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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 16:57

Ballet en deux actes, de Frederick Ashton


Le rideau levé, nous sommes sur une place de village, une ferme, une église, le jour se lève, le coq chante entouré de poules. Lise et Colas sont amoureux, Lise déçue de ne pas voir Colas laisse un ruban, Colas le trouve et l’attache à son bâton, enfin les amoureux se retrouvent, Simone, mère de Lise surveille sa fille, elle les surprend et envoie Lise battre le beurre, Colas va se cacher dans le grenier. La fille de ferme veut jouer avec Lise mais elle a  la tête ailleurs, Simone s’en aperçoit, elle se fâche et soudain arrive Thomas un riche propriétaire  vinicole, accompagné de son fils Alain, sachant la raison de sa venue, Simone fait disparaître sa fille. Thomas vient demander la main de Lise pour son fils, lorsque celle-ci revient, Alain fait le maladroit et le timide, Lise amusée et choquée par ses bouffonneries  reste indifférente. Ils partent pour les moissons.

Après le travail aux champs, les moissonneurs entrainés par Colas effectuent une danse, Alain danse avec Lise, mais Colas intervient et Lise lui montre sa préférence, un des moissonneur joue de la flute, pour le plus grand plaisir de tous. Alain essaie d’en jouer, mais l’assemblée se moque de lui. Son père indigné vient le sortir d’affaire, Colas à donc le champ libre et triomphe avec Lise, tandis que Simone partage la joie des moissonneurs. Tout à coup, l'orage les interrompt, trempés ils se dispersent.

Le second acte, nous sommes à l’intérieur de la ferme, mère et fille mouillées, se mettent à filer, Simone  ferme  la porte à double tour pour que Lise ne parte pas, mais la fatigue et le sommeil la gagne, Lise a aperçu Colas derrière la grille, elle essaie de prendre la clé à Simone, mais elle se réveille et joue du tambourin pour faire danser Lise. Simone se rendort à nouveau, et là, par une fenêtre Lise se jette au cou  de Colas. Les moissonneurs viennent chercher leur paie et réveillent Simone en frappant à la porte. Simone ordonne à Lise de continuer son travail, qui elle rêve à une vie de couple, Colas sort de sa cachette, ils échangent leurs foulards, Simone s’en aperçoit. Tandis que Lise a poussé Colas dans sa chambre. Alain et Thomas, arrivent avec un notaire afin de remplir le contrat de mariage, celui-ci signé. Simone tend la clé de la chambre à Alain, surpris, il découvre Colas et Lise enlacés. Alain revient, les amoureux demandent pardon à Simone, tout s’arrange elle donne sa bénédiction aux amoureux.
Extraits du livret.

L’histoire de ce ballet serait assez classique, mais voilà le  rôle de Simone  interprété par un homme devient comique, vêtu d’une robe arrivant aux chevilles, un chignon, assez forte, ce soir là interprété par un artiste invité, Michael Denard

Lise, interprétée par la ravissante Mathilde Froustey, Colas par Emmanuel Thibault, un très beau couple.

Alain, Allister Madin, joue le rôle du fiancé maladroit, d’autres scènes amusantes.   

Le danseur à la flute romantique interprété par Michael Lafon

Ce ballet pantomime est plein de fraicheur, champêtre et drôle. Une excellente soirée.

Jusqu’au 15 juillet à l’opéra Garnier.

 

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 11:36

  

Vauvenargues petit village à 12 km d’Aix en Provence, versant nord de la sainte Victoire, le château légèrement en retrait du village, il est du XVII eme siècle, situé dans un paysage verdoyant.

A l’origine, Ce château lié à l’histoire de la région, il dépend des Comtes de Provence puis de l’église d’Aix. En 1257, le seigneur d’Agoult vend son bien à Vicedominis, archevêque d’Aix, il cède sa terre de Vauvenargues au roi René, 1409-1480. Tour à tour   cette demeure aura plusieurs propriétaires, à la révolution en 1790, le château est vendu par le troisième marquis de Vauvenargues à la famille des Isoard, famille modeste, pendant le 1er empire l’abbé Izoard se liera d’amitié avec Lucien Bonaparte. D’autres propriétaires suivront, le château a été dépouillé de ses meubles, c’est en 1958 que  Pablo Picasso en fit l’acquisition.

Son architecture, à la base carrée avec deux tours de chaque cotés, le décor austère, le style rustique.





Picasso fait son retour à la peinture, il a 80 ans veut s’isoler il a besoin de calme.

Il a un coup de foudre pour ce château visité en revenant d’une corrida. Il a un rêve, être dans la peinture de Cézanne son maitre absolu. En achetant ce château il sera à tout jamais dans les œuvres de son maitre, il dira « Cézanne a peint ces montagnes et maintenant j’en suis propriétaire »

Il installe de nombreux bronzes dans le parc, à l’intérieur il accroche les  œuvres de différents artistes anciens et modernes et fait venir ses livres.

La décoration intérieure sobre avec de grandes cheminées en gypseries.

Nous entrons dans un corridor ou se trouvent quelques bronzes du maitre.

Notre visite est orientée vers le  salon cardinal du XIX eme siècle, médaillon du roi René d’Anjou, une toile du cardinal Izoard, membre de la famille des anciens propriétaires. Le plafond est a caissons, les fauteuils autour e la table sont recouverts de cuir de Cordoue, dans un angle est situé un médaillais, il s’agit d’un classeur géant offert par Matisse.

Cette pièce se prolonge par un oratoire privé, ou dans une chasse sous l’autels se trouvent   les reliques de Saint Séverin, données par le Pape Pie VII au cardinal Isoard, les animaux représentant les quatre évangélistes, sont peints sur les pendentifs ou repose la petite coupole, un vitrail représentant Saint Michel terrassant le démon date de 1891

La salle des gardes, date du moyen âge, salle ou Picasso a été exposé lors de son décès, car il est décédé à Mougins, c’est Jacqueline Roque sa dernière épouse qui le fit revenir à Vauvenargues, le maitre n’avait rien prévu pour ses obsèques. Cette salle est toujours remplie de fleurs, hommage que rend la fille de Jacqueline Roque héritière de Vauvenargues.

