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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 16:16

Illiers Combray,

Commune française située dans l’Eure-et-Loir, région Centre. Nous sommes à 25 km de Chartres, 20 de Bonneval et 29 de Châteaudun.

Illiers  vient de Illhari ou Islar, qui signifie nom d’une personne germanique, Hilaire est le nom du patron de la paroisse.

Le nom de Combray est venu plus tard, grâce à Marcel Proust qui décrivit dans son œuvre Illiers sous le nom de Combray, c’est depuis 1971 que le nom de la commune est devenu Illiers-Combray.

Illiers, l’une des plus anciennes baronnies de la région de Chartres, le sire d’Illiers fut l’un des 4 barons qui avait le  privilège de porter le nouvel évêque de Chartres lors de son entrée solennelle dans la ville. Les Seigneurs de cette famille, avaient donné plusieurs nom de la famille au diocèse de Chartres, ils se sont souvent distingués aux grandes époques de l’histoire : Florent d’Illiers (1400-1475), sire d’Illiers, de Maisoncelles, de Mons, Chantemesle sous le règne de Charles VII, fut un des plus braves compagnons de Jeanne d’Arc, il contribua a rendre au roi de Bourges son héritage, avec La Hire ( Etienne de Vignoles, dit La Hire,  suivit Jeanne d’Arc en 1429, à partir de Blois, il a combattu auprès d’elle au siège d’Orléans, il a fait des prodiges de valeur lors des différentes batailles Jargeau et Patay. En 1431, après la capture de Jeanne d’Arc à Rouen, il a voulu délivrer l’héroïne et est tombé aux mains des anglais). Dunois (fut également compagnon d’armes auprès de Jeanne d’Arc) et Xaintrailles (Jean Poton seigneur de Xaintrailles, maitre de l’écurie du Roi, bailli de Berry, et sénéchal du Limousin, il a secondé Jeanne d’Arc au siège d’Orléans et a gagné la bataille de Gerberoy avec La Hire).  

Illiers possédait des  murs qui protégeaient la ville, disparus depuis longtemps, il ne reste que quelques traces du château.

Pendant la guerre franco-prussienne (1870-71), ce lieu a subi les douleurs de l’invasion   et un début de bombardement.

Illiers était un des centres les plus actifs du département, il y avait 5 foires annuelles, et un commerce important de  bestiaux et de grains, on y fabriquait des draps et de la bonneterie, il y avait également plusieurs tuileries.

En 1834, ce fut la naissance d’Adrien Proust, il fut un célèbre médecin hygiéniste de la seconde moitié du XIX eme siècle, et le père de Marcel Proust. A partir de l’âge de 6 ans Marcel ayant une santé fragile vint à Illiers  pendant les vacances avec son frère Robert jusqu’en 1880, dans la maison  de Jules et Elisabeth Amiot oncle et tante de Marcel et Robert du coté paternelle.

 

Marcel Proust, nait à Auteuil, le 10 juillet 1871. Son père est professeur agrégé de médecine à Paris, sa mère Jane Weil, est  fille d’un riche agent de change. Il est issu d’une famille riche, cultivée.

Marcel à une santé fragile, il a de l’asthme, toute sa vie en sera perturbée.

Il est l’élève du cours primaire Pape-Carpentier, il y rencontre Jacques Bizet fils du compositeur Georges Bizet et de Geneviève Halévy, fille du compositeur Jacques-fromental Halévy, elle tiendra  son propre salon, lorsqu’elle se remariera avec l’avocat des Rothschild, Emile Straus en 1886. Marcel Proust en sera un familier.


1873, naissance de Robert, frère de Marcel. La famille s’installe boulevard Malesherbes.


1879, Adrien Proust,  père de Marcel est élu à l’académie de médecine.

En 1882, Marcel rentre au lycée Condorcet, il y obtient de brillants résultats, malgré sa santé fragile. Il est l’élève en philosophie d’Alphonse Darlu. Il est ami avec Jacques Bizet et rencontre Fernand Gregh (qui sera critique littéraire, poète, et membre de l’académie française)  et Daniel Halévy, cousin de Jacques Bizet ( qui sera historien et essayiste français), les talents littéraires de Marcel se manifestent rapidement, il  est secrétaire de la revue "lilas" au lycée. 


1889, il obtient son bac, devance son service militaire qu’il fait à Orléans. Il rencontre Robert de Billy et deviennent amis (Robert de Billy sera ambassadeur). A cette époque il rencontre également à Paris Arman de Caillavet (auteur dramatique français) et son épouse Jeanne Pouquet, ils deviendront amis très proche, plus tard,  Proust participera aux salons de Madame de Caillavet. 


En 1891, rendu à la vie civile, il fait des études à la faculté de droit  et à l’école libre des sciences politiques dans les cours d’Albert Sorel et d’Anatole Leroy-Beaulieu, et à la Sorbonne a ceux d’Henri Bergson, dont l’influence va être majeure sur son œuvre. C’est à cette époque qu’il commence à fréquenter les salons littéraires et collabore à la revue " le banquet " fondée par Gregh.


1892, Chez  Madame Straus (veuve de Georges Bizet) il  rencontre Emile Blanche (l’artiste fera son portrait, présenté ci-dessous), Oscar Wilde et Maurice Barrès.  Il fréquente aussi le salon de la princesse Mathilde et celui de madame de Cavaillet (amie d’Anatole France).


marcel proust portrait emile blanche


1893, ayant son diplôme en poche, il se destine à une carrière de bibliothécaire chez Madeleine Lemaire (également peintre et aquarelliste). Il rencontre Robert de Montesquiou (homme de lettres et dandy).

La fortune familiale lui assure une existence aisée, il ne travaille pas et fréquente les salons de la bourgeoisie et de l’aristocratie du faubourg Saint Honoré et Saint Germain. Il y rencontre artistes et mondains, Robert de Montesquiou lui fait rencontrer la comtesse  de Greffulhe (Marcel Proust en fera la duchesse de Guermantes, dans son œuvre), cousine du poète, ainsi que  la princesse de Wagram (née Rothschild) et   la comtesse d’Haussonville.  De ce fait il a une réputation de mondain. 


1894, il passe ses vacances à Trouville et à Cabourg. L’affaire Dreyfus éclate, sa mère Jane et son frère Robert sont comme lui dreyfusards, tant qu’à son père Adrien il est antidreyfusard. C’est aussi l’année ou il  fait la connaissance de Reynaldo Hahn   (compositeur, chef d’orchestre et critique musical, né à Caracas naturalisé français en 1912).

 

marcel proust photo de hann devant le piano

 

1895, Proust a une licence es lettre (philosophie), pendant l’été il est attaché à la bibliothèque Mazarine. Il demande un congé et part en vacances à Dieppe dans la villa de Madame Lemaire et a Belle-Ile avec Reynaldo Hahn.  

IL entreprend d’écrire un roman, Jean Santeuil, et va y travailler jusqu’en 1899.  Beaucoup plus tard, il sera publié, il s’agit d’un jeune homme qui évolue dans Paris au XIX eme siècle.  


1896, Sous le patronage d’Anatole France, il fait paraître son premier  livre  " le plaisir et les jours" ,.recueil de poèmes en prose, portraits  et nouvelles de style fin du XIX eme siècle. Son grand-père maternel décède Monsieur Weil. La même année, il devient ami avec le fils d’Alphonse Daudet Lucien


1898, dreyfusard, il assiste au procès de Zola. C’est le début de la maladie de sa mère.


1900, La famille Proust s’installe rue de Courcelles.  Après le décès de John Ruskin, qu’il avait découvert grâce à son ami Robert de Billy, diplomate à Londres, il entreprend de traduire les œuvres de celui-ci (dont les ouvrages sont sans succès). Il décide de partir sur les pas de Ruskin  à Amiens puis à Venise en compagnie de sa mère. Les premiers écrits sur Ruskin  paraissent dans la gazette des  beaux-arts. Sa première traduction est la bible d’Amiens en 1904


1902, il voyage en Hollande et y voit  "la vue de Delft" de Vermeer, il est un  grand admirateur de l’artiste.

proust- vue delf

 

1903 décès de son père.

 

1905, décès de sa mère, il interrompt son activité, il est très affecté et le restera pendant plusieurs années.

 

1906, il s’installe à l’hôtel des Réservoirs à Versailles, puis boulevard Haussmann à Paris.  

 

1907, il fait paraître dans le Figaro in article " Sentiments filiaux d’un parricide ", il y esquisse l’analyse de deux éléments fondamentaux dans sa future psychologie il s’agit : de la mémoire et la culpabilité.


1908, il écrit  à nouveau pour le Figaro, il s’agirait d’éléments préliminaires à son roman.


1909, il se consacre à son œuvre, il entreprend cet immense projet d’écrire une œuvre avec les jours enfouis, elle se nomme   "A la recherche du temps perdu ". Il rédige la première partie "du coté de chez Swann" . Il se renferme chez lui, il se repose le jour et travaille la nuit.


1912, ce premier volume de 700 pages ne trouve pas d’éditeur, quelques extraits paraissent dans le Figaro. Refusé chez Gallimard par André Gide.


1913, c’est chez Grasset que se fera son édition  "Du coté de chez Swann " et annonce pour l’année  suivante  la suite " Du coté des Guermantes "et " le temps retrouvé ".


1914, c’est la mort accidentelle de son ami Alfred Agostinelli (ils se rencontrèrent à Cabourg en 1907, alors qu’Alfred était chauffeur de taxi, il fit visiter la Normandie à Marcel Proust, et cela pendant deux étés. En 1913, ils se retrouvent, Alfred a perdu son emploi et demande à Proust de devenir son chauffeur, ayant déjà un chauffeur, il lui propose de devenir son secrétaire, il lui fait dactylographier ses manuscrits, avec sa compagne ils s’établiront chez Marcel Proust, mais il repartira à Monaco, Proust l’implore de revenir et pour cela lui offre un avion avec lequel Alfred aura un accident). De plus c’est la Guerre et Proust ne fournit pas la suite de son œuvre comme annoncé. Il n’est pas mobilisé son état de santé n’étant pas bon.


1919, Parution  "d’A l’ombre des jeunes filles en fleurs ", avec cette œuvre, Il obtient le prix Goncourt. Pour les deux années suivantes, il annonce la parution de "Du coté des Guermantes " et " Sodome et Gomorrhe". "


1922, parait la seconde partie de Sodome et Gomorrhe.  Epuisé  il décède à Paris des suites d’une pneumonie.

Après son décès, la suite de son œuvre a été publiée, jusqu’en 1927.


Les salons :

Ils existaient depuis le XVI eme siècle, ils sont devenus nombreux au XIX eme siècle, le plus célèbre fut celui de Charles Nodier à la bibliothèque de l’Arsenal ou se retrouvaient les hommes les plus illustres du monde littéraire, et des arts, on y rencontrait : Lamartine, Hugo, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Sainte-Beuve, Balzac, Eugène Delacroix, Liszt. Sous la troisième république de nombreux salons virent le jour, bien souvent tenus par des femmes, on y parlait de l’actualité de l’époque, littérature, philosophie. Il y avait les salons de   comtesse de Greffulhe, George Sand, Anna de Noailles, Madeleine Lemaire, Sophie de Castellane, Mélanie de Pourtalés, Marie d’Agoult, Juliette Récamier, Esther La Païva, Claire de Duras, Julia Allard-Daudet, Marie-Anne de Loynes, la marquise Armande du Plessis, la princesse Mathilde Bonaparte et  bien d’autres. L’un des derniers grand salon littéraire de Paris a été celui de Virginie Ancelot , élue à l’Académie française en 1841.

Les salons fréquentés par Proust :

Madame Straus recevait tous les dimanches, elle avait une grande influence dans Paris. En 1898, les Straus s’installerent dans un hôtel particulier qu’ils venaient de faire construire, au 104 rue de Miromesnil. Parmi les  invités des hommes de lettres, des artistes, des politiciens, des notables mondains : Edgard Degas, Ludovic Halévy, Paul Bourget, Jean-Louis Forain, Léon Blum, Lucien Guitry, Réjane, Jacques Emile Blanche, Marcel Proust, la princesse   Edmond de Polignac, la princesse Mathilde, la comtesse Greffulhe, le prince Auguste d’Arenberg, Charles Haas (fondé de pouvoir chez Rothschild frères) l’un des modèles de Charles Swann dans l’œuvre de Proust

Madame Léontine de Caillavet, égérie d’Anatole France.  Modèle de Madame Verdurin dans l’œuvre de Proust. Arman de Caillavet tenait une rubrique au Figaro. Elle tenait son salon  dans un hôtel particulier au 12 de l’avenue Hoche, elle recevait   le dimanche toute l’élite intellectuelle, politique et mondaine, n’aimant pas la musique elle avait exclus les musiciens. On y rencontrait : Joseph Primoli, neveu de la princesse Mathilde,  Jean-Elie duc Decazes, le prince et la princesse Bibesco, le baron et baronne de Rothschild, Robert de Montesquiou, Anna de Noailles, Marie et Pierre Curie, Marcel Proust, Leconte de  Lisle, Pierre Loti, Fernand Gregh, Colette, Réjane, Georges Clémenceau, Paul Bourget, Loïe Fuller (danseuse américaine), Léon Blum, Aristide Briand et bien d’autres……….

Madame de Caillavet donnait des diners le mercredi, dont les conversations étaient dirigées sur des thèmes comme chez madame d’Aubernon de Nerville, on y rencontrait Alexandre Dumas fils, de Hérédia, Ernest Renan, le professeur Pozzi, Leconte de Lisle et Anatole France.

La princesse Mathilde, fille de Jérôme Bonaparte, fut élevée en Italie. Son salon littéraire à Paris était couru, situé dans son hôtel particulier de la rue de Berri, elle recevait les Goncourt, Flaubert, Théophile Gauthier, Paul Bourget, Marcel Proust dans sa jeunesse, il y avait aussi les Straus, le docteur Samuel Pozzi, le comte Benedetti ancien ambassadeur.

 

Son œuvre :

Son œuvre est une réflexion sur la mémoire, sur le temps, mais aussi sur l’amour, la jalousie, c’est une analyse de la société bourgeoise et aristocratique de son époque.

Ce sont des lieux, des souvenirs familiaux. Les séjours  effectués à Illiers pendant son  enfance chez son oncle et sa tante (Maison de tante Léonie) que l’on retrouve au début de son œuvre, mais c’est aussi au fil de ses rencontres, dans l’atmosphère des salons mondains,  qu’il  construit son œuvre"  A la recherche du temps  perdu ".

proust-bouquin-copie-1.jpg


Il lui a fallu 15 ans pour l’écrire, reclus dans son appartement du boulevard Haussmann.    

Du côté de chez Swann en 1913

A l’ombre des jeunes filles en fleurs en 1919

Le côté des Guermantes tome I en 1920

Le côté des Guermantes tome II en 1921

Sodome et Gomorrhe tome I en 1922

Sodome et Gomorrhe tome II en 1922 (après son décès)

La prisonnière (publiée par son frère Robert et Jacques Rivière) en 1923

Albertine disparue en 1925

Le temps retrouvé en 1927

 

La maison de Tante Léonie   (musée Marcel Proust). La famille y  venait.

La maison donne sur un petit jardin. Elle est sur plusieurs niveaux.


proust maisn

 

Des objets font référence au texte, d’autres viennent  de chez Marcel Proust, la chambre ou il dormait enfant et la cuisine sont les points forts de la visite, les textes de Proust en sont les supports. L’atmosphère y est décrite dans " du coté de chez Swann ".

Dès la première pièce nous découvrons  des photos d’Illiers Combray  à l’époque ou Marcel Proust venait chez son oncle et sa tante Elisabeth et Jules Amiot.

Au rez-de-chaussée, La cuisine est authentique, des objets ayant appartenus à la famille un service à crème à chocolat en porcelaine blanche avec un liseré or, il est composé d’un plateau avec des petits pots, ils servaient donc à mettre le dessert aimé de la famille, (ce dessert était le chef d’œuvre de Françoise dans le texte) on peu voir quelques moules à gâteaux en cuivre. Un grand fourneau, un soufflet, une table ou repose une cafetière un pain de sucre et quelques objets. Un escalier dans un coté de la pièce.

C’est un lieu de vie et d’intimité, c’est pratiquement la cuisine que Marcel Proust a connu enfant. 

 

proust cuisine

 

La salle à manger, les boiseries de style empire des maisons bourgeoises du XIX eme siècle et un magnifique parquet, de très beaux meubles ornent cette pièce, des poteries sont exposées sur un petit meuble, et la lampe à pétrole suspendue au-dessus de la table.

 

proust salle a manger

 

Le salon rouge, renferme  des objets personnels de sa mère Jane, tel qu’une boite à ouvrage, une écritoire.


proust salon rouge

 

Nous empruntons l’escalier pour aller à l'étage. Cet escalier, détesté par l’enfant lorsqu’il montait dans sa chambre pour aller se coucher, il craignait que sa mère ne vienne lui dire bonsoir.

La chambre de Marcel, le mobilier y est classique, le lit dans l’alcôve, derrière de hautes courtines  blanches, deux tables de chevets, dont un lampe à pétrole posée sur l’une d'elle, une cheminée, au dessus de celle-ci un miroir, sur la cheminée une pendule sous un globe de verre, face au lit un fauteuil, sur le dossier repose des étoles ajourées blanches au crochet représentant des roses, face à la cheminée une commode recouverte d’une nappe en guipure, des vases, un sucrier et une carafe sont disposés dessus, accroché au mur, un portrait du prince Eugène. 


    proust chambre marcel

Tout ceci fait  référence au texte.

 

La chambre de tante Léonie,  une commode jaune en citronnier ,une table servant d’officine avec une bouteille de vichy  Célestin, un verre, des ordonnances, des livres de messe, et la célèbre petite madeleine en forme de coquille Saint-Jacques, le lit longe la fenêtre.


proust chambre léonie

 

D’autres pièces évoquent les souvenirs de Jules Amiot, passionné par l’Algérie, pays qu’il avait visité plusieurs fois, d'ou la présence de nombreux objets rapportés de ses voyages, en quelque sorte il orientalisa la maison. Il s’était même fait construire un hammam dans son jardin.


En fin de visite un petit musée, présente des photos de Nadar père et fils concernant Marcel Proust (enfant ci-dessous)

 

proust-par-nadar-copie-1.jpg

 

et ses relations, un tableau de Madeleine Lemaire, un portrait de Reynaldo Hahn,proust renaldo hann

 

proust adulte nadar 

sous vitrine quelques partitions, manuscrits de la main de l’écrivain, des lettres, cartes postales, son diplôme du baccalauréat   et autres objets lui ayant appartenus tel que la légion d’honneur. 


proust manuscrit

Une promenade dans le village nous conduit au Pré Catelan, jardin construit par l’oncle de Marcel, (Jules Amiot, était commerçant et horticulteur), on emprunte le pont vieux sous lequel coule la Vivonne, nous passons devant les aubépines, la végétation y est abondante,


proust pre catelan1-copie-1

 

entre les feuilles des arbres on peu apercevoir l’église Saint Hilaire, parmi les charmilles se trouvent quelques pigeonniers.

proust pre catelan

Magnifique promenade qui nous plonge dans l’univers et l’œuvre de l’écrivain.

Prochainement les journées musicales de Marcel Proust à Cabourg (Balbec dans l’œuvre) 21-22-23 septembre 2012.

 

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 12:58

 

Misia Godebska nait à saint Petersburg en 1872, pianiste, égérie de nombreux peintres, musiciens, poètes, elle est élevée dans un environnement artistique.  

Fille d’un sculpteur polonais, Cyprian Godebski , sa mère Sophie Servais est belge et fille du violoncelliste Adrien-François Servais.

Misia jusqu’à l’âge de 10 ans est en Belgique, élevée par sa grand-mère, l’ami de la famille est Franz Liszt.

1874, naissance de Cipa demi-frère de Misia. La famille Godebski achète une maison de campagne," La Grangette" à Valvins proche de Fontainebleau.

1882, Misia est confiée au couvent des sœurs du Sacré chœur de Jésus, dans l’hôtel Biron à Paris (actuel musée Rodin). Elle prend des leçons de piano avec Gabriel Fauré.

1889, création de la Revue Blanche par les frères Natanson, le premier numéro est daté de décembre 1889

1892, c’est le premier concert public de Misia, sa prestation est indiquée dans la Revue Blanche

1893, Misia épouse Thadée Natanson (homme d’affaires, avocat et journaliste, critique d’art et collectionneur. Fils d’un riche banquier polonais. Il est le co-fondateur et animateur principal de la Revue Blanche).

Le couple s’installe, rue saint Florentin à Paris.

Lorsque Thadée épouse Misia elle est une excellente pianiste et aime la vie mondaine, c’est une femme très cultivée, tous les deux ont une grande sensibilité artistique, ils collectionnent  tableaux et objets d’art pour embellir leur propriété de Villeneuve sur Yonne « le relais » lieu ou ils reçoivent de nombreux artistes tel que : Toulouse Lautrec, Vuillard, Bonnard, Félix Vallotton, et les écrivains Anatole France, Marcel Proust, Octave Mirebeau, Jules Renard, le poète Fernand Greigh.

Masia commence à être connue, elle est très belle, elle fréquente, Mallarmé et Marcel Proust, Erik Satie, Colette, Gabrielle Chanel, puis Picasso, Lifar, Cocteau. Elle est nommée la reine de Paris par les journalistes. Elle séduit les grands peintres de l’époque, Lautrec, Redon, Bonnard, Vuillard et surtout Auguste Renoir qui va faire son portrait plusieurs fois

La famille Natanson soutien des Dreyfusards, Thadée ouvre les pages de la Revue Blanche aux défenseurs du capitaine en exil.

1894, Pierre Bonnard fait une affiche publicitaire pour la Revue Blanche, avec Misia pour égérie. En mai de la même année, Misia assiste à un concert chez Pierre Louÿs et découvre Pélléas et Mélisande interprété au piano par l’auteur  Claude Debussy.

1895, création d’une affiche publicitaire par Toulouse-Lautrec avec Misia en patineuse, Thadée commande 5 panneaux décoratifs  dit l’album à Vuillard

1896, Publication de Raphaël, pièce de Romain Coolus dans la revue blanche

1897, Thadée Natanson, publie dans la Revue Blanche un article consacré à Mallarmé. Misia et Thadée achètent une maison de campagne à Villeneuve sur Yonne, " Le relais ".

Thadée fait un voyage d’affaires dans les Carphates, et voyage avec Misia en Italie, à   Venise.

1898, Le couple passe l’été à Houlgate. En septembre c’est le décès de Mallarmé. C’est la fondation de la ligue des droits de l’homme par Ludovic Travieux, défenseur du capitaine Dreyfus, Thadée s’y engage. Publication d’intimités, 10 xylographies de Félix Vallotton, par les éditions de la Revue Blanche.

1899, naissance de la fille de Cipa et Ida Godebski, Marie-Anne, elle est la nièce de Misia.

1900, Misia rencontre grâce à Octave Mirbeau,Alfred Edwards, (né en Turquie), richissime homme d’affaires, et créateur du journal le Matin.

1901, Naissance du fils de Cipa et Ida, Jean.

1902 c’est la création de Pelléas et Mélisande de Debussy

1903, parution du dernier numéro de la Revue Blanche.

Création d‘une pièce de théâtre, en trois actes, de Romain Coolus, elle est inspirée de la séparation du couple sur fond de faillite.

Ravel compose sa mélodie de Shéhérazade sur des poèmes de Tristan Klingsor

1904, Misia et Thadée divorcent

1905, Misia épouse après son divorce, Alfred Edwards, le couple réside rue de Rivoli  et loue un pied-à-terre place Vendôme à l’hôtel du Rhin. Alfred fait construire un Yacht (Aimée), ils vont effectuer de nombreuses croisières avec leurs amis peintres, musiciens, écrivains.

Maurice Ravel ami, fait parti de la croisière,  il dédie à Misia « le cygne » et plus tard la valse. Misia présente Ravel à Diaghilev, il lui commande le ballet Daphnis et Chloé.

1906, Edwards rencontre l’actrice Geneviève Lantelme (Mathilde Fossey)

1907, Misia se sépare d’Edwards. Elle voyage en Normandie et en Italie.

1908, l’artiste peintre Jean Louis Forain présente José Maria Sert à Misia, ils voyagent à Rome. En mai, première de Boris Godounov à l’opéra de Paris, c’est à cette représentation que Sert présente De Diaghilev à Misia. La même année la pièce d’Octave Mirbeau « le foyer » est jouée à la Comédie Française

1909, Décès du père de Misia. C’est la première saison des ballets russes au Châtelet.

Alfred Edwards et Misia divorcent

1910, Edwards se marie  avec Mathilde Fossey. Misia présente Cocteau à De Diaghilev

1911, Création du ballet le spectre à la rose de Michel Fokine à Monte Carlo, c’est aussi  1ere tournée des ballets russes à Londres

1912, Crétion au Chatelet du « dieu bleu » de Michel Fokine. Scandale du ballet « l’après-midi d’un faune »

1913, Création de « jeux » poème dansé, musique de Debussy, au théâtre des Champs Elysées. Diaghilev rejoint Misia qui est à Venise

1914, Décès d ’Alfred Edwards.

 Diaghilev et Misia écoutent Satie venu jouer chez elle, trois morceaux en forme de poire. Composition préférée de Misia. C’est aussi le remariage de Thadée Natanson. En août l’Allemagne déclare la guerre à la France, Misia accompagnée de Cocteau, organise des convois de véhicules pour secourir les blessés sur le front.

