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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 17:03

 Madeleine Vionnet nait en 1876 à Chilleurs aux bois dans le Loiret et meurt à Paris en 1975. Ses parents se séparent alors qu’elle est encore enfant, c’est son père qui en aura la garde, ils s’établiront  à Aubervilliers.

Elle se marie à 18 ans et à une petite fille qu’elle perd très tôt, son mari la quitte.

Elle a 20 ans, elle décide de partir pour l’Angleterre, elle veut apprendre l’anglais, elle trouve un emploi de lingère dans une maison de santé. Elle est engagée chez Jules Paquin, qui vient d‘ouvrir une succursale à Londres, ou elle dirige une équipe de 12 personnes, par son travail elle vient faire des achats de modèles français. Elle rencontre les sœurs Callot, l’une des plus grandes maisons de couture parisienne.

En 1900, fascinée par la danseuse américaine Isadora Duncan et ses formes libres, elle explore l’art du drapé, elle est engagée comme première chez les sœurs Callot (maison de couture 1898-1937).

Elle dira : Grâce aux sœurs Callot, j'ai pu faire des Rolls-Royce. Sans elles j'aurai fait des Ford ".

 Puis c'est au tour de Jacques Doucet , autre grande maison de couture (1853 à 1929), de lui faire appel. C'est chez lui que dans toutes les créations qu'elle fera, elle supprimera définitivement l'usage du corset. Plus qu'une mode : une révolution. Car, c'est bien elle et non Paul Poiret qui a mené cette révolution-là.

En 1912, ses créations remportent un immense succès chez Jacques Doucet, elle décide La même année d’ouvrir sa première maison de couture au 222, rue de Rivoli, elle débute avec une seule couturière qui est l’épouse d’un ami de son père. Elle connaît très rapidement le succès, ses clientes la suivent, admiratrices de son savoir-faire. Mais deux ans plus tard avec la première guerre mondiale elle est contrainte de fermer sa maison. Elle part en Italie et ne  cesse  de travailler, ses modèles des années 1917- 1920 sont parmi les plus audacieux. La guerre terminée, elle revient et impose une modernité étonnante dans le monde de la haute couture. Les femmes d’après-guerre sont devenues modernes et actives, il faut quelles se sentent libre dans leurs vêtements.

 

 Elle maitrise le biais, elle invente la coupe en biais et du drapé que personne, depuis, n'a su maîtriser avec autant de perfection. Technicienne hors pair, elle a su mettre son génie au profit du corps des femmes et de leur bien-être. 

De 1920 à 1930, elle donnera libre cours à sa passion des fleurs à travers des jupes corolles et surtout des amas de roses en bandeaux, en colliers, en guirlandes, toujours somptueusement parsemées sur des capes ou des cols.  

Dans les années 20 la presse est élogieuse à son égard, ses modèles sont portés par la  Duchesse Sforza, sur Madame de Vilmorin, sur Liane de Pougy.


1923, elle s’installe au 50 avenue Montaigne, Elle transforme un simple hôtel particulier  en un temple de la mode et du luxe. L’accueil des clientes se fait dans de grands salons très élégants, harmonie des couleurs, élégance des formes,  décors uniques, fresques inspirées de l’antiquité grecque, tout pour plaire aux clientes et les faire rêver.

Son entreprise est importante elle à huit cent cinquante ouvrières installées dans un immeuble proche de son hôtel particulier. Elle présente 300 modèles par collection. Un atelier prévu pour la coupe, un pour le flou, un pour les tailleurs, un pour la fourrure, un pour la lingerie. Très moderne, elle a installée quelque chose de nouveau le repassage électrique. Les employées travaillent dans de bonnes conditions et bénéficient de vacances, ce qui n’est pas le cas dans d’autres maisons de couture.

Pour les fourrures et les broderies, elle avait besoin de fournisseurs, pour la fourrure ce sera Louis Bourdeu et Lesage pour les broderies.

Les femmes vivent dans le luxe à cette époque les restrictions n’existent pas, elles possèdent plusieurs fourrures.

Elle collabore à la décoration des Galeries Lafayette elle veut en faire un temple de la mode.

1924, elle est vraiment reconnue, c’est sa période glorieuse, elle ouvre une boutique à New York, puis une  autre en 1925 à Biarritz. Ses clientes Mesdames Citroën, Revel, Martinez de Hoz .

Le 2 février 1929, elle est décorée  chevalier de la légion d’honneur, en qualité de couturière.

 1934, période romantique, changement de  style, les robes sont de plus en plus larges et de plus en plus légères.

C’est une époque ou le luxe et le raffinement n’ont pas de limites, Paris vit au rythme des fêtes, bals, courses de chevaux, soirées mondaines. Les robes du soir apparaissent en taffetas, en lamé, des tulles brodés d’or, des fourreaux. Ce sont les années d’or de Madeleine Vionnet. Elle devra aussi ses derniers succès a sa première depuis 1914 et amie, Marcelle Chaumont-Chapsal.


Mais dès 1939 tout cela se termine, la maison de couture ferme, nous sommes à la veille de la seconde guerre mondiale.

1939, elle est  promue officier de la légion d’honneur.

Après 1939, Madeleine Vionnet, aura une correspondance importante avec Liane de Pougy sa première, et transmettra son art, dans une école.

A la fin de sa vie elle écrira :

" L'important c'est d'arriver à vivre et à travailler tel qu'on est, en pleine vérité, en somme à s'imposer, mais il faut qu'il y ait en soi de quoi le faire. Que de gens s'ignorent toute leur vie et courent après eux mêmes... Il faut toujours se dépasser pour s'atteindre... Toujours lutter au fond, c'est passionnant... c'est la force de résistance qui soutient le mieux. Elle seule dépend de vous."

 

 Ses créations

  Plus que des robes, ses créations deviennent de véritables architectures à draper selon un rituel de gestes précis. Elle avait l'habitude de travailler sur un petit mannequin de bois peint sur lequel elle créait toutes ses toiles en modèles réduits. Elle gardera cette célèbre petite figurine dans sa chambre jusqu'à la fin de ses jours et s'en servira pour expliquer aux visiteurs curieux, les différentes étapes de son travail.





Séduite par la Grèce antique, peuple attaché à la beauté du corps, libre de se mouvoir, sans les entraves  du vêtement. Elle s’inspire des fresques et vases antiques, certains de ses modèles rappellent les statues grecques.  Elle puise à la même source antique, grecque ou égyptienne, pour la création de sa robe aux petits chevaux, frise apportée sur la robe par Lesage.



Elle a un autre désir, le vêtement sans couture, donner l’impression que le vêtement est d’une seule pièce. Les drapés conçus dans le même état d’esprit pour laisser une grande liberté ainsi que son utilisation du biais.
Elle aime travailler les tissus fluides , elle  est la première à utiliser le crêpe de Chine, elle apprécie le crêpe de soie, la mousseline, l’organza, ces tissus souples lui obéissent, ils épousent le corps.

Madeleine Chapsal a écrit un livre «  la chaire de la robe », Madeleine Vionnet était sa marraine.


Extraits du livre « Madeleine Vionnet créatrice de mode ». De Sophie Dalloz-Ramaux.

 

Dès  l’entrée de l’exposition, le visiteur est plongé dans la pénombre, la mise en lumière s’effectue sur les robes présentées dans les vitrines.

Le premier étage retrace la première période de la couturière de 1910 à 1930. Son petit mannequin de bois est exposé, ainsi qu'une robe de style grec brodée par la maison Lesage. Un petit film muet en noir et blanc, ou nous voyons Madeleine entrain d’imposer sa signature, mettant aussi son empreinte sur l’étiquette, afin d’éviter les copies. 

En poursuivant la visite au second étage, exposition des modèles de 1930 à 1939, les robes du soir en tissus précieux, manteaux.

Quelques vidéos çà et là, présentation de l'hôtel particulier avenue Montaigne, un défilé avec les modèles exposés .

La voix de Madeleine dans une interview "Je préfère travailler, la mousseline, le crêpe"

Présentation de quelques dessins, certains  paraissaient dans la revue de mode " bon ton" magazine qui a existé de 1912 à 1925.




Une minutie et un raffinement à l’extrême, pour ces robes aux tissus précieux, une dominance des tons pastel pour les mousselines et de noir pour les crêpes et taffetas. Magnifique exposition, qui nous transporte dans l'univers de Madeleine Vionnet.
C'est avec nostalgie que j'admire certains modèles, ils me rappellent les robes que je voyais sur les photos de famille, montrées par ma grand-mère lorsque j'étais enfant.

Depuis les années 80, de grandes expositions sont organisées en France, mais aussi à Tokyo, New York, Kyoto, Den Haag, Londres, en Italie, Anvers, Sao Paulo en 2005, les grands couturiers s’exposent, Madeleine Vionnet mise à l’honneur.

Tous les plus grands de la haute couture lui rendent hommages.

Exposition au musée des Arts décoratifs Paris jusqu’àu 24 janvier 2010

 

 

 

 

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 16:43

Giselle, ballet en deux actes, livret de Théophile Gauthier. Musique Adolphe Adam


 

L’histoire : Une jeune paysanne  est séduite par un grand seigneur, moins méchant homme qu’inconscient, se hausse jusqu’à la tragédie et finit par basculer dans le surnaturel.

Se perdant volontairement dans les forets de l’imaginaire que lui ouvre un récit de Heine (le mythe des fiancées mortes qui reviennent hanter de leurs danses fantastiques la mémoire des vivants).

Au lever de rideau, on aperçoit les coteaux du Rhin sous le soleil, une demeure féodale dans le lointain, nous sommes en automne, bientôt les vendanges, une modeste chaumière, en face une autre cabane, le jeune comte Albrecht est descendu dans le village, garçon de très belle allure, il séduit Giselle, qui va cueillir la marguerite en arrachant les frêles pétales, il m’aime, un peu, passionnément, pas du tout.........., Giselle déçue jette la fleur à terre, mais le bel Albrecht rectifie et fait dire aux fleurs ce qu’il veut.

La petite villageoise après avoir servie Bathilde, s’approche d’elle, et allonge sa main vers la princesse, elle effleure par hasard l’épais et riche tissu de sa robe. La princesse passe autour du cou de Giselle une lourde chaine en or. Elle est confuse et heureuse, elle se laisse embrasser par Bathilde, sans se douter qu’elle est la rivale d’une personne aussi fière, couverte de bijoux et de beaux costumes.

La vérité apparaît rapidement lorsque le trouble-fête Hilarion, apporte le manteau, l’épée et les éperons d’Albrecht devant le duc, Bathilde et tous les seigneurs.

Hélas Giselle, celui que vous aimiez n’était pas ce qu’il paraissait-être, les grands seigneurs n’épousent guère.

Elle veut se tuer et se laisse tomber sur la pointe de l’épée apportée par Hilarion. Le fer est écarté par Albrecht, la blessure et faite elle ne guérira pas, après quelques pas, elle tombe morte la main sur son cœur, entre les bras de Bathilde et Berthe, au profond désespoir de Albrecht et d’Hilarion, qui sent l’horreur du crime qu’il vient de commettre, car il est l’assassin de Giselle.

L’acte II

Une pierre tombale surmontée d’une croix, à l’arrière plan une foret au bord d’un lac. Minuit sonne,  heure inquiétante où les vivants rentrent et les morts sortent. Au milieu des fleurs et des herbes, une silhouette blanche s’élance,  il s’agit de Giselle elle fait quelques pas en chancelant, engourdie encore, l’air frais de la nuit, les rayons argentés de la lune, lui rendent sa vivacité, elle reprend possession de l’espace, elle se sent libre encore légère, elle voltige de çà et là comme un papillon. Albrecht plein de douleur vient pleurer sur la tombe de Giselle, il veut obtenir son pardon. Giselle attendrie par les larmes d’Albrecht, pousse un léger soupir, un soupir d’ombre, Albrecht éperdu se retourne «  Oh ! De grâce vision incomparable, ne t’évanouie pas, laisse-moi encore regarder ce doux visage que je ne croyais revoir qu’au ciel !» et il s’élance, les bras étendus, mais ne saisit que roseaux et lianes.

