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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 17:54

Bonnard Pierre, nait en octobre 1867, en région parisienne à Fontenay-aux-Roses, Son père, d'origine dauphinoise, faisait fonction de chef de bureau au ministère de la Guerre.

Pierre Bonnard,  montre un intérêt pour les lettres, le latin, le grec et la philosophie.

1885, il obtient son bac et entre en faculté de droit.

1888, il obtient sa licence. Mais il a un intérêt pour le dessin et la couleur, et est admis a l’école des beaux Arts de Paris et suit des cours à l’Académie Julian , qui vient d’être fondée, il y rencontre ses amis ,Vuillard Ker Xavier Roussel, Maurice Denis et Paul Ranson, Félix Vallotton et Henri Ibels, Paul Sérusier,  il découvre les toiles de Gauguin, Degas, Monet, Cézanne.

Il fait parti très vite du groupe des Nabis en compagnie de Vuillard, Denis, Vallotton, il est influencé par Gauguin et par la vogue du japonisme, comme nous le savons cette tendance et la conception différente de la perspective et de l’espace que l’on retrouve dans le kakemono (au Japon cela signifie un peinture qui peut être suspendue au mur sur un rouleau de soie ou de papier). Le mouvement nabi  a aussi pour caractéristiques l’exaltation de la couleur, la simplification de la  forme  et la sublimation du quotidien. Rejetant le modelé de la peinture traditionnelle en faveur d’aplats  de couleurs franches cernés par une ligne évocatrice élégante donnant l’effet décoratif.

1889, Bonnard prête serment d’avocat.et se présente au concours de Rome, il est refusé.

1890, il se rend quotidiennement au Parquet, il y dessine des hommes de loi. La même année il effectue son service militaire à Bourgouin. C’est l’origine de son tableau " l’exercice", il utilise les tons purs.

Il s’intéresse aux affiches, il est le premier nabi. Il trouve son style, il peint des sujets intimes, des intérieurs, des nus, des fenêtres ouvertes sur des jardins.

1891, il présente de nombreux tableaux en panneaux décoratifs au Salon des Indépendants, il exécute une affiche pour France-Champagne, de ce fait, il abandonne sa carrière juridique. Il rencontre Toulouse-Lautrec, avec qui il se lie d’amitié ; ils se retrouvent sur un même projet pour le Moulin Rouge, c’est Lautrec qui l’emporte.

1892, il présente" Le corsage à carreaux" et " la Partie de croquet ".

 1893, année de sa rencontre avec Marthe Boursin, elle devient son modèle et plus tard son épouse. La même année il publie sa première lithographie « scène de famille » dans la revue l’estampe. Il en réalisera d’autres pour la revue blanche " Parisiennes" et " la femme au parapluie ".

En 1897, l’artiste illustre un roman du danois  Peter Nansen, il fait 18 dessins au pinceau. « Marie » parue dans la revue blanche.  C’est alors, qu’Ambroise Vollard le remarque et lui demande 109 lithographies pour un ouvrage de poésies de Verlaine.  

1899, il va à Venise et Milan en compagnie de Roussel et Vuillard. Il s’installe rue de Douai à Paris, ce qui lui permet d’avoir un atelier plus grand.

1900, Vollard lui demande d’illustrer "Daphnis et Chloé ".

1901, c’est l’Espagne, Séville, Grenade, Tolède, Madrid.

1903, Il participe à la première exposition du " Salon d’automne ".

1904, il va à Saint-Tropez avec Vuillard, Roussel, il rencontre Valtat et Signac.

En 1905 et 1906, il continu de voyager, fait une croisière en Belgique et aux Pays-Bas. C’est dans ces années que l’artiste revient à l’impressionnisme, en y ajoutant un mystère. Il présente de nombreux nus de Martha son épouse, il y associe des motifs de son quotidien tel que des fruits, jardins. Le thème de «  La femme à la toilette « séduit dans ces premières années du siècle.

1906, le couple américain Gertrude et Léo Stein acquièrent « le sommeil »,  En avril il expose chez Vollard et à la galerie Bernheim-Jeune en novembre.

1908, il voyage en Algérie et en Tunisie.

1909, l’artiste va habiter rue Lepic tout en conservant son atelier rue de Douai, une exposition chez Bernheim-Jeune, en été Bonnard fait son premier long séjour à Saint-Tropez chez Henri Manguin.

1910, Nouvel atelier, quai Voltaire à Paris, dans le même immeuble que Misia, une autre exposition et un séjour à Saint-Tropez.

1910-11, Bonnard peint un tryptique " Méditerranée ", pour le collectionneur russe, Morozov, le tableau sera présenté à la galerie Bernheim-Jeune. il participe au Salon d’Automne.

1911, Il loue un atelier dans la cité des fusains, qu’il gardera jusqu’à la fin de sa vie, Il va plusieurs fois à Saint-Tropez, il y voit Signac et Manguin. Il va peindre en Normandie à Vernonnet.

1912, il va séjourner dans le midi de la France, à Grasse, Saint-Tropez, Antibes, Cannes, il retrouve Henri Manguin, Signac et Renoir. Une exposition particulière lui est consacrée  chez Bernheim-Jeune. Il achète une maison à Vernonnet, au bord de la seine, il la nomme " la Roulotte ", il est proche de Giverny, il rend visite à Monet régulièrement. Il achète chez Bernheim-Jeune, " fenêtre à Collioure " de Matisse

1913-15, Il traverse une crise dans son travail pictural, il redécouvre la nécessité de revenir à la forme et se concentre sur le dessin.

1914, il part travailler à Saint-Tropez, il loue la villa Joséphine, il participe l’exposition " Paysage du midi ", à la galerie Bernheim-Jeune aux cotés de van Gogh, Cézanne, Matisse, Signac, Manguin et Denis. L’année suivante il restera à Saint-Germain en Laye, il loue une maison depuis plusieurs  années  ensuite il ira à Vernon, ou il travaille des nus et des portraits.

1916, Il s’installe rue Molitor, c’est le début  des grandes compositions méditerranéennes, tel que l’été œuvre commandée par Mr et Mme Hahnloser pour leur villa de Winterthurn , cette ville ouvre un musée à l’automne de la même année, avec l’aide du peintre suisse Carl Montag.1ere exposition d’art français en Suisse, Bonnard y participe et présente 15 œuvres. Pour l’inauguration Maillol, Bonnard, Roussel et Vallotton sont accompagnés d’Ambroise Vollard le marchand d’art.

1917, Bonnard part peindre à Cannes, il rend visite à Signac qui est à Antibes avec sa seconde épouse, ensemble ils naviguent sur le bateau de Signac

1918, Matisse rend visite à Bonnard à Antibes.

1920, Séjour de plusieurs mois à Arcachon, puis à Saint-Tropez chez Manguin. Il part à Rome entre temps avec Renée Montchaty rencontrée en 1918.

1921, exposition à la galerie Bernheim-Jeune

1922, Séjour à Cannes puis au Cannet, il loue la villa " la maison blanche", puis "l’hirondelle" l’année suivante, "le rêve".

1923, bonnard affecté par le décès de son beau-frère Claude Terrasse, et celui de sa sœur Andrée

1924, une rétrospective lui est consacrée à la galerie Eugène Druet (galerie parisienne, qui entre 1903 et 1938, exposa près de 1300 artistes) premiers achats du collectionneur américain Duncan Phillips. Il travaille au Cannet, Vernon, à Paris, il commence une série de nus à la baignoire.

1925, il épouse Marthe à Paris. Il commence une série de nus à la baignoire.

 1926, il achète la villa le Bosquet au Cannet, il s’y retire pendant la guerre de 1939, il y passera également les dernières années de sa vie. Là, il s’intéresse et se passionne complètement pour la nature, il illustre cette même année « les histoires du petit Renaud » de l’écrivain Léopold Chauveau (il a écrit de nombreux contes pour enfants).

1927, l’artiste écrit son agenda quotidiennement, il fait des croquis, il note le temps du jour. Il fera cela jusqu’à la fin de sa vie.

1928, série d’expositions un peu partout en Europe, USA, reconnaissance internationale.

1930,  Il s’installe à Arcachon, il y reste plusieurs mois pour travailler. Ensuite il voyage à nouveau, Paris, Vernon, Le Cannet.

1933, Exposition chez Bernheim-Jeune, un ensemble sur le Midi est présenté.

1934, Il effectue un séjour au bord de la Manche, il est enchanté par le lumière changeante, il y retournera l’année suivante.

1936, Presque toute l 'année à Deauville, puis au Cannet, il rencontre Aimé Maeght, publiciste et lithographe. Une grande amitié nait entre les deux familles.

1937, année importante il achève une pastorale grande toile prévue pour le palais de Chaillot.  Deauville,

1938, il débute l’année au Cannet et ensuite Deauville, il fait une couverture pour la revue Verve créé par son ami Teriade, il vend sa villa " La Roulotte ".

1939, Bonnard est au Cannet, et prend un nouvel appartement porte des Ternes. Il se retire au Cannet pour revenir à Paris plusieurs années plus tard.

1940, Il vit au Cannet, sa correspondance avec Matisse s’intensifie, il li fait part de l’évolution de sa peinture. Matisse vient lui rendre visite. Bonnard est affecté par le décès de son ami Vuillard. La Bernheim-Jeune galerie doit fermer ses portes. Josse Bernheim est à Lyon et décède l'année suivante.

1941, Bonnard expose à la galerie Pétridès à Paris.

Marthe décède en 1942 au Cannet. Mouchy jeune servante devient son modèle. Ses liens avec la famille Maeght se renforcent. Bonnard participa à des repartage photographiques, la revue le point sera consacré à Bonnard en 1943.

1943, Il participe à une exposition  collective pour l’ouverture de la galerie Romanin, à Nice. Cette galerie fut créée par Jean Moulin. L’exposition est intitulée " les maitres modernes" regroupe des œuvres de Bonnard, Degas, Dufy, Matisse, Rouault, Utrillo, Valadon ; De Chirico.

1944, après être allé chez Matisse, à Nice, le photographe Cartier Bresson fait une série de 27 photos de Bonnard.

1945, Il écrit un texte de présentation pour l’exposition Denis au musée d’art moderne de Paris. Un numéro de la revue Verve lui est consacré et s’intitule " couleur de Bonnard ".

1946,  le fils de Josse Bernheim consacre à Bonnard sa première exposition après la guerre. Bonnard vint à Fontainebleau, où il rencontre Léon Blum pour la dernière fois. Fin 46, il participe à une exposition " le noir est une couleur "à la galerie Maeght.

Pierre Bonnard décède en 1947 au Cannet, avant sa mort un critique américain lui consacre un important article dans la revue " the Nation ", témoignant la réputation de l’artiste aux USA et de son influence auprès des jeunes artistes.

Sa palette :

Elle se compose de couleurs aériennes, le tout soutenu par un sens de la composition et du dessin. Dans les années 1910, elle s'éclaircit, elle devient de plus en plus subtile et lumineuse.

 Les blancs mousseux, selon une de ses techniques habituelles, rendent plus solaire et plus caressante à la fois l'irradiation du coloris. Nous avons un exemple avec  L’amandier.

Il va aussi peindre des scènes d’intérieurs, de rues nocturnes .  

il se lance joyeusement dans une transposition du monde tangible fondée sur l'irisation du coloris, la vivacité du trait, les libertés de perspective. Les estampes japonaises l'enchantent et Renoir le surnomme " le nabi japonard ". On l'a également qualifié de " post-impressionniste ",  admiratif de Claude Monet et Auguste Renoir et, sans toutefois les imiter, subissait la loi d'une filiation subtile.

L’utilisation du violet chez Bonnard et l’histoire d’une couleur.

Couleur à double tranchant : Pourtant, derrière son allure électrique, le violet est la couleur de la douceur et du rêve. C'est pourquoi d'ailleurs on la raccroche à la mélancolie et à la solitude. Le violet est la couleur par excellence des rêveurs, des personnes spirituelles plutôt que matérielles. Elle a des vertus apaisantes sur les esprits ; elle permet de calmer certaines émotions, de réfréner des colères ou des angoisses… L'une de ses nuances, le mauve, accentue encore plus ce côté rassurant et serein. 

Le violet dans la peinture :

Cette couleur apparait tard dans la peinture seulement à l’époque de l’impressionnisme. Les impressionnistes utilisent les couleurs du soleil pour traduire la sensation naturelle du plein air, soit les couleurs primaires (bleu, jaune, rouge) et leurs complémentaires (orange, violet et vert) ainsi que le blanc.

Le violet sera surtout utilisé à la période du symbolisme.

Dans les années 1860-70, il apparaît dans la poésie et dans l’art, qui voient la fin de la culture classique de l’individu, tournée vers le salut personnel et l’émergence de la culture de masse, intellectuelle et tournée vers le salut collectif.

Rimbaud et Laforgue, le célèbre dans leurs œuvres. Ainsi que Monet et Pissarro le font entrer dans leur palette, par la suite ce sera Gauguin, Redon, Munch et Bonnard.

La couleur est ambiguë, elle demeure la couleur de la perte, de la séparation du deuil, mais aussi de la joie, douceur Elle convient à cet artiste du déchirement, sous l’allégresse qu’est Bonnard.

Bonnard va l’utiliser dans "promenade en mer " ,1924 , attiré comme tous les nabis par le japonisme. Dans  la peinture japonaise le violet est utilisé fréquemment, un exemple avec Utamaro dans ses estampes populaires. C’est là que Bonnard apprendra la force de cette couleur.

Le violet a trouvé son statut scientifique : c’est le siècle des lumières qui objective sa réalité, le disque de Newton l’avait incorporé, entre l’indigo et le rouge.

Dans la pyramide d’Heinrich Lambert, 1772, la base du prisme est violette. Au milieu du siècle dernier, les expériences de Doppler-Fizeau, sur la vitesse de la lumière nous permettent de saisir sa nature. Le violet se caractérise par la fréquence ondulatoire la plus élevée du spectre visible et par l’état corpusculaire le plus ténu. Au-delà du violet commence les radiations invisibles de l’œil. Le violet apparaît comme la couleur la plus proche, de l’obscur, de la nuit, de la négativité mais au contraire de l’immatérialité de la spiritualité  sur l’idéalité de la lumière pure.

La première œuvre connue de l’artiste par le public, en 1890, est l'affiche lithographique France-Champagne. Parmi les passants qui la remarquèrent, il y eut, principalement, Henri de Toulouse-Lautrec.

bonnard affiche

L'exposition Bonnard et le Cannet, dans la lumière de la Méditerranée, 40 oeuvres environ, autour de ce thème.

comme son nom l’indique cette exposition est consacrée aux paysages méditerranéens, à la découverte du midi, sans oublier la présence sur de nombreuses toiles de Marthe son épouse.

L’exposition débute par le 5 eme étage, jusqu’au second étage ou est présenté une vidéo retraçant le parcours de l’artiste. Il a peint plus de 300 tableaux de 1922 à 1947 pendant ses séjours au Cannet.

 Le premier thème " Vie intérieure "

Dès 1927, l’artiste s’installe au "Bosquet" et fait faire des travaux de réaménagement et de confort tel que l’installation d’une salle de bain, création d’un atelier, un balcon, la villa est entourée d’un immense jardin et domine la baie de Cannes. L’artiste représente son épouse Marthe très souvent, avec beaucoup d’élégance, ses attitudes, son intimité, son bonheur, les différents lieux de sa maison jusque dans le cabinet de toilette où contrairement à Degas, l’artiste se plait à ne connaître que les grâces du corps, dans l’exaltation d’une lumière est finement nuancée.

Portrait de Marthe Bonnard en 1893, il s’agit d’une affiche pour la revue blanche.

Il peint un "autoportrait" daté de 1930

"Le bain ou la baignoire" 1925, Marthe est allongée dans la baignoire

"Nu accroupi" 1938

"Femme a sa toilette" 1933, présente Marthe nue, devant sa baignoire

bonnard marthe en talon au bain

"Le placard blanc", 1930

"L’escalier au tableau", 1930

"Coin de salle à manger", 1930, l’artiste à disposé de nombreux objets mis en valeur sur une table située dans un coin de la salle à manger

"La tasse de thé au radiateur", 1932,

"La salle à manger au Cannet", 1932, sur la table un coupe, une bouteille, quelques assiettes et verres, Marthe

assise, légèrement de profil, son chat sur les genoux

bonnard salle à manger

"Marthe dans la salle à manger" en 1933, présentée debout devant la table de profil, élégamment vêtue, portant des talons

bonnard marthe

"La corbeille de fruits sur la table de la salle à manger" 1933-35, dessin représentant une corbeille de fruits sur la table:

"La peinture doit revenir à son but premier, l’examen de la vie intérieure des êtres humains ", Bonnard

Dans une vitrine : quelques agendas de l’artiste, datés de 1934-1938, Il notait le temps du jour, cela lui permettait de faire un choix des couleurs. Il faisait un dessin (référence pour un tableau), il célébrait l’esprit émotion, il peignait des instants qui durent. De  la correspondance adressée principalement à Matisse, des cartes postales dont une envoyée par  Edouard Vuillard à l’artiste en janvier 1914.

 Nous découvrons un autre thème " découverte du Midi ",

 Début XX eme de nombreux artistes viennent sur la côte d’azur, cela devient même un grand atelier, beaucoup ne font que passer. Signac  y invite quelques uns de ses amis pour étudier et donner une priorité à la couleur ; Bonnard vient à Saint-Tropez en 1904 chez son ami Henri Manguin , peintre fauve, Vuillard et Roussel  y séjournent déjà, Bonnard, y vient plus régulièrement à partir de 1909 et finit par s’y installer en 1926 au Cannet .Il est ébloui par le sud dira t’il. Ainsi le midi devient à thème à part entière.

"Marine" de 1910

"Sur la côte à Antibes", 1912

"Le jardin dans le Var", 1914

"Beau temps orageux", 1910-11

"Vue du port de Saint-Tropez" 1911 (deux toiles)

bonnard vue du port st trop

"Les voiliers et régates" 1911-1912

Dans une vitrine : des cartes postales (vues du Cannet, des lettres dont une lettre à Matisse. Sa correspondance avec l’artiste s’est intensifiée dans les années 40).

Nous passons à la salle des "paysages 1920-1938 ",

L’artiste pendant cette période s’intéresse aux paysages « L’art ne pourra jamais se passer de la nature dira t’il »

Tout les jours il fait le tour de sa maison et va sur les collines du Cannet. Nous savons que son art est fondé sur l’observation de la nature, elle lui apporte des sensations nouvelles, le paysage est changeant, ce qui lui permet de multiples combinaisons de couleurs.

"Régates à Cannes", 1926

"Paysage méditerranéen", il s’agit du Cannet 1923

"La côte d’Azur", vers 1923, l’artiste nous présente une végétation luxuriante, avec la mer et la montagne à l’arrière plan.

"La foret de pins" 1924

"Vue panoramique du Cannet" 1924, 

bonnard vue panoramique le cannet

"Paysage méditerranéen", 1925 

"Paysage soleil couchant", 1923

"Paysage au Cannet", 1938

"La route rose", 1934

"L’Avenue Victoria", 1943

"La porte de la villa, le bosquet" le Cannet 1944

"Vue du Cannet" 1927, une vue plongeante sur le Cannet au premier plan la cime des palmiers (un coté japonisant).

bonnard

"J’ai acquis une âme de paysagiste ayant fini par me débarrasser du pittoresque, de l’esthétique, et autre convention dont « j’étais empoisonné " Bonnard

Les  "Œuvres ultimes et autoportraits ",

Plusieurs autoportraits sont présentés, il en a peint à différentes périodes de sa vie, ils sont plus bouleversant les uns que les autres.

"Autoportrait", 1945

"L’Amandier en fleurs", 1946-47

bonnard l'amandier

"Le jardin au Cannet", 1945

"Autoportrait", 1930

bonnar autoportrait

Sous Vitrine : un journal, des souvenirs de 1937 à 1950, agenda daté de 1931, ou il a dessiné un autoportrait, et quelques esquisses.

 L’œuvre de l’artiste, c’est tout un ensemble de travaux lithographiques (couleur ou en noir), pour des affiches, des livres et revues.

"Baigneurs à la fin du jour", 1945

bonnard la mer

"Ciel d’orage à Cannes", 1945

"Bord de mer champ rouge", 1931

"L’escalier dans le jardin", 1842-44

"L’atelier au mimosa", Le Cannet 1939, un certain nombre d’obliques, le châssis, la verrière, la rambarde qui se trouve au premier plan, ce tableau est éblouissant de lumière , les couleurs sont flamboyantes par le jaune du mimosa mais aussi par l’utilisation du bleu  outremer de la mer dans le lointain, orange, rose, vert émeraude des arbres.

bonnard mimosa

"La petite fenêtre "1946

"Le nuage sur la mer", 1930

Sous vitrine une lettre à Matisse, "le point ", revue artistique et littéraire

"La terrasse ensoleillée", 1939-1946

1931, il s’est représenté en boxeur. Il est de face, torse nu, les  bras repliés, les poings serrés et la tête inclinée.:

" Dans le midi, tout s’éclaire et la peinture est en pleine vibration. Portez votre tableau à Paris : les bleus deviennent gris, vus de loin, les bleus aussi deviennent gris. Il existe donc en peinture une nécessité : hausser le ton "  Bonnard

Les œuvres ultimes :

Quelques photos du " Bosquet" maison du Cannet, l’artiste a déménagé souvent et a peint fréquemment les maisons ou il a vécu Arcachon, Trouville, Vernonnet, le Cannet.

Une vidéo présente la biographie et l’évolution de l’artiste dans son art, il a peint pendant soixante ans.

"Qu’est-ce que voir, qu’est-ce que le monde, c’est de la philo posée par la couleur, elle captive elle révèle ". Bonnard

Chez Bonnard c’est la fête de la couleur, de la lumière, oppositions entre intérieur et extérieur. Il représente toutes les pièces de la maison, les cadrages recherchés donnent un certain mystère à ses compositions, les jardins somptueux dont la végétation luxuriante apporte la gaité transmise par la couleur et la luminosité.

 Bonnard et les femmes : Marthe son épouse, son grand amour, est présente sur un grand nombre de ses tableaux, il peint l’intensité cachée chez elle. Sensualité, Amour, beauté. Misia l’inspira également.

" Peindre le bonheur est une chose grave ", Bonnard.

Sous une apparence tranquille de simplicité, l’œuvre de Bonnard, est complexe, pleine de nuances.

" Voir pleinement c’est une expérience vitale, prolongement de l’être, des objets, la perception est toujours neuve ", Bonnard.

Quelques extrais du catalogue de l’exposition.

Exposition à ne pas manquer au musée Bonnard au Cannet, jusqu’au 25 septembre 2011. Ce musée récemment ouvert (juin 2011), est entièrement consacré à l’artiste.

A lire : DE Guy Gottette, écrivain et poète belge. "Elle, par bonheur et toujours nue", Gallimard. Consacré au peintre Bonnard au travers de Marthe son modèle, son épouse ensuite.

 

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Published by Tinou - dans Exposition
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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 13:01

A l’entrée de l’exposition  une allée de costumes d’apparats, nous arrivons sous une rotonde quelques carrosses sont exposés, une vidéo présente les cours européennes.

20 petits pavillons pour présenter chacune des cours.

monaco

Le Portugal

Le roi Louis 1er (1838-1889) et Maria Pia (1847-1911)

La cour au Portugal au XIX eme siècle  

Second fils de la reine Maria II et de Ferdinand de Saxe Cobourg et Gotha, le futur roi Louis nait à Lisbonne en 1838. Il a reçu une éducation moderne qui lui a permis de voyager en Europe. Il décide de faire carrière dans la marine, il est passionné par la mer,et est nommé capitaine de corvette en 1859, il prend le commandement  du voilier « Pedro Nunes » et de la corvette « Bartolomeu Dias ». Lors d’un de ses voyages en 1861, il apprend le décès de son père et son frère est gravement malade, il ne le reverra pas.

Louis va être acclamé en tant que roi à son retour à Lisbonne fin 1861, prenant le nom de Louis 1er, il va régner pendant 28 ans. Il va régner d’une manière pacifique et réaliser de nombreuses réformes et innovations : construction des chemins de fer, créations des banques, abolition de la peine de mort 1867, fin de l’esclavage 1869, réformes de l’enseignement et de la législation, fondation de l’Académie des beaux-arts, création de la galerie royale de peintures du palais d’Ajuda en 1869.