1916, Misia voyage en Italie et en Espagne. Lorsqu’elle est à Paris elle réside à l’hôtel Meurice ou rue de Rivoli.

1917, Création de la revue « Nord-sud », de Pierre Reverdy, ç laquelle collaborent des poètes dadaïstes puis surréalistes ainsi que des artistes : Derain, Léger, Gris, Braque.

Misia rencontre Gabrielle Chanel chez la comédienne Cécile Sorel, elle devient sa meilleure amie. Misia et Sert l’introduisent dans le monde artistique parisien. Le couple voyage en Espagne et les ballets de Diaghilev se produisent à Madrid et Barcelone

Le ballet « Parade » fait scandale, ballet de Massine, poème de Cocteau,   musique de Satie, décor et costumes de Picasso.

1918, Décès de Debussy, Misia lui rend visite sur son lit de mort. La même année, elle assiste au mariage de Picasso, il épouse Olga, une danseuse des ballets russes.

1919, José maria Sert, peint un décor les « 4 saisons » pour Arthur Capel , l’amant de Gabrielle Chanel

1920, Misia réunie chez elle Diaghilev, Stravinski, Poulenc, pour qu’ils écoutent Ravel interpréter la Valse, ce qui apporta des critiques des musiciens, ils ne travailleront jamais en semble. La même année elle épouse, José Maria Sert peintre mondain, ils feront leur voyage de noce à Venise en compagnie de Coco Chanel. C’est son troisième mariage.

1923, Serge Lifar est présenté à Misia et à la princesse de Polignac, lors d’une répétition du ballet « Noces ». La première audition de ce ballet s’est déroulée dans l’hôtel particulier du prince de Polignac, avenue Henri Martin à Paris.

Mort de Radiguet ami de Cocteau, protégé par Misia.

1924, c’est la première saison des ballets russes à Monte Carlo avec la création du ballet « les biches », musique de Poulenc, costume de Marie Laurencin, ballet dédié à Misia qui s’implique dans la création des costumes. Misia part aux Etats-Unis, à New York,  pour le vernissage d’une exposition consacrée à José Maria Sert. Création du « train bleu », livret de Cocteau, costumes de Chanel, musique de Darius Milhaud au théâtre des Champs Elysées.

1925, Sert rencontre la sculptrice Roussadana Mdivani, dite Roussy, elle devient sa maitresse.

1926, Misia et Sert vont à New York

1927, Misia divorce pour la troisième fois.

1929, Misia va au chevet de Diaghilev, malade, il est au grand hôtel du Lido à Venise, il meurt le 19 août. Le mariage de Misa est annulé par le Vatican pour cause de stérilité.

1930, Mariage religieux de Sert avec Roussy.

1930-31, Misia part à Hollywood avec Gabrielle Chanel, celle-ci doit concevoir des costumes pour les stars de 4 films.

1933, Misia donne un concert avec la pianiste Marcelle Meyer, dans la salle des fêtes de l’hôtel Continental à Paris et au théâtre des Ambassadeurs.

1937, Décès de Cipa, le demi-frère de Misia.

1938, Décès à l’âge de 32 ans de Roussy, Misia est malade, elle souffre de graves problèmes. Ophtalmiques.

1939, Misia écrit un texte dans le catalogue de l’exposition consacré à Diaghilev et aux 20 ans des ballets russes,   exposition organisée aux Arts décoratifs. A l’automne la seconde guerre mondiale est déclarée. José Maria Sert, est nommé ambassadeur de l’Espagne de Franco auprès du Vatican, il collabore avec les allemands et poursuit sa vie fastueuse. Le journaliste et critique Paul Ristelhueber, fils de diplomate, ami de Serge Lifar et secrétaire de Sert, tient son journal pendant la guerre. Misia lui rend visite chaque jour.

1940, première représentation au théâtre de la pièce de Cocteau, « les monstres sacrés » œuvre inspirée du trio Sert, Misia et Roussy.

1945, décès de José Maria Sert à Barcelone. Le critique et journaliste Paul Ristelhueber, ami de Lifar et secrétaire de Sert, devient le confident de Misia, elle lui raconte ses souvenirs (ils seront publiés à titre posthume),

1947, Dernier voyage de Misia à Venise, le photographe Horst, prend quelques clichés.

1949, Décès de sa nièce Mimi, dans un accident de voiture. Misia est emprisonnée pour 24 heures pour usage de drogue.

1950, Misia décède le 15 octobre à son domicile de la rue de Rivoli à Paris, Gabrielle Chanel fait sa toilette mortuaire. La cérémonie religieuse à lieue à l’église polonaise de Paris, elle est enterrée à Samoreau proche de Mallarmé.

Ses trois mariages marqueront des étapes dans sa carrière musicale. Elle est la personnalité importante et influente à Paris dans les années 1910.

 

L’exposition est présentée de manière à découvrir la vie de l’artiste, au fil de ses rencontres artistiques : peintres, musiciens, danseurs, écrivains, ses mariages, amis. Les œuvres, objets, photos en sont les premiers témoignages. Admirée de tous elle est devenue la reine de Paris

Le 1er De la musique avant toute chose

Objets et tableaux évoquent Misia la musicienne


Une partition de la valse de Maurice Ravel, poème chorégraphique pour orchestre, transcription pour deux pianos à quatre mains par l’auteur en 1920  l’artiste avait composé cette œuvre pour Misia. Dédicace à Misia Sert  

Quelques photos dont une d’Eric Satie par Man Ray  en 1922, épreuve gélatino-argentique

Man Ray, La poire d’Eric Satie, vernis mou en couleurs, 1969, composés en 1903, 3 morceaux en forme de poires sont joués par Satie chez Misia en présence de Serge de  Diaghilev et d’autres invités en 1914. Cette composition en sept mouvements pour piano à quatre mains  

misia poire de man ray 

Quelques tableaux de Vuillard :

"Cipa écoutant Misia au piano " 1898-98 (Cyprien ou Cipa était le demi- frère de Misia)

"La soirée musicale", vers 1896-99, huile sur carton contrecollé sur panneau marqueté .


Misia au temps de la revue blanche de 1893 à 1903

Devenue Madame Natanson en 1893, Thadée Natanson  fondateur du journal  culturel et artistique « la revue blanche » à Bruxelles (1889-1903), cette revue attire les artiste les plus novateurs, les meilleurs plumes, et les meilleurs talents tel que Proust, Mallarmé, Mirbeau, Apollinaires, Gide, Claudel, Debussy, Signac et bien d’autres, tous les domaines sont traités, politique, social, artistique. Dès 1892, un supplément humoristique est publié et rédigé par Tristan Bernard avec la collaboration de Pierre Veber, avec  la signature de Jules Renard, des vers de Coolus, des dessins de Félix Vallotton, Toulouse Lautrec et Pierre Bonnard y participeront. A partir de 1897, la revus blanche se démultiplie avec la création d’une maison  d’édition, elle remporte un certain succès, notamment avec la publication en 1900 de Quo Vadis. La revue blanche apporte également un  soutien aux artistes Nabis.


De nombreuses photos, tableaux et objets exposés illustrent cette période 1893-1903

Un tableau de Vuillard "Toulouse Lautrec faisant la cuisine chez les Natanson  au " Relais" une maison que le couple possédait à Villeneuve sur Yonne. 1897-98

misia lautrec faisant la cuisine chez natanson-copie-1

De Toulouse Lautrec "Un portrait de Romain Coolus  critique littéraire à la revue blanche, et admirateur de Mallarmé œuvre datée de 1898"


"Madame Natanson au théâtre" par Toulouse Lautrec 1895, il s’agit d’une étude pour la couverture d’un magazine " L’estampe originale" .

Une photo montre Misia et Lautrec dans l’atelier de Maxime Dethomas (dessinateur, peintre et décorateur), vers 1896


Une affiche pour la Revue blanche en 1895 de Toulouse Lautrec

misia- affiche revue blanche lautrec

Présentation de quelques numéros de la Revue Blanche.

Un livre " la divagation " dédicacé par Mallarmé à Thadée Natanson et a Misia. Il s’agit d’un recueil de textes paru la même année qu’une étude de Thadée Natanson sur Mallarmé publiée dans la revue blanche.


Deux assiettes peintes par Vuillard 1895.

L’une : femme à la blouse avec des manches bouffantes, large jupe à carreaux et chapeau à plume en porcelaine.

L’autre : femme assise à la blouse à petits pois et jupe à bordure, également en porcelaine

Un éventail japonais ayant appartenu à Misia, avec autographe sur papier et baguette de bois daté de 1842-98

Un album de Bonnard, les dessins montrent les bureaux de la revus blanche.

"Misia au piano rue Florentin", 1899, huile sur carton

Une partition de Ravel " Le Cygne"  pour chant et piano 1906,

"Le Cygne" manuscrit autographe, encre noire et bleue avec correction au crayon ,1906.

Ravel au piano dans son appartement parisien autre photo de Vuillard en 1914 épreuve gélatino-argentique

"La symphonie" pour l’album germinal de Félix Vallotton, xilographie (Misia est représentée au piano entrain de jouer devant un groupe d’admirateurs parmi lesquels Vuillard, ainsi qu’Alfred Corot portant un monocle.


"Misia au piano" en 1902 par Pierre Bonnard, huile sur toile

misia au piano 1902 Bonnard

 

"Misia de profil" par Vuillard à la mine de plomb, vers 1897-99


"La nuque de Misia", Edouard Vuillard vers 1897-1899, huile sur carton contrecollé sur panneau parqueté.

misia la nuqye de misia

 

Un dessin de Bonnard "Misia profil gauche" en 1900

"Vallotton chez les Natanson", œuvre de Vuillard en 1897, on peut observer Misia regardant un tableau de Vallotton en cours d’exécution, il se peu que ce soit le portrait de son mari Natanson.

 

De Félix Vallotton "Misia à sa coiffeuse "1898, détrempe sur carton

misia à sa coiffeuse vallotton

"Misia à son bureau"en 1897, gouache et pastel sur carton

" Misia Natanson " 1898, gouache sur carton Vallotton

"Misia et Thadée Natanson " en 1902 par Pierre Bonnard, huile sur toile.

"Le petit déjeuner de Misia et Natanson"  vers 1899 par Bonnard, huile sur panneau.


Une photo  de Vuillard montre  Suzanne Avril, Misia, Edouard Vuillard  rue Saint Florentin en 1899 épreuve gélatino-argentique.  (A son retour de Londres, Misia a partagé  une pension de famille, rue Clément Marot avec l’actrice Suzanne Avril, c’es grâce a elle, que Misia lors d’une soirée a retrouvé un ami d’enfance, il s’agit de Thadée Natanson)

"La femme en bleue à la coupe de fruits "(Misia) en 1897 de Vuillard, huile sur toile.


"Misia assise dans une bergère, dit Nonchaloir" en 1901 Vuillard, huile sur toile.


"Le peignoir rouge" en 1898, huile sur toile de Vuillard (Misia est de dos, elle fait face à son demi-frère Cipa Dodebski, assis prés de la cheminée).

misia peignoir rouge vuillard

"Misia assise sur une duchesse, rue Saint Florentin" en 1899, photo

misia photo rue saint florentin

Misia et Thadée

Une toile de Vuillard " le salon aux trois lampes rue Saint Florentin " en 1899, peinture à la colle sur papier marouflé sur toile (le salon de l’appartement des Natanson, de la rue Saint Florentin, accueille régulièrement les artistes et  proches collaborateurs de la revue blanche. On peu apercevoir, entre Thadée et Misia, assis sur un rocking-chair au centre, l’écrivain et critique Romain Coolus.


misia salon trois lames


"En barque" de Vuillard 1897, c’est le portrait de Cipa demi-frère de Misia, à l’occasion d’un séjour au « Relais », à Villeneuve sur Yonne, pendant l’automne 1897.


"L’automne à Valvins" par Vuillard, à l’arrière plan, la maison de Mallarmé. 1896 huile sur carton.


"La maison de Misia ou la véranda" 1904, huile sur toile par Bonnard (l’été qui suit son divorce avec Thadée ; Misia loue le manoir du Bosc proche de Trouville, Bonnard réalise ce tableau et lui dédicace.


Présentation de  photos  d’Edouard Vuillard, l’artiste a séjourné plusieurs mois durant l’été et automne 1897, au Relais à Villeneuve et cela pendant plusieurs années.

Le déjeuner au relais à Villeneuve sur Yonne avec Natanson,

misia photo vuillard dejeuner au relais avec natanson

 

Misia dans un bois   en 1897-98,

Misia à Villeneuve  1897-98.

Après l’enterrement de Mallarmé, Misia,Natanson, Renoir, Ida Godebska, après l’enterrement le couple a réuni famille et amis au Relais . Photo datée du 11 septembre 1898

 Misia assise sur un fauteuil dans le salon au Relais,

 Misia et Félix Vallotton dans les vignes à, Villeneuve.

Misia à la croix des gardes à Cannes en 1906

Misia dans un jardin à Villeneuve, photo d’Alfred Athis ou Louis Alphonse Natanson,

 

 Madame Verdurinska

Après sa séparation avec Edwards, sa vie est métamorphosée, elle rencontre en 1908, José Maria Sert, de ce fait elle est introduite dans le milieu artistique d’avant-garde. Elle rencontre Diaghilev, elle devient la marraine des ballets russes ; elle est bouleversée par la version de Boris Godounov, elle apporte un soutien financier à son entreprise. Dans son salon du quai Voltaire, elle reçoit tout le gotha artistique, elle fait décorer son salon par Bonnard, elle est la nouvelle madame Verdurin (extraite de l’œuvre de Proust), son amie Coco Chanel la nomme Verdurinska

  

Une photo du Faune tenant le voile de la grande nymphe photo du Baron Adolphe Meyer datée de 1912

Une série représentant les nymphes de profil, les mains jointes extraits de l’album de photos de l’Après-midi d’un faune. Du Baron Adolphe Meyer

Le catalogue des ballets russes pour l’exposition des Arts décoratifs en 1939.

Un programme des ballets russes il s’agit de "L’après-midi d’un faune".

Pastiches et mélanges, édition de la "Nouvelle Revue Française" en 1919. Dédicacée par Marcel Proust

Le programme du "Dieu bleu " dansé au Chatelet en 1912

Un dessin, "projet de chapeau pour Misia pour un gala des ballets russes" ; accompagné  d’une lettre de Léon Bakst, vers 1910, aquarelle, crayon et gouache. Bakst faisait parti du cercle des amis de Misia et des musiciens que fréquentait Marcel Proust.

"Poème éventail " offert à Misia par Jean Cocteau en 1912, papier, encre poudre d’or et d’argent

"Double portrait de Misia"  en 1906 il s’agit d’un dessin de Bonnard à l’encre sur papier.

"Misia Edwards"en 1908 par Pierre Bonnard


"Le portrait de Jean Cocteau dans le jardin d’Offranville" en 1912 par Jean Emile Blanche

misia cocteau dans les jardins

"La promenade" par Bonnard 1900

misia la promenade bonnard

Une affiche de Nikinski pour le ballet le "Spectre à la Rose" pour la soirée du 19 avril à Monté Carlo.

misia pgm du 19 avril monte carlo le faune

Une petite sculpture du danseur Nijinski par Rodin en plâtre 1912, le sculpteur impressionné par la performance du danseur dans l’après-midi d’un faune, le fit venir à son atelier pour dessiner ses gestes, mouvements et saisir le fameux bond du faune.


"Misia allongée sur un divan", tableau daté de 1907-14 par Pierre Bonnard

Quelques dessins à l’encre de Chine par Cocteau, " l’œil de Misia" et "Misia de profil " 1917

"Le portrait d’André Gide "par Emile Blanche en 1912. Gide collabore à partir de 1900 avec la Revue Blanche

Un portrait de la comtesse Blanche de Polignac par Vuillard 1928-32. Elle était la fille de Jane Lanvin et du comte Di Pietro, elle possédait une belle voix, son hôtel particulier se situait en face de l’atelier de sert, il était réputé. Elle fut un mécène influent, proche des musiciens Satie, Poulenc, Fauré. 

Une photo de Nijinski dans le Dieu bleu, photo de Walery en 1912, épreuve argentique.

Une maquette d’affiche pour la légende de Joseph en 1914 aux crayons de couleurs par Bonnard

Une photo de Massine dans le rôle de Joseph datée de 1914 par Frédéric Boissonnas.

Une photo de Diaghilev à New  York en 1916 par le Comte Jean de Strelecki, il a fait de nombreuses photos de ballets, ancien chef des studios Reutlinger

La lecture des Noces ou de Parade (ballets), avec Stravinski, Diaghilev, Cocteau et Satie en 1922 par Michel Larionov à la mine de plomb,

"Le portrait de Stravinski" par Emile Blanche  en 1915


Sous vitrine quelques lettres sont exposées :

Une lettre de Misia à Poulenc en 1923 après la présentation de l’opéra la Khovanchina

Une carte de visite de Misia, des cartes postales envoyées à Auric en 1932 et à Poulenc en 1927

Un programme du ballet les biches présenté à Monte Carlo en 1932


Un projet de costumes par José Maria Sert pour Tamara Karsavina (danseuse russe) et Stanislas Idzikowski (danseur polonais), dans le pas de deux du ballet "Astuces féminines", datées de 1920 graphite, détrempe, crayon, encre sur papier.

misia costume de sert pour ballets astuces feminines

Une partition de Francis Poulenc pour les Biches

 

Un projet de décor, par José Maria Sert pour les "Astuces féminines" de Domenico Cimarosa acte 1 daté de 1920 pour l’opéra de Paris, l’argument du ballet se déroule à Rome au XVIII eme siècle, Sert imagine des décors et costumes rutilants en accord avec la musique de Cimarosa.


Une maquette de rideau pour le ballet les biches par Marie Laurencin en 1923,  l’argument du ballet est inspiré des Sylphides et du parc aux biches de Watteau, met en scène un marivaudage entre des jeunes femmes du monde, une troupe de garçonne et trois jeunes gens athlétiques. Les costumes dessinés par Marie Laurencin reprennent la mode de la haute société des années folles avec voiles, couleurs pastel.

misia laurencin les biches

Une photo de Jean Cocteau en 1930 par Germain Krull

Une autre représentant les interprètes du train bleu à Londres en 1924

Une toile "les lilas " par Vuillard 1899-1900

Une partition et un programme du ballet parade et quelques photos du ballet.

Esquisses de José Maria Sert pour "Amérique en hiver pour les quatre saisons"

Et "Europe en automne pour les quatre saisons" 1917-1920.

Etudes pour la décoration du salon de la princesse de Polignac en 1903-31 sur le thème le cortège d’Apollon.


Présentation du ballet Parade avec quelques extraits d’une vidéo et exposition de quatre costumes pour ce ballet : le cheval,  les prestidigitateurs chinois, le manager américain et le manager français ces œuvres furent créées d’après les costumes originaux de Picasso, pour l’opéra de Paris en 1979 .


Quelques photos prises par Pierre Bonnard :

"Le Yacht d’Edwards" en 1912,  

Dans une vitrine

L’illustration " au foyer " du théâtre Réjane pendant l’entracte de la répétition générale du 22 décembre 1906

La mort tragique de mademoiselle Lantelme 1911

Une partition de Shahrazade de Ravel

Une carte postale de Ravel envoyée à Bonnard elle représente le yacht de Misia et son mari

Un sautoir ayant appartenu à Misia en perles de cultures

Jeux d’eaux ou le voyage de Bonnard 1806-10


Amours castagnettes et tango

Dans sa jeunesse Misia tourne la tête des célibataires, Vuillard, Bonnard, Vallotton, Coolus.

Sa rupture avec Edwards inspire une pièce de théâtre à Mirbeau « le foyer »

1911, sa rivale auprès d’Edwards, Geneviève Lantelme meurt accidentellement.

Misia meurt solitaire et presque aveugle en 1950

 


"Misia" en 1904, peinte par Renoir

misia par renoir

"Misia et sa nièce, Mimi Godesbska, les tasses noires" 1923 par Vuillard. Misia entretien une relation forte avec sa nièce, lorsque Vuillard peint le tableau en 1925, Mimi épouse un officier de carrière, secrétaire général du journal ‘intransigeant, il s’agit d’Aimery Blacque-Belair.

Sur le tableau, les deux femmes se trouvent dans un  cadre sophistiqué, soie argentée tendue sur les murs, mobilier chinois, tasses Art déco noir et or. On ressent une certaine tension entre les deux femmes dans ce décor théâtral.  


misia, les tasses noires vuillard

 

"Une étude de Misa" pour les tasses noires à la mine de plomb sur papier.

Une photo de Misia et Mimi au Relais photo de Vuillard.

L’exposition se poursuit, nous sommes dans un couloir pour la présentation d’une série

intitulée " Intimités ", ce sont des scènes de la vie conjugale, par Félix Vallotton  à la xylographie publiées dans la revue blanche.

Intimités : Le Mensonge, Le Triomphe, La Belle Epingle, La raison probante, 

L'Argent, Le Grand Moyen, Cinq Heures, Apprêts de visite, La santé de l'autre, L'irréparable.

Quelques livres de Jean Cocteau, "Thomas l’imposteur" daté de 1923 et "Les monstres sacrés" datés de 1940

Une lettre d’Apollinaire à Cocteau.


"Un  portrait de Mademoiselle Chanel" par Marie Laurencin 1923

misia chanel par Laurencin

"Portrait de Pierre Reverdy" peint par Modigliani en 1915

"L’essayage", esquisse pour un portrait non réalisé de Melle Chanel en 1921 de Vuillard

"Mademoiselle Chanel" par Vuillard en 1921 à la mine de plomb sur papier.

De nombreuses photos montrent Diaghilev à Venise, ses funérailles en  1929, Misia dans le Gard à la marine chez son neveu Jean en 1948, Misia à Venise sur la terrasse de l’hôtel de l’Europe en 1947.

Sous un globe, un arbre miniature sur un socle minéral, entouré de fils de soie rouge, avec des perles rouges en verre et perles de cultures moirées.

Un ex-voto en forme de cœur ayant appartenu à Misia

Des livres d’octave Mirbeau, avec Thadée Natanson, ‘le foyer, ‘les jockeys camoufflés’ trois poèmes de Reverdy agrémentés de cinq dessin s de Matisse, œuvre dédicacée à Misia.,

"Venises"de Pierre Morand,

Une revue littéraire "Nord-Sud" de Morand,

"l’allure de chanel" du même auteur,

Le livre, "art et industrie chez madame Misia  Sert’,

Misia sur la revue Vogue en 1936.

Quelques lettres de Cocteau dont l’une écrite à Misia, une à Gabrielle Chanel, une biographie de Misia, Eugénie Cocteau à Misia à l’occasion de son mariage avec Sert en 1920 le 3 août.

Des photos des arbres précieux de la collection de Misia par Thérèse Bonney

Chanel photographiée par Man Ray et Misia par Bedoin 1929-31, l’exposition se termine par une vidéo sur la reine de Paris.

          

Quelques extraits du catalogue de l'exposition

Très belle exposition retraçant la vie de cette artiste au parcours très riche, elle a rencontré les plus grands artistes, écrivains, musiciens, danseurs de son époque.

A ne pas manquer au Musée d’Orsay jusqu’au 9 septembre.

 

 

 

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Published by Tinou - dans Exposition
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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 15:13

Le XVII eme siècle, époque de Caravage.

La Renaissance est terminée, nous sommes dans la période entre maniérisme et baroque.

Lorsque nait Caravage en 1571, De Vinci, Raphaël, Pontormo, Michel Ange sont décédés.

Titien décède alors que Caravage n’a que 5 ans, Véronèse toujours en vie lorsque l’artiste débute chez  Simone Peterzano.

Tintoret dans son style est plus proche de Caravage, lorsqu’il meurt Caravage a 23 ans. C’est à cette époque qu’il développe un style plus torturé, puissant, ses lumières dramatiques, sa palette est plus sombre.

En littérature nous avons Shakespeare, De Cervantès, Gabrieli, Kepler, Gesualdi, Monteverdi, Galilée. C’est aussi la contre-réforme, Thérèse d’Avila, Saint Charles  de Borromées. C’est l’époque également des grandes découvertes,  l’Australie  en 1605, début de la colonisation en Inde. C'est l’assassinat d’Henri III, Henri IV, du duc de Guise, mais aussi le massacre de la Saint Barthélemy et le retour de l’inquisition. Toute cette période est européenne.

Puis il y a Rome, ville toujours en travaux, elle se modernise, mais il y a des voleurs, ils agressent, tuent. La vie y est éphémère, ainsi que la gloire des artistes, des princes, des condottières, le destin des religions évolue.

Les pays se font la guerre, France, Espagne, l’empire romain germanique. La peste fait son apparition, il y a la famine.

 

Michelangelo Merisi dit le Caravage, nait à Milan en 1571, son père y travaille, il est maçon architecte et intendant du Marquis Caravaggio.  Francesco Sforza (seigneur de Caravaggio) fut le témoin du mariage de ses parents, c’est une famille reconnue, ils ont 4 enfants trois garçons et une fille.

Mais en 1576, il y a la peste à Milan et la famille doit revenir dans la petite ville Lombarde de Caravaggio, province de Bergame. C’est dans ce lieu que Michelangelo passe son enfance, c’est le nom de la ville qu’il utilisera comme nom d’artiste.

Son père décède en 1577 et sa mère en 1584.