Les wilis (ce sont des fiancées mortes avant le jour des noces), ogresses de la valse, ont flairé un danseur frais,elles accourent en toute hâte prendre leur part de ce régal. «  Méchantes ! s’écrie Giselle, les mains jointes, laissez-moi mon Albrecht, ne le faites pas mourir, qu’il jouisse encore de la douce, lumière des cieux, pour se souvenir de moi, et pleurer sur ma tombe : il est si bon de sentir une tiède larme pénétrer sous terre jusqu’à vous, et tomber d’un œil brulant sur notre cœur glacé ».

Extraits du livret




Giselle, c'est le chef d’œuvre du ballet romantique, créé en 1841.  

Ce ballet  évoque les thèmes déjà dans l’air du temps, le retour à la nature, le gout pour l’irrationnel, le fantastique gothique de ruines au clair de lune, hantées d’apparitions mystérieuses. C’est aussi le désir de retrouver la simplicité, l’authenticité d’une vie innocente d’avant la perversion engendrée par l’agitation des villes, et l’envie de s’évader d’un monde devenu trop prosaïque et matérialiste : le rêve pour transcender la réalité. C’est aussi la pensée littéraire et philosophique.

Ce ballet laisse toujours une grande émotion, la  grâce, la  beauté sont au rendez-vous.

Excellente interprétation d’Isabelle Ciaravola, nouvelle étoile du ballet, dans le rôle de Giselle, Stéphane Buillon dans le rôle d’Albrecht, Karl Paquette dans celui d’Hilarion pour les rôles principaux de cette soirée.


Au Palais Garnier

 

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 08:09

Yerres, petite ville de la région parisienne entourée de forêts, dans le département de l’Essonne.

Ville au passé historique important, sa création date du XII eme siècle, le gué d’Yerres se trouvant sur la voie romaine qui allait de Paris à Montereau est certainement du au peuplement de la ville.

La création de Notre-Dame de Yerres date aussi du XII eme siècle. 44 abbesses bénédictines l’administrèrent jusqu’à la Révolution, lui donnant un grand rayonnement.

Le vieux château au centre ville, architecture des châteaux seigneuriaux, Dreux Budé était le seigneur de Yerres, il y vécut de 1450 à 1460, frère du célèbre helléniste Guillaume Budé, proche de François 1er, il possédait une maison  proche du château, une fontaine devant la maison inspira les poètes tel que Voltaire.

 

1642, le duc d’Angoulême seigneur de Grosbois et d’Yerres, donna à des moines italiens, les camaldules (ordre religieux fondé en Italie en Toscane, reconnu en 1113 comme branche autonome de l’ordre de Saint-Benoît), un terrain pour y édifier leur monastère, ils cultivaient la terre. Pour survivre ils recevaient des personnes importantes, tel que le prince François II Rakoczi, prince sauveteur de la Hongrie, il fit une retraite aux Camaldules et écrivit ses mémoires en français de 1715 à 1717.

Le château de la Grange, style Renaissance, construit en 1617, par Charles Duret contrôleur général des finances et fils du premier médecin de Charles IX. Le château fut vendu en 1637 à Rollin Burin, maitre d’hôtel du roi, en 1658, Ninon de Lenclos y séjourna.

Il fut habité par Henri 1er, la duchesse de Guise, Louis XIII et par le maréchal de Saxe, qui l’acheta en 1748, il le fait réaménagé, mais les travaux ne seront par terminés à son décès deux ans plus tard.  

Maurice de Saxe, le  vainqueur de la bataille de Fontenoy, et l’arrière-grand-père d'Aurore Dupin (1804–1876) ou l’écrivain George Sand.
 

Une grande évolution facilita les déplacements, dès 1848, une ligne de chemin de fer fut créée Paris, Lyon Méditerranée, elle faisait une halte à Yerres, donc ouverture sur l’extérieur de la ville.

Les bourgeois venaient s’y reposer dès le XIX eme siècle, et profiter des activités sur la rivière.

 De très belles villas furent  construites sur les bords de l’Yerres. Un exemple la très belle villa « la gerbe d’or », construite en 1827, elle fut la propriété d’Alice Raingo, qui épousa le collectionneur Ernest Hoschédé, le peintre Claude Monet ami d’Ernest Hoschédé, vint à Yerres en 1876 et y peignit la villa. C’est en 1879, à la mort de l’épouse de Monet, qu’Alice prit les deux enfants de Monet  en charge. La famille Hoschédé quitte Yerres en 1880. Monet épousera Alice à la mort d’Ernest Hoschédé en 1892.

Dès 1866, Pierre Larousse venait tous les jours de Paris pour terminer son encyclopédie universelle. 

 

C’est en 1860, que Martial Caillebotte acquière sa propriété, elle se trouve à proximité de l’ancien gué et du pont sur la rivière.

Gustave Caillebotte n’a que 12 ans à l’achat  de  la propriété, le petit Gustave commence à dessiner, mais poursuit ses études, à 21 ans il obtient son bac.

Il commence à peindre dans la propriété familiale, ou il venait l’été.

Licencié en droit à 22 ans en 1870, il fait parti de la garde mobile de la Seine. Il entre dans l’atelier du peintre Léon Bonnat qui a fait ses études à Madrid et aux beaux arts de Paris, et est l’élève de Léon Cogniet , qui fut second au grand prix de Rome en 1858, et ami d’Edgard Degas.

En 1872, Gustave part en Italie avec son père, rencontre un ami Giuseppe De Nittis (peintre italien) il peint une route à Naples.

L’année suivante, il est reçut au concours de l’école des beaux-arts à 25 ans, cette même année il peint sa première œuvre connue ‘femme nue sur un divan’.

Son père décède en 1874 le jour de Noel, sa mère garde la propriété familiale d’Yerres.

Dès 1875 Gustave séjourne et  travaille à Yerres, il peindra  «  l’Yerres effets de pluie », « le billard ».

  


Il garde des contacts avec des artistes Comme de Nittis et Béraud.

1876 année importante, il  fait l’acquisition d’une œuvre de Manet et se peint sur le pont de l’Europe qui est construit depuis peu, il est achevé en 1868, il surplombe les aménagements de la gare saint Lazare. Il devient membre du cercle de la voile à Paris et participe à la seconde exposition impressionniste, il présente 8 toiles, dont « les raboteurs de parquets ».

En 1877, il organise et finance  la 3eme exposition impressionniste, il présente 6 tableaux dont, rue de Paris, temps de pluie, le pont de l’Europe, les  peintres en bâtiment, portraits à la campagne.

L’année suivante il perd sa mère, il met la propriété d’Yerres en vente, il réalise  «  les orangers ».

La période Yerroise dura 19 ans. Il y peint 80 tableaux.

 

Lorsque l’on visite la propriété, on imagine très bien la vie à Yerres à l’époque, ou une famille bourgeoise vient passer  l’été avec ses enfants, grand changement par rapport à la vie parisienne, Yerres c’est la campagne.

Un immense parc boisé avec quelques massifs fleuris ou les enfants peuvent en toute liberté, se baigner, pêcher, jouer, faire du jardinage dans le potager, pendant que les parents s’adonnent à la lecture, à la broderie, réunion de famille ou avec des amis sous les arbres devant le casin.
 




La visite de cet endroit charmant nous fait découvrir dès l’entrée sur la gauche, le casin, bâtiment principal, (ce nom inspiré de la casina de Raphael, située dans les jardins de la villa Borghèse à Rome). Sur  la  façade une colonnade de style palladien, donne un coté très italien à cette demeure, deux statues dans des niches l’une d’Apollon et l’autre de Vénus. La bourgeoisie à cette époque avait le gout pour l’Antique, Peu d’éléments de l’époque de Caillebotte restent  à l’intérieur.

 Il fait face au parc à l’anglaise, sur la droite,  la ferme Ornée, elle servait de dépendances, devant une grande volière, installée en 1860 par Martial caillebotte nouveau propriétaire, elle est en forme de rotonde, les oiseaux étaient recherchés à l’époque pour leur chant. En prolongement de la ferme, le chalet suisse, c’était la laiterie, décoration en bois avec un certain raffinement, cela du au père de Gustave.

 








 A coté l’exèdre (dans le monde Antique, salle de réunion destinée à la conversation, statuaire gallo-romaine montrant l’enfant à l’oie, sorte de retour aux sources de la civilisation.


La visite du parc, en prenant l’allée sur la gauche du casin, on trouve le banc couvert, prévu pour se reposer et contempler le parc paysager.


 En continuant, le kiosque ou petit pavillon belvédère permettant de dominer le parc on y voit même le mont Griffon, il est richement décoré ornements en bois et griffons sur les vitraux, il est de style oriental, dessous  se trouve la glacière, elle fait 7 mètres de profondeur, elle permettait de garder les aliments au frais pendant l’été. La porte d’entrée encadrée par des rochers donne l’impression d’une grotte.

 Proche une chaumière, de style plutôt montagnard, il s’agit d’une réserve pour ranger les outils. Dans le prolongement une petite chapelle recouverte de lierre, d’où son nom Notre-Dame du lierre, elle fut construite en 1864, à l’initiative du père de Gustave car son fils ainé était devenu prêtre. Son architecture fin XIX eme, est un mélange de style roman (arc en plein cintre) et néo-gothique (formes élancées et découpées). Au fond du parc, se situe le potager, Caillebotte était passionné d’horticulture, d’où l’importance de ce potager qu’il a immortalisé dans ses tableaux.


 En revenant vers le casin de l’autre coté du parc, une petite passerelle au-dessus d’un ruisseau, il est agrémenté de plantes aquatiques et nous conduit vers l’orangerie de style néo-classique avec quelques figurines sur le fronton, grande élégance, elle servait à abriter les orangers pendant l’hiver, elle apparaît aussi sur quelques toiles.


 Sur toute la longueur du parc se trouve la rivière si bien représentée par tous les temps par l’artiste.  

Gustave Caillebotte nous transmet par sa peinture sa vie de villégiature à Yerres, l’importance du  parc, ses nombreux loisirs autour de la rivière. Toutes les fabriques (mot utilisé à l’époque) existantes dans le parc montrent la présence de nombreux domestiques. 




 
Actuellement dans la propriété Caillebotte, la seconde biennale de sculpture, 73 sculpteurs y participent.  Jusqu’au 29 novembre.

 

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 18:21

Pièce de Sébastien Thiery

Les acteurs : Richard Berry, Raphaeline Goupilleau, Chick Ortega, Sébastien Thiery, Jean-Luc Joseph


 

A lever de rideau, Un couple dine, il s’agit de Monsieur et Madame Bélier, soudain le téléphone sonne ce qui trouble la monotonie, mais comment est-ce possible ils ne sont  pas abonnés au téléphone, on demande un certain Mr Schmitt, inconnu pour eux, plusieurs appels énervent Mr Bélier, un tableau représentant  un chien est accroché dans l’appartement, pourquoi ce chien ? Il y avait un autre tableau dans leur appartement, les livres sur les rayons ne sont pas les leurs, les vêtements dans la penderie non plus. Un mystère s’installe se sont’ ils trompés d’appartement ? Ils s’aperçoivent qu’ils y sont enfermés.

Un policier vient les interroger sur leur identité, puis un psychiatre.

Ils semblent être monsieur et madame Schmitt, à partir de là tout va basculer.

Excellente prestation de Richard Berry, il nous emmène dans cette aventure, il ne sait plus trop quelle est son identité, Raphaëline Goupilleau joue le rôle de l’épouse à merveille, elle est drôle, inquiétante. Une dynamique dans la pièce, les événements évoluent rapidement, un peu de Kafka, Freud. On reste en haleine jusqu’à la fin de la pièce.

 Un excellent moment à voir.

Au théâtre de la Madeleine à Paris, jusqu’ à Janvier 2010

 

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 10:18
Belle histoire que celle de l’éventail.
Plusieurs fois millénaire, les premiers éventails furent trouvés dans la tombe de Toutankhamon 1361-1342 avant JC.


Originaire du Japon repris par les chinois. En Orient, même s'il fut aussi fabriqué au goût européen dès le XVIIe siècle, il est resté un élément essentiel de l'art de vivre et de la culture. Les plus grands peintres chinois ou japonais l'ont utilisé comme support pour leurs œuvres. Objet indissociable les rites traditionnels de la Chine et du Japon, l'éventail est un accessoire fondamental dans le théâtre japonais Nô de même que dans certains arts martiaux. Il est présent dans le Tai-chi-chuan, ou dans la danse traditionnelle chinoise.



Dans l’Antiquité gréco-romaine, il devient accessoire de mode féminin.

Au moyen-âge occidental il est l’apanage du souverain.

