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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 10:22

Alexandra David-Neel, exploratrice, orientaliste, féministe, cantatrice, écrivain, Alexandra David-Neel  voyage pendant quinze ans à la découverte des régions inexplorées du Tibet.

Elle nait à Saint Mandé, le 24 octobre 1868, et décède à Digne le 8 septembre 1969.Enfant terrible, adolescente elle fut contestataire, dans sa jeunesse anarchiste, plus âgée, penseur libre du XX eme siècle.

Son père français, sa mère scandinave, elle est élevée dans un cadre austère, bourgeois, Alexandra est individualiste et a le désir de liberté, adolescente elle fera de nombreuses fugues, elle veut partir toujours plus loin.

Lorsqu’elle a 6 ans ses parents s’installent près de Bruxelles à Ixelles, c’est là qu’elle passera sa jeunesse. Elle est démoralisée, son seul objectif voyager.

Son désir de voyager la conduit à la découverte de paysages, mais avant tout c’est une recherche philosophique et religieuse.

Dès l’âge de 6 ans elle ne s’endormait pas sans avoir lue un verset de la bible, dès 15 ans Epictète et les philosophes stoïciens nourrissaient ses pensées et déterminaient ses actes. Dès 1883, elle part seule en Angleterre. A 17 ans quitte la Belgique pour se rendre en Suisse, le Saint-Gothard à pied et visité les lacs italiens avec, pour tout bagage, un imperméable et le "Manuel d'Epictète".1886 elle part à bicyclette.

A la suite d'un séjour à Londres, Alexandra commence à étudier sérieusement les philosophies orientales tout en se familiarisant avec la langue anglaise. Ayant obtenu sa majorité, elle quitte sa famille, s'installe à Paris à la Société Théosophique et entreprend en auditeur libre des études en Sorbonne, aux Langues Orientales et au Collège de France. Alexandra se rend  au   musée Guimet   le plus souvent possible, elle va à la   bibliothèque ou des «  vocations naissent » et, ajoute-t-elle, "la mienne y est née."

Elle poursuit également des études musicales et lyriques et sur la scène de nombreux théâtres, elle obtient un succès certain en interprétant divers rôles : entre autres, Marguerite de Faust, Manon de Massenet et Carmen de Bizet. Cependant, après avoir rempli son contrat à l'opéra d'Athènes, Alexandra abandonne cette carrière qu'elle n'aime pas. Dans   les années   1890-1891, grâce à un héritage légué par sa marraine, Alexandra a pu pendant plus d'une année parcourir l'Inde du sud au Nord et d'Est en Ouest. Elle est fascinée par la magie de l'Inde, envoûtée par la musique tibétaine, émerveillée par les sommets de l'Himalaya ! Elle y retournera !

Mais avant de repartir pour cette Asie qui, chaque jour, l'attire davantage, elle passe par l'Afrique du Nord. Elle veut entendre le Muezzin appeler du haut du minaret les fidèles à la prière ; surtout le soir, au soleil couchant, disait-elle. Bien entendu, Alexandra a aussi étudié le Coran.

C’est à Tunis, qu’elle rencontre un ingénieur des Chemins de Fer : Philippe Néel, qui la persuade de mettre fin à son célibat. C'est en 1904, qu’ils se marient Alexandra, féministe a 36 ans.

De 1911, elle part pour ne revenir qu’en 1925, elle est liée à son mari par un contrat de mariage, mais aussi par une profonde et indéfectible amitié, ils se retrouvent... pour quelques jours seulement. En effet, l'adoption du jeune Lama Yongden, son compagnon d'exploration et preuve de son voyage à Lhassa (exploit qui la fit connaître au monde entier en 1924), amènera la séparation d'Alexandra et Philippe.

Alexandra vient de parcourir des milliers de kilomètres à travers l'Extrême-Orient et une grande partie de l'Asie Centrale, perfectionnant sa connaissance du sanskrit et, surtout du tibétain, ce qui lui a permis d'avoir accès aux plus grands gurus et de rencontrer les plus grands penseurs. Elle a écouté, étudié, écrit, allant partout où il lui a été possible de pénétrer.