1584, il n’a que 13 ans et est apprenti chez  Simone Peterzano à Milan, il y reste quatre ans (Peterzano fut l’élève de Titien). Il apprend les techniques de la peinture à l’huile, de la peinture à fresque et du portrait, mais aussi les théories picturales de l’époque et le dessin.

1588, il décide de rentrer à Caravaggio jusqu’au moment d’obtenir son héritage.

1592 il part pour Rome, il y restera jusqu’en 1607, il veut y faire carrière comme un grand nombre d’artistes. Il entre dans l’Atelier alla consolatione de Lorenzo Carli. Il faut savoir qu’à cette époque Rome est une ville pontificale dynamique, c’est l’époque du concile de Trente (19 eme concile œcuménique reconnu par l’église catholique) et la réforme catholique. De nombreux chantiers sont en cours, c’est déjà l’esprit baroque, Clément VIII est élu en janvier de cette même année. Peu d’informations sur Caravage à cette époque il est violent et querelleur, il vit chez un ami de la famille et peint des icones, il copie des tableaux religieux.

L’artiste s’installe près de la piazza del Popolo, il rencontre le peintre Prospero Orsi, l’architecte Onorio Longhi et Mario Minniti (peintre sicilien, il arrive à Rome en 1593), ils seront amis longtemps. Il devient aussi ami avec les artistes de l’Académie de Saint Luc (l’institution officielle), il peint son premier tableau religieux " Madeleine repentante ", des scènes de genre, tel que" les tricheurs"," les musiciens", "la diseuse  de bonne aventure". C’est à cette époque qu’il créé son style, un fond sans décor, des personnages en action, une extrême précision dans les détails. Mais il à beaucoup de difficulté à vendre ses œuvres, l’artiste doit contacter des marchands pour les vendre. Il rencontre Constantino Spata (marchand d’art), il lui fait rencontrer le cardinal Francesco Del Monte qui va devenir son mécène et va lui acheter les tricheurs.

Le cardinal Francesco Del Monte l’installe dans le Palais Madame et le prend sous sa protection, l’artiste y peint ses premiers grands tableaux religieux et des scènes de genre, "le joueur de luth"," le concert".

C’est à partir de 1599, que Caravage à de nombreuses commandes, principalement pour le Clergé " la Vocation et le martyre de saint Matthieu " pour la chapelle Contarelli de l’église Saint Louis des Français (ce cycle de peinture orne la chapelle). " La conversion de saint Paul sur le chemin de Damas", et " le crucifiement de Saint Pierre " pour la chapelle Cerasi à l’église Sainte-Marie-du-peuple (certaines de ses œuvres vont être refusées, jugées trop vulgaires) par contre ces tableaux refusés seront acceptés par le duc de Mantoue (riche amateur d’art). D’autres commandes viennent de toute l’Italie.

Il faut savoir que l’artiste choque  en raison du réalisme jugé vulgaire et du choix de ses modèles qui peuvent être des cadavres ou bien des prostituées. Il prend les gens du peuple comme modèle, ainsi il humanise le divin. Ce sont des années difficiles pour l’artiste car il fréquente les gens des tavernes et les courtisanes, il est bagarreur et violent, souvent mêlé à des affaires louches, des affaires de mœurs mais aussi criminelles. Il fait des séjours en prison dans les hôpitaux. Sa manière de peindre est souvent critiquée, il peint directement sur la toile et rapidement, d’un seul trait, il dessine très peu. Son œuvre est abondante.

1599, c’est aussi l’année ou il peint sa tête de "Méduse" pour le cardinal Del Monte, c’est sa première œuvre de décapitation (on va la retrouver dans différentes œuvres).Il a également peint "Sainte Catherine d’Alexandrie ", " Judith décapitant Holopherne", " la conversion de Marie-Madeleine ".

En 1600, il à de nombreux ennuis, il est arrêté, emprisonné pour des infractions à l’ordre public, mêlé à des procès.

1603, il peint " la mise au tombeau ", (une de ses œuvres la  plus aboutie)

1606, il tue en duel lors d’une rixe,  Ranuccio Tomassoni, (le chef de la milice de son quartier). Il est condamné à mort et obligé de quitter Rome en 1607. De ce fait il voyage dans toute l’Italie.

Il va à Naples, (à l’époque en terre espagnole), il est accueilli par la famille Colonna (famille d’une branche des Comtes de Tusculum , ancienne ville du Latium province de Rome, et des Julio-claudiens , une des premières dynasties, ayant régné sur l’empire Romain). Il continu de peindre des tableaux dont un retable "les sept œuvres de miséricorde" pour une église de Naples, il peint " la flagellation du Christ " qui remportera un grand succès.

1607, il part pour Malte, il souhaite obtenir la protection du puissant Ordre des Chevaliers de Malte, présenté au grand Maitre, il peint son portrait ainsi que " la décollation de saint  Jean-Baptiste" (qui se trouve dans la cathédrale de La Valette)

1608, il est fait Chevalier de grâce de l’Ordre de Saint- Jean de Jérusalem, mais sera radié et jeté en prison après des bagarres et avoir séduit le fils du haut dignitaire de l’ordre. Il s’évadera grâce à des amis hauts placés.

Il arrive à Syracuse, en Sicile et va chez son ami Mario Minniti, il produit plusieurs commandes pour les grandes familles et le Clergé, grâce aux relations de son ami. Deux retables : "La résurrection de Lazare" et "l’enterrement de Sainte  Lucie ", puis "l’adoration des bergers ", "Nativité avec saint François et saint Laurent ". Ses œuvres sont moins provoquentes. Avec l’appui de ses amis, il  obtient la grâce du Pape et ainsi peu rentrer à Rome.

1609, c'est à Naples qu'il décide de revenir, mais fut blessé dans une bagarre, passé pour mort, il survit et peint " Salomé avec la tête de Saint Jean-Baptiste" , "le reniement de Saint-pierre ", "David et Goliath", "le martyre de Sainte Ursule " probablement l’une de ses   dernières toiles.

1610, le pape lui accorde sa grâce, il peu se rapprocher de Rome, il embarque sur une felouque qui fait la liaison avec Porto Arcole et rejoint le Monte Argentario, enclave espagnole à l’époque, emportant avec lui la Méduse. Lors d’une escale à Palo (Italie), il descend et se retrouve emprisonné quelques jours. A sa sorti, il essai de rejoindre Porto Arcole à pied. Il est retrouvé mort le 18 juillet 1610  

Le caravagisme est un courant pictural de la première moitié du XVII eme siècle, apparu suite au travail du Caravage, il est parfois assimilé à une forme de baroque romain face au classicisme des Carrache.

Le clair-obscur est caractérisé par la prédominance de scènes aux puissants contrastes de lumière et d’ombre.

La systématisation du clair-obscur chez Caravage a une signification. Le monde terrestre est plongé dans l'obscurité tandis que l'intrusion divine se signale par la lumière de l'action. Ce procédé permet d'augmenter la tension dramatique, de figer les attitudes à un moment précis, de mettre en volume les personnages et de donner l'illusion du relief. Sa technique est utilisée en photographie.

L’art de Caravage devient une école européenne, lorsque les jeunes artistes arrivent de toute l’Europe pour se former à Rome. Ce qui permet de perpétuer le style du maitre et le font évoluer.

C’est son élève Manfredi qui transmet avec le plus de sensibilité  l’œuvre du maître en ce qui concerne les scènes de genre.

Les premiers suiveurs romains :

Gentileschi, Baglione, Saraceni

Gagnacci, Guerchin

Les peintres étrangers :

Les français Vouet et Valentin

Les espagnols :

De Ribera, Zurbaran et Velasquez

Les flamands :

Seghers et Honthorts de l’école d’Utrecht perpétue aux Pays-Bas. Le clair-obscur sera transmis par Rembrandt.

Des artistes au confluent des cultures nordiques tel que  Georges de la Tour

L’exposition :

Présente 9 œuvres du maître, et 64 de ses suiveurs, certains l’ont connu, tel qu’Orazio Gentileschi, le père d’Artémisia.


De Milan en 1571 à  Arcole en 1610.

" L’extase de saint François "» (1er tableau religieux de l’artiste). Ci-dessous.

caravage - l'extase de st françois


"Le sacrifice d’Isaac " 


" Jeune garçon mordu par un lézard" (œuvre typique, il s’agit d’un petit tableau de jeunesse, il associe nature morte et figure)

caravage le jeune garçon mordu par lezard

" Le reniement de saint Pierre " (œuvre privilégiée des caravagesques).


" L’amour endormi " (il fut réalisé à Malte, pour le commanditaire Francesco della Antina).

caravage- amour endormi

« La flagellation du Christ » (peint pendant son séjour napolitain, le décor est épuré, 3 figures sortent de la pénombre).


"Ecce Homo " pour Massimo Massimi, cette composition présente les personnages à mi-corps, cela est empreinté aux peintres de la Renaissance.


caravage ecce homo


" La Madeleine en extase "par le peintre Finson d’après Caravage.


" Saint François en méditation ", peint après sa fuite de Rome, cette scène illustre le passage de la fin de vie de saint François après avoir reçu les révélations du seigneur.

 

" Salomé recevant la tête de Saint Jean Baptiste ".


La diffusion du caravagisme.

L’artiste n’a pas d’élève, mais un cercle. De nombreux peintres vont chercher à imiter son originalité, son style. Certains de ces artistes sont plus âgés, d’autres l’ont côtoyé tel qu’Orazio Gentileschi. Quelques uns de ces artistes italiens.


" L’extase de Saint François " peint par Baglione vers 1601


Carlo Saraceni, (1579-1620) artiste vénitien, il a vécut et œuvré principalement à Rome, il a formé son style sous l’influence de  Caravage.

"La Sainte famille dans l’atelier de Saint Joseph"  1615  

" Le martyre de sainte Cécile" daté de 1610

 Un pensionnaire de Saraceni " Le reniement de Saint Pierre "  de 1615-1625


caravage - le reniement de st pierre de Saraceni


Orazio Gentileschi, (1563-1647), né à Pise, disciple direct du Caravage dont il est influencé pour ses compositions religieuses, il est le plus vieux des peintres caravagesque. Il est le père d’Artémisia.

" Danaë"

caravage- Orazio gentileschi Danae

" Judith et Holopherne "


Artemisia Gentileschi, (1593-1652), peintre italienne de l’école de Caravage, artiste qui reprend la rigueur du dessin de son père et y ajoute une accentuation dramatique, hérité de l’œuvre de Caravage, chargée d’effets théâtraux. Elle a contribuée à la diffusion du   caravagisme à Naples.

"Danaë"


Guy François (1578-1650) Le Puy en Velay, artiste français, il est à Rome en 1608, il fait parti de l’Académie de Saint-Luc. Il est influencé par Caravage.

"Sainte Madeleine repentante "œuvre datée de 1620


Giovanni Serodine (1594-1631) né en Suisse, va à Rome, il est influencé par la dernière période romaine de Caravage.

" Sainte Marguerite ressuscite un jeune homme "

" Judith et Holopherne "


David et Goliath" par Francesco Borgani 


Orazio Riminaldi (1586-1601) il nait à Pise, élève d’Orazio Gentileschi

" Dédale et Icare " 1625

 

La peinture à Rome de 1610 à 1630

 

Les français à Rome autour de Bartolomeo Manfredi, après le décès de Caravage en 1610, un courant Caravagesque nait à Rome, des italiens, allemands, français, nordiques, vont s’inspirer du  Caravage et de Manfredi………


 Bartolomeo Manfredi, (1582-1622) nait proche de Crémone. Elève de Caravage, inspiration de l’artiste pour son clair-obscur

" Bacchus et un buveur "vers 1621-22

"Jésus chassant les marchands du temple " vers 1616-17

caravage-manfredi jesus chassant

"Le triomphe de David" vers 1616-18


 Valentin de Boulogne, (1591-1632) , peintre français, il fait parti du courant caravagesque.

" Réunion de musique " vers 1626

"David avec la tête de Goliath et deux soldats " vers 1616-18

" Judith" vers 1625-28


caravage- de boulogne Judith

 

Simon Vouet, artiste français (1590-1649), il nait à Paris, il voyage, il est ambassadeur à Constantinople (1611-1612), il voyage à Venise, Rome, Gênes. Lors de son séjour à Rome il est inspiré par Caravage.

" Saint Jérôme et l’ange" 1622, (saint Jérôme est le 1er docteur de l’église a avoir traduit la bible).

caravage- saint jerome et l'ange simon vouet

" La diseuse de bomme aventure" 1620

" Portrait d’Aubin Vouet "


Nicolas Tournier, artiste français, né à Montbéliard (1590-1639). Il appartient au mouvement des caravagesque français avec Nicolas Régnier et Valentin de Boulogne).

"Le reniement de Saint Pierre " vers 1625

 

Aubin Vouet (1595-1641), il est le  frère de Simon, il rejoindra son frère à Rome et sera émerveillé par Caravage.

" David tenant la tête de Goliath "


Nicolas Régnier, artiste français né à Maubeuge ( 1591-1667), il a construit une grande partie de son œuvre en Italie, il fut influencé par Caravage).

" Soldats jouant aux dés sur la tunique du Christ " vers 1618


caravage- Nicola regner soldats


"Saint Matthieu et l’ange " vers 1625

" Saint Sébastien soigné par sainte Irène " vers 1624-26

 

caravage-regnier sébastien soigné par irene

" Maitre à la chandelle"

" David et la tête de Goliath" vers 1620-1630

 

Claude Vignon, peintre français né à Touts (1593-1670), influencé par divers styles variés et par divers artistes français et italiens, Vouet, le Guerchin, Caravage.

" Le martyre de Saint Matthieu " 1617

 

La tentation caravagesque :

Le caravagisme se heurte au classique bolonais incarné par les Carrache, ainsi que les écoles lombardes et vénitiennes…………….


Guerchino ou le Guerchin (1571-1666), peintre et dessinateur baroque de l’école de Ferrare. C’est à Venise qu’il étudie le Caravage.

" Saint François en méditation " vers 1618-20


Leonello Spada (1576-1622), peintre et graveur italien, il fait parti de l’école de Bologne, disciple de Caravage.

" La lamentation du Christ mort ", Vers 1610-11


Giovanni Lanfranco (1582-1647), peintre italien baroque de l’école de Parme, il est apprenti de Carrache, en 1631, il est le principal de l’Académie de saint Luc. 

" David et la tête de Goliath "


Guido Reni,

" David vainqueur de Goliath " vers 1605

 

caravage-guido reni david

  Francesco Barbieri Guernico

" Salomé recevant le tête de saint Jean Baptiste "


Guido Cagnacci, (1601-1663), il fait parti de l’époque tardive du baroque, appartenant à l’école de Bologne.

" David avec la tète de Goliath " (cet artiste a le gout du clair-obscur)vers 1655


Sigismondo Coccapani (1583-1643), il fut élève du peintre Cigoli, à Rome il fut son aide.

" L’exode de saint François "


Gioacchino Assereto, (1600-1649), peintre baroque de l’école génoise

" Tobie rendant la vue à son père"


Francesco Cairo, (1607-1665) peintre italien de la période pré-baroque. En 1637-38, il part à Rome, il étudie la peinture classique des artistes de l’école émilienne (Reni entre autre), les imitateurs tardifs flamands du Caravage.

" Saint Sébastien soigné par Irène" (il fut un martyre chrétien au III eme siècle) vers 1635


Bernardo Strozzi, (1581-1634), peintre baroque de l’école génoise.

" Les pèlerins d’Emmaüs "vers 1633


Niccolo Tornioli, (1598-1651), peintre baroque italien, né à Sienne.

" La vocation de Saint Matthieu " vers 1636


De Naples à Séville : il y a les suiveurs, ce qui va faire l’objet d’une école…………..

Le caravagisme est né, il ne peut rester en Italie, il est aussi européen. De nombreux artistes ont fait des stages à Rome, ils véhiculèrent le caravagisme. La peinture du maitre, révolutionne la peinture religieuse, en même temps que sa  technique.


Luca Giordani, (1634-1705), napolitain, de renommée  internationale, est allé en Espagne.

" Le bon samaritain "


caravage- le bon samaritain giordani


De Ribera, (1591-1652), peintre espagnol peintre de  l’époque baroque, il est l’un des représentants du ténébrisme et l’école de Naples.

" Saint Paul et saint Pierre "

" Le goût " vers 1614-16


caravage- le gout de ribera


" Sainte Marie égyptienne" vers 1640


Filippo Vitale, (1585-1650), peintre napolitain baroque, il fut actif principalement à Naples.

" Saint Pierre délivré de prison par un ange "


Maitre de l’annonce aux Bergers, peintre italien, actif à Naples entre 1630 et 1640, ses compositions sont denses et dramatiques.

" Les noces de Rachel et Jacob "


Francisco de Zurbaran, (1598-1664), peintre du siècle d’or espagnol, artiste emblématique de la contre-réforme. Il fut très marqué par Caravage. Son style est austère et sombre, il évolue et se rapproche des peintres maniéristes italiens.

"Saint Sérapion " 1628

caravage- zurbaran serapion


Marco Calabrèse, (1486-1542), peintre italien de l’école napolitaine

" Le concert " vers 1630-35


Giovan Battista Caracciolo (1578-1635), il fait parti de l’école napolitaine et est un disciple de Caravage

"Noli me Tangère " ne me touche pas, paroles prononcées par Jésus le dimanche de Pâques lors de sa résurrection, s’adressant à Marie-Madeleine. Vers 1618-20


Velasquez, (1599-1660), peintre espagnol, peintre baroque considéré comme l’un des principaux représentants de la peinture espagnole, il va en Italie et à la Villa Médicis à Rome, il apprécie le Guerchin.

" L’apôtre Saint Thomas " 1619


caravage velasquez l'apotre st thomas


Georges de la Tour

Georges de la Tour, (1593-1652), peintre français, de l’école de Lorraine, artiste au confluent des cultures nordiques, italiennes et françaises. Son goût pour les jeux d’ombre et de lumière, ses recherches sur le drame humain font de lui l’un des continuateurs du Caravage.


"Le veilleur au chapeau" vers 1630

"Saint Jacques le mineur" 1624

"Vieillards" 1618-19

"La madeleine à la flamme fumante" vers 1636

"Le nouveau né" vers 1645

"Les tricheurs à l’as de carreau" vers 1630-35


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 "Vieille femme" vers 1618-19

Quelques extraits du catalogue de l'exposition.


Très belle exposition qui permet non seulement d'admirer les œuvres du Caravage mais aussi celles de ses nombreux suiveurs. A ne pas manquer.

Au musée Fabre à Montpellier (les caravagismes, italiens, français, espagnols)

Au Musée des Augustins à Toulouse( les caravagismes flamands et hollandais)

Jusqu’au 14 octobre 2012

 

 

 

 

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Published by Tinou - dans Exposition
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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 10:58

Après l’exposition universelle de 1889, c’est dans  le quartier Montmartre que sont établis de nombreux artistes.

Ils vont quitter cet univers  pour s’installer dans le quartier Montparnasse qui va devenir la plaque tournante de la modernité.

C’est dans les années 1910 qu’ils changent de lieu, ils s’installent à la Ruche, galerie d’artistes, instituée par Alfred Boucher, sculpteur pour les monuments publics, c’est le nouveau lieu à la mode, il y a aussi la cité Falguière (suite d’ateliers) on y rencontre Soutine. Le climat artistique change, les anciens forment les jeunes. Il faut savoir que dans ces lieux les artistes forment une famille.

Picasso est l’un des premiers à s’y installer.

Montparnasse, quartier populaire de la capitale  encore en friche.

De nombreux artistes de divers pays  ont investi Paris. Ils trouvent des lieux pour se loger, les loyers pour des sommes modiques, de nombreux cafés bon marché deviennent des lieux de rencontres et d’entraides. L’atmosphère, y est particulière, non seulement par les artistes, mais par une population venant de tous pays, à la recherche de nouveaux talents. Cette réunion artistique développe un courant nouveau qui se nomme "l’école de Paris" il y a aussi de nouveaux talents, la créativité est riche, grâce aux divers pays d’où viennent ces artistes. Quelques exemples : 1913, Foujita débarque du Japon, ne connaissant personne il rencontra Soutine qui lui, vient de Lituanie, Modigliani, italien, habite tout près, rue Falguière, Jules Pascin est bulgare, appelé rapidement, le prince de Montmartre, Fernand Léger, cubiste, ils deviennent amis de suite. Léger rencontre Picasso et Juan Gris, espagnols puis Matisse.

De nombreux artistes habitent à proximité ou  y viennent :

Guillaume Apollinaire, le Douanier Rousseau, Antoine Bourdelle, Zadkine, Chagall, Max Jacob, Blaise Cendrars, Ezra Pound, Marcel Duchamp, Brancusi, Juan Gris, Diego Rivera, Marie Vassiliev, Giacometti, André Breton, Pascin, Dali, Sartre, Henry Miler, Django Reinhardt, Juan Miro, à la fin de sa vie Degas et bien d’autres artistes.

Des photographes s’y installent tel que Man Ray, Marc Vaux photographe des peintres, mais aussi Cocteau, James Joyce, Gertrude Stein.

Montparnasse devenu quartier animé, quartier intellectuel et artistique, ses nombreux cafés vont rentrer dans l’histoire tel que la Rotonde située angle boulevard Raspail et Montparnasse. Les artistes s’y retrouvent rapidement, c’est un lieu de rencontre de gens de tous les horizons, c’est aussi un lieu de création, d’échanges. Zborowski y rencontre Modigliani en 1916. On décide d’une exposition d’art français à Oslo, idée lancée par Walther Halvorsen, ce fut aussi un lieu de rencontre amoureuse pou Modigliani il y rencontra Jeanne Hébuterne en 1917.

Ces cafés et bistrots sont incontournables pour les rencontres, les artistes viennent rencontrer d’autres artistes et négocier (quelques lieux, la Coupole, le bœuf sur le toit, le Select, le Dôme, , la Coupole………..), ces lieux acceptent que les artistes restent toute la soirée pour un prix dérisoire, quelques fois ils  payent avec un croquis, une œuvre d’art.

La vie nocturne y est intense au Bar Dingo, des théâtres, Music  Hall, on y rencontre Damia, Georgius chanteurs, la célèbre Kiki de Montparnasse, le groupe des Six fondé par Erik Satie et Jean Cocteau.

Les gens du monde entier aiment vivre dans ce quartier, y travailler, l’environnement y est créatif, c’est la  bohème mais aussi un lieu de domicile pour les exilés politique, Lénine, Trotski, Diaz.

1914, déclaration de la première guerre mondiale, Montparnasse change de visage, le bal Bullier devient un dépôt de vêtements pour les militaires, le couvre feu est instauré à 21 h pour les cafés et restaurants.

Les peintres français Braque, Derain, Leger, Lothe , Dunoyer de Segonzac sont mobilisés, les écrivains Salmon, Mac Orlan, Carco. De nombreux artistes étrangers se portent volontaires tel que Modigliani, Ortez de Zarate, Picasso, Rivera, Brancusi restent à Montparnasse. Foujita et Kawashima fuient et vont à Londres avant de rejoindre  Madrid.

Les soirées parisiennes sont terminées, les galeries ferment.

C’est le cas de la galerie Paul Guillaume, l’Europe s’enlise dans le marché de l’art, les salons se tiennent une fois sur deux. Certains artistes devenus soldats ont le désir de création, peindre la guerre.

Ils ont beaucoup de difficultés financières, l’une d’entre eux, Marie Vassiliev, ouvre une cantine pour tous, avec l’aide du peintre Van Hoor en 1915, elle se trouve dans l’atelier de l’artiste au 21 rue du Maine. Les meubles viennent du marché aux puces, au mur on peut y voir des peintures de Chagall, Modigliani, des dessins de Picasso, Leger, une sculpture en bois de Zadkine est exposée, chant, danse, on y parle toutes les langues.

Vlaminck se lie d’amitié avec Modigliani rencontré à la Rotonde, certains artistes se retrouvent dans un petit atelier rue du Départ. En 1916, Paul Guillaume organise dans son appartement  une exposition des œuvres de Derain. Diaghilev lui fait appel pour créer des décors et costumes de " la boutique fantasque" en 1919.

Le Montparnasse de l’après guerre, Modigliani meurt en 1920 sa compagne Jeanne Hébuterne aussi.  

Les années 20, c’est le Paris  des années folles, le quartier Montparnasse  connaît  son apogée. Juste sorti de la grande guerre c’est la liberté  sans contrainte après les tabous, cette liberté s’empare du milieu artistique pour en faire des valeurs commerciales.

Tout est permis on danse, on s’amuse, beaucoup de fêtes costumées, le bal nègre créé en 1925 (bal antillais), Desnos y emmènes les surréalistes on y voit Cocteau, Morand, Kisling , Pascin, Foujita, Fitzgerald, Miller , Man Ray. Il y a des bals partout plus ou moins connus, des cafés nouveaux, des boites de nuit introduisent le jazz à Montparnasse, le jockey est le plus connu, on y fume l’opium, on y boit, danse, la police ferme les yeux. On y réinvente l’amour, les doctrines esthétiques, ou les façons de peindre, le désir de faire peau neuve, c’est l’art, la vie, l’amour libre, pourtant les souffrances de la guerre sont toujours présentes.

Des amateurs d’art arrivent des USA tel que Gertrude Stein, Peggy Guggenheim, Edith Warthon, Harry Corsby, accompagnés de quelques critiques, Laurence, Hemingway, Joyce, Faulkner, Parker et bien d’autres allaient devenir commanditaires.

