revient à Paris pour peindre, laissant son épouse et les enfants au Danemark. Il participe aux expositions impressionnistes.

 

1886, il part effectuer un séjour à Pont Aven, il y rencontre Emile Bernard, artiste peintre les deux hommes auront peu de contacts. Un nouveau courant est créé la même année, par un jeune peintre, Louis Anquetin, il s’agit du cloisonnisme. Cette technique s’inspire de la technique du vitrail, du japonisme, de l’art primitif et des images d’Epinal. Il se caractérise par des zones de couleurs cernées par des traits foncées, ce qui permet de délimiter les aplats de couleurs les uns par rapport aux autres et aussi de mettre en valeur les éléments peints. Les artistes précurseurs : (Emile Bernard et Paul Gauguin).

Paul Gauguin rentre à Paris et rencontre Vincent Van Gogh pour la première fois.

 

 1887, Gauguin part pour le Panama avec un peintre Charles Laval, pour travailler au percement du canal, mais les conditions de vies sont très difficiles,et décident de partir à la Martinique, lieu que Gauguin avait connu en tant que marin, ils y resteront six mois,pendant le séjour , Gauguin  peindra douze tableaux, enthousiasmé par la lumière et la beauté des paysages. Les deux artistes rentrent fin 1887 malade et sans argent.

 

Dès 1888, Gauguin repart en Bretagne ou il va être au centre d’un groupe de peintres expérimentaux, (Emile Bernard, Paul-Emile Colin, Paul Sérusier, Charles Filiger, Maxime Maufra, Henry Moret, Ernest de Chamaillard), il s’agit de l’école de Pont-Aven, différents styles sont pratiqués, le synthétisme de Félix Jobbé-Duval et l’impressionnisme né avec Monet, et représenté par Maufra.  

Sous l’influence d’Emile Bernard son style évolue, il devient plus naturel et plus synthétique. Son inspiration il va la chercher dans l’art indigène, les vitraux médiévaux et l’estampe japonaise. Il peint "La Lutte de Jacob avec l’ange " de ce fait il va influencer Picasso, Matisse et Munch.

Il retrouve cette même année Vincent Van Gogh et part vivre à Arles avec lui pendant deux mois. Ils passent leur temps à peindre des séries sur les Alyscamps (nécropoles chrétiennes dans la région d’Arles).  

 1889, il expose au café Volpini à l’occasion de l’exposition universelle de Paris.

 

 1891, étant ruiné, il décide de partir en Polynésie, grâce à une vente de ses œuvres, il s’installe à Tahiti, puis aux Marquises, il ne rentrera en France qu’une seule fois.

A Tahiti, il rencontre Téhura, jeune tahitienne âgée de 13 ans, elle devient son modèle et sa compagne. Très inspiré il peint 70 toiles en un temps record. Après des années de bonheur, il a des soucis de santé, administratifs, la mort de sa fille Aline le ronge, Il tente de se suicider.

1901, il va aux Marquises à Atuona sur l’ile de Hiva Oa, afin de retrouver l’inspiration. Il se croit au paradis, mais va être rapidement déçu.

1903, il meurt d’épuisement à Hiva Oa aux Marquises.  

Son art :

 

Paul Gauguin artiste peintre post-impressionniste, s’intéresse surtout à l’expressivité des couleurs, la recherche de la perspective et l’utilisation de formes pleines et volumineuses. En Polynésie il est influencé par ce qu’il voit quotidiennement, environnement tropical, culture polynésienne. Il réalise des sculptures sur bois et peint ses plus beaux tableaux, ses représentations sont uniques. Ses expérimentations sur la couleur (grandes surfaces de couleurs vives) et l'ensemble de son oeuvre, influencèrent l'évolution de la peinture, notamment le fauvisme.

Avec Cézanne et Van Gogh il fut le peintre de la fin du XIXeme siècle qui eut le plus d'influence sur les mouvements de peinture, dans ses écrits il dévoile différentes techniques. Il a animé plusieurs courants :

les mouvements mystiques et symboliques de Pont-Aven, celui des Nabis où ses théories sur le cloisonnement et le synthétisme étaient appuyées par les peintres Emile Bernard, Paul Sérusier, Maurice Denis, Albert Aurier (critique).

Il a influencé Picasso pour sa période bleue et rose, le groupe des fauves Raoul Dufy, André Derain, les cubistes, les expressionnistes allemands ( Jawlensky, Mueller, Ernst Ludwig).