Nous partons à l’extérieur admirer la sainte Victoire, Picasso disait:

« La sainte Victoire m’appartient », effectivement il est propriétaire du versant nord jusqu’à la croix de Provence, qui se situe au sommet, il en a fait une toile en référence à Cézanne.

Nous revenons dans la salle à manger, le lieu de vie, dans cette salle étaient exposés des tableaux de Matisse et de Vuillard, le buste de Dora Maar, une mandoline, le buffet Henri II acquit par Picasso, il en a peint une série de 9 toiles, avec les motifs présents sur le buffet, appelé aussi la négra, une grande table de ferme.

Nous poursuivons notre visite à l’étage, l’escalier y est sobre et très large, signe extérieur de richesse à l’époque de la construction du château, plus l’escalier était large plus les propriétaires étaient riches.

Picasso disait j’ai besoin de tristesse.

Nous pénétrons  dans la chambre du maitre, un tapis rouge foncé au sol devant le lit, Picasso en a fait le motif qui est noir (œuvre magnifique), le lit recouvert d’une couverture jaune, toujours les couleurs de Vauvenargues, le jaune, le rouge les couleurs de l’Espagne plus le vert pour l’environnement du château.

Salle d’eau, sur le mur derrière le lavabo, il a peint un faune dans la verdure (le faune est synonyme de bonheur, c’est pour montrer son bonheur avec Jacqueline), Jacqueline avait acheté une table et chaises de jardin pour mettre dans la salle de bain qui est grande, cela s’harmonise avec les couleurs du mur, car il fait savoir que l’artiste recevait parfois dans ce lieu.

L’atelier ou la grande salle d’apparat, Picasso avait choisit cette salle, la plus noble du château et la plus vaste, une immense cheminée domine, des fauteuils peints par le maitre, jaune, rouge, noir, ayant pour motif le symbole solaire. Il utilisait la peinture ripolin, il ajoutait du dissolvant pour la rendre plus fluide et avec une certaine brillance, à coté d’un chevalet un jeu de quilles offert par la fille de Chagall, les taches de peintures sont restées au sol, cela montre encore la présence du  maitre.

En sortant du château nous allons sur la tombe, il s’agit d’un grand massif arrondi recouvert de pelouse, il est enterré avec Jacqueline, au centre du massif une sculpture représentant la dame à l’offrande datant de 1933 (il s’agit de l’allégorie de la République espagnole) elle fut exposée à Paris.

Atmosphère particulière, le maitre est toujours présent, ce château reflète son caractère, une grande sobriété, l’austérité et  la puissance  des grandes bâtisses espagnoles.

On imagine les cris des enfants Claude et Paloma jouant dans le parc du château animant ce lieu de plénitude, les chiens se promenant en toute liberté (car le maitre en avait plusieurs), la vie sous le soleil de Provence y est douce.

Un film réalisé par Jacqueline Roque  projeté en fin de visite, intitulé scènes de vies à Vauvenargues, nous montre Claude et Paloma enfants, Picasso dans son atelier, les réunions de famille dans la salle à manger autour d’une grande table, tout simplement,  les moments de bonheur de la famille Picasso.

 

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 15:46
   Picasso-Cézanne 

Les liens qui unirent les deux artistes.

L'exposition  présente  4 thèmes : Picasso regarde Cézanne, Picasso collectionne Cézanne, Thèmes et formes partagées, Picasso se rapproche de Cézanne.

 Naissance de Picasso en 1881 à Malaga tandis que Cézanne a plus d’une génération, il a atteint sa maturité, il s’éloigne de Paris pour s’installer en Provence, sa palette est de dominance sombre ainsi que ses thèmes. Dans les années 1885-86 il sculpte ses toiles plus qu’il ne les peints avec son couteau à palette dans une fièvre d’empâtement et de couleurs dont l’application sur la toile en reliefs peut apparaître comme l’annonce du cubisme.

Picasso se libère dans un autoportrait comme Yo Picasso en 1901 dans un éclatement de couleur et de matière virilement travaillée. Un substrat romantique ou post-romantique, voire symbolique pour  Picasso. 
  Yo Picasso

 Picasso regarde Cézanne, la fougue et les passions se conjuguent aux caractères des deux hommes. Ils sont méditerranéens tous les deux.
Une même dominante dès 1867, les tons de bleus. Les corps se simplifient, ils sont disproportionnés, ils s’étirent, la perspective est exprimée différemment. L’expressionnisme s’impose avec une avance pour Cézanne. Un exemple avec « le festin » de Cézanne et dès 1901 « évocation » de Picasso.








                     
                            
Le festin Cézanne
                                                                                                                  Evocation Picasso

Cézanne considère que sans tempérament on n’est pas un véritable artiste.
 Picasso arrive à Paris en 1900, il entre en contact avec l’œuvre de Cézanne, il fait une approche progressive.
 Dès 1901, il peint une nature morte « la desserte ». Il a pu voir des œuvres de Cézanne dans les expositions en 1905-1906, il peut aussi les étudier chez ses amis les Stein, ils possèdent une très belle collection constituée avec Vollard marchand d’art. Picasso fréquente aussi les marchands.
Mais à la fin de sa période rose, il se tourne vers Gauguin en 1906. Le primitivisme est une manière de renouveler sa vision influencé par l’art nègre.

  Première salle une citation de Cézanne :

« Je suis peut-être venu trop tôt, j’étais le peintre de votre génération plus que de la mienne » Cézanne à un jeune artiste.

 une nature morte, portraits,nus, le primitivisme la touche stimulante.
 Comparaison des deux artistes. Portrait de Gustave Geffroy par Cézanne, femme à la mandoline de Picasso. 
 