Des soirées sont données par la baronne Hélène d’ Aettinger, elle peint et écrit, elle donne chez elle de nombreuses réceptions somptueuses, elle réside au 229 boulevard Raspail, artistes, écrivains, cubistes futuristes s’y rencontrent : Apollinaire , Jacob Sander,  de Chirico, Modigliani. C’est un centre littéraire et artistique en 1914, elle finance la revue " le soir de Paris ", cette revue obtient une audience mondiale . Un autre lieu, chez Rosalie, employée comme domestique chez la princesse  Ruspoli, Rosalie Tobia est entrée au service d’Odilon Redon, en tant que modèle, elle a posé pour le peintre Bougraud. Elle achète une crémerie et reçoit les artistes, elle se situe 3 rue campagne première.

Après les années 30, quelques académies continuent de fonctionner, mais les années folles sont passées de mode. 

La seconde guerre mondiale est proche.

 En 1941, les artistes juifs sont exclus des prix des bourses de voyages. Pendant l’occupation Kisling est mobilisé dès 1939, Soutine et ainsi que les autres.

Cette guerre oblige les artistes à se disperser, le quartier ne retrouva plus jamais son aura.

Les nouveaux marchands :

Paul Alexandre, Paul Guillaume, Léopold Zborowski  Berthe Weill, Bernheim le jeune.

C’est la grande période des impressionnistes.

Les collectionneurs :

Barnes il a fait fortune dans l’industrie pharmaceutique à Philadelphie, il possède déjà 100 Renoirs, 50 Cézanne et bien d’autres.

Le collectionneur Jonas Netter, (1867-1946), juif alsacien, est un représentant de commerce dans le luxe. Passionné par l’art, Il fut l’un des plus grands collectionneurs du XX eme siècle.

Netter va chercher des papiers dans le bureau du commissaire de Police Zamaron, il y voit une toile d’Utrillo, le commissaire lui fait rencontrer Zborowski qui est à Paris depuis 1910.

Ils vont collaborer ensemble, Netter charge Zborowski de la gestion, des relations entre les artistes et leurs œuvres, il rassemble celles-ci pour les échanger, les revendre. Netter finance.

En 1915, il découvre Modigliani et est fasciné, il possède 42 toiles de l’artiste. Ce fut le même coup de cœur avec Soutine dont il possède 80 tableaux, achetés en quelques semaines. (L’artiste à cette époque est ignoré).

Les artistes Utrillo, Soutine, Modigliani lui doivent beaucoup, sans ce collectionneur, ils n’auraient peut-être pas existés.


A l’exposition, la  présentation des tableaux s’effectue par artiste.


La rencontre Netter, Zborowski, les années 1910 ……………

Netter attiré par les impressionnistes (mais trop chers pour lui) rencontre Léopold Zborowski qui arrive à Paris pour étudier à la Sorbonne ou bien au Louvre en 1910.

Quelques œuvres d’Utrillo et Suzanne Valadon débutent l’exposition

"La porte Saint-Martin" 1908 Utrillo

"3 nus à la campagne" Suzanne Valadon 1909

"Un sous bois" daté de 1914 Suzanne Valadon

 "Place de l’église à Montmagny", Utrillo 1907

"Montmagny", Utrillo1906

"Paysage au vieux moulin ",1907 Valadon

"Deux nus après le bain" ,de 1916 de Suzanne Valadon, ainsi que "nu se coiffant"

"Portrait de Maria Lani", Valadon1928

"Une vue de Corté" (village Corse) 1913, Suzanne Valadon

Utrillo" Rue Muller à Montmartre" 1908

images (1)


Netter, Utrillo, Zborowski

1ere passion Netter, Utrillo, il aura avec lui une relation amicale et profonde. Dès 1917, Zborowski vend des toiles de l’artiste, ils signent un contrat tous les trois vers 1920.

Utrillo 1883-1955, artiste français, peintre à la gouache, aquarelliste, illustrateur et peintre de décors de théâtre. Il est aussi spécialisé dans les paysages urbains spécialement de Montmartre. Il a trois périodes dans sa carrière : la période Montmagny 1904 à 1910, période blanche de 1910 à 1914, la période colorée de 1922 à 1955.

Ses tableaux exposés :

 " Rue Norvins" en 1909

"Eglise de Bloutière" 1909

"Eglise de Barcy" 1914-16

"Paysage de corse" en 1912

"L’école des garçons à Argenteuil" 1915

"Avenue Rozée  à Sannois" , 1915

"Rue Marcadet à Paris" 1911

"Square de Messine" 1909

"Rue à Fontainebleau"

Suzanne Valadon :

Artiste française (1865-1938), modèle puis artiste peintre et mère de Maurice Utrillo

"Eglise de Neyron" 1910

"Vase de fleurs" 1917

"Ebauche de nature morte" 1915

"Portrait de Gaby" 1917

"Ketty nue s’étirant" 1904

netter ketty valadon

 

Netter, Zborowski, Modigliani

Netter des 1915, finance Modigliani, ils signent un contrat en 1919. Zborowski organise une première exposition pour l’artiste à Londres chez Berthe Weil. 10 toiles sont présentées à la galerie Hill à Londres toujours organisée par Zborowski, une troisième aura lieue dans un magasin de Londres. Paul Guillaume marchand d’art expose aussi les toiles de l’artiste dans sa galerie de la rue Saint-honoré.


Modigliani, (1884-1920), peintre, sculpteur et dessinateur italien, il peint de nombreux portraits, des nus, il est également sculpteur. Devenu célèbre par la modernité de ses sculptures et peintures, ses visages semblent des masques, les formes étirées.

Les tableaux de l’artiste :

"Le grand buste rouge" 1913

"Portrait de jeune femme à la collerette" en 1917

"Portrait de Jeanne Hébuterne" 1918

"Fillette en bleue" 1918

netter modigliani la petite fille en bleu

"Elvire au col blanc" 1917-18

netter modigliani elvire au col blanc

"Portrait de Zborowski" 1916

"Portrait de Lepoutsre" 1916

"Portrait de la jeune fille rousse" 1918

netter-modigliani j fille rousse

"Jeune femme au corsage bleu" 1919

"Portrait de Soutine" 1916

Présentation de quelques dessins    


André Derain :

Peintre français, (1880-1954), il est l’un des fondateurs du fauvisme. Il est également sculpteur, graveur, illustrateur et peintre de  décors de théâtre.

"Les grandes baigneuses" 1908

"Nu debout" 1910


Moise Kisling :

Peintre franco-polonais né à Cracovie (1891-1953),en 1910  il s’installe à Montmartre , puis à Montparnasse  pendant la première guerre mondiale il s’engage dans la légion étrangère. Il a étudié à l’école des beaux-arts à Cracovie.

Rencontre Netter, Zborowski, Kisling, les rapports sont amicaux et fraternels. La correspondance est riche.

"Nu couché sur un divan "1919

"L’espagnole" 1919

"La jeune femme au pull over rouge" 1917

netter, kisling femme au pull rouge

"La jeune cuisinière" 1910

"Saint Tropez en septembre" 1918

"Nature morte aux deux tables"

"Portrait de Netter", peint en 1920 

 netter par kisling


Zawado (Jan Vaclaw zawadowski)

Peintre polonais de l’école de Paris, (1891-1982), après s’être installé à Montmartre, il vient à Montparnasse dont il devient l’un des acteurs de la communauté artistique. Il a fait les beaux-arts à Cracovie.

"Coureurs basques" 1915

"Collioure" 1915

"Le portrait" 1915

"Paysage du sud" 1915


Henri Hayden :

Peintre polonais né à Varsovie (1883-1970), après des études d’ingénieur, il fait les beaux arts à Varsovie. En France, il fréquente l’académie de peinture. Il est proche des cubistes.

"Nature morte à la théière" 1914

"Nature morte à la guitare" 1923

"Le buveur breton"

"Nature morte au tabouret" 1920


Adolphe Feder :

Né en Ukraine à Odessa,(1885-1943), il fréquente l’académie des beaux-arts à Genève, à Paris dès 1908, il étudie   à l’académie Julian et rentre dans l’atelier de Matisse.

"Portrait de femme" 1915

"Femme au vase de fleurs" 1915


Renato Paresce

Peintre et écrivain italien, il nait en Suisse à Carouge près de Genève, (1886-1937), il passe son enfance à Florence. Il se consacre à la peinture en autodidacte. Il vient à Paris en 1912, il fait parti de l’école de Paris, il rencontre Picasso, Soutine.

"La maison derrière les arbres" 1919


Michel Kikoine :

Il nait en Biélorussie (1892-1968), il a étudie à l’académie d’art  de Vilnius. Il vient en France et en 1911 il rejoint la communauté artistique de Montparnasse, il est ami avec Soutine.

"Tulipes" 1930, "Anémones" 1950

"Rue arborée" 1930

"Paysage" 1930


Maurice de Vlaminck :

Peintre du courant fauvisme et cubisme. Il nait à Paris (1876-1958), il était aussi écrivain, graveur, dessinateur, illustrateur.

" Bouquet de fleurs"

"Bord de rivière" 1910-11

"Le voilier dans la tempête" 1914


Zygmunt Landau :

Peintre de l’école de Paris. Il nait à Lodz en Pologne Russe (famille juive polonaise) 1898-1962.Il a fait ses études à l’académie des beaux-arts de Varsovie, il vient à Paris en 1920 à la Ruche près de Soutine, Krémègne et Kikoine.

"Nu" 1922 et "nature morte au lièvre" 1922


 Soutine :

Netter, Zborowski, Soutine

Modigliani et Soutine sont très amis, il est soutenu par Zborowski à partir de 1919. En 1918 Zborowski envoi Soutine peindre à Cagnes, en 1919 à Céret. L’artiste et Zborowski ne s’aiment pas.

 

Né en Russie (1893-1943), il arrive à Paris en 1913, Krémègne le conduit à la Ruche (cité d’artistes près de Montparnasse), il a une technique et une vision de peinture toute particulière. Sa palette est flamboyante , son style un expressionnisme tourmenté et violent.

"Nature morte à la table ronde" 1922

"Le guéridon aux victuailles"

"La jeune femme" en 1915

"Les moissons" 1917

"Portrait d’homme" 1916

"Les poissons" 1917

"Les maisons rouges" 1917

"Autoportrait au rideau" 1917

netter-soutine autoportrait au rideau

"La femme en vert " 1919

"Le bœuf" 1920

"L’escalier rouge à Cagnes" 1918

"L’homme au chapeau" 1919-20

netter soutine l'homme au chapeau

"Les platanes à Céret" 1920

"Les grands arbres bleus" 1922

"La folle" 1919


Pinchus Krémègne :

Peintre russe (1890-1981) de la  première école de Paris, actif à Montparnasse pendant les années folles. Il a étudié aux beaux-arts à Vilnius pour apprendre la sculpture.

"Paysage d’hiver" 1930

"Nature morte à la nappe jaune" 1930

"Céret" 1930


Georges Clairin,

Peintre français (1843-1919) peintre orientaliste, il fait l’école des Beaux-arts de Paris. Il voyage en Espagne et en Egypte avec Camille Saint-Saens. Il est connu pour les portraits de Sarah Bernhardt, il a également peint plusieurs  plafonds dont ceux des  foyer de l’opéra Garnier, du théâtre de Cherbourg

"Les pécheurs"


Jacob Epstein,

Artiste juif polonais aux USA  (1880-1959) , venu à Paris en 1902

"Nu debout" 1920


Raphael Chanterou,

 "Hommes aux masques" de 1930


Lagar Arroyo :

(1891-1866), Artiste peintre espagnol                      

"Nature morte à la chaise" 1925

"Joueurs de cartes", 1925


Aaron Dejez :

Peintre polonais, il a  travaillé à Jérusalem et à Paris

"Paysage avec carriole" 1930

Scène de restaurant 1930


Isaac Antcher :

Peintre moldave 1899-1992, il vient à Paris en 1921, 1927 il est encouragé au Salon d’automne. Il rencontre Zborowski et Netter

"La tante Miche" 1929

"Sous bois avec personnage" 1929

"Paysage avec bergers" 1929

"Paysage de Saint Tropez" 1930

netter antcher saint trop

"La vallée aux loups" 1928


Léon Sola :

Artiste peintre, de la première école de Paris.

"La femme à l’éventail" 1925

"Nature morte au drapé vert" 1925

"Le buveur de vin" 1925

"Jeune fille au corsage bleu" 1925


Eugène Ebiche :

Peintre juif polonais,(1896-1987), il étudie aux beaux-arts de Cracovie, en 1922 il vient à Paris, il s’installe à Montparnasse et se lie avec le groupe d’artistes polonais

"Paysage" 1930

netter-ebiche paysage

"La vieille femme à la volaille" 1930

"Le lapin pendu" 1930


Jean Helion,

Peintre français (1904-1987), il a contribué à l’introduction de l’art abstrait aux USA. Dans les années 20 il se lance dans une peinture géométrique aux cotés de Mondrian, Léger et s’oriente vers une abstraction qui privilégie le volume, le mouvement et le rythme. Il s’intègre aux artistes de Montparnasse.

"Deux compositions" 1930

netter helion composition

Les années 1926-29 la prise de distance Ebiche et Antcher.

Zborowski ouvre sa galerie en 1926, rue de Seine, elle est composée d’un salon et deux salles à l’étage.

Ebiche entre en contrat avec Zborowski avec Antcher, ils font parti de la seconde génération d’artistes pris en charge par Netter et Zborowski. Antcher passe un contrat également avec Zborowski.

Jean-Auguste Fournier :

Né en 1886, peintre français, spécialiste des portraits, lithographie et miniatures 

"Nu debout" 1920-21

"Les arbres" 1919

Thérèse Debains,

Peintre française, (1907-1975)

"Vase avec des fleurs" 1920


René Durey :

Peintre français (1890-1959)

"L’usine" 1925

"Nature morte" 1925


Marcel gaillard,

Peintre orientaliste français (1886-1947), il étudie à l’école des beaux-arts de Rouen, également graveur et aquarelliste et illustrateur.

"Nature morte au couvercle" 1930

"Paysage" 1930

Quelques extraits du catalogue de l'exposition.

Cette magnifique exposition permet de se projeter dans les années Montparnasse et l’école de Paris, de nombreux artistes sont venus d’horizons différents, et ainsi nous transportent dans un univers pictural très diversifié.   

A voir absolument jusqu’en septembre à la Pinacothèque Paris

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 14:18

Le Kabuki est la forme épique du théâtre japonais traditionnel, il débute pendant la période Edo au XVII eme siècle. Il est centré sur un jeu d’acteurs, spectaculaire et codifié. Il se distingue par le maquillage élaboré des acteurs, par l’abondance de dispositifs scéniques destinés à souligner les paroxysmes et les retournements de la pièce.

Son origine remonte aux spectacles religieux d’une prêtresse Okuni, en 1603. Au cours de ses spectacles une séquence la présentait habillée en homme entrain de prendre du bon temps dans un quartier de plaisir. Rapidement stoppé, et devait renaitre par un  spectacle donné par des prostituées dans le lit asséché des rivières, ce kabuki devient rapidement populaire, les prostituées étaient mises en valeur, elles donnaient un caractère sexuellement suggestif aux danses. Les représentations prirent fin avec la restriction du shogunat Tokugawa en 1629.

En 1653, on assiste au début du kabuki masculin  avec le Yaro kabuki , subit sous l’influence du Kyogen (théâtre comique lié au théâtre Nô, apprécié du shogunat). Le  changement de style est radical en direction d’une  sophistication et de la stylisation du jeu. Les hommes se spécialisent dans les rôles féminins. Appelés Onnagatas ou Oyama, ces acteurs doivent exprimer  la féminité aussi bien ou mieux que les femmes.

A cette époque deux styles de jeux importants firent leurs apparitions créées par sakata Tojuro dans le Kansai

Le style rude Aragoto,  se caractérise par un jeu outré, où les acteurs accentuent leur prononciation des mots  et leur gestuelle (costumes et maquillage exagéré).

Le style souple Wagoto, le jeu d’acteur a un phrasé plus réaliste, et plus adapté à des pièces tournant pour l’essentiel autour d’une romance tragique.

Ce spectacle peut durer une journée entière, au début, il était joué en plein air, les costumes étaient extravagants, il fallait qu’ils se voient de loin, les motifs identifiables et plus grands, plus colorés et somptueux. Sur la scène, peu d’éléments, les costumes servent de décor.

Les motifs correspondent à des rôles spécifiques, et la gestuelle à des poses spécifiques.

Les scènes   pivotantes  permettent un changement de décor rapide.

 

1673-1735, période Genroku, cette ère fut la véritable constitution du Kabuki. Ce processus de formalisation des pièces, du jeu et des rôles est indissociable de celui de Ningyo Joruri, théâtre de marionnettes, futur bunraku. D’ailleurs une partie du répertoire traditionnel de Kabuki est formé de pièces écrites à l’origine pour le bunraku (théâtre du XVII eme siècle, ce sont des marionnettes de grandes tailles manipulées à vue, originaire de la région d’Osaka), interprété par un seul acteur , il chante tous les rôles,et est accompagné de trois manipulateurs pour les marionnettes.

La Kabuki revient surtout après l’ère Meiji (1868-1912) , en réaction à la culture venue d’Occident. De nouvelles histoires apparaissent, faits divers, adaptation de romans feuilletons. Les acteurs tentent de redresser l’image de ce théâtre dans l’esprit des nouvelles classes dirigeantes, cela avec succès, car en 1887 une représentation fut jouée devant l’Empereur.

kabuki estampe

Avec la seconde guerre mondiale, de nombreux théâtres furent détruits,les représentations furent interdites dès le début de l’occupation, cette interdiction fut levée en 1947.

Le kabuki aujourd’hui reste le plus populaire des styles de théâtre japonais traditionnel.

Le mot kabuki signifie : KA  = chant, BU = danse, KI = sur scène

Il se divise en trois parties :

Le Jidai mono (pièces historiques)

Le sewa mono (pièces du quotidien)

Le shosagoto  (morceaux de danse).

Théâtre populaire, vrai divertissement relatant les drames de la vie quotidienne, il réinterprète des grands récits classiques du dit Genji, roman du XI eme attribué à Murasaki shikibu, l’intrigue du livre se déroule pendant  l’époque du  Heian (794-1185), période considérée comme l’apogée de la cour impériale japonaise. Certains costumes représentent les costumes de cour de l’époque.


 

Cette magnifique  exposition présente des pièces emblématiques  du kabuki, ainsi que les

costumes utilisés pour les scènes dansées et les costumes présentant quelques particularités.

Le Kabuki inspira de nombreux genres artistiques, comme en témoigne un paravent exposé, il représente une scène jouée par de jeunes hommes Wakashû Kabuki qui nous plonge dans l’effervescence d’une représentation théâtrale donnée en plein air. L’univers du théâtre Kabuki a été dès les origines lié à Ukiyo-E (qui veut dire image du monde flottant).


Les acteurs de la fin du XVII eme siècle devinrent les thèmes principaux des estampes, quelques unes sont présentées.

L’acteur Ichikawa Danjûrô dans le rôle de Kmakura Gongoro Kagemasa, dans la pièce

 Shibaraku Kiyonobu II Torli (1706-1763), impressions en noir et blanc avec applications de couleurs (sumizuri-e) vers 1770

kabuki estampe djanduro kagemasse

Afin de faire connaître le spectacle, les directeurs de théâtre commandaient des affiches des programmes, des affiches des comédiens, représentés en buste ou sur scène.

kabuki 4

Très important car aujourd’hui cela permet de saisir une attitude un geste un moment privilégié du spectacle et de mieux comprendre l’usage des costumes destinés aux différents rôles. Ces costumes pouvaient être utilisés pendant des générations.

 

Quelques estampes d’acteurs  sont présentées :

Shunsho   Katsukawa (1726-93), ci-dessous.


kabuki shunsho

Buncho Ippitsusai (1765-92), 1770, impression polychrome sur papier nishiki-e

Présentation des écrits de Sugarawa (érudit) 1746

Lettre d’amour du quartier des plaisirs 1808

La pierre tranchée par Kajiwara 1730   

 

Les costumes  :

Mikarawi Zazen 1910

Kimono (kitsuke) à décor de fleurs, du personnage de Tamanoi, dans la pièce Magawari Zazen (le remplaçant du Zazen), japon 1980, satin et taffetas de soie damassée, fils d’or et broderies.


 Kimono de jeunes femmes à  manches longues (furisode) décor feuilles et fleurs de glycines du personnage de Fuji Musume (la jeune fille aux glycines), daté  1960 en crêpe et taffetas de soie, fils d’or et broderies.

kabuki glycines

Kyoganoko Musune Dojoji , (la jeune fille du temple Dôjô) , costume en deux parties, à décor de fleurs de cerisiers, du personnage de Shirabyoshi-Hanako, dans la pièce Kyoganoko satin et taffetas de soie damassé teint et brodé, fils d’argent. Japon 1980

 

Costume de cérémonie féminin (uchikake) à décor de motifs du nouvel an japonais

(kadomatsu " pin du seuil " et shimekazari "corde décorative " du personnage de Miuraya Agemaki, dans la pièce Sukeroku Yukari no Edo Zakura (Sukeroku et les cerisiers d’Edo).Japon, années 1970, satin de soie brodé et fils d’or.


Manteau court (haori) et kimono (kitsuke)bleu à décor de poulpe et de coquillages du personnage de Kashima Nyudo Shinsai, dans la pièce Shibaraku (Un instant !)

Kabuji 2 

 

Kimono (kitsuke) à décor de fleurs et de motifs d’armoiries, du personnage de Murasaki-noue (une des femmes de Genji), dans la pièce Genji Monogatari ( le Dit du Genji) 

 

Manteau court (haori) et kimono (kitsuke) rouge à décor de dragon dans les nuages du personnage de Hige no Ikyu,dans la pièce Sukeroku Yukari no Edo Zakura (Sukeroku et les cerisiers d’Edo)satin de soie, fils d’or et broderies, Japon 1970.

kabuki 

 

Costume de cérémonie masculin aux manches larges (suô) et pantalon (hakama) du personnage de Kamakura Gongoro, Kagemasa, dans la pièce Shibaraku (Un instant !). Chanvre, coton, taffetas et satin de soie damassé, teinture à base de kaki. Japon 1980

Le costume de shibaraku en chantre rouge est très lourd, des assistants vêtus de noir sont sur scène pour manipuler le costume avec l’acteur .

kabuki rouge

Costume de samourai (kamishimo) à décor de flèches dans la

Pièce Ishikiri Kajiwara (L’exploit de Kajiwara). Soie brochée (karaori) et brodée

Japon, années 1930

 kabuki shochiku

Kimono (kitsuke) en papier (kamiko) du personnage de Fujiya Izaemon, dans la pièce Kuruwa Bunsho,   (Lettres d’amour du quartier des plaisirs). 

Le kamiko est en papier, porté par l’acteur. Le thème : le jeune homme tombe amoureux d’une courtisane sa famille n’est pas d’accord,  l’acteur se fait un kimono avec les lettres de la courtisane.

 

Manteau court (haori) et kimono (kitsuke) à décor de pins sous la neige du personnage de Matsuo (Roi des pins),dans la pièce Sugawara Denju Tenarai Kagami (Les Secrets de calligraphie de Sugawara). Satin de soie damassé et broderies. Japon année 1940

 Kabuki 3

 

Les accessoires :


Sabres : du personnage de Nagoya Sanza, dans la pièce Saya-ate (Les Rivaux). Japon, 2005

Fourreau : bois laqué, décor à l’or, peau de requin. Lame : chêne plaqué en étain, soie, ornement en métal.

 

Eventail : Eventail du personnage  Ukyo dans la pièce Migawari zazen (Le remplaçant du zazen). Japon, 2011 Bambou, papier japonais peint, feuille d’or.

 

Ombrelle d’un des cinq personnages principaux, dans la pièce Aoto Zoshi Hana no Nishikie (Cinq hommes sur les vagues blanches), Bambou, papier japonais peint. Japon 2006.


Paires de chaussures (geta) du personnage de Miuraya Agemaki, dans la pièce Sukeroku Yukari no Edo Zakura (Sukeroku et les cerisiers d’Edo), Paille d’Igusa, bois de paulownia laqué, velours. Japon 2008

 Kabuki-5-copie-1.jpg

 

Quelques extraits du catalogue.


Très belle exposition, elle permet de découvrir le théâtre de Kabuki à travers les costumes présentés, leur attribution pour chacun des rôles est indiquée avec précision.Le raffinement, la finesse des broderies  sont au rendez-vous. A ne pas manquer 

A la fondation Pierre Bergé - Yves Saint-Laurent à Paris jusqu’au 15 juillet

 

 

  

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 17:44

Claude Debussy nait en 1862 à Saint  Germain-en-Laye, il à une enfance assez douloureuse, son père est militaire et sa mère n’aime pas les enfants, il est élevé par sa tante qui a un amant banquier et agent de change, Achille Arosa, amateur d’art, vivant à Cannes.

1874, il prend des cours de piano, son professeur Marmontel dira qu’il a des dispositions, et qu’il sera un musicien distingué avec beaucoup d’avenir.

1875, examen de piano il interprète la première ballade de Chopin

1876, il participe pour la première fois à un concert dans l’Aisne. Il accompagne la cantatrice Léontine Mendes qui chante des airs d’opéra. (Il fera plusieurs concerts). En juin de la même année il obtient une médaille pour un examen de solfège.