Arrivée au Sikkim en 1912, où une étroite amitié l’a liée à Sidkéong Tulku, souverain de ce petit état himalayen, elle a visité tous les grands monastères, augmentant ainsi ses connaissances sur le Bouddhisme et plus précisément sur le Bouddhisme tantrique. C’est dans l’un de ces monastère qu’elle rencontre Aphur Yongden, il deviendra son fils adoptif, c’est alors qu’ils décident de se retirer  dans une caverne à 3900 m d’altitude, au nord du Sikkim.

Là, elle est auprès d'un des plus grands Gomchens (ermites) dont elle a le privilège de recevoir l'enseignement et surtout, elle est tout près de la frontière tibétaine, qu'envers et contre tous, elle franchira à deux reprises. Elle pénétrera même jusqu'à Jigatzé, l'une des plus grandes villes du sud du Tibet, mais pas encore à Lhassa, qui en est la capitale interdite. A cause de ces incartades, Alexandra sera expulsée du Sikkim en 1916.

En 1914-18 l’Europe est en guerre   impossible de rentrer. Ils resteront donc quelques mois en Inde et s'embarqueront ensuite pour le Japon, pays qui la décevra.

Alexandra va donc se réfugier dans l'étude et rencontrer dans ce but des orientalistes, des érudits, des mystiques. L'un d'eux, le moine philosophe Ekaï Kawaguchi va lui apporter une lueur d'espoir.

Quelques années auparavant, sous le déguisement d'un moine chinois, il a réussi à demeurer  18 mois à Lhassa. Prévenu des soupçons qu'il éveillait et sur les conseils d'un de ses amis, elle a du prendre la fuite.

Ils quittent donc le Japon, pour la Corée. Les montagnes, rassure-t-elle Yongden, vont lui rappeler le Tibet. Ils ne parlent pas le coréen, mais vont sûrement le baragouiner dans quelques mois, écrit-elle à son mari.

Alexandra, Yongden et les bagages prennent le train pour Pékin... Là, au temple des Lamas se trouvent des érudits ; ils sont Tibétains ! Alexandra parle leur langue, tout va s'arranger, mais au bout de quelques mois ils repartent et vont  traverser dans de grandes difficultés toute la Chine d'Est en Ouest. Ils visitent le Gobi, la Mongolie et, après trois années d'études passées au monastère de Kum-Bum, abandonnant mules, yaks, domestiques et "les bagages", vêtue d'une robe de mendiante et pour Yongden de son habit de moine, empruntant le plus souvent des chemins inexplorés, ils franchiront, cette fois avec succès, la frontière de ce si mystérieux Tibet et séjourneront  à Lhassa, ils visiteront la ville sainte et les monastères : Drépung, Séra, Ganden, Samyé.

Alexandra se sépare de son mari et parcourt la Provence c'est Digne qu'elle choisit en 1928 pour y bâtir Samten-Dzong, sa forteresse de la méditation. Certes, la Bléone n'est pas le fleuve Brahmapoutre ! Le pic du Couar n'est pas l'Everest ! Mais, le ciel est bleu, le soleil brille, Alexandra est séduite par la beauté de ces pré-Alpes, ces « Himalayas pour Lilliputiens », comme elle se plaisait à le dire aux journalistes. Elle, qui a parcouru une grande partie de notre globe, traversé des régions paradisiaques, respiré le violent parfum des forêts d'orchidées en fleurs, n'a à aucun moment regretté de s'être fixée dans cette cité parfumée de lavande.

Elle y publie plusieurs livres qui relatent ses voyages et commente, avec succès, les théories des mystiques et magiciens qu'elle a approchés. Entre ces diverses publications - toujours accompagnée d'Aphur Yongden, le fidèle compagnon d'aventures, devenu légalement son fils adoptif - elle fera de grandes tournées de conférences en France et en Europe.

A la fin de sa vie, autoritaire et fantasque, elle revit avec sa collaboratrice les aventures qui ont marqué son destin d'exception.

