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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 10:59

L’histoire d’Aix en Provence commence il y a 2000 ans, Entremont, capitale politique de la Confédération des Celto ligures, était une cité ouverte aux échanges.

Elle possédait une civilisation avancée dont témoignent les fouilles archéologiques et la statuaire exposée au Musée Granet.
En 122 av. J.C, les romains abandonnent le plateau d'Entremont au profit d'un site où jaillissent des sources: Aquae Sextiae (Les Eaux de Sextius) est née. Devenue colonie romaine, la ville est une étape entre l'Italie et l'Espagne et connaît un développement urbain et thermal important.

Avec la diffusion du christianisme, une page se tourne. Evêché dès le début du Veme siècle, puis siège de l'archevêché de la province ecclésiastique, Aix s'affirme aussi comme capitale.

En 1182, elle devient résidence des Comtes de Provence.

La ville se développe autour de trois pôles: le palais comtal, la cathédrale Saint-Sauveur et de nouveaux quartiers artisanaux et marchands.

Elle déborde de ses anciens remparts avec l'installation de nombreux couvents dont le plus célèbre est celui des Hospitaliers de Saint Jean de Malte, future sépulture des Comtes.

De cette époque, la ville a gardé son enceinte circulaire, se déroulant à partir du vieux Bourg Saint Sauveur.

En 1409, Louis II d'Anjou fonde l'Université. Sous le règne de son fils, René (1409-1480), Aix se dote d'une administration efficace et devient un foyer de création artistique. Cet âge doré a sans doute contribué à la légende de la Reine Jeanne et du "bon Roi René", dont la statue est toujours présente en haut du Cours Mirabeau.

Un an après sa mort, la Provence est rattachée au Royaume de France en 1486, le gouverneur y réside. Etablissement du Parlement de Provence, en 1501 par Louis XII, cela jusqu’à la Révolution.

L'espace architectural s'amplifie. Aristocrates, conseillers, magistrats et notables quittent leurs demeures de la ville médiévale pour s'installer dans le nouveau quartier Mazarin, créé par le frère du Cardinal, à partir de 1646.

En 1650, le Parlement ouvre un cours à carrosses à l'emplacement des remparts abattus. Il deviendra au XIX eme siècle le Cours Mirabeau, du nom de "l'idole de la Provence", parlementaire du Tiers Etat en 1789.

 Dès le XVII eme siècle, de nombreuses constructions,demeures bourgeoises, fontaines,hôtels particuliers, les façades sont richement décorées, les portails monumentaux, ces hôtels affichent la réussite de leurs propriétaires. Dans leurs salons se retrouvent hommes de lettres, savants et artistes.

Les fondations religieuses sont nombreuses, enseignantes et hospitalières pour la plupart.

De grands noms de la littérature ou de la peinture étaient inspirés par cette ville d’art et de culture, Mistral, Stendhal, Zola, Cézanne.

Tous les étés se  tient le festival international d’art lyrique et de musique.

 

Le jas de Bouffan, maison familiale de Cézanne

Promenade matinale dans la douceur estivale  pour arriver à la Bastide du jas de Bouffan, un peu excentrée de la ville (jas veut dire bergerie en provençal).

Nous passons un portail et surgit une magnifique allée de platanes, au bout de celle-ci nous apercevons la bastide de style provençal construite en 1730 par l’architecte de renom Monsieur Truphème.

Cette bâtisse de deux étages possède sous son toit une génoise de 4 rangées (signe extérieur de richesse à cette époque) et comme il se doit au XVIII eme siècle des têtes de personnages pour orner la façade.

Elle fut achetée en 1859 par le père de Cézanne banquier. Cézanne a 20 ans, il y passera une grande partie de sa vie, il y a vécu et travaillé pendant quarante ans sous la coupe de son père autoritaire qui aurait souhaité que son fils unique devienne aussi banquier.

A partir de 1860, 1861 Cézanne va peindre à même les murs des thèmes classiques, mythologiques ou religieux, il décore le grand salon de fresques murales,il se situe au rez-de-chaussée, nous le visitons et pour nous montrer la décoration de l’époque nous avons un diaporama qui nous replace les toiles à l’identique.

Les quatre saisons présentées en 4 toiles, 2 paysages romantiques, ainsi que "la partie de cache-cache 1862-1864", "le portrait de Monsieur Cézanne père 1865", "Achille Emperaire 1867-1868", "le baigneur au rocher 1867-1869", "la douleur (Marie-Madeleine) 1869",  le Christ aux limbes et contraste en 1870.

 

Au fil de notre visite, nous allons dans le parc , nous nous positionnons devant le bassin, c’est à cet endroit que Cézanne se plaçait pour ébaucher certaines de ses œuvres, il ne faut pas oublier qu’il commença à peindre en extérieur en 1868.  " Le bassin du Jas de Bouffan en 1875 ", " le bassin du jas en hiver l’arbre dénudé au premier plan est un marronnier 1878 , nous poursuivons notre promenade, le  parc est immense nous y trouvons les marronniers, il y peint "La maison au toit rouge 1889 "," les marronniers en 1885",une " la Sainte Victoire vue du parc 1885-1886" et "maison et femme 1887 " tableau précubisme.

Autour du bassin des dauphins et deux lions rejettent de l’eau dont l’un apparaît dans le tableau " le bassin avec le lion 1889 ", on y voit quelques fontaines du XVIII eme siècle.

 

                                                          

Il se fera aménager un atelier sous les toits vers 1885. Cet atelier lui servait de laboratoire, il y faisait ses recherches.

Sa palette s’est éclaircie, la couleur noire de ses débuts disparaît de ses toiles on travaille sur une palette de tons complémentaires ; des tons froids les verts les bleus et on rehausse avec quelques notes d'un ton rouge coquelicot et des tons ocres. Sur certains tableaux on retrouve une bimetrie de vert et ocre, apport ensuite du rouge et du bleu.

La palette chromatique (impressionniste) il n’y a pas de perspective, pas de lien poétique, donc innovation la composition se fait à partir de la couleur

Les formes géométriques apparaissent depuis 1880 jusqu’à 1897.

De 1866 à 1895, Cézanne peint trente-six huiles, quinze dessins et dix-sept aquarelles représentant la bastide, la ferme, les bosquets, l'allée de marronniers, le bassin, les statues


 

Certains thèmes sont exécutés en intérieur tel que " les joueurs de cartes 1890 " prenant ses modèles parmi les métayers de la propriété, " Madame Cézanne dans la serre 1891 ",serre qui existe encore et bien sur le thème " des baigneuses 1890 ".

La vente de cette bastide eue lieue en 1899 peu d’années avant le décès de Cézanne. C’est la famille Truphème qui la racheta, et les compositions murales du salon  furent achetées par Louis Granel, ingénieur, qui fit faire le transfert sur toile et ensuite elles furent vendues aux enchères, achetées par des particuliers, beaucoup partirent au Japon.