1877, il perd un de ses frère, et passe un examen  de piano, il obtient le 2eme prix en interprétant une sonate de  Schumann. En fin d’année il rentre dans la classe d’harmonie d’Emile Durand.

1878 il échoue au concours de piano.

1879, il se fait des amis au conservatoire. En juin a l’examen de solfège et piano, il échoue à nouveau . Il passe l’été au château de Chenonceau (recommandé par Marmontel ) chez Marguerite Wilson-Pelouze, femme fortunée et excentrique  qui adore Wagner. Il découvre un mode de  vie fastueuse et décide de devenir compositeur. En octobre il entre dans la classe d’accompagnement d’Auguste Bazille, échec au concours de piano. A la fin de cette année, il compose : Madrid, princesse des Espagnes, et, ballade à la lune, mélodies sur des poèmes d’Alfred de Musset.

1880, il obtient le premier prix d’accompagnement, mais est rayé de la classe d’Emile Durand.

De juillet à Novembre, il est engagé comme accompagnateur par Nadeja Von Meck, et séjourne à Interlaken (Suisse), puis à Arcachon (villa Marguerite), Nice, Paris, Gênes, Naples, Florence (villa Hopenheim), en septembre il compose son premier trio en sol majeur pour piano, violon et violoncelle destiné au petit ensemble de Madame Von Meck (au violon Pachulsky, au violoncelle Danilchenko et au piano Claude Debussy). Transcription pour piano à quatre mains de trois danses de l’acte III du lac des cygnes de Tchaïkovski.

En fin d’année, il devient l’accompagnateur du cours de chant de Madame Moreau-Sainti, (cantatrice) fonction qui durera 4 ans, les mardis et  vendredis. Il y rencontre Marie Vasnier. En fin d’année, il entre dans la classe d’Ernest Guiraud, et suit pendant quelques mois la classe d’orgue de César Franck.

1881, il envoi  sa symphonie en si mineur pour piano à Quatre mains  à Madame Von Meck. Il donne des leçons particulières, il a comme élève Georges Cuignache. Il fréquente les Vasnier à Paris, 28 rue de Constantinople, chez qui il compose une dizaine  de mélodies en plus d’un an : Caprice, Aimons-nous et dormir, Les baisers, Rondel chinois, Jane, la fille aux cheveux de lin, Fleur des blés.

Il voyage, va à Moscou chez Madame Von Meck, en Octobre  à Rome et Florence, il écrit : Triolet à Philis, Souhait, mélodies sur des poèmes de Théodore de Banville, et Diane, ouverture pour piano à 4 mains.

 1882,Il termine un poème « Fantoche » sur un poème de Verlaine extrait des fêtes galantes, sûrement découvert chez les Vasnier. Concert public chez Flaxland (facteur de pianos qui se situe rue des Mathurins), avec Marie Vasnier il interprète fêtes galantes et les roses, sur des poèmes de Banville. Sa première œuvre est éditée « Nuit d’étoiles » sur un poème de Banville. C’est aussi le décès de sa tante Clémentine. En fin d’année il part pour la  3eme fois chez Mme Von Meck à Moscou, et à Vienne. Il compose en sourdine et mandolines sur des poèmes de Verlaine.

1883, en début d’année, il travaille pour Marie Vasnier, il réunit dans un recueil 13 mélodies et travaille à Diane au bois, comédie lyrique sur un poème de Banville. Il est accompagnateur, d’une chorale amateur , dirigée par Gounod. Il passe le concours d’essai pour le prix de Rome, il est 4 eme avec « convocation », (chœur pour voix d’hommes), sur un poème de Lamartine, en loge pour le concours définitif, il remporte le deuxième prix avec Gladiateur, cantate sur un texte d’Emile Moreau.

1884, il fait des concerts avec la chorale Concordia, il est mis en loge pour le concours d’essai du Prix de Rome, il est classé 4 eme avec le printemps, (chœur pour voix mixtes) sur un texte de Jules Barbier. Il est mis en scène pour le concours définitif du Prix de Rome, il remporte le 1er prix avec l’enfant prodigue, scène lyrique d’Edouard Guinand, interprété par Rose Caron, Ernest Van Dick, et Alexandre Taskin.

1885, il arrive à Rome à la villa Médicis, il retrouve Paul Vidal, Pierné et Marty, le directeur est Louis Cabat. Les premiers mois sont difficiles et Debussy ne fait rien pour s’adapter à sa nouvelle vie. Il fait une escapade à Paris en avril pour retrouver les Vanier .En juin le directeur de la villa Médicis change, c’est Ernest Hébert, avec son épouse Gabrielle, qui remplace Louis Cabat, une vie plus mondaine s’annonce pour Debussy, le soir il donne des récitals pour les Hébert, il devient ami avec le peintre Gustave Popelin. Il travaille à Zuleima, ode symphonique d’après Henri Heine, son premier envoi de Rome. Il obtient un congé et vient deux mois en France, il   rejoint Marie Vasnier à Dieppe. Dès son retour à Rome, il fait un séjour dans la propriété du Comte Primoli à Fiumicino (sa mère Charlotte était la fille de Charles Lucien Bonaparte et de Zénaïde Bonaparte (fille de Joseph roi de Naples). Marcel Baschet, pensionnaire à la villa Médicis, fait son portrait au pastel. Il termine l’année en travaillant à Diane au bois et compose deux nouvelles mélodies sur des textes de Paul Bourget : Romance et les cloches.

1886, Il va écouter Aida au théâtre Apollo. Franz Liszt est reçu à la villa Médicis, Debussy et Vidal, lui joue Faust, symphonie à deux pianos. Liszt joue une transcription de son ave-Maria de Schubert, et au bord d’une source. Debussy compose green, ariettes oubliées sur des poèmes de Verlaine. Xavier Leroux (compositeur), arrive à la villa et avec Vidal ils formeront un trio inséparable. Debussy  vient passer l’été  à Paris.

1887, Il achève le printemps, second envoi de la villa, il est sévèrement jugé par l’institut. Debussy quitte définitivement Rome et rentre en France. Il fréquente les mardis de Mallarmé.

1888, Il part à Bayreuth, il assiste à plusieurs opéras de Wagner, il est marqué par ses œuvres. Il y rencontre  Robert Godet, il est suisse, issu d’une famille aisée, il est admirateur de Moussorgski, il aura une grande importance, il fera découvrir à Debussy sa musique et la musique orientale.

Il rencontre également Gabriel Mouret, qui lui fait découvrir Turner, avec ses paysages londoniens, la lumière particulière, ses brouillards et brumes. On pense au poème de Guillaume Apollinaire « Brouillard »

1889, Année de l’exposition universelle, il découvre des rythmes et des associations de sonorités nouvelles exotiques à travers ceux du Gamelan javanais (ensemble instrumental  principalement composé de percussions : de gongs, métallophones, xylophones, tambours) , lui font forte impression et vont l’influencer pour ses œuvres futures : gammes, couleurs sonores, ruptures rythmiques).

1890, il écrit sa  ,suite bergamasque,  pour piano, influencé par les poèmes de Verlaine et la musique de Fauré

1891, il débute la composition des fêtes galantes, trois mélodies sur des poèmes de Verlaine, il rencontre Camille Claudel qui lui offre la valse (sculpture).

1892, mise en musiques de quelques poésies influencées par le symbolisme. Il compose également sur un poème de Mallarmé la musique de l’après-midi d’un faune. Chez Mallarmé, il rencontre le poète Pierre Louÿs.

1893,    la demoiselle élue, est programmée. A  la société nationale de musique  son   quatuor à cordes est interprété par le quatuor Ysaye. Il va régulièrement chez son ami Ernest Chausson à Luzancy sur les bords de la Marne, avec henry Lerolle, Raymond Bonheur. Chausson lui apporte une aide financière pendant deux années.

1894, Il termine Pelléas et Mélisande, (seul opéra qu’il terminera), mélange de  poésie sur un livret de Maeterlinck. Il rencontre Erik Satie et publie des mélodies pour Piano. Il découvre également Edgard Poe. Il rentre à la société des auteurs, parrainé par Messager et Hartmann, qui va jouer un rôle providentiel dans sa vie. Il fréquente le salon de Marguerite de Saint-Marceaux boulevard Malherbes à Paris (elle chante et est bonne pianiste, elle tient Salon où elle reçoit, plasticiens, hommes de lettres, musiciens, lieu où l’on s’entretenait de musique, peinture, littérature).

1895, l’opéra Pelléas et Mélisande est achevé.

1896, année médiocre ou l’artiste ne verra pas aboutir ses projets, tel que Daphnis et Chloé, la saulaie.

1897, il compose les trois chansons de Bilitis  et chevelure, les textes sont de Pierre Louÿs. Il assiste au banquet offert par Mallarmé en février, pour célébrer la publication des divagations, il y rencontre José-Maria de Hérédia.

1898, composition de Nuits blanches, deux mélodies sur ses propres tectex, qu'il considère bientôt comme le second cahier des proses lyriques. Il quitte Gabrielle Dupont.

1899, il termine nuages, fêtes et sirènes. Il épouse Lilly Texier, couturière qui habite un petit village de l’Yonne, dans cette maison il y passe plusieurs étés 1902 et 1904, l’artiste y compose en grande partie la mer.

1900, Il publie les nocturnes chez Fromont. La damoiselle élue est interprétée lors du 7 eme concert de l’exposition universelle, sous la direction de Paul Taffanel, avec Blanche Marot, dans le rôle de la Damoiselle, Laure Beauvais, la récitante. Il se lie au groupe « les Apaches »,( Maurice Ravel, Ricardo Vines, Lucien Garban). Première audition des deux premiers nocturnes aux concerts Lamoureux, sous la direction de Camille Chevillard.

 

1901, Debussy reçoit d'Albert Carré l'engagement écrit de faire jouer Pelléas et Mélisande à l'Opéra Comique. Maeterlinck le presse de confier le rôle de Mélisande à Georgettes Leblanc, sa compagne. Ricardo Vines joue chez Debussy sa suite pour piano, c'est le début d'une collaboration qui durera dix ans. Debussy débute l'orchestration de Pelléas et Mélisande.

 

1902, Début des répétitions de Pelléas et Mélisande à l'Opéra Comique. Pendant trois mois, Debussy assiste aux répétitions pratiquement tous les jours, il choisit Mary Garden pour le rôle de Mélisande. Première audition avec Mary Garden, Jean Périer et Hector Dufranne, sous la direction d'André Messager. Il commence à travailler sur le conte d'Edgar Poe, le diable dans le beffroi. Premier voyage à Londres, à l'invitation d' André Messager. Il assiste à une représentation d'Hamlet de Shakespeare avec Mary Garden. Il fait la connaissance de Louis Laloy qui vient de publier un article sur Pelléas et Mélisande dans la revue musicale.

 

1903, drame familial, il rencontre Emma Bardac (cantatrice française, après une relation avec Gabriel Fauré elle devient l’épouse de Debussy), il se fâchera avec quelques amis. Il est promu chevalier de la légion d’honneur, grâce à Louis Laloy.

1904, il compose d’un cahier d’esquisses, il est désigné comme juré suppléant aux concours de la ville de Paris.

1905, il signe un contrat d’exclusivité avec les éditions Durand, il termine la mer en  octobre.

1906, Victor Segalen rencontre l’artiste, il lui parle des musiques entendues en Polynésie.

1908, il se remarie avec Emma Bardac, elle lui fut présentée par un de ses élèves, le fils d’Emma. Ils ont une fille Emma-Claude, qu’ils nomment Chou-Chou,

 1909, il écrit children’s corner, pour sa fille Emma-Claude, elle décèdera en juillet 1919.

1910, l’artiste écrit de nombreux articles dans les journaux et revues, son  pseudonyme musical « Monsieur croche » Il collabore avec Diaghilev, Léon Bakst, sur une idée de Nijinski, création d’un ballet,   jeux, il devient ami avec Stravinsky.  

1911 , en mai première du Martyr de Saint-Sébastien au théâtre du Châtelet, sous la direction d’André Caplet

1912, Version chorégraphique du Prélude à l'après-midi d'un faune aux ballets russes : Nijinski réalisa une chorégraphie à l'égard de laquelle Debussy reste critique. Igor Stravinsky et Debussy déchiffrent la réduction pour piano à quatre mains du sacre du printemps chez Louis Laloy, Debussy joue la basse. Signature du contrat de Jeux par Debussy et Diaghilev.

1913, il fait une tournée en Russie, notamment à Saint-Pétersbourg, il obtient le succès. Il rencontre la fille de Madame Von Meck, Sonia.

 

1914, Voyage à Rome : Debussy dirige à l'Augusteo , la mer, rondes de printemps, le prélude à l'après-midi d'un faune, la marche écossaise. A Amsterdam, il dirige au Concertgebouw, nocturnes (I et II), le prélude à l'après-midi d'un faune, et la marche cossaise. Au festival Debussy à la Société Philarmonique, l'artiste accompagne Ninon Vallin pour la première audition des trois poèmes de Stéphane Mallarmé. Nouveau concert en Hollande, il dirige Nocturnes, Prélude à l'après-midi d'un faune et marche écossaise. Représentation au Châtelet d'extraits de children's corner (orchestration d'André Caplet) dans une chorégraphie de Loic Fuller, l'orchestre des concerts Colonne est dirrigé par Gabriel Pierné. Debussy achève les six épigraphes antiques, tirés de l'ancienne musique de scène écrite pour les chansons de Bilitis de 1901. Debussy et sa famille partent se réfugier à Angers, devant l'avancée allemande. Il compose la berceuse héroique, pour rendre hommage à S.M. le roi Albert 1er de Belgique et à ses soldats.

 

1915, sa mère Victorine décède. Il débute la composition de l'oeuvre en noir et blanc. Il annonce à son éditeur, la composition de six sonates pour divers instruments, la première sonate pour violoncelle et piano. Il travaille aux études pour piano. Il apporte à Durand le manuscrit de la sonate en trio (pour flûte, harpe et alto).

1916, première audition chez la Princesse de Polignac d'en noir et blanc par Walter Rummel et sa femme Thérèse Chaigneau, concert donné au profit de l'aide affectueuse aux musiciens. Debussy donne à son éditeur la version définitive du livret de la chute de la Maison Usher. Première audition française de la sonate pour flute,alto et harpe chez Durand, par Albert Manouvrier (flûte), Darius Milhaud (alto) et Jeanne Dalliès (harpe chromatique).

 

1917, Concert consacré à Debussy, donné au profit de l'oeuvre, le vêtement du blessé, il accompagne Claire Croiza dans, les trois ballades de François Villon, Fêtes galantes (2eme recueil) et Noel des enfants qui n'ont plus de maison, ainsi que Jacques Salmon dans la sonate pour violoncelle et piano. En septembre, il donne ses deux derniers concerts à Biarritz.

 

1918, il décède en mars à Paris


Le contexte de l’artiste :

En 1886, Debussy est à la villa Médicis à Rome, il rentre à Paris pour l’été. A Paris, la dernière exposition impressionniste a eue lieue, Seurat expose la Grande jatte, œuvre technique, le pointilliste, se référant à l’analyse scientifique de la vision colorée. Gauguin, s’affranchie des règles de la perspective pour affirmer la primauté de la couleur et la force suggestive des contours.

1887, Debussy quitte Rome et rentre en France, pour l’artiste ce sera des années difficiles mais riches de rencontres dans les cercles littéraires et artistiques qu’il fréquente plus que le milieu musical, à cette époque la littérature est en pleine  effervescence, le symbolisme s’affirme. Les illuminations de Rimbaud fascinent, les revues sont nombreuses ; mais éphémères : Le mercure de France, la revue wagnérienne, la plume, la revue blanche etc……les illustrations de ces revues sont gravées par de jeunes artistes, Bonnard, Vuillard, Vallotton

1888,  il  part à Bayreuth écouter Wagner, à Paris, Gauguin devient à la jeune peinture, ce que Mallarmé devient à la jeune poésie. Mallarmé lance ses mardis, Debussy y participe.

L’artiste, ne fut pas indifférent aux œuvres qu’il a pu voir en Italie, lors de son séjour à la villa Médicis, ou lors de ses voyages à Florence avec Madame Von Meck, il fut impressionné par la Résurrection de Signorelli à Orvieto, les « loggie » de Raphael, le génie de Michel Ange, l’œuvre de Botticelli à Florence. Il a visité le Louvre, il fut particulièrement admiratif de la Vénus du Pardo de Titien ; il a dit de Watteau : il est le plus grand, le plus troublant génie du XVIII eme siècle.

Chez ses amis Henry Lerolle, Ernest Chausson, Arthur Fontaine, collectionneurs d’art, il pouvait y admirer des œuvres de Degas, Renoir, Vuillard, Gauguin, Camille Claudel, Maurice Denis, Redon, Bonnard, Puvis de Chavannes.

Les salons fleurissent à Paris, le salon des Indépendants existe depuis 1884, la société nationale des beaux-arts en 1890, chez le Père Tanguy exposition des Nabis, au café Volponi de l’exposition universelle de 1889, à la revue blanche (ou salon des cent), les salons chez les bourgeois, tel que chez Marguerite de Champeaux, les Mardis de Mallarmé, Debussy y assistait.

L'artiste appréciait les œuvres de Frits Thaulow artiste peintre norvégien (passionné de musique, il était introduit dans les milieux artistiques parisiens), Debussy possédait une de ses œuvres, sûrement offerte par le peintre à l’artiste.

Les années 1900 l’art, la société, l’architecture annonce la guerre de 14-18. C’est une époque foisonnante de créativité. Debussy adore Edgard Poe, il rencontre le poète italien Gabriel D’Annunzio.

 1911, les russes arrivent à Paris, Diaghilev, Nijinski, Stravinski, Bakst, enflamment Paris, Debussy est à la mode.  


Ses rencontres amicales :

Henry Lerolle 1848-1929, artiste peintre et collectionneur. Henry Lerolle aime s’entourer d’artistes peintres, musiciens, il collectionne leurs œuvres : Renoir, Degas, Manet, Moreau, Denis. Violoniste et compositeur amateur, grâce à son épouse Madeleine Escudier (dont la sœur a épousée Ernest Chausson) il peut s’initier à la musique contemporaine. C’est chez sa belle-sœur qu’il rencontre Claude Debussy avec qui, il devient ami, il noue aussi des relations avec Duparc, Prokofiev, Ravel, Satie, Stravinsky. Ses deux filles ont épousé les fils de son ami Henri Rouart  industriel et collectionneur. Il a posé ainsi que son épouse et ses filles pour de nombreux peintres : Degas, Renoir, Maurice Denis et Albert Besnard qui a fait des vitraux, pour son hôtel particulier de l’avenue Duquesne à Paris. Henry Lerolle  a peint des décorations murales pour l’hôtel de Ville de Paris, la Sorbonne, pour l’église Saint-Martin-des-Champs et pour la Scola Cantorum.

 Ernest Chausson 1855-1899, compositeur, la richesse de sa famille bourgeoise, lui a permis de se consacrer pleinement à la musique. Ses premières œuvres, sonatine pour pianos à 4 mains, chanson et  l’âme des bois en 1878. Il a pris des leçons dans l’école de Jules Massenet au Conservatoire de Paris. Grand admirateur de Wagner, il voyage en Allemagne, et se fait un nouvel ami, il rencontre Vincent D’Indy en Bavière en 1878. Il complète ses études musicales avec César Franck, en 1851 il tente le concours d’essai pour le prix de Rome, ce fut un échec. Il rejoint la société nationale de musique  qui présente ses mélodies en 1882. En 1883, il épouse Jeanne Escudier. Avec ses amis musiciens (Duparc, Indy, Husson) il donne un nouvel élan aux concerts populaires d’Ernest Pasdeloup en s’engagent financièrement et artistiquement. Il se lie d’amitié avec Paul Dukas et Claude Debussy.

  Arthur Fontaine1860-1931, industriel et mécène français. Il a joué un rôle important dans le secteur industriel début XX eme siècle. Inspecteur général des mines, conseiller d’état, directeur honoraire du travail. Président des conseils d’administration du réseau de l’état et des mines de la Sarre, président du conseil d’administration du bureau international du travail. Il entre à Polytechnique en 1880, et sort second de sa promotion, il intègre l’école des Mines en 1882, nommé ingénieur des mines, il s’installe à Béthune en 1886. C’est un mécène, il aime la littérature et se créé des relations avec de nombreux artistes et écrivains tel que Francis Jammes, Fernand Leger, André Gide, il organise des rencontres artistiques (très appréciées), Claude Debussy y  anime les soirées musicales. Vuillard fit son portrait.

debussy 1893 chez chausson


Cette exposition a été organisée pour les 150 ans de la naissance de Claude Debussy.


Première œuvre, un tableau de Cross, l’air du soir daté de 1893.

debussy- cross l'air du soir


Une citation de l’artiste, Moi qui aime les images autant que la musique. Debussy. 


Un portrait de Marie-Blanche Vasnier, peint par Emile Blanche, daté de 1888, pastel sur papier marouflé sur toile. C’est une artiste lyrique, elle est soprano. Debussy écrivit pour elle de nombreuses mélodies. Elle est très élégante, vêtue de noir, ce qui fait ressortir son regard vert et sa chevelure rousse.

debussy mb vasnier e blanche

Les iles d’or, de Cross toile datée de 1891-92, paysage méditerranéen, ces iles sont proches des iles Porquerolles dans le Var, dans le lointain la chaine des Maures. L’artiste a utilisé le pointillisme, ce qui donne mouvement et nuances de couleurs à la mer.


Personnage dans un intérieur, la musique de Vuillard daté de 1896.


Une photo de Debussy et les pensionnaires de la villa Médicis à Rome en 1885.


De Pierre Louÿs, une photo de Claude Debussy, datée de 1894 sur papier argentique.


Un portrait de Claude Debussy peint par Marcel Baschet daté de 1885, huile sur acajou. (L’artiste avait rencontré Baschet lors de son séjour à la villa Médicis, il a obtenu le prix de peinture en 1863)

debussy- autoportrait baschet

 Nuit étoilée, de Munch daté de 1901. Trois femmes au ¾ de Burnes-Jones, vers 1870.


Quelques œuvres dans une vitrine :

Une partition de chant et piano, la demoiselle élue, poème de Gabriel Dante Rossetti, dédicacée par  Claude Debussy en 1893, la couverture de la partition est illustrée par Maurice  Denis.

 Un portrait de Claude Debussy à la sanguine par Baschet daté de 1885, un livre d’André Gide, le voyage d’Urien, dont la couverture est illustrée par une lithographie de Maurice Denis.

Deux tableaux, la procession, et, les muses, Maurice Denis datés 1893.


Autour de la demoiselle élue :


Au temps de la demoiselle élue, Claude Debussy est sensible au charme des Préraphaélistes et des objets issus des ateliers des Arts and Crafts (mouvement anglais) de Williams Morris.

 La demoiselle élus, le  texte est écrit dans le style du poète romantique John Keats, évoquant la conversation impossible entre deux amoureux par-delà la mort, il est emblématique de l’attirance nouvelle pour l’imaginaire médiéval, notamment le thème de l’amour galant dans l’Angleterre du XIX eme siècle.

Ce poème fut transposé en peinture par Gabriel Dante Rossetti.

La limite entre le rebord doré des cieux  où repose la demoiselle  et la terre où attend son amant est habillement incarnée par l’imposant cadre renaissant séparant le panneau central et la prédelle. L’œuvre présente une méditation poétique entre sacré et profane.

Claude Debussy à surement découvert cette œuvre dans une revue contemporaine en 1885 qui se nomme : Les poèmes modernes de l’Angleterre, elle lui inspira une cantate à son retour de la villa Médicis et va révéler le véritable talent de l’artiste.

 Une esquisse de Baschet en 1847, le printemps.

Princesse Sabra de Burnes-Jones 1865.Ci-dessous.

debussy- princesse sabra Jones

Du même artiste, esquisse de la Damoiselle à la craie rouge, noire sur papier, datée de 1873.


Le cercle artistique Lerolle, Chausson, Fontaine :


Les amis se retrouvaient régulièrement chez Ernest Chausson, Claude Debussy au piano. L’univers y est feutré. Quelques œuvres immortalisent ces doux moments : peintures, sculptures, photographies, partitions, lettres…….

Une œuvre d’Henry Lerolle, il représente une scène d’intérieur, Madame Lerolle au piano, toile datée de 1890

 Intérieur au fauteuil, Henry Lerolle 1890

Portrait de Claude Debussy, par Emile Blanche 1902


A l’orgue, œuvre d’Henry Lerolle 1887, la scène se situe dans l’église saint François Xavier à Paris, de gauche à droite Henry Lerolle, Ernest Chausson regarde sa femme, Madame Lerolle mère joue à l’orgue.


debussy- a l'orgue lerolle


Portrait d’Yvonne Lerolle, par Edmond-Jean Amand en 1898 (elle est la fille d’Henry Lerolle, elle suscita l’attention des artistes peintres, ainsi que celle de Debussy, il lui offrit à cette époque, le manuscrit : les images.)


 Yvonne et Christine Lerolle au piano, Œuvre de Renoir, à l’arrière au mur, deux œuvres de Degas les danseuses et les courses.

debussy-renoir les filles lerolle


Portrait d’Arthur Fontaine par Vuillard daté de 1901.

debussy- fontaine par vuillard


Jardin des Tuileries le soir, œuvre de Lerolle 1890.

Marche des fiançailles de Maurice Denis, 1894.

La farandole de Maurice Denis 1895.