                                                 

gustave geoffroy Cézanne     



                                                                   





                                                                                             femme à la mandoline de Picasso

Quelques œuvres exposées : « fruits, serviette et boite à lait » de Cézanne, « la desserte » de Picasso, autoportraits des deux hommes, de nus, »académie d’homme nu » Cézanne, « nu assis « Picasso, Académie d’homme Cézanne, homme drapé d’une tunique Picasso, portrait de Mme Cézanne et de Fernande Olivier pour Picasso George Braque (ami de Picasso pendant la période cubiste),
Quelques tableaux en reliefs, la peinture devient sculpture.

Picasso collectionne Cézanne Il dira « qu’est-ce que, au fond, un peintre ? C’est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu’il aime chez les autres »

Ce sont des achats, des échanges, Picasso commence tôt sa collection.

 Il possède quelques Cézanne, "le château noir", "les cinq baigneuses", "la mer à l’Estaque", aquarelle, des lettres autographes, livres, aussi Braque, Derain, Matisse.
 En regardant les Cézanne et les Matisse il disait qu’est ce qu’on peut faire de mieux.

 Une préférence pour "le château noir," quil trouvait le plus merveilleux de tous, domaine ou Cézanne allait peindre, d’où il pouvait admirer la sainte-Victoire, ce château est en pierre ocre. Il se situe près d’Aix.


 La lumière ultime monte et s’embrase. Picasso l’acheta en 1936 à Ambroise Vollard.

"La mer à l’Estaque", Dominée par la cheminée d’usine s’élevant entre les arbres, cadrage particulièrement heureux, cette vue du village de pécheurs proche de Marseille, lieu qui avait souvent accueilli Cézanne, le bleu de la mer Méditerranée que Picasso aimait tant. Acquit en 1950 en échange d’un de ses tableaux.







"Les cinq baigneuses", Picasso avait repris ce thème dans les demoiselles d’Avignon, il a acquit ce tableau en 1957.




Un paysage une aquarelle, « la cathédrale d’Aix de Cézanne, elle est géométrisée annonçant le cubisme, offre un panorama aixois vu du dernier atelier du maitre, sur le chemin des Lauves.
Lorsqu’il montrait ses œuvres car il avait à cœur de les monter, il avait une manière de les examiner, de les commenter, d’insister sur leur magnificence, une émotion où transparaissait sa passion. Lorsque le grand photographe David Douglas Duncan vint en 1959 à Vauvenargues, Picasso lui confiait « je vais vous montrer mes amis à moi », instants immortalisés par l’objectif.

Thèmes et formes partagées : Points communs les séries. Le thème de la nature morte est devenu majeur dans l’art moderne, pourtant considéré comme art mineur dans l’histoire de la peinture. Cézanne en fera un certain nombre ainsi que Picasso des exemples : la série des pommes, lorsque l’on observe bien, on voit qu’il a peint merveilleusement le poids de l’espace et la forme circulaire, la forme elle-même est un volume creux, sur lequel la pression extérieure est telle qu’elle produit l’apparence d’une pomme. C’est la poussée rythmique de l’espace sur cette forme qui compte.





Cézanne                                                                                                               Picasso

"Les grandes baigneuses de Cézanne", brutalité picturale, à la limite de la sauvagerie, il a rénové la peinture moderne, il a peint ces nus et visages avec férocité.
Picasso et ses amis apprécient cette leçon de liberté picturale. "Femmes assises dans un fauteuil",
Cézanne représente son épouse, Florence Fiquet.
Ce type de thème se développe chez l’un comme chez l’autre par les variations de femmes aux mains croisées ; femmes cousant. L’homme accoudé qu’il soit chez Cézanne, fumeur, joueur de cartes ou paysan au repos, frappa Picasso à son retour à un certain naturalisme entre 1914 et 1916, période de remise en question de sa peinture. Il fera un rapprochement entre le jeune homme à la tête de mort de Cézanne et l’homme accoudé du peintre et son modèle, peint à Avignon en 1914. Les arlequins, figures enfantines continueront ces séries
Présentation de dessins Le retour du naturalisme, Picasso autoportrait  :

« Je ne fais jamais un tableau comme une œuvre d’art, c’est toujours une recherche, je cherche constamment, et il y a un enchainement logique dans toute cette recherche Picasso »

Une salle de l'exposition est réservée à une série de tableaux inachevés.
 
Picasso se rapproche de Cézanne : Lorsque Picasso abordant la période rose après le pessimisme de ses premières toiles, abandonnant le thème d’une misère plus ou moins factice, pour traiter la vie à travers les arlequins, acrobates, saltimbanques. Certaines œuvres de Cézanne peuvent annoncer Picasso.
L’arlequin de Cézanne, le jeune homme aux bras écartés se retrouve dans une figure d’acrobate. Mais c’est avec les demoiselles d’Avignon que l’importance de Cézanne est déterminante mais plus encore par l’expression picturale à la fois sauvage et construite, savante et primitive de l’un et l’autre. Picasso s’exerce à un genre
Cézanien qui ne lui sera jamais vraiment familier, à savoir le paysage. Il reste à Picasso les natures mortes propre à Cézanne dont il est le maitre incontesté, dans un jeu de réduction, de fragmentation, de structuration qui aboutira vers le cubisme.

« quand on regarde les pommes de Cézanne, on voit qu’il a peint merveilleusement le poids de l’espace sur cette forme circulaire »
Picasso

"Bethsabée", "les baigneuses", "les pommes", "compotier de porcelaine blanche", "les vanités" (natures mortes). Portrait de dona Maria de Picasso, les enfants.
« Je pensais à Cézanne, et à la démarche de l’arlequin de mardi gras » Picasso

 Présentation de l’arlequin de Cézanne, femme assise dans un fauteuil en hommage à Cézanne.