 

Le post-impressionnisme ensemble de courants artistiques : il diverge de l’impressionnisme  ou s'oppose à lui le néo-impressionnisme, le synthétisme, le symbolisme et le nabis. Ce  courant a duré environ 30 ans de 1885 à 1915, il est attribué à quelques artistes, Van Gogh, Seurat, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Gauguin. Deux sortes de peintures dans ce courant celui de Seurat dont le sujet principal est la vie quotidienne et celui de Van Gogh et Gauguin. En partant en Polynésie Gauguin a échappé à la civilisation européenne, de ce fait il s’est inspiré de la vie insulaire, la faune, la flore,  la culture locale, séduit par la végétation, la beauté des polynésiens, il a composé une peinture aux couleurs somptueuses fasciné par ces iles il a rendu ces lieux mythiques.   

  

 Ses Peintures et dessins sont venus du monde entier pour l'exposition, 100 tableaux, sculptures sur bois, céramiques, carnets d’esquisses, dessins, lettres, autour du thème "Gauguin, faiseur de mythe", toutes les périodes de l’artiste sont représentées dans l’exposition la période bretonne, ses séjours aux Antilles mais une grande part est réservée à la période polynésienne.

 

Une salle est réservée à la présentation d’autoportraits de l’artiste, ce qui permet de découvrir les multiples facettes du personnage que Gauguin s’est créé. Ils sont datés de 1888-89

 

autoportrait avec manao tupapau 

 

"L’heure du rêve est passée" un autoportrait de l’artiste avec Manao Tupapau,

 

 

Un portrait de son ami Meyer de Haan qui fut son élève à Pont-Aven, tableau daté de 1889.

 

Une sculpture" tête aux cornes ", un dessin  au crayon représentant son "autoportraits" , "l’enfant " daté de1889, 'l’étude du 1er rêve' 1881 huile sur toile, "Clovis dormant " 1894 (son fils), 

" une nature morte aux pommes, poires cruche en forme de tête" . il s'agit d' un pot en forme de tête, 'force et pouvoir suggestif de cette effigie tient à la fois du bock populaire et des vases anthropomorphes péruviens. La tête coupée évoque saint Jean Baptiste. Gauguin artiste martyr, incompris, persécuté, prompt à s’identifier au Christ. Daté de  1889,

 

nature morte au pichet

 

une autre " nature morte histoire d'une vie sketch de  Delacroix" , avec poires et pot en céramique ".

"Dans la maison de la rue Carcel " 1891, on y voit une table avec une belle nappe  un énorme bouquet de fleurs au centre de la table, des sabots accrochés au mur.

 

rue carcel

Nature morte , un "bouquet de pivoines "1895,

 

pivoines

 

à l’arrière de la toile un tableau accroché avec une danseuse nouant ses chaussons .

Un vase en céramique avec une tête de Tahitienne, quelques natures mortes aux fruits, un représentant une côte de bœuf, une "nature morte aux petits chiens"  3 fruits, 3 verres 3 chiens «  c’est la simplification du dessin et de la couleur, il fait référence aux estampes japonaises, suppression du modelé et des ombres.

 

chiens nature morte

 

La salle des dessins :

 

Cycle de portraits au crayon. Etude de Bretonne, jeune tahitienne assise 1890-1903, éventails, dessins Tahiti, visages tahitiens

Les Martiniquaises, la Bretagne, Tahiti,

 

Un autre thème abordé histoires rurales et quelques dessins :

 

« Bonjour Monsieur Gauguin » daté de 1889, ici l’artiste montre une autre facette de sa personnalité, il n’est plus l’artiste de la peinture moderne, mais l’artiste solitaire, nomade, salué par une modeste paysanne séparée par une barrière. Le ciel sombre indique qu’il a plu ou il va pleuvoir. Gauguin  emmitouflé   dans une houppelande, le visage sombre. Inspiration de Courbet .

 

 

 bonjour mr gauguin

Paysage breton 1890

 

Femme bretonne

 

Petites filles bretonnes dansant

 

danseuses bretonnes

 

Bretonnes assises

 

La virginité 1890

Paysages tahitiens 1891

Le cochon noir Le pui  poi ( le matin)

Haere Mai 1891, paysage tahitien

Allées et venues en Martinique 1897

Etudes de différents visages et danseuse javanaise au crayon datée de 1843 à 1903



thèmes  sacrés : 

 

La nativité  1896,

Le christ jaune 1889,

christ jaune

 

le calvaire breton 1889,

vision d’un sermon 1888,

Christ au jardin des oliviers 1889, texte peint au Pouldu, 

 Hina Tefatou ( le ciel et la terre)1892,

Femme tahitienne Arearea no varua ino 

Femme tournant le dos 1854,

  Parahi te marae (le temple),

la montagne sacrée 1891

Différentes études sur le Christ jaune, sur les femmes tahitiennes

Une sculpture sur bois représentant le visage d’une tahitienne



L’éternel féminin :

 

Bas relief visage et corps de femme de 1890

 

Panneaux d’encadrement  de la porte de la maison du Jouir en bois de séquoia, les motifs sont sculptés et colorés qualifiés de  primitivisme naïf.