Orphée de Pubis de Chavannes, tableau daté de 1853.

Debussy en pied, photographie de Louÿs, datée du 4 mai 1894.

Lily Debussy, photographiée devant un saule en 1900.

Gaby Dupont au chapeau d’homme, photographie de Louÿs en 1894.

 Les repasseuses de Degas, monotype de pierre noire 1880.

Dans la forêt, œuvre d’Henri Lerolle, il s’agit d’une invitation à diner pour le 11 juin 1896, les invités Degas et Debussy.

Au café-concert des Ambassadeurs, de Degas œuvre de 1893, (Debussy allait quelques fois dans les cafés-concerts, au cirque, au cabaret du Chat Noir, il y jouait du piano)


Portrait au miroir, avec Henry Lerolle et ses filles, photographie de Degas.

Debussy-lerolle et ses filles

Autoportrait en compagnie d’Yvonne et Christine Lerolle, de Degas (photo, tirage argentique).


Claude Debussy et Jane Chausson (photo prise à Luzency) en 1893.

debussy chez chausson à luzancy

Une sculpture de Camille Claudel, Torse de femme debout, datée de 1888.

Le violon et la flûte, œuvres de Félix Vallotton, gravure sur bois de 1896.


Art nouveau et japonisme :


1895, ouverture à Paris d’une galerie nommée, l’art nouveau, C’est le magasin de Siegfried Bing, amoureux de l’art japonais. Il y présente mobiliers et objets de décoration.

A l’exposition certaines œuvres sont présentées, poteries, vases, sculptures, peintures …..

debuss erables hiroshigé


Un vase, un pot, une gourde en céramique et grès émaillé  de Carrès.

D’Emile Gallé un vase en verre soufflé à trois couches, avec parcelles métalliques (or, platine), daté  de 1900, nommé : les feuilles des douleurs passées, ce titre choisi par Emile Gallé fait écho au dernier vers du poème, verre ardent des serres chaudes, de Maeterlinck.

Autre pièce d’Emile Gallé, il s’agit d’un pot couvert en cristal soufflé avec parcelles métalliques, nommé : les eaux dormantes, daté de 1889-90, sous la pièce est inscrit un poème de Victor Hugo.


L’échelle dans le feuillage œuvre de Degas.


Un buste en marbre, il s’agit de la petite châtelaine, de Camille Claudel, œuvre datée de 1895-96.

debussy- la petite chatelaine claudel


Une peinture de Degas, les bateaux, 1893.

Une partition d’Ernest Chausson, datée de 1895, paysage pour piano.

 Une autre de Claude Debussy, poème lyrique, de 1895, sur carton lithographié, orné  de motifs de roseaux (style art nouveau), quelques corrections sont apportées par le musicien à l’encre.

D’Alexandre Charpentier, une vitrine sculptée style art nouveau (1898-1902), en ébène .Une plaque de serrure, en bronze patiné ayant pour motif, la musique, une seconde ayant pour motif le chant, elles sont dates de 1892. (Charpentier tait violoncelliste, il était très proche de Debussy, l’artiste lui dédia en 1908, cloches à travers les feuilles de ses Images pour piano).

L’implorante statue de Camille Claudel datée 1900 en bronze, et , la Valse autre œuvre de l’artiste, datée de 1893-95.

debussy-la valse claudel

Une tapisserie de Paul Rousson, le printemps, tapisserie à l’aiguille datée de 1895, une lampe à huile de électrifiée d’Arthur Smith Benson 1895.

Derrière ces œuvres, en toile de fond, Debussy avec Stravinsky.

 En poursuivant, la table de travail de Claude Debussy, par Henry Lerolle , elle est datée de 1895, elle est en chêne. Sur cette table quelques objets sont déposés : un crapeau presse-papier, une écritoire chinoise du XVIII eme siècle, un étui à cigarettes du XX eme siècle.

Bodhisattva méditant, en bronze doré daté du VI eme siècle, Corée.


Une partition de Claude Debussy, Children’s corner, petite suite, pour piano seul datée de 1908. Couverture repliée, lithographiée en couleur, dessinée par Debussy, se référent à trois titres de la suite, dédiée à sa fille Chouchou.


Estampes, pagodes, la soirée dans les jardins de Grenade, jardin sous la pluie de Debussy, il s’agit d’une édition originale, dont la couverture repliée de papier Vergé, dans les tons bleu-gris, lettrage bleu et  or. Ex-libris  ms : Emma (future épouse de l’artiste) relié  d’un trait au monogramme imprimé CD. A la page titre envoi autographe du compositeur, à l’encre bleue, à celle qu’il devait épouser en 1908, Emma Bardac.


La mer, trois esquisses symphoniques 1905, partition réduite, à quatre mains par l’auteur ; couverture repliée sur papier Vergé, illustrée d’une gravure sur bois en couleur, d’après la vague d’Hokusai.


Quelques œuvres d’artistes japonais :

Shizuka de la maison Tamaya, œuvre du XVIII eme siècle, d’Utamaro, gravure sur bois en couleur. Titre de la série : Tableau des beautés suprêmes  du jour présent.


Sous la grande vague à Kanagawa, 1830-33, gravure sur bois en couleur d’Hokusai.


Poissons d’or du XIX eme siècle, élément surement détaché d’un meuble japonais , en bois laqué noir, décor rehaussé d’or et d’une perle de nacre, cadre bois de style chinois de Nanzhou.

Une gourde est exposée elle date de la fin de la période Edo, une coupe à alcool, Chine XVII eme siècle.


Une toile de Whisler, variations en violet et vert datée de 1871,


Derrière ces objets, en toile de fond, une immense photo avec Stravinsky, Debussy et Satie, ils sont au studio Debussy, qui se situait au bois de Boulogne.


Un portrait de moine japonais daté de 1819, en bois laqué polychrome, un éventail japonais fin XIX eme.

Un tableau de Vuillard, le salon aux trois lampes, rue saint Florentin, œuvre de 1899.

debussy-le salon aux 3 lampes vuillard

D’Odilon Redon, jeune fille au bonnet bleu,  

debussy-redon

le vieillard ailé, tous les deux au pastel.


Le silence, de Lucien Lévy Dhurner daté de 1895

La digue de mer à Ostende, par Léon Spilliaert œuvre de 1908.


Retour à l’Antique :


Inspiré d’un poème de Mallarmé, pour la création d’un ballet, l’après-midi d’un faune, chorégraphie de Nijinski, décors de Bakst, musique de Claude Debussy.

debussy-bakst décor faune

Bakst suggéra à Nijinski de s’inspirer des poteries grecques exposées au Louvre (ce qu’il fit), pour les costumes que les sept danseuses devaient porter, pour cela il fallait que les danseuses soient  pieds nus. Le faune tant qu’à lui, porterait un collant recouvert de taches brunes, des cornes sur une perruque bouclée.  Son rôle, s’avancer   vers les nymphes sur la pointe des pieds, les mains tendues, ce qui est un geste de possession, (repris sur le vase grec),  s’emparant d’un voile abandonné par la grande nymphe, le faune s’étend sur celui-ci, un bref sursaut final, suggérant la satisfaction de son désir. Ce ballet déclencha un scandale.

debussy-nijinski en faune

Une partition de l’après-midi d’un faune est exposée, date de 1915, Claude Debussy.

Partition , les chansons de Bilitis, traduites  du grec par   Pierre Louÿs et ornes d’un portrait de Bilitis dessiné par Paul Albert Laurens d’après le buste polychrome du Louvre.

Tête d’un vase Canope.

Ménélas retrouvant Hélène (peinture de Ménélas vers 440 avant JC),

Un cratère en cloche Lucanien à figures rouges (satyre poursuivant une Ménade, vers 430 avant JC), peinture de Pistici.

debussy-vase grec

Un projet de décor pour l’après-midi d’un faune par Léon Bakst.

Quelques photographies d’Adolphe Meyer : Nymphes les bras levés, le faune, Nijinski et la grande nymphe, nymphe de profil  les bras levés datées de 1912.

 


Pelléas et Mélisande :


Un tableau de Marianne Stokes représentant Mélisande en 1895,   tempéra.

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Six projets de costumes pour la création de Pelléas de Charles Bianchini, pour l’opéra Comique en 1902, dont la mise en scène était d’Albert Carré, Décors de Lucien Jusseaume et Eugène Ronsin, direction de Messager.

Dans une vitrine, quelques partitions, une photographie de Maeterlinck date de 1906, un pastel de Maurice Denis, Pelléas et Mélisande daté de 1892.

Figure de douleur, tableau de Vuillard 1890-91,

Portrait d’Yvonne Lerolle en trois aspects, Maurice Denis 1897.

Six projets de costumes pour la nouvelle production de Pelléas et Mélisande, par Valentine Hugo en 1947.


Le martyr de Saint-Sébastien et Jeux :


Création de deux ballets …………

debussy le martyr decor bakst

Trois projets pour les décors et  pour les costumes du martyr de Saint Sébastien ; par Léon Bakst en 1911, dessins à la mine de plomb.

Une photographie du danseur Nijinski par Charles Gershel,  datée de  1913.

Des scènes de danses pour le ballet jeux, par Valentine Hugo et un projet de décor par Bakst en 1913.

Esquisse pour le décor  de jeux, à la mine de plomb sur papier par Pierre Bonnard en 1920,

Un manuscrit autographe par Gabriele d’Annunzio, pour le martyr de Saint Sébastien en 1911.

Boite à joujoux, maquette de la partition imprimée : crayon noir, encre de Chine ; gouache, aquarelle et or, sur papier de fil Vergé,  d’André Hellé (en vue d’un ballet).

Une toile de Cross, la chevelure datée de 1892.


Affinités artistiques, littéraires et musicales :


Quelques œuvres musicales et littéraires qui ont inspirées les peintres.


Parsifal, lithographie de 1892, Odilon Redon

Les filles du Rhin, Fantin Latour, œuvre datée de 1873

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Tristan et Yseut, de Delville 1887,  au crayon, craie noire, fusain sur papier.

Un buste de Claude Debussy, en bronze daté de 1919, par Henry de Groux et un portrait de l’artiste sur toile.


Portrait de Mallarmé par Manet daté de 1876,

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Portrait de Wagner par Renoir en 1882,

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Portrait de Paul Verlaine, par Eugène Carrière en 1890,

L’après-midi d’un faune, sculpté par Paul Gauguin en 1892,  en bois de tamanu (ancien bois sacré de Polynésie française, réservé à la reproduction d’idoles).


Portrait de Claude Debussy, par Henri Destouches en 1908.

Une lettre de Mallarmé, adressée à Claude Debussy datée du 20-12-1894.


Quelques carnets d’esquisses de Claude Debussy, pour la boite à joujoux, sur feux d’artifice, poème de Mallarmé, au crayon noir, bleu, encre noire, rouge, bleue.


Trois poèmes de Tristan L’Hermite, cycle publié sous un titre emprunté à Tristan l’Hermite : Le promenoir des deux amants. Pour ses derniers cycles de mélodies Debussy, s’inspira des poètes des XV et XVII eme siècle, avant de revenir à Mallarmé.


Edgard Poe, peint par Félix Vallotton en 1894.

D’Erik Satie, sonnerie de la rose croix daté de 1892, couverture lithographie reprenant un fragment de la guerre, de Puvis de Chavannes. Sur la couverture, timbre ex-libris d’Ernest Chausson, autographe à l’encre rouge, au bon vieux Claude A . Debussy, Paris le 27 du mois de octobre 92. Son frère en Notre Seigneur. Erik Satie.


Fêtes galantes, trois mélodies de Debussy sur des poèmes de Paul Verlaine.

debussy partition fetes galantes


La nature comme source d’inspiration : nocturnes, marines, paysages.


Paysage de Bourgogne, œuvre de Degas datée de 1890,

Nuit d’été par Winslow Homer datée de 1890,

La main d’ombre, de Charles Lacoste 1896,

Paysage avec miroir, avec une baie dans le lointain par Turner 1845,

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Une marine de Degas vers 1869, pastel.

Place de Clichy la nuit, par Carrière 1899-1900.

Les nymphéas de Monet 1915-17.

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Une vieille fabrique en Norvège, par Thaulow 1892

Le cyclone d’Henri Groux daté de 1894

Tempête du coté de Belle-Ile, Monet 1880

Une marine d’Harisson

Bateau en mer, soleil couchant de Monet daté de 1869-73,

Les falaises d’Yport par Emile Blanche en 1892,

La vague violette, Georges Lacombe 1895-96,

Sur la plage, Manet 1873,

D’Emile Gallé, la mer, inclusions de  parcelles métalliques 1900.

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Le Talisman de Paul Sérusier 1900,

Une partition pour piano, les reflets dans l’eau, datée de 1905, manuscrit autographe de Claude Debussy.

Rosiers sous les arbres de Gustave Klimt, 1905.


Nouveaux mondes :


Le parc de Saint-Cloud de Kandinsky daté de 1906, huile sur carton.

Le faubourg de Collioure par André Derain 1908,

Improvisation III de Kandinsky daté de  1909,

Disques de couleurs (étude pour fugue et deux couleurs) de Kupla 1911-12.

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Quelques extraits du catalogue.

 

Cette magnifique exposition nous emmène dans l’univers et l’époque de cet artiste de génie, il dialogue avec la poésie, l’œuvre picturale, la nature, ce qui compose le paysage esthétique de sa création musicale.

Jusqu’au 11 juin à l’Orangerie à Paris. A ne pas manquer.

 

 

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Published by Tinou - dans Exposition
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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 13:56

Il y a 100 ans disparaissait Jules Massenet, l’opéra de Paris lui rend hommage.

Jules Massenet nait en 1842, proche de Saint-Etienne. Son père Jules Emile Fréderic, officier dans les armées du premier empire, est un industriel et directeur d’une entreprise de matériel agricole, sa mère Adelaïde Royer de Marancour, bonne pianiste qui a composé quelques pièces, donne des cours de piano et est le professeur de son fils Jules.

En 1848, il vient à Paris, il rentre au conservatoire en 1853, il y étudie le piano dans la classe d’Adolphe Laurent, le contrepoint et le solfège avec  Augustin Savard (compositeur et pédagogue) et François Bazin (compositeur et pédagogue) et la composition avec Henri Reber (compositeur).Ses études musicales sont brillantes. Il obtient un prix de piano en 1859 et un prix de contrepoint en 1863.

Ambroise Thomas lui conseille de s’inscrire à la villa Médicis, il y est admis, grâce à sa cantate David Rizzio, il remporte le prix de Rome en 1863. L’artiste lors de son séjour à la villa Médicis en 1864, rencontre Franz Liszt, qui lui demande de le seconder dans ses tâches d’enseignement.

Jules Massenet revient à Paris en 1866. La même année, il épouse une de ses élèves, Louise-Constance de Gressy, à Avon proche de Fontainebleau.

Il rencontre Georges Hartmann, qui sera son éditeur et mentor. L’un de ses premiers succès,  la suite symphonique Pompéa . 

En 1867 il créé sa première œuvre lyrique  la grand’tante , avec Marie Heilbron dans le rôle-titre.

1868, naissance de sa fille Juliette.

1872, Son opéra  Don César de Bazan, est à l’affiche de l’Opéra Comique.

1873, il compose les musiques de scène des Erinnyes de Leconte de Lisle jouées à l’odéon, il créé Marie-Magdeleine avec Pauline Viardot dans le rôle-titre. Il remanie les Erinnyes , qui sont reprises à la Gaité Lyrique. La même année, il est gratifié de la Légion d’Honneur.

1877, son roi de Lahore, est joué avec succès.

1878, il est nommé professeur au conservatoire en remplacement d’Ambroise Thomas, qui devient le directeur, ses élèves seront prestigieux : Ernest Chausson, Gustave Charpentier, Georges Enesco, Henry Février, Reynaldo Hahn, Charles Koechlin, Gabriel Pierné et bien d’autres…….

1882, il commence la composition de  Manon Lescaut , d’après une nouvelle de l’abbé Prévost, à cette occasion il va visiter la demeure de L’abbé à La Haye. L’œuvre  est créée à l’Opéra Comique en 1884 avec Marie Heilbron (elle décède deux ans plus tard).

1885, création du  Cid  et il débute  Werther .

1887, il  modifie Manon pour la soprano Sybil Sanderson, pour la mettre en valeur il compose  Esclarmonde.  Création également du  Mage  et  Amadis .

1892, il compose  Werther , d’après les souffrances du jeune Werther de Goethe.

1894,  il compose  Thaïs  pour Sybil Sanderson, créé à l’opéra de Paris.

1895, il reçoit la Croix de Commandeur de la Légion d’Honneur.

1897, année de la création de Sapho.

1899, création de Cendrillon. Il vient s’installer à Egreville au sud de Fontainebleau. Il y achève son œuvre de musique sacrée, La terre promise, qui est  créée à l’église Saint-Eustache de Paris.

1900, il compose la musique pour Phèdre de Racine, jouée à l’Odéon.

1901, Grisélidis, d’après Boccace est à l’affiche de l’Opéra-comique. Le jongleur de Notre-Dame, est créé à l’Opéra de Monte-Carlo, à cette occasion, il est décoré de l’Ordre de Saint-Charles par le Prince Albert 1er.

1905, 500 eme représentation de Manon. Mary Garden interprète Chérubin à Monte-Carlo.

1906, Ariane est donné à l’Opéra avec Lucy Arbell (rencontrée en 1904), mais aucun succès pour Bacchus.

1910, Don Quichotte est créé à Monte-Carlo. Jules Massenet préside l’institut.

1911, cinq articles de l’artiste, sont publiés dans le journal, les Echos, intitulés : Souvenirs de théâtre.

1912, Jules Massenet décède à Egreville dans son château de Seine et Marne. L’ensemble de ses articles sont publiés dans un livre ayant pour titre : Mes souvenirs.

L’exposition présente l’homme et son univers, de nombreuses photos d’artistes de l’époque, mais elle se situe surtout autour de ses œuvres avec une présentation de partitions, d’affiches, costumes, maquettes de décors et de costumes.

 

L’Homme 

 

Jules Massenet à l’âge de 8 ans par Pierre Paul Cavaille (peintre), œuvre datée de 1850,

massenet à 8 ans

L’artiste lors de son séjour à la villa Médicis en 1864, sur partition dédicacée, photo avec rehaut de blanc de Jean Clément Chapelain

Plusieurs photos de l’artiste datées de 1907 par Henri Manuel, dont une ou Jules Massenet est en compagnie du Prince Albert de Monaco vers 1900.

Une partition d’Esclarmonde, une reliure en parchemin, Ariane, manuscrit autographe daté de 1906, Enchantement partition de 1890

Un livret de mise en scène par le compositeur, il s’agit de Werther 1893, une partition imprimée, Sapho, opéra de l’artiste 1897.

Bacchus, manuscrit autographié daté de 1909, un autre manuscrit de Cendrillon opéra de Massent 1895, la couverture en cuir avec 4 médailles en argent enchâssé 1895

Un dessin de Louis Bourgeois représentant Jules Massenet daté de 1910

massenet portrait

Massenet avec sa muse, Massenet au piano, dessins de Leonello Capprello  1910

Des photos de l’artiste chez lui en 1900, une autre avec sa classe de composition musicale 1895

Un manuscrit autographe daté de 1912 il s’agit de Roma, un coupe papier en bronze doré et fonte de 1890.

 

L’atelier du compositeur :

Alfred Bruneau élève de Massenet, nous présente l’homme. Il a écrit un livre 20 ans  après sa mort, il nous parle du compositeur au travail, dans son intimité, il rendait souvent visite à l’artiste, il cite que son cœur battait lorsqu’il montait l’escalier qui conduisait à l’appartement du maitre, il précise qu’il pénétrait jusqu’à sa chambre à coucher, car il n’eut jamais de cabinet de travail, dormant peu, il se levait très tôt et venait s’asseoir à sa table de travail…….. 

Nous pénétrons dans l'intimité de l'artiste, reconstitution de la pièce : une toile de fond  présente le maitre au piano. On y voit le piano table de l’artiste, des partitions,  sa baguette de chef, une sculpture ‘la fortune’ datée de 1885 ; ( elle fut offerte par les abonnés du théâtre de Marseille), des affiches accrochées au mur, une de Thérèse, Hérodiade, une esquisse pour l’affiche d’Ariane.


massenet piano

 

Les interprètes :

Une citation de Massenet " Quelle joie enivrante d’écrire des ouvrages, des rôles, pour des artistes qui réaliseront vôtre rêve ".

Dans ses souvenirs l’artiste ne manque pas l’occasion de dire son admiration pour les chanteurs et cantatrices tragédiennes, et de souligner ce qu’il doit à ses interprètes.

De nombreuses photos présentent ces artistes :

Anne-Marie de l’Isle, Joséphine de Reszke, Yvonne Gall (soprano, elle chante dans Manon et Thaïs, Marie Heilbronn(soprano) créatrice de la Grand’Tante 1884, Ninon Vallin (soprano) 1884, Emma Calvé, elle passe de soprano lyrique à soprano dramatique, Massenet créé pour elle le rôle d’Anita dans la Navarraise , Sybil Sanderson, soprano américaine, Massenet a écrit pour elle Esclarmonde en 1889 et Thaïs en 1894, Lucy Arbell, muse du maitre , en 1906 elle créé le rôle de Perséphone dans Ariane, en 1907, elle créé le rôle titre dans Thérèse elle chante Bacchus, elle a le rôle de Charlotte dans Werther , Lucien Fugère, baryton et chante dans de nombreuses œuvres de Massenet.

 

L’œuvre :

L’œuvre est importante, Massenet propose une esthétique originale qui est le fruit de la synthèse de formes anciennes, que demande une partie du public, et de formes musicales et dramaturgiques nouvelles, qui satisfont les ambitions artistiques. Si Massenet sait trouver dans sa musique un point d’équilibre quasi parfait entre tradition et innovation, il soigne tout particulièrement le choix de ses livrets. ………………

Les grandes figures littéraires, leurs sources, récits mythologiques, historiques, légendes, contes, romans, nouvelles et pièces de théâtre.

Les œuvres sont présentées dans leur  cadre historique :

 

L’exotisme, il est à la mode et plait beaucoup à cette époque.

Le roi de Lahore : L’histoire se passe en Inde, à l’époque de l’invasion du Sultan Mahmoud au XI eme siècle. La prêtresse Sita aime d’un amour partagé le roi Alim, mais est aussi convoitée par son ministre Scindia, qui dénonce le sacrilège. Alim, pour expier sa faute va combattre l’envahisseur. Scindia profite de la mêlée pour le frapper et prend le pouvoir. Il contraint Sita au mariage, cependant au paradis d’Indra, Alim, obtient de revenir sur la terre comme simple mendiant, et à condition de mourir avec sa bien-aimée. Lors du mariage de Sita et Scindia, Alim apparaît et dénonce les crimes de ce dernier, Sita le reconnaît et s’enfuit avec lui, mais ils sont découverts. Sita se tue, et Alim meurt avec elle. Tous les deux, ils montent au paradis es bienheureux……….Opéra en 5 actes de Massenet, livret de Louis Gallet, Créé à l’Opéra de Paris en 1877.

A l’exposition : Une tunique de guerrier pour le roi de Lahore datée de 1877, une affiche lithographie datée de la même année, une esquisse de décor à la gouache et aquarelle, du 1er tableau du 5 eme acte intérieur du sanctuaire d’Indra, un autre décor de la grande place à Lahore, pour l’acte IV.

massenet esquisse de décor le roi lahore

Le costume de Sita pour Joséphine de Reszke, des maquettes de costumes à l’aquarelle et gouache, pour le costume de danseuse du cortège royal, pour le costume du choriste, du roi Alim et celui du danseur.


Esclarmonde : La magicienne Esclarmonde, devenue reine de Byzance, séduit grâce à ses pouvoirs, le chevalier Roland de Blois. Lequel doit l’aimer sans la voir ni connaître son nom, mais elle doit renoncer à son amour pour lui, pour conserver son trône et ses pouvoirs. Lors d’un tournoi, Roland gagne la main d’une princesse inconnue, il s’agit d’Esclarmonde……………Opéra romanesque en 4 actes, de Massenet, livret de Louis de Gramont et Alfred Blau, opéra créé pour la cantatrice Sybil Sanderson, muse de Massenet, à l’opéra Comique en 1889.


A l’exposition : Une affiche d’Esclarmonde datée de 1889, une tiare portée par Sybil Sanderson, coiffe en métal doré et strass, et une coiffe en métal argenté avec perles et strass.


Le mage : C’est l’histoire de Zarâstra, elle se déroule dans la Bactriane (région qui se situe dans les montagnes de l’Hindu-Kush et la rivière Amou-Daria, entre Afghanistan, Pakistan, Chine, Tadjikistan et Ouzbékistan), à l’époque légendaire ou s’est fondé le mazdéisme, 2500 ans avant l’ère chrétienne………. Opéra en 5 actes et 6 tableaux de Massenet, sur un poème de Jean Richepin. L’acte II comporte deux tableaux, l’acte IV débute par un ballet et l’acte V par un prélude. Créé en 1891.  

A l’exposition : une affiche lithographie datée de 1891,

massenet affiche le mage

une maquette à l’aquarelle et gouache, pour le costume de Zarâstra, porté par le ténor Edouard-Alphonse Vergnet, celui de Varheda porté par Caroline Fiérens et un costume d’un enfant.