 






l'arlequin Cézanne                     
                                                            femme assise dans un fauteuil  Picasso

Picasso en revenant d’une corrida, visitera le château de Vauvenargues avant de se l’approprié. « Picasso dira j’ai acheté la Sainte Victoire de Cézanne» à Kahnweiler, il lui demanda laquelle, il répondra la vraie.
En achetant le château de Vauvenargues il est également propriétaire d’une partie de la Sainte Victoire et ainsi il rentre dans l’œuvre de Cézanne à tout jamais.
Les œuvres peintes à Vauvenargues sont exposées, tel que "le buffet Henri II", qui se situe dans le château, "l’enfance à Vauvenargues", des "natures mortes ","la mandoline de Vauvenargues " dont Picasso dira c’est une nature morte espagnole. Il peindra beaucoup le village de Vauvenargues, sa palette est différente, le vert foncé représente la végétation autour du château, le jaune et le rouge les couleurs de l’Espagne.



Il a illustré ‘le chef d’œuvre inconnu’ de Balzac en 1960, eaux fortes. On reconnaît dans un coin une silhouette il s’agit de Cézanne et cela à différents moments de sa vie.
" Le peintre et son modèle", "Jacqueline de Vauvenargues", il s’agit de Jacqueline Roques qu’il a rencontrée en 1954 et épousée en 61.
« Ce qui nous intéresse, c’est l’inquiétude de Cézanne, c’est l’enseignement de Cézanne, ce sont les tourments de Van Gogh, c'est-à-dire le drame de l’homme, le reste est faux » Picasso

« Passer des pommes de Cézanne au toréador de Picasso, je me suis demandé si c’était changer forcement d’histoire, à moins que les deux, par la suite ne deviennent complémentaires ». René Char

Extraits du catalogue de l'exposition

Exposition Cézanne Picasso  au musée Granet Aix-en-Provence, jusqu'au 27 septembre 2009.

A ne pas manquer, nous approchons de plus près Picasso et découvrons a quel point il était  admiratif de Cézanne, la visite du château de Vauvenargues est indispensable et complémentaire à l'exposition

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 09:11

Laura Esquivel née en 1950 à Mexico, avant de se consacrer à la littérature, elle travailla dans l’enseignement et comme  scénariste pour le cinéma.Mexique

 Chocolat amer



Début du siècle dernier au Mexique. Nous sommes dans une grande famille, les coutumes ancestrales perdurent, l'une des filles doit s'occuper de sa mère jusqu'à sa mort, c'est Tita qui est choisie.

Tita est une parfaite cuisinière, très amoureuse de Pedro, mais elle doit renoncer au mariage, c’est une de ses sœurs qui épousera Pédro.

 Nous découvrons le déroulement de la vie familiale mexicaine mêlant un peu de sorcellerie aux talents culinaires et créatifs de Tita liés aux événements de la vie.  L’amour, la  passion,  la musique, les fêtes, les couleurs du Mexique nous guident tout au long de ce récit.

Editions Folio


Chocolat amer a été adapté au cinéma, le scénario de l'adaptation a été écrit par Laura Esquivel, le film intitulé  les épices de la passion, récompensé par plusieurs prix.

Le livre traduit en 35 langues.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 11:08

Il y a 50 ans disparaissait Boris Vian pratiquement jour pour jour, le 23 juin 1959.

Né en 1920 à Ville-d’Avray dans les Hauts-de-Seine, écrivain, ingénieur de l’école centrale, inventeur, peintre, parolier, poète, chanteur, critique et musicien de jazz.

Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés, le Flore, les deux Magots, qui rassemblent à l’époque intellectuels et artistes de la rive gauche. Ce qui lui donna certainement l’idée d’écrire le Manuel de Saint-Germain des Près en 1951.


Un véritable guide touristique, mais partons en ballade avec l’auteur dans ce magnifique quartier de Saint-Germain-des-Prés, il évoque tour à tour, les rues et leurs histoires, l’atmosphère du quartier entre les deux guerres et l’après guerre avec beaucoup d’humour,, littéraires, musiciens, antiquaires, éditeurs . Les plus connus étant Simone de Beauvoir, Sartre, Prévert, Queneau, Greco, Mouloudji, Luter, Milles Davis, nous découvrons ainsi l’histoire des cafés du quartier ou ils se réunissaient : le Flore, les deux magots, Lipp, la rhumerie, les caves et  la vie nocturne , le Tabou ,le Club saint-germain ou ont défilés les plus grands musiciens de jazz , Charlie Parker, Count Basie, Erroll Garner, Duke Ellington, c'est Boris qui lance la danse, le Be bop, autre établissement le Vieux Colombier ou se produit Sydney Bechet, fréquenté par Camus, Queneau, Giacometti, et toutes les petites histoires qui ont fait la notoriété de ces établissements.

 Mêlant anecdotes, poésies, musique, chansons on est vraiment dans l’atmosphère de l’après-guerre. Excellent car il nous fait vivre dans ce quartier le temps de la lecture.

Un cd accompagne ce livre, un hommage est rendu à l’auteur, on y découvre trois chansons, casserole sérénade interprétée par Arthur H, le déserteur par Juliette Gréco et bourrée de complexes par Carmen Maria Vega et Merlot               

Ce manuel est vendu en coffret accompagné d’un carnet de dessins et documents, CD.  

 En livre de poche

 

 

 

 

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 17:26

 Ballet en 2 actes, 13 tableaux d’après l’œuvre de Proust à la recherche du temps perdu

Ce ballet se réfère aux thèmes musicaux et amoureux qui ont le plus hanté le narrateur "d’ à la recherche du temps perdu ". Treize tableaux qui donnent corps aux souvenirs et aux sensations qui façonnent les personnages de ce roman et qu'habitent les musiques des compositeurs préférés de Marcel Proust : Claude Debussy, Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns ou encore César Franck

C’est l’univers de Proust revisité par Roland Petit.

Proust ou les intermittences du coeur à l'opéra Garnier

La première partie se compose de 7 tableaux, quelques images des paradis proustiens.