Statue de femme en céramique

Pape Moe (l’eau mystérieuse) 1893-94

pape moe

Ondine femme sur l’eau, dans les vagues ondoyantes 1889, une personne regarde ondine.

Le bain à Tahiti 1897, attitudes, profondeur dans le regard des tahitiennes.

 

Parau na te varua ino, 1892 ou l’amusement du mauvais esprit, une femme nue cachant son sexe à l’arrière plan un fond de végétation, une statuette représentant le mauvais esprit.

 

Une cane sculptée avec un serpent enroulé, le manche est un corps de femme

Te Pape nave nave 1898, femmes nues

E Haere oe i hia 1892 (qu’allez-vous faire ?)

Statuette de femme tahitienne avec un chien devant elle. Bois



La vie et l’heure ou le temps 1889-1903 :

 

Moment intense, nous rentrons dans l’univers et l’intimité de l’artiste, dans son contexte de l’époque, une salle est réservée à la présentation d’objets personnels, photos, livres,revues, invitations, courrier et Gauguin écrivain.

 journal de voyage, des livres de Pierre Loti, des photos de l’exposition universelle, le journal illustré (gravures), illustrations de Mallarmé l’après-midi d’un faune. Un menu daté du 23 mars 1898, un banquet avait été donné ce jour en l’honneur de l’artiste, une invitation au café Voltaire, place de l’Odéon, lieu ou se rencontraient les artistes, des photos de son premier séjour à Tahiti 1891-93, livre de Baudelaire, un courrier adressé à son épouse Mette avec un dessin, une carte postale montrant le bateau sur lequel il a voyagé pour aller à Tahiti et l’embarcadère à Marseille, affiches des messageries maritimes indiquant les destinations de rêves, c’est l’époque du développement du voyage, cartes postales, paysages.  

 

lettre gauguin

 

Son livre Noa Noa « odorant » ce livre relate les impressions de l’artiste devant cette âme Tahitienne, il est attiré par cette sensualité dans laquelle  il a le désir de se fondre. 

 

noa noa 

Un livre de l’artiste  «  les hommes d’aujourd’hui » avec son autoportrait en gravure, quelques livres de Balzac, Verlaine, essai sur » l’art de Gauguin sous les latitudes » par l’artiste, un illustré intitulé ‘la vie artistique » gravure de Gauguin représentant une tahitienne. Un livre de Victor Ségalen couverture cuir illustré, lettre de Georges Daniel  de Monfreid (il  possédait plusieurs toiles de Gauguin) et différents livres écrits par l’artiste.

 

 

La Polynésie :

 

Merahi Metua Tehamana 1893, femme au corsage rayé, avec statuette de femme derrière elle

 

compagne

 

te foaturumala , boudeuse 1891

Eu Haere la oe, 1893  (ou vas-tu ?) femme tenant un fruit

 

tahiti4

 

Aha or feii , 1892 (eh ! quoi tu es jalouse ?) un personnage allongé l’autre assis avec une couronne fleurie sur la tête

 

 

Never more 1897, plus jamais, grand nu classique, femme allongée les tons mauves rendent l'enviroonement étrange  .

 

tahiti1

 

Teller of tales ou conteurs d’histoires :

 

Dans cette salle, différentes techniques,  les eaux fortes, cahier pour Aline Ce cahier a été écrit à Tahiti en 1893 par Paul Gauguin pour sa fille Aline. Elle ne le recevra jamais...

Présentation de dessins pour l’Illustration  du  journal "le sourire"

 

Le paradis :

 

L’invocation 1903

La lumière clair/obscur daté 1901

L’escape 1902

"2 femmes tahitiennes " 1899, deux femmes l’une a son paréo noué sur l’épaule, l’autre noué à la taille montrant sa poitrine ce qui est inhabituel dans la tradition Polynésienne, l’une semblent offrir des fruits sur un plateau, l’autre tenant des fleurs, elles sont face aux spectateurs (souvenir de Manet). Dans la  société polynésienne les hommes et les femmes ne mangent pas ensemble.

 

  tahiti3

 

Faa Iheihe,(embellir)1898, Il semble représenter un paradis terrestre des hommes et des femmes en harmonie avec la nature.    

Nave nave Mehana jour  délicieux 1896, Un groupe de jeunes filles mystérieuses semblent s'adonner à la cueillette de fruits parmi les branches des végétaux. Leurs pieds sont solidement ancrés sur un sol rouge. Derrière elles, un ciel jaune. Leur immobilisme et leur monumentalité, la stylisation des formes, le rythme des éléments en frise et la palette de couleurs rappellent les représentations antiques ou dites "primitives".

 

journee delicieuse

 

Deux hommes tahitiens

 

tahiti2

La barque

Magnifique exposition retraçant le parcours de cet immense artiste qui influença de nombreux peintres à l’aube du XX eme siècle.

Tate Modern Londres jusqu’au 16 janvier 2011

 

 

 

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