Il existe des conflits d’ordre politique, il va s’appuyer sur ses liens familiaux pour maintenir une position favorable au Portugal. N’ayant pas d’héritier il épouse Maria Pia de Savoie, née en 1847 à Turin, fille de (Victor Emmanuel II et de Marie Adelaïde d’Autriche). La nouvelle reine arrive au Portugal en 1862. Les festivités du mariage sont grandioses, la reine est accueillie chaleureusement par le peuple portugais, elle donne naissance à un fils, le prince Charles en 1863, un second fils, Alphonse en 1865. La reine,  fait entreprendre des travaux de restauration et de réaménagement, pour  transformer les lieux, elle  commande du mobilier, de l’argenterie, de la verrerie, vaisselle. Le palais devient l’égal du palais de Turin, durant toute sa vie elle se passionnera pour la décoration. Louis, nourrit un grand intérêt pour les sciences et les techniques. Il fait équiper le palais d’ascendeurs, de l’éclairage au gaz, puis de l’électricité et téléphone.

A l’exposition : Deux portraits un du roi Louis 1er  et celui de la reine Maria Pia, par le peintre Michele Gordigiani. Un tableau représente le mariage de Louis 1er et Maria Pia en 1864, d’Antonio Manuel da  Fonseca, ancien professeur de dessin du Prince. Un autre tableau montre l’arrivée de Maria Pia à Lisbonne à bord de la corvette Bartolomeu Dias, de Joao Pedroso Gomes. Un collier et un diadème en diamants de la reine. Une table est dressée, richement décorée, il s’agit de la reconstitution de la table du repas de mariage.  Présentation du grand service d’orfèvrerie de Joseph 1er (1714-1777), roi du Portugal, par François-Thomas  germain orfèvre de Louis XV (époque de la découverte de mines d’or , d’argent et pierres précieuses au Brésil, période qui enrichit le Portugal), le service était composé de 900 pièces, la commande passée en 1756 dura jusqu’en 1765 fin de la livraison, le service fut inauguré pour le couronnement de la reine Maria en 1777 grand-mère du roi Louis (ce service est l’un des plus importants au monde, aujourd’hui il est incomplet).

 

L’Espagne

Philippe V (1683-1746) et Elisabeth Farnèse (1692-1766)

La monarchie espagnole dans la première moitié du XVIII eme siècle

Philippe V de Bourbon et sa seconde épouse Elisabeth Farnèse, couple très unis, ils apportent à la monarchie espagnole le lustre qui la caractérisa sous l’Ancien Régime. Ils donnèrent naissance à de nombreux princes, ce qui permit  d’assurer la continuité dans la dynastie des Bourbons d’Espagne, et fondèrent de nouvelles branches de la famille à Naples et Parme. Philippe V et Elisabeth Farnèse avaient divers intérêts communs, ils souhaitaient maintenir le rang de l’Espagne parmi les puissances d’Europe, mais cherchant aussi à regagner en Italie les terrains perdus pendant la guerre de succession.

Philippe, duc d’Anjou, second fils du grand Dauphin et petit fils de Louis XIV. Charles II le dernier souverain espagnol de la maison des Habsbourg en 1700, en fit l’héritier universel de la monarchie espagnole. C’est ainsi que débuta le règne du premier Bourbon d’Espagne, il s’installa à Madrid en 1701. il épouse Marie-Gabrielle de Savoie, ils eurent 4 enfants. Elle mourut en 1714 et seuls deux enfants survécurent. La même année Philippe V se remarie avec Elisabeth Farnèse (héritière des duchés de Parme et de Plaisance, et des droits héréditaires sur la Toscane). Ils eurent de nombreux enfants.

Sur le plan international, les souverains réussirent, aux prix d’énormes sacrifices de guerre, à corriger la situation créée en Europe par la guerre de Succession, lors de laquelle la couronne espagnole avait perdue les Pays-Bas et ses territoires italiens. Ils s’inspirèrent des modèles administratifs français. Leur palais et les œuvres d’art dont ils s’entouraient constituaient un cadre idéal pour leur mode de vie étroitement lié sur le cycle des saisons, projetant une image très représentative de leur pouvoir monarchique : leurs gouts cosmopolites, influencées par les modèles français et italiens, reflétait leurs attaches dynastiques et leurs aspirations politiques. Philippe V abdiqua en faveur de son fils Louis 1er, et se réfugia en 1724 dans sa nouvelle résidence royale de la Granja de San Ildefonso.

A l’exposition : un tableau représentant le banquet du mariage d’Elisabeth Farnèse et Philippe V par Lo Spolverini, le portrait du roi Philippe V, Celui d’Elisabeth Farnèse, la reine par le peintre Van Loo, l‘Académie de dessin par Michel-Ange Houasse, Quelques vases du XVIII eme, de la manufacture de Ben Retiro.

La tenture de Don Quichotte de la Mancha, de Miguel Servantes, œuvre devenue intégrante du répertoire classique, le thème fut déjà utilisé par les peintres au XVII eme  siècle, devient très populaire au XVIII eme dans les manufactures de tapisseries européennes, la première tapisserie nous vient d’Angleterre ; Louis XV et Louis XVI firent connaître le don Quichotte des Gobelins partout en Europe. Dans sa jeunesse Philippe, duc d’Anjou, s’était interessé au roman, après avoir été nommé roi d’Espagne, il chargea en 1721 son peintre officiel, Andréa procaccini de réaliser les cartons de l’histoire de Don Quichotte, il commanda des tapisseries sur ce thème aux manufactures royales, il existe 20 scènes à Madrid. Ici trois d’entres elles sont exposées : "l’aventure des moulins à vent et le duel avec le valet biscaïen ", " Sancho est berné dans une couverture " assez comique dans la situation, et " Don Quichotte est enfermé dans une cage ", ici c’est plutôt la tristesse et la mélancolie, le découragement par rapport à la réalité. Ces tapisseries sont très réalistes et les couleurs magnifiques.

 

La France

Napoléon (1769-1821) et Joséphine (1763-1814)

Joséphine est veuve du général Beauharnais, qui a connu la gloire au service de la République, Napoléon est séduit, ils se marient rapidement en 1796. Bonaparte doit quitter son épouse rapidement pour prendre le commandement de l’armée d’Italie. Joséphine ne peut avoir d’héritier cela va causer une fêlure dans le couple, elle est indifférente à son mari, mais elle finit par le rejoindre pendant plus d’un an, elle s’installe à Milan au palais Serbelloni, séparés à nouveau à cause des combats. Ils reviennent tous les deux à Paris en 1797, Napoléon part en Egypte, mai sachant que son épouse a une relation avec Hippolyte Charles, il décide de divorcer dès son retour. Joséphine n’ayant aucune nouvelle de son mari fait l’acquisition de la Malmaison en 1799, préparant le retour de son époux elle donne des diners aux membres du Directoire, mais sachant qu’il se trouve à Fréjus, Joséphine décide de le rejoindre, ils se réconcilient, le 9 novembre le coup d’Etat donne à Napoléon le plein pouvoir avec le titre de Premier Consul, le 11 elle devient la première Dame de France. Nommée impératrice en 1804, elle se veut irréprochable. Mais elle sera pratiquement toujours seule, à Malmaison, Saint-Cloud, aux Tuileries, ils divorcent en 1809.

A l’exposition : Tableau de Napoléon 1er en costume de sacre par Gérard, un diadème de l’impératrice avec des camées représentant le char d’Apollon offert par son beau-frère  Joachim Murat, roi de Naples.

 Un tableau représente une vue du salon de musique de Joséphine par Augustin Garneray en 1812 à Ruel Malmaison, une toile montre l’impératrice portant sa parure de saphirs par Henri-François de Riesener, un autre représente le sacre de Napoléon le serment par Fontaine, des bustes de l’impératrice et de l’empereur manufacture en biscuit de Sèvres, une pendule de cabinet de travail de l’empereur au Grand Trianon de Jean-François Bailly horloger datée de 1813, tabatière en corne et miniature sur ivoire représentant Napoléon couronnant Joséphine, service de l’empereur en porcelaine de Sèvres, avec vues du palais de Saint-Cloud, l’orangerie du jardin des plantes, le phare d’Alexandrie, théière du cabaret à thé égyptien composé de neuf tasses et soucoupes porcelaine de Sèvres, la parure de saphirs de l’impératrice (saphirs, perles et diamants), bourse de l’impératrice soie brodée d’argent. 

L’Angleterre

Victoria (1819-1901) et Albert (1819-1861)

Une union sous le signe de l’amour, un grand rôle européen

Victoria nait en 1819, héritière d’une dynastie prestigieuse, prédestinée à donner des héritiers à son grand-père, George  III, père de 15 enfants dont 7 parvenus à l’âge adulte, deux lui succèdent, son fils ainé George prince de Galles, marié à Caroline de Brunswick, ils eurent une fille Charlotte, qui épousa le prince Léopold de saxe-Cobourg. Les autres fils du roi  avaient une vie désordonnée, mais la princesse Charlotte décéda très jeune, C’est Edouard duc de Kent qui épousa Victoria de Saxe-Cobourg qui donna naissance à Victoria en 1819, elle perdit son père très jeune, elle fit la rencontre en 1836 des princes Ernest et Albert fils du duc de Saxe-Cobourg et Gotha. En 1837, elle monte sur le trône, couronnée le 28 juin 1838 à L’abbaye de Westminster, elle épouse son cousin Albert dans la chapelle du palais de Saint-James en 1840. Le couple formé par Victoria et Albert,  fondé sur une communauté de valeurs et d’intérêts, est demeuré un modèle du genre. Ils partageaient une même passion pour les arts, les collections royales britanniques recèlent de nombreux témoignages leur peintre préféré était le portraitiste allemand Winterhalter, l’artiste séjournait régulièrement à Londres.

Louis-Philippe manifestait son attachement à la famille princière, il désirait un rapprochement entre la France et l’Angleterre, susceptible de sortir la première de l’isolement diplomatique auxquels les traités de 1815 l’avaient réduite. Les journées de juillet 1830, les " 3 Glorieuses ", l’avaient porté lui-même porté sur le trône, avaient réveillé le spectre des violences révolutionnaires. Il lui fallait rassurer les puissances européennes et, par la même, leur faire accepter sa propre légitimité. C’est Victoria, qui prit l’initiative de rencontrer en 1843 le roi des français, la reine fut reçue au château d’Eu, résidence personnelle de Louis Philippe. La rencontre fut immortalisée par plusieurs artistes.

A l’exposition : Un tableau montrant le festin offert au roi Louis Philippe le 11 octobre 1844, il vient d’être reçu dans l’ordre de la jarretière au château de Windsor. D’Edouard-Henri-Théophile Pingret,

Un autre montre le concert donné dans la galerie des Guise au château d’Eu le 4 septembre 1843, devant Louis Philippe et la famille royale, la reine Victoria et le prince Albert, toile d’Eugène Lami.

Un portrait de la reine Victoria, reine de Grande-Bretagne, d’Irlande et des Indes par Winterhalter,  un buste de la reine Victoria daté de 1888 en marbre du  sculpteur Comte Gleichen, 

Luxembourg

Le grand duc Adolphe (1817-1905)

Duc de Nassau et grand duc du Luxembourg

Adolphe duc de Nassau, devient grand-duc du Luxembourg à partir de 1890. Il joua un rôle décisif. Il a remis de l’ordre dans une Europe bousculée depuis plus de 20 ans par la Révolution française, le Premier  Empire,  le congrès de Vienne en 1815 fait renaitre un Etat entièrement annexé à la France.

L’origine du Luxembourg date de 963. Au XIV eme siècle, les Luxembourg sont parmi les familles féodales qui comptent en Europe, alliés aux rois de France, ils sont puissants dans le saint empire romain, rois de Bohèmes par mariages, ils deviendront a plusieurs reprises empereurs du saint Empire germanique. Mi XV eme, l’âge d’or du pays prend fin, cela pendant plusieurs siècles, la destinée du pays se trouve entre les mains de souverains étrangers. La révolution française et l’Empire en font des départements français. 1815, l’Etat, élevé au rang d’un grand-duché, fut offert au roi Guillaume 1er, des Pays-Bas pour des territoires cédés à la Prusse. Lorsque la révolution de 1830 éclate en Belgique, suivie de son indépendance l’avenir du Luxembourg est incertain. Le traité de Londres de 1839 consacre son indépendance, après avoir céder sa partie francophone à la Belgique. Guillaume 1er reste roi des Pays-Bas et d’Orange-Nassau et Grand Duc du Luxembourg. La principauté de Nassau devient  un duché en 1806, le 1er duc est Fréderic-Guillaume de Nassau Weilbourg, (introduit auprès des puissants de l’époque). Allié par sa famille aux tsars, le duc Adolphe, fils de Guillaume, épouse en 1844, une nièce de Nicolas 1er, mais la jeune duchesse décède très tôt. Le Duc se remarie en 1851, avec la princesse d’Anhalt-Dessau, Adelaïde-Marie. Ils auront un fils Guillaume IV. Très intelligente, appréciée, elle aime l’art. Le Duc hérite de la couronne  luxembourgeoise par suite des règles du pacte de famille Nassau en 1783 (après décès de 3 fils du roi Guillaume III).

Adolphe prend comme résidence officielle l’ancien hôtel de ville de Luxembourg, il décède en 1905, son fils Guillaume IV, lui succède. La grande duchesse Adelaïde montera sur le trône en 1912, ensuite ce sera la princesse Charlotte en 1919.

A l’exposition : Le portrait de la grande duchesse Adelaïde-Marie à cheval, toile d’Emile Adam, portrait de Frédéric Guillaume de Luxembourg de Johann Friedrich August Tischbein.

 Un service de table aux  armes des oranges Nassau en argent doré de Samuel Bardet, le diadème de la grande duchesse en argent, or, diamants taillés en roses, en poires et en coussin. Deux broches en forme de cœur, souvenirs des noces d’or de Koch, or, brillants, fond nacré recouvert de cristal poli.

Belgique

Léopold 1er (1790-1865)

Premier roi des Belges et homme d’état européen

Septembre 1830, des régions s’étaient séparées du royaume des Pays-Bas, il fallait un chef d’état pour ces régions, le choix s’est porté sur le prince Léopold de Saxe-Cobourg, veuf de la princesse charlotte d’Angleterre. La Belgique se dotait d’un roi avec une expérience internationale, avec des liens le rattachant presque à toutes les dynasties européennes. Léopold 1er voulait œuvrer à la paix en Europe et au bien-être du pays. En 1932, il épouse Louise d’Orléans, la fille ainée de Louis Philippe roi des français. Ils eurent 4 enfants.

Le roi s’attacha à préserver la neutralité de la Belgique afin de maintenir la paix. Sa préoccupation la stabilité politique à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, désireux que le gouvernement soit aussi indépendant que possible des partis, il défendit une politique nationale modérée, mettant l’accent sur l’unité des citoyens. Léopold considérait les ministres comme ses collaborateurs personnels. La politique étrangère fut son champ d’action de prédilection.

Homme d’état d’envergure, il a su orienter la vie politique en Belgique et en Europe durant 30 ans.

A l’exposition :Une statue équestre de Léopold 1er XIX eme , un portrait du roi des belges Léopold 1er en 1840 par Winterhalter, portrait de Louise Marie d’Orléans, reine des Belges par Winterhalter, toile montrant le mariage du roi et de la reine des Belges dans la chapelle du château de Compiègne en 1832 par Joseph Désiré Court, un  buste de la reine en plâtre patiné, la maquette du train " le Belge " offerte au prince Baudouin à l’occasion des fêtes jubilaires en 1938, assiettes à l’effigie de Léopold 1er et Louise Marie d’Orléans, en faïence fine, pendule à l’effigie de la reine Louise en bronze.

Pays-Bas

Wilhelmine (1880-1962)

L’éducation d’une reine

Wilhelmine nait en 1880. Deux jours avant les 18 ans de Wilhelmine, et une semaine avant l’accession de la princesse au trône des Pays-Bas, Victoria doyenne des souveraines de l’époque, écrits une lettre d’encouragement à Wilhelmine sa nièce. La jeune fille avait reçu le titre royal après la mort de son père Guillaume III en 1890, mais devait avoir 18 ans avant d’être intronisée. Les deux souveraines ont des points communs : fille unique toutes les deux, héritent à 18 ans d’un lourd fardeau de la couronne, jouirent d’un grand prestige en tant que chef d’état régnant sur une grande puissance coloniale, et apportèrent  pendant leur règne  une forte autorité à la fonction  qu’elles exercent  en symbolisant l’unité nationale. Avec sa mère Emma, la jeune fille parcourra le territoire national de 1891 à 1898, rencontrant les autorités locales, assistants a des expositions, rendant visite à des œuvres sociales, participant a des cérémonies officielles, et posa la première pierre de l’université d’Utrecht. Elle prêta serment sur la Constitution, scellant son installation à la tête de l’état néerlandais  à la fin de la régence de sa mère, le 6 septembre 1898.

Après son intronisation, il fallait trouver un prétendant à Wilhelmine, assurer la descendance de la dynastie. Le candidat devait être de la haute noblesse protestante d’Europe, le choix se fit sur Henri (1876-1934), fils du grand duc de Mecklemburg-Schwerin. Le mariage fut célébré en 1901 à La Haye, Juliana naquit 8 ans plus tard. A cette occasion la ville d’Amsterdam offrit à Wilhelmine un berceau  qui accueillerait plus tard sa petite fille Beatrix (1938).

A l’exposition : Une robe de cour portée par les douze années de règne de la reine Wilhelmine, soie brodée de fils d’or, tulle brodé, nacre dans les  tons de beige rosé,  une robe traditionnelle de Frise offerte par les femmes de cette province en 1892, pour l’anniversaire de la jeune reine, tableau représente la reine Wilhelmine dans un parc du palais Soestdijk, 1898 de Willy Martens, un autre tableau montre le mariage de Wilhelmine avec le prince Henri de Mecklenburg-Schwerin à la Haye en 1901, un éventail offert par la ville de Paris à la reine en 1912 (tradition d’offrir un éventail à toutes les reines en visites à Paris), la soie peinte de l’éventail représente l’entrée d’Alexandre Le Grand dans Babylone, au verso inscription concernant la visite officielle de la reine, un cabinet offert à la reine Wilhelmine pour son mariage, comportant 116 petites aquarelles peintes par les peintres de la Haye, berceau de la princesse Juliana offerte à la reine par la ville d’Amsterdam, portrait de la reine Wilhelmine entouré de son époux et de leur fille Juliana en costume du XVII eme siècle, perpétuant les liens historiques unissant les Pays-Bas à la famille d’Orange de Thérèse Schwartze

 

Danemark

Christian IV (1577-1648)

Christian IV, roi de Danemark et de Norvège

Fils ainé de Fréderic II, roi de Danemark et de Norvège et de Sophie (née duchesse de Mecklenburg), il reçu une éducation très complète, il apprit le danois, l’allemand, le français, l’anglais et le latin et ce qui était approprié à son futur rôle de roi. 1584, son père le roi, lui offre une horloge de grande valeur, un portrait du prince, peint par Hans Knieper en 1585. Au décès de son père le prince va avoir seulement 11 ans, un gouvernement de régence fut constitué. En 1595, le Conseil d’Etat décida que l’héritier était mur pour accéder au trône. Après avoir signé la charte du couronnement, un contrat entre le Conseil d’Etat et le roi, Christian fut couronné en août 1596 à Copenhague.  

Christian IV avait de grands projets pour le Danemark: exercer son pouvoir sur l’entrée de la mer Baltique en contrôlant les voies navigables d’Oresund, Storebaelt et Lillebaelt. En 1620, soucieux de consolider sa position comme principal partisan du luthéranisme dans les régions scandinaves, en compétition, avec la Suède, Christian décida d’engager le Danemark dans ce qui allait devenir la guerre de Trente Ans. Le Conseil d’Etat jugea d’éviter un conflit avec les forces catholiques du saint empire romain, le roi, en sa qualité de duc d’Holstein qui le rendait indépendant de la couronne danoise, et donc du conseil d’état, choisit de passer outre son avis en 1625, des affrontements peu concluent, l’épisode guerrier prit fin en août 1626. Lorsque l’armée de Christian IV fut pratiquement anéantie à la bataille de Lutter-Am-Barenberge (nord-ouest de Goslar, Basse Saxe). Les troupes impériales, sous le commandement du général Wallenstein, mirent à profit cette victoire, le général envahit et pilla le Jutland. Un accord de paix fut conclut en 1629. En 1643, les suédois tentèrent de porter un coup fatal au Danemark, sans déclaration de guerre, le Jutland fut envahit, le roi fut blessé, les danois perdirent cette bataille, à sa mort en 1648, Christian IV laisse le pays ruiné et toujours en conflit avec la Suède. C’est son fils, Frédéric III , qui lui succédera. Christian IV avait épousé en 1597, Anne Catherine de Brandebourg, ils eurent 6 enfants, elle mourut en 1612. Avec sa seconde épouse Kirsten Munk ils eurent 10 enfants, elle fut chassée par le roi en 1630. Christian IV, fut un monarque absolu. Il avait étudié l’art et l’architecture, au début de son règne il fit grandir Copenhague, doublant presque la cité médiévale. On peut voir encore aujourd’hui : l’arsenal et le port, le château de Rosenborg, la bourse, l’église Trinitatis, la tour ronde, il fonda de nouvelles villes et donna son nom a plusieurs d’entre-elles.

 Christian IX (1818-1906)

Christian IX, roi de Danemark et la reine Louise (1817-1898), les beaux parents de l’Europe

Le prince Christian et la princesse Louise de Hessel-Cassel appartenaient tous les deux à des branches lointaines de la famille royale de Danemark, leur mariage fut célébré en 1842, ils eurent six enfants.

1848, Frédéric VII succéda à son père, Christian VIII sans enfants. En 1852, au terme de négociations internationales, le prince Christian fut désigné comme successeur du trône. En 1863, au décès de Frédéric VII, le prince Christian et la princesse Louise montèrent sur le trône du Danemark. Appelés les beaux parents de l’Europe, leurs enfants ayant acquis des positions en vue, grâce à leurs mariages et leurs fonctions. Les enfants dispersés dans les cours européennes se retrouvaient l’été au Danemark dans le château de Fredensborg.

Les activités royales furent influencées par le fait que, ayant subi une défaite en 1864, lors d’une courte guerre entre une alliance russo-autrichienne et le Danemark, ce dernier dû céder les duchés de Schleswig Holstein et Lanenburg. La popularité du roi et de la reine due en grande partie à leur image de beaux parents de l’Europe, ne cessa de croitre

A l’exposition : Portraits du roi Christian IX et de la reine Louise par le peintre August Schiott, la famille royale de Christian IX en 1898 par Laurits Tuxin, robe de bal de la reine Louise, uniforme de Christian IX, Boussole aux armes de Christian IV en argent doré (1595) ,une pendule avec automates représentant l’empereur entouré de sept grands électeurs, en bronze doré (1600), une soupière et plat du service Flora Danica (1784-1801) de Soren Preuss. Saucière avec plateau, rafraichissoir  du service Danica.

Histoire du service de table Flora Danica : 1648, un botaniste danois Simon Paulli, publia une étude recensant toutes les espèces de plantes poussant au Danemark et leur utilisation pratique. Il intitula son ouvrage Flora Danica. Dans la seconde moitié du XVIII eme siècle, la botanique gagna en prestige auprès des principaux dirigeants européens comme la plus prometteuse des sciences naturelles, chacun espérant en tirer un bénéfice pour son économie nationale. C’est à cette époque que germa l’idée d’associer la porcelaine à la Flora Danica.