Faire clan,

Ou l’image du snobisme d’après Proust, il s’agit de définir l’esprit du clan verdurin devenue princesse de Guermantes

Au lever de rideau on se trouve dans un salon de la bourgeoisie parisienne, tout le monde s’observe, l’esprit du clan duchesse de Guermantes règne, un pianiste interprète de Renaldo Hahn, "  l’heure exquise pour baryton et piano ", le chanteur, Vladimir Kapshuk.


La petite phrase de Vinteuil
,

Une sonate, dans la passion de Swann pour Odette, c’est l’hymne de leur amour.

Dans ce tableau,  Interprétation de la sonate, le danseur personnifie le violon, la danseuse le piano.

César  Franck "Sonate pour piano et violon "


Les aubépines,

Proust dit adieu à son enfance, c’est parmi les aubépines qu’il a entrevu une fillette, dont il était   amoureux fou.

Dan ce tableau, Gilberte apparaît parmi  les  aubépines. Musique, Gabriel Fauré, " Ballade op, 19 pour piano et orchestre"

Faire catleya,

Le premier soir ou Swann monte en voiture avec Odette, celle qui deviendra sa maitresse, elle porte à la main un bouquet de catleya.

Dans ce tableau nous assistons aux  prémices de la passion entre Swann et Odette, sur une musique de Camille Saint-Saëns, "  morceau de concert pour harpe et orchestre ".


Les jeunes filles en fleurs, ou les  vacances enchantées

Face aux jeunes filles en robes blanches, l’auteur croit se trouver devant un paradis de pureté de fraicheur, elles le fascinent, il n’imagine plus les vacances sans elles.

Ce tableau nous montre les jeunes filles avec leurs robes blanches se promenant sur une plage, en toile de fond la mer. Musique de Debussy, " la mer ".

Albertine et Andrée ou la prison et les doutes,

Ce que le narrateur a pris pour paradis de pureté, de fraicheur, ces jeunes filles en fleurs qui le fascinent ne sont-elles, à l’image du monde des adultes, que  faux-semblant  et mensonges, cachant désirs équivoques et gestes impudiques.

Dans ce  tableau nous assistons à la déception du jeune homme amoureux, il va perdre ses dernières illusions. Il voit Albertine et Andrée valsant serrées l’une contre l’autre sur une musique de Debussy "syrinx pou flute seule ".

La regarder dormir ou la réalité ennemie,

Albertine dont le narrateur a fait sa prisonnière, il l’enferme chez lui pour l’isoler de ses amies, à son passé. Mais rien ne met un terme à la jalousie qu’il éprouve, pas plus aux doutes qu’elle suscite. Il ne peut l’aimer qu’endormie.

Dans ce  tableau nous voyons l’amant et sa captive, il l’espionne jusque dans son sommeil, elle disparaît comme dans des sables mouvants, musique de César Franck, " Psyché ".

Seconde partie du spectacle en 6 tableaux.
  

Quelques images de l’enfer proustien,


Monsieur de Charlus face à l’insaisissable,

Le violoniste Morel est devenu l’idole de Mr de Charlus. Il ne peut résister à montrer ses démons intérieurs, et perd toute retenue. En la personne de Morel, de Charlus croit avoir rencontré l’archange et pourra se montrer tel qu’il est. Morel n’est rien de tout cela. C’est un homme du peuple qui vit libre des interdits, il reste insaisissable face à de Charlus

Ce tableau symbolise les moments exaltants qu’éprouve Mr de Charlus pour le violoniste Morel, il rêve de lui, célèbre et adulé sur une musique de Beethoven " quatuor à cordes ".

Monsieur de Charlus vaincu par l’impossible,

Terribles visions de la liberté de Morel dans le vice, la découverte de son idole, qu’il croyait un archange, faisait commerce de son corps, qui aura  raison de Mr de Charlus. Il voit enfin Morel sous son vrai jour. Il est devant l’impossible.

Ce tableau montre l’instant ou Mr de Charlus surprend Morel parmi les femmes de la maison de plaisir. Musique de Camille Saint-Saëns " Havanaise pour violon et orchestre ".

Les enfers de Monsieur de Charlus,

Le narrateur en quête d’aventure erre dans Paris, la guerre fait rage des bombes tombent sur la ville, nous sommes en 1914. Il voit des soldats entrer dans un petit hôtel obscur, il y entre à son tour, et là …………..

Le tableau reproduit la scène où le narrateur stupéfait, surprend dans un hôtel borgne, Monsieur de Charlus  flagellé par un des employés de la maison. Musique de Camille Saint-Saëns " Marche héroïque ".

Rencontre fortuite dans l’inconnu,

Certaines pages dans le temps retrouvé sont une ode à la nuit trouble d’une ville que la guerre plonge dans l’obscurité, Paris dans le noir, avec tout  ce que cela apportait de tentations inconnues aux habitants infernaux de cette Pompéi, éternels quêteurs de plaisirs interdits.

Dans ce tableau, des êtres tâtonnent dans le noir à la recherche des uns des autres. L’obscurité au lieu de les rendre inatteignables l’un à l’autre, les délivre de leurs timidités et leur apporte un surcroit de bonheur ? Ce sont comme des rites secrets dans les ténèbres des catacombes. Musique Claude Debussy " danses pour harpe et orchestre ".

Morel et Saint-Loup ou le combat des anges,

Intelligent, blond, doué de tous les prestiges, le jeune Saint Loup est le symbole du courage et de la beauté masculine. Etre que l’homosexualité, le sadisme, tous les vices de Morel et de Charlus semblent avoir épargné. A-t-il fait assez de folies pour ses maitresses, dit-on en parlant de lui. Et pourtant………………

Ce tableau représente Saint Loup, l’archange de blancheur, le héros, portant la double auréole de ses succès féminins et e son courage à la guerre, affrontant Morel l’ange noir, qui, à force de ruses diaboliques, réussit à l’entrainer dans le vice. Saint Loup sera tué le lendemain de son retour au front. Musique de Gabriel Fauré " élégie OP 24, pour violoncelle et piano ".