 Il faut attendre la renaissance pour sa diffusion. L’éventail plissé et plié fut importé en Europe par les portugais qui font du commerce avec les japonais au XVI eme siècle.
 Il est introduit en France par deux souveraines italiennes, Catherine et Marie de Médicis, elles diffusent cette mode à la cour de France. Il est objet favori d'Élisabeth 1 ere d'Angleterre.

Très en vogue au XVII eme siècle et XVIII eme siècle. Produit essentiellement en France, en Angleterre, aux Pays-Bas et en Italie, ce fut d'abord un objet aristocratique et artistique, reprenant les sujets (mythologiques et bibliques surtout) de tableaux connus tant sur les feuilles que sur les montures d'ivoire, de nacre ou d'écaille. Les peintres Watteau et Boucher vont s’adonner à la peinture sur éventail.
Sous la Restauration l’éventail va redevenir à la mode avec des copies du XVII et XVIII eme siècle.

 Dès 1830, la mode espagnole s’impose. IL ne réapparaître qu'avec plus de vigueur après cette date, connaissant un second âge d'or pendant le Second Empire, Cette mode sera relayée par Eugénie de Montijo épouse de Napoléon III.


Un renouveau apparaît dans les années 1860, avec le japonisme, découvert avec les expositions universelles. Avec la belle époque, la mode est aux éventails à plumes qu’arborent les élégantes dans les soirées, l’éventail publicitaire fait également son apparition. Certains marchands d'éventails ont inventé au XIXe siècle un pseudo "langage de l'Eventail" très élaboré et codifié. Il s'agissait d'un outil "marketing ». Toutefois les scènes figurant sur les éventails participent à la communication sociale, de même que la gestuelle de son maniement, en particulier à la Cour.



Au XIX eme siècle, l’éventail a inspiré les artistes, la vogue du japonisme relance la tradition de l’éventail du XVIII eme siècle. Les impressionnistes introduisent des éventails dans leurs tableaux, Manet, Degas, Pissarro, Berthe Morisot, le support en demi cercle leur permet e jouer avec la perspective, les pleins les vides, figures et paysages coupés donnent un sentiment d’immédiateté, Gauguin, en réalisera une vingtaine en lien avec ses œuvres. Les Nabis Signac et Luce représenteront des paysages en pointillisme. Maurice Denis, Bonnard, Ibels mais aussi Steinlen, Forain, Mucha.


 L’éventail à son rôle dans la presse, il est présenté sous forme d’entrefilets d’articles ou de gravures entre 1870 et 1905.
 L’éventail et la mode, il existe l’éventail d’hiver et d’été, il a sa place dans les accessoires de mode. Dès 1870, il évolue selon les tendances de la mode, les motifs varient avec les saisons, il est partout dans les diners, au spectacle, au bal, on ne parle que de lui dans les revues de mode notamment dans « la vie parisienne », les décors : les fleurs, les oiseaux, animaux, les scènes galantes, les pastorales. Il est même offert dans la corbeille de mariage.
Il en existe deux sortes rigides ou éventail écran et plissés,




L’éventail et Stéphane Mallarmé, il n’est pas le premier, ni le dernier, à avoir semé des vers sur un éventail, mais il est celui qui a redonné ses lettres de noblesses à cet art. Il en offrait à ses amies ou il écrivait des poèmes, cela pendant les quinze dernières années de sa vie.









Cette exposition se présente en trois parties
Hispanisme et japonisme dans la première salle.

 " Une femme sans éventail est une chose que je n’ai pas encore vu dans ce bienheureux pays, j’en ai vu qui avaient des souliers de satin sans bas, mais elles avaient un éventail, l’éventail les suit partout, même à l’église ou vous rencontrez des groupes de femmes de tous âge, agenouillés ou accroupies sur leurs talons, qui prient et s’éventent avec ferveur " citation de Théophile Gauthier après un voyage en Espagne.

 Deux éventails hispanisant exposés côte à côte "la corrida du cid "1850 monture en nacre, le décor la plazza Réal à Madrid est transformée en arène au milieu de laquelle Don Rodrigue à cheval combat au rejon (lance espagnole) un taureau furieux, et " défilé de la cuadrilla" la face est composée de trois cartels l’un montrant l’entrée triomphale des matadors et de leurs peones (ce sont les aides du matador pendant la corrida), à gauche une passe de pique, à droite une passe de muleta, au revers scène de cabaret espagnol du XVIII eme siècle. 



" Paysan fagotant " 1870 japon, ère Meiji (nom posthume de l’empereur du Japon Matsu-Hito de 1868 à 1912) en écaille jaspée, cet éventail, décoré en takamaki-é (technique de laque utilisée pour faire un décor en très léger relief), le motif un village rustique, les chaumières sont ombragées par des pins, au revers, même technique avec pour motif un couple de cailles picorent dans des herbes ou volent des papillons. 

" La chasse aux lucioles à la tombée de la nuit ", estampe, le motif des jeunes femmes très élégantes sont sur un radeau occupées à capturer des lucioles qu’elles enferment dans des cages, très en vogue pendant la période Edo 1603-1868, de Eishi 1796-97.

 "Les jeux très distingués de la cour impériale", il s’agit d’un petit cabinet, reposant sur quatre pieds cambrés de style chinois, à décor de chrysanthèmes dorés sur fond de laque noire, sur laquelle il y a 87 éventails. Période Edo de Sagé Dantsu. 

" Les iris" fin XVIII eme, kojo ou porte encens, il est en bois laqué en forme de feuille d’éventail étalée à décor d’iris en takamaki-é, or et vert sur fond brun.

" La courtisane Kisegawa de la maison Matsuba-ya" estampe d’Utamaro, vers 1796, elle représente une jeune femme tenant un éventail écran à décor végétal. Cet artiste fut très en vogue au XIX eme siècle, il a influencé les impressionnistes par ses cadrages. Il est spécialiste de l’ukiyo-e (image du monde flottant). Estampe ayant appartenue à Claude Monet, Stéphane Mallarmé possédait des estampes d’Utamaro grand amateur du japonisme. 

" Les pêcheuses d’Ise "estampes de Kunisada 1860, elles représentent des femmes, elles découpent des lamelles des coquillages. C’est un personnage masculin qui tient l’éventail, réservé aux hommes au Japon, c’est un insigne de pouvoir qui n’est pas réservé aux femmes.

Une feuille d’éventail décor bateau XIX eme siècle, il s’agit d’un papier peint (tableau à décor floral XIX eme plusieurs aquatiques.
Une gravure sur bois d’après une œuvre de Manet par Alfred Prunaire " une parisienne ",

"La femme aux écrans "1878 Goeneutte à la pointe sèche, elle est tout à fait représentative de la mode du japonisme qui déferle sur l’Europe seconde moitié du XXeme siècle.
" Eventail aux canards", "éventail aux branches de cerisiers en fleurs" et "éventail à la branche de pommier". Par leur sujet comme par leur composition, ces trois projets d’éventails d’Henri Guérard aquarelles sur soie, sont marqués par le japonisme, dont l’influence parcourt l’ensemble de son œuvre.

 "L’éventail de Misia Natanson ", papier japonais décoré avec quatrain de Stéphane Mallarmé :
"Aile du papier reploie
Bats toute si t’initia
 Naguère à l’orage et la joie
 De son piano Missia "                 

 Excellente pianiste Misia était la muse de la revue blanche, son mari Thadée Natanson était le directeur de la revue blanche, c’est à cette époque qu’elle fréquente les Nabis et Stéphane Mallarmé à Valvins.





"Les japonaises "1888, feuille d‘éventail aquarelle sur cabretille (fleur de peau de chèvre pouvant être peinte) de Louise Abbéma, auteur de nombreux portraits féminins, les sujets japonais abondent dans son œuvre et bien souvent l’éventail est représenté.

" Le Japon artistique", revues illustrées sur les arts japonais, sont publiées par Samuel Bing marchand d’art, éditions de 1888 et 1891. Les artistes Nabis sont sensibles à ces revues riches en illustrations.

"Eventail de Mary Laurent" 1889, papier et décor japonais il s’agit de quelques branches d’arbres avec des feuilles aux couleurs d’automne. Il y a des maximes autographes de Dreyfus, journaliste et auteur dramatique, de Champsaur journaliste et romancier. Ils fréquentaient le cercle, avec Stéphane Mallarmé de Méry Laurent qui était comédienne de théâtre.
 Photo de Mary en kimono avec éventail à la main.

La seconde salle nous conduit vers les éventails d’art, les peintres impressionnistes et les Nabis furent influencés par le japonisme, la forme de l’éventail permet une construction nouvelle dans la représentation du sujet.

 " Bougival " éventail de Berthe Morisot en 1884, aquarelle et huile sur soie dans les tons de vert, il s’agit d’un projet d’éventail montrant un paysage de Bougival à peine esquissé, quelques arbres à l’arrière plan.
 Un autre représente des" scènes de patinage", aquarelle et gouache sur soie, les tons sont gris bleutés, l’atmosphère hivernale est bien rendue, un couple au centre danse, à leur gauche une patineuse avec un manchon, plus à gauche une femme en gros plan est assise elle fixe son patin, dans le fond un paysage esquissé.

Eventail "au portant de théâtre " Degas 1879 aquarelle rehaussée de pastel sur papier, il fut influencé par le japonisme
, il déconstruit sciemment la perspective occidentale traditionnelle par l’irruption de figures et de plans colorés sans respect de distance, ce qui déroute le regard, le spectateur est à la fois sur scène et en coulisses, la couleur bleutée contribue à rendre la scène irréelle et féerique. 

" Paysage de la Martinique " Gauguin 1887, feuille d’éventail encadrée peinte à la tempera, il a peint cette feuille au retour de son voyage en Martinique. Sa palette est vive, bleus, verts, orangés évoquent le paradis tropical que recherchait l’artiste. La présence humaine, une silhouette assise devant une case, deux personnages ébauchés sur la droite se mêlent harmonieusement aux animaux à la végétation.

"Scènes de cirque "Ibels, 1890, lithographie imprimée sur soie avec rehauts de gouache. Ibels était amateur de spectacles populaires, principalement le cirque, très belle illustration ici dans une technique en aplat qui caractérise l’art des nabis. Il associe la piste arrondie à la forme de l’éventail ce qui met l’attention sur les artistes présents sur la piste .Il est des fondateurs du groupe les Nabis, Il publie de nombreuses illustrations dans les revues.

"Basse-cour à l’enfant breton" de Maurice Denis, gouache sur papier, influencé par Gauguin, la palette plus colorée, les figures cernées, le thème l’enfant dans la campagne bretonne, l’exemple japonais est présent, Maurice Denis collectionneur de ukiyo-e, on a l’impression que ses personnages et animaux flottent.

"Éventail des fiançailles" Maurice Denis, 1891 gouache sur papier, 18 branches de bois laqué blanc. Il fut offert par Maurice Denis, à sa fiancée et futur femme Marthe Meurier, cet éventail montre la jeune fiancée, attirée vers l’arrière d’une foret représentée par un tronc noueux dont le motif est extrait des estampes d’Hiroshige, un fleuve devant la foret symbolise la vie, un canot l’embarquement et le cheminement intérieur, les deux cygnes sur l’autre rive la fidélité et le mariage, la jeune femme tend la main vers une vasque où le peintre a esquissé son autoportrait, et tient un évangile offert par l’artiste. Tout est symbole comme dans le sonnet des correspondances de Baudelaire. La nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles. L’homme y marche à travers des forets de symboles Qui l’observent avec des regards familiers.


"Jeune femme aux lilas" 1898 Maurice Denis, gouache sur soie collée sur papier et soie, 10 branches de bois naturel. Sur esquisse, proche de l’éventail des fiançailles, mais l’artiste a adopté une autre technique, le pointillisme, la composition joue sur l’asymétrie, les motifs traités de manière graphique et décorative, il joue sur les lignes sinueuses du chemin, des ailes et du cou des cygnes, la silhouette de Marthe, la courbe de la robe, du bras, du chignon, les troncs roses du lilas.

 La dernière salle de l’exposition présente un nombre de pièces enrichies de poèmes, œuvres offertes aux amies, artistes, épouses, un ensemble documentaire consacré à l’éventail et la revue la dernière mode.

Mary Cassatt dessin " La loge " 1881, gravure, elle représente souvent une femme dans une loge de théâtre avec son éventail. Mary Cassatt voyait souvent Mallarmé avec Berthe Morisot, Degas, elle venait souvent à Fontainebleau proche de Valvins.