 

Les bâtiments de ferme qui juxtaposent la bastide furent achetés par les Corsy dont l’un se mariera avec la fille de Louis Granel, ils garderont les bâtiments.

Cette visite permet de rentrer dans l’intimité de Cézanne, l’atmosphère y est particulière, les odeurs d’une maison fermée, endommagée ce qui fait que nous visitons peu de pièces, mais pendant la promenade on imagine très bien le maitre, dans le parc, autour du bassin, endroit ou il se positionnait pour peindre.
Il y règne une certaine quiétude loin des bruits de la ville.

 

Les autres lieux de Cézanne


                                                          

L’atelier des Lauves

 

C’est une cabane sur un terrain de 7000 m2 achetée en 1902 que Cézanne fait refaire complètement à son idée, cet atelier est de 49m2.

Il est l’architecte de l’endroit, les murs gris bleus et un parquet de couleur neutre pour faire ressortir les couleurs de ses toiles. Il a une double exposition à la nord lumière naturelle, au sud vue sur les toits d’Aix.

 

On y trouve un certain nombre d’objets peints sur ses natures mortes:

Des verres, la coupe de fruit, le pot à olives, le pot à gingembre, la bouteille, le rosaire, les crânes, la cafetière le cupidon en plâtre aux formes rebondies à la manière des Putto italiens de Duquesnois (celui qui réalisa le manequenpis).

 

Des pommes de différentes couleurs, c’est dans cet atelier qu’il réalisa presque toutes ses natures mortes. Admirateur de Chardin, il peignit ses premières natures mortes dans son style et ensuite il peindra par touches de peintures.

 

Mais il disait "rien ne vaut la peinture en extérieur", dans cet atelier il dominait la Sainte Victoire, il fera ses 11 dernières toiles de la montagne à cet endroit.

Il disait de son atelier "c’est un triangle parfait".

 

De nombreux  objets personnels sont présents dans les différents tiroirs de sa commode.

Trois tableaux connus sous le titre de "Grandes Baigneuses" ont préoccupés Cézanne dans les dernières années de sa vie au point que l’Atelier des Lauves a été conçu en fonction d’elles : Cézanne voulait retrouver une monumentalité, tant dans les formats des tableaux que dans la forme des figures réunies. Le tableau est empâté et traduit un travail de plusieurs années, la toile a manifestement changé de dimensions. Les corps sont épais, auréolés d’un bleu nocturne qui donne à la toile sa tonalité. Une toile superbe et puissante, orchestrant des bleus denses, des ocres lumineux, des roux éclatants. Il n’est ici question que de peinture, sans mythologie, sans histoire, sans anecdote.

 

Un immense chevalet utile pour " Les grandes baigneuses" il avait fait faire une fente dans le mur pour pouvoir sortir sa toile dans l’immense terrain pour le contrôle des couleurs, sur le chevalet il reste des traces de cette peinture bleue utilisée pour ce tableau. L’immense échelle que nous pouvons voir à coté, indispensable pour les grands formats. 

Un magnifique paravent peint de motifs du XVIII eme siècle, représentant des frises de fleurs, des grotesques (motif par excellence de l’époque). 

Des livres reliés cuirs incrustés sur le dos en lettres or. 
 

Beaucoup d’émotions dans cet atelier, présentation d'objets plus intimes, la palette du maître, des tubes de peinture moitiés vides, ses vêtements, parapluie, sa gibecière.

Son acte de décès.

 Il eut cet atelier de 1902 à 1906, c’est le lieu de création d’un art nouveau dont Cézanne se dit être le primitif. Il y reçut Emile Bernard jeune peintre en 1904. Il décède en 1906.

 

 Les carrières de Bibémus.
Situées entre Aix en Provence et Vauvenargues, ces carrières d'ocre ont longtemps fournies la pierre dorée à de nombreux monuments et hôtels particuliers d'Aix en Provence. Cézanne y loue un cabanon à partir de novembre 1895 pour y peindre sur le motif.

 

 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 11:57
Fin XIX eme début XX eme période de « la belle époque »,

Mais dans cette belle époque nous avons la dette à la Prusse qu’il faut payer, beaucoup de mouvements sociaux, les femmes revendiquent, 1905 séparation de l’église et de l’état, il y a l’affaire Dreyfus. Mais tout le monde va dans les cabarets.

1870, Montmartre devient l’endroit du monde le plus célèbre, car Paris y a installé ses plaisirs, mais aussi se passent de nombreux crimes. Nous sommes au lendemain de la commune, Paris décide et veut faire la fête, des bistrots sont ouverts, des bals, des revues, des bordels, des cabarets, l’alcool coule à flots. Une société se forme avec ses rites, ses usages, son langage. Elle mêle les artistes, bohèmes, voyous, les danseuses, les bourgeois qui se retrouvent dans le même espace de rêve, mais aussi de violence…. Naissance du moulin de la galette, le chat noir.