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C’est ainsi que débute la pièce, nous sommes chez Alexandra à Digne, elle reçoit une jeune fille qui vient se présenter pour être sa collaboratrice. Alexandra âgée se déplace difficilement, avec des béquille ce qui la rend acariâtre, la jeune fille  va accepter d’être sa collaboratrice, elle doit montrer un caractère très fort pour vivre avec cette dame autoritaire et féministe avant tout. Alexandra revit tout son parcours, ses 15 années passées da ns  cette Asie qu’elle affectionne tant, ses rencontres, son compagnon de voyage,  Aphur Yongden, décédé dont elle possède les cendres dans une urne, la relation entre les deux femmes ne va pas être facile leurs caractères vont s’affronter, entre amour et haine, tendresse, colères, Tortue, nommée ainsi par Alexandra, voyage par ses récits. Alexandra entend la Traviata à la radio, les souvenirs  de ses années de cantatrice  ressurgissent elle enfile la robe qu’elle portait pour interpréter Violetta,  tout en expliquant quelques passages musicaux de l’œuvre. Les deux femmes finissent par s’accepter .La mairie organise une fête pour les 100 ans d’Alexandra, les journalistes sont présents et nous devons entonner l’happy Birthday pour cet événement……………….Alexandra   invitée à Berlin, décide de faire faire un nouveau passeport pour  repartir avec Tortue, ce voyage est impossible, et, dans sa 101 année Alexandra décède.


Magnifique interprétation des deux comédiennes, Hélène Vincent incarne le rôle d’Alexandra, Emilie Duquesne celui de Tortue. De suite nous sommes  plongés dans l’univers d’Alexandra par ses récits de voyages, de son amour pour l’Asie .Mais avec un espoir, celui de pouvoir repartir.
A ne pas manquer.



Au petit Montparnasse, Paris, jusqu’en mars 2010

 

 

 

 

 

 

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 16:03

Hommage à Maurice Béjart  au Palais Garnier Paris.

Quatre  ballets, rarement présentés ils couvrent 41 ans de travail de 1957 à 1998.

chausson-danse.jpg

Inspirée  du   huit clos de Sartre, cette « sonate à trois » 2 femmes un homme, retrace le tragique affrontement de trois personnages qui viennent de mourir et se voient enfermés dans une chambre sans issue .Ils ne sont pas unis par hasard, mais sont condamnés dans leur enfer réciproque. Musique de Bartók sonate pour deux pianos et percussions.  

« Webern opus V » musique de Schonberg ;

Il s’agit du 3eme ballet créé par Maurice Béjart, La musique de l’opus V s’offre sans concessions, austère et dépouillée, Maurice Béjart y répond par une scénographie épurée, des costumes simples qui épousent les formes du corps, des visages sans expressions tout nait des lignes du corps et du rapport des deux danseurs. Cette chorégraphie exprime l’angoisse de la solitude, de l’incompréhension, les affrontements contemporains, cette distorsion des esprits traduite par celle des corps.  Un thème cher à Maurice Béjart la complémentarité des sexes et la recherche de l’idéal.  Les musiciens sur scène deux violons, un alto et un violoncelle.

 « Dialogue de l’ombre double » musique Pierre Boulez.

Il s’agit d’établir un dialogue entre une clarinette et elle-même. Deux clarinettes se répondent, l’une réelle et visible, jouée par Alain Damiens sur scène, l’autre, virtuelle et invisible, enregistré sur bande magnétique. Le titre fait référence à deux scènes du soulier de satin de Paul Claudel : l’ombre double un monologue et le dialogue entre Dona  Prouhéze et l’ange gardien, son double. Cette dualité entre un instrument réel et un instrument imaginaire joue sur ‘alternance.

« Le marteau sans maitre » d’après le recueil de René Char, musique Pierre Boulez Œuvre abstraite fondée sur les rapports  entre la partition musicale et le mouvement. Six instrumentistes et une chanteuse trouvent leur correspondance sur scène avec six danseurs et une ballerine.

Extraits du livret de la soirée.

L'inspiration littéraire, la théâtralité, le gout pour la musique, la chorégraphie, l'interprétation par les danseurs du Béjart Ballet Lausanne.

Magnifique soirée en hommage au Maître. 