" Eventail de Marie Hirsch "1896, en ivoire et feuille de vélin avec motif aquarellé, Marie Hirsch était la fille du peintre et graveur Alphonse Hirsch (1843-1884) cet éventail comporte environ soixante dix signatures de Sarah Bernhardt, Bartholdi, Léon Bonnat, François Coppée, Julie Daudet, Dieulafoy, Jules Massenet, Mucha, Alphonse Allais, Pasteur, Puvis de Chavannes, Zola, Prud’homme, Stéphane Mallarméavait des relations suivies avec cette famille.

" Eventail de la Princesse Mathilde" vers 1880, de style japonais, monture en bois laqué rouge foncé, papier japonais à motifs de feuilles de roseaux peints à l’aquarelle, il comporte 49 autographes, cet éventail a servi de livre d’or. La Princesse Mathilde est la fille de Jérôme , le plus jeune frère de Napoléon 1er.

" Eventail d’Yvonne Lerolle" 1894, bois et papier, dédicace et partition de Debussy, il a écrit le premier acte de Pelléas et Mélisandre, dont celui-ci est reproduit sur cet éventail à décor japonisant de fleurs et d’oiseaux. Dédicacé pour Yvonne Lerolle âgée de 17 ans, qui parait avoir été une des inspiratrice de la princesse du drame musical composé » par Claude Debussy sur le poème de Maeterlinck. Mallarmé était en relation avec les parents de la jeune fille, Henry Lerolle était artiste peintre dans le cercle de Renoir, Morisot, Degas et Debussy, la même année fut achevé la partition du Prélude à l’après-midi d’un faune, inspiré du poème de Mallarmé. Yvonne Lerolle est la jeune fille jouant du piano dans le célèbre tableau de Renoir ‘les petites filles au piano’

"L’éventail de Madame Mallarmé" en 1891 poème autographe de son mari, feuille papier argenté orné de pâquerettes blanches.
 Un petit carnet de projets d’éventails de Louise Abbéma, sur le projet d’éventail est esquissé au crayon cinq silhouettes féminines ou est écrit jeanne, Sarah, Christine, Blanche ; Sophie amies de l’artiste, dont Sarah Bernhardt trois autres actrices et une cantatrice suédoise Christine Nilsson.

"Eventail de Mademoiselle Mallarmé" poème autographe de Stéphane Mallarmé, papier blanc monture en nacre.


"Eventail orné d’une aquarelle" avec un poème autographe de Jean Lorrain 1895, l’aquarelle signe fonseca représente des iris avec une libellule, ce qui est dans le gout japonais : l’iris étant pour son graphisme raffiné un motif de prédilection chez les artistes japonais tel Hokusai. Jean Lorrain était journaliste, poète, romancier, offert en amitié pour Mallarmé.
" Eventail d’Augusta Holmès" en 1886 ébène et tulle noir à décor de paillettes noires. Avec quatrain de Stéphane Mallarmé.
"Fleur, signe et, sur le lac, cygne
 Au nom d’Augusta Holmès
Le battement suit la ligne
 Du nonchaloir de Mendès"
 Augusta Holmès musicienne irlandaise (1847-1903) a composé beaucoup d’œuvres, liée aux milieux Parnassien, elle rencontre Stéphane Mallarmé en 1860.

" Eventail de Gabrielle Herold", poème autographe d’André Fontainas, le décor deux japonaises sous des branches fleuries. André Fontainas poète et critique belge, il a été l’élève de Mallarmé au lycée Condorcet, il fréquenta les mardis de la rue de Rome. Gabrielle Hérold est la sœur du poète André Ferdinand Herold, elle épousa André Fontainas en 1890.

" Eventail de Madame Emile-Blanche", papier et bois noirci, quatrain autographe de Cocteau en 1913. Epouse de Jacques Emile Blanche, il recevait souvent Jean Cocteau, portraitiste de la société littéraire artistique et mondaine de la Belle Epoque, il fréquentait Gide, Proust, Degas, Helleu, Sargent, Whistler et bien d’autres. Grand admirateur de Mallarmé, il avait fréquenté le lycée Fontanes.

De Félicien Rops 1873, "la dame au pantin et à l’éventail", héliogravure. Il s’agit de la représentation d’une femme fatale, manipulant un pantin désarticulé. Félicien Rops connaissait très bien Mallarmé.

 Eventail publicité du magasin du Louvre ère Meiji 1870

"Eventail fête de l’enfance, 20 avril 1891", de Louise Abbéma, sur tissus et bois, elle réalisa souvent des éventails pour les événements, fêtes, banquets, commémorations diverses, affiches, menus, programmes, au revers on trouve des signatures. 
" La dernière mode ",revue qui dura peu de temps seulement huit numéros. Elle fut publiée en 1874 par Stéphane Mallarmé, le poète traitait de tous les sujets, cuisine, arts, littérature, jardinage, mode.


Cette exposition montre différents thèmes de l’univers de l’éventail qu’il soit hispanisant, japonisant, de l’univers féminin, œuvre d’art, publicitaire, de séduction, poétique, il reste l’accessoire raffiné de mode qui a accompagné la femme pendant plusieurs décennies.
Poèsie,délicatesse,peinture, musique.
L’exposition se déroule sur fond musical de Claude Debussy. 


 Exposition à ne pas manquer jusqu’au 21 décembre 2009, musée Stéphane Mallarmé à Vulaines sur Seine. 
 
 Extraits du catalogue de l’exposition
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 10:21

Un peu d’histoire concernant la Transylvanie, dès le XVI eme siècle, en 1540, à la réforme de Luther, les saxons se convertissent au protestantisme. Prise entre l’Islam ottomane et la chrétienté, la Transylvanie reste une région frontalière : limite occidentale de l’empire ottoman lorsqu’elle était sous la dominance d’Istanbul, elle devient la pointe la plus orientale de l’empire autrichien, lorsque les Habsbourg s’en emparent fin XVII eme siècle. Certains transylvaniens, attachés à leur identité s’opposèrent à l’occupant, d’autres se rallient à la cause impériale, c’est le cas de la famille Brukenthal. La Transylvanie est rattachée à la Roumanie depuis 1944.

Samuel von Brukenthal  est né en 1721 à Nocrich Allemagne, aujourd’hui Leschkirch en Roumanie, il est décédé en 1803 à Hermannstadt en Allemagne, devenue  Sibiu.

Juriste et gouverneur de Transylvanie pour le compte de la monarchie autrichienne. Très fortuné, grand collectionneur d'art et fondateur d'un somptueux musée à Sibiu, lequel porte son nom. Son père et son grand-père y occupaient la charge de bailli du roi.

Après ses études au collège, il exerça un emploi dans la Chancellerie du Gubernium (terme qui désigne l’administration politique) de Transylvanie Sibiu. Ensuite il part à la Halle(Saxe) pou y faire des études de droit, puis à Iéna, il n’obtient pas de titre universitaire.

 Influencé par les lumières françaises et allemandes. Le mot Lumières définit métaphoriquement le mouvement culturel et philosophique qui a dominé, en Europe et particulièrement en France, le XVIIIe siècle auquel il a donné, par extension, son nom de siècle des Lumières. Il s’intéressa à l’histoire de la Transylvanie, à l’antiquité classique, à l’histoire de l’art, aux sciences naturelles, aux littératures classiques latine et grecque. Il fréquenta la cours de Berlin et réussi à nouer d’importantes relations, propices à une future ascension.

Il revient en 1745, à Hermannstadt   et prit le parti de mettre sa carrière au service de la nation saxonne, la même année il se marie avec la fille du maire, faisant parti de ce fait de l’establishment transylvanien, et devient administrateur.

En 1753, il va à Vienne, il est  reçu en audience par l’impératrice Marie-Thérèse. L’impératrice, avec qui il avait, pendant de longues années, des relations de travail marquées par une confiance mutuelle, elle le nomma baron en 1762, et devient président de la chancellerie de la Cour en 1765, chancelier provincial en 1772, et finalement, en 1777, gouverneur de Transylvanie, il retourne en 1785 à Hemannstadt/Sibiu et y fait construire un hôtel particulier de style baroque, le palais Brukenthal, dans le quartier le plus en vue de la ville.

C’est à Vienne qu’il se constitua plusieurs collections (de tableaux, d’estampes, de médailles et monnaies), ainsi qu’une précieuse bibliothèque, qu’il devait plus tard léguer à l’Université saxonne, c'est-à-dire au parlement saxon.

Il disposait à travers toute l’Europe (à Vienne, à Paris, aux Pays-Bas, en Angleterre, Allemagne, Italie, Hongrie) d’un réseau de marchands d’art et de libraires, qui ne cessaient de lui présenter de nouveaux objets et tableaux.

Il acquiert : des scènes de chasse, des natures mortes, paysages, scènes de genres. Et se voit offrir par l’impératrice un Saint Jérôme de Lotto, l’Ecce Homo de Titien, le massacre des innocents par Bruegel.

    le massacre des innocents Bruegel

      saint Jêrome Lorenzo Lotto

l’Ecce Homo de Titien
  

Passionné par l’art flamand, Il continue ses achats d’œuvres d’art entouré de conseillers.  

  

Depuis le XVeme siècle, en  Flandre, c’est l’essor du marché de l’art, les ateliers sont nombreux, c’est l’apparition des marchands d’art, ils alimentent le marché extérieur et ainsi la peinture flamande connaît un rayonnement européen.

 Un siècle plus tard  à Anvers  c’est 10% de l’économie locale, juste derrière le textile. Les toiles de Van Eyck, Bosch, Bruegel sont recherchés. Le marché de l’art connaît un autre essor c’est la naissance des scènes de genres, des détails de la vie réelle, aux détails de la vie quotidienne, aux métiers spécialisés.

Des nouveaux thèmes apparaissent, la mythologie venue d’Italie, l’allégorie, transposée de la gravure et des estampes, les images rébus de Jérôme Bosch, les cabinets de curiosités suite aux grandes découvertes, les scènes de genre  au centre de la vie religieuse, bien souvent elles se trouvent au milieu  d’un paysage imaginaire ou bien réel.  Du paysage biblique au paysage profane, ou aux scènes de genre  d’extérieure, les paysages  vont être aussi représentés sans êtres humains, la nature morte va suivre le même procédé. Les objets vont prendre une importance et être au premier plan. L’autonomisation s’effectue fin XVI eme début XVII eme.

C’est l’art des grands spécialistes, les peintres de fleurs,  d’animaux, de tavernes, d’intérieurs, de marines, de cabinets d’amateurs.

C’est ainsi qu’ils représentent le territoire, les modes de vie, les coutumes, ce qui donne à cette peinture une vivacité et un réalisme au quotidien.

Les portraits : Dès le XV eme siècle, il connaît un essor  présenté de ¾,  l’intensité du regard, et l’expression en font un portrait réaliste. Il existe le portrait de dévotion associé à un acte religieux, et l’homme particulier. Le portrait de cour se développe au XV et XVI eme siècle.

Un exemple avec le tableau de Van Eyck « l’homme au chapeau bleu », il tient dans la main une bague, promesse de fiançailles. L’anneau d’or est orné d’une pierre précieuse, sa pèlerine en fourrure, sa coiffe ou chaperon, peinte avec du  lapis-lazulis, prouve qu’il s’agit d’un personnage important.


Les scènes de genres : nous montrent la vie quotidienne du peuple, des fêtes paysannes, scènes dans les auberges. Un tableau de David ii Teniers « La visite chez le médecin du village », nous sommes introduits dans le cabinet d’un médecin,  examinant un flacon d’urine, qu’il a du goutter afin de déceler quelques traces de sucre, il observe le flacon à la lumière, à coté de lui, sa patiente inquiète attend le diagnostic.


La mythologie, le voyage en Italie devenu une étape importante pour les artistes flamands. A son retour d’Italie en 1602, Abraham Janssen, devint le peintre d’histoire anversois, dans « Sine Cerere et Libero, friget Vénus », ce qui signifie sans les nourritures et le vin, l’amour dépérit, chaque personnage est représenté avec ses attributs : Vénus avec les colombes, la corne d’abondance et les épis de blés, les grappes de raisin pour Bacchus. Il nous fait référence à l’antique et à la peinture romaine moderne, thème humanisme très en vogue, il inspira de nombreux artistes.  