Norvège

Haakon VII (1872-1957) et Maud (1869-1938)

La nouvelle monarchie norvégienne et son contexte

La plus vieille lignée royale norvégienne, remonte à Odin et au monde des dieux norrois. En 872, le roi Harald 1er fait de la Norvège un royaume. Aujourd’hui le pays est dirigé par son descendant Harald V. Les dynasties royales se sont succédées à travers les âges, de l’unification du royaume, en passant par les rôles du roi et de l’église au moyen âge,  Olav IV meurt en 1387 dernier représentant de la lignée royale, l’union de Kalmar période de rapprochement avec le Danemark (1450-1814), les répercussions des guerres napoléoniennes lorsque la Norvège fut unie à la Suède (1814-1905), jusqu’à la monarchie constitutionnelle  d’aujourd’hui instaurée en 1905. La constitution de mai 1814, apparaît comme l’une de la plus démocratique d’Europe. Elle abolie la noblesse, mais la personne du roi est sacrée et inviolable. Le pouvoir royal et celui du dirigeant suprême de l’Eglise est dans les deux cas d’origine divine. Le roi bénéficie  d’une immunité et  jouit d’un statut d’exception. C’est sur cette base que le peuple norvégien, choisit le prince Charles de Danemark (1872-1957) et la princesse Maud (1869-1938), (fille du roi Edouard VII et de la reine Alexandre de Grande-Bretagne), pour roi et reine de Norvège. Le roi prit le nom de Haakon VII, il devient le symbole de liberté et d’indépendance nationale en particulier pendant la seconde guerre mondiale, ayant refusé de se soumettre aux exigences des nazis, le roi s’exila à Londres, d’où il dirigea le pays. Le roi montait sur le trône en 1905, le roi Haakon VII est la reine Maud, pouvaient retracer leur lignée ayant pour grand-père commun Christian IX du Danemark. La Norvège venait de rompre son union avec la Suède, il était important que les familles royales européennes apportent leur caution au nouveau roi.

Si la constitution a bridé le pouvoir royal, l’exécutif est resté entre les mains du roi, aujourd’hui toutes les affaires sont traitées par le gouvernement.

Haakon VII fut le fondateur de la monarchie norvégienne démocratique et moderne, et son incarnation, tandis que le Parlement et le gouvernement dirigent le Pays. Symbole de l’unité et de l’indépendance de la nation, il fut surnommé par les norvégiens « le roi du peuple » pour le style direct et sobre qu’il adopta dans l’exercice de ses fonctions, pour la simplicité de sa cour et de sa vie. Un  modèle pour ses successeurs. Si le roi est le fondateur du nouveau royaume norvégien, la reine Maud a été l’épouse qui l’a fidèlement suivi dans son nouveau pays, elle a su s’y construire, sans tapage, sans une vie de cour clinquante et superficielle, reine sans reproche, par son apparence, sa présence et par la ferme originalité de sa personnalité. Cependant la reine Maud avait un goût vestimentaire très sûr, s’attachant à suivre la mode, à choisir des lignes saillantes. Elle créa un style moderne et personnel, aussi bien adapté à son rôle de reine qu’à sa vie privée.

Quelques modèles sont exposés : de  Morin-Blossier grande maison parisienne  en 1900 qui habilla la reine, ainsi que la maison Worth. La robe " Arlésienne" est exposée collection de 1912 de chez Worth (noire et blanche), autre robe du soir de 1906, beige brodée de pierres de chez Morin-Blossier, la robe du couronnement 1906, en lamée or et dentelle brodée de fils de métal doré de chez Vernon à Londres. Deux bustes en bronze du roi et de la reine de Lars Utne, un tableau représente le couronnement du roi Haakon VII et de la reine Maud en la cathédrale de Trondheim en juin 1906 du peintre Gabriel Kielland. La Grande croix et chaine de l’ordre royal norvégien de Saint Olav.

 

Suède

Gustave III (1746-1792)

Gustave III, un règne théâtral

Gustave III, est l’une des personnalités les plus fascinantes en raison de sa nature complexe et son goût pour le théâtre. Pourtant peu de souverain suédois ont mieux que lui  tenu leur rôle de roi. Il était aussi écrivain, metteur en scène, architecte. Artiste et homme d’Etat, les deux sont liés dans sa personnalité, amateur d’art passionné, doublé d’un caractère notoirement égocentrique, animé d’un réel souci de propagande nationale. Ces traits sont également décelables chez l’homme d’état. Son enfance fut marquée par la lutte des pouvoirs opposants les états au roi. Sa mère a dominée sa vie. Il avait une attirance particulière pour la France, dès l’âge de 10 ans, il écrivait des pièces en français, dans lesquelles il tint lui-même les rôles.

1771, il accède au trône au décès de son père Adolphe Fréderic, c’est à cette période qu’il prit des distances avec sa mère jusqu’à la rupture. Son épouse Sophie Madeleine (danoise), leur premier fils voir le jour en 1778.

Gustave III fut toujours un personnage insaisissable.

Gustave et le théâtre, son règne débuta et s’acheva au théâtre, il a appris le décès de son père Adolphe Fréderic en 1771 lors d’une soirée lyrique à Paris, il était à l’opéra de Stockholm qu’il fit la fin de son règne, lors du bal masqué il fut assassiné en 1792.

Son règne fut éclatant, ce fut l’âge d’or de l’histoire culturelle de la Suède, musées, théâtres, les académies virent le jour, les beaux arts florissants, de nombreux artistes vinrent en Suède, acteurs, compositeurs, décorateurs, le roi lui-même joua des rôles, les costumes étaient somptueux.

La pendule dynastique de Suède datée de 1784, offerte au roi lors d’un voyage à Paris, par des suédois vivant à Paris, les personnages correspondent aux ancêtres que le roi admirait, disposés l’un au-dessus de l’autre sur l’obélisque de l’immortalité figurent les portraits de Gustave 1er Vasa, Gustave II Adolphe et Gustave III, la Suède symbolisée par figure féminine, indique des exemples de vertus princières   au jeune prince, elle est à l’exposition. ainsi que le secrétaire de voyage de Gustave III, seconde moitié du XVIII eme de Goerg  Haupt , quelques pièces du service bleu céleste offert par Louis XV à Gustave III lors de son voyage en France en porcelaine de Sèvres. Portraits du roi Gustave III et de la reine Sophie Madeleine, une toile montrant Gustave III s’habillant en Espladiant pour jouer la pièce de théâtre  « La prise de la roche Galtare » de Amadis de Gaule lors du Carrousel en 1779 au château de Drottningholm, un miroir de loge de théâtre XVIII eme siècle.

Russie

Alexandre II (1818-1881)

Alexandre II, dit le libérateur, empereur de Russie.

Fils ainé de l’empereur Nicolas et de l’impératrice Alexandra (née Charlotte de Prusse), il reçoit une éducation soignée, lors de son tour d’Europe il rencontre la princesse Marie de Hesse, il l’épouse en 1841 à Saint-Pétersbourg, convertie à l’orthodoxie, elle devient Maria Alexandrovna, ils auront 8 enfants. Alexandre II met fin à la guerre de Crimée et offre à la Russie, vaincue une paix honorable négociée dans le cadre du traité de Paris (1856). Le pays doit régler le problème de servage (problème politique majeur), nous retrouvons ce sujet dans « les âmes mortes » de Gogol et « les récits d’un chasseur » de Tourgueniev. Cette question d’actualité était internationale : elle avait conduit à l’abolition de l’esclavage en France en 1848 et allait plonger les USA dans la guerre civile. Alexandre II libère les âmes de la couronne en 1858, celle de la noblesse en 1861, donnant ainsi la liberté à plus de 50 millions de sujets. Le système de censure est assoupli, les universités bénéficient de plus d’autonomie, les réformes du système judiciaire , inspirées des modèles européens, prônent l’égalité de tous et donne plus d’indépendance aux juges, l’armée est modernisée, dans l’art en 1863, à Paris le salon officiel doublé d’un salon des refusés, 14 artistes dénoncent les diktats de la peinture officielle et abandonnent les bancs de l’Académie pour peindre la réalité en Russie. Le portraitiste Ivan Kramskoï participe à la fondation du groupe réaliste les ambulants. Cette libéralisation, accompagnée d’un développement de l’économie et de l’industrie russe, restaure le prestige de l’Empire.

Les Russes  et la Côte d’Azur, sous le règne d’Alexandre II

Nice à l’époque, était formé d’une colonie d’étrangers représentant l’élite de la haute société européenne, des souverains, des princes et millionnaires de tous les pays. Le séjour y était enchanteur, l’impératrice de Russie et sa maison donnaient à la colonie étrangère une note de haut ton.

Ils arrivaient par l’Italie, donc par la mer, l’impératrice Alexandra Feodorovna prend ses quartiers à Nice, les hivers 1856-57 et 1859-60, le climat est agréable, elle s’installe dans la villa Avigdor, avec une suite de 102 personnes, accompagnée par ses enfants et les membres de la cour Russe, la grande Duchesse Elena Pavlovna (née Charlotte de Würtemberg) habituée de la côte d’Azur. Elle reçoit des souverains tel que Victor- Emmanuel  d’Italie, elle rencontre Napoléon III et la princesse Eugénie. Diplomatie, politique et repos sont liés dans ces séjours.

L’Empereur Alexandre II et la résidence officielle d’été de Tsarskoïe Selo.

La cour impériale de Russie, quittait Saint-Pétersbourg pendant la période estivale. Début XVIII eme , ensemble architectural grandiose, aménagé dans le grand palais de Tsarskoïe Selo. Constituée d’œuvres de maitre européens, orientaux et russes, elle reflétait les goûts des empereurs et de la famille impériale.

A l’exposition : Des portraits du Tsar Alexandre II, de l’impératrice Maria Alexandrovna, de l’impératrice Alexandra Feodorovna (mère du tsar Alexandre II) en costume russe, du grand duc Nicolas Alexandrovitch (1843-1865)  fils d’Alexandre II, en uniforme du régiment des hussards de la Garde Impériale, et du grand duc Alexandre Alexandrovitch (1845-1894) fils d’Alexandre II.

Une épée d’apparat d’Alexandre II, uniforme du tsar Alexandre II. Paire de tables ovales en lapis-lazuli et bronze doré, une paire de candélabres taillerie impériale de Peterhof, service à thé aux vues du Palais et du parc de Gatchina, manufacture de porcelaine de Saint-Pétersbourg (1860-70). Un bronze du grand duc Nicolas Alexandrovitch 1870, une icône offerte par l’impératrice Alexandra, (mère d’Alexandre II) à l’occasion de la fondation de l’église russe de la rue de Longchamp, une aquarelle montrant la première église russe à Nice en 1860. Des robes d’après-midi, de promenade, une robe habillée (robe trois pièces, corsage, jupe et jupon) en satin de deux tons

Pologne

Jean III Sobieski (1629-1696)

Jean III Sobieski et Marie Casimire d’Arquiem

Jean Sobieski remarquable guerrier et membre de la noblesse polonaise. Il a conduit ses troupes vers une victoire écrasante contre les turcs en 1673. En 1674, il fut couronné roi de la Pologne-Lituanie. Son règne dura 22 ans et marqua la période la plus brillante de l’histoire de la Pologne, il est resté l’un des monarques les plus apprécié. Chef d’état sage, protecteur des arts et sciences, il admirait son épouse et était un père affectueux. Ses succès militaires internationaux, en firent, un symbole de prestige. Ses ancêtres durent chasser les turcs et les tatars venus du sud.

Jean Sobieski a fait des études à l’université de Cracovie. Il a voyagé en Europe, 1848 après ses voyages il s’est  engagé dans l’armée, la situation était difficile en Pologne, très vite sa carrière prit une tournure éblouissante, un des confidents de Marie-Louise de Gonzague, reine de Pologne, soutenant ses ambitions politiques il se trouva de plus en plus impliqué à la cour. Il y rencontra Marie Casimire d’Arquiem, l’une des premières dames de la reine, le mariage fut célébré en 1665. Un grand défi attendait le couple en 1674, ils étaient destinés à devenir roi et reine de la Pologne-Lituanie. Ils eurent de nombreux enfants seuls 4 vinrent à l’âge adulte.

Des projets dynastiques se renforcèrent après la bataille de Vienne en 1683, à la suite d’un revirement politique de la cour, qui comptait sur ses liens avec la France, Sobieski répondit à l’appel de Léopold 1er et se précipita pour vers la capitale de l’empire pour la libérer des turcs. C’est en 1683 qu’il fut nommé commandant en chef. Le palais royal de Varsovie était la résidence officielle de la famille royale, celui de Cracovie le siège du pouvoir et le lieu du couronnement du roi, la demeure préférée de Sobieski était le palais de Wilanow, à la construction duquel et à l’aménagement duquel il avait activement participé, aujourd’hui c’est un musée. Ce palais en dit long sur sn propriétaire, éclairant son talent militaire, son érudition, ses valeurs morales et intellectuelles, et son goût pour l’art. Le respect des sentiments, la bravoure, le sens des responsabilités politiques, le patriotisme et l’attachement) de grands idéaux sont les qualités du roi Jean Sobieski III.

A l’exposition : Un portrait de Jean III Sobieski, de Marie Casimire Louise de la Grange d’Arquien, épouse de Jean Sobieski, par  Alexandre Jan Tricius, une table offerte à Jean Sobieski après la victoire de Vienne argent et ébène, une coupe avec médaillon représentant Jean III Sobieski en argent, un bouclier du XVII eme siècle Turquie, en bois, argent, fils d’argent velours, turquoise, jadéite, néphrite.

Prusse

De Frédéric 1er (1657-1713) à Fréderic Guillaume IV (1795-1861)

Roi en Prusse, roi de Prusse :

L’ascension de la monarchie prussienne

Frédéric III devient prince électeur de Brandebourg en 1688, à la mort de son père. Désormais il faisait partie, comme ses aïeux des neuf membres du collège élisant l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique. Chacun des neuf princes électeurs acceptaient une charge honorifiques auprès de l’Empereur, il exerçait aussi la fonction de Grand Chambrier de l’Empire : lors des cérémonies du couronnement, il présentait le sceptre impérial que l’on retrouve sur les armes princières des Brandebourg (distinction prestigieuse), ils étaient aussi duc de Prusse depuis le XVI eme siècle. La Prusse et Brandebourg étaient séparés géographiquement. Le Duché de Prusse la capitale était Königsberg, proche de la mer Baltique, dépendait de la Pologne jusqu’en 1660.

Le duché de Prusse devint un état souverain. Fréderic III, poursuivit la politique de son père, en allant plus loin dans son ambition, devenir lui-même roi. Il mit en valeur, ses étroites relations familiales avec la maison d’Orange (sa mère était née princesse d’Orange). Les rapports de force au sein de l’Empire se modifièrent lorsque le prince électeur de Saxe se fit élire roi de Pologne en 1697, En 1700, l’empereur Léopold 1er se déclara prêt à reconnaître un éventuel couronnement en dehors des frontières de l’Empire en contre partie d’un soutien militaire dans l’imminente guerre de Succession d’Espagne. Le prince électeur de Brandebourg s’installa au château Königsberg, et se couronna lui-même roi de Prusse, ainsi que son épouse Sophie-Charlotte. Grâce à l’empereur , Fréderic, il devint Fréderic 1er, comme la Prusse était un duché, il ne put se faire appeler Fréderic "de Prusse ", à sa mort en 1713, son fils, Guillaume 1er lui succéda en tant que prince électeur de Brandebourg, marié à Sophie-Dorothée de Hanovre ( fille du futur roi d’Angleterre, George 1er), à l’aide de nombreuses réformes et du renforcement de l’armée, il posa les fondements d’une administration organisée, marquant l’image de la Prusse-Brandebourg et cela pour plusieurs générations. Soutenu par son épouse il mit en œuvre une politique matrimoniale pour la plus part de ses enfants, en alliant sa maison avec les électorats allemands d’Ansbach, de Bayreuth, de Schwedt, de Hessel-Cassel et de Braunschweig-Wolfenbüttel. 1740, son fils ainé prit sa suite sous le nom de Fréderic le Grand et devint le souverain le plus célèbre de la dynastie des Hohenzollern, il se fit appelé roi de Prusse après avoir gagné une partie nord-ouest de la Pologne en 1722. Après 46 ans de règne et sans enfant ; c’est Fréderic Guillaume II, son neveu qui  devint roi de Prusse, son épouse Louise de Mecklenburg-Strelitz nièce de la reine Charlotte d’Angleterre. En 1815, la victoire de la Prusse et de ses alliés russes, anglais, autrichiens contre Napoléon, consolide la prééminence prussienne au sein des états alliés, ainsi que la politique matrimoniale. 1858, pour raison de santé, le roi Fréderic IV de Prusse, dut transmettre la régence à son frère cadet ; Guillaume devint roi de Prusse, plus tard en tant que Guillaume 1er, il est le premier empereur allemand, après la guerre franco-allemande en 1870.Son fils, Fréderic III et son petit-fils Guillaume II, portèrent le titre d’empereur jusqu’à la révolution de 1918. Ce qui marque la fin de la monarchie prussienne. En plus de deux siècles, les Hohenzollern érigèrent et consolidèrent la monarchie, mais aussi par leur position en Europe grâce aux guerres, mariages, manœuvres politiques, pour élever un petit état au rand de puissance européenne.

L’ambre cadeau des rois de Prusse.

Péché dans les eaux de la mer Baltique, l’ambre était l’apanage des souverains. En droit, l’ambre était assimilé à une ressource minière, comme tout trésor découvert à une profondeur. L’ambre n’était pas acheté par le souverain avec l’argent des impôts, mais était juridiquement lié à sa souveraineté et à sa possession du territoire, donc le cadeau diplomatique idéal. Différentes qualités connurent différentes appréciations, l’ambre blanc servait pour soigner certains maux et douleurs, au XVI eme siècle, utilisé pour faire des chapelets et manches de couteaux. C’était aussi la principale ressource de l’état on l’exportait vers la Perse, entre 1640 et 1688, la Prusse fut reconnue comme duché souverain lors de la paix d’Oliva. Avec cet événement eut lieu, le double portrait en miniature du prince électeur et sa première épouse Louise-Henriette d’Orange, réalisé en ambre. Un cadeau du prince électeur Fréderic Guillaume de Brandebourg fit à l’empereur Léopold 1er, fut un préalable à l’élévation de la Prusse au rang de royaume. Le fauteuil à bras en ambre, avec son dossier, son siège et accotoirs rembourrés présente les caractéristiques d’un trône. En 1679, commande d’une triade d’ambre pour Versailles, l’année suivante une table pour le roi d’Angleterre William III, ces cadeaux étaient de somptueux chefs d’œuvres.

Une coupe pour la fête "de la rose blanche ", il s’agit d’une coupe d’apparat, liée à une fête organisée par la maison royale de Prusse. Celle-ci eut lieu en 1829 dans le nouveau palais de Fréderic le Grand construit à Potsdam de 1763 à 1769, transformé pour l’occasion en place de tournoi médiévale, le prétexte de ces festivités était le séjour de la tsarine Alexandre Feodorovna (née Charlotte de Prusse, épouse du grand duc Nicolas Russie le mariage eut lieu en 1817), l’ancienne princesse dans sa jeunesse avait comme surnom" blanche fleur".

A l’exposition : Un coffret surmonté de la figure du roi Fréderic 1er en ambre, un buste de Fréderic Guillaume III (1818) en fonte de Berlin, buste de la reine Louise de Prusse, un vase monumental avec le portrait de Fréderic, Guillaume IV, d’un coté, et l’hommage rendu par le peuple , de l’autre, une grande coupe d’apparat avec les portraits de grandes figures de l’histoire XIX eme siècle en argent doré, la coupe commémorant la fête de la rose blanche 1830 en argent de Johann Georg Hossauer, portraits de Frédéric 1er roi de Prusse, début XVIII eme de Friedrich Wilhelm Weidemann, un de la reine Sophie Charlotte seconde épouse de Frédéric 1er du même artiste.

Saxe

Auguste le Fort (1670-1733)

Auguste le Fort, prince électeur de Saxe et roi de Pologne

Fréderic Auguste nait en 1670 à Dresde, fils du prince Johann Georg III et son épouse Anne Sophie, fille du roi de Danemark. Il reçut une éducation riche et variée, mais s’intéresse surtout à l’escrime, l’art de la guerre, l’équitation. Il fit un grand tour d’Europe, il séjourna en France à la cour de Louis XIV entre 1687 et 1689. Il alla à Madrid, Lisbonne, Gênes, Venise, Florence, Vienne. Il découvrit les pratiques des cours monarchiques absolues de l’époque baroque, il apprit à connaître les hauts lieux culturels de son époque. Il participe aux guerres impériales contre la France. En 1693, il épouse Christiane Erberhardine de Brandebourg-Bayreuth, ils eurent un fils Fréderic-Auguste en 1696, il lui succédera comme roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. En 1694, Auguste 1er, devient prince électeur, son frère étant décédé et n’ayant pas d’enfant. En Saxe, il poursuivit la politique rigide de son frère tendant vers un pouvoir absolu. A la mort de Jean Sobieski, roi de Pologne et Lituanie, il brigue la couronne polonaise avec le soutien de l’empereur allemand, le prince luthérien dut se convertir au catholicisme ; convaincre magnats et nobles polonais de ses moyens financiers. 1697, il est couronné à Cracovie roi de Pologne et grand duc de Lituanie sous le nom d’Auguste II (deux générations après sa mort, il fut appelé Auguste le Fort). Des guerres s’ensuivirent contre d’autres prétendants polonais, contre les souverains Ottomans et dans la guerre du nord de 1700 à 1721, déclenchée contre le roi de suède, Charles XII. Il perdit beaucoup de batailles ainsi que le trône de Pologne entre 1706 et 1709. Avec son habileté et sa persévérance, il rétablit ses droits. Pendant 36 ans il gouverna ses deux nations, différentes sur le plan géographique et juridique. La Saxe : riche, hiérarchisée en états, rigoureusement protestante et la république de Pologne et Lituanie déchirée par ses différentes familles.

Auguste Le Fort fut un grand mécène de l’histoire européenne, organisateur de fêtes magnifiques, bâtisseur de génie et fondateur visionnaire de musées, chef militaire et un grand voyageur.

Il découvrit le pouvoir durable des arts, son imagination créatrice, le conduit à pratiquer l’architecture. Il savait reconnaître les talents, il passait pour l’un des  princes les plus connaisseurs de son temps en matière de bijoux. La création du service à café doré, par Johann Melchior Dinglinger 1697-98 et 1701. L’art du baroque connut à Dresde son premier apogée. Son premier grand projet : le Palais turc, actuel palais de Taschenberg, réalisé entre 1705 et 1708, le Zwinger projet suivant et bien d’autres suivirent. La dernière décennie de sa vie fut marquée par une politique culturelle, 1720, il commença des collections dans divers domaines des arts et sciences.

A l’exposition : La porcelaine de Meissen découverte en 1708 par Johann Friedrich Böttger, il s’agit d’une porcelaine dure, et la création de la manufacture royale de porcelaine à Dresde en 1710 furent pour Auguste le Fort, l’occasion d’instaurer un monopole sans précédent. Il avait la passion des porcelaines de Chine et du Japon, il fit la plus grande collection de porcelaines d’Extrême Orient et de Meissen de son époque dans le palais de porcelaine japonais de Dresde. Quelques exemples sont à l’exposition, mais aussi  une timbale aux armes de Saxe et de l’ordre polonais de l’aigle blanc, datée de 1719,  un tableau d’ Auguste le Fort à cheval , plusieurs lances pour course de bague, des paires de boucles de chaussures, jarretières garnies de diamants, pièces du service vermeil, un service aux armes des duc de Parme pour Elisabeth Farnèse  (1728) en porcelaine de Meissen

Bavière

Louis 1er  (1786-1868)

Louis 1er, roi de Bavière naquit en 1786 à Strasbourg, où son père le comte palatin Maximilien  Joseph du Palatinat-deux-ponts-Birkenfeld (branche cadette des Wittelsbach), était colonel du régiment français « Royal Alsace », Maximilien Joseph dut fuir avec sa famille à la Révolution. Louis fit son premier voyage en Italie en 1804, enthousiasmé par l’Antiquité classique et par l’art néoclassique contemporain. Par la suite il alla souvent à Rome, il fréquenta les artistes allemands. Grâce à son alliance avec Napoléon, la Bavière fut élevée au rang de royaume en 1806. Prince royal Louis, suivit officiellement la politique francophile de son père. Il séjourna à Paris à la cour de l’Empereur, fasciné par les œuvres amassées comme butin de guerre de toutes les régions d’Europe, qui étaient regroupées au musée.

1810, il épouse la princesse Thérèse de Saxe-Hildburghausen, ils eurent neuf enfants. En 1818, le prince Louis contribua de façon décisive à l’établissement d’une constitution progressiste, la Bavière fut le premier royaume de la fédération allemande à devenir une monarchie constitutionnelle. Il accède au trône en 1825, il va poursuivre ses ambitions politiques et réaliser ses projets artistiques.