Directeur artistique du Béjart Ballet Lausanne Gil Roman



















































































 

 

 

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 17:46

 Quatre ballets présentés en hommage aux ballets russes.

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" Le spectre de la rose"  Invitation à la valse de Carl-Maria Von Weber, cette valse est dédiée à la femme, la valse proprement dite est caractéristique du romantisme de Weber par sa succession de tableaux, visuels aux perspectives toujours nouvelles. Décors er costumes de Léon Bakst .
L'atmosphère du poème est habilement retranscrite "Poème de Théophile Gautier en 1837"

 Soulève ta paupière close
 Qu’effleure un songe virginal;
 Je suis le spectre d’une rose
 Que tu portais hier au bal.
 Tu me pris encore emperlée
 Des pleurs d’argent de l’arrosoir,
 Et parmi la fête étoilée
 Tu me promenas tout le soir.

 Ô toi qui de ma mort fus cause,
 Sans que tu puisses le chasser,
 Toute la nuit mon spectre rose
 A ton chevet viendra danser.
 Mais ne crains rien,je ne réclame
 Ni messe, ni De Profundis;
 Ce léger parfum est mon âme,
 Et j’arrive du paradis.

 Mon destin fut digne d’envie ;
 Pour avoir un trépas si beau,
 Plus d’un aurait donné sa vie,
 Car j’ai ta gorge pour tombeau,
 Et sur l’albâtre où je repose
 Un poète avec un baiser
 Ecrivit : Ci-gît une rose
 Que tous les rois vont jalouser. 


 Beaucoup de grâce et de délicatesse pour l'interprétation de ce ballet. La jeune fille interprétée par Delphine Moussin , le spectre Emmanuel Thibault.

 "L’après-midi d’un faune ", poème de Stéphane Mallarmé, musique de Debussy .

 Le faune,
 Ces nymphes, je les veux perpétuer.
 Si clair,
 Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
 Assoupi de sommeils touffus
 Aimai-je un rêve ?
 Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
 En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
 Bois même, prouve, hélas ! Que bien seul je m’offrais
 Pour triomphe la faute idéale de roses -- Réfléchissons...

 Ou si les femmes dont tu gloses
 Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
 Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus.
 Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :
 Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste
 Comme brise du jour chaude dans ta toison ?
 Que non ! Par l’immobile et lasse pamoison
 Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,
 Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte.
 Au bosquet arrosé d’accords ; et le seul vent
 Hors des deux tuyaux prompts à s’exhaler avant
 Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
 C’est à l’horizon pas remué d’une ride
 Le visible et serein souffle artificiel
 De l’inspiration, qui regagne le ciel.

 Extraits du poème de Mallarmé 1876.
 
La toile de scène (peinte par Léon Bakst) représente une forêt touffue d’où se détache un promontoire, le repère du Faune, difficilement perceptible par l’absence volontaire de perspective. Un seul danseur le faune et sept danseuses dont la grande nymphe. Les costumes d'inspiration grecque sont de Bakst.

Le faune Jérémie Belingard, la grande nymphe Emilie Cosette.

" Le tricorne" ,ballet à la fois classique, moderne et de caractère espagnol, aussi dans la musique de Manuel De Falla, dans les décors de Picasso, dans la chorégraphie. L’histoire se passe dans un village du sud de l’Espagne vers la fin XVIII eme, beaucoup de personnages officiels, voisins, mendiants….
Le rôle du meunier interprété magnifiquement par José Martinez, la femme du meunier Marie-Agnès Gillot.

"Pétrouchka", musique de Stravinski, il introduisit dans "l’esthétique de foire "en employant le procédé des chansons populaires russes et françaises. Décors et costumes de Benois.
Nous sommes à Saint-Pétersbourg sur la place de l’Amirauté, c’est la foire du carnaval, chevaux de bois, montagnes russes tout est en place, les danseurs s’exercent au son d’un orgue de barbarie, des vendeurs de pain d’épice, des curieux. Un charlatan en magicien annonce qu’il va présenter des poupées animées. Une baraque et soudain trois poupées en sortent Pétrouchka en guignol (pantin malheureux) les jambes tordues, un Maure et une ballerine dansent avec beaucoup d’entrain ce qui les ferait prendre pour des êtres vivants…………………….
Petrouchka Benjamin Pech, la poupée Claire-Marie Osta, le Maure Yann Bridard, le charlatan Laurent Novis.