 
  

 Les tableaux de Bruegel, c’est l’art du paysage, traitement des bleus, des verts, précision de l’architecture, les nombreux détails des scènes villageoises, la nature, la grande qualité technique renforce le maintien des traditions locales. « Paysage à la trappe aux oiseaux » de Pieter Bruegel, le jeune.



Les tableaux de fleurs, ils apparaissent en Flandre fin XV eme, au XVI ils connaissent un grand succès dans toute l’Europe. Certains artistes se consacrèrent à ce style de peinture. Les fleurs sont porteuses de symboles soit d’une vertu religieuse ou d’une valeur morale. Jan Phillip van Thielen "guirlande de fleurs sur un trompe l’œil architectural"

 Les  natures mortes, invention d’une peinture de l’objet, on dira fin renaissance, plus tard le publique va s’intéresser à cette nouvelle peinture profane, ce qui met en avant le savoir faire des artistes, le raffinement, la  symbolique Joris van Son "nature morte d’apparat "

La sainte famille de Jacob Jordaens, spécialisé dans les scènes de la vie bourgeoise, les fêtes. La sainte famille présentée montre une scène domestique de  la vie quotidienne d’un grand naturaliste. Il est possible que la femme et le fils de l’artiste aient servi de modèle pour la Vierge et l’enfant Jésus, à cette sainte famille, seul Jean Baptiste évoque une scène religieuse. Des jeux de lumière extraordinaires rappellent les tableaux de Caravage.


Les cabinets des curiosités, l’activité maritime se développe au XVII eme siècle, paysages marins, les explorations des terres lointaines, découverte de l’Amérique, Pacifique. Le peintre Johann Georg Hinz,  spécialiste des cabinets de curiosités, on peut observer sur ses toiles, des objets venus des destinations lointaines chez les particuliers.


 

le palais baroque de Sibiu est érigé entre 1778 et 1788, il abrite la collection de peintures de Samuel Brukenthal. C’est la première fois que le musée prête 50 œuvres.
Marie-Madeleine lisant de Rogier van der Weyden

Quelques extraits de la revue connaissance des arts.

Le visiteur suit un parcours chronologique et thématique, par salle, la première nous montre un Jordaens " le repas après la chasse" suivit par Van Thielen  de Ligorlt "guirlande de fleur "‘, "la cuisine flamande" de Van Wingue georg. En suivant, les natures mortes, la peinture mythologique, un Rubens Hercule étouffant le lion, les portraits de  Memling, Van Eyck, les paysages de Bruegel, les cabinets de curiosités de Hinz, le réalisme des scènes de genre de Teniers, les scènes mythologiques  la peinture religieuse de Jordaens, le raffinement des natures mortes et leur symbolique de Jan Davidsz de Heem, le clair-obscur de Jordaens.

Exposition à ne pas manquer, magnifique ensemble flamand présenté dans un bel écrin,  le musée Jacquemart-André,

  Jusqu’au 11 janvier 2010.

 

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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 17:50
Exposition divisée en 6 thèmes.
Louis Comfort Tiffany nait à New York en 1848 y meurt en 1933, artiste américain, fils de Charles Lewis Tiffany, fondateur d’une bijouterie, Tiffany and Co.
 Elevé dans un décor privilégié, entouré de beaux objets, il est très sensible au raffinement de ce qui nait dans les ateliers de son père. Réceptif et influencé par d’Edward Moore, très érudit et pédagogue, maitre orfèvre de la joaillerie familiale.
Cela ne surprend personne lorsque le jeune Louis Comfort décide de devenir peintre au lieu d’entrer dans l’entreprise. En 1866, il étudie à la Nationale Academy of Design (association d’artistes américains, elle fut fondée en 1825), le but de promouvoir les beaux arts en Amérique par l'enseignement et grâce à des expositions. Il est l’élève de George Inness, peintre paysagiste américain, travaillant dans le style de l’école de Barbizon.
En 1867, les affaires de son père sont un prétexte pour venir visiter Londres et Paris, il y rencontre un monde artistique tourné vers les styles exotiques du moyen et extrême orient.

- les débuts de la carrière de Tiffany, et ses voyages en Europe.

Ses séjours en Europe Louis Comfort Tiffany vient à Paris en 1868, pendant un an, il est l’élève de Léon- Charles Bailly chez qui il étudie la peinture, c’est un maitre de l’école de Paris, spécialisé dans l’art oriental. Il voyage avec Robert Swain Gifford en Egypte, Maghreb, Espagne, Italie. Il se rend également à Londres, ou il a certainement rencontré des artistes et intellectuels du moment tels que : William Morris, Rossetti, Burnes-Jones et son compatriote américain James McNeill Whistler. Pendant ses voyages il dessine et étudie l’architecture des pays qu’il traverse.
Dès 1870, il rentre à New York et expose les objets rapportés de voyage.
 Il continue de voyager, c’est l’époque où l’archéologie devient une science, de nombreuses fouilles sont entreprises en Afrique du nord, au moyen Orient, révèlent des formes d’art oubliées, tel que les verres antiques, pour Tiffany c’est une révélation, les couleurs sont extraordinaires, et les matériaux retiennent son attention. Longtemps enfouis sous terre, les verres ressortent transformés par leur exposition aux oxydes naturels, surfaces rugueuses aux tonalités nacrées aux reflets bleus, verts, d’or.
A 24 ans en 1872, il s’oriente vers le travail du verre. Très attiré aussi par les vitraux de nos églises et cathédrales, il a visité Chartres pour découvrir le bleu des vitraux.
 En 1878, il présente 3 peintures à l’huile et deux aquarelles, à l’exposition universelle de Paris. Ses peintures remportent un très vif succès.

A l’exposition :

Dès l’entrée, une immense photo montrant l’immeuble Tiffany à New York, devant, une vitrine est consacrée aux œuvres d‘ artistes célèbres :
Une coupe à décor lune et arbres de Rousseau datée de 1884 plusieurs couches de verre taillé et gravé, une coupe libellule de Gallé, un vase de Salviati en Murano, composition cobalt, antimoine, manganèse et fer plus manganèse. Un service à café et à thé en argent, laiton et ivoire de Moore.
Un tableau de Joaquim Sorolla y Baptista montrant Louis comfort Tiffany,


Un vase camée en verre soufflé et gravé 1889 de Tomas Weeds.
 Quelques tableaux de Tiffany, les boutiques d’Alger, une autre les charmeurs de serpents à Tanger.



- son travail de décorateur d’intérieur pour d’influents clients américains,

 Des mouvements naissent comme Arts and Crafts fondé par William Morris en Angleterre. En 1876 à l’exposition de Philadelphie il a vu de nombreux spécimens d’art appliqués anglais, influencé par ce mouvement et décide de faire de la décoration d’intérieur.
1878, il loue un appartement qu’il décore lui-même, il utilisera un tapis comme modèle, 1 vitrail (œuvre abstraite avant-gardiste) il a réinterprété sa propre palette de peintre, le travail est complexe il réalise dans la masse à chaud.



L. C. Tiffany & Associated Artists est créée en 1879, entreprise de décoration d’intérieure, à laquelle collaborent Stanford White, Samuel Colman, artiste peintre.
Tiffany est un artiste et homme d’affaire, l’Amérique est au zénith de sa prospérité industrielle et commerciale. Les milliardaires se précipitent chez son père dans la compagnie Tiffany and Co, ils achètent bijoux et objets rares. Louis Comfort les connaît tous il les a déjà rencontrés. Leurs souhaits, un intérieur luxueux pour montrer leur réussite, il peut leur fournir. Ayant décoré sa propre maison et celle de son Père, ou les motifs sont mauresques, il a aussi le gout des chenets et des paravents, ainsi les clients peuvent visiter les deux maisons. Il va bénéficier de cette clientèle fortunée, les décors qu’il fera seront mauresques et d’une très grande élégance.
Dès 1880, Louis Comfort Tiffany dirige trois entreprises, une production de mobilier, une production de textiles d’ameublement et une de décoration d’intérieurs.
1887, la firme réalise des décorations d’intérieurs dans une grande variété de matériaux et de techniques tel que le papier peint, peintures, fresques, tissus, revêtements mural et au sol, cuir, verre, métal ,ébénisterie, mosaïque. Ses clients : Mark Twain, Henry Osborne, Louisine Havemeyer, Cornelius Vanderbilt, Lily Langtry, George Kemp 1882 pour qui il créé des salons, en 1889, Chester Arthur le fait venir à la maison blanche pour décorer le salon d’accueil, décor qui laisse la part belle au vitrail orientaliste, à Chicago il décore une chapelle qui a été aujourd’hui reconstruite, beaucoup de verre coloré. Il faut savoir qu’en 1889 on découvre l’électricité. Alors comment utiliser la lumière. Il décore une bibliothèque de Chicago avec des lustres en mosaïques. En 1892, il termine la décoration de la demeure d’Henry Osborne et de Louisine Havemeyer.

Exposition :

Une lampe datée de 1901-1905 verre, plomb; une suspension Millefiori 1904, une photo de la maison Tiffany à Miami, un chandelier en verre et bronze, une paire de chenets 1894, bronze, verre et fer. Une lampe Pineapple 1900-1906 verre et bronze. Un écran de cheminée après 1902 en verre, bronze, fer forgé, un paravent 1882. Un vitrail de l’appartement de Tiffany de New York, un tableau nous montre un coin de son atelier, quelques dessins de Sarah Cochran avec des projets pour manteau de cheminée fin XIX eme début XX eme. Une horloge de mosaïque, un projet de décoration pour un mur. Un vitrail à la sirène daté de 1899 pour la demeure à Hawaï de James Castle producteur de sucre.



- les vases en verre Favrile, aux formes organiques et aux remarquables contrastes de couleurs,

A partir du XVeme siècle, les vénitiens et grands verriers d’Europe s’évertuent d’obtenir un matériau d’une limpidité cristalline. Les verriers d’art nouveau, s’écartent de cette tradition, Tiffany veut tenter différentes expériences techniques dans ce domaine.
 Dès 1885, il crée son entreprise, la Tiffany Glass Co. Il invente un procédé pour fabriquer des verres opalins et des techniques différentes :
Le verre de Chypre et antique, ce verre présente une surface irisée, rappelant les vases antiques trouvés dans les tombes grecques et romaines que le temps à rongé.
Le verre gravé en camée, il s’agit d’une gravure sur verre, Tiffany garde la tradition des artisans d’Alexandrie.
 Le verre de lave, effets de lave sur le verre, style japonisant.
Le verre réactif, certains verres réagissent à la couleur pendant la cuisson.
 Le verre feuilleté, il s’agit de plusieurs feuilles de verre de couleurs différentes. Le verre agate ou marbré, technique connue des romains dès le 1er siècle avant JC, pour l’obtenir on mélange des verres colorés opaques que l’on fait fondre ensemble dans un grand récipient.
Le verre aigue-marine, fait parti des exploits techniques de Tiffany produit vers 1913, il est obtenu par inclusion de diverses représentations de la vie aquatique, algues, oursins, coquillages, dans la couche de verre interne on ajoute une couche de couleur verte qui donne l’illusion de l’eau de mer.
Le verre lustré ou verre « favrile », iridescent, miroitant et changeant selon l’angle de vision. Favrile veut dire fait à la main, il est fait au souffle et réalisé à la flamme, la forme obtenue, on plonge dans de l’oxyde métallique et est strié à la baguette, le résultat va donner de l’émail. Les sels procurent un aspect iridescent à la matière.
Il acquiert un autre immeuble et installe le four où seront produits les vases favrile en verre soufflé.
 En 1893, la nouvelle technique est introduite dans son entreprise.
Cette technique sera utilisée principalement pour les vases et les bols. Ses motifs beaucoup de fleurs, des libellules ce qui est nouveau dans la décoration, les plumes de paon très appréciées et utilisées par les symbolistes.
1896, pour donner un autre départ aux œuvres de Tiffany, on cercle une œuvre avec un montage en argent avec des formes qui rappellent Guimard.
 Deux musées parisiens font l’acquisition de pièces en verre favrile, les musées des Arts décoratifs et du Luxembourg.

Exposition :

Un certain nombre de vases favrile sont exposés, tel que le Vase fleur créé en 1900, vase liseron ce vase à la forme de la fleur en 1915.