 En art c’est la période du symbolisme, de l’art nouveau, de 1870 à la première guerre mondiale, Montmartre est la terre d’élection des avant-gardes artistiques, probablement due à son atmosphère très particulière. De nombreux artistes s’y installent, peintres, musiciens, écrivains, ils se rencontrent dans les cafés. Toulouse Lautrec peint les bordels et les filles de joies de la rue Breda ou il se rend régulièrement, les galeristes ouvrent aussi à Montmartre, lieux de rencontres, d’expositions et de ventes. De Picasso à Modigliani, Juan Gris, Van Dongen, Vlaminck, Pascin, les peintres de toute l’Europe se pressent pour venir sur les traces des impressionnistes, des divisionnistes et des nabis, attirés par une promesse d’une plus grande liberté. A tous les artistes qui rejetent l’académisme des beaux-arts, aux exclus des circuits de vente et d’expositions habituels, Montmartre offre cette alternative, les perspectives de travail sont moins fermées qu’ailleurs et les sujets d’inspiration ne manquent pas et se rapprochent de la réalité moderne. La vie n’y est pas chère, c’est la naissance d’un espace de liberté.
Le village fut rattaché à Paris en 1860, à l’origine habité par des ouvriers, des cousettes, des truands, les ouvriers pour la plupart travaillaient sur les grands chantiers d’urbanisme du second empire. Les immeubles Haussmanniens réservent leurs derniers étages aux ateliers d’artistes, Manet s’installe dans l’un d’eux et devient le pilier d’un petit cénacle, Degas, Bazille, Fantin-Latour, Nadar, Zola, des critiques Astuc et Duranty, Pissarro.
Chaque vendredi ils se réunissent au café Guerbois, avenue de Clichy, après la guerre des communes, dans le quartier de la nouvelle Athènes. On y débat sur la peinture en plein air, du rendu de la lumière et de la mode des estampes japonaises, on y lance des revues, journaux sur l’art entre autre, mais aussi on y parle politique au cabaret du « rat mort » qui rassemble surtout journalistes, dessinateurs, satiriques, on y expose même. Certains tenanciers de cabaret y achète des tableaux pour les exposer dans leur établissement ceux de Manet, Monet, Pissarro. Des sociétés anonymes créées par des artistes pour organiser leurs propres expositions, tel Renoir en 1874 qui vivait en bas de la Butte, des œuvres sont présentées dans l’atelier du photographe Nadar.
 Dès 1880, tout évolue, le quartier devient plus festif et fripon, plus pittoresque. Cabarets, cafés-concerts, artistes et intellectuels en font leur lieu d’élection, Ils sont tous fascinés par ce Montmartre animé par ces bals populaires, ses saltimbanques de la bohème, le monde canaille des cabarets, des maisons closes bourgeois en goguette, mais c’est aussi le Montmartre de la misère et de la contestation sociale, mais aussi le Montmartre poétique, avec ses bidonvilles champêtres, ses jardins cachés, ses ruelles en lacet. Tout cela fait rupture avec la tradition, de nouveaux sujets pris dans la vie réelle. Les revues sont nombreuses, les tavernes telles que le « chat noir ». C’est la bohème fêtarde, on y retrouve, Alphonse Allais, Emile Goudeau, Caran d’Ache, Verlaine, Debussy ou Zola.
Ce sont les débuts de Bruant. Toulouse-Lautrec réalise un certain nombre d’affiches pour tous ces cabarets. Il existe aussi « le divan japonais », » le Moulin rouge » lancé en 1889, La Goulue, Jane Avril, danseuse cultivée et muse de Lautrec, maitresse d’Alphonse Allais et amie de Mallarmé, de Valentin le désossé au Père la pudeur, Yvette Guibert tous représentés par Toulouse-Lautrec.
1889 une affiche est crée pour le Moulin rouge par Jules Chéret, il représente sur l’affiche la joie de vivre. Il faut faire la publicité des revues et de ses artistes, les affiches vont être placardées partout dans Paris, elles doivent être animées.
1891 Lautrec en fait une, il se focalise sur la Goulue et Valentin le désossé, c’est la première affiche moderne. Il apprend un nouveau travail la typographie, les lettres sont en rouge, travail de perspective, l’influence est japonaise, on y voit des taches blanches et jaunes, des ombres chinoises, c’est le reflet asiatique du théâtre d’ombre, le personnage au premier plan sert de repoussoir, la Goulue lève la jambe et montre ses jupons.

 Le japonisme est à la mode, Lautrec aime se déguiser, il porte parfois des kimonos.
Il a réalisé une affiche « confetti » la femme représentée est inconnue, représentation des maisons closes.

Au Japon c’est la période EDO. Pour l’affiche « Cadieux » il s’inspire d’un acteur de kabuki.

 Les thèmes de ses affiches, une grande place pour les femmes.


 Une affiche pour le moulin rouge, on y voit Valentin dresser ses nouvelles danseuses, c’est une composition à 4 couleurs on y a rajouté le jaune nous sommes en 1891.

Ou pour, « la troupe de Melle Eglantine », Cléopâtre, Gazelle le nom des autres danseuses, cette troupe s’est produite à Londres, elles ont demandé des affiches ou elles dansent.



Jane Avril « jardin de Paris »qui est un café concert, le parquet donne une perspective. Pour cette affiche il s’est inspiré d’un tableau de Degas, le manche de la contrebasse, il faut savoir que Lautrec avait une passion pour Degas.

Pour le « divan japonais » Jane Avril est au premier plan, la chanteuse derrière sur la scène, c’est Yvette Guibert, les instruments de musique sont en raccourcis, Jane est assise à coté d’Edouard Dujardin, critique musical, mais regarde plutôt Jane, on voit la sensualité mise en scène ainsi que le chic de Jane. Une coupe de champagne est au premier plan, (le champagne à cette époque est à la mode). En comparaison le tableau de Degas ‘ les danseuses’ gros plan sur l’orchestre 1er parallèle avec l’affiche.


 Yvette Guilbert, toujours des gants noirs et longs, il représente le visage réaliste et pas à son avantage.


 May Milton artiste anglo-saxonne, toujours un vêtement blanc, la typographie animée, elle est l’amie de Jane Avril, Lautrec était fasciné par cette femme, il lui a offert une affiche en cadeau.

On a un tableau de Lautrec, avec des personnages dans un café, il est au centre avec son cousin, Jane Avril au fond de la salle, Une femme se recoiffe en public elle est vulgaire c’est la Goulue et son amie la môme fromage, une personne au visage verdâtre c’est May Milton, ce sont les femmes de la vie de Toulouse Lautrec. Le tableau se trouve aux USA. Sur ces affiches il y a quelques fois plusieurs tirages, un tirage avec texte, l’autre non, une petite remarque en bas peut apparaître sur certaine il peut y avoir un clown joue du banjo, ce tirage fut réalisé pour un menu. « La revue blanche » dirigée par les frères Natanson, c’est une revue d’avant-garde sur tous les arts, image de Misia son épouse, l’artiste est belle elle représente bien la revue. Sur l’affiche Lautrec la représente avec un manchon de la fourrure, elle fait du patin à glace.
Autre personnage important Aristide Bruant : Il incarne Montmartre, il est auteur compositeur, il sait se mettre en scène il porte toujours une écharpe rouge. Affiche pour l’hebdomadaire « le Mirliton » un personnage regarde l’affiche avec Aristide, il est aussi avec Lautrec, Aristide est montré au ¾, il a son écharpe, un chapeau, le visage narquois, sur le haut de l’affiche on voit marquer « Ambassadeur », il s’agit d’un théâtre vers les champs Elysées et opéra c’est à la mode. Le travail de l’affiche en aplat et le japonisme. Son image sur l’affiche est applaudie par tout le public. Pour son travail Lautrec utilise beaucoup la photo. Bruant passe à l’Eldorado on refait une affiche en changer la position de coté, on met trois bulles sous le nom Eldorado, cela aussi est du japonisme. Pour l’affiche « au Mirliton » Bruant est de dos, il part nous sommes en 1894.