En tant que souverain Louis 1er  opte pour le principe monarchique considérant ses ministres comme des serviteurs. Après des années libérales, les tendances autocratiques se renforcent à partir de 1830, des troubles éclatent en Bavière. Les turbulences des années 1846-48, conduisent Louis 1er à abdiquer. L’art en lien avec la religion et l’histoire, prit une grande place dans l’esprit et les projets du souverain. Munich devint ainsi une métropole artiste de rang européen. En 1810, il avait débuté une collection d’Antique, il fit érigé un musée de sculptures Antiques  et contemporaines, inauguration en 1830, une collection de peintures pour compléter celles, historiques, des Wittelsbach, en 1827 il fit réaliser sur des plaques de  porcelaine de la manufacture de Nymphenbourg des copies d’œuvres choisies. La fin de sa vie, il la consacra à l’art.

A l’exposition :Un portraits de Louis 1er  roi de Bavière du peintre Joseph Karl Stieler, un de son épouse Thérèse de Bavière par Pino Bauer , un panneau d’argent représentant l’arrivée de la princesse royale Thérèse, un gilet de Louis 1er en taffetas, laine et soie, l’épée de Louis 1er,présentation de statues en bronze doré, de Ludwig Schwanthaler sculpteur, il s’agit d’Albert le Magnanime duc de Bavière, Frédéric le Victorieux, prince électeur du Palatin, Louis le Riche, duc de Bavière-Landshut pour en citer que quelques unes, une tasse et sous-tasse avec portrait du prince héritier Maximilien (1811-1864), une autre avec Louis 1er, autoportrait d’Albrecht Dürer en 1500

Autriche

François-Joseph (1830-1916) et Elisabeth (1837-1898)

L’impératrice Elisabeth d’Autriche, le mythe Sissi

Elisabeth fille du duc Maximilien en Bavière et de la duchesse Ludovica de Bavière, elle naquit à Munich en 1837, épouse son cousin en 1854 l’empereur François Joseph 1er .

Elisabeth est passionnée d’équitation, elle passait pour être la meilleure cavalière dans toute l’Europe. Elle possédait de nombreuses robes, son trousseau fut transporté à Vienne dans 25 boites et valises. Les cloches des églises de Vienne en 1854 annoncèrent l’arrivée de la future épouse. Un grand diner fut donné le soir même à Schönbrunn, le diner fut servit dans le service grand vermeil, le mariage fut célébré le lendemain, les relations du couples se dégradèrent dès 1860, Elisabeth sombra dans une dépression, elle trouva refuge dans les voyages, les séjours de cure pendant deux ans. Elle s’éloigna peu à peu de la cour, ou elle ne joua qu’une seule fois un rôle sur le plan politique en 1867, lors de la conciliation avec la Hongrie. Elle se consacra à sa dernière fille, a ses voyages, ses animaux, à la lecture et écriture de poèmes. Le seul rôle qui lui était accordé assurer la continuité de la dynastie habsbourgeoise. Dans ses dernières années elle resta solitaire à voyager avec sa dame de cour, elle fut poignardée en 1898 par l’anarchiste Luigi Lucheni lors d’un séjour à Genève.

Lors des noces d’agent du couple impériale célébrées en 1879, c’est le peintre Georg Raab, qui réalisa le portrait de l’impératrice Elisabeth en reine de Hongrie, portrait ou Elisabeth arbore sa célèbre parure de rubis, dernier pour qui elle posa. 5000 invités étaient à la soirée, elle portait une robe de cour gris perle bordée de fourrure avec une longue traine, toutes deux brodées d’or, la somptueuse parure de rubis provenait de l’héritage de Marie-Antoinette (cet ensemble aujourd’hui disparu depuis 1918, faisait partie des bijoux privés des Habsbourg),

Ce tableau est à l’exposition mais aussi un portrait de l’empereur François Joseph 1er, l’impératrice Elisabeth sur son cheval favori, 1876 par Wilhelm Richter, une aquarelle montrant la princesse Elisabeth à son arrivée à Vienne,1854 par Franz Kaliwoda,  la selle de l’impératrice  datée de 1855, cuir, bois et métal, un bronze de François Joseph à cheval, un d’Elisabeth également à cheval, le service de voyage de l’impératrice Elisabeth, il s’agit d’un coffret en bois recouvert de cuir, à l’intérieur deux assiettes en porcelaine, une saucière en argent, une salière en argent, un coquetier argent, deux couteaux, cuillères, fourchettes en  argent. Présentation d’une terrine  du service Napoléon Ier dit "Grand vermeil ", une robe noire de l’impératrice Elisabeth 1860

 

Esterházy

Nicolas II (1765-1833)

Le prince Nicolas II Esterházy, l’art et les collections, une stratégie d’ascension royale

Présent à Londres lors du couronnement de George IV à l’abbaye de Westminster, roi d’Angleterre. Nicolas II fut remarqué.

Nicolas II grandit dans la seconde moitié du XVIII eme siècle, depuis un siècle la famille participait aux destinées de l’histoire de la Hongrie, en tant que fidèle partisan de l’empereur des Habsbourg, les Esterhazy étaient vice-rois, ambassadeurs ; évêques et les plus grands propriétaires fonciers du royaume. Les Esterhazy seigneurs de presque 300 000 sujets, régnaient selon le droit hongrois, pratiquement comme des princes souverains. Ils investissaient dans l’art depuis le XVII eme siècle, ils possédaient des objets précieux, œuvres d’art, curiosités tel que des instruments scientifiques, un exemple l’automate doré de Bacchus, mobilier d’argent.

Nicolas II fut élevé dans ce Versailles Hongrois, grand amoureux de la musique, Joseph Haydn y était maitre de chapelle et, avec son œuvre et sa gloire, inscrivait ses commanditaires princiers également dans la musique. Les Esterházy  organisaient des fêtes somptueuses, par leurs collections artistiques et leurs représentants, ainsi  leur ascension fut prodigieuse. Nicolas II envoyé aux ambassades et couronnements de l’empereur François II, fit en 1792 une entrée remarquée sur la scène internationale dans son carrosse doré. Le jeune prince en 1794 voyagea en Italie, il commença par acquérir des peintures italiennes de la Renaissance et à envoyer à Vienne des caisses d’œuvres d’art. Il fit une collection des grands maitres européens. Il reçu des célébrités de toute l’Europe dans son château de Eisenstadt, en 1800 il reçu l’amiral Nelson, Emma et William Hamilton. En 1803,

Nicolas II vint à Paris, il alla au Louvre, l’aile Napoléon venait d’être inaugurée. Il fit venir à son château des experts, il investit dans un orchestre et un théâtre privé, il fit venir aussi des personnalités de la vie intellectuelle allemande, alors que les autres cours européennes réduisaient leur personnel pour raisons financières.

L’ambition du prince Nicolas était de repenser la région d’Eisenstadt comme un paysage culturel dans son ensemble. Autour du palais, un opéra, une galerie de peintures. L’économie prospéra grâce à des élevages de bovins suisses et des moutons, qui firent de Nicolas II le plus grand producteur européen de laine. Les orangeries d’Eisenstadt et leurs collections botaniques allièrent la beauté à l’utile, associant le goût des collectionneurs aux intérêts scientifiques et aux initiatives économiques. Les collections, le mécénat artistique et la cour constituaient de réels moyens d’assimiler les Esterházy aux maisons souveraines allemandes. En 1804 Nicolas II avait atteint un niveau équivalent aux maisons royales allemandes, lui permettant de ce fait de siéger aux côtés des princes allemands. Le saint Empire romain germanique s’effondra sous la pression de Napoléon, celui-ci désireux de se séparer de la Hongrie, Nicolas II était le candidat de Napoléon au trône Hongrois. Mais Napoléon s’allia aux Habsbourg lors de son second mariage en 1810. Deux ans plus tard, Nicolas II donna une grande fête lors du mariage de son fils avec la princesse de Tour et Taxis, ainsi Nicolas II mettait sa famille au niveau des plus importantes maisons allemandes. En 1815, après le congrès de Vienne et une réorganisation de ses finances, Nicolas II se retira de la vie publique. Après son décès en 1833, ses collections furent vendues et offertes par ses héritiers.

A l’exposition :Un  portrait de Nicolas II Esterhazy en 1793  par Martin Knoller , l’automate de Bacchus, argent, cuivre doré, émaux, un arbre des ancêtres de la famille Esterhazy argent, marbre et gypse, grand service du comte Esterhazy en argent, le carrosse du prince Nicolas II bois doré, fer et cuir, un uniforme de garde hongrois, un piano forte en acajou de Matthias Müller, un meuble avec pendule et mécanisme musical avec une composition de Joseph Haydn.

Turin

Victor-Amédée II (1666-1732)

Victor Amédée II

Victor-Amédée II, apparaît comme l’un des souverains les plus important d’Europe à la fin du XVII eme siècle et début XVIII eme, avec Amédée VIII au XIV eme, Emmanuel-Philibert au XVI eme et Victor-Emmanuel II au XIX eme. Il fut le personnage le plus remarquable de la maison de Savoie. Lorsqu’il monta sur le trône, les états de Savoie étaient une sorte de protectorat français, en 30 ans il leur a rendu leur indépendance, leur donner une première place parmi les états italiens. Devenu roi de Sicile en 1713 à la suite de la paix d’Utrecht, il mit un imposant ensemble de réformes, politique très appréciée par les cours européennes. En 1776, il est considéré comme le prince réformateur, il a su entreprendre et appliquer des réformes en pleine crise de conscience européenne. Fils du duc Charles-Emmanuel II et de Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie Nemours, Victor Amédée perdit son père très tôt, et eu des conflits avec sa mère. En 1664, il épouse l’une des nièces de Louis XIV, Anne d’Orléans, fille du régent Philippe d’Orléans, frère du roi, et d’Henriette Stuart, fille du roi d’Angleterre. Ainsi il gagna la confiance de Louis XIV et aussi de s’assurer une place au trône d’Angleterre, rôle qu’il mit a profit quelques années plus tard. Ce mariage apporte un renforcement de l’alliance entre la France et le Piémont, il se libère de la tutelle de sa mère en 1690 et évite de dépendre de la France. Il combat en 1690 Louis XIV lors de la guerre de la ligue d’Augsbourg et l’obligea à céder Pignerol ville du Piémont conquise par Louis XII et Richelieu en 1630. Il se rallie à la France dans la guerre de sécession espagnole. En 1703 il s’allie à l’Autriche, il s’impose comme un grand condottiere, aux cotés de son cousin français Eugène de Savoir il libère Turin, il fut couronné roi de Sicile quelques années plus tard, en 1720 roi de Sardaigne, l’unification de l’Italie a eu lieu en 1861.

De 1713 à 1730, il se consacra a sa politique de réformes, il s’opposa à Rome pour sauvegarder le droit des Savoie, il réforma les secrétariats (1717), l’université  (1720) et l’armée. Des transformations institutionnelles, une politique de répartition  des imports fut instaurée dans les différents territoires de l’état, en Savoie, au Piémont, dans le comte de Nice. Ces réformes concernaient la centralisation du contrôle bureaucratique, la redistribution des titres féodaux et la réorganisation de l’armée professionnelle et permanente. Il perdit son pourvoir en s’opposant à son fils, en 1730, il abdiqua et se retira à Chambéry ce qui surprit toutes les cours d’Europe.

A l’exposition :Un  collier de l’ordre de Savoie or émaillé du XVIII eme,  un secrétaire comportant sur l’abattant un décor représentant le siège de Turin de 1706, de Luigi Prinotto, le portrait de Victor Amédée II par Martin Van Meytens le Jeune, portrait de Marie-Adélaïde de Savoie, fille de Victor Amédée et d’Anne-Marie d’Orléans, école française. 

Naples

Charles de Bourbon (1717-1788)

Charles de Bourbon, roi de Naples

Fils des souverains Philippe V et Elisabeth Farnèse. En 1731, l’infant quitte Séville pour l’Italie avec une suite de ministres et conseillers, dont son précepteur Benavides y Aragon, comte puis duc de Santisteban del Puerto, il fut remplacé en 1738 par le marquis de Montealegre, un fidèle de la reine Elisabeth Farnèse.  1732 le cortège arrive à Livourne, l’infant tombe malade. Il fait son entrée à Florence quelques mois plus tard, il fut reçu par le grand duc Jean-Gaston, 7 mois plus tard il s’installe à Parme et prit possession des états Farnèse. Charles manifeste un vif intérêt pour les œuvres d’art italiennes. La signature du traité franco-savoyard de Turin en 1733 et les préparatifs de guerre qui s’en suivirent amenèrent  le roi Philippe V à nommer son fils commandant des troupes espagnoles en Italie. Il entre à Naples en 1734, apprécie guerre le palais royal, ni la capitale. Il restait à conquérir la Sicile, où subsistaient des poches de résistance pro-autrichienne. 1735, Charles est couronné en tant que roi des Deux-Siciles dans la cathédrale de Palerme le 3 juillet. Début de la période la plus faste du jeune état, Naples était en pleine effervescence  et le théâtre de nombreuses initiatives et nouveaux aménagements. Charles voulait faire du palais royal une demeure digne de sa fonction, construction du palais de chasse de Capodimonte, du palais royal de Portici, du théâtre Saint-Charles, tout cela transforma l’aspect de la capitale, c’est ainsi que furent réunis à Naples les trésors artistiques des Farnèse, destinés à constituer le point de départ des grandes collections. Une épouse pour le roi, le choix se fit sur la princesse Marie-Amélie de Saxe, fille du roi de Pologne Auguste III, petite-fille d’Auguste le Fort.

De grands projets royaux, mais en 1740 de gros problèmes financiers apparaissent (vivement critiqué). La reine attendait un héritier, et elle commençait à exercer une influence politique   au sein de la cour, aimée par les napolitains. 1741 le royaume se trouva confronté à des difficultés diplomatiques et militaires. Le début de la guerre toucha aussi Naples attaquée par des navires anglais en 1742. 1743, le royaume est menacé d’invasion, le roi prit la tête de l’armée et rejoignit les troupes espagnoles, ils firent face aux troupes autrichiennes pendant plusieurs mois, la bataille de Velletri où  l’armée triompha le 11 aout 1744, marqua l’histoire du royaume de Naples.

Charles resta 10 ans à Naples, il entreprit la construction du palais royal de Caserte, du fort de Granatello et plusieurs autres sites militaires, il fit avancer les fouilles archéologiques d’Herculanum et Pompéi, une autre initiative artistique la création de la manufacture royale de porcelaine de Capodimonte.

Au décès de son frère il regagna l’Espagne.

A l’exposition : Le  portrait de Charles de Bourbon roi de Naples par Francesco Liani, le portrait de Marie-Amélie reine de Naples par Francesco Liani, deux satyres en porcelaine, de la manufacture royale de Capodimonte,  déjeuner avec scènes étrusque , manufacture de porcelaine de Naples, une console avec plateau en pierres dures (plateau daté du XVIII eme) la console du XIX eme, en bois doré, de nombreux bustes de la manufacture de porcelaines de Naples, "Agrippine ", Alexandre, Faune, buste de philosophe,  Tersichore

Monaco

Les princes du XVII eme au XX eme siècle

Jacques 1er de Monaco (1689-1751)

Un prince collectionneur d’art

La Principauté de Monaco admirée depuis le XVII eme siècle, les objets d’art conservés au Palais de Monaco sont des substituts de Regalia.

C’est le prince Honoré (1597-1662) premier à adopter le titre monarchique en 1612 qui se fournit en

Objets d’art, d’abord en Italie, puis en France, après le traité de Péronne, qui place la Principauté sous la protection du roi en 1641. 44 tableaux en 1605, 720 après son règne, 1290 au décès du Prince Antoine 1er (1661-1731), qui avait aménagé à partir de 1722, une galerie dédiée aux batailles et aux chefs de guerre du siècle de Louis XIV appelée " salle des conquêtes ". Son gendre, Jacques-François Léonor (fils de Jacques Matignon, comte de Torigni) amateur d’art, reçoit par son mariage le duché-pairie de Valentinois, et prend le nom et les armes des Grimaldi. Prince souverain sous le nom de Jacques 1er, qui au décès de son épouse, Louise-Hippolyte, abdique en 1733 en faveur de son fils Honoré III, fera migrer vers l’hôtel de Matignon à Paris, les meilleures œuvres d’art palatines. Dès les premières années de son mariage, il augmente le nombre de tableaux dans un premier temps par des copies, mais le duc de Valentinois se passionne également pour les monnaies, médailles, l’orfèvrerie, les bijoux, les livres, marbres et bronzes, antiques et modernes, les tapisseries, les meubles, porcelaines et instruments scientifiques. Jacques 1er voulait concrétiser l’idéal aristocratique princier  de  supériorité  en se plaçant en situation de domination symbolique dans tous les domaines. Dans son inventaire après décès, 39% sont des portraits, 11% des scènes religieuses, 12% des scènes mythologiques, 16% des paysages, 12% des scènes de genre, Tant qu’aux scènes historiques et animaux moins de 5%.

Le prince Charles III (1818-1889)

Père fondateur de Monte Carlo

Charles III monte sur le trône en 1856, il s’efforce de faire de Monaco un état moderne, reconnu par toutes les nations, et disposant de tous les attributs de la souveraineté. Il réforme la justice et l’administration, développe les relations diplomatiques. En 1857, il institue une fête du souverain, en 1858, une décoration nationale, l’ordre de Saint Charles, en 1881, il dote le pays d’un drapeau national, reprend les frappes monétaires (abandonnées depuis 1838), donne des timbres postes à la Principauté, en 1885, il parachève l’autonomie religieuse, il obtient la création d’un évêché en 1887, fait participer Monaco aux grandes expositions internationales. Enfin il créé une ville nouvelle baptisée Monte Carlo, ce quartier est fondé en 1866 autour du casino et de l’hôtel de Paris ouvert en 1864, l’église Saint-Charles est achevée en 1883, de nombreux commerces ouvrent, l’Opéra dont l’architecte est Charles Garnier est inauguré en 1879, de grands artistes viennent. Toute l’aristocratie européenne se presse.

Albert 1er de Monaco (1848-1922)

Le prince navigateur, à la rencontre du Portugal

La mer a tenue un rôle fondamental dans la vie et l’œuvre du prince Albert : initiation à Lorient, service pendant deux ans dans la marine royale espagnole, font de lui un marin expérimenté. Il acquiert une goélette en Angleterre « l’hirondelle », qu’il décide de conduire jusqu’à Monaco, il fait escale au Portugal en 1873, l’estuaire du Tage, les paysages somptueux, les monuments notamment la tour de Belem l’enchantent, il est accueilli par le couple royal Louis 1er et Maria Pia, il est ébloui par les collections d’œuvres d’art réunies au Palais.

Grand voyageur 5 ans plus tard, il entreprend un long périple allant de Tanger vers les Canaries, Madère et les Açores et Lisbonne.

1889, après l’avènement du Prince Albert 1er à Monaco, Charles fils ainé de Louis 1er (du Portugal) devient roi du Portugal et des Algarves. Les deux souverains se rencontrent à l’issue de la campagne de 1894, à bord du yacht « la princesse Alice », construit pour la  recherche océanographique, une grande amitié se lie entre les deux hommes, ils partagent un vif intérêt pour l’observation de la nature et de la pratique photographique. Charles entreprend des recherches océanographiques, avec ses navires, il accomplit de nombreuses opérations de sondage et récoltes biologiques au Portugal.  

La création d’observatoires météorologiques aux Açores, ces iles occupent une situation géographique idéale pour cette fonction, c’est un relais entre l’Amérique du nord et l’Europe.

Après 20 ans d’interventions auprès des scientifiques chefs d’états, diplomates, le prince Ambert parvient à son but. :

A l'exposition : Le portrait d’Honoré II, par Philippe de Champaigne, Tapisserie aux armes des Grimaldi, princes de Monaco, Aubusson XVII eme, tableau présentant la famille du duc de Valentinois par Pierre Gobert, vue et perspective du palais de Monaco du coté de la place d’Armes par Bressan, portrait de Charles III par Friedrich Bauerle, maquette de la salle Garnier de l’opéra de Monte-Carlo 1878, portrait d’Albert 1er vers 1905 par Spiridon, habit de contre-amiral de la marine espagnole du prince Albert 1er

monaco1

Extraits du catalogue de l’exposition.

Promenade au cœur des cours européennes, nous traversons  plusieurs siècles d’histoire, cette exposition présente de nombreux portraits de souverains, de leurs épouses et familles,  les cérémonies de mariages, les couronnements, batailles, leurs objets précieux et familiers, bijoux, services, robes et costumes d’apparats, tables dressées,  mobilier, sculptures. 

Cette exposition est exceptionnelle, à voir Absolument, au Forum Grimaldi Monaco, jusqu’au 11 septembre 2011

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 08:01

La Provence au XVIII eme siècle

La peste fait son apparition, venue de Syrie par Marseille. La population est décimée et la région ruinée.

La vie est rude dans les villages, jusqu’au XIX eme siècle, l’ameublement d’un couple se compose d’une table, lit, d’un coffre, un escabeau, quelques sacs, jarres, tonneaux caisses à provisions.

La région souffre des guerres de Louis XIV, la Provence est envahie pendant la guerre de succession d’Espagne, par le duc de Savoie et le prince Eugène vers le siège de Toulon.

L’Amiral de Grasse (François, Joseph, Paul), issu de la lignée des comtes de grasse, nait au château de Bar (Bar-sur-Loup) en 1722, il s’engage dans les gardes marines à Toulon, puis à Malte, en 1734  comme page du Grand Maitre de l’Ordre de Malte, passe au service de la marine royale en 1740. Il gravit les échelons de la hiérarchie militaire, il obtient son premier commandement en 1756 sur le vaisseau Le Prothée. Il combat sur toutes les mers et principalement aux Antilles, c’est dans ce lieu que son nom va entrer dans l’histoire, il intervient de manière décisive dans la victoire des USA contre les colons Britanniques, le 22 mars 1781, sur l'ordre de Louis XVI qui le nomme lieutenant général des armées navales, le comte de Grasse part de Brest avec une escadre pour aller au secours des américains, en lutte contre les anglais pour leur indépendance..

Louis XV arrière petit fils de Louis XIV n’a que 5 ans donc trop jeune, ainsi la Régence va durer jusqu’en 1723. Cequi entraine la banqueroute, les caisses sont vides. Louis XV est malade, il abandonne le pouvoir à ses ministres et à Madame de Pompadour. La Cour et ses privilégiés, la passivité du roi, attisent le mécontentement à Paris, un esprit révolutionnaire se développe. De nombreuses guerres se sont développées en Europe, en Pologne montée militaire de la Prusse, guerre en Autriche, les austro-sardes reprennent  Nice et occupe une partie de la Provence orientale.

Antibes résiste à l’attaque autrichienne. L’Evêque de Vence (Jean-Baptiste Surian), oratorien , prédicateur , et aussi membre de l’Académie française, son intervention sauve la ville des excès des impériaux.

Parmi les différents points fortifiés, le Maréchal de Belle-Isle, établi au château de Tournon, fait élever des fortifications dans la région de Grasse, il reconquiert la Provence, rejetant les austro-sardes à l’est (vallée de la Vésubie et la Roya).

L’abbaye de Lérins est en pleine décadence puis fermée elle est ensuite rattachée à l’Evêché de Grasse.

Louis XVI au pouvoir, il à peu de volonté, Marie-Antoinette son épouse l’influence, elle a le gout des fêtes. La crise économique et financière et l’impopularité du roi et son épouse provoquent l’anarchie et la révolte des parlements. Aux Etats généraux de 1789 la noblesse l’emporte sur le roi.

Dans les campagnes  c’est la famine, les pillages, il n’y a pas de travail, les paysans sont armés, la population a peur. A Paris, l’insurrection populaire du 14 juillet mène à la prise des Invalides et de la Bastille. Le 4 aout 1789 c’est la  suppression des droits féodaux à caractère de servitude et la possibilité de rachats des autres, l’abolition des privilèges et de la vénalité des offices.

Grasse ville commerçante, est plutôt opposée à la Révolution. De nombreux grassois sont emprisonnés, les ennemis du peuple sont guillotinés.   

Cannes ne souffre pas trop de la révolution. Les iles Lérins sont débaptisées et portent les noms d’ile Marat et Lepeletier, les biens ecclésiastiques sont déclarés biens nationaux.