 - ses relations avec le marchand d’art parisien Siegfried Bing qui contribue à la diffusion et au succès de ses créations en Europe,

1894, Siegfried Bing, propriétaire d’une galerie d’art à Paris, spécialisé dans l’art oriental. Lors d’un voyage aux Etats-Unis il visite les ateliers de la Tiffany glass and décorating company à New York, un contrat est conclu par les deux hommes ils ont la même passion pour l'art japonais. Bing voyage partout en Europe pour les arts décoratifs, il devient le marchand exclusif de Tiffany en Europe.
 Cette même année Bing fait appel aux Nabis, Vuillard, Sérusier, Roussel, Vallotton, Bonnard, Maurice Denis, Lautrec, afin de réaliser des cartons qui seront reproduits par Tiffany.
 A l’exposition universelle de Paris en 1900, ou il présente des verres favrile, des vitraux, des lampes, des mosaïques, des objets émaillés. Il est nommé chevalier de la légion d’honneur et obtient des grands prix d’arts appliqués.

Exposition :

Le vitrail de Toulouse Lautrec « Pépé chrysanthème » au nouveau cirque. IL a une préférence dans ses motifs pour les plumes de paon, il fait plusieurs vases, un miroir au décor paon.



 - les vitraux, un aspect essentiel et pourtant méconnu de sa production,

Pendant le dernier quart du XIX eme siècle, les vitraux ont une énorme popularité aux USA, Louis Comfort Tiffany en devient le créateur le plus célèbre et le plus prolifique. Pendant des années de recherches Tiffany s’est penché sur le graphisme, la couleur et la construction des vitraux du moyen âge. Il travaille directement à partir du verre, les morceaux étant découpés et mis en place selon le puzzle de couleurs et de formes de dessins originaux et le plomb glissé autour, le résultat donne une fidélité absolue au modèle. Le verre fait également l’objet d’une recherche intensive, il y a une coopération entre les artisans de Tiffany et le chimiste Parker Mcllhiney, afin d’obtenir de nouveaux verres, mise au point de différents types de verres tel que :
Le verre plissé, il est coloré, la texture évoque des froissements d’étoffe, on peut tirer des effets montrant des petits plis ou des larges drapés. Technique : Pour créer cet effet particulier, qui donne un surprenant relief à l’élément de vitrail terminé, les ouvriers écrasent la surface du verre fondu sous de lourds rouleaux, puis l’étendent et la repousse à la main.
 Le verre strié : Sur le marbre ou table on met plusieurs verres en fusion, strié en refroidissant on repousse les couleurs utilisé dans les ciels et paysages.
 Moucheté : On ajoute de la fluorine sur le marbre pour obtenir des zones d’ombres.
Peigné : Utilisé pour les ailes d’anges, les plumes les feuilles. Prendre des rouleaux et strier en courant on obtient des petits plis, si on veut plus de blancheur pour la lumière on ajoute de la fluorine.
 Bariolé : Filigranes de verres colorés, on fait une forme et on coule le verre en fusion et incorpore pour les fusions Martelé : On utilise un autre rouleau avec bosselage et on tape ce qui donne des effets écaillés.
 Les cabochons : Ce sont des moules on l’on a coulé le verre, le résultat donne une forme.
 Ondulé : Sur une planche on roule avec un cylindre, le verre a des secousses et fait des ondulations comme les vagues.
Les confettis : On prend des particules de verre, et ainsi on obtient des couches de verres.
La peinture est quelques fois utilisée pour les visages. Arthur J. Nash souffleur de verre de talent viendra rejoindre l’équipe de Tiffany et en 1893, les deux hommes fonderont la Stourbridge Glass Company à Corona, à Long Island. Louis Comfort Tiffany exécute 20 vitraux pour l’église Erskine de Montréal entre 1897 et 1910, conçus pour une autre église mais cette église étant démolie les vitraux furent transférés dans l’église Erskine en 1936. Il en réalise d’autres pour l’église Church of the Incarnation, Madison avenue, à New York. Le vitrail chez Tiffany est une manne financière,


Les vitraux de l’exposition :

Un vitrail présenté sur la nouvelle Jérusalem, un autre iris et poissons, vitrail à l’étoile de mer. Les vitraux représentent un ange, la foi, le Christ et Emmaüs, le bon pasteur, la charité,des projets pour des fonds baptismaux, 4 des vitraux exposés viennent de l’église Erskine à Montréal. La texture n’est pas connue en Europe, elle est propre aux ateliers de Tiffany. Projet de dessin pour une église de Brooklyn.



- et l’expansion de l’entreprise grâce surtout au commerce des lampes et d’objets décoratifs qui contribue à asseoir son immense popularité.

La fin du XIX eme siècle et le début du XX eme siècle marquèrent la grande époque Tiffany, célèbre dans le monde entier ; chef de file du mouvement Art nouveau aux USA, il a obtenu toutes les récompenses internationales et remporta un grand succès commercial. La révolution de l’éclairage commence en 1879. Dans ses ateliers des restes de verres taillés, des petites formes complexes, une idée lui vint faire des lampes avec les déchets de verres. C’est l’invention de l’ampoule électrique qui motiva cette idée. Il fabriquait des vases, il fallait faire des abat-jour ( la même technique que les vitraux). Les lampes en verre soufflé ont donc précédées les lampes en verre plombé. C’est le résultat de diverses influences artistiques, issues de ses voyages en Europe, des souvenirs d’enfance. Tiffany a passé une partie de sa vie à l’étude du verre, il a aussi étudié ses réactions à la lumière, aux possibilités infinies qu’offrent la transparence, l’opacité, son opalescence, son irisation. Et un grand amour pour la couleur. Les lampes en verre plombé, grande production associant qualité et quantité, chaque exemplaire d’un même modèle, possède un caractère unique. Des exemples la lampe glycine et la lampe libellule. Clara Driscoll engagée chez Tiffany en 1887 devient une de ses stylistes les plus remarquables et finit par prendre la tête du département design en 1904, une petite anecdote elle est une des femmes les mieux payées d’Amérique. Elle est à l’origine de nombreuses lampes Tiffany ses motifs sont : floraux, animaliers géométriques ou abstraits. En 1900 elle obtient un prix à l’exposition universelle de Paris pour la lampe libellule. La lampe glycine remporte une médaille à l’exposition internationale des arts décoratifs de Turin en 1902, la lampe nénuphar obtient le grand prix.

 Exposition :

Les artistes de chez Tiffany observaient la nature pour créer les motifs dans celui de la vie aquatique, les algues suggèrent le mouvement de l’eau, ces vases montrent des plantes aquatiques, les poissons qui flottent. Un panneau de mosaïque aux pivoines, aux cacatoès 1908, encrier flacon de parfum, quelques bijoux boite à timbres. Un lampadaire Peony 1904, un vase Jack in the Pulpit 1909-1910, lampe Westrie 1901-02, des chandeliers, lampe de bureau 1900-1910. Le vase Lava 1904-1906, ou matière en fusion, les parois s’affaisses, les ondulations en relief semblent s’entasser, les cabochons ressemblent à des galets. La céramique japonaise a jouée un rôle important. Paravent à théière, lampe nénuphar, Quelques dessins inspirés par la nature chez Tiffany, un exemple avec le lampadaire magnolia, une coupe au décor de fleurs, des vases, vitrail magnolia vers 1900, d’après les dessins d’Agnès Northrop , qui resta le plus longtemps avec Tiffany.



Exposition à ne pas manquer .

 La première salle passée, l’exposition est aérée par une succession de salles ouvertes .La possibilité de contourner certaines œuvres tel que les lampadaires et les lampes disposées sur des tables rondes, les vitraux peu nombreux malheureusement, certains étant en restauration à Montréal, pour en voir plus il faudra attendre 2011, la réouverture de l’église Erskine pour admirer les 20 vitraux dans leur contexte. A observer attentivement les différentes techniques utilisées pour ces œuvres.

Au musée du Luxembourg Paris jusqu’en janvier 2010.
 Février à mai 2010 au musée des beaux-arts à Montréal.
Richmond USA fin mai à aout 2010.

 Quelques extraits du livre Tiffany par Douglas Jackson
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 10:57
Valvins, commune de Vulaines sur Seine, petit village de Seine et Marne qui se situe entre Seine et forêt a proximité de Fontainebleau, une petite maison sur les bords de Seine, nous sommes chez Stéphane Mallarmé.

Dès 1874 il y fait de nombreux séjours, a 32 ans, de santé fragile le poète décide de s’établir dans ce petit village, tout proche du pont de Valvins face à la Seine, il avait loué deux pièces dans cette maison qui était une auberge, plus tard il finira par l’acquérir.


Il avait lui-même aménagé la maison avec beaucoup de simplicité et de raffinement.

Sa vie à Valvins était faite de repos, il écrivait à ses amis, repensait son œuvre, se promenait en forêt ou canotait sur le fleuve. Ses promenades fluviales le menaient du Pont de Valvins à l'écluse de Samois ou dans l'autre sens vers Thomery. Il allait à la pêche accompagné du photographe et ami Nadar.

 Il y recevait ses amis arrivant de Paris ou d'alentours : Berthe Morisot et sa fille Julie Manet, en 1892, à la mort d'Eugène Manet, frère d'Édouard Manet, Mallarmé devient le tuteur de sa fille, Julie , Paul Valéry, Manet, Léon Dierx, Vuillard, Marcel Schwob ou les Natanson, qui étaient voisins, Thaddée créateur de la revue blanche dans laquelle écrivait Stéphane Mallarmé.

 Elémir Bourges, Henri de Régnier, Edouard Dujardin, Paul et Victor Margueritte, Odilon Redon, Camille Mauclair, Armand Point, Stuart Merrill, Gabriel Seailles, Renoir et bien d’autres étaient aussi voisins.

Grâce à lui, le pont de Valvins, cinq fois reconstruit depuis les Romains, est devenu le haut lieu de la littérature française.



 " André Billy, à propos du Pont de Valvins, déclara : " il a joué dans la méditation de Mallarmé un rôle presque aussi important que son cabinet de travail ou son jardin "
Henri Mondor rappelait que c'est au Pont de Valvins que Mallarmé rencontra un baigneur qui perdant connaissance était en train de se noyer : et ce baigneur n'était autre que Paul Valéry. Il y rencontra aussi Oscar Wilde.
 En 1885 dans une lettre à Paul Verlaine, Mallarmé s'épanchait : "J'oubliais mes fugues aussitôt que pris de trop de fatigue l'esprit, sur le bord de la Seine et de la Forêt de Fontainebleau, en un lieu le même depuis des années.

Les poètes étaient fascinés par ce lieu, Victor Hugo passa quelques jours aux Plâtreries, Samois tout proche. La forêt impressionnait les poètes, les peintres, les musiciens passaient du romantisme au symbolisme.
 Stéphane Mallarmé y décède en 1898.



Au rez-de-chaussée, le début de la visite nous conduit à l' exposition consacrée au poème « l’après-midi d’un faune » de Stéphane Mallarmé, chef d‘œuvre de la poésie symboliste, publié en 1876, ce poème est enregistré par un acteur, il est diffusé pendant la visite de la première salle.

 Quelques années plus tard, un ballet fut créé par le grand danseur des ballets russes, Nijinski, il ne devait pas se démarquer du style de Fokine, car sous l’influence d’Isadora Duncan, Fokine avait effectué le retour aux sources grecques de la danse, illustré par ses ballets, décorés par Léon Bakst.
 Nijinski pour cette œuvre devait également s’inspirer de la Grèce, mais différent du style de Fokine par la nouveauté de la gestique. Il rencontra Bakst, Diaghilev pendant l’été 1910. Ils se réunirent tous les trois à Paris à l’automne de la même année, durant ce séjour les traits essentiels du ballet furent arrêtés. Le contenu narratif, inspiré de l’églogue de Mallarmé, fut certainement établi avec Cocteau.



 Diaghilev et Léon Bakst étaient allés au Louvre, voir un vase grec du V eme siècle avant JC de Pisticci, le décor du vase représentant « satyre poursuivant une Ménade », ce décor servit de modèle à la création des costumes.


Extraits de l'après-midi d'un faune, livre de l'exposition.

Le projet du décor de Bakst est présenté à l'exposition, ainsi que des écrits sur le ballet, 13 aquarelles originales de René Louis Emile Bignon.
Quelques livres, l’original du poème illustré par Edouard Manet, collaboration étroite entre les deux hommes de 1874 à 1876 (Manet Mallarmé).