Cette idée de la mort,

La guerre, donne le signal de l’effondrement du monde miroitant et superbe de la duchesse de Guermantes. Dans sa disparition, le narrateur voit le signe de sa propre mort. Toutes les fêtes ne sont plus pour lui que bal noir.  

Dans ce dernier tableau, le narrateur se trouve face à face avec la femme qu’il a le plus admirée au long de sa vie. Il sollicite en vain les souvenirs du passé. Il ne retrouve en la duchesse de Guermantes que la contemplatrice de la mondanité. L’idée que cette femme est une image de sa mort, s’installe dans l’esprit du narrateur. Musique Richard Wagner " Rienzi ".

Textes extraits du livret

Ce ballet ravive mes souvenirs de lecture de l’œuvre de Proust, on retrouve cette fraicheur des jeunes filles, les paradis de l’auteur, les souvenirs d’enfance, les premiers pas dans les salons de la bourgeoisie parisienne, les rencontres, intrigues, amours, passions, amours défendus que les danseurs, dans chaque tableaux  ont magnifiquement  exprimés, ce qui a donné beaucoup d' intensité à la soirée. 

 

Ce soir là les danseurs : Hervé Moreau, Eleonora Abbagnato, Christophe Duquenne, Audric Bezard, Simon Valestro  

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 17:39

Les invités de Pierre Assouline

Journaliste écrivain France

 

 
Un diner de nos jours, dans la grande bourgeoisie parisienne. Dans le but de séduire son invité d’honneur, un  industriel canadien, la maitresse de maison a conviée ses meilleurs amis et ne néglige rien dans la disposition des couverts, les plans de table, les bristols avec le nom des convives qu’il ne faut pas placer au hasard, il est vrai qu’autour de la table il y aura un avocat spécialisé dans les divorces, un écrivain membre de l’académie française , un financier, ils sont accompagnés de leurs épouses , mais au dernier moment un des invités s’aperçoit qu’il est invité à un autre étage, il n’y a plus que treize personnes à table, donc il va falloir désigner une 14 eme personne d’office, mais la soirée va déraper.

Il s’agit de Sonia, domestique maghrébine, beaucoup de questions autour de ses origines, des préjugés, finalement tous apprennent qu’elle prépare une thèse en histoire de l’art, et possède une culture française, ce qui en épate plus d’un.

Les réactions sont différentes en amusent certains, pour d’autres plutôt une transgression.

Par ce roman, Pierre Assouline montre le grand décalage existant entre l’élite et la société. Autour de cette table de la société mondaine règne une certaine hypocrisie, la présence de Sonia à table dérange, surtout lorsque les convives apprennent qu’elle  est maghrébine, mais ils découvrent au fil des conversations qu’elle est plus cultivée qu’ils ne le croyaient. Très bon livre. 
Ce livre est paru aux éditions Gallimard.

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:53

Le chaudron de Kiyoko Murata

Kiyoko Murata est née en 1945 à Yahata au nord de l'île de Kyushu Japon

  

                                                             éditions acte sud

Une histoire de famille, Tami est en vacances chez sa grand-mère, dame très âgée, avec son frère et ses cousins, leurs parents sont à Hawaï rendre visite à un membre de la famille très malade.

 L’environnement de la maison, la nature très présente, mais aussi la cuisine au chaudron, les senteurs, saveurs, harmonies de couleurs sont au rendez-vous, dommage que la cuisine ne soit pas plus développée. Mais on retrouve l’âme japonaise, la sérénité des lieux, ou cette dame âgée  refait pour ses petits enfants l’arbre généalogique de la famille en se remémorant ses souvenirs, joies tristesses, la vie, la mort.

Très beau texte, à la lecture on partage ces quelques jours de vacances en leur compagnie.

 

Kiyoko Murata , a obtenue le prix Akutagawa pour cette œuvre qui fut adaptée au cinéma sous le titre de rhapsodie en aout.

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 16:47

 



Pièce de théâtre ,L’amante anglaise, de Marguerite Duras.
Cette œuvre est inspirée d’un fait divers. Un roman du même nom a été écrit en 1967.

 

La véritable  histoire est celle d'une femme,Amélie Rabilloux, elle a tué son mari en 1949, et a dispersé les  morceaux de son corps dans différents trains de marchandises, lors de son arrêt elle a avoué son crime .

 

 Au début de la pièce, le mari Pierre Lannes, est assis lorsque l'interrogateur entre en scène. Le premier à être interrogé, il ne sait rien. Provincial un peu naïf, après leur mariage ils sont venus vivre à Paris, il développe la vie du couple, il trompe son épouse et s’absente souvent, il est resté avec elle car elle ne lui demande rien, il la trouve très étrange, elle parle peu d’après lui, et se réfugie dans son jardin, elle reste assise sur un banc pendant des heures. Au fil de l’interrogatoire, il n’est pas étonné de ce crime, et finit par dire qu’il aurait pu être le mort. Pendant ses absences son épouse reste avec une cousine sourde et muette, venue vivre avec eux, elle s’occupe de la maison et fait la cuisine.
 

Claire Lannes,à son tour est interrogée ,elle a avouée son crime, mais elle joue avec l’interrogateur, avec les mots, elle est roublarde, pourquoi ce crime par dépit, jalousie on ne sait pas, le corps a été retrouvé, mais elle n’avouera jamais ou se situe la tête, fait mine de ne pas savoir elle-même.

On est pris dans l’histoire de ce crime et tenus en haleine pendant tout le déroulement de la pièce, les rôles interprétés par André Wilms pour l’interrogateur, Ariel Garcia-Valdès le mari, préparent l’entrée en scène de l’accusée, Ludmila Mickaël ou Claire Lannes,  s’amuse de cette situation, jusqu’à la fin  on attend qu’elle avoue ou se situe la tête, mais en vain. Oeuvre d'une grande intensité, aussi bien par le texte que par la prestation des acteurs.