Très belle soirée à l’opéra Garnier pour rendre hommage à Diaghilev et aux ballets russes, quatre œuvres essentielles, présentées dans leurs chorégraphies d’origine, de Léonide Massine, Mikhaïl Fokine, et Vaslav Nijinski.
Ils arrivaient à Paris il y a 100 ans.
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 11:24
Casse-noisette, ballet en deux actes, musique de Tchaïkovski, chorégraphie de Rudolph Noureev.

chausson-danse.jpg

 Nous sommes dans une petite ville allemande, le président Silberhaus avec sa femme organisent un arbre de Noël. Les invités accompagnés des enfants arrivent on commence la distribution des cadeaux. Un conseiller fantasque arrive et amène des poupées animées, il s’agit d’Arlequin et de colombine, un soldat et une vivandière. La fille du président Clara reçoit un casse-noisette, son frère jaloux s’en empare, la petite Clara fond en larme, les invités partent. Aux douze coups de minuit les rats arrivent de partout et se faufilent dans la pièce, l’arbre de Noel grandit, les poupées et jouets s’animent ainsi que le casse-noisette, une bataille s’organise entre les jouets et les rats, le roi des rats s’attaque au casse-noisette il est en mauvaise posture, mais d’un coup de pantoufle, la petite Clara le débarrasse de son ennemi. Le casse-noisette devient un prince charmant, il invite Clara à le suivre dans une forêt où tombent des flocons de neige qui dansent et chantent autour d’eux. Il l’emmène au "Royaume des douceurs", la fée dragée organise un grand divertissement chorégraphique en leur honneur avec le chocolat danse espagnole, le café danse arabe, le thé danse chinoise, la danse russe et celle des mirlitons précédent mère Gigogne et les polichinelles. La valse des fleurs succède au pas de deux, la fée dragée  danse avec le prince Orgeat.
 D’un seul coup Clara se réveille dans le salon, ou ses parents l’avaient laissée.
 Est-ce que Clara a fait un beau rêve ?

Nous sommes dans la féérie de Noël, conte magnifique les enfants de l’école de danse font parti du ballet, les danseurs incarnent leur rôle à merveille Karl Paquette le prince et Mathilde Froustey pour Clara. C’est magique. Excellente soirée.

 Opéra Bastille Paris jusqu’au 9 janvier.
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 17:24

La petite république des Provinces-Unies (sept provinces), actuel Pays-Bas, née depuis 1581 de l’Union d’Utrecht (traité signé en 1579, il unifia les provinces désirant se séparer des Pays-Bas espagnols, les raisons sont politiques et religieuses. Ces provinces s’engagent à se soutenir mutuellement contre l’armée espagnole).  Cette petite République est entrain de devenir la première puissance commerciale du monde, pendant que le reste de l’Europe subit une récession qui va durer jusqu’en 1750.

Par la liberté du culte qui régnait aux Pays-Bas, une population diverse vint s’y installer, protestants, juifs, espagnols, portugais. Le culte dominant devint le calvinisme.

 Ces réfugiés rejoignirent une république en pleine croissance, qui offrait travail et liberté d’opinion.

La puissance néerlandaise ne reposait pas que sur les activités commerciales, l’importation des matières premières permit l’essor d’industries de transformation, la production à son tour alimenta les exportations nationales. Des raffineries de sucre, manufactures de tabac, tailleries de diamants, savonneries, huileries. L’industrie la plus importante reste celle des textiles dont Leyde fut la capitale. Environ 5000 personnes travaillaient dans l’industrie  de transformation.

Les écrivains et érudits s’y établirent pour publier en toute liberté et enseigner avec la fondation de l’université de Leyde et le développement de sciences humaines et naturelles, le pays devint l’un des centres du savoir ce qui  attira d'innombrables penseurs et savants de toute l'Europe. Les penseurs des Provinces-Unies ont également contribués à l’évolution du droit civil.