Pendant la période de la Révolution la famille Bonaparte fuyant la Corse, trouve refuge à Antibes, dans une bastide provençale (propriété du roi de France autrefois). Après le neuf thermidor à la chute de Robespierre, (Bonaparte est provisoirement suspendu  suite a ses attaches avec celui-ci).

L’Assemblée constituante décide la division de la France en 83 départements, les villes   situées à l’ouest feront parties du Var, Grasse en est la préfecture. Ce département s’étend de Grasse à Toulon. Les armées de la Révolution occupent Nice et la Savoie, évacuée par les troupes austro-sardes, la Convention entérine l’intégration du comté de Nice en créant le département des Alpes-Maritimes. La Convention accepte la terreur, vont en suivre de nombreuses exécutions. Louis XVI est guillotiné, les biens nationaux sont mis sous séquestre.

Sous l’ordre de Bonaparte, des fours à rougir les boulets sont construits à Lérins.

C’est le Directoire qui dirige la France jusqu’au coup d’Etat du 18 Brumaire, pendant cette période il y aura les campagnes d’Italie de Bonaparte et plusieurs coups d’état.

Les arts  à Grasse:

Jean-Honoré Fragonard est né à Grasse en 1732, entre à l’école des élèves protégés à Paris, il devient le peintre à la mode dans le genre Erotique du grand siècle. Il fut le peintre du roi, sous l’influence de la marquise de Pompadour.

 Constructions de  nombreux hôtels particuliers pour la noblesse provençale qui séjourne à Grasse, tel que : 

L’Hôtel  Gazan de la Peyrière : Honoré, Théodore, Maxime Gazan, comte de la Peyrière,1er général d’Empire, Pair de France, grand-croix de la Légion d'honneur et de l'Ordre de la Réunion

Fils de Joseph Gazan, philosophe et subdélégué de l'Intendant de Provence, il guerroya toujours avec bravoure, comme le rapportent les historiens. Il fut tout d'abord garde du corps de Louis XVI. Plus tard, il servit sous les ordres de Moreau, puis Masséna, il se distingua aussi à Zurich, Saragosse, Marengo, Orthez et Iéna...

L’Hôtel Théas-Thorenc : François de Théas, comte de Thorenc, est né à Grasse le 19 janvier 1719. 3ème fils de Jacques de Théas. Seigneur de Caille, Angles, Esclan & Penafort, et de Françoise de Durand-Sartoux, fille de noble Albert de Durand, Seigneur de Sartoux. Il commence une carrière militaire à 15 ans et sera un remarquable officier au service du roi de France.

 

L’Hôtel Clapiers-Cabris : C'est un architecte milanais, Jean Orello, qui dressa les plans de ce qui reste l'une des plus élégantes maisons de Provence, surnommée « le Trianon de Grasse » en raison de son appartenance à la culture néoclassique.. Ce parti pris architectural est cependant adouci par des façades ocre rose d'esprit très italianisant. Ruinés par des aménagements somptueux qui ne furent jamais achevés, le marquis et la marquise de Cabris furent contraints de se défaire de leur hôtel, vendu aux enchères en 1813. Le bâtiment fut reconverti en musée en 1921, et appartient désormais à la ville de Grasse. L'hôtel offre un cadre idéal aux collections thématiques (faïences, verres, costumes, objets archéologiques) et restitue l'atmosphère de la vie quotidienne dans la Provence orientale du XVIIIème siècle 

L’Hôtel De Pontevès : La famille de Pontevès est une ancienne famille de la noblesse provençale issue des d'Agoult. Un des premiers seigneurs est Bertrand de Pontevès, fils du seigneur de Barjols, au XIe siècle. Un des prestigieux hôtes qui le fréquenta est la soeur de Napoléon Ier, la princesse Pauline. 

L’Hôtel De Villeneuve : remanié au XVIIIe siècle et restauré dans l'esprit des grandes demeures du Midi. On a retrouvé les plafonds à croisées d'ogives, les tommettes à l'italienne, le pavé d'ardoise des marches du grand escalier. Le banquier Jean Luce qui vécut ici fit construire dans le jardin un atelier de photographie.

Une promenade dans la ville de Grasse, cité des fleurs et des parfums, permet de découvrir ces très beaux hôtels particuliers, souvent cachés dans les ruelles de la vieille ville. On y découvre de petites places pittoresques et leurs fontaines, dont la célèbre place des Aires et sa fontaine Louis XV,  la cathédrale Notre-Dame du Puy construite à partir du XIIeme siècle dans le style lombard, quelques toiles dont le "lavement des pieds " seule œuvre religieuse de Fragonard, trois Rubens et un retable de Louis Brea.

Ces hôtels sont richement meublés. La mode du mobilier vient de la capitale, mais arrive jusqu’à Grasse, c’est le style Louis XV décliné par les grassois, il est quelques fois tardif. Les ébénistes provençaux compensent ce décalage par une grande imagination dans leur manière de traiter les styles et dans la variété des meubles. Le XVIII eme siècle cultive les courbes et les motifs floraux, les vasques qui décorent, armoires, commodes, buffets. Il existe des formes propres à la Provence comme les panetières, boites à farine et à sel, buffet à glissants ou banquettes trois places, qui se trouvaient dans l’entrée des maisons (pour une petite sieste).

Au XVIII eme siècle,l’activité culturelle est intense à Grasse, on se rencontre dans les salons, chez la marquise de Cabris, sœur de Mirabeau, chez l’Evêque Monseigneur de Prunières.

Jean-Honoré Fragonard  nait en 1732 à Grasse dans une  famille modeste d’origine italienne. Son père Marco Fragonard, maitre gantier parfumeur à la cour de Louis XV.

1739, la famille s’installe à Paris ou Jean-Honoré reçoit son premier enseignement artistique auprès de Chardin puis rentre dans l’atelier de François boucher dès l’âge de 14 ans.

Il est un des principaux peintres du XVIII eme siècle. Peintre d’histoire de Genre et de paysages.

En 1752, Boucher le présente au prestigieux concours de Rome, il remporte  le prix avec le tableau " Jéroboam sacrifiant aux idoles ", ce tableau sera offert à l’école des Beaux-arts à Paris.

Sa carrière s’oriente dans la peinture d’histoire et rentre trois ans à l’Ecole Royale des élèves protégés à Paris, cette école est dirigée par le peintre Carle Van Loo.

En 1756, Jean-Honoré part pour l’Académie de France à Rome, Hubert Robert son ami l’accompagne  (il obtient aussi le prix de Rome). fragonard y reste  jusqu’en 1761. Avant de rentrer en France il parcourt différentes villes tel que Florence, Bologne, Venise.

Mais c’est dans le genre érotique que l’artiste obtient son plus grand succès, il devient le peintre à la mode. (Il obtient une grande fortune qu’il perdra lors de la révolution française).

1769, il épouse Marie-Anne Gérard (1745-1823), artiste peintre grassoise spécialisée en miniatures. La même année ils auront une fille Rosalie (1769-1788).

1773, il voyage en Flandre, il rencontre Pierre-Jacques Onésyme Bergeret de Grandcourt (comte de Nègrepelisse, une halte se fit dans ce lieu lors du voyage), Fragonard y dessina le château, propriété de Bergeret, il lui propose d’être son guide lors d’un voyage en Italie et en Europe centrale.

1774, fin du voyage et  retour en France après avoir visiter Vienne, Prague, Dresde, Francfort, Strasbourg.

1780, Naissance d’Alexandre-Evariste, artiste peintre et sculpteur. Rosalie décède alors qu’elle n’a que 19 ans au château de Cassan (région parisienne).

Fragonard revient à Grasse de 1790 à 1791.

1793, il devient membre de la Commune des arts. Il fut également nommé par la suite un des conservateurs du Louvre par l’Assemblée nationale.

1805, il est expulsé du Louvre par décret national comme beaucoup d’artistes. Il s’installe chez un ami, Veri, au Palais royal.

C’est en 1806, qu’il décède.

La famille Fragonard était composée de plusieurs artistes

Marie-Anne Gérard l’épouse du peintre.

Marguerite Gérard sœur de son épouse et élève de l’artiste, peintre intimiste

Alexandre-Evariste son fils peintre et sculpteur

Théophile Fragonard son petit-fils (fils d’Alexandre)

 

Le musée Fragonard, se situe dans un bel hôtel particulier, l’hôtel de Villeneuve.

Dans la première salle un tableau du fils de Jean-Honoré Fragonard, Alexandre-Evariste, né en 1780 à Grasse, peintre et sculpteur. Cette toile montre  Marie Thérèse présentant le futur empereur Joseph II aux grands de Hongrie », l’artiste a mis Marie-Thérèse en lumière. Scène historique offert par Mme Claude Costa-Lalanne en souvenir de son père François.

" Le Marché à Grasse " de Jean-Honoré à la pierre noire, estompe et tons bruns, dans ce dessin on retrouve l’atmosphère propre aux marchés du midi, les personnages typiques du répertoire de l’artiste. L’usage des techniques variées permet de donner une animation toute particulière à la scène.

"Jeune-fille au ruban vert ", ce serait le portrait de l’actrice Marie-Catherine Colombe. Ici la touche est rapide, la lumière vient du bas, comme celle d’une scène de théâtre.

" Tête de vieillard de profil " la tète est comparable à celle du lavement des pieds qui se situe dans la cathédrale de la ville.

" Portrait de petit garçon en buste " il s’agit peut-être d’Alexandre Evariste le fils de l’artiste surnommé Fanfan (né le 26-10-1780).

Deux dessins de Jean-Baptiste Mallet (autre artiste de Grasse né en 1759, il fut élève de Simon Julien à Toulon et de Pierre-Paul Prud’hon à Paris) cet artiste a réalisé des gouaches et aquarelles de petites dimensions, qui constituent aujourd’hui une véritable chronique de la société du Directoire et Premier Empire. Peintre de genre, il réalise aussi des tableaux dans le goût troubadour.

" Jeune fille au bain" et" Jeune femme à sa toilette et sa servante " au lavis

" L’arbre " de Jean-Honoré Fragonard à la sanguine et pierre noire vers 1770. A partir de son premier séjour romain l’artiste exécute de nombreux dessins d’arbres, il les utilisera dans ses peintures.

" La jeune mère " pierre noire, estompe et lavis.

" Le voyage de Jacob " composition complexe ( l’artiste tient à devenir peintre d’histoire) dynamique d’ensemble, impression d’adieu et de séparation de deux groupes, ce qui renvoi au passage de la Bible qui parle du voyage de Jacob).

" Le diable en enfer " illumination des contes de la Fontaine (grande fidélité par rapport au texte) à la pierre noire et lavis.

fragonard le diable en enfer

" La ferme " sanguine datée de 1759, réalisée lors de son premier séjour à Rome, très bel exemple d’étude de la nature.

" Comment l’esprit vient aux filles ", illustration d’une œuvre littéraire des contes de la Fontaine.

" Trois vases antiques "1760 encre et lavis rehauts de blancs.

" Le triomphe de Neptune " 1761, l’artiste a réalisé ce dessin lors d’une halte à Florence accompagné de Bergeret de Grand Court, impressionné par les peintures de Luca Giordano.

" La visitation " œuvre préparatoire.

" La visite à la nourrice ", il s’agit peut-être un passage de l’œuvre du roman de Jean François de Saint Lambert Sarah TH…….. Jeune anglaise qui renonce à sa position sociale.

fragonard la visite à la nourrice

" Le sacrifice à la rose " peinture allégorique, elle évoque un monde ou poésie et mythes se confondent.

fragonard le sacrifice à la rose

" Le troupeau ", la reproduction de la nature, le ciel est nuageux .fragonard le troupeau

  .

fragonard l'amour folie  " L’Amour folie " gouache et aquarelle.

Deux œuvres en forme de tondo (ces œuvres étaient des dessus de porte), "  jeune fille délivrant un oiseau  de sa cage" surement le portrait de Marie-Catherine, l’une des sœurs de Colombe (actrice de la compagnie italienne) allégorie de la chasteté.

fragonard jeune fille delivrant un oiseau de sa cage

" Portrait de François de Bourbon " conte d’Enghien (c’est une des toiles du palais Bourbon)

" Portrait d’enfants au béret vert " Edmond et Jules de Goncourt ont écrit au sujet des portraits d’enfants « vraies miniatures de soleil où vous cherchez vraiment le travail, les hachures, le pointillé, les sécheresses desminiatures "

Cette exposition réserve un espace aux œuvres d’artistes de Grassois.

Tel que Marguerite Gérard née à Grasse en 1761, artiste peintre, fille du parfumeur Claude Gérard et belle-sœur de Jean-Honoré Fragonard elle fut son élève et sa collaboratrice. Connue comme portraitiste, elle peint aussi des scènes de genre.           

" Portrait de Jean-Honoré Fragonard "

" Portrait d’une grassoise " ou instantané de la vie familiale.

" Portrait présumé de Mirabeau "

" Portrait de Jean-Joseph Mougins de Roquefort " avocat au parlement  de Provence.

" La lecture " une des rares esquisses de Marguerite Gérard, elle est dans les tons ocre. Dans cette œuvre on retrouve le style de Fragonard.

 " Une mère avec ses deux enfants " il s’agit de la Duchesse de Berry ou Marie-Caroline de Bourbon (1798-1870), fille de François 1er, roi des Deux-Siciles (1777-1830) et Marie-Clémentine d’Autriche (1777-1801), fille de l’empereur Léopold II.  La duchesse est représentée avec ses deux enfants Louise et Henri, elle porte un chapeau gout renaissant oriental.

" Le concert " faisait parti des sujets fréquents de la peinture du XIX eme siècle, très beau rendu des vêtements, il permet de découvrir la mode de l’époque.

" La bonne nouvelle " ou la lecture d’une lettre, le dessin est très précis, rendu du détail.

marguerite gerard labonne nouvelle

" La jeune guitariste " jeune fille assise jouant de la guitare.

" ‘La nourrice ", une femme allaite son enfant (intimité féminine) cette peinture fut remarquée au salon de 1802.

marguerite gerard la nourrice

" L’instant de méditation " scène de genre et de portrait.

" Le livre ouvert " entre scène de genre et portrait, on remarque toujours la précision du dessin.

Nous retrouvons Jean-Baptiste Mallet, ses œuvres sont en général de petits formats. Une grande précision dans le dessin, les intérieurs reflètent le gout de l’époque ainsi que les vêtements. L’artiste apprécie également le gout néoclassique, il situe certaines compositions dans un décor gothique ou renaissance.

" L’entremetteuse " témoignage de la leçon de chant de son talent artistique.

"  Le déjeuner de l’accouchée "

" Réunion dans un salon "

"  La bénédicité ", " La lecture ", "l’allaitement ", " scène d’intérieur ",mallet scène d'interieur

" Héloïse à l’abbaye de Périclès ",

mallet duchesse d'angoulème" Madame la duchesse d’Angoulême",

" jeune couple avec servante"

Une visite de ce musée permet de découvrir plusieurs artistes grassois dans cette belle demeure aux plafonds à croisées d'ogives, ce qui donne  un petit air italien. A voir absolument.

fragonard musée

La collection présente des peintures et dessins, acquis par Hélène et Jean-François Costa. Grands amateurs d’art. Jean-François Costa a voulu rendre hommage à la ville de Grasse lieu de sa naissance, et veut faire partager sa passion pour l’art français du XVIII eme siècle.

Grasse hôtel de Villeneuve.  

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 13:39

La famille Ephrussi, famille de banquiers juifs originaires d’Odessa, ils se sont établis à Paris dans les années 1865-70, et à Vienne en Autriche.

Charles Joachim (1792-1864), nait à Odessa, il a bâtit la fortune de la famille, il était dans le commerce du grain. De son premier mariage avec Belle Levensohn, il a  deux enfants Léon et Ignace. 

Léon nait en 1826, il épouse Minna Landau, ils ont 4 enfants :

 Jules, épouse Fanny Von Pfeiffer, Ignace et Charles sans postérité, Betty épouse Maximilien Edouard Hirsh Kann, ils ont une fille Fanny, elle aura 4 fils.    

Ignace nait en 1829, il épouse Emilie Porges, ils ont trois enfants :

 Viktor Ritter von Ephrussi qui épouse Emmy Schey Von Koromla ils ont quatre enfants : Gisela, Elisabeth, Ignace, Rudolph, Stephan sans postérité,  Anna épouse Paul Herz Von Hertenried (ils ont deux enfants)

 Ignace fonde la banque Ephrussi en 1856 à Vienne, il est anobli en 1872 par l'empereur d'Autriche. Plus tard deux succursales seront ouvertes une à Londres l’autre à Paris, des membres de la famille  iront  à Paris et à Londres pour diriger ces banques.

Revenons à  Charles Joachim, il épouse Henriette Halperson en second mariage, ils ont quatre enfants Michel, Maurice, Thérèse, Masha.

Michel épouse Liliane Beer, ils ont trois fille, Thérèse épouse Léon Fould, ils ont un fils et une fille Maurice épouse Charlotte Béatrice de Rothschild sans enfant, Marie épouse Guy de Percin, ils ont une fille. 

 Charles Joaquim et sa famille ont quitté la Russie pour s’établir à Vienne ou il décèdera en 1864.

Jules et son épouse Fanny Von Pfeiffer viennent à Paris, Jules est banquier et administre avec ses oncles Michel et Maurice et leur associé Théodore Porgès la filiale française de la banque Ephrussi. Il fera construire un hôtel particulier de style Louis XVI à Paris.

Les frères de Jules, Ignace et Charles, sont également à Paris.

Charles (historien et critique d’art), s’est consacré à l’étude de la Renaissance Allemande, en particulier à Albrecht Dürer, mais aussi grand amateur d’art asiatique et collectionneur, il commence sa collection de Netsuke à Paris. Il rencontre les frères Goncourt dans les galeries, musées, dans les soirées mondaines. Il est ami avec les impressionnistes.

La famille Ephrussi fut dispersée dans le monde, issue de Russie elle s' est dispersée en France, Autriche, Angleterre, Mexique, Japon, USA. 

Il y a des descendants jusqu’à ce jour.

 

ephrussi 

 

Céramiste reconnu, Edmund de Waal (anglais)  auteur de ce livre est l’un des derniers descendants de cette illustre famille et héritier de la collection de netsuke. 

Il retrace toute l’histoire de la famille Ephrussi grands collectionneurs d’art. Récit passionnant qui narre le parcours d’une collection de netsuke (miniatures japonaises), changement de propriétaires, elle évite le pillage nazi grâce à une servante, elle traverse différents pays elle nous emmène jusqu’au Japon.  Cette collection appartient en premier au collectionneur Charles Ephrussi (historien et critique d’art), ami de Renoir et autres impressionnistes, de Marcel Proust. Puis, la collection part à Vienne lorsque Charles l'offre à son cousin Viktor en cadeau de mariage.

Plus qu’un livre c’est un document à lire absolument.

Editions Albin Michel 

 

A visiter également la villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Charlotte Béatrice de Rothschild épouse en 1883   Maurice Ephrussi.

Cette demeure fut construite entre 1905 et 1912  elle présente une collection importante de tableaux, porcelaines, et mobilier. Entourée de magnifiques jardins elle domine la mer.

Aujourd’hui cette villa appartient à l’académie des beaux arts de l’Académie de France

 

villa ephrussi 

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 14:58

Gabriel Dussurget  nait en 1904, en Algérie ou il passe son enfance, malade, on lui conseille de rentrer en Europe. Son destin va s’orienter au fil de ses rencontres, Maurice Escandre, homme de théâtre, qui fut administrateur général de la Comédie Française de 1960 à 1970, le met en contact avec le monde du théâtre. Lorsqu’ ‘il prépare son bac il rencontre Doda Conrad, fils de la cantatrice Maria Freund et Georges Hugnet jeune poète ami de Cocteau et Jules Supervieille. Il rencontre le tout Paris musical avant d’avoir 20 ans, il fréquente le salon de Madame Freund, l’entourage de Jean Cocteau et va à la Comédie française.

 

1928, il rencontre Henri Lambert (acteur), avec qui il partage sa vie. Ils vont assister à tous les opéras que ce soit à Milan Salzbourg, rencontrent de nombreux artistes, musiciens, compositeurs, comédiens. Ensemble ils vont créer, le bureau des concerts de Paris et feront débuter de nombreux artistes.

 

1942, ils fondent une école d’art lyrique au théâtre Daunou, une école d’art dramatique en compagnie de Jean-Louis Barrault, Madeleine Renault, Raymond Rouleau et bien d’autres.

 

1945, c’est avec Roland Petit et Boris Kochno, il participe à la création du ballet des champs Elysées qu’il administre avec Henri Lambert.

 

 C’est en 1948 que la comtesse Lily Pastré, musicienne et mécène, voulait créer un festival près de Marseille, elle fait appel à Gabriel Dussurget qui cherche un lieu pour ce festival. C’est avec l’aide de Roger Bigonnet, représentant du casino de la ville que Dussurget créé le festival avec Henri Lambert, la comtesse Pastré et Edmonde Charles-Roux qui apporta sa collaboration. Ce festival s’ouvre avec un Cosi Fan Tutte de Mozart.

Gabriel Dussurget va diriger ce festival jusqu’en 1972, il aimait donner sa chance à des jeunes artistes tel que Jean-Pierre Rampal, Gabriel Basquier, Règine Crespin, Pierre Boulez, Teresa Berganza, Serge Baudo et tant d’autres.

En 1959, il travaille à l’opéra de Paris, il est conseillé artistique de Georges Auric administrateur, ils sont nommés par André Malraux.

Il décède en 1996.

L’Histoire du festival d’Aix

 

Le festival d’art lyrique d’Aix en Provence, est un festival d’opéra et de musique classique. Il fut crée en 1948 par Gabriel Dussurget, il a lieu tous les étés à Aix dans différents lieux. C’est l’un des grands festivals lyriques européens, avec une affinité particulière pour les opéras de  Mozart.


A l’origine les représentations se déroulaient en plein air dans la cour de l’archevêché, maintenant il se déroule dans différents lieux : le théâtre de l’archevêché, le théâtre du jeu de Paume, l’hôtel Maynier d’Oppède et plus récemment dans le grand théâtre de Provence (construction en 2007).

 

Le souhait de Gabriel Dussurget était d’encourager l’activité musicale dans la région marseillaise. Il sera le directeur de ce festival jusqu’en 1972.

 

Lors du premier festival c’est Cosi fan Tutte qui est donné en juillet dans la cour de l’archevêché, c’est le chef autrichien Hans Rosbaud de Baden-Baden qui dirige. Ce chef  dirige l’orchestre de la radio de  Francfort de 1929 à 1937 et interprète des œuvres d’Arnold Schoenberg, Bartók, Stravinski, Hindemith, Krenek. Il a exercé une forte influence sur Pierre Boulez. La même année des concerts et récitals sont donnés, à la cathédrale Saint-Sauveur, une messe du couronnement avec Maria Stader, soprano Suisse, elle est réputée pour la clarté et la finesse de sa voix.

 

1949, c’est Don Giovanni qui est programmé, très grand succès, décors et affiches d’Adolphe Jean Marie Mouron dit Cassandre, décorateur de théâtre, affichiste, peintre, lithographe. Il fut particulièrement marqué par le  cubisme et le  purisme, ainsi que par le travail des photographes et des cinéastes.

 

Trois opéras sont programmés deux de Mozart, par festival et le troisième tiré des répertoires baroques ou contemporains.

Des changements seront effectués lorsque Gabriel Dessurget ne sera plus directeur.

 

En 1974, c’est Bernard Lefort qui le remplace ; il ouvre le festival au bel canto avec des opéras de Verdi et Donizetti

 1982, Louis Erlo devient le directeur (ancien directeur de l’opéra de Lyon) il programme des opéras baroques, Purcell, Gluck, Lully, Rameau

1998, Stéphane Lissner, ancien directeur du théâtre du Chatelet prend la direction du festival, il programme Don Giovanni, mise en scène de Peter Brook, direction Claudio Abbado. Il invite de nombreux metteurs en scène, Chéreau, Deschamps, Makeieff, Pina Bausch et fait créer le balcon (d’après l’œuvre de Jean Genet) Peter Eötvös y collabore, il est compositeur et chef d’orchestre hongrois.

La cour de l’archevêché rénovée devient le théâtre de l’archevêché.