 Le décor  austère, un rideau de fer, une table deux chaises, un film projeté au début de la pièce montrant le passage des trains dans la région ou a eu lieu le crime, dans l’Essonne à la montagne pavée à Viorne. La nuit, les lumières dans le lointain au passage du train, le bruit des aiguillages, nous plonge dans l'atmosphère de ce crime.

 Marguerite Duras, c’est inspirée de ce fait divers, et a changé un peu l’histoire. Amélie Rabilloux est devenue Claire  Lannes, le mort n’est plus le mari mais une cousine vivant avec le couple venue de province

 

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 10:27

 

Pour la première fois les trésors du Mont Athos sortent de Grèce pour s’exposer à Paris.



Un peu d’histoire :

Le Mont Athos « la sainte montagne » péninsule qui se situe dans le nord de la Chalcidique, offre l’un des plus beau paysage de Grèce. Le point le plus haut culmine à plus de 2000 mètres.

L’arrivée des moines au Mont Athos est surement due aux  événements de la seconde période de la crise iconoclaste 813-842. Persécutés pour la représentation des images, ils se sont réfugiés sur le Mont Athos favorisant leur isolement, cela depuis le V eme siècle. Ils vivent en solitaires, cela existe en Orient depuis VI eme siècles à la suite des premiers ascètes chrétiens de Palestine et d’Egypte. Ce type de vie monastique prend plusieurs formes : ceux qui se retirent du monde pour vivre à l’écart ils sont appelés anachorètes, chacun vit seul, isolé des autres cela fait un ermite. Lorsque les ermites vivent pas loin les uns des autres ils forment une communauté appelé laure, chacun vit comme il l’entend il n’y a pas de chef. Ces demi-solitaires s’exercent à l’ascète, ils peuvent consulter un ancien quand ils le souhaitent. Le plus célèbre est  Saint Antoine l’Egyptien, dont la vie, fut rédigée par son ami Athanase, évêque d’Alexandrie, qui devint le guide de la vie ascétique des générations de moines.

L’arrivée de Saint Athanase au Mont Athos X-XI eme siècle

 Saint Athanase arrive au Mont Athos en 963, il vient fonder le monastère de la grande Lavra, avec l’appui de Nicéphore Phocas, élu empereur la même année, il consacre de grands moyens à la fondation du monastère. Athanase veut importer au Mont Athos, le modèle cénobitique c'est-à-dire vivre et prier en communauté sous un même toit, avec un règlement intérieur et un chef. C’est la règle de vie « stoudite », elle aura une grande influence jusqu’au XV eme siècle et au-delà. Sa vision de la vie monastique se heurte a celle des moines anachorètes qu’il trouve a son arrivée. C’est pourtant son choix qui sera imposé avec l’aide de Byzance. Son successeur poursuivra son œuvre notamment la première réglementation ou typikon signée en 972 par l’Empereur. Ce typikon constitue le  droit athonite, encore en activité aujourd’hui

L’empire byzantin :

En 324, L’empereur Constantin décide de transférer la capitale de l’Empire à Byzance, situation stratégique  et économique favorable. La nouvelle capitale rebaptisée Constantinople, est inaugurée en 330, elle est désignée comme la nouvelle Rome, et montre ses liens avec la ville de Rome et la continuation de la tradition romaine.

Les deux siècles suivants, l’Empire doit défendre le christianisme, devenue religion d’état, et contre les invasions des nouveaux peuples tel que les Huns. Justinien 1 er (527-565)   réussit à reconquérir l’Occident et à rétablir l’unité de l’empire provisoirement. Son règne est marqué, par une grande œuvre, le fondement du droit civique moderne.

Au VII eme siècle, l’Empire traverse une crise. Il perd les provinces les plus riches de l’Orient, conquises par les arabes 636.Pendant des siècles, feront peser une menace sur Byzance. Dépossédé  d’une grande partie de la péninsule balkanique avec l’arrivée des  slaves, fin VI eme VII eme siècle.

La fondation de la Bulgarie date de 631, de cette crise nait l’Empire grec. La crise iconoclaste 730-843, opposent adversaires et défenseurs des images, cela dure pendant plus d’un siècle.

Le rétablissement du culte des images à lieu en 843, ce sera la période la plus glorieuse de l’histoire byzantine.

Les empereurs  de la dynastie macédonienne de 867 à 1056 reconquière l’Asie mineure, les Balkans et préparent une œuvre législative importante.

L’Empire connait au  IX et X eme siècle une renaissance culturelle de l’église de Constantinople et étend son influence sur les nouveaux états : 863  évangélisation de slaves, 864, baptême du tsar de Bulgarie, en 989 celui du prince russe Vladimir.

Fin XI eme, de graves troubles compromettent l’œuvre des macédoniens. La pénétration économique de Venise, Gènes et Pise, privent Constantinople  de ses ressources économiques. Les croisades ruinent et morcellent  l’Empire. La prise de Constantinople à lieue en 1204 est placée sous domination romaine. Après sa reconquête en 1261, malgré la reconstitution de l’Empire, il est affaibli  économiquement, bouleversé par des guerres dynastiques et des mouvements sociaux, l’Empire ne peut résister à l’avancé des ottomans, ils prennent Constantinople en 1453, sa chute marque la fin de l’Empire byzantin. Byzance a su créer de 1261 à 1453, une renaissance culturelle et artistique, qui survivra à la disparition de l’Empire.

Extraits du petit journal.




Mais revenons à l’exposition, à l’entrée une maquette du mont Athos, en suivant, nous avons  toute  l’histoire du Mont qui se déroule par date en même temps que la découverte des œuvres.

Les monastères sont au nombre de 20, les œuvres exposées viennent principalement de deux monastères  Vatopédi et d’Iviron.

Le Mont Athos dans l’Antiquité IV après JC.

Existence de 5 villes sur la péninsule à cette période. Des petits hameaux ont subsistés, des vestiges d‘une basilique paléochrétienne ont étés trouvés ainsi que des céramiques sans décor.