Thaïs : L’histoire se déroule en Alexandrie au IV eme siècle. Un moine cénobite, Athanael, ( le cénobitisme est une forme de vie monastique en communauté) cherche à convertir au christianisme Thaïs, courtisane  célèbre dévouée à la déesse Vénus. Il y réussit, et Thaïs s’enferme dans un couvent jusqu’à sa mort prochaine. Athanael  découvre trop tard que son obsession pour Thaïs était teintée d’amour charnel. Tandis que Thaïs meurt dans la joie de la rédemption, il renie sa foi et désespère…… Opéra en 3 actes de Massenet, livret de Louis Gallet, d’après le roman d’Anatole France. Créé à l’Opéra de Paris en 1894.

A l’exposition : Une esquisse de décor, à l’aquarelle et gouache, le souterrain du temple de Djahi, premier tableau de l’acte IV.

massenet décor thais

Une autre esquisse de la place royale de Bekhdi, tableau II de l’acte II, de 1891, une affiche lithographie de Manuel Orazi datée de 1894, maquettes de costumes à l’aquarelle et gouache, de Charles Bianchini 1894, pour Albert Alvarez et pour les costumes de Nicias porté par la chanteuse Meyrianne Heglon, et pour les esclaves Crobyle et Myrtale.


L’Antiquité :

Roma, l’histoire se déroule dans la Rome Antique, après le triomphe des carthaginois, de la bataille de Cannes (victoire écrasante d’Hannibal Barca sur les légions romaines au cour de la deuxième guerre punique), en 216 avant JC, le général carthaginois écrase les troupes romaines plus nombreuses………   opéra tragique en 5 actes d’Henri Cain d’après Rome vaincue d’Alexandre Parodi.

A l’exposition : une maquette décor le forum acte 1 ; une maquette de costumes pour Albert Alvarez aquarelle et fusain pour Lentulus pour Lucien Pierre Muratore ; Une  affiche lithographie datée de 1912,.

 

Bacchus, l’histoire se base sur les aventures mythologiques de Bacchus et d’Ariane. Les dieux dont le demi-dieu Bacchus apparaissent sous formes humaines en Inde pour tenter les habitants de se détourner du bouddhisme. Ariane les suit, persuadée que Bacchus est en fait l’objet de son amour non partagé, Thésée (héros de l’Attique). A la fin,  Ariane se sacrifie pour sauver l’humanité…………. Opéra en 4 actes, crée à l’Opéra Garnier de Paris en 1909 de Massenet, le livret est de Catulle Mendès.

A l’exposition : une maquette du décor  passage rocheux de  1909, il s’agit du tableau de l’acte 4, une photo de Nadar de Lucie Arbell , dédicacée par l’artiste elle est présentée dans le rôle de la reine Amahelli.

massenet-lucy arbell bacchus

Une maquette à l’aquarelle et gouache pour les costumes 1909, la couronne de Bacchus, coiffe en métal doré et pierres de couleurs, des bracelets et ornements de ceinture et le casque de la reine de Joseph Porphyre Pinchon 1909.

 

Ariane : cet opéra est lié à Bacchus, personnages en commun. L’histoire est basée sur la mythologie, entourant Thésée, et les sœurs Ariane et Phèdre, elles sont toutes les deux amoureuses de Thésée qui choisi Phèdre plutôt qu’Ariane. Phèdre est tuée par la statue renversée d’Adonis, Ariane part dans le monde souterrain pour prier Perséphone de ressusciter sa sœur. Adoucie par les roses offertes par Ariane, Perséphone accepte et Phèdre retourne sur terre ……..Opéra en 5 actes de Jules Massenet, livret de Catulle Mendés .Créé en 1906 au Palais Garnier à Paris.

Robe d’Ariane par Frédéric Pineau en présentation

 

Le moyen âge :

 Grisélidis : histoire qui se déroule au XIV eme siècle en Provence, elle concerne la bergère Grisélidis et un certain nombres de tentatives par le diable pour l’attirer dans l’infidélité, La loyauté de Grisélidis à son mari, le marquis, est forte, cependant, et  le diable est vaincu ……….. conte lyrique en 3 actes, livret d’Armand Silvestre et Eugène Morand.1901.

Une affiche lithographie est exposée

massenet griselidis

 

 Le jongleur de Notre-Dame : l’histoire se passe au XV eme siècle, un jour de marché devant le couvent de Cluny, et c’est un miracle…………Opéra   miracle  lyrique en 3 actes, livret de Maurice Léna, créé à l’opéra de Monte-Carlo en 1902, repris à l’opéra comique en 1904

A l’exposition : Costume de l’ange, de  Lucien Jusseaume 1904.


Le XVIII eme siècle : la chronique des mœurs

 

Chérubin : l’histoire est développement léger du mariage de Figaro de Beaumarchais. Se déroulant juste après le mariage, et imagine les festivités lors de la célébration de la première promotion militaire de Chérubin et de son 17 eme anniversaire. S’ensuivent des ébats burlesques initiés par Chérubin, qui convoite tour à tour toutes les femmes de l’assemblée et crée une confusion générale. Opéra en 3 actes, livret de  Francis de Croisset et Henri Cain, créé en 1905 à l’opéra de Monte-Carlo.

A l’exposition : Affiche lithographie,

massenet-cherubin

maquettes  de costumes, à l'aquarelle et gouache, quelques échantillons de tissus pour le

costume de  l’ensoleillad, rôle interprété par Lina Cavalieri, costume de Mary Garden pour  le rôle de Chérubin, 1905 

 

Thérèse : l’histoire se situe pendant la terreur à Paris, Thérèse est tiraillée entre son amant, Armand de Clerval, qui lui offre la fuite et donc échapper à la mort, son mari André Thorel, Girondin, va être guillotiné. Thérèse choisit de finir sur l’échafaud avec son mari. Drame musical en 2 actes de Jules Massenet, le livret de Jules Claretie, créé à l’opéra de Monte-Carlo en 1907, repris à l’opéra Comique en 1911.

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A l’exposition :   costume pour le rôle, d’André Thorel  et une maquette à l’aquarelle et gouache, échantillons de tissus  pour le costume.


Manon : L’histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut. Le début de l’histoire se déroule dans la cour d’une auberge d’Amiens, Guillot et Brétigny, accompagnés de trois jeunes femmes, Javotte, Poussette, et Rosette demandent à diner. Arrive Lescaut et ses amis, Lescaut déclare attendre sa cousine Manon, qu’il doit mener au couvent. La diligence arrive, Manon en descend, Lescaut part chercher ses bagages. Pendant ce temps, le vieux Gillot et Brétigny, et leurs trois amies arrivent dans la cour. Guillot entreprend de séduire Manon en lui promettant de combler tous ses désirs. Il lui dit qu’une voiture viendra le chercher dans quelques instants. Elle n’aura qu’à y monter et l’attendre…… Opéra en 5 actes de Jules Massenet, livret d’Henri Meilhac et de Philippe Gille, d’après le roman de l’Abbé Prévost. Créé à l’opéra Comique en 1884

A l’exposition : Une robe en taffetas de soie rouge, elle est de l’italien William Orlandi,

massenet robe en soie rouge de manon

une affiche, lithographie de 1884, d’Antonin Chatinière, le costume de Manon Charles Bianchini, 1898


Werther : L’histoire se déroule sur trois saisons (été, automne, hiver) à Wetzlar en Hesse, dans les années 1780. Drame lyrique en 4 actes et 5 tableaux, le 1er la Maison du Bailli, acte II, les Tilleuls, acte III, Charlotte et Werther, acte IV en deux tableaux, la nuit de Noel et la mort de Werther. Livret d’Edouard Blau , Paul Milliet et Georges Hartmann, d’après le roman épistolaire de Goethe, les souffrances du jeune Werther. Présenté à l’Opéra Comique en 1893.

A l’exposition : Une affiche lithographie 1893, d’après Goethe,

massenet affiche de werther

un costume en velours de Christian Gaze en 2010 pour le rôle Werther.


Cendrillon : Cendrillon vit auprès de ses deux méchantes demi-sœurs. Un jour arrive un mendiant (qui se révélera être une fée) qui récompense Cendrillon en lui offrant une voiture et de beaux habits. Lors du bal, Cendrillon tombe amoureuse du Prince. Elle reste jusqu’à minuit, heure à laquelle le sort s’évanouit. Elle laisse derrière son chausson dont le Prince se servira pour la retrouver………….Opéra conte de fée en 4 actes, 6 tableaux et une préface. Sur un livret d’Henri Cain d’après Charles Perrault. Présenté à l’Opéra Comique en 1899.

 

A l’exposition : Une affiche lithographie de l’œuvre,

massenet affiche cendrillon

un casque pour Cendrillon daté de 1899.

 

Don Quichotte : Nous sommes en Espagne au XVII eme siècle. Une place publique en face de la maison de Dulcinée. Un festival est célébré. Quatre prétendants de Dulcinée lui chantent une sérénade dans la rue. Dulcinée apparaît et explique qu’être adorée ne suffit pas. Elle se retire, et une grande foule, en grande partie des mendiants, acclament l’arrivée du chevalier excentrique et de son écuyer comique. Don Quichotte monté sur son cheval Rossinante et Sancho Pancha sur un âne. Enchanté par leur attention, Don Quichotte dit au réticent Sancho  de leur jeter de l’argent. Après avoir dispersé la foule, Don Quichotte chante une sérénade à Dulcinée ,mais il est arrêté par Juan, un autre prétendant jaloux. Un combat à l’épée s’ensuit, interrompu par Dulcinée elle-même. Elle est séduite par les attentions anciennes de Don Quichotte, et réprimande Juan pour sa jalousie en le renvoyant. Le vieil homme lui offre son dévouement et un château. Elle suggère plutôt qu’il aille récupérer un collier de perles volé par Ténébrun, le chef des bandits. Il s’engage a le faire, et Dulcinée rejoint rapidement ses amis masculins………….Opéra comédie héroïque en 5 actes, d’après l’œuvre de Cervantès, livret d’Henri Cain. Créé à l’opéra de Monte-Carlo en 1910

A l’exposition : une affiche datée de 1910,

massenet don qui

une photo de Fédor Chaliapine en 1910 dans Don Quichotte, ci-dessous.

massenet don qui chiapine

Et une de Lucien Fugère dans le même rôle.


Le Cid : L’action se déroule en Espagne au XI eme siècle.  A Burgos chez le Comte de Gormas. Au fond, une grande fenêtre avec un balcon donnant sur une rue, dont les maisons sont pavoisées. Fanfares au lointain. On apprend que le roi va armer le chevalier Rodrigue, malgré la jeunesse de ce dernier. Le Comte souhaiterait être nommé gouverneur de l’Infant du Roi. Il trouve que Rodrigue est un amant digne du choix de sa fille, Chimène. L’Infante vient avouer à celle-ci qu’elle aime Rodrigue, mais qu’elle n’a pas le droit d’aimer un simple chevalier et que Rodrigue sera l’amant et l’époux de Chimène……….. Le livret d’Ennery, Gallet et Blau est proche de celui de Corneille. Opéra en quatre actes et dix tableaux de Massenet, créé à l’Opéra de Paris en 1885.


A l’exposition : Une photo d’Edouard et Jean de Reszke dans les rôles de Rodrigue 1885, une maquette de décor , cour dans le palais des rois à Grenade, tableau de l’acte IV 1885.  Une affiche lithographie.

massenet affiche le cid

Maquette à l’aquarelle et gouache du costume de Rodrigue de Ludo Napoléon Lepic, 1885, une esquisse à l’aquarelle et gouache du Cid , Chez le comte de Gormas, acte I. de Philippe Chaperon.  

 

 

La Période qui lui est contemporaine  :

Théodora : Nous sommes au VI eme siècle, Théodora, impératrice de Byzance de 527 à 548, était probablement la femme la plus puissante et influente dans l’histoire de l’Empire……….Drame en 5 actes de Victorien Sardou, écrit pour Sarah Bernhardt.

 

A l’exposition : une affiche lithographie datée de 1902, Sarah Bernhardt (Théodora).

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Le manteau de Théodora daté de 1884 pour Sarah Bernhardt, ainsi que la couronne incrustée de pierres portée par l’artiste

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Sapho : L’histoire se déroule à Paris, fin XIX eme siècle. C’est l’histoire de Sapho, modèle d’un artiste d’un certain âge, son vrai nom Fanny Legrand. Elle commence une liaison avec un jeun e homme, Jean Gaussin, mais la relation est néfaste……………Pièce lyrique, opéra dans un style déclamatoire, en 5 actes, livret d’Henri Cain et Arthur Bernède, basé sur le roman d’Alphonse Daudet

 

massenert-emma calvé dans sapho

A l’exposition : Robe de Fanny ( pour Sapho) de Frédéric Pineau, affiche lithographie de Sapho

Quelques extraits du catalogue.

Projection de Werther et Manon.

Les opéras de Jules Massenet sont interprétés dans le monde entier

Magnifique exposition qui permet de découvrir l’univers et l’œuvre d’un grand artiste, Jules Massenet, elle rend hommage non seulement au musicien, mais aussi aux interprètes de l’époque, aux créateurs de costumes, décorateurs, dans un lieu d’exception l’Opéra de Paris. Jusqu’au 13 mai. A ne pas manquer.

 

 

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Published by Tinou - dans Exposition
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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 18:47

Artemisia nait à Rome en 1593, fille et premier enfant d’Orazio Gentileschi (1563-1639), peintre maniériste toscan, il fut le représentant du début du caravagisme romain. Artemisia révèle tôt un talent artistique, elle fait son apprentissage dans l’atelier de son père,  ses frères y travaillent aussi. Elle y apprend le dessin, la manière de mélanger les couleurs, de donner du brillant aux toiles.

 Mais Il faut parler de son père, à cette époque, il se réfère à l’art du Caravage, peintre lombard, avec qui il entretien des rapports familiers, les débuts artistiques d’Artemisia se placent évidemment dans le sillage du grand peintre.

La première œuvre d’ Artemisia est réalisée entre 1608 et 1610, alors que l’artiste n’a que 17 ans, il s’agit de :

" Suzanne et les vieillards", certainement assistée par son père. Cette œuvre est d’inspiration caravagesque mais pas seulement, la jeune femme est inspirée par l’école de Bologne (fin XVI eme et début XVII eme, située à Bologne comme son nom l‘indique, les artistes de cette école furent les précurseurs du baroque en Italie).

Elle reprend les œuvres de son père afin de leur donner un réalisme et leur insère une atmosphère plus dramatique en accentuant le clair-obscur à la manière de Caravage, ainsi l’artiste a contribuée à l’évolution du style d’une manière déterminante.

A 19 ans en 1612, son père lui offre un précepteur privé, l’enseignement des beaux arts étant interdit aux femmes, il s’agit du peintre Agostino Tassi (artiste maniériste tardif, spécialisé dans l’illusionnisme architectural et le quadratura , genre pictural  baroque tendant à  simuler des reliefs architectoniques sur les voûtes planes des églises, effets de trompe- l’œil et de perspectives). Mais un scandale surgit, Artemisia est violée par Tassi, alors qu’il travaille avec Orazio à la décoration à fresques des voûtes du pavillon des roses, dans le Palais Pallavicini Rospigliosi de Rome. Artemisia est choquée, humiliée, il y a un procès, Tassi est condamné a un an de prison et à l’exil des  états pontificaux.

Orazio va arranger un mariage pour sa fille avec Antonio Stiattesi, peintre florentin, elle va suivre son mari à Florence en 1613, c’est aussi la naissance de leur 1er enfant.

1614-1620, période florentine,

A cette époque Florence, vit une période de déclin artistique, peu de peintres vont rivaliser avec Artemisia, sauf Cristofano Allori (1577-1621, fils de Bronzino), elle partage avec lui le goût pour le rendu des matières et étoffes.

Artemisia connaît le succès à Florence. La jeune femme est amoureuse d’un brillant intellectuel, Francesco Maria Maringhi, il l’inspire pour la figure de Sisra, tableau qu’elle est entrain de réaliser. Dès 1617, Francesco Maria devient son protecteur et l’homme-orchestre de son génie, il l’a met en relation avec Michelangelo Buonarroti le Jeune et avec Galilée , elle est la première femme inscrite à l’Academia del Designo , grand privilège.

Elle entretien de bons rapports avec les autres artistes et obtient la protection de personnes influentes tel que le Grand Duc Cosme  II de Médicis, fils de Ferdinand 1er de Médicis (grand duc de Toscane) et Christine de Lorraine (fille de Charles III et de Claude de France)

Elle va au palais Buonarroti où le neveu de Michel Ange travaille, il construit une demeure en hommage à son oncle, et confie à Artemisia l’exécution d’une toile destinée à décorer le plafond de la salle des peintures, il s’agit de " l’allégorie à l’inclination ", la femme est représentée nue tenant une boussole à la main, le visage a les traits d’Artemisia. De cette période florentine quelques tableaux : la conversation de Madeleine, Judith et sa servante, une version de Judith et Holopherne, elle donne ses propres traits à Judith et à Holopherne ceux de Tassi. Artemisia termine son tableau Yaël et Sisra. Elle est employée par Cosme. Cette période florentine se termine par des troubles financiers et Artemisia décide de  revenir à Rome en 1621.

1621-1630, retour à Rome, puis Venise

1621 Artemisia de nouveau à Rome. Elle est battue et insultée par son père et son frère qui finissent à rompre avec elle. Son père part pour Gênes. Elle travaille jour et nuit, elle devient la passionaria du règne de Grégoire XV Ludovisi. Elle emploi plusieurs assistants dont Alessandro Bardelli, elle peint des portraits de cardinaux et princes, Cléopâtre, Danaé. Francesco Maria Maringhi vient la rejoindre à Rome.

Elle a des commandes pour la princesse Caterina Savelli et pour le gonfalonier papal et sénateur Constanzo di Giasone.

1622, elle rencontre Simon Vouet, elle peint le portrait du gonfalonier.

1623, l’artiste n’habite plus avec son mari, on perd même sa trace,  (elle a 4 enfants deux garçons et deux filles). Simon Vouet de retour à Rome,  peint un portrait d’Artémisia.

A Rome on voit encore une présence nourrie de peintres de style caravagesque, mais des correspondances existent entre le style d’Artemisia et celui de Simon Vouet, elle voit aussi le succès croissant durant le Pontificat d’Urbain VIII (Maffeo Berberini, mécène et soutenait les artistes tel que Nicolas Poussin), du classicisme de l’école de Bologne ou des audaces baroques de Pietro da Cortona ( Pietro a exécuté pour le pape Urbain VIII, sa fresque la plus célèbre : La gloire des Barberini, qui orne le plafond du grand salon du palais Berberini à Rome).

1626, Artemisia s'installe à Venise, dans le but d'obtenir de nouvelles commandes, elle reçoit de nombreux hommages de lettrés célébrant sa qualité de peintre.

1628, elle reçoit la commande d’hercule et Omphale par le roi d’Espagne Philippe IV.

1629-30, le duc d’Alcala, vice-roi de Naples, admirateur et collectionneur de l’artiste depuis 1625, acquiert 3 nouvelles œuvres.

1630-1653, Naples et une parenthèse anglaise

1630, Artemisia reçoit sa première commande publique à Naples, et se met également au service du vice-roi, elle peint une annonciation, elle reçoit également des commandes de Cassiano dal Pozzo, érudit et mécène des arts, dans ses collections on trouve des caravagesques tel que Simon Vouet, Artemisia et Caravage lui-même.

1635 Charles 1er d’Angleterre l’appelle  près de lui, mais elle préfère rester en Italie, être sous la protection de  nobles  des cours italiennes, tel que celle du grand duc Ferdinand de Médicis. 

1636, Atemisia travaille sur plusieurs commandes napolitaines et pour le prince du Liechtenstein

1637-39, elle va surement rejoindre son père à Londres. 3 toiles de l’artiste se trouvent dans la collection royale, il s’agit de La renommée, Suzanne et les vieillards, Tarquin et Lucrèce.

1640, retour d’Artemisia à Naples, elle travaille pour plusieurs commanditaires.

1649, l’artiste peint pour Antonio Ruffo, aristocrate sicilien il lui a commandé une Diane au bain.

1653, Artemisia collabore avec l’artiste Onofrio Palembo

1654, il n’y a plus de trace d’Artemisia, elle meurt probablement de la peste, il y a eu une grande épidémie en 1656. Elle est enterrée à l’église San Giovanni del Fiorentini à Naples.

Le caravagisme :

C’est un courant pictural de la fin du XVI eme siècle, parfois assimilé à une forme du baroque romain face au classicisme des Carrache. Cette évolution intellectuelle se situe à mi-chemin entre l’opposition à la rhétorique classique des académies d’une part et le brillant enthousiasme illusionniste du baroque d’autre part.

Le caravagisme est caractérisé par la prédominance de scènes obscures transcendées par la maîtrise du clair-obscur, constitué autour du style du Caravage et de ses suiveurs les plus proches tel que Bartolomeo Manfredi.

C’est une révolution artistique marquante. En plein contexte de la contre-réforme où le Concile de Trente préconise une peinture noble et lisible. Caravage cherche à peindre une vérité qui refuse les conventions, il ne recule pas devant la laideur. Par son sens révolutionnaire du sacré, l’artiste substitue un naturalisme extrême aux artifices du maniérisme. Influencé par Michel Ange, fidèle à la nature, il fait du corps humain l’objet de sa peinture. La peinture de l’artiste est méditative, intime, il ouvre la voie à une exploration anxieuse de l’âme voulant témoigner des émotions humaines, il cherche à rendre tangible les événements religieux qu’il va présenter comme des scènes de genres, il humanise l’art sacré. Il va libérer les artistes des stéréotypes maniéristes et va amorcer une nouvelle approche de la réalité physique des choses. La peinture de Caravage va connaître une diffusion rapide et étendue en Europe : Rembrandt, Rubens, Georges de la Tour.

Les compositions de Caravage : elles sont principalement en largeur, il présente des personnages grandeur nature, bien souvent coupés à mi-corps, ce qui permet par la succession des plans, de créer l’illusion de profondeur sans avoir à traiter le problème de la perspective. L’artiste introduit le spectateur dans la scène. La scène semble encore plus proche grâce au fond neutre.

La lumière : c’est l’élément essentiel de ses compositions, elle tend à consacrer sur certaines zones, créant ainsi un contraste de clair-obscur, ce qui donne une dimension plus dramatique à ses œuvres. Bien souvent extérieure au tableau, la lumière fait irruption dans la scène et conduit l’œil vers l’essentiel. Apportant une dimension symbolique et spirituelle, elle participe autant à la compréhension de la scène qu’à sa sacralisation. Le caractère divin des personnages est mis en lumière par l’artiste, au lieu de représenter des attributs symboliques.

Les couleurs : elles sont appliquées sans dessins préparatoires. Les tons rouges, noirs et bruns dominent dans l'oeuvre de Caravage.

 

L’exposition est composée de 40 tableaux environ, présentée en différents thèmes et périodes créatives de l’artiste, nous commençons l’exposition par les années de gloire d’Artemisia.

Une artiste internationale Naples 1630-1654, Artemisia à 37 ans.

 artemisia-autoportrait

 

" autoportrait "vers 1637

" Madeleine pénitente " vers 1630

" Cléopâtre assise " 1630-33

" Madeleine "1630

" Suzanne et les vieillards " 1632

artemisia-suzanne et les vieillards

 

" Le suicide de Lucrèce "1630-33

" Cléopâtre "1635

" Naissance de Saint Jean Baptiste " 1655, ci-dessous

 artemisia-naissance de jean baptiste


"Samson et Dalila "1635

Un tondo,"la justice et la paix s’embrassant " 1635

" Clio muse de l’histoire "1632

" Judith et sa servante Abra avec la tête d’Holopherne "1650,  

" Bethsabée au bain "1640-45, ci-dessous

artemisia bethsabée au bain 


 

Œuvres napolitaines :

Certaines toiles furent commandées par la couronne espagnole tel que la naissance de Saint Jean-Baptiste, la nymphe Corisca et Clio muse de l'histoire. Minerve fut offerte au Grand Duc Ferdinand II de Médicis (1610-1670), (fils de Cosme de Médicis et Marie-Madeleine d'Autriche).

 

Quelques tableaux présentés :

"Allégorie de la renommée" 1630-35, ci-dessous

artemisia - allegorie de la renommée

 

" Minerve " 1635

 

 "La nymphe Corisca et le Satyre " 1635-40, épisode d'une pastorale en forme de tragédie-comédie écrite par Giovanni Battista Guarini ( ce fut un immense succès européen du XVI eme siècle). Artemisia a choisi  le moment ou la nymphe Corisca, capturée par un satyre, qui l'accuse d'infidélité en la tenant par les cheveux, elle parvient à s'enfuire en lui abandonnant sa perruque. L'intensité lumineuse des couleurs, le mouvement du drapé, la puissante diagonale, l'élan du mouvement donne animation à la scène.

artemisia corisca

"Allegorie à la peinture" 1636-45 

artemisia all peinture

"Allégorie de la musique"1636-45


La fabrique de l’art :

Bethsabée au bain, Judith et la servante, Suzanne et les vieillards, les dernières oeuvres de l'artiste documentées et peintes pour Don Arcando de Medici à Naples.

Judith 1640-45  

Bethsabée au bain 1645-50

Naples, foyer actif de peinture, natures mortes, surtout dans la seconde moitié du XVII eme siècle.

Présentation d’une nature morte : de Giovani Baptiste Reccio de l’atelier d’Artemisia.


A l’étage du musée, les œuvres de jeunesse de l'artiste.