Plusieurs livres  traitant différents sujets tel que la  religion, la philosophie, les sciences naturelles, interdits ou quelques fois mis à l’index par l’inquisition, pouvaient être imprimés et distribués aux Pays-Bas. Au XVII eme siècle, la République des provinces Unies devint le lieu d’édition de toute l’Europe. Ainsi l’imprimerie et l’édition connurent eux aussi leur âge d’or au XVI eme siècle et XVII eme siècle.

A la tête de la société néerlandaise on trouvait, les nobles, les régents, on jugeait au statut social d’après l’appartenance familiale, le niveau d’éducation, mais aussi d’après la fortune et le revenu des personnes. Dans les autres pays d’Europe, la noblesse formait la classe dirigeante privilégiée politiquement et socialement. Il n’y avait presque plus de noblesse aux Pays-Bas, les clercs avaient peu d’influence, l’église catholique romaine ne dominait plus au profit de l’église protestante. Il n’y avait pas de souverain, de nobles, de clercs.  C’était les Régents et la haute bourgeoisie (riches marchands, armateurs, banquiers, entrepreneurs, officiers généraux) qui géraient la politique et la société, soutenus par la petite bourgeoisie composée principalement d’artisans, d’officiers qui eux géraient la politique dans les petites villes.

C’est le roi Guillaume Nassau par la guerre de 30 ans de 1555 à 1584, qui va conduire les provinces à l’indépendance.

Les Pays-Bas espagnols, territoires possédés par le roi d’Espagne, période allant du XVI au XVII eme siècle, ils comprenaient l’actuelle Belgique (sauf Liège), le Luxembourg, les Pays-Bas actuels et une partie du nord Pas de Calais).

Au XVI eme siècle l’Espagne et le Portugal deviennent grâce au colonialisme les premières puissances européennes et mondiales.

 En 1580, les néerlandais lancent des assauts sur le Brésil, ils s’emparent du Nordeste  de 1630 à 1661, ainsi ils vont obtenir des plantations de canne à sucre. Etant de redoutables corsaires ils vont détourner des marchandises provenant des navires des autres pays européen.

1584 début du siècle d’or qui va se poursuivre jusqu’en 1702.

Dès 1605, la Hollande exploite la pointe nord de l’Australie.

En 1602, ils créent la compagnie des indes orientales (pendant près de deux siècles l’un des piliers du capitalisme et de l’impérialisme néerlandais) et ensuite occidentales en 1608 (comprenant l’Afrique de l’ouest, le cap de bon espérance, l’Amérique, le Pacifique et la partie Orientale de la Nouvelle Guinée).

 Le monopole commercial néerlandais avec l’océan indien et l’Extrême-Orient devait perdurer deux siècles. Ses routes et commerces s’étendaient le long des côtes d’Afrique et d’Asie avec des comptoirs et mouillages en Indonésie, au Japon, Taiwan, Ceylan et Afrique du sud. En vue du commerce avec l’Afrique de l’ouest et les Amériques, c’est ainsi que les actionnaires créèrent la compagnie des Indes occidentales. Les autres routes commerciales, la Baltique, la Russie, commerce avec l’Italie et le Levant, les pays de la cote orientale méditerranéenne pour l’Europe.

En 1609 La Hollande et l’Espagne signent une trêve de 12 ans, la même année ouverture d’un comptoir hollandais au Japon  sur l’ile Hirado, et la cote ouest de l’Inde. Création la même année de la banque de change d’Amsterdam (première banque centrale au monde)

1611 c’est l’ouverture de la bourse d’Amsterdam.

Le capitaine Hatogh découvre l’Australie occidentale en 1616.

L’église réformée est reconnue officiellement en 1618-19.

Dès 1619, les Néerlandais fondent sur l’ile de Java  le comptoir de Batavia (aujourd’hui Jakarta), ils s’assurent le monopole  et supplantent les Portugais dans le commerce des épices avec l’Inde et l’Insulinde (vaste archipel comprenant l’Indonésie, les Philippines, le Timor oriental, la Malaisie orientale, Brunei, le territoire indien  d’Andaman et Nicobar).