La présentation de l’exposition est originale, on se croit dans un endroit plus ou moins en travaux, non plutôt dans les coulisses d’un théâtre ou d’un cabaret ou les artistes sont en répétition, car il y a un fond musical on y entend, les chansons de l’époque ,Offenbach. L’ambiance est créée nous pouvons commencer la visite par quelques dessins de Lautrec, les différentes affiches évoquées ci-dessus.
Pour terminer l’exposition des affiches en hommage au maitre par des graphistes contemporains venus de tous les coins de la planète, le salon des cent est recrée depuis 2001.
Exposition montrant la modernité de l’époque l’alliance de l’art, de l’industrie, du commerce. Excellent moment passé dans le Montmartre de "la belle époque".
Au musée des Arts décoratifs jusqu’en janvier 2010
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 16:57

Ballet en deux actes, de Frederick Ashton


Le rideau levé, nous sommes sur une place de village, une ferme, une église, le jour se lève, le coq chante entouré de poules. Lise et Colas sont amoureux, Lise déçue de ne pas voir Colas laisse un ruban, Colas le trouve et l’attache à son bâton, enfin les amoureux se retrouvent, Simone, mère de Lise surveille sa fille, elle les surprend et envoie Lise battre le beurre, Colas va se cacher dans le grenier. La fille de ferme veut jouer avec Lise mais elle a  la tête ailleurs, Simone s’en aperçoit, elle se fâche et soudain arrive Thomas un riche propriétaire  vinicole, accompagné de son fils Alain, sachant la raison de sa venue, Simone fait disparaître sa fille. Thomas vient demander la main de Lise pour son fils, lorsque celle-ci revient, Alain fait le maladroit et le timide, Lise amusée et choquée par ses bouffonneries  reste indifférente. Ils partent pour les moissons.

Après le travail aux champs, les moissonneurs entrainés par Colas effectuent une danse, Alain danse avec Lise, mais Colas intervient et Lise lui montre sa préférence, un des moissonneur joue de la flute, pour le plus grand plaisir de tous. Alain essaie d’en jouer, mais l’assemblée se moque de lui. Son père indigné vient le sortir d’affaire, Colas à donc le champ libre et triomphe avec Lise, tandis que Simone partage la joie des moissonneurs. Tout à coup, l'orage les interrompt, trempés ils se dispersent.

Le second acte, nous sommes à l’intérieur de la ferme, mère et fille mouillées, se mettent à filer, Simone  ferme  la porte à double tour pour que Lise ne parte pas, mais la fatigue et le sommeil la gagne, Lise a aperçu Colas derrière la grille, elle essaie de prendre la clé à Simone, mais elle se réveille et joue du tambourin pour faire danser Lise. Simone se rendort à nouveau, et là, par une fenêtre Lise se jette au cou  de Colas. Les moissonneurs viennent chercher leur paie et réveillent Simone en frappant à la porte. Simone ordonne à Lise de continuer son travail, qui elle rêve à une vie de couple, Colas sort de sa cachette, ils échangent leurs foulards, Simone s’en aperçoit. Tandis que Lise a poussé Colas dans sa chambre. Alain et Thomas, arrivent avec un notaire afin de remplir le contrat de mariage, celui-ci signé. Simone tend la clé de la chambre à Alain, surpris, il découvre Colas et Lise enlacés. Alain revient, les amoureux demandent pardon à Simone, tout s’arrange elle donne sa bénédiction aux amoureux.
Extraits du livret.

L’histoire de ce ballet serait assez classique, mais voilà le  rôle de Simone  interprété par un homme devient comique, vêtu d’une robe arrivant aux chevilles, un chignon, assez forte, ce soir là interprété par un artiste invité, Michael Denard

Lise, interprétée par la ravissante Mathilde Froustey, Colas par Emmanuel Thibault, un très beau couple.

Alain, Allister Madin, joue le rôle du fiancé maladroit, d’autres scènes amusantes.   

Le danseur à la flute romantique interprété par Michael Lafon

Ce ballet pantomime est plein de fraicheur, champêtre et drôle. Une excellente soirée.

Jusqu’au 15 juillet à l’opéra Garnier.

 

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 11:36

  

Vauvenargues petit village à 12 km d’Aix en Provence, versant nord de la sainte Victoire, le château légèrement en retrait du village, il est du XVII eme siècle, situé dans un paysage verdoyant.

A l’origine, Ce château lié à l’histoire de la région, il dépend des Comtes de Provence puis de l’église d’Aix. En 1257, le seigneur d’Agoult vend son bien à Vicedominis, archevêque d’Aix, il cède sa terre de Vauvenargues au roi René, 1409-1480. Tour à tour   cette demeure aura plusieurs propriétaires, à la révolution en 1790, le château est vendu par le troisième marquis de Vauvenargues à la famille des Isoard, famille modeste, pendant le 1er empire l’abbé Izoard se liera d’amitié avec Lucien Bonaparte. D’autres propriétaires suivront, le château a été dépouillé de ses meubles, c’est en 1958 que  Pablo Picasso en fit l’acquisition.

Son architecture, à la base carrée avec deux tours de chaque cotés, le décor austère, le style rustique.





Picasso fait son retour à la peinture, il a 80 ans veut s’isoler il a besoin de calme.

Il a un coup de foudre pour ce château visité en revenant d’une corrida. Il a un rêve, être dans la peinture de Cézanne son maitre absolu. En achetant ce château il sera à tout jamais dans les œuvres de son maitre, il dira « Cézanne a peint ces montagnes et maintenant j’en suis propriétaire »

Il installe de nombreux bronzes dans le parc, à l’intérieur il accroche les  œuvres de différents artistes anciens et modernes et fait venir ses livres.

La décoration intérieure sobre avec de grandes cheminées en gypseries.

Nous entrons dans un corridor ou se trouvent quelques bronzes du maitre.

Notre visite est orientée vers le  salon cardinal du XIX eme siècle, médaillon du roi René d’Anjou, une toile du cardinal Izoard, membre de la famille des anciens propriétaires. Le plafond est a caissons, les fauteuils autour e la table sont recouverts de cuir de Cordoue, dans un angle est situé un médaillais, il s’agit d’un classeur géant offert par Matisse.

Cette pièce se prolonge par un oratoire privé, ou dans une chasse sous l’autels se trouvent   les reliques de Saint Séverin, données par le Pape Pie VII au cardinal Isoard, les animaux représentant les quatre évangélistes, sont peints sur les pendentifs ou repose la petite coupole, un vitrail représentant Saint Michel terrassant le démon date de 1891

La salle des gardes, date du moyen âge, salle ou Picasso a été exposé lors de son décès, car il est décédé à Mougins, c’est Jacqueline Roque sa dernière épouse qui le fit revenir à Vauvenargues, le maitre n’avait rien prévu pour ses obsèques. Cette salle est toujours remplie de fleurs, hommage que rend la fille de Jacqueline Roque héritière de Vauvenargues.

Nous partons à l’extérieur admirer la sainte Victoire, Picasso disait:

« La sainte Victoire m’appartient », effectivement il est propriétaire du versant nord jusqu’à la croix de Provence, qui se situe au sommet, il en a fait une toile en référence à Cézanne.