Dans les années 2000, le festival s’associe avec le festival de Pâques de Salzbourg pour la production du ring de Wagner, direction Simon Rattle avec l’orchestre de la philharmonie de Berlin.

 2007, Bernard Foccroulle, ancien directeur de la Monnaie à Bruxelles prend la direction du festival.

2011, la Traviata de Verdi  au programme avec Nathalie Dessay dans le rôle de Violetta, direction Louis Langrée.

  David McVicar a réglé "La Clémence de Titus" de Mozart, avec le LSO dirigé par son président Sir Colin Davis.
Joël Pommerat   librettiste et metteur en scène dans la création mondiale de "Thanks to my eyes" du jeune compositeur italien Oscar Bianchi.
Ce festival depuis 1948, accueille les plus grands artistes.

 le magicien d'aix

Ce livre nous fait découvrir les mémoires, les souvenirs intimes et musicaux de Gabriel Dussurget, fondateur du festival d’Aix en Provence. Il évoque ses rencontres, ses amours, le tout Paris des années folles. Intuitif il découvre de nouveaux talents.

 Ce récit fourmille d’anecdotes, de rencontres, c’est le parcours d’une vie musicale intense.

Un livre passionnant à lire absolument.

Chez Acte Sud

 

 

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 15:49

La Renaissance marque la transition entre le Moyen-âge et l’époque moderne en Europe.

 

La Renaissance italienne débute fin XIV eme  ou trecento  jusqu’au XVI eme  cinquecento.

C’est un grand changement culturel en Europe, c’est le décloisonnement de tous les savoirs : musique, poésie, peintures, architecture, c’est le retour à la culture classique.

C’est aussi la mise en œuvre culturelle  de la perspective, de la politique. 


Période de l’essor économique, les routes commerciales de l’Orient s’ouvrent aux marchands européens, l’Italie étant au centre de la méditerranée, elle devient la plaque tournante commerciale entre Asie et Europe. Les cités marchandes s’enrichissent grâce au commerce des épices et de la soie. Un système bancaire moderne se créé et une nouvelle classe bourgeoise voit le jour. Cette richesse amène les cités italiennes indépendantes à rivaliser entres elles dans le domaine culturel et les sciences.

 

Chaque prince pour paraître plus puissant que son voisin est prêt à dépenser des fortunes pour obtenir les meilleurs artistes et les plus beaux monuments.

L’état princier dans l’Italie de la Renaissance : C’est la violence, l’art, la politique. Il est le terreau culturel le plus fécond d’Europe, paradoxe surinvestissement culturel dans la gamme des systèmes politiques européens. Il faut comprendre la qualité du temps, la chronologie politique, la floraison des arts, comprendre aussi l’état princier italien.

 

Jusqu’à la fin du XIV eme siècle, la famille Albizzi est à la tête de la ville de Florence. Leurs opposants sont les Médicis, Jean puis Cosme. Les Médicis contrôlent la banque (des Médicis)  qui est la plus puissante d’Europe, ainsi que plusieurs entreprises qui se situent à Florence et en différents lieux. Cosme fut exilé par la famille Albizzi, mais une Seigneurie pro-Médicis élue l’année suivante lui permis de revenir. Les Médicis prennent la tête de la ville qu’ils garderont pendant trois siècles. Florence reste une république jusqu’en 1537, date qui marque la fin de la Renaissance dans la cité. Les Médicis contrôlent les institutions républicaines sauf en 1494 et 1527. Cosme et Laurent n’occupent que rarement des postes officiels, mais restent les dirigeants de la ville. Cosme reste très populaire, il a apporté une ère de prospérité et de stabilité à la ville, la paix de Lodi avec François de Sforza, ce qui a permis de mettre fin à la guerre contre Milan, et apporter une stabilité à l’Italie du nord. Cosme est également un grand mécène. Son fils Pierre lui succède peu de temps, il décède cinq ans après. C’est donc Laurent (petit-fils de Cosme) qui prend officiellement le pouvoir à Florence, il créé un nouveau conseil des sept qu’il préside, mais l’empire commercial des Médicis s’érode. Laurent perpétue l’alliance avec Milan, en 1478 les relations avec la papauté se dégradent,   les agents du Pape se lient avec la famille Pazzi (famille noble aristocratique opposée aux Médicis), le frère de Laurent est tué, ce qui déclenche une guerre contre la papauté.

 

La Renaissance nait en Toscane à Florence et à Sienne, ensuite à Venise.


La culture toscane devient bientôt un modèle pour tous les États de l’Italie,les Italiens de Toscane prédominent dans toute la région, notamment en littérature.

 

François Sforza métamorphose Milan, cette ville encore médiévale devient un centre majeur d’art et d’apprentissage.

 

Venise, une des villes les plus riches, par sa domination de la mer Méditerranée, devient également un centre culturel, surtout en architecture.

L'apparition de petites cours implante le mécénat  dans des villes de moindre importance, qui développent leurs propres arts : tel que Ferrare, Mantoue sous les Gonzague, Urbino sous Frédéric III de Montefeltro.

 

Au XV eme siècle la Renaissance s’installe à Rome, la papauté est de retour dans la ville depuis 1417. C’est sous le pontificat de Nicolas V (élu Pape en 1447) que la grande transformation commence, la papauté va être sous le contrôle des familles riches tel que les Borgia et  Médicis, l’esprit de la Renaissance artistique et philosophique va dominer la papauté,  la ville atteint la splendeur des autres villes italiennes tel que Pérouse, Assise, Orvieto, Urbino, cette ville devient après Florence un des hauts lieux de la Renaissance. L’architecture est à la mode Antique.

Rome sera en grande partie reconstruite par les papes des XV eme et XVI eme siècles à cette époque les plus grands artistes vont venir s’y s’installer, Botticelli, Michel-Ange, Raphael, époque de la construction de la chapelle Sixtine.

 La Renaissance italienne culmine au xve siècle. Pendant les invasions étrangères qui meurtrissent la région (guerres d’Italie) les idées et idéologies de la Renaissance se répandent dans toute l’Europe, déclenchant la Renaissance au nord à Fontainebleau puis à Anvers et en Angleterre.


 Les  grands travaux  architecturaux sont nombreux  :  le Dôme  à Florence, la basilique Saint Pierre à Rome.

 

La quatrième croisade a éliminé l'Empire byzantin qui rivalisait commercialement avec Gènes et Venise. Les marchandises venant d'Orient tel que la soie, les épices, les colorants, importées en Italie et revendues dans toute l'Europe. A l'intérieur du pays les cités états profitent de la région agricole de la vallée du Po. Les routes terrestres et maritimes apportent la laine, la farine, les métaux précieux de France, d'Allemagne et Pays-Bas en passant par les foires de Champagne. Le commerce s'étend de l'Egypte à la mer Baltique et permet  des investissements considérables dans les exploitations minières et dans l'agriculture. Florence est  l'une des villes les plus riche d'Italie, en grande partie grâce à sa production de laine, textile sous la guilde commerciale dominante. La laine importée d'Europe du nord ( d'Espagne à partir du XVI eme siècle), les colorants venus d'Orient, sont utilisés à la fabrication des textiles de grande qualité.

 

Ces routes commerciales italiennes, qui se déploient sur toute la Méditerranée et au-delà, véhiculent culture et connaissance. Pendant la période médiévale, les travaux incarnant l'éducation classique des grecs se sont répendus en Europe occidentale, à travers les traductions et les traités arabes, depuis Tolède et Parme. C'est grâce aux croisades que s'est fait le premier contact de l'Europe avec l'éducation classique, qui était préservée par les arabes, l'évènement le plus marquant reste la Reconquista espagnole au XV eme siècle, dont résultent les traductions de textes arabes par les spécialistes de l'école de Salamanque.  La pensée scientifique, philosophique et mathématique entre en Italie par l'Egypte et le Levant. Eléments déclancheurs des nouvelles études linguistiques de la Renaissance.

Les érudits traduisent les textes grecs et sont capables d' apprendre aux italiens à les lire (venus de Constantinople après sa conquête par les forces ottomanes en 1453). Ce qui permet  la renaissance des académies de Florence et Venise. 

Les érudits humanistes cherchent dans les bibliothèques monastiques d'anciens manuscrits et retrouvent Tacite et autres auteurs latins, avec la redécouverte de Vitruve, les principes architecturaux peuvent être observés et les artistes de la Renaissance sont encouragés, dans l'optique de l'optimisme humaniste, à dépasser les Anciens.

 

En ce qui concerne l’art, La Renaissance italienne est caractérisée  par les références du retour à l’Antiquité gréco-romaine. Elle est le berceau d’une pléiade d’artistes prestigieux tel que Léonard de Vinci, Raphaël, le Titien, Sansovino, Michel-Ange, Botticelli, Raphaël, Verrocchio, Brunelleschi, Michelozzi et beaucoup d’autres.


De nombreux mécènes ont constitué de grandes collections et permettent à ces artistes de s’exprimer .


Les Médicis à Florence soutiennent Verrocchio et Botticelli.


Les Montefeltro (famille qui gouvernait le cité d’Urbino ainsi que le duché de même nom) ; ont passé de nombreuses commandes en peintures, tapisseries.


Ludovic Sforza duc de Milan fait travailler Léonard de Vinci et Bramante.


Les papes Alexandre VI Borgia, Jules II, Léon X, Paul III Farnèse font  venir les artistes  de la Renaissance à Rome, Michel-Ange peint la Chapelle Sixtine, Raphaël.


Les guerres d’Italie ont permis aux rois d’entrer en contact avec l’art de la Renaissance italienne, un exemple avec François 1er qui fit venir Léonard de Vinci à Amboise, Benvenuto Cellini, Le Primatice, Fiorentino à Fontainebleau.

De riches marchands sont devenus amateurs d’art dans toute l’Europe.


L’architecture marque le gout des lignes antiques, l’ornementation est foisonnante, les inspirations sont païennes, des scènes rappellent la mythologie gréco-romaine qui se traduisent par des arabesques, feuilles d’acanthes, coquilles. L’ornementation est la sculpture. 


Le mobilier du XVI eme siècle est lié étroitement à l’architecture, technique de sculpture sur bois, le même style qu’au XVeme siècle, en plus on trouve de grandes tables et des sièges en X , le style du siège romain. Le cabinet fait son apparition, il s’agit d’un meuble à compartiments, il comporte des tiroirs et des portes, il est utilisé pour ranger des objets précieux, il remplace le coffre.

L’influence du mobilier italien se diffuse dans toute l’Europe, sauf en Espagne.

La sculpture du meuble est d’une grande qualité, le bois utilisé est presque toujours le chêne jusqu’à la fin du XV eme. Des cariatides, des niches, des frontons, des pilastres, des rinceaux, des mufles, lions sont sculptés dans le bois massif. Ensuite le chêne sera remplacé par le noyer, le fer forgé sera aussi utilisé très ouvragé.


L’art de la tapisserie se développe, elle reflète le gout pictural de l’époque. Les " tapis d’or ", souvent appelés ainsi parce qu’ils comportaient parfois des fils d’or et d’argent dans la  trame (typiquement bruxelloise), les manufactures les plus importantes : Flandres, Suisse, Allemagne, Fontainebleau, Paris .

 

 En peinture il existe 4 périodes :


La première concerne la pré-renaissance il s’agit de  l’art toscan entre 1300 et 1400, Les artistes  Giotto, Lorenzetti, Duccio, Martini  opèrent une transition entre l'art primitif byzantin et la Rome antique.


La 1ere renaissance concerne la période de 1400 à 1500, la peinture prend une position prédominante par rapport aux autres genres artistiques. Les artistes : Masaccio, Uccello, Piero della Francesca, Botticelli et Mantegna.


La haute renaissance fait référence aux arts de la Rome papale, de Florence et de la République de Venise entre 1500 et 1530. Les artistes : Michel-Ange, Raphaël, Léonard de Vinci et Titien.


La dernière période concerne le maniérisme de 1520 à 1580, un grand raffinement dans les œuvres, c’est la liberté d’expression, les œuvres sont sophistiquées les artistes : Pontormo, Bronzino et Tintoret .

 

La nature de la Renaissance change à la fin du XV eme siècle. L'idéal de la Renaissance a été pleinement adopté par les classes dirigeantes et l'aristocratie. A l'origine, les artistes de la Renaissance étaient vus comme des artisans avec peu de reconnaissance et peu de prestige. A la fin de celle-ci, les grands artistes exercent une énorme influence et peuvent exiger des honoraires importants. Un commerce florissant s'est developpé autour de l'art .

 

Fin XVI eme; c'est la régression économique en Italie, dans le commerce, dans les sciences, le changement des routes commerciales après la découverte de l'Amérique. Marginalisation de la Médeterranée, les nations de l'Atlantique profitent des nouveaux équilibres géopolitiques, l'Espagne, le Portugal, la France, l'Angleterre, les Pays-Bas et les pays de l'Europe du nord. C'est aussi l'époque de la Réforme protestante.


L’exposition présente 20 tapisseries


Presque toutes les tapisseries présentées viennent des collections de Louis XIV  dans sa collection trois parmi les plus belles de l'exposition.


La tenture du " triomphe des dieux " d’après les dessins de Giovanni da Udine, le tissage est bruxellois daté de 1570, en soie, laine et or, ces tentures furent acquises par Louis XIV en 1664.

 

Les grandes tapisseries d’après les dessins Julio Romano "l’histoire de Constantin ", " les fructus belli ", " l’histoire de Scipion ".

Les tissages d’après les cartons de Raphaël " la messe de Bolsène " 

 

Ce sont des réalisations de la manufacture des Gobelins au XVII eme siècle

 

D'autres tentures viennent du musée des Gobelins

 

 

Giovanni da Udine 1487-1564, peintre et architecte romain. Après avoir séjourné à Venise, il va à Rome où il devient élève puis assistant de Raphaël. Il est responsable de la plupart des éléments dits "décoratifs " des projets artistiques de son maître. Il est spécialiste des fresques et des  décors de grotesques en stuc, Il est l’auteur des stucs de la Loggia di Raffaello (Vatican, 1517-1519), des ribambelles de fruits de la loggia di psiche de la  Villa Farnesina.

 

"Le triomphe des Dieux" comporte trois grandes tapisseries d’après les dessins de l’artiste, une tenture représente" le triomphe de Vénus"  , une autre  " le triomphe de Bacchus"  et  "le  triomphe de Minerve"  ces tentures nous  donnent un aperçu de l’art grotesque  ( figures extravagantes, personnages ou animaux fantastiques).

 

Julio Romano, 1499-1546 peintre, architecte et décorateur romain, il est également l’élève de Raphael , exécute la plus grande partie des fresques  des loggias du  Vatican  (d'après les dessins de son maître), dans les  stenze   du Vatican, un groupe de figures faisant partie de la fresque dite de l’incendie de Borgo,et l'essentiel des compositions de la chambre dite de Constantin.

"La bataille de Constantin " Jules II décide de disposer cette tapisserie dans la salle de Constantin. il s’agit de la victoire de l'Empereur Constantin sur Maxence, victoire qui permet de mettre un terme à la persécution des chrétiens et de reconnaitre le christianisme comme religion de l'Empire.  

 

tapisseries la bataille de constantin

 

"Les fructus Belli " ou fruits de la guerre. 4 tentures sont présentées

" Le diner du général ", des officiers vainqueurs dinent à l’extérieur, tandis que  les mendiants sont éloignés.


tapisserie- le diner du général

" L’Incendie ", représente une ville en flamme, la population civile fuit, en y laissant ses biens .


" La récompense et le châtiment ", devant un palais, un roi est assis sur un trône, le coté droit est occupé par des têtes couronnées, à gauche un bourreau s’apprête a trancher la tête d’un condamné  qui a les yeux bandés.


"Le char de triomphe ", le général vainqueur  est conduit vers la ville conquise, son char est précédé de trophées et de prisonniers.

" L’histoire de Scipion " commande de François 1er, tenture d’or et de soie, il s’agit de l’histoire de Scipion l’Africain, campagnes victorieuses menées par ce jeune romain  au III eme siècle avant JC contre Hannibal à Carthage, pendant la seconde guerre punique.

Trois tapisseries sur ce thème sont présentées " le combat du Tessin ", "le repas chez Syphax", " l’Incendie du camp "

 

Raphaël 1483-1520, peintre et architecte né à Urbino, sa vie se partage en trois période : jeunesse et formation, Florence, Rome au  Vatican il est chargé de la décoration des salles du palais de Jules II , que celui-ci projette d’habiter pour ne pas subir la néfaste influence de la puissante famille Borgia 1503-1513 .(Période à laquelle les dessins pour les tapisseries furent exécutés).

 

" La messe de Bolsène ", tissage en laine et soie.

tapisserie la messe de bolsène

 

Le pape Jules II décide d’illustrer un miracle survenu à Bolsène, près de Viterbe en 1261. Un prêtre  bohémien avait des doutes sur la présence réelle du Christ dans l’hostie,  au cours d’une messe qu’il célébrait, il vit jaillir du sang de celle-ci. Ce miracle fut à l’origine de la fête du Corpus Christi.


"La tenture des actes des apôtres" d’après Raphael, présentation de 4 tapisseries. La tenture des actes des apôtres était dans l’église Sainte-Geneviève-du-Mont  à Paris jusqu’en 1789. Aux Gobelins en 1794.A l’exposition "La conversion de Saint Paul ", "l’aveuglement d’Elymas ", "Saint Paul prêchant à Athènes " et "Saint Dominique béni par le pape".

 

 tapisserie la convertion de st paul

 

 

 

 

 

 

La tenture de Vulcain inspiration d’une tenture bruxelloise, trois tapisseries composent cet ensemble, "Neptune et l’Amour plaidant la libération de Mars et Vénus ", "Vulcain préparant ses filets ", " Mars revêtant son armure ".

 

Quelques tapisseries florentines du XVI eme siècle, acquises par le musée des Gobelins au XIX eme siècle.

"L’âge de l’homme " d’après les dessins de Vasari, en laine et soie,  cette tapisserie faisait partie d’une série de 14 sur la vie de l’homme. Celle qui est a l’exposition représente un homme d’âge mur gravissant la montagne sacrée sur laquelle brillent des rayons divins, il est accompagné par la foi, à gauche, par l’innocence à droite suivie d’un enfant transformé en angelot, la foi porte un vase d’or recouvert d’un voile.

 tapisserie vasari

 

" Le tournoi " d’après le carton Cinganelli . Il s’agit d’une fête qui se déroulait pendant le carnaval, à la date du 6 février le grand duc Come II y participa.

 

Quelques extraits de la revue "les dossiers de l’art" .

 

 

Plus que quelques jours pour admirer ces magnifiques tapisseries, l’exposition se termine le 24 juillet à la manufacture des Gobelins à Paris.

 


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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 16:30

Cornelis Théodorus Marie Van Dongen dit Kees Van Dongen nait en janvier 1877 à Delfshaven (banlieue de Rotterdam).

1892, il débute des études de peinture à l’Académie Royale des Beaux-arts à  Rotterdam jusqu’en 1897, il fréquente le quartier rouge du port de la ville, ce qui va lui permettre de peindre des matelots, prostituées.

1897, il vient à Paris et y réside plusieurs mois.

Il y rentre en 1899 pour rejoindre son amie Augusta Preitinger (Guus)  rencontrée à l’Académie, il l’épouse en juillet 1901.

1905, il expose au Salon d’Automne (salon controversé) Henri Matisse y expose également.

L’artiste se présente comme illustrateur d’inspiration anarchiste, il intègre les milieux d’avant-garde et prend part à l’aventure des « fauves ». Il peint les milieux urbains et s’oriente vers les portraits, les femmes, scènes de cabaret, cirque, les sujets exotiques, orientalistes. Il est très bien introduit dans la haute société.

1920, 1930 il devient le portraitiste du tout Paris.

1922, il reçoit la légion d’Honneur.

1928 il obtient la nationalité française. Il devient membre du groupe expressionniste allemand  Die Brücke.

1941, il participe avec sept écrivains français au voyage politique qui fut organisé par Joseph Goebbels, ministre de la propagande du reich, dans l’ Allemagne nazie, la réputation de l’artiste sera ternie auprès de la critique moderne.

 Il va se retirer du milieu artistique pendant quelques années, il reviendra pour faire le portrait de Brigitte Bardot.

Il décède à Monaco en 1968

 

 

Expressionniste allemand  

L’expressionnisme allemand, fut créé au début du XX eme siècle, en Europe du Nord, principalement en Allemagne, il est une réaction à l’impressionnisme français, qui décrit la réalité physique,l'expressionnisme allemand lui ne s'attache plus à cette réalité et la soumet aux états d'âme de l'artiste.

L’expressionnisme est la projection d'une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive.

Les œuvres mettent souvent en scène des symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du symbolisme.

L’expressionnisme est plus une réaction contre l'académisme et la société.

C’est aussi la rupture avec l'impressionnisme à travers une forme très agressive : des couleurs violentes, des lignes acérées. Il s'inscrit alors dans la continuité du fauvisme   qui commence à s'épuiser et dont les principaux représentants s'éloignent plus ou moins brutalement. 

L'expressionnisme a touché de multiples domaines artistiques : la  peinture mais aussi l’architecture, le cinéma, la danse, la musique,  la littérature, le théâtre .

Plusieurs mouvements artistiques sont rattachés à l’expressionnisme.

Le Die Brücke à partir de 1905

Le Der Blaue Reiter en 1912

 Le Bahaus à Weimar en 1919

Le Die Brücke (ce qui signifie le pont),  est un groupe artistique rattaché à l’expressionnisme, il fut créé en 1905 à Dresde par Ernst Ludwig Kirchner, Fritz Bleyl, Erich Heckel et Karl Schmidt-Rottluff. Ils sont rejoints par Max Pechstein et Emil Nolde l’année suivante, Otto Muller en 1910, Van Dongen les rejoint  par l’intermédiaire d’artistes français

L’idée du groupe est d’attirer tout élément révolutionnaire qui souhaiterait se joindre à eux, c’est ce qu’ils expriment dans un courrier adressé à Emil Nolde, l’intérêt : détruire les anciennes conventions, à l’identique de ce qui se passait en France

Aucune règle est imposée, chacun doit donner l’expression immédiate aux pressions émotionnelles de l’artiste, la préoccupation formelle était moins importante que chez les artistes fauves Braque, Matisse

Pour les allemands le contenu est plus important que la forme.

La palette de Van Dongen est raffinée, par ses voyages au Maroc, Espagne, Egypte il nous rappelle la peinture orientaliste, c’est par la couleur qu’il devient « Fauve ». A l’époque des années folles, il est l’artiste mondain, ce qui lui permet d’organiser de grandes soirées et de réunir  artistes, mannequins, gens de théâtre de music hall.

Il est Fauve, anarchiste et mondain,

A l’entrée de l’exposition une immense photo présente l’artiste assis sur un sofa, quelques vases, un tableau font la décoration  la pièce.

Les différents thèmes développés nous permettent de découvrir son évolution artistique et ses techniques, (il apporte une touche supplémentaire étant d’origine néerlandaise).

Les premières toiles :

Un " Autoportrait " daté de 1895

"La chimère Pie" 1895-97, mi cavale mi chimère, les  tons  noir, gris et blanc

van dongen chimere

"Le voorhaven" (le dimanche) daté de 1895

"Canal à Delfshaven" 1815

"Portrait d’une Zélandaise" 1898, elle est présentée de profil

"Retour des champs" au crayon et aquarelle 1898

 

Rotterdam Montmartre 1898-1904

Séjour d’un an en 1897 l’artiste est animé par un idéal anarchiste, il s’y installe en 1899 avec Guus sa compagne. Il rencontre le critique d’art, Félix Fénéon et le peintre néo-impressionniste Maximilien Luce, tous les deux  proches de la mouvance anarchiste il participe à une exposition chez Vollard, elle marque les débuts de l’artiste.

Il peint des vues de Paris, Sacré Cœur, Buttes Chaumont, ponts sur la Seine, quelques marines.

La palette : les couleurs sont pures, franches et traduisent une certaine immédiateté de la réalisation.

Quelques toiles :

"Une femme rattache son jupon", "la pluie" datée de 1894, "le promenoir" en 1904, il s’agit du Moulin Rouge, "le Sacré Cœur" 1904, "Trouville" daté de 1904 la mer est en relief, les couleurs sont vives et irisées. "Une maison de Montmartre" 1904, "Sacré Cœur le matin" 1904, portrait de "Jan Van Dongen" 1901.

van dongen montmar trre

Van Dongen dessinateur 1898-1904,

L'artiste fait ses premiers pas de dessinateur de 1896 à 1903, ce qui a joué un rôle crucial dans son oeuvre.