Présentation d’un bas-relief funéraire avec une inscription et une tête d’homme début II eme siècle après JC

L’arrivée des moines étrangers et de Saint  Athanase

Une icône est exposée le représentant, elle date de 1360, un psautier datant du Ix eme siècle pour les œuvres principales, une icône avec Saint Georges et Saint Paul Xeropotaminos entourant le Christ.

  Art Byzantin à Athos époque Byzantine

Cette époque correspond à l’apogée culturel et politique de l’Empire.

Les  ivoire grand succès au X  et XI  eme siècle, place importante dans la production artistique de l’époque.  Avec la dynastie des Commènes 1081-1185, c’est la floraison des arts et lettres qui atteignent leur apogée, la peinture monumentale qui orne les bâtiments monastiques.

Sont exposés : L’embrasement des apôtres Pierre et Paul 1170-1180, revêtement d’une reliure XIV eme XV eme siècle, argent doré pierres semi précieuses , icône représentant l’apôtre Marc et une icône de l’apôtre Pierre. Nous reconnaissons la peinture commène par le volume des visages, les aplats  rouges  sur les joues, les sourcils arqués et le rendu de la chevelure.

L’art Byzantin à Athos

Les 20 monastères renferment l’une des plus grandes collections d’art chrétien au monde, cela va de la renaissance macédonienne à la chute de l’empire de Byzance. Les églises et bâtiments monastiques offrent des sculptures et mosaïques, mais aussi beaucoup de manuscrits, reliquaires, broderies, mobilier et objets liturgiques.

Un certain nombre de ces objets sont à l’exposition.

 

L’art du XIII au XV eme siècle

A la faveur de la 4 eme croisade, la prise de Constantinople par les latins alliés aux vénitiens marque un passage difficile pour les monastères, qui sont occupés tour à tour par les croisés. Cette présence explique, l’arrivée d’œuvres occidentales, conservées dans les monastères.

Un exemple nous est montré par une plaque, l’adoration des mages, attribué à un atelier de Basse-Saxe entre le XII eme et XIX eme siècle, aussi une plaque en émail de Limoges.

La restauration de l’Empire byzantin par Michel VIII ouvre une période de renouveau pour la Sainte Montagne, elle correspond au renouveau de Constantinople. Ce développement monastique résiste à l’occupation serbe 1356-1371, puis à la prise d’Athos par les turcs en 1383 puis en 1393, puis la défaite des turcs à Ankara en 1406 n marque le retour e l’Athos dans l’Empire

A cette époque l’art de l’icône est fleurissant.

De grandes icones sont exposées, de Saint Georges, vers 1300, de Saint Dimitios, vers 1300

L’architecture à Athos

Le Katholikon c’est ainsi que l’on nomme l’église centrale d’un monastère. Les icones y occupent une grande place. Elles recouvrent l’iconostase (cloison séparant le sanctuaire de la nef recouverte d’icones) selon un programme bien précis. En temps que lieu principal e la liturgie, le Katholikon abrite l’ensemble des objets nécessaires au déroulement du culte. Livres saints, Evangiles, psautiers parfois richement décorés, rouleaux de liturgie, vêtements et ornements ecclésiastiques, des lutrins, mobiliers.

Présentation de lutrin XV eme en bois, de reliquaires, ornements liturgiques brodés.

Donations et protections impériales

De nombreuses donations furent faites aux monastères à l’époque byzantine. Les empereurs et leurs familles, les dignitaires byzantins, les souverains étrangers faisaient des dons aux monastères. Es œuvres précieuses des manuscrits, icônes revêtues souvent d’argent et argent doré, mosaïques. Ces dons visaient à, assurer la prière des moines. Ces donations pouvaient servir également à une admission ou bien une amélioration des conditions de vie  d’un parent moine. Ces cadeaux pouvaient jouer un rôle diplomatique.

Un exemple avec Jean VI Cantacuzène (1347-1354) au monastère de Vatopédi. Son règne marqué par des menaces extérieures, troubles sociaux au sein de l’Empire byzantin, détrôné il devient moine et pensait venir au monastère de Vatopédi dont il était un actif protecteur, il avait offert de grandes icones, des manuscrits, un epilaphios brodé la famille offrit aussi des terres.

Nous voyons ces objets tel que la croix d’iconostase fin XIV eme, un calice dit le jaspe, en argent doré seconde moitié du XIV eme, une icône de saint George, stéatite, argent doré.

Le Mont Athos après la chute de l’Empire byzantin

Repoussés deux fois les turcs sont aux portes de l’Empire. Dès 1423, le Mont Athos fait allégeance aux ottomans, 30 ans avant la chute de Constantinople. Les sultans adoptent une politique favorable aux moines. Cette alliance permet au Mont de garder son autonomie, après la chute de l’Empire, ce sera le refuge de l’orthodoxie et son défenseur, c'est-à-dire permanence de la vie monastique mais aussi une vitalité artistique. Depuis le XV eme siècle le mont Athos importe des œuvres de grandes qualités, des icones de Crète. Au XVI eme le moine crétois Théophane s’installe à Athos. Sa réalisation de la décoration en fresques des Kathonikata 1546 introduit un retour au style monumental.

 Nous pouvons voir Le prophète Ezéchiel montre une grande expressivité

Au XVII eme siècle la peinture perpétue le XVI eme, un exemple le Christ pantocrator.

Au XIX eme, un grand nombre de peintres moines travaillent à Athos, ils créent une peinture religieuse populaire qui marque la fin de l’Empire byzantin.

L’exposition se termine de nombreux livres venant des bibliothèques des monastères

Cette exposition est exceptionnelle par  la mise en valeur et la beauté des  œuvres présentées. De magnifiques panneaux photographiques de  Ferrante Ferranti   montrant  les monastères, ils permettent de situer les œuvres dans leur contexte.

Exposition  à ne pas  manquer, au petit Palais à Paris  jusqu’au 15 juillet.

 

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