Nous revenons dans la salle à manger, le lieu de vie, dans cette salle étaient exposés des tableaux de Matisse et de Vuillard, le buste de Dora Maar, une mandoline, le buffet Henri II acquit par Picasso, il en a peint une série de 9 toiles, avec les motifs présents sur le buffet, appelé aussi la négra, une grande table de ferme.

Nous poursuivons notre visite à l’étage, l’escalier y est sobre et très large, signe extérieur de richesse à l’époque de la construction du château, plus l’escalier était large plus les propriétaires étaient riches.

Picasso disait j’ai besoin de tristesse.

Nous pénétrons  dans la chambre du maitre, un tapis rouge foncé au sol devant le lit, Picasso en a fait le motif qui est noir (œuvre magnifique), le lit recouvert d’une couverture jaune, toujours les couleurs de Vauvenargues, le jaune, le rouge les couleurs de l’Espagne plus le vert pour l’environnement du château.

Salle d’eau, sur le mur derrière le lavabo, il a peint un faune dans la verdure (le faune est synonyme de bonheur, c’est pour montrer son bonheur avec Jacqueline), Jacqueline avait acheté une table et chaises de jardin pour mettre dans la salle de bain qui est grande, cela s’harmonise avec les couleurs du mur, car il fait savoir que l’artiste recevait parfois dans ce lieu.

L’atelier ou la grande salle d’apparat, Picasso avait choisit cette salle, la plus noble du château et la plus vaste, une immense cheminée domine, des fauteuils peints par le maitre, jaune, rouge, noir, ayant pour motif le symbole solaire. Il utilisait la peinture ripolin, il ajoutait du dissolvant pour la rendre plus fluide et avec une certaine brillance, à coté d’un chevalet un jeu de quilles offert par la fille de Chagall, les taches de peintures sont restées au sol, cela montre encore la présence du  maitre.

En sortant du château nous allons sur la tombe, il s’agit d’un grand massif arrondi recouvert de pelouse, il est enterré avec Jacqueline, au centre du massif une sculpture représentant la dame à l’offrande datant de 1933 (il s’agit de l’allégorie de la République espagnole) elle fut exposée à Paris.

Atmosphère particulière, le maitre est toujours présent, ce château reflète son caractère, une grande sobriété, l’austérité et  la puissance  des grandes bâtisses espagnoles.

On imagine les cris des enfants Claude et Paloma jouant dans le parc du château animant ce lieu de plénitude, les chiens se promenant en toute liberté (car le maitre en avait plusieurs), la vie sous le soleil de Provence y est douce.

Un film réalisé par Jacqueline Roque  projeté en fin de visite, intitulé scènes de vies à Vauvenargues, nous montre Claude et Paloma enfants, Picasso dans son atelier, les réunions de famille dans la salle à manger autour d’une grande table, tout simplement,  les moments de bonheur de la famille Picasso.

 

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 15:46
   Picasso-Cézanne 

Les liens qui unirent les deux artistes.

L'exposition  présente  4 thèmes : Picasso regarde Cézanne, Picasso collectionne Cézanne, Thèmes et formes partagées, Picasso se rapproche de Cézanne.

 Naissance de Picasso en 1881 à Malaga tandis que Cézanne a plus d’une génération, il a atteint sa maturité, il s’éloigne de Paris pour s’installer en Provence, sa palette est de dominance sombre ainsi que ses thèmes. Dans les années 1885-86 il sculpte ses toiles plus qu’il ne les peints avec son couteau à palette dans une fièvre d’empâtement et de couleurs dont l’application sur la toile en reliefs peut apparaître comme l’annonce du cubisme.

Picasso se libère dans un autoportrait comme Yo Picasso en 1901 dans un éclatement de couleur et de matière virilement travaillée. Un substrat romantique ou post-romantique, voire symbolique pour  Picasso. 
  Yo Picasso

 Picasso regarde Cézanne, la fougue et les passions se conjuguent aux caractères des deux hommes. Ils sont méditerranéens tous les deux.
Une même dominante dès 1867, les tons de bleus. Les corps se simplifient, ils sont disproportionnés, ils s’étirent, la perspective est exprimée différemment. L’expressionnisme s’impose avec une avance pour Cézanne. Un exemple avec « le festin » de Cézanne et dès 1901 « évocation » de Picasso.








                     
                            
Le festin Cézanne
                                                                                                                  Evocation Picasso

Cézanne considère que sans tempérament on n’est pas un véritable artiste.
 Picasso arrive à Paris en 1900, il entre en contact avec l’œuvre de Cézanne, il fait une approche progressive.
 Dès 1901, il peint une nature morte « la desserte ». Il a pu voir des œuvres de Cézanne dans les expositions en 1905-1906, il peut aussi les étudier chez ses amis les Stein, ils possèdent une très belle collection constituée avec Vollard marchand d’art. Picasso fréquente aussi les marchands.
Mais à la fin de sa période rose, il se tourne vers Gauguin en 1906. Le primitivisme est une manière de renouveler sa vision influencé par l’art nègre.

  Première salle une citation de Cézanne :

« Je suis peut-être venu trop tôt, j’étais le peintre de votre génération plus que de la mienne » Cézanne à un jeune artiste.

 une nature morte, portraits,nus, le primitivisme la touche stimulante.
 Comparaison des deux artistes. Portrait de Gustave Geffroy par Cézanne, femme à la mandoline de Picasso. 
 
                                                 

gustave geoffroy Cézanne     



                                                                   





                                                                                             femme à la mandoline de Picasso

Quelques œuvres exposées : « fruits, serviette et boite à lait » de Cézanne, « la desserte » de Picasso, autoportraits des deux hommes, de nus, »académie d’homme nu » Cézanne, « nu assis « Picasso, Académie d’homme Cézanne, homme drapé d’une tunique Picasso, portrait de Mme Cézanne et de Fernande Olivier pour Picasso George Braque (ami de Picasso pendant la période cubiste),
Quelques tableaux en reliefs, la peinture devient sculpture.

Picasso collectionne Cézanne Il dira « qu’est-ce que, au fond, un peintre ? C’est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu’il aime chez les autres »

Ce sont des achats, des échanges, Picasso commence tôt sa collection.

 Il possède quelques Cézanne, "le château noir", "les cinq baigneuses", "la mer à l’Estaque", aquarelle, des lettres autographes, livres, aussi Braque, Derain, Matisse.
 En regardant les Cézanne et les Matisse il disait qu’est ce qu’on peut faire de mieux.

 Une préférence pour "le château noir," quil trouvait le plus merveilleux de tous, domaine ou Cézanne allait peindre, d’où il pouvait admirer la sainte-Victoire, ce château est en pierre ocre. Il se situe près d’Aix.


 La lumière ultime monte et s’embrase. Picasso l’acheta en 1936 à Ambroise Vollard.