Quelques dessins colorés sont exposés tel que :

"Marins et filles" 1903, "Les tricoteuses" 1903, "la laitière hollandaise" 1903, "Buveuse d’Absinthe" 1905,

la buveuse d'absinthe

"le cirque" 1905," Au music-hall" 1905, "la parade" 1904, "les artistes du cirque" 1904, "les deux clowns" 1904, "femmes de Rotterdam" 1899, "rue chaude à Rotterdam" 1902, "le bout de la route" 1899, "café de nigthlamp" 1902-04., "intérieur pauvre", 1898, "souvenir Groendal" 1890, "le peintre Addick dans son atelier" 1898 crayon aquarelle, gouache sur papier.

 

Le fauve au Bateau-lavoir 1905-1906

C’est à cette période que l’artiste change sa manière de peindre, il prend la technique néo-impressionniste de Signac.

Il peint des champs de chaume, des meules de foins tout cela ponctué de nuances de blanc.

Il expose au salon d’Automne, le « Manège aux cochons » en 1905, c’est au Bateau-lavoir qu’il fera parti des Fauves (Vlaminck, Derain, Matisse etc…).

Quelques exemples :

"La jarretière" en 1906, "Maisons à Amsterdam" 1907, "La penseuse" 1907, La Matchiche" 1906,( il s’agit d’une" danse), "la danseuse Chinagrani" 1906, "la fille aux rubans" 1909, "ma gosse et sa mère" 1907 ; "Modjesko (chanteur soprano) 1907,

chanteur

"Liverpool "1907, "Fernande Olivier dans l’espagnole" (compagne de Picasso) toile datée  1907-1908, "l’Idole" en 1908 il s’agit de l’épouse de l’artiste Guus, le corps est offert à la lumière, le visage disparaît dans l’ombre.

van dongen l'idole

"Le boniment" 1905, toile exposée aux Indépendants en 1908, les couleurs sont posées par ruissèlement de taches rouges, jaunes, vertes, orange et blanches. Les formes sont diluées à l’arrière plan.

"Le cirque Medrano " la scène est d’une spontanéité extraordinaire.

"Meules" en 1905," lieuses" 1905, "Manège de cochons" 1905, "Un carrousel" même année.

 

Un nègre blanc 1907-1911

Van Dongen est le lien entre les fauves et expressionnistes allemands, comme Max Pechstein, Alexeï Von Jawlensky.

En 1908, l’artiste s’installe dans un atelier proche des folies Bergères, ce qui lui apporte des nouvelles sources d’inspiration.

 

""Les lutteuses" datée de 1908,

les lutteuse

 

"le maillot blanc", "Femme assise" même année. "Le chapeau rose" 1907, "Nini danseuse aux folies  Bergères 1909, portrait de "Daniel Kahnveile" en 1909," le vieux clown" 1910-1945.

"Fernande Olivier" en 1905, elle est sa voisine au Bateau-lavoir, elle devient modèle.

fernande olivier

Un couple (de noirs) "Lucie et son danseur" 1910-11,

Van Dongen Lucie et son danseur

"Lucie" en 1909, "Portrait d’Adèle Besson "1909, "nu à la corbeille de fleurs" 1908.

Exposition de quelques céramiques datées de 1907, il a fait 40 pièces en tout.

Assiettes à motifs floraux exposées à la galerie Bernheim jeune

2 vases, une assiette intitulée " l’écuyère ",

"Mistinguett" 1909, en faïence commande d’Harry Kessler,

ceramique van dongen

autres assiettes "les amies" 1909, "cheval dansant", "Modjesco" 1909, "trois nus" 1912,ceramique

"nu" 1909," Fernande Olivie"r 1909, "l’idole" 1909, "mère et enfant" 1909," archer à cheval" 1908 sur des carreaux de faïence.

Les motifs  ont des contours dans les tons de bleus.

 

Les voyages au Maroc et en Espagne : l’Orient réinventé

En 1910, Van Dongen voyage en Espagne et au Maroc

L’artiste peint des jeunes femmes à Séville 1910, il a un intérêt pour les châles, les couleurs sont vives sur des fonds clairs ce qui fait ressortir le motif.

images

"Tanger 1910", tanger "le doigt sur la joue" 1910, "Emilie Navarro" 1910," femme arabe" 1910-1927, "Andalousie" , il s’agit d’une femme enveloppée dans un immense châle 1910-11, "Saida" (visage rouge) 1913, "Marchandes d’herbes et d’amour" 1913,

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"les fellahs le long du Nil" 1913, "Taale "1913.

 

Les années Montparnasse 1912-1916

Il décore son atelier comme un palais oriental, il y organise de nombreuses fêtes. Il fréquente des antiquaires, des modèles, des artistes, écrivains, chroniqueurs, Paul Poiret, la Marquise Luisa Casati égérie italienne. En 1913, il quitte Paris et va visiter l’Egypte, Venise, il en rapportera de nombreux objets. Pendant la guerre il reste à Paris, tandis que son épouse et sa fille sont en Hollande.

1916, il rencontre une nouvelle compagne Jasmy, il changera d’atelier il va à la villa Said. Pendant cette période pleine de rebondissements il peint "Jack Johnson" en 1914, "Amusement" 1914," la commode" en 1912, femme" au fond blanc" 1912, "femme assise" 1911 le dessus de lit et les coussins sont de motifs orientales. "Femme avec un grand châle très coloré", "nu assis" 1910-11, "nu couché" 1911, "femme sur un fond rouge" 1909, "la vasque fleuri"e 1913,il s’agit de Luisa Casati dans son palais vénitien elle est vêtue d’un voile transparent.

van dongen vasque fleurie

Le temps de changer nous empruntons un couloir sur les murs quelques photos , un fond musical diffuse « Achin Hearted blues » par le Clarence William’s blue five.

 

Van Dongen illustrateur et affichiste

Il s’est bien souvent consacré à l’illustration, quelques revues sont présentées à l’exposition, « l’assiette au beurre » revue anarchiste. En 1902 il publie un numéro spécial de l’hebdomadaire satirique hollandais « De ware Jacob » consacré à la guerre des Boers, il s’agit (pamphlet contre la guerre). En 1920, l’artiste revient vers le dessin d’illustration à travers une série d’affiches représentant des artistes de l’époque. Ces affiches sont souvent tirées des tableaux peints par l’artiste. Quelques exemples avec "Yvonne Georg" pour le grand palais, "le bal des fleurs" pour la maison de l’œuvre en 1926, "le bal des petits lits blancs" pour l’opéra (lithographie de 1927),

van dongen affiche

escuderoVincente Escudero" 16 décembre 1925,

"Paulette Pax" 1927, "Lili Damita" 1926 pour le Salon d’Automne, "Ludmilla Pitoëff Sainte Jeanne" ,1926, "Mademoiselle Paris" 1933.

Quelques illustrations de livres, les contes des 1001 nuits, Deauville, Poiret aquarelle et dessins 1931, un catalogue de ventes pour le Salon d’Automne daté de 1929, le domino ou sortie de l’opéra, affiche de 1901, femme se chaussant 1902-1903, Deware Jacob, hebdomadaire hollandais en 1902, illustration de l’assiette au beurre.

L’Atelier de Van Dongen 1919-1931

Un tapis daté de 1919 pour la villa Saïd, d’après Van Dongen, Paul Poiret atelier Martine ce tapis est appelé " paysage de rêve "

L’artiste organise de nombreuses fêtes, elles ont un caractère conventionnel, joyeux, brillant.

L’artiste déménage à nouveau, il va vers la place Wagram, quelques photos illustrent ce nouveau lieu, dans l’entrée un grand portrait de Jasmy, tous les tableaux du maitre sont signés, il y expose en permanence, et reçoit le tout Paris, il évoque l’époque des cocktails, "le bal des années folles" 1925, "Johnny Hudgins" chanteur nègre daté de 1927, "autoportrait au Neptune" 1927, "le tango" 1913-22, "la nuit" 1924, "femme allongée" 1924," buste de femme" 1923

images (1)

L’Epoque Cocktail 1916-1931

En 1919, il envoi trois portraits de femmes au Salon d’Automne, naturalisme stylisé qui fait effet de manifeste pour une nouvelle époque, tailles monumentales, les corps sont élancés, presque idéalisés avec de petits têtes et des grands yeux.

Un tournant dans sa carrière en 1930, Jasmy le quitte, 1929 et 1932 des crises économiques successives, celle de 1929 le touche directement.

Il peint le portrait de "Renée Maha" 1920, "Miss Edmée Davis" en 1926, le portrait de "l’ambassadeur d’Haïti Auguste Casseus" en 1924, "Johnny Alvin" 1920, "Maria Ricotti dans l’enjôleuse" en 1921, "Anna de Noailles" 1931,

van dongen femme bleue

"Mademoiselle Ricotti" 1939,

van dongen ricotti

"Yves Mirande" 1923,"Docteur Charles Rappoport"1920.

C’est par cette magnifique galerie de portraits que se termine l’exposition, une citation de l’artiste :

« Vivre est le plus beau tableau ; le reste n’est que peinture.

Quelques extraits du petit journal.

Van Dongen c’est la délicatesse, le raffinement, le beau dans le traitement de la matière et un feu d’artifice de couleurs. Magnifique exposition  

A visiter jusqu’au 17 juillet 2011 au Musée d’Art moderne Paris.

 

 

 

 

 

 

  

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Published by Tinou - dans Exposition
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 06:35

Odilon Redon nait à Bordeaux en 1840, son père est allé aux colonies, il a épousé une créole de la Nouvelle Orléans. Ils arrivent  en France 6 ans plus tard.

Etant de santé fragile, Odilon part chez son oncle dans le Médoc à Peyrelebade, isolé dans la campagne l’enfant s’essai très vite aux fusains, alors qu’il n’a que 6 ans, il découvre ce monde étrange de la nature pleine de clairs-obscurs. Il observe, les bois, les vignes, il se promène dans les champs, il voit le contraste entre la terre et le ciel, la luminosité. Il peint " paysage  à  Peyrelebade " en 1868

Il vient faire un voyage à Paris et découvre les musées, il est émerveillé. Il rentre à Bordeaux ou il va à l’école, il obtient un prix de dessin. Il décide d’être artiste, ses parents n’y voient pas d’inconvénient, il continu ses études et prend des cours de dessins et d’aquarelle, son maitre est Stanislas Gorin, mais il découvre d’autres artistes tel que Gustave Moreau, Corot, Millet.

 Influencé par les conseils de son père, il suit des cours d’architecture, il échoue à l’examen, mais cela va lui servir pour ses œuvres. Il devient ami avec le botaniste Armand Clavaud , qui l’initie aux sciences  et à la littérature, il se passionne pour Darvin, aux recherches de Pasteur. Il lit les fleurs du mal de Baudelaire. Il se forme également à la technique de l’eau-forte et a la sculpture.

1857-1870, il fait toutes ses études à Bordeaux Il entre à Paris dans l’atelier de Gérôme avec qui il  n’a pas de bons contacts. Il peint son" Autoportrait" en 1860, l’été il va en Bretagne et   Peyrelebade, l’hiver, il vit à Paris

IL est lié avec Rodolphe Bredin qui lui apprend la gravure, il commence une série de onze eaux fortes, sous la direction de cet artiste.

En 1866, il peint ‘Le gué’ d’inspiration orientaliste et romantique, influencé par Delacroix

Coté intendance : ses amis des arts bordelais en 1860, il expose « Roland de Roncevaux » daté de 1868-69, il est marqué par Delacroix, ici la toile est très romantique, il expose dans ce lieu jusqu’en 1887. Il était refusé au Salon.

1870, il s’installe à Bievres, pour lui c’est une période de tristesse .En tant que militaire il va dans la région de la Loire.

Après la guerre il s’installe à Paris à Montparnasse, jusqu’en 1877.  Il fréquente le salon musical et littéraire de Madame Rayssac, il rencontre les peintres Fantin-Latour et Paul Chenavard, le musicien Ernest Chausson. Il fait un court séjour à Barbizon afin d’y étudier les arbres, les sous-bois.

1878, il voyage en Belgique et Hollande.

1879, il publie son premier album de lithographie « Le rêve », (ce qui lui permet de révéler les sources de son inspiration et de décrire son monde personnel voué à l'exploration de l’imaginaire).

1880, il épouse   une créole de la Réunion, elle va  gérer l’intendance, galeries etc.

1884, il est admis au Salon des beaux arts et sera jury. Huysmans publie « A rebours » un passage est consacré à l’artiste.

   Il peint " Béatrice" en 1885, très original et coloré.

1886, il va perdre son fils, un frère et une sœur. La même année, il participe à l’exposition impressionniste, il rencontre Gauguin.

1888, il fait des gravures son autoportrait en noir et blanc. Toute sa vie est consacrée à l’art,

1889 naissance de son second enfant qu’ils vont appeler Ari.

1890 " Autoportrait " il se présente en artisan ténébreux, " Vierge  inachevée" en 1916, il a une vue d’étude.

  C’est une période de transformation, de mutation, c'est l'abandon de ses "noirs ", il commence à utiliser le  pastel et l'huile, la couleur va dominer les œuvres du reste de sa vie. "Eve" est son premier nu féminin réalisé d’après modèle. Son succès est arrivé vers les 50 ans, il a une destinée internationale.

Le salon Rose Croix, chez Durand Ruel en 1892, magnifique affiche de l’exposition art nouveau. Il organise des expositions dans ce lieu. Il sera très lié avec Ambroise Vollard.

1899, il rencontre Maurice Denis, qui va le présenter aux Nabis, dont Gauguin qui fait parti de ses membres. La même année, il expose chez Durand-Ruel, et invite les Nabis, il est éclectique et   a un apport intellectuel.

Maurice Denis dira : grâce à Redon on donne un art plus sacré, plus mystique, profond, conforté chez les Nabis.

1900, Maurice Denis peint « Hommage à Cézanne » Odilon Redon est représenté sur la toile entouré de Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, Roussel, Paul Sérusier, Mellerio, Ambroise Vollard et il travaille avec Mallarmé. Cette année là il expose chez Durand-Ruel ? Il voyage en Italie avec, Robert de Domecy et va faire des peintures décoratives pour Ernest Chausson et pour le château en Bourgogne  de Robert de Domecy son ami et mécène. 

1901, il participe au salon de la libres esthétique à Bruxelles et au salon de   la société nationale des beaux-arts à Paris.

1903 Son ami Charles Lacoste (sa mère est créole comme Odilon), tôt il rencontre deux grands collectionneurs de l’artiste, il s’agit de Francis Jammes et Gabriel Frizeau, Charles Lacoste les fera se rencontrer. La même année il reçoit la légion d’honneur.

1904, il se présente au Salon d’automne, une salle lui est consacrée, il présente 62 œuvres.

1908, il fait un voyage en Italie avec son épouse et son fils, ils sont accompagnés d’Arthur Fontaine, riche industriel, il a joué un rôle important au début du XX eme siècle occupant les postes d'inspecteur général des Mines, et  de  conseiller d’état. Il réalise à cette période les premiers cartons pour la tapisserie des Gobelins à la demande de Gustave Geoffroy (journaliste, critique d'art, historien et romancier français, et l'un des dix membres fondateurs de l’Académie Goncourt).

1913, un joaillier français Mellerio, publie un catalogue de ses eaux-fortes et lithographies, La même année, l'Armory Show présente quarante de ses œuvres à New York, Chicago et Boston.

 Il expose au Salon des vins et au libre esthétique à Bruxelles.

L’art à New York, 40 œuvres seront exposées en 1913 à Exhibition of modern art.

IL peint en 1911 " Silence ", il s’agit d’un carré avec un cercle au centre, les deux doigts symbolisent Redon.

Il décède en 1916

Il a publié de son vivant une intéressante autobiographie où sont évoqués ses rapports avec le milieu artistique et les ambitions artistiques et spirituelles de son époque.

 Cette exposition nous présente les différentes facettes d’Odilon Redon. Il rend un hommage à ses maitres Delacroix, Rembrandt, Léonard de Vinci, Gustave Moreau, Goya, ses années noires ou les séries, son œuvre inspirée de la littérature, une  obsession " les origines",mythe et religion. C’est à la fin du XIX eme siècle qu’il se métamorphose et découvre la couleur.

170 peintures, pastels, fusains et dessins.

Il est contemporain des impressionnistes (en 1886 il participe à la dernière exposition du groupe),  il demeure le grand artiste du mystère et du subconscient, alors que l’époque  est surtout éprise de réel et d’objectivité. Mais aussi, il est un des principaux acteurs de l’art au   XIXe et XXe siècles, il a joué un rôle essentiel dans la genèse du symbolisme, notamment par ses fusains et ses lithographies dont ses célèbres noirs, admiré pour ses pastels et ses tableaux par les peintres de la couleur, Nabis et Fauves, il est considéré comme l’un des précurseurs du surréalisme.

Quelques œuvres présentées :

La première période jusqu’à 1890 :

Cette première période nous permet de découvrir les traitements à l’eau forte, (étude faite aux côtés de Bresdin à Bordeaux), l’utilisation des noirs (fusains et lithographies) qu’il utilisera dans son premier recueil "le rêve ", il a une notoriété dans le symbolisme naissant auprès du monde littéraire, Huysmans lui rend hommage dans son roman " A rebours" en 1884.

Gustave Moreau en 1885 l’intéresse pour le contexte thématique, l’Antiquité, le symbolisme.  Entre Littérature et peinture.

Il est très lié avec Gauguin depuis 1886 (même logique de recherche, plus abstrait, ils s’adressent au ressort de l’homme).

Le mystère des origines du monde grâce à Darwin, Edgard Poe et Goya pour les cotés macabres.

Ces artistes sont les références de Redon.

Les lithographies sont magnifiques et le doivent à une  technique accomplie, et à des noirs veloutés.

Son"Autoportrait " daté de 1867 huile sur bois.

Le " portrait de madame Redon",l’artiste fait des dessins colorés, elle est entrain de broder, transcription des nuances,  c’est du pastel, passage à l’ombre il faut beaucoup de minutie.

  redon mme redon

 " 5 études de femmes nues " toile datée  de 1864-65

"La vieillesse "1865 crayon noir sur papier vélin

"Personnage dans un paysage de montagnes dénudées "1862-65

"3 troncs d’arbres "1865 noir et blanc à la craie, il est allé à Barbizon étudier les arbres.

" Femme et enfant dans un paysage rocheux "(agar et Ismaël) 1865

" Le gué " deux toiles sont présentées

"Apollon vainqueur du serpent Python" 1868 d’après le plafond de la galerie d’Apollon au Louvre de Delacroix, (Redon est passionné par l’artiste, il lui   rend  hommage)

redon delacroix

" La peur " eau forte 65-66

" Roland à Roncevaux " 1868-69

" L’ange déchu " 1875 huile sur papier

" Diable enlevant une tête" au fusain estompe, gommage. Fixatif papier sur vélin

"Ange et démon "1877

" Une tête coupée " 1871-79, Christ 1877, cellule 1879-83 au fusain

" Le rêve" lithographie faite  sur les conseils de Fantin Latour

On trouve : sur la coupe, triste montée, vision, gnome, limbes, la roue, le joueur, germination

" L’éclosion " 1879 (une tête dans une sphère) on n’est pas loin de Freud.

 " le boulet "daté  de 1878, un homme ressemble a un sage oriental, il lève la main  au-dessus d’une boule énorme (la sphère est liée à la mélancolie) au  fusain estompe gommage et grattage sur papier vélin chamois.

" Femme ange " 1875-80 mine de plomb," femme au milieu de sphère ", de profil rehaut de crayon mine de plomb ocre

Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie, dira t’il "le mystique " 1880 au fusain, 

" Tête de martyr posée sur une coupe " en 1877, lithographie travail très sophistiqué en noir et blanc ombre et lumière (il ne faut pas oublier on est en plein impressionnisme, c’est la lumière, la couleur).

redon tete coupée

Les noirs vont lui assurer ses premiers succès auprès de quelques amateurs, scandés par les parutions d’albums lithographiques :

A Edgard Poe en 1882, traduit par Baudelaire l‘univers fantastique et onirique de l’écrivain américain ne pouvait que séduire l’artiste.

Redon a inventé les légendes et ne correspondant en rien à Poe. L’artiste a placé ses noirs, opposition au réalisme.

Une série dessins, " Les origines "en 1883  

Hommage à Goya en 1885, " La fleur du marécage"  le visage représenté  est  triste, 

redon tete

  "La nuit" 1886

"L’apocalypse" en 1899

La plupart de ces séries sont des interprétations des œuvres littéraires tel que :

Le juré en 1887

Les fleurs du mal 1890

La maison Hantée en 1896

La trilogie de Saint Antoine de 1888 à 1896, ou La tentation de saint Antoine de Flaubert. La lithographie est en harmonie avec le papier noir et blanc.

Interprétation d’un poème mystique. Redon est séduit par le texte, il réinterprète, il transcrit en mouvement, c’est un face à face entre image et le texte, les univers des deux artistes se répondent parfaitement, le vocabulaire mystique de l’un exaltant l’imagination de l’autre.

 Gustave Flaubert 1889 (7 planches) pour  2 eme volet de la tentation.

redon corbeau

"Centaure visant les nus" 1883

" L’araignée souriante "1881

redon l'araignée

 "Le cœur révélateur ", 1883 au fusain

" Les dents"," apparition"," tète fumante ", 1883

"Dans le bénitier " 1887

A cette époque de son art l’artiste s’adresse au noir, fusain, lithographie, pointe, crayon. Il utilise tout ce qui passe par l’ombre aide l’essor du rêve, et voici naitre ces magnifiques dessins, ces albums, planches que l’on estimera un jour comme la plus originale manifestation de l’idéalisme moderne.

 Redon lithographe de 1879 à 1908

175 planches (la majorité pour albums) 6 à 24 lithos plus 50 pièces isolées.  

Les Livres :

Edmond Picard :  le juré ,1836-1924, Jules Destrées : les chimères 1863-1936

Iwan Gilkin 1858 à 1924, la damnation de l’artiste.

Emile Verhaeren en 1855-1916 les flambeaux noirs, la nuit album de 6 planches.

Un hommage à Goya (très proche en gravure) en 1885, il lui dédit un album de lithographies, ses noirs peuplés de chimères, personnages en transformation, univers inconscient c’est glauque. Il fait certainement un écho  aux gravures ténébreuses, tourmentées  de l’artiste.

De 1885 à 1888 c’est la période la plus sombre de Redon, transformation d’éléments humains.

 

La seconde période va de 1890 à la fin du siècle.

  1890, époque où  s’opère progressivement dans une transposition dans la couleur  de la thématique onirique réservée aux "noirs " jusqu’à cette période. Un exemple avec les yeux clos,  il existe une version peinte et lithographiée. L’artiste va aborder la couleur avec un esprit nouveau, il va vers le pastel qu’il va utiliser avec beaucoup d’originalité.

A cette période il devient l’un des protagonistes du symbolisme, ses rencontres Gauguin et Mallarmé.

Un tableau " la maison de Peyrelebade " 1896-97, il s’agit du domaine familial,   lieu  qui   a nourri la mélancolie  et la  rêverie de l’artiste. Pour lui c’est un lieu sacré qu’il tient à distance, on distingue peu de chose sur la demeure entourée par les arbres.

" Cinq papillons " aquarelle, ils se promènent sur une feuille blanche, la composition est aérienne 

redon 5 papillons

1890, Il réalise " les yeux clos" en lithographie et une huile sur carton, la facture est lisse il n’y a pas le grain de la toile, le travail est sophistiqué, ce tableau est sacralisé, il évoque le silence, le bleu donne un effet opalescent. C’est son passage à la couleur, les tons sont pastels, le visage dans un sfumato.

redon les yeux clos

1890, c’est l’expression du symbolisme en littérature et dans les arts.

Redon voit grandir  sa notoriété. En 1893 Vollard lui achète des toiles

1894, Thaddée Natanson lui attribut le titre de prince du rêve.  

"Songes" 1891, il s’agit d’un album qu’il dédit à son ami Clavaud décédé (il a aussi conçu des planches 71. Ce sont des légendes, les songes très obscurs.