Rome la jeunesse :

Quelques œuvres de son père Orazio, et les premiers succès d’Artemisia

" Sibylle " 1607-10 d’Orazio Gentileschi

" Saint Jérôme" d’Orazio Gentileschi

" La Vierge allaitant"1608-1609 (2 toiles)

 

"Judith et Holopherne" 1613, cette oeuvre est impressionnante par la violence de la scène. Elle a été interprétée selon les thèses psychologiques et psychanalytiques, comme un désir de revanche par rapport à la violence subie par l'artiste.

 artemisia-judith et holophorne


" Autoportrait au luth " 1617-18

artemisia- autoportrait au luth

" Sainte Cécile " 1620

artemisia-sainte cecile

"Judith et la servante avec la tête d'Holopherne" 1617-18, les diagonales ascendantes suggèrent un mouvement dynamique, puis l'arrêt subit que leur imprime la main de Judith retenant sa servante, la puissante verticale sombre du bord droit produit un  effet théâtral d'élan suspendu. Ci-dessous

artemisia- judith et sa servante

 

"Sainte Catherine d'Alexandrie" 1618-20, cette oeuvre fait partie de la période florentine, le rouge, le jaune safran, donnent l'éclat à l'oeuvre, richesse ornementale de la couronne.

 

" Yaël et Sisra" 1620, ci-dessous

 artemisia yael et sisra


"Portrait d'une dame assise", 1620 ( il s'agit de la Princesse Savelli), représentée assise, très élégante,  sa robe noire et or est richement décorée. 

artemisia- portrait dune dame assise

La Princesse Savelli : Il s'agit peut-être de Caterina (1590-1639), fille du noble Paolo Savelli (branche cadette d'une prestigieuse famille romaine qui épousa Paolo Savelli, premier prince d'Albano, fils de Bernardino, duc de Castelgandolfo et de Laura Anguillara).

 

Quelques lettres d'affaires et d'amour adressées par Artemisia à son amant et mécène Francesco Maria Maringhi sont également exposées.


Retour à Rome, début de la gloire, le goût du théâtre à la cour des Médicis à Rome. Artemisia retoune à Rome en 1620.


 artemisia gonfalonier

 

" Le Gonfalonier " 1622

"Gentilhomme au chien" brossé par Simon Vouet (artiste français, allé à Rome travailler pour Urbain VIII et autres mécènes).


Artemisia part pour Venise en 1627, théâtralité, elle donne ses traits à la belle active qui joue et chante, peinte à Venise 1627-29.

 

" Judith et sa servante "peinte par Claude Mellan (peintre français établit à Rome, il est élève de Simon Vouet)

" La joueuse de luth " Artemisia 1625-38

 

" Portrait de religieuse "1613-18


Avant Rome, Florence la liberté à la cour des Médicis.

Une plaque en lapis lazuli d'origine afghane, peinte par Orazio Gentileschi à Rome vers 1610-1612. Il s'agit de :

"David méditant devant la tête de Goliath ".

" Une vierge au rosaire " peinte par Artemisia en 1651.


Les nus

" Danaé ", 1612

artemisia -danae

" Bethsabée au bain " 1636-38

" Amour freinant l’instinct ",1620

" Suzanne et les vieillards " 1650 de l’atelier d’Artemisia

" Cléopâtre " 1620-1625

" Femme nue allongée "1627-30 de Charles Mellin,( peintre lorrain, parti en Italie à l’âge de 20ans)

" Jugement de Pâris "1640-50 d’Onofrio Palembo, (peintre napolitain de l’époque baroque, assistant d’Artemisia Gentileschi.

 

Artemisia à Rome, collègues et affinités :

Son atelier constituait une sorte d’Académie :


" Sainte Apolline d’Alexandrie " 1645-55, d’Onofrio Palembo

" Samson brandissant la mâchoire de l’âne " 1635

"Allégorie à la rhétorique", 1650

" Diane et Actéon "1645-50 Domeninco Gargiulo (1609-1675, peintre italien, de l’époque baroque à Naples) ainsi que la Sainte Lucie en Martyr

" Esther et Assuérus "1635-40 de Bernardo Cavallino (1616-1656, peintre napolitain de l’époque baroque à Naples).

L'histoire d'Esther et Assuérus : Esther est une jeune et belle juive que le roi Assuérus choisit comme reine sans connaître sa religion.

 

" Sainte Lucie "d’Artemisia

 

" Saint Pierre conduit par un ange, visite sainte Agathe dans sa prison " 1635-40


Quelques extraits du catalogue de l’exposition.

L’œuvre d’Artemisia Gentileschi :

C’est une femme qui a su s’imposer comme artiste, à une époque ou la vie de la femme appartenait soit au père ou a son mari. Elle a peint des sujets religieux, de nus, ce qui est impensable à son époque.

Son œuvre est caractérisée par la maitrise des couleurs, des clairs-obscurs et une grande délicatesse dans l’exécution des détails.

Elle a peint des héroïnes bibliques, des femmes sauvant leur peuple, Judith, Cléopâtre, Bethsabée, Suzanne, Yaël et bien d’autres.

Artemisia Gentileschi, une des premières femmes artistes peintres en Italie, on retrouve dans son œuvre la passion, l’amour, la violence, sûrement suite à certains événements vécus par l’artiste.

Lire : Artemisia d’Alexandra Lapierre

Magnifique exposition a voir au Musée Maillol à Paris, jusqu’au 15 juillet 2012

 

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 15:12

 

Fantin-Latour nait à Grenoble en 1836, lithographe et peintre intimiste, réaliste.

1851, il arrive à Paris et rentre à l’école des arts décoratifs, il refuse la filière officielle. Il reçoit un enseignement complet (sculpteur, joaillier, orfèvre, dessin). Il va au Louvre, fait des copies, et  s’intéresse  à la  peinture hollandaise du XVII eme siècle. C’est un personnage ténébreux, il a une allure jeune, il est romantique c’est un dandy.


autoportrait fantin


Il rencontre de jeunes artistes tel qu’Alfonse Legros en 1858 qui lui fait son portrait, son grand ami Whistler l’américain peint aussi  son portrait en 1859, Félix Bracquemond l’avait fait en 1853, ils forment un cercle tous les trois, ils parcourent le milieu artistique parisien de l’époque, ils rencontrent Rodin, Dalou (sculpteur) et bien d’autres. C’est la fine fleur artistique des années 1870.

L’artiste peint son autoportrait en 1859, coiffure sophistiquée, chemise blanche travaillée. Présenté au salon de 1859 et refusé, il fut accepté en 1860 avec le " vase de fleurs "maitrise exceptionnelle, fraicheur des couleurs (on ressent les liens avec Manet). Les deux tableaux sont à l’exposition.

1863, Il est membre du cénacle des Batignolles (groupe de jeunes peintres, rassemblés autour de Manet avec qui il fraternise, il y a Renoir, Bazille ). C’est de se groupe que va surgir l’impressionnisme. Il sera considéré comme celui qui fait le maillon entre les romantiques et les modernes.

Fantin-Latour est choqué par le décès de Delacroix en août 1863, il décide de lui rendre hommage en septembre de la même année, le tableau sera exposé au salon de 1864. Il faut faire une sélection, quels sont les gens à mettre sur le tableau ? Au centre le portrait de Delacroix encadré, il est en arrière plan mais dominant. 4 personnages assis, 6 debouts, chacun ayant des liens artistiques, littéraires avec Delacroix.  

Les écrivains et critiques choisis : Baudelaire, Champfleury, Duranty

Bien sûr Baudelaire, Delacroix avait fait son portrait en 1860, Baudelaire est un inconditionnel de Delacroix, de Manet, Courbet. Il a écrit sur l’artiste  deux articles importants, en 1864, il écrit "il est le premier peintre entre les peintres et il transfert la tradition dans la modernité ".

Champfleury, son portrait a été peint par Courbet en 1855, il a été le conservateur du musée de Sèvres, et a écrit un livre " le violon de faïence " en référence au violon d’Ingres. Il a écrit de nombreux articles ainsi qu’un   manifeste du réalisme.

Duranty,   son portrait a été peint par Degas en 1879 (ami de Champfleury) critique littéraire assez provoquant, il était un des amis de George Sand. En 1876, il a écrit un manuscrit de la nouvelle peinture (sur les artistes impressionnistes).

Les artistes : Manet, Fantin-Latour, Whistler, Cordier, Legros, Bracquemond, de Balleroy.

Manet, son portrait a été peint par Legros en 1863 et par Fantin-Latour en 1867.  

Whistler, personnage étrange il a des fantasmes, il participe aux mouvements d’avant-garde.

Albert de Balleroy a fait un portrait d’un anonyme en 1760, il a peint plutôt des scènes de chasse ( il est assez lié avec Manet).

Bracquemond  est graveur et fut remarqué par un élève d’Ingres. Il est le plus grand de l’époque, il initie les impressionnistes à la gravure (il est un élément pivot) très proche de Fantin-Latour et Manet. Il a peint le portrait d’Alphonse Legros,  il expose au salon de 1857, et s’installe en Angleterre en 1863, il est professeur à Oxford , il à des liens aussi avec Dalou

Cordier, nous avons peu d’éléments, il était peintre également

Fantin-Latour rend hommage à beaucoup d’autres artistes à travers son œuvre, poètes, musiciens et peintres.

Après son hommage à Delacroix, c’est celui rendu à Velasquez en 1864 "le toast", hommage aux peintres réalistes en 1865, hommage à Baudelaire en 1867, quelques personnages entourent l’écrivain, "l’atelier des Batignolles" en 1870, hommage à Manet en 1872, "le coin de table", hommages aux poètes parnassiens 1872, Verlaine,et Rimbaud, un hommage à Berlioz "autour du piano" en 1885. Ses natures mortes sont exceptionnelles, il a le sens du réalisme. Il aime la peinture espagnole, l’Espagne est à la mode même chez les musiciens.

 Il est passionné de musique, notamment Berlioz, Wagner, Schumann, il cherche à transcrire la musique par des peintures fluides exécutées en longues touches. Un exemple avec "les trois filles du Rhin" datée de 1873, en hommage à Wagner.

1876, il épouse Victoria Dubourg, artiste peintre. Il passe ses étés dans la famille de Victoria en Basse-Normandie.

Il décède en 1904.

Cette exposition se situe dans l’appartement d’Eugène Delacroix, tout au long de la visite nous découvrons des objets décoratifs et quelques meubles ayant appartenus à l’artiste.

portrait de delacroix 1837 par fantin

Delacroix, 1837 par Fantin-Latour

Le premier thème :


Delacroix et les modernes !

La toile de Fantin-Latour la preuve d’une filiation entre Delacroix et les impressionnistes.


Une toile de Whistler "le bord de mer", une de  Balleroy "vue d’une plage normande".

La   palette et les pinceaux de Delacroix sont présentés , quelques lettres de Fantin-Latour envoyées à l’artiste, un album de pastels de Delacroix, étude de ciels et crépuscules de l’artiste.

Une toile de Fantin-Latour  représentant des chrysanthèmes dans un vase,

chrysanthèmes fantin

en parallèle avec un bouquet de fleurs de Delacroix.

bouquet de fleurs delacroix

Fantin-Latour " femme au narguilé " d’après les femmes d’Alger de Delacroix, 1854

D’autres lettres de Louis Cordier, Théophile Gauthier, Jean-Baptiste Vaillant

Un tableau "l’exposition des œuvres de Delacroix, aux galeries Martinet, boulevard des Italiens "

 d’ Albertini, huile sur toile de 1864.

Louis Martinet multipliait les expositions d’art moderne et ancien pendant les années 1859 à 1865, on pouvait y voir la musique aux tuileries de Manet, l’Ex-voto de Legros, le Marat assassiné de David, mais aussi Whistler, Fantin-Latour, Courbet et Delacroix

Une œuvre de Manet "Le barque de Dante", d’après Delacroix

Manet avait un grand intérêt pour l'artiste.

" L’atelier de la place Fürstenberg " de Bazille, daté de 1866

l'atelier de fantin par bazille


Fantin-Latour  et les siens :

La société des trois : Legros, Fantin-Latour, Whistler.


Amis depuis plus de 10 ans avec Legros, ils suivirent tous les deux l’école d’Horace Lecoq. Fantin-Latour rencontre Whistler au Louvre. Ils étaient inséparables tous les trois depuis 1859.

"Un autoportrait" de Fantin-Latour,

"Un portrait de Manet" par Albert de Balleroy

Des billets écrits par Legros, Manet, Castagnary

Whistler un "portrait de Fantin-Latour", crayon noir et crayon graphite, vers 1859, 

Un buste de Delacroix par Etex

Whistler "the music room"   Eau forte et pointe sèche, de 1859.

Félix Bracquemond "portrait de Legros" à l’eau-forte, 1861.


Quelques marches à descendre et nous poursuivons la visite de  l’exposition dans l’atelier de l’artiste, qui se situe dans un jardin.

Des œuvres entourent cet hommage

Paul Baudry "portrait de Balleroy", daté de 1859

Un "portrait de Bracquemond", dessin à l’encre de Manet

"Atelier aux Batignolles" par Fantin-Latour.

esquisse atelier aux batignolles fantin

"Lola de Valence" par Manet à l’eau forte en 1863.

lola de valence manet

Fantin-Latour, "portrait de Manet" daté de 1867   

portrait manet par fantin

"Combat de chevaux" par de Balleroy, daté de  1866 (tableau et esquisse sont présentés).


L’hommage au mort face au vivant.

Des lettres d’hommages à Fantin-Latour concernant la vente de Delacroix, à Madame Ruth Edwards.


Lettres de Fantin-Latour à Bracquemond et Champfleury concernant une invitation à diner.

Baudelaire écrit à Fantin-Latour au salon au sujet de l’accrochage Delacroix.

Duranty lui écrit pour son succès à Londres.

Fantin-Latour,  des études l’une pour un repos, une autre pour un hommage à Baudelaire au graphite et crayon.

Etude de redingote pour le portrait de Champfleury.

Présentation d’esquisses et  dessins préparatoires  permettent de voir l’évolution de la construction du tableau, la disposition des artistes et écrivains.

Le tableau final " hommage à Delacroix" :

Au centre un cadre avec le portrait de Delacroix, debout sur la gauche Whistler, Fantin-Latour, Alphonse Legros, Duranty et Louis Cordier, sur la partie droite Champfleury, Manet, Baudelaire, Bracquemond, de Balleroy.

l'hommage à delacroix fantin


Un portrait d’Antoine Vallon par Fantin-Latour

"Delacroix aux Champs Elysées en 1865" Fantin-Latour y est accueilli (le Paris des artistes) il s’agit d’un dessin.

delacroix aux champs fantin

La vérité, note manuscrite au crayon et graphite

Quelques billets dans une vitrine :

La fabrique de l’hommage, une invitation aux funérailles de Delacroix en 1863, des lettres de Louis Cordier, Dante Rossetti à propos de Legros et Whistler

Un autre buste de Delacroix par Etex.

En revenant dans les appartements pour terminer l’exposition visite de la chambre de l’artiste.

Présentation de l’immortalité esquisses au crayon et tableau final.

l'immortalité fantin

Maquette d’un monument à Delacroix, à la cire perdue par Dalou.

Le monument se trouve dans le jardin du Luxembourg à Paris.

De Fantin-Latour une lithographie représentant Hector Berlioz en 1903


D’un hommage   l’autre

L’hommage à Delacroix sera exposé au salon de 1864. Il ne reçut pas de récompense. Deux autres événements vont consacrer la gloire de Delacroix, la vente du contenu de son atelier et l’exposition rétrospective des ses œuvres.


Fantin-Latour mélomane

Quelques lithographies dédiées à Schumann, Berlioz datées de 1893. En 1903 ce sera à Rossini et de nouveau à Berlioz.

Une œuvre en hommage à Wagner.

Cézanne a rendu hommage à Delacroix avec "Apothéose de Delacroix " en 1890-94, référence absolue de Cézanne, une esquisse d’un empereur romain, en bas des gens prient Delacroix.


Très belle exposition qui permet de découvrir l’évolution de la construction de " l’hommage ". 

Fantin-Latour rend hommage à Delacroix, il s’est entouré d’artistes, gens de lettres proches de l’artiste, mais c’est l’hommage à une idée, Delacroix avait insufflé la modernité.

A ne pas manquer, jusqu’au 19 mars 2012 musée Delacroix, Paris 

 

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 14:27

Avril 1861, Cézanne arrive à Paris pour la première fois, il a 22 ans, grande joie pour Emile Zola son ami d’enfance, qui le poussait à venir. Pendant l’été 1861, Il travaille à l’Académie de Charles Suisse, c’est un atelier de peinture nommé " le sanctuaire de l’art du tapage ", situé quai des orfèvres, dans l’ile de la cité. Les artistes nécessiteux pouvaient dans ce lieu bénéficier de modèles pour de modiques sommes. De nombreux artistes y ont fait leurs débuts. Cézanne y rencontre les impressionnistes Pissarro, Guillaumin. Comme eux, il condamne les méthodes académiques.

Il se présente  à l’Ecole des beaux arts, il échoue (jugé tempérament trop excessif).

Mais l’artiste reste que quelques temps à Paris, il retourne dans son domaine familiale dès l’automne de la même année, inaugurant une série d’aller et retour entre la capitale et la Provence.

1862, il abandonne sa carrière juridique et décide de s’établir à Paris et de devenir peintre.

Il travaille au Louvre, rempli des carnets de croquis d’après les maitres anciens, il copie des tableaux.

Il rencontre Zola régulièrement, qui lui, est devenu ami avec Manet, Zola lui présente  plusieurs artistes impressionnistes, tel que : Renoir, Sisley, Monet, Bazille.

A partir de 1863, il présente des tableaux au Salon officiel de Paris, mais toujours refusé.

En 1869, il rencontre Hortense Fiquet, elle est modèle, ils auront un fils en 1872, il l’épousera en 1886.

Après la Commune (mars à mai 1871), il rejoint Pissarro à Pontoise, il accompagne Guillaumin à Issy les Moulineaux.

1872, il s’installe à Auvers sur Oise, il est près de son ami Pissarro qui y réside, il travaille dans la maison du docteur Gachet, Cézanne et Pissarro travaillent ensemble. Cézanne a toujours travaillé en atelier, il décide d’aller peindre sur le motif. L’artiste va travailler à la manière impressionniste, sa palette était sombre avec des fonds noirs et s’exprimait dans une pâte épaisse, c’est alors qu’il travaille sa palette, elle devient plus claire, il travaille aussi à la décomposition de la couleur par tons comme le font les impressionnistes. Leurs sujets sont identiques, des paysages, des villages, ils vont partager le souci de rendre la nature plus exacte, mais Cézanne veut une composition spatiale plus construite.

1874, Il présente quelques œuvres aux expositions impressionnistes, mais sans beaucoup de succès. Son ami d’enfance Emile Zola le défend auprès des critiques.

Il fera de l’impressionnisme un art solide et durable comme l’art des musées.

1879 à 1880, il s’écarte du groupe impressionniste, et part s’isoler un an à Melun, il peint le Pont de Maincy. L’artiste avait une obsession, trouver des volumes, on voit s’affirmer cette tendance dans cette œuvre.

1882, Il repart en Provence.

1886, il se brouille avec son ami Zola. Entre 1888 et 1894, il revient 8 fois en région parisienne, ou il peut méditer, pinceau à la main dans le silence et la solitude à Chantilly, puis sur les bords de la Marne ou vers Fontainebleau et Bourron-Marlotte. L’eau de la rivière, les lisières des forêts, les clochers de villages lui permettent de bonnes études en présence de la nature, au même titre qu’en Provence.

Il décède en 1906.

L’exposition présente environ 80 œuvres avec différents thèmes de sa période parisienne, tel que les vues de Paris, les paysages d’Ile de France, les nus, les natures mortes, des portraits.


Peindre Paris

Paris entité culturelle, c’est une raison d’être picturale, le lieu où il faut se montrer, rencontrer beaucoup de monde. Mais l’artiste va aussi s’expérimenter. Quelques exemples sont présentés :

Son autoportrait daté de 1873-74

La rue des saules Montmartre en 1869

cézanne Paris rue des saules

La halle au vin en 1872

Les toits de Paris 1881-82, œuvre bien structurée, entourée par deux églises, les toits occupe une grande partie de la toile.

cézanne paris les toits de paris

La Seine à Bercy 1876-78

Quai de Bercy à Paris, de Guillaumin


Cézanne – Zola

Zola suit sa mère à Paris en 1859. Il va avoir une correspondance suivie avec Cézanne. Emile Zola s’ennuie loin de son ami et le presse de venir le rejoindre.

  Vue de Bonnières 1886

Le pain et les œufs 1865

Ebauche d’un portrait d’Emile Zola, à la demande de celui-ci en 1862-64, ceci pour retenir le peintre à Paris.

cézanne et paris portrait de zola

La pendule noire 1869-70, Pendule en laque noire dans la maison de Zola.

cezanne paris la pendule noire

La lecture de Paul Alexis chez Zola 69-70, il fait parti du groupe des six, à l’origine des soirées de Medan)

Le nègre Scipion 1867, la représentation du corps et de l’homme prend une place particulière dans l’œuvre de l’artiste dans les années 1862 à 1880. Dans ce tableau c’est l’expression de la condition humaine.    

 

 

Les Maitres anciens :

Cézanne fait des croquis d’après les œuvres du Louvre, il veut nourrir son regard des chefs-d’œuvre pour garder la main en copiant un motif, il est attiré par l’attitude des baigneurs.

" Le Louvre, est le livre ou nous apprenons à lire"   écrit’ il à Emile Bernard.

Il s’intéresse à Rubens, Signorelli, Delacroix ce sont les peintres du mouvement et de la couleur.

Bethsabée d’après Rembrandt 1871-74

cezanne paris, Betsabé

Apothéose de Delacroix 1890-94

Présentation de nombreux dessins

Bellare d’après Rubens,

étude de jambes Signorelli

Copies à l’huile de Bethsabée, de Dante et Virgile de Delacroix.

Milan de Crotone d’après Puget et l’amour en plâtre au crayon

Homme nu, vu de profil au fusain

Portrait de Delacroix au crayon

Olympia à la mine de plomb, aquarelle et lavis 1877.


Auvers, Pontoise, Melun

Rome c’est aussi Tivoli, Paris c’est aussi la foret de Fontainebleau, les bords de Seine, l’Oise ou la Marne, surtout que le chemin de fer en 1860 facilite les déplacements en région parisienne.

Présentation d’une nature morte au médaillon de Philippe Solari 1872, Philippe Solari était un sculpteur provençal, ami de Zola, ils organisaient des causeries artistiques avec Cézanne.

Il rencontre le docteur Gachet grâce à Pissarro, amateur d’art, collectionneur et graveur.

Une vue panoramique d’Auvers en 1873-74

Le quartier du four Auvers vers 1873

La Maison du pendu, 1873

Le pont de Maincy 1880

cezanne le pont de maincy

L’Hermitage à Pontoise 1881

Paysage des bords de l’Oise 1873-74


La tentation de Paris

Manet inaugure une forme de modernité en peignant l’Olympia, la femme de Paris se voit exposée à ses risques et périls sens les alibis de la mythologie ou de l’histoire. La tentation de Saint Antoine devient la tentation d’une femme académique dont il faut récuser la beauté trop vénusienne.

Le déjeuner sur l’herbe en 1875

Femme nue, Léda 1881-90

Femme au miroir 1866-67

Une moderne Olympia 73-74

Une préparation du banquet en 1888-1890

L’éternel féminin "le veau d’or " 1877, il rend la femme vulgaire.

Nature morte 1888-90

La lutte d’amour 1880

3 baigneuses 1879-82

cezanne paris, les trois baigneuses

La tentation de Saint Antoine, 1877

Madame Cézanne au fauteuil jaune 1888-90

Portrait de Victor Choquet assis 1877 (‘ils apprécient tous les deux Delacroix), il est représenté dans son appartement style XVIII eme , rue de Rivoli. Ci-dessous.

portrait de victor choquet

Portrait d’Ambroise Vollard 1899

Portrait d’Alfred Haige 1894 (peintre norvégien)

Portrait d’Ambroise Vollard au chat, par Pierre Bonnard

Madame Cézanne cousant 1877-1904

Madame Cézanne à la jupe rayée 1877

Les plats de pommes 1877

Poterie, tasses et pomme sur une nappe blanche 1877

Boite à lait et citron 1877.


Les voies du silence

Sous-bois aux grands troncs (Fontainebleau) 1892-94

La route tournante 1904

Bords d’une rivière 1904-05

Paysage d’hiver à Giverny 1894

cezanne pars paysage d'hiver ginerny

Le moulin brulé de Charenton à Maisons Alfort 1894

Bord de la Marne, l’ile Mâchefers à Saint Maur des Fossés 1894

Rochers à Fontainebleau 1893

Garçon couché 1890.


Entre 1888 et 1894, Cézanne revient 8 fois en région parisienne, il peut méditer, pinceau à la main dans le silence et la solitude à Chantilly, puis sur les bords de la Marne ou vers Fontainebleau et Bourron-Marlotte. L’eau de la rivière, les lisières des forêts, les clochers de villages lui permettent de bonnes études en présence de la nature, au même titre qu’en Provence .

Cette exposition nous emmène dans l’univers parisien de Cézanne, proche de Zola et de ses amis impressionnistes, à la découverte d’un nouveau style, de nouveaux lieux. A ne pas manquer.

Exposition à visiter au musée du Luxembourg jusqu’au 26 février 2012

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