"La mer à l’Estaque", Dominée par la cheminée d’usine s’élevant entre les arbres, cadrage particulièrement heureux, cette vue du village de pécheurs proche de Marseille, lieu qui avait souvent accueilli Cézanne, le bleu de la mer Méditerranée que Picasso aimait tant. Acquit en 1950 en échange d’un de ses tableaux.







"Les cinq baigneuses", Picasso avait repris ce thème dans les demoiselles d’Avignon, il a acquit ce tableau en 1957.




Un paysage une aquarelle, « la cathédrale d’Aix de Cézanne, elle est géométrisée annonçant le cubisme, offre un panorama aixois vu du dernier atelier du maitre, sur le chemin des Lauves.
Lorsqu’il montrait ses œuvres car il avait à cœur de les monter, il avait une manière de les examiner, de les commenter, d’insister sur leur magnificence, une émotion où transparaissait sa passion. Lorsque le grand photographe David Douglas Duncan vint en 1959 à Vauvenargues, Picasso lui confiait « je vais vous montrer mes amis à moi », instants immortalisés par l’objectif.

Thèmes et formes partagées : Points communs les séries. Le thème de la nature morte est devenu majeur dans l’art moderne, pourtant considéré comme art mineur dans l’histoire de la peinture. Cézanne en fera un certain nombre ainsi que Picasso des exemples : la série des pommes, lorsque l’on observe bien, on voit qu’il a peint merveilleusement le poids de l’espace et la forme circulaire, la forme elle-même est un volume creux, sur lequel la pression extérieure est telle qu’elle produit l’apparence d’une pomme. C’est la poussée rythmique de l’espace sur cette forme qui compte.





Cézanne                                                                                                               Picasso

"Les grandes baigneuses de Cézanne", brutalité picturale, à la limite de la sauvagerie, il a rénové la peinture moderne, il a peint ces nus et visages avec férocité.
Picasso et ses amis apprécient cette leçon de liberté picturale. "Femmes assises dans un fauteuil",
Cézanne représente son épouse, Florence Fiquet.
Ce type de thème se développe chez l’un comme chez l’autre par les variations de femmes aux mains croisées ; femmes cousant. L’homme accoudé qu’il soit chez Cézanne, fumeur, joueur de cartes ou paysan au repos, frappa Picasso à son retour à un certain naturalisme entre 1914 et 1916, période de remise en question de sa peinture. Il fera un rapprochement entre le jeune homme à la tête de mort de Cézanne et l’homme accoudé du peintre et son modèle, peint à Avignon en 1914. Les arlequins, figures enfantines continueront ces séries
Présentation de dessins Le retour du naturalisme, Picasso autoportrait  :

« Je ne fais jamais un tableau comme une œuvre d’art, c’est toujours une recherche, je cherche constamment, et il y a un enchainement logique dans toute cette recherche Picasso »

Une salle de l'exposition est réservée à une série de tableaux inachevés.
 
Picasso se rapproche de Cézanne : Lorsque Picasso abordant la période rose après le pessimisme de ses premières toiles, abandonnant le thème d’une misère plus ou moins factice, pour traiter la vie à travers les arlequins, acrobates, saltimbanques. Certaines œuvres de Cézanne peuvent annoncer Picasso.
L’arlequin de Cézanne, le jeune homme aux bras écartés se retrouve dans une figure d’acrobate. Mais c’est avec les demoiselles d’Avignon que l’importance de Cézanne est déterminante mais plus encore par l’expression picturale à la fois sauvage et construite, savante et primitive de l’un et l’autre. Picasso s’exerce à un genre
Cézanien qui ne lui sera jamais vraiment familier, à savoir le paysage. Il reste à Picasso les natures mortes propre à Cézanne dont il est le maitre incontesté, dans un jeu de réduction, de fragmentation, de structuration qui aboutira vers le cubisme.

« quand on regarde les pommes de Cézanne, on voit qu’il a peint merveilleusement le poids de l’espace sur cette forme circulaire »
Picasso

"Bethsabée", "les baigneuses", "les pommes", "compotier de porcelaine blanche", "les vanités" (natures mortes). Portrait de dona Maria de Picasso, les enfants.
« Je pensais à Cézanne, et à la démarche de l’arlequin de mardi gras » Picasso

 Présentation de l’arlequin de Cézanne, femme assise dans un fauteuil en hommage à Cézanne.


 






l'arlequin Cézanne                     
                                                            femme assise dans un fauteuil  Picasso

Picasso en revenant d’une corrida, visitera le château de Vauvenargues avant de se l’approprié. « Picasso dira j’ai acheté la Sainte Victoire de Cézanne» à Kahnweiler, il lui demanda laquelle, il répondra la vraie.
En achetant le château de Vauvenargues il est également propriétaire d’une partie de la Sainte Victoire et ainsi il rentre dans l’œuvre de Cézanne à tout jamais.
Les œuvres peintes à Vauvenargues sont exposées, tel que "le buffet Henri II", qui se situe dans le château, "l’enfance à Vauvenargues", des "natures mortes ","la mandoline de Vauvenargues " dont Picasso dira c’est une nature morte espagnole. Il peindra beaucoup le village de Vauvenargues, sa palette est différente, le vert foncé représente la végétation autour du château, le jaune et le rouge les couleurs de l’Espagne.



Il a illustré ‘le chef d’œuvre inconnu’ de Balzac en 1960, eaux fortes. On reconnaît dans un coin une silhouette il s’agit de Cézanne et cela à différents moments de sa vie.
" Le peintre et son modèle", "Jacqueline de Vauvenargues", il s’agit de Jacqueline Roques qu’il a rencontrée en 1954 et épousée en 61.
« Ce qui nous intéresse, c’est l’inquiétude de Cézanne, c’est l’enseignement de Cézanne, ce sont les tourments de Van Gogh, c'est-à-dire le drame de l’homme, le reste est faux » Picasso

« Passer des pommes de Cézanne au toréador de Picasso, je me suis demandé si c’était changer forcement d’histoire, à moins que les deux, par la suite ne deviennent complémentaires ». René Char

Extraits du catalogue de l'exposition

Exposition Cézanne Picasso  au musée Granet Aix-en-Provence, jusqu'au 27 septembre 2009.

A ne pas manquer, nous approchons de plus près Picasso et découvrons a quel point il était  admiratif de Cézanne, la visite du château de Vauvenargues est indispensable et complémentaire à l'exposition

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 09:11

Laura Esquivel née en 1950 à Mexico, avant de se consacrer à la littérature, elle travailla dans l’enseignement et comme  scénariste pour le cinéma.Mexique

 Chocolat amer



Début du siècle dernier au Mexique. Nous sommes dans une grande famille, les coutumes ancestrales perdurent, l'une des filles doit s'occuper de sa mère jusqu'à sa mort, c'est Tita qui est choisie.