Dans une autre salle, un fond musical il s'agit de l’œuvre de Debussy ' prélude à l'après-midi d'un faune", La partition originale est présentée, des portraits de Mallarmé par Gauguin, Picasso, une sculpture de Gauguin, le faune en bois exotique.
 
La visite à l’étage nous conduit dans les appartements du poète, le décor est sobre, une enfilade de pièces, les portes entrebâillées, l’auteur n’est pas loin on aperçoit sa silhouette dans l’embrasure de celles-ci, il nous invite à pénétrer dans son intimité.

 De suite on est introduit dans l’appartement, des photos de la famille et de l’auteur, il est vrai que les photos étaient à la mode ce sont les débuts du grand photographe Nadar, quelques éventails exposés au mur ,Mallarmé a écrit des poèmes sur chaque, il parait qu’il en offrait à certaines femmes par amitiés. 
(Une expostion aura lieue dès le 19 septembre  2009, sur les éventails de Mallarmé).

 Nous passons dans la chambre de Mesdames, toujours des photos, quelques tableaux il avait beaucoup d’amis peintres, Manet, Monet, Berthe Morisot, Degas, le mobilier est sobre les pièces petites.

Dans la salle à manger, quelques objets de valeur, une pendule en porcelaine de Saxe, un pot à tabac en porcelaine de chine, et la table des « mardis littéraires » Mallarmé réunissait dans son appartement parisien chaque semaine autour de cette  table une bande d'amis, Verlaine, Huymans, Manet, Ravel, Valery...

 La pièce suivante est un boudoir ou le cabinet japonais, le Japon était à la mode, Mallarmé collectionnait ce qui venait de ce pays, mobilier, éventails, coupelles en bois laqué, le raffinement.

La chambre de Stéphane , ou son lit  est positionné face à la fenêtre d’où il pouvait voir la Seine, il aimait la contemplée à toutes heures du jour, on y trouve aussi une bibliothèque anglaise.

 La chambre de Geneviève sa fille, quelques photos , des portraits de Stéphane, un piano de Roller et Blanchet, et une lampe magique peinte par Julie Manet, il s’agit de petits personnages peints sur une plaque de différentes couleurs, Julie était pupille de Mallarmé après le décès de sa Mère.

En fin de visite, une promenade dans le jardin, nous sommes au premiers jours de l’été, il est fleuri, les rosiers embaument, au premier plan des fuchsias, roses trémières et différentes sortes de fleurs tout cela assez touffu, quelques arbustes, la tonnelle  recouverte de roses nous conduit  au verger , quelques  pommiers, poiriers, des tables et chaises dispercées çà et là, permettent d’imaginer la vie à l’époque du poète et de méditer dans ce havre de paix. Endroit charmant qu’il est bon de visiter.

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 09:59
 Nancy, ville d’art et ancienne capitale du duché de Lorraine, sous les règnes des ducs Charles III fils de François 1er et Léopold, fils de Charles V. Dès le XVI eme siècle, la ville bénéficie de nombreuses extensions et constructions d’hôtels particuliers, ainsi que d’un rayonnement culturel sans précédent.

Au XVIII eme siècle, Stanislas Leszczynski, roi de Pologne, beau père du roi de France, sa fille Marie Leszczynska épouse Louis XV en 1725, écarté du trône de Pologne, il reçoit en viager le duché de Lorraine, cédé par les Habsbourg et le duc François III de Lorraine au traité de Vienne. Le duché libéré de la pression militaire française, connaît une période d’apogée, en plein siècle des lumières. Il créé en l’honneur du roi de France une place, qui à sa mort en 1766 portera son nom, le duché revient à la couronne de France.

1871, la ville de Nancy reste française, tandis que l’Alsace et la Lorraine sont rattachées à l’Allemagne ainsi que Strasbourg et Metz par le traité de Francfort. Elle connaît la prospérité et un nouvel âge d’or culturel.

Fin XIX eme début XX eme siècle, Nancy devient le foyer de l’art décoratif français, de magnifiques villas agrémentent la ville, ayant appartenues aux banquiers, commerçants, industriels. On peut découvrir, le Musée de l’Ecole de Nancy situé dans la propriété d’Eugène Corbin, la villa Majorelle, la villa Bergeret, celle de l’architecte Weissenburger.



Auguste Majorelle nait en 1825, père de neuf enfants dont Louis, de Toul il vint s’installer à Nancy, Il est fabricant de meubles. Louis Majorelle nait en 1859, ébéniste décorateur, fait l’école de Nancy, puis à partir de 1877, les beaux-arts à Paris. Au décès de son père il rentre à Nancy.

 Il se marie en 1885 avec Marie Léonie Jane Kretz, fille du directeur des théâtres de Nancy. Ils auront un fils Jacques artiste peintre né 1886, il deviendra le peintre de l’atlas.

Louis Majorelle fait des copies de mobilier style Louis XV, et expose en 1894 à l’exposition d’art décoratif et industriel de Nancy, influencé par Emile Gallé qui l’initie à partir de cette date, il donne a sa production une nouvelle orientation. Il remplace le mobilier japonisant par de la marqueterie naturaliste ou symboliste, il prend sa source dans la nature, des plantes à tiges, nénuphars, chardons, libellules seront les motifs de ses marqueteries. Il développe le mobilier de luxe. Il collabore à partir de 1898 avec les verriers de Nancy, les frères Daum.

 Vers 1900, il ajoute un atelier de forge pour que les artisans produisent des poignées et des charnières dans l’esprit de lignes fluides en harmonie avec son travail d’ébénisterie. Dans son atelier on réalise également des rampes de balcons en fer forgé pour de nombreux bâtiments de Nancy. Il obtient un grand succès à l’exposition universelle de 1900, et se lance dans le mobilier de série, ce qui lui permet d’élargir son catalogue et sa
clientèle. Il devient un des membres fondateur de l’école de Nancy Les œuvres de Louis Majorelle triomphèrent et lui fournirent une clientèle internationale. Dès 1910, il ouvre des boutiques avec ses meubles à Paris, Lille, Lyon, Nancy. Il décède en 1926.

L’école de Nancy ou la naissance de l’art nouveau en France, art né en Angleterre par le mouvement Arts et Crafts, généralisé en Europe de 1870 à 1880. Il s’agit d’un groupe d’artistes, architectes, critiques d’art et industriels de Lorraine qui décident de travailler en collaboration ayant une prédominance pour l’art nouveau, mouvement artistique fin XIX eme début XXeme.

 L’Art nouveau connaît un développement artistique international. Tous les domaines de création et techniques sont concernés par ce mouvement artistique, verrerie, mobilier, vitrail, céramique, cuir, ferronnerie, architecture. L’intérêt pour les artistes et artisans : ils rencontrent l’attrait du public, l’art rentre dans les maisons pour la décoration et sa pour sa modernité. L’un des plus connu Emile Gallé, il créa l’Ecole de Nancy en 1901, il expose dès 1889 à l’exposition universelle de Paris. Les artistes nancéiens se font connaître lors du salon de la société nationale des beaux-arts de Paris en 1891 et 1893.
Les artistes les plus célèbres de ce mouvement pour la France : Emile Gallé, René Lalique, les frères Daum, Hector Guimard, Jacques Grüber, Eugène Vallin, Victor Prouvé, Louis Majorelle, les frères Muller.  

 Dès l’entrée de l’exposition un portrait de Majorelle nous accueille peint par son fils Jacques en 1908.


  Une table à thé laquée en chêne et placage de noyer entre 1885 et 1890, motifs floraux, papillo et oiseaux, elle est japonisante. A ses cotés un petit meuble à trois tiroirs daté de 1894.

Dans la seconde salle un certain nombre de chaises et de chevets, les dossiers de ces chaises sont ornés de marqueteries naturaliste pour la plus part. Une chaise à garniture cuir repoussé, à décor marqueté et crosse de fougères, une autre à décor feuille de marronniers, ou décor de pommes de pin et velours, décor de vignes, de Ginkgo biloba. Ces chaises sont datées des années 1898 à 1901.

 Les tables de chevet aux décors de marqueterie. L’une en palissandre et citronnier, combaril, noyer mouluré de 1899 Table de chevet muguet applique en bronze ciselé et doré. La table de chevet de la chambre de Majorelle datée de 1902 en frêne placage tamo (frêne du japon) Une autre à décor de fougères et a porte de 1929 en chêne, amarante, placage ébène de Macassar, filets ivoire faïencés. Une table de chevet de la maternité de Nancy datée de 1828-29 en hêtre teint.

Nous parcourons notre visite dans une autre salle avec une vitrine orchidée de 1905, acajou mouluré, placage acajou et bronze doré. Quelques fauteuils dont l’un fauteuil gondole, pomme de pin 1902 garniture soie.
 Fauteuil fougère Majorelle 1906 en bois doré, Maison Perrier-Jouet Epernay
Fauteuil pomme de pin velours 1904, moulure acajou .
Un bureau primevère daté de 1905 en noyer sculpté moulures, marqueteries. Autre bureau de dame trèfle 1902 en acajou placage palissandre et bronze doré.
Ecritoire de 1898 noyer marqueterie bois variés moulures garni cuir.
Meuble de musique en noyer mouluré et sculpté, marqueterie d’amarante représentant oiseaux et glycines, 1898

Dans la 3eme salle nous découvrons un meuble de salon « les algues » 1905, bois exotique, placage de palissandre de rio, marqueterie et incrustations de nacre de Majorelle.
Un cabinet à décor d’iris 1901 noyer moulure sculptée marqueterie. Etagère à décor floral 1898, noyer mouluré et sculpté, marqueterie palissandre acajou.
 Une vitrine art déco 1920-25 acajou rouge, bois divers pour marqueterie, fleurs en nacre.

 Un escalier nous conduit à l’étage, dans une vitrine, un chevalet en acajou sculpté de l’école de Nancy, un porte plante et une sellette en marqueterie.

A l’étage sont exposées quelques tables dont l’une, table aux butomées 1900 acajou, bois serpent, marqueterie d’amarante, coupe d’orme et Amboine, érable, noyer, padouk école de Nancy
Guéridon aux nénuphars, acajou sculpté, bronze doré de Majorelle en 1902. Différents guéridons de l’école de Nancy dont un à décor de clématites de 1900 à 1905.

 Dans une autre salle nous découvrons des objets décoratifs tel que : des plateaux en bois datés de 1925 de Majorelle en acajou et palissandre nacré poignées en bronze. Sur un autre une marqueterie, représentation d’un paysage daté de 1900 en noyer.

Quelques beaux exemplaires de lampes, Majorelle travaillait en collaboration avec Antonin Daum L’une représente un figuier de barbarie le pied en bronze doré Majorelle-Daum 1903, une avec libellules pied en bronze doré 1902, lampe magnolia 1902-03 verre soufflé et moulé, lampe pissenlits 1902, une lampe de table ombelle 1903-04, lampe à décor d’algues. Lampadaire Poincaré 1910 de Daum.

  L’école de Nancy travaillait aussi avec la manufacture de Rambervillers, un carreau en grès flammé est présenté décor la monnaie du pape ainsi qu’une frise d’algues datée de 1905 .
L’escalier monumental des galeries Lafayette de Paris commande de 1908, en fer forgé, laiton, fer estampé peint et doré, décor floral, démonté en 1974.
Des coupes circulaires en verre soufflé inclusion d’or pour certaines de chez Daum, monture en fer forgé elles sont de différentes couleurs dont l’une en jade datée de 1925. Un vase Daum cylindrique également de 1925 .
Devant de foyer et chenets 1905 Majorelle Bronze doré et verre.

 De nombreux dessins, modèles préparatoires pour deux verreries cloisonnées 1920 à 1925 au crayon et aquarelle sur papier, école Daum de dessin. Autres dessins pour des loges de théâtres aquarelle et gouache avec tampon Majorelle .Quelques dessins aux motifs d’algues.
 Des faïences provenant du château de Lunéville datant de 1895 de Keller et Guérin.

Le mobilier de la villa Majorelle ou villa Jika initiales du nom de l’épouse de Louis Majorelle, première maison d’art nouveau à Nancy. Une chambre a couché l’armoire à décor de clématites, le lit décor roses et tulipes 1899 marqueteries en amarante, citronnier et palissandre. Lit et chevet nénuphar 1905-1908.

 Une commande du maréchal Foch (1851-1929) un bureau et un fauteuil. Palais du gouverneur Nancy.