Une plaque de cuivre est exposée de " sciapode " à l’eau forte 1892.

Au fusain une " tête surmontée d’épines ", " Christ couronne d’épines " 94-95, " songe" 1898, " le sommeil " 89, " saintes femmes " 1892, " l’œil au pavot" 1892," tête de femme" 92-95  (au fusain)

" Saint jean Baptiste " 1892, un bleu  intense, terre auréole étincelante en vert.

" Parsifal " en 1892 fusain et pastel

" La palme lumineuse" 1892, " centaure tirant à l’arc", 1895,

 "Pégase et Bellérophon " daté de 1898-99  repris  par Victor Hugo, cheval cabré, la lumière est dans les ailes, inspiration  créative. Un festival de couleurs vert, bleu.

" L’enfant"1894 pastel

" Portrait d’Ari au col marin "1897, il s’agit de son fils, l’enfant est présenté de profil

"Portrait de Jeune fille au bonnet bleu " 1890, pastel, sur fond d’or, il évoque les retables de la Renaissance florentine, le bleu du bonnet extrêmement puissant, le profil de la femme recueilli donne une intensité spirituelle.

redon bonnet bleu

"La palme "1899,

Redon et le XX eme siècle,

Fin 1899 il abandonne le fusain et la lithographie, les noirs font suite à la couleur, elle devient plus intense. Les formats sont plus grands. Apparition de  thèmes, la mythologie gréco-latine, les fleurs,  les bouquets de fleurs éclatants, marquent la sérénité de l’artiste, il réalise également des grands décors pour des particuliers tel que Gustave Fayet, pour qui il va réaliser en 1910 le décor de la bibliothèque de Fontfroide, il lit relation avec Francis James Poli.

1903, Redon est très affecté par le décès de Gauguin.

"Profil sur méandre rouge" 1900

" Le christ du silence " 1890, fusain et pastel, l’artiste oppose le silence du visage replié sur lui même

"La fuite en Egypte", en 1902 pastel et gouache

" Portrait de Suzanne Fayet" au pastel 1908

" Temple vitrail" 1900, " le vitrail " 1902

" Mademoiselle de Gonet " 1907

" Le bouddha " 1905  il est décentré, un arbre prend vie, zone solaire, quelques fleurs (tous les symboles y sont), les couleurs de la robe reprennent toutes les couleurs de la toile, c’est très apaisé,  (philosophie bouddhique est ressentie).

redon boudha

" Buisson rouge "1903-1905, " L’homme rouge " 1905

" Fleurs sur fond rouge"1906 technique remarquable, huile légère donne un coté décoratif.

" Eve "1904, huile sur toile, le corps d’Eve au centre de la toile semble une statue modelée, elle émerge d’un camaïeu d’ocres, elle se confond avec un parapet tandis que le fond semble en fusion.

La technique utilisée : les couleurs sont disposées sur toile ou papier humides (diluées à l’huile) ou sèches (en pastels) ainsi elles s’affirment.

" Barque " 1900-1905,

" Orphée "1900-1905, l’artiste  est intégré dans les mouvements artistiques contemporains.

" Profil noir "Gauguin) 1903-1904

" Hommage à Gauguin "1903-1904, l’artiste rend hommage à Gauguin décédé récemment, le portrait est de profil dans l’ombre, autour quelques fleurs lumineuses, ce qui provoque un aspect mystique et mélancolique a cet hommage. La matière est majestueuse, les couleurs, coté brun, le fond est travaillé en grumeaux, c’est un hommage à toutes les techniques de Gauguin.

"La cellule d’or " 92-93 huile et peinture métal doré

Une salle est réservée aux bouquets.

« A Bièvres se levant de bonne heure, mon père aimait commencer sa journée au fond du jardin, à lire quelques pages de Pascal, Montaigne, Suarès ou de Rémi de Gourmont. Ma mère pendant ce temps, préparait avec soin et amour, son modèle ; un grand vase de fleurs » Ari 1956

"Nuage de fleurs " 1901, une barque, une image de traversée de passage, l’arrière est au fusain ; les fleurs en nuages, synthèse d’éléments mythologiques.

"Plante verte dans un verre "1910 huile sur toile

"Vase de fleurs et profil "1910

"Fleurs" 1903

"Capucines" 1912

"Anémones et coquelicots" 1914-15

"Le vase vert" 1905

redon vase de fleurs

"Bouquet de fleurs" 1912

"Bouquet de fleurs des champs dans un vase au long col "1912

"Bouquet de fleurs" 12-16

" Fleurs dans un vase ", jeu de couleurs rouge, orange, jaune, vert, c’est sobre une grande transparence dans les pétales et reflets de lumière chaque coté du vase, certaines fleurs sont en fin de vie d’autres droites.

Le livre de raison d’Odilon Redon :

3 cahiers rédigés entre 1886-1910, il a tenté de répertorier  son œuvre dans l’œuvre chronologique et a tenu ses comptes, ces documents sont une source fondamentale pour l’étude de l’œuvre de l’artiste.

Portrait de madame de Domecy 1900, puis la présentation du décor de la salle à manger de Domecy  ( à Vault sur Yonne) 1900-1901

15 panneaux à décors végétal et floral 1901

Grand bouquet pastel noir et couleur.

Dessins préparatoires, 17 planches.

Redon et les arts décoratifs ;

Maquette de tapis 1905, il fait également des cartons pour vitraux en 1911. Ses styles sont particuliers, certains artistes l’aide, il rencontre Stanislas Gorin (aquarelliste) qui lui donne des conseils. 

Paravents et fauteuils en 1902 pour André Fonger mécène hollandais,

Panneau rouge 1905

"Fantasmagorie  sur marine "1910

 "Orphée " 1910

" Naissance de Vénus "," La coquille ", 1912, il semble vivant, transcription de la nacre, une ligne de contour.

" Pégase et le serpent "

" Le cyclope ", vers 1914, le géant convoite la belle Galatée, elle préfère le berger Acis, frustré il écrase rival à l’aide d’un rocher, la beauté féminine de Galatée, la cadre bucolique, la laideur grotesque et la douleur de l’isolement amoureux, l’artiste apprécie le sujet, la créature est un peu animale et enfantine, humanisation du monstre. Festival de couleurs pour les fleurs, la nature.  

redon cyclope

" Le char d’Apollon " 1912, il s’évanoui dans la lumière, les papillons c’est la création. Apollon c’est la culture, soleil, muse, composition qui va vers le haut.

"Saint Sébastien", 1910

" Pandora " 1910, mythologie antique (c’est l’histoire des origines du monde), Anetom somptueuse, fleurs en mandorle, nuée de couleurs, c’est lyrique.

" Crucifixion "1910, expressionniste, sans douleur, très simplifié, un champ de fleurs au pied du Christ.

"Vierge" 1916

"Le silence"

"Autoportrait" vers 1910, Camille convalescente 1911

"L’arbre rouge" 1905-1910

"Christ au buisson"

"Bouleau à Bièvres" 1909

"Isis "1905-1910, "La visitation" 1905-10

 

Quelques extraits de la revue "Beaux-Arts"

 

 Magnifique exposition, il ne reste que quelques jours.Au grand Palais Paris

 

 

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 15:46

"Trois hommes dans un salon ", reconstitution d’une interview ayant eu lieu en janvier 1969 par le journaliste François-René Cristiani. Il eut l’idée de réunir trois amis, chanteurs, poètes, Jacques Brel, Georges Brassens, Léo Ferré.

Tous les trois au sommet de leur gloire, ils ont chanté dans les plus grandes salles parisiennes Bobino, l’Olympia, les trois baudets.  

1969, Jacques Brel à 40 ans et a décidé de mettre un terme à la chanson afin d’interpréter "l’homme de la Mancha", il a déjà tourné deux films. Georges Brassens 49 ans, a stoppé les récitals pour raison de santé mais s’apprête à reprendre la scène ; Léo Ferré, 54 ans, vient d’enregistrer "c’est extra " et va se produire à Bobino.

  

 Tous les trois ils se prennent pour des artisans de la chanson et non pour des poètes, ils parlent de leur travail, des premiers cachets, du succès, du public, des Beatles, de Gainsbourg,  des femmes, de l’anarchie, de leur solitude, de la mort.

 

brassens

Au lever de rideau l’ambiance est crée,  le journaliste, les trois invités sont prêts pour l’interview,  autour d’une table devant micros et bouteilles de bières, dans un nuage de fumée. La table est posée sur un plateau tournant, au fil de l’interview on va découvrir  les acteurs sous des  angles différents, la scène se reflète dans un miroir au fond du plateau.

 Les interprètes donnent le ton, les voix ressemblantes, le physique est proche. Grégory Gadebois, interprète Brassens, pipe à la main, Eric Ruf, donne le bon ton et joue avec les nombreux silences de Brel, la coiffure identique à celle de l’artiste lorsqu’il interprétait l’homme de la Mancha, Laurent Stocker interprète le rôle de Léo Ferré, il n’a pas le physique, il restitue les traits caractéristiques du chanteur par l’expressivité du visage, le rôle du jeune journaliste, par Stéphane Varupenne, est interprété avec une certaine retenue, intimidé par ces artistes.

 

 Grand moment d’exception et d’émotion, le public saisi est le premier témoin de cette reconstitution.

A vois absolument, les artistes sont remarquables.

Jusqu’au 12 juin au Studio de la Comédie Française à Paris

 

 

 

 
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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 16:14

Citations, lettres autographes, poèmes, quelques dessins, cette exposition nous promène au coeur de la correspondance des artistes peintres du XIX et XX eme siècle, différents thèmes sont évoqués, lettres intimes, familiales confidences artistiques, voyages, angoisses, rencontres. Mélange d’anecdotes, d’histoires. 

A Delacroix …………

Une palette appartenant à l’artiste, quelques lettres, Delacroix écrit " qu’il n’a qu’à penser à  Rubens  pour être heureux ".

Exposition d’un chevalet, ou repose un dessin de Maximilien Luce, au crayon et lavis.

A Manet ……………..

"Longtemps considéré comme illettré, sa correspondance reflète une éducation soignée, un esprit vif et sensible". Monet

Manet, un œil, une main,

Une affiche représente l’Olympia, une lettre écrite à sa mère en 1883, une  à Eva Gonzales ( peintre impressionniste) en 1874, un poème autographe avec un dessin de son chat Zizi  dédié surement à Henri Rouart,plusieurs sont adressées à Claude Monet datées de 1879 dont une très importante que Monet reçut le lendemain du décès de son épouse Alice, le 6 septembre 1879, la correspondance est abondante entre les deux artistes.

A Gauguin …………..

Gauguin, le bel épistolier

Une affiche de Noa Noa une aquarelle peinte par  l’artiste " la case ", encre et crayon, une édition originale concernant l’exposition d’œuvres à la "galerie Barbazanges"du 10 au 30 octobre 1919 sur la page de gauche son autoportrait.

Une correspondance envers Pissarro, Van Gogh, Cézanne au critique Gabriel-Albert Aurier, à Vollard son marchand d’art.

lettre gauguin

Une lettre de Pissarro, il  lui fait un compte rendu détaillé de la vie artistique parisienne et la réception de Claude Monet à l’exposition internationale chez Petit. (ci-dessous)

lettre pissarro à gauguin

Dans une autre lettre l'artiste  annonce son départ pour les iles Marquises à un acheteur "A  Tahiti il y a une crise épidémique d’Influenza, la peste bubonique à Saint Francisco".

 

A Matisse ………….

Matisse, amoureux du beau

Ses lettres laissent apparaître son humanité, sa sensibilité, sa générosité, son amour de la peinture et  de son prochain.

Une linogravure pour Pasiphaé "elle y pose sa joue, il l’embrasse " Montherlant.

Une lettre adressée à Gustave Kahn en 1916, avec son autoportrait à la plume,

 lettre matisse

 

une autre à Gaston Diehl. Une correspondance importante avec Henri de Montherlant dont l’une avec un dessin original, une autre à Jean Puy 1944, un dessin original , il représente une fleur avec "Mes meilleurs vœux pour 1948", un autre courrier à Raymond Escholier.

  

Nous retrouvons ces artistes dans différents thèmes présentés à l’exposition………………..

 

Le Plein Air :

La lumière méditerranéenne sera au cœur des préoccupations de Matisse, Renoir, Monet, Cézanne, Signac, Derain.

La nature n’est qu’un prétexte à l’étude du rapport entre la lumière et le visible" dira Gauguin

Hubert Robert, dresse l’inventaire de sa collection en 1803, dessins, croquis, il  décrit les tableaux à son ami Vernet. A Auteuil il note ses idées, impressions, autant d’éléments intimes où la peinture s’invente et se vit. Quelques croquis d'architecture sur un petit carnet.

Caillebotte écrit à Monet en 1892, il lui fait part de la réalisation de son jardin, de sa serre. On perçoit l’enthousiasme de l’artiste dans ce courrier, la sensibilité du peintre pour les fleurs, les couleurs de la nature.

Cézanne écrit à Périot en 1862, il est à Aix et conte à son destinataire son expédition en plein air, afin de travailler sur le motif. (ci-dessous)

Alettre de cézanne 

Picabia correspond avec Jan Van Heeckeren (poète, dessinateur), il s’agit d’une lettre poétique.

Berthe Morisot (formée par Corot)  est à Nice, villa Ratti, elle écrit à Monet, que  la campagne l’attire

 Variation atmosphérique :

Les artistes fuient la ville, ils partent à la campagne dans les environs de Paris, en foret de Fontainebleau, et autres lieux qui vont leur permettre de peindre d’après nature.

Monet écrit à son épouse Alice en 1900 ; Cézanne à Pissarro, il évoque les projets picturaux qu’inspirent les lieux.

autographe monet

Mary Cassatt correspond avec Roger Marx, elle lui confie qu’elle travaille à la campagne, suite à une attaque d’influenza.

Esquisse :

Lautrec, une affiche du divan japonais, dans sa correspondance il parle de ses travaux en cours, l’émotion est au rendez-vous  sous les écrits du peintre.

Il a une correspondance importante avec sa mère.

Raoul Dufy à Bertrand Guégan en 1923, (directeur artistique des Éditions de la Sirène), l’artiste veut obtenir l’une des dernières reproductions d’une série de quatre bois gravés.

 Dufy porta la technique du bois gravé à la perfection notamment avec l’illustration du Bestiaire d’Apollinaire auquel il fait référence dans ce courrier.

Un grand cahier illustré par Chagall, représentation d’un cheval ailé rouge daté de 1927.

Chagall écrit à Christian Zervos (critique d’art et écrivain).Sa correspondance permet d’entrevoir la boulimie de production de l’artiste s’essayant à toutes les techniques.

Une lettre de Renoir à Charles Deudon (collectionneur) en 1881, il écrit d’Italie il évoque son étude du Palais des Doges, un renouveau pour l’artiste. (ci-dessous)

lettre renoir

 

 Les voyages :

Une affiche de Dufy pour illustrer ce thème "fenêtre ouverte à Cannes ".

Les voyages sont essentiels dans la formation de peintre.

Ingres en Italie découvre le Quattrocento, Delacroix son amour pour Rubens.

Le voyage peut être aussi synonyme d’exil

Géricault est en Grande Bretagne, il découvre Constable et Turner.

Le voyage traduit une volonté de découvrir d’autres cultures, paysages…. ;

Delacroix, présentation d’un album de dessins à la mine de plomb daté de 1825, fait lors de son séjour en Grande Bretagne. Un autre album comporte 37 dessins, deux aquarelles, " le château de Condé" et " Champrosay " (proche Paris).

croquis delacroix croquis de lacroix

Jules Pascin en 1921 écrit de Tunisie à André Salmon (écrivain français, poète, romancier, critique d’art) .

Géricault écrit de Londres, de  Genève à Alfred de Dreux Dorcy (portraitiste et peintre animalier).

Magritte……………….

Magritte, pour sa part, déclare à Henri Michaux : "Si je pouvais parler de la peinture aussi bien que vous le faites, je ne toucherais plus un pinceau".

Bonnard écrit à Misia Sert en 1904, " On lit votre cœur entre les lignes".

Picasso  écrira à Inès Sassier (sa gouvernante, modèle et confidente) en 1964, son courrier fait l’objet d’une demande de remise de lettres à son notaire.

Rencontres et révélations :

Tous inspirés par d’autres peintres :

Un dessin de Maurice Denis, il représente un visage de femme avec une capeline, il ; notera " le dessin est une écriture ".

Dali écrit à Eluard, Delacroix à Soulier, (écrivain journaliste), Monet à Gustave Geoffroy (critique d’art, écrivain).

Union du mot et de l’image :

La précision dans le choix des mots et l’importance de l’écriture transparaissent dans les œuvres et les lettres des surréalistes.

Chez Miro, il n’y a pas de différence entre la peinture et la poésie, il peint toujours des toiles dans lesquelles sont inscrites des phrases poétiques.

Il correspond avec Raymond Queneau en 1952

Magritte à André Bosmans (peintre animalier) en 1961, à Hans Bellmer en 1946 (peintre, graveur), il s’agit d’un manuscrit autographe « petite anatomie de l’inconscient physique ou l’anatomie de l’image »

Intimité familiale :

La précocité des peintres pour leur art se révélé aussi dans la correspondance.

Lautrec correspond  beaucoup avec sa mère Louise une datée de 1901, une autre a Imbert du Bosc en 1881 (famille de l’artiste).

Raoul Dufy se confie à son cousin Georges en 1891,

Monet à son amie Winaretta Singer princesse de Polignac en 1909, il lui adresse un courrier car l’artiste veut racheter sa toile « Les dindons » que possède Winaretta.

Lettres intimes :

Lieu d’émotions de sentiments, la lettre autorise les confidences personnelles, la correspondance livre des secrets.

De nombreuses lettres de Géricault pour l’amour inconnu qu’il avait pour madame Trouillard.

Picabia dans sa correspondance avec Germaine Everling 1918, il souligne un désir frénétique et passionné de la retrouver.

Fernand Leger à sa future épouse en 1917.

Les doutes et les angoisses :

Les peintres révèlent un peu plus de leur personnalité dans leurs lettres intimes, inquiétudes, incertitudes palpable dans les phrases de Caillebotte écrites à Monet.

enveloppe

Ingres écrit à Horace Vernet (peintre, il fut directeur de l’académie de France à Rome), Ingres a posé sa candidature à l’académie de France, va-t-il être accepté ? datée de 1834

Caillebotte fait part à Monet qu’il peint les paysages des environs du Petit Gennevilliers, mais l’artiste confie qu’il est en mal d’inspiration et manque d’assurance.

Monet écrit a sa future épouse Alice Hoschedé en 1895 il est à Sand Viken, Ibsen au sommet de sa gloire, la France  porte un grand intérêt à   la Norvège, Lors de ce voyage l’artiste a peint 27 toiles mais il se plaint et est inquiet.

Fragile santé :

Pour bien peindre il faut être en pleine forme. Degas, Monet sont touchés aux yeux

Van Gogh écrit à Arnold Koning ami et compatriote en 1890, il lui signale son hospitalisation a Arles

" Je vous ai donné bien suffisamment d’explications concernant mon état mental et physique et vous comprendrez ainsi mieux pourquoi je n’ai pas pu donner de réponse plus tôt ". Malgré son hospitalisation, Van Gogh précise qu’il n’a " absolument pas perdu [ses] capacités en tant que peintre " et revient sur ses travaux. (Il fait référence  aux tournesols).

Eugène Boudin au pianiste Charles Wilfrid de Bériot en 1893, lui annonce qu’il est souvent malade, il évoque qu’il ne pourra peindre, et que sa production sera ralentie.

Braque à Daniel Wallard (pharmacien) en 1944, confie qu’il s’arrête de peindre 1944.

Les finances :

Tourments pour les artistes, grâce à Caillebotte les tourments vont s’arrêter.

Monet raconte ses problèmes financiers à Bazille en 1868, Pissarro à Monet ; Duchamp à l’américain Julien Levy marchand d’art.

Echange avec des écrivains :

Il existe une grande correspondance entre peintres et écrivains.

Miro et Queneau liés par le surréalisme.

Mallarmé, Apollinaire à Whistler et Redon dans le symbolisme.

Van Gogh et Gauguin ont bénéficiés de la compréhension d’Aurier, critique d’art au mercure de France.

lettre vav gogh

Delacroix à Baudelaire, Renoir à Mallarmé, Picabia à Breton. Leurs correspondances très denses.

Braque envoi un autographe illustré d’un dessin sur un ouvrage "Braque collection des maitres" l’auteur Stanislas Fumet essayiste et poète, ce dessin représente une palette avec des pinceaux en 1952.

Chagall  à Prévert. Courbet à Victor Hugo, Sysley à Renoir, Pissarro à Signac

Observateurs de la société :

Un dessin aquarellé sur le livre d’or du restaurant Marianne, " A Georges Marianne, le cœur, le palais et le ventre " de Paris Dufy 1927

Dufy représente le Paris des années folles, monuments, perspectives.

Van Gogh à Van Rappard en 1883, il le rencontre grâce à  son frère Théo, il est tchécoslovaque  artiste peintre, ils s’écrivent de longues lettres.

Mécènes, collectionneurs, marchands :

Des relations inévitables à travers des quelles se mêlent l’art, l’argent, affaires.

Courrier entre Cézanne et Monet

Monet à Blemont

lettre de monet

Vollard à Pissarro ; Ernst à Levy

Parler de son art :

Parler de son art, partager ses idées permet aux peintres de formaliser ses théories.

Juan Gris donne des précisions sur sa technique picturale

Pissarro déclare " l’art ne s’enseigne pas personnellement "

Signac exprime ses réflexions esthétiques sur le dessin, la peinture, le contraste, le trait,  le ton.

Derain évoque la suprématie de la couleur sur la ligne

Kandinsky inventeur de l’abstraction décrit avec pédagogie le processus artistique.

Magritte à Sarane Alexandrian (essayiste, romancier, historien d'art, critique littéraire) en 1961, il parle de sa conception de la peinture et de l’importance du langage dans ses œuvres.

Leger en 1955, l’artiste se livre et détaille à la fois sa technique  et ses idées.

La toile en filigrane :

Les correspondances de peintres apparaissent comme la plus pertinente introduction à leur œuvre.

Un dessin à la craie noire de Courbet est présenté, deux hommes en buste et une femme de face.

Gêrome à Edouard Detaille.

Les séries :

Travailler en série permet dès lors à l’artiste de pouvoir faire évoluer son sujet.

Degas écrit à Cheramy en 1887, il décrit les détails nécessaires à la réalisation de trois tableaux.

Monet à Bourcier en 1920, décrit le bassin des nymphéas dans son jardin de Giverny.

Signac à Monet, indique l’installation des Nymphéas à l’Orangerie en 1921.

L’école de Paris :

Ou réunion des artistes étrangers. Dans les correspondances tout un mouvement se dessine.

Utrillo envoie en 1925 un poème à Nora Kars, on devine dans ses figures le spectre de l’école de Paris.

Georges Kars peintre tchécoslovaque est installé à Montmartre

Un manuscrit d’Utrillo en 1914, " histoire de ma jeunesse jusqu’à ce jour ", composé de 25 chapitres.

 Rouault écrit à Diaghilev en 1923, il accepte sans hésiter d’effectuer le décor du " Fils prodigue".

Le quotidien :

Matière première de la correspondance de l’artiste avec ses proches. L’épistolier parle de lui, de son état, de son  esprit, de ses habitudes journalières, anecdotes, billets d’humeur parsèment ses écrits.

Lautrec écrit son quotidien à sa mère

Modigliani à son astrologue

Leonard Fini à Lise Deharme, Picabia à Miro

Foujita à ses amis " il vient d’obtenir la nationalité française, nous sommes en 1955, il l’annonce par courrier à tous ses amis".

Picasso, Gérôme…………………………….. ;

Les citations :

"La vérité est que l’art doit être l’écriture de la vie " Manet

"Je t’écris pour rien te dire, le continuerais, j’écris pour écrire " Modigliani

Je te conterai tout cela en détail pour te faire venir l’eau à la bouche"Delacroix

Quelle débauche cette sacrée exposition nous fait passer dans le domaine épistolier " Magritte

"Je trouve que vous faites de la couleur avec vos paroles " Van Gogh

Dans cette exposition nous pénétrons dans l’intimité des artistes, un grand moment d’émotion.  

Exposition au musée des lettres à Paris, jusqu’en Juillet 2011

 

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