Tita est une parfaite cuisinière, très amoureuse de Pedro, mais elle doit renoncer au mariage, c’est une de ses sœurs qui épousera Pédro.

 Nous découvrons le déroulement de la vie familiale mexicaine mêlant un peu de sorcellerie aux talents culinaires et créatifs de Tita liés aux événements de la vie.  L’amour, la  passion,  la musique, les fêtes, les couleurs du Mexique nous guident tout au long de ce récit.

Editions Folio


Chocolat amer a été adapté au cinéma, le scénario de l'adaptation a été écrit par Laura Esquivel, le film intitulé  les épices de la passion, récompensé par plusieurs prix.

Le livre traduit en 35 langues.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 11:08

Il y a 50 ans disparaissait Boris Vian pratiquement jour pour jour, le 23 juin 1959.

Né en 1920 à Ville-d’Avray dans les Hauts-de-Seine, écrivain, ingénieur de l’école centrale, inventeur, peintre, parolier, poète, chanteur, critique et musicien de jazz.

Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés, le Flore, les deux Magots, qui rassemblent à l’époque intellectuels et artistes de la rive gauche. Ce qui lui donna certainement l’idée d’écrire le Manuel de Saint-Germain des Près en 1951.


Un véritable guide touristique, mais partons en ballade avec l’auteur dans ce magnifique quartier de Saint-Germain-des-Prés, il évoque tour à tour, les rues et leurs histoires, l’atmosphère du quartier entre les deux guerres et l’après guerre avec beaucoup d’humour,, littéraires, musiciens, antiquaires, éditeurs . Les plus connus étant Simone de Beauvoir, Sartre, Prévert, Queneau, Greco, Mouloudji, Luter, Milles Davis, nous découvrons ainsi l’histoire des cafés du quartier ou ils se réunissaient : le Flore, les deux magots, Lipp, la rhumerie, les caves et  la vie nocturne , le Tabou ,le Club saint-germain ou ont défilés les plus grands musiciens de jazz , Charlie Parker, Count Basie, Erroll Garner, Duke Ellington, c'est Boris qui lance la danse, le Be bop, autre établissement le Vieux Colombier ou se produit Sydney Bechet, fréquenté par Camus, Queneau, Giacometti, et toutes les petites histoires qui ont fait la notoriété de ces établissements.

 Mêlant anecdotes, poésies, musique, chansons on est vraiment dans l’atmosphère de l’après-guerre. Excellent car il nous fait vivre dans ce quartier le temps de la lecture.

Un cd accompagne ce livre, un hommage est rendu à l’auteur, on y découvre trois chansons, casserole sérénade interprétée par Arthur H, le déserteur par Juliette Gréco et bourrée de complexes par Carmen Maria Vega et Merlot               

Ce manuel est vendu en coffret accompagné d’un carnet de dessins et documents, CD.  

 En livre de poche

 

 

 

 

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 17:26

 Ballet en 2 actes, 13 tableaux d’après l’œuvre de Proust à la recherche du temps perdu

Ce ballet se réfère aux thèmes musicaux et amoureux qui ont le plus hanté le narrateur "d’ à la recherche du temps perdu ". Treize tableaux qui donnent corps aux souvenirs et aux sensations qui façonnent les personnages de ce roman et qu'habitent les musiques des compositeurs préférés de Marcel Proust : Claude Debussy, Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns ou encore César Franck

C’est l’univers de Proust revisité par Roland Petit.

Proust ou les intermittences du coeur à l'opéra Garnier

La première partie se compose de 7 tableaux, quelques images des paradis proustiens.

Faire clan,

Ou l’image du snobisme d’après Proust, il s’agit de définir l’esprit du clan verdurin devenue princesse de Guermantes

Au lever de rideau on se trouve dans un salon de la bourgeoisie parisienne, tout le monde s’observe, l’esprit du clan duchesse de Guermantes règne, un pianiste interprète de Renaldo Hahn, "  l’heure exquise pour baryton et piano ", le chanteur, Vladimir Kapshuk.


La petite phrase de Vinteuil
,

Une sonate, dans la passion de Swann pour Odette, c’est l’hymne de leur amour.

Dans ce tableau,  Interprétation de la sonate, le danseur personnifie le violon, la danseuse le piano.

César  Franck "Sonate pour piano et violon "


Les aubépines,

Proust dit adieu à son enfance, c’est parmi les aubépines qu’il a entrevu une fillette, dont il était   amoureux fou.

Dan ce tableau, Gilberte apparaît parmi  les  aubépines. Musique, Gabriel Fauré, " Ballade op, 19 pour piano et orchestre"

Faire catleya,

Le premier soir ou Swann monte en voiture avec Odette, celle qui deviendra sa maitresse, elle porte à la main un bouquet de catleya.

Dans ce tableau nous assistons aux  prémices de la passion entre Swann et Odette, sur une musique de Camille Saint-Saëns, "  morceau de concert pour harpe et orchestre ".


Les jeunes filles en fleurs, ou les  vacances enchantées

Face aux jeunes filles en robes blanches, l’auteur croit se trouver devant un paradis de pureté de fraicheur, elles le fascinent, il n’imagine plus les vacances sans elles.

Ce tableau nous montre les jeunes filles avec leurs robes blanches se promenant sur une plage, en toile de fond la mer. Musique de Debussy, " la mer ".

Albertine et Andrée ou la prison et les doutes,

Ce que le narrateur a pris pour paradis de pureté, de fraicheur, ces jeunes filles en fleurs qui le fascinent ne sont-elles, à l’image du monde des adultes, que  faux-semblant  et mensonges, cachant désirs équivoques et gestes impudiques.

Dans ce  tableau nous assistons à la déception du jeune homme amoureux, il va perdre ses dernières illusions. Il voit Albertine et Andrée valsant serrées l’une contre l’autre sur une musique de Debussy "syrinx pou flute seule ".

La regarder dormir ou la réalité ennemie,

Albertine dont le narrateur a fait sa prisonnière, il l’enferme chez lui pour l’isoler de ses amies, à son passé. Mais rien ne met un terme à la jalousie qu’il éprouve, pas plus aux doutes qu’elle suscite. Il ne peut l’aimer qu’endormie.

Dans ce  tableau nous voyons l’amant et sa captive, il l’espionne jusque dans son sommeil, elle disparaît comme dans des sables mouvants, musique de César Franck, " Psyché ".

Seconde partie du spectacle en 6 tableaux.
  