La publicité est importante elle est présentée a l’exposition, ainsi on passe du dessin à l’image publicitaire, les dessins de Majorelle, sont des projets de mobilier pour décorer les villas, illustrations des premiers catalogues à diffuser, cartes d’invitation à une exposition, cartes de visite.

Une dernière oeuvre, une bibliothèque tournante et bureau, elle est circulaire éclairée il y a possibilité de rentrer à l’intérieur, de Majorelle en collaboration avec Etienne Cournault datée de 1937.

C’est un éventail de cette grande exposition qui nous montre les œuvres de Louis Majorelle et des artistes de l’école de Nancy, mobilier, dessins, mais aussi la ferronnerie, le grès, l’art du verre partagé avec Daum, des bronzes, environ 170 œuvres sont exposées, elles proviennent pour la plus part du musée de l’école de Nancy , Orsay , des collections
 particulières.

 Le style est raffiné agrémenté de belles marqueteries montrant le style imaginatif des ébénistes sur un mobilier fonctionnel.

Exposition organisée pour les 150 ans de la naissance de Louis Majorelle.

Exposition à la galerie Poirel à Nancy jusqu'au 30 aout.
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 14:43
Granville, en Basse-Normandie , terre qui fut occupée par les Vikings et fondée par un vassal de Guillaume le Conquérant au XI eme siècle, ancienne cité corsaire et forteresse de défense du Mont saint Michel.

Au XIV eme siècle, les anglais conquièrent la Normandie à l’exception du Mont Saint Michel qu’ils tentent d’investir depuis le port de Genets. Ce lieu n’étant plus assez sur, Sir Thomas Scalles découvre la Roque de Lihou, (le premier nom de Granville), il l’achète et construit une enceinte fortifiée, il fit creuser au sein de falaise, une tranchée de 7 mètres de large, 18 mètres de profondeur, 20 mètres à la base afin que le flux montant du nord rejoigne le Boscq et la mer coté sud, ainsi Granville devint une ile plus grande que le Mont Saint Michel.

 Les défenseurs du Mont prennent le bastion et chassent les anglais en 1442. Charles VII avait compris l’intérêt stratégique de Granville, aussi il décida d’en faire une ville fortifiée.

Dès 1450, les bateaux de Granville et des environs pèchent à Terre-Neuve, au fil des siècles, cette ville devient un port morutier important et le premier port coquillier de France.

Sous Louis XIV, les bateaux ont le droit de s’armer et de faire des courses. Ville fortifiée sous Louis XIII, les fortifications sont modifiées pour tenir compte des progrès de l’artillerie.

Le Ministre de la guerre de Louis XIV, Louvois, en 1688 fit raser le parapet de l’enceinte intérieure, supprimer la seconde enceinte et palissade extérieure, pensant qu’il ne pourrait faire face à une attaque des anglais par la mer, et des protestants par la terre.

1695, bombardements des anglais. 1793, ce fut l’attaque des Vendéens, n’ayant pour protéger la porte au pied du rempart, qu’une butte et palissade.

Granville, ville militaire, la première caserne est achevée en 1750, la seconde en 1780.

 Au XIX eme siècle, elle devient une cité balnéaire pour de nombreux artistes, écrivains, dès 1850, elle se transforme en un quartier élégant, le casino séduit et attire le public avec ses bals, spectacles, concerts pendant les mois d’été. On y rencontre Stendhal, Michelet, Victor Hugo.
 D’autres constructions de casernes s’effectuent à la fin du siècle.

 Au XX eme siècle, la ville devient un centre de communication, favorisé par l’ouverture d’une ligne de chemin de fer en 1908 et un tramway. 1911 c’est l’ouverture du nouveau casino et en 1912 installation de l’électricité.
 La première guerre mondiale passée, les régates reprirent en 1919, le carnaval en 1920, Lucien Dior, enfant du pays, devenu ministre du Commerce vient visiter la ville en 1921.
1925, inauguration d’une nouvelle gare, station climatique, l’hôtel des bains ouvre en 1926.
Les allemands, ajoutent des blockhaus du Mur de l’Atlantique, depuis l’isthme jusqu’à la pointe du roc. La ville est libérée en 1944 sans combat.

Granville est la patrie de la famille Dior, Christian y est né en 1905, illustre famille, son père Maurice industriel codirige avec son cousin Lucien, qui lui est député et ensuite sera ministre du commerce, un groupement d’usines chimiques. La plus importante se situe à Granville fondée par l’arrière Grand-père de Christian. Il s’agit d’une production d’engrais et participent de 1860 à 1920, à plusieurs innovations techniques, il y a même de la javel Dior, la lessive Saint Marc. Dans la famille il y a aussi l’une des premières femmes médecins, un chansonnier à Montmartre, ainsi que l’introduction faite par la famille de l’électricité à la ville.

Dans ce milieu d’entrepreneurs, une femme la mère de Christian, apporte des traditions d’une bourgeoisie raffinée, elle impressionne le milieu provincial par ses tenues d’une grande élégance. Elle persuade son mari d’acquérir la propriété « les Rhumbs », c’est elle qui en supervise la transformation en 1906-1907 de la maison en une villa entourée d’un jardin conçu comme un défi, face au vent de la falaise. Elle lègue à ses cinq enfants le sens de l’art de vivre, l’ameublement qu’elle choisit est très raffiné, elle transmet l’idée que la vie doit d’abord être une œuvre d’art.



Christian Dior va garder une grande nostalgie de cette vie de famille traditionnelle organisée autour des enfants qui caractérise « la belle époque ». Il a aussi la passion des jardins comme sa mère, il développe son gout de la fête et du costume, des alcôves secrètes, des styles anciens revisités, pastiches tout cela va se retrouver dans sa vie d’adulte, dès 1925, il fait réaliser des costumes pour les fêtes du casino et participe aux travaux d’embellissements de la maison et du jardin alors qu’il n’a que 20 ans.

Il s’inscrit à sciences Po en vue d’une carrière de diplomate, mais dans les années 25-28 sa vraie vocation est l’architecture.
Ce gout se retrouve dans la sophistication et la construction interne de ses robes. Il a une grande admiration pour la musique, parmi ses fidèles amis Francis Poulenc, Georges Auric et Henri Sauguet qui l’introduit dans le milieu d’avant-garde des années folles. Le gout pour le dessin et la peinture l’emporte jusqu’en 1934, c’est en 1935 qu’il découvre sa vocation, il dessine pour le Figaro.
 En 1938, il est embauché chez Robert Piguet, comme modéliste, il se voit confier d’importantes responsabilités et participe à un mouvement de mode romantique qui caractérise les collections de 1939.
 Après la guerre, il vient à Paris et en 1941 s’intègre dans l’équipe de Lucien Lelong, président de la chambre syndicale de la haute couture, celui-ci anime la plus grande maison de couture parisienne de 1921 à 1948, et joue un rôle fondamental en évitant le projet allemand de transférer les maisons de couture à Berlin ou à Vienne. Christian Dior et Pierre Balmain assistants chez Lelong, décident de monter leur propre maison en 1945, mais Christian Dior à cette époque travaille aussi pour le cinéma ce qui lui permet de revenir aux formes et au savoirs- faire anciens, un des éléments du new look.
Dès 1946, il est sollicité par le groupe Boussac, pour ouvrir sa maison de couture, il s’installe dans un hôtel particulier du style Louis XVI-1910 situé 30 avenue Montaigne, il dispose de gros moyens et conçoit une maison fondée sur l’excellence.
Il ouvre sa maison de couture en 1947, il décède en 1957, en 10 ans il a créé 22 collections de haute-couture, les grandes tendances, la déclinaison du new look, caractérisé par une grande attention de la silhouette, avec des formes en corolle ou en tulipe, un allongement des robes, un retour à la taille corsetées. Le travail interne de la construction de la robe est important, il doit modeler la femme. Les collections suivantes renforceront à l’extrême ces tendances. Le corps de la femme doit être mis en valeur. Christian Dior, créé ses robes de bal, dont l’une fut nommée Henri Sauguet.
Dès les années 1950, il s’intéresse à la clientèle américaine et japonaise et développe l’idée de la robe de cocktail, intermédiaire entre la robe d’après-midi et la robe du soir.
Cette même année, il donne à des vedettes de cinéma des modèles de sa collection légèrement adaptés pour des films, l’un d’eux fut tourné dans sa propre maison de couture, il s’agit d’Ambassador’s Daughter avec Olivia de Havilland.
1953 il créé une autre ligne, restant fidèle à ses principes d’architectures et de construction, il adapte une conception plus souple de la silhouette féminine.

 En 1955, il ouvre un studio à un jeune talent de 19 ans, il s’agit d’Yves Saint Laurent.

En 1957, la maison fête ses dix ans avec éclat par un voyage triomphal aux USA. C’est lors d’une cure en Italie, qu’il décède en octobre 1957.

La musique a jouée un rôle important dans sa carrière de couturier, elle l’a inspiré pour ses créations. Mozart dans les turqueries fait penser aux déguisements qu’il organisait avec ses frères et sœurs on sait que Dior les aimaient. Dans sa discothèque il possédait les variations de Bach, Brahms par Toscanini, Schubert, Ravel la symphonie espagnole. Dans une de ses collections, chaque vêtement portait le nom d’un musicien.

Quelques signes de reconnaissance qui caractérisent sa griffe, cannage, rubans, médaillons, pied de poule, panthère, couleur de référence le gris, d’autres tons le rouge, le rose.
La relève de la maison fut confiée à Yves Saint-Laurent, sa ligne trapèze est un triomphe lors de la collection de printemps-été 1958, ce qui a permis à la maison de durer jusqu’à nos jours.
Marc Bohan prendra la succession dès 1960 jusqu’en 1989.  

 Dans la maison il reste peu d’éléments, le père de Christian, avec la crise des années 30, a été contraint de céder progressivement la totalité de ses biens dont le mobilier.
Quelques souvenirs et objets personnels agrémentent le musée :
Un petit train publicitaire Dior, une bouteille d’eau de javel Dior, beaucoup de photos de famille, on peut découvrir la mère de Christian très élégante, des cartes postales montrant la maison à l’époque. Le portrait de Christian peint par Nora Auric, des partitions d’Henri Sauguet, un agenda ouvert à la date de son départ en Italie. Des robes de soirées, les flacons de ses créations de parfum.

 Cet été, une exposition est consacrée à Marc Bohan, de ravissantes robes de soirées précieuses et délicates sont exposées, robes portées par La Princesse Grace de Monaco, la Princesse de Hanovre, Liz Taylor, Sophia Loren, Farah Diba, Audrey Hepburn, Isabelle Adjani, Sylvie Vartan…………….

Christian Dior avait fait appel à Marc Bohan pour être son second assistant chargé de relations à l’étranger. Marc Bohan à voulu être celui qui allait maintenir une certaine continuité après le décès de Christian Dior.
Grand créateur, Marc Bohan fut directeur artistique de Dior pendant 28 ans, il est l’auteur de 57 collections. Mais aussi créations de sacs, parfums, baby Dior. "Bohan a su capter l'esprit de son temps avec un esprit qui résiste au temps", assure Jean-Luc Dufresne .

 Extraits du livret vendu au musée. 

La visite se poursuit dans le jardin de falaise, une pelouse et quelques massifs devant la maison, en se dirigeant coté mer, on découvre la pergola et son miroir d’eau, création architecturale de Christian Dior, avec un mobilier de jardin (qu'il a surement dessiné) en continuant nous arrivons  à la terrasse qui surplombe la mer , on peut y admirer  le soleil couchant, la roseraie embaume le parcours, mais aussi les effluves de parfums de sa collection ( afin que le visiteur découvre toute la gamme de ses créations) ,
 Christian Dior s’inspirait beaucoup des senteurs de son jardin pour ses nouvelles créations, ce jardin est compartimenté , quelques bancs dispersés  permettent de s’isoler et d’imaginer les heures glorieuses de cette maison qui était magnifiquement décorée, avec beaucoup de délicatesse par Madame Dior, les enfants animant la maison ,courant dans le jardin.
 L’enfance y fut certainement très heureuse, bourgeoise, la musique surement présente.



« La maison de mon enfance j’en garde le souvenir le plus tendre et le plus émerveillé. Que dis-je ? Ma vie, mon style, doivent presque tout à sa situation et à son architecture. » Christian Dior


Excellente promenade dans le royaume de la mode, par une belle journée d’été ce qui permet de s’évader dans les allées du jardin, l’exposition jusqu’au 20 septembre.
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