Quelques images de l’enfer proustien,


Monsieur de Charlus face à l’insaisissable,

Le violoniste Morel est devenu l’idole de Mr de Charlus. Il ne peut résister à montrer ses démons intérieurs, et perd toute retenue. En la personne de Morel, de Charlus croit avoir rencontré l’archange et pourra se montrer tel qu’il est. Morel n’est rien de tout cela. C’est un homme du peuple qui vit libre des interdits, il reste insaisissable face à de Charlus

Ce tableau symbolise les moments exaltants qu’éprouve Mr de Charlus pour le violoniste Morel, il rêve de lui, célèbre et adulé sur une musique de Beethoven " quatuor à cordes ".

Monsieur de Charlus vaincu par l’impossible,

Terribles visions de la liberté de Morel dans le vice, la découverte de son idole, qu’il croyait un archange, faisait commerce de son corps, qui aura  raison de Mr de Charlus. Il voit enfin Morel sous son vrai jour. Il est devant l’impossible.

Ce tableau montre l’instant ou Mr de Charlus surprend Morel parmi les femmes de la maison de plaisir. Musique de Camille Saint-Saëns " Havanaise pour violon et orchestre ".

Les enfers de Monsieur de Charlus,

Le narrateur en quête d’aventure erre dans Paris, la guerre fait rage des bombes tombent sur la ville, nous sommes en 1914. Il voit des soldats entrer dans un petit hôtel obscur, il y entre à son tour, et là …………..

Le tableau reproduit la scène où le narrateur stupéfait, surprend dans un hôtel borgne, Monsieur de Charlus  flagellé par un des employés de la maison. Musique de Camille Saint-Saëns " Marche héroïque ".

Rencontre fortuite dans l’inconnu,

Certaines pages dans le temps retrouvé sont une ode à la nuit trouble d’une ville que la guerre plonge dans l’obscurité, Paris dans le noir, avec tout  ce que cela apportait de tentations inconnues aux habitants infernaux de cette Pompéi, éternels quêteurs de plaisirs interdits.

Dans ce tableau, des êtres tâtonnent dans le noir à la recherche des uns des autres. L’obscurité au lieu de les rendre inatteignables l’un à l’autre, les délivre de leurs timidités et leur apporte un surcroit de bonheur ? Ce sont comme des rites secrets dans les ténèbres des catacombes. Musique Claude Debussy " danses pour harpe et orchestre ".

Morel et Saint-Loup ou le combat des anges,

Intelligent, blond, doué de tous les prestiges, le jeune Saint Loup est le symbole du courage et de la beauté masculine. Etre que l’homosexualité, le sadisme, tous les vices de Morel et de Charlus semblent avoir épargné. A-t-il fait assez de folies pour ses maitresses, dit-on en parlant de lui. Et pourtant………………

Ce tableau représente Saint Loup, l’archange de blancheur, le héros, portant la double auréole de ses succès féminins et e son courage à la guerre, affrontant Morel l’ange noir, qui, à force de ruses diaboliques, réussit à l’entrainer dans le vice. Saint Loup sera tué le lendemain de son retour au front. Musique de Gabriel Fauré " élégie OP 24, pour violoncelle et piano ".


Cette idée de la mort,

La guerre, donne le signal de l’effondrement du monde miroitant et superbe de la duchesse de Guermantes. Dans sa disparition, le narrateur voit le signe de sa propre mort. Toutes les fêtes ne sont plus pour lui que bal noir.  

Dans ce dernier tableau, le narrateur se trouve face à face avec la femme qu’il a le plus admirée au long de sa vie. Il sollicite en vain les souvenirs du passé. Il ne retrouve en la duchesse de Guermantes que la contemplatrice de la mondanité. L’idée que cette femme est une image de sa mort, s’installe dans l’esprit du narrateur. Musique Richard Wagner " Rienzi ".

Textes extraits du livret

Ce ballet ravive mes souvenirs de lecture de l’œuvre de Proust, on retrouve cette fraicheur des jeunes filles, les paradis de l’auteur, les souvenirs d’enfance, les premiers pas dans les salons de la bourgeoisie parisienne, les rencontres, intrigues, amours, passions, amours défendus que les danseurs, dans chaque tableaux  ont magnifiquement  exprimés, ce qui a donné beaucoup d' intensité à la soirée. 

 

Ce soir là les danseurs : Hervé Moreau, Eleonora Abbagnato, Christophe Duquenne, Audric Bezard, Simon Valestro  

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 17:39

Les invités de Pierre Assouline

Journaliste écrivain France

 

 
Un diner de nos jours, dans la grande bourgeoisie parisienne. Dans le but de séduire son invité d’honneur, un  industriel canadien, la maitresse de maison a conviée ses meilleurs amis et ne néglige rien dans la disposition des couverts, les plans de table, les bristols avec le nom des convives qu’il ne faut pas placer au hasard, il est vrai qu’autour de la table il y aura un avocat spécialisé dans les divorces, un écrivain membre de l’académie française , un financier, ils sont accompagnés de leurs épouses , mais au dernier moment un des invités s’aperçoit qu’il est invité à un autre étage, il n’y a plus que treize personnes à table, donc il va falloir désigner une 14 eme personne d’office, mais la soirée va déraper.

Il s’agit de Sonia, domestique maghrébine, beaucoup de questions autour de ses origines, des préjugés, finalement tous apprennent qu’elle prépare une thèse en histoire de l’art, et possède une culture française, ce qui en épate plus d’un.

Les réactions sont différentes en amusent certains, pour d’autres plutôt une transgression.

Par ce roman, Pierre Assouline montre le grand décalage existant entre l’élite et la société. Autour de cette table de la société mondaine règne une certaine hypocrisie, la présence de Sonia à table dérange, surtout lorsque les convives apprennent qu’elle  est maghrébine, mais ils découvrent au fil des conversations qu’elle est plus cultivée qu’ils ne le croyaient. Très bon livre. 
Ce livre est paru aux éditions Gallimard.

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:53

Le chaudron de Kiyoko Murata

Kiyoko Murata est née en 1945 à Yahata au nord de l'île de Kyushu Japon

  

                                                             éditions acte sud

Une histoire de famille, Tami est en vacances chez sa grand-mère, dame très âgée, avec son frère et ses cousins, leurs parents sont à Hawaï rendre visite à un membre de la famille très malade.

 L’environnement de la maison, la nature très présente, mais aussi la cuisine au chaudron, les senteurs, saveurs, harmonies de couleurs sont au rendez-vous, dommage que la cuisine ne soit pas plus développée. Mais on retrouve l’âme japonaise, la sérénité des lieux, ou cette dame âgée  refait pour ses petits enfants l’arbre généalogique de la famille en se remémorant ses souvenirs, joies tristesses, la vie, la mort.

Très beau texte, à la lecture on partage ces quelques jours de vacances en leur compagnie.

 

Kiyoko Murata , a obtenue le prix Akutagawa pour cette œuvre qui fut adaptée au cinéma sous le titre de rhapsodie en aout.

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