1621, guerre entre l’Espagne et la Hollande.  

En 1625, fondation de la Nouvelle-Amsterdam (actuelle de New-York).

La Hollande obtient son indépendance avec l’Espagne en 1648, ainsi les néerlandais  devinrent l’une des puissances maritimes et économiques du XVII eme siècle. Décès de Maurice d’Orange. Frédéric-Henri devient Stathouder.

1633 la spéculation de la tulipe. Bulle économique pendant 4 ans

La Hollande déclare la guerre à l’Espagne en 1635

1643, massacre des indiens Algonquins par les hollandais.

1647 décès de Frédéric-Henri d’Orange, son fils Guillaume II  lui succède et décède en 1650.

1648, traité de Westphalie, les Pays-Bas dominent le commerce mondial.

Construction de l’hôtel  de ville d’Amsterdam  de 1650 à 1665.

Les hollandais s’installent au cap de Bonne Espérance en 1652.

De 1652 à 1654 c’est la première guerre entre l’Angleterre et la Hollande.

1656, les hollandais s’emparent du port de Colombo Sri Lanka

1664, la flotte hollandaise au profit de la flotte anglaise occasionne  la perte de New Amsterdam  

 1665 à 1667, seconde guerre entre hollandais et anglais.

Vers 1670, la république comptait environ 15 000 navires, cinq fois les effectifs de la flotte anglaise.

1672, La Hollande est attaquée par l’Angleterre, la France, l’évêché de Westphalie et Cologne. Guillaume III d’Orange est nommé Stathouder.

1673, les hollandais sortent victorieux de la guerre avec les anglais.

1678, fin de la guerre qui oppose la France aux Provinces-Unies et à l’Espagne depuis 1872.

1684, La France et la Hollande signent la paix.

1688-89, Guillaume III d’Orange envahit l’Angleterre de la Glorieuse Révolution et renverse pacifiquement James II d’Angleterre. 1688, guerre de la Ligue d’Augsbourg.

1689, Guillaume d’Orange est proclamé Guillaume III d’Angleterre.

1692, La flotte anglo-hollandaise écrase la flotte française.

1697, Les traités de Ryswick mettent fin à la guerre de la ligue d’Augsbourg entre Louis XIV et la Grande Alliance.

Le siècle d’or néerlandais caractérisé par la prospérité économique et culturelle.   Cette période recouvre une floraison de culture, d’art, cette prospérité est due à l’évolution sociale et culturelle de cette époque.

 L’instruction est plus rependue que dans les autres pays d’Europe, cette  jeune république présentait des conditions favorables au développement des lettres, presque toute la population savait lire et écrire dès le XVI eme siècle, le premier enseignement,  la lecture des écritures (influence protestante), les réfugiés protestants étaient de classe supérieure ou d’une  bourgeoisie cultivée, des écrivains, un apprentissage dans des petites écoles privées permettait d’avoir une connaissance, important chez ce peuple de négociants, apprentissage aussi  de l’arithmétique. L’enseignement secondaire était effectué dans des écoles latines pendant six ans, réservé à une élite. D’autres écoles illustres avec un  enseignement supérieur  dont les plus renommées l’Athenaeum d’Amsterdam et Leyde qui attira de nombreux étudiants étrangers dont  Descartes. 

 L’art et la culture,

L’épanouissement culturel y est intense et se différencie des  autres pays européens, car les mécènes et protecteurs des arts étaient de riches aristocrates, au Pays-Bas il s’agissait de négociants aisés, des familles praticiennes qui avaient ce rôle. Une classe moyenne  et les paysans enrichis créaient un potentiel décisif pour le développement économique, social et culturel du pays. Le marché était important pour  les biens industriels et artistiques, commerçants, artisans, officiers éprouvaient le besoin de faire valoir leur statut. Ils ont le désir de posséder des objets d’art, c’est ainsi que la demande des peintures profanes explosa, les portraits permettaient de montrer le rang social de la personne, ceci jamais vu dans d’autres pays, la possession du mobilier tel que des coffres, des objets pendules de luxe, des miroirs, de l’argenterie de la porcelaine,  donc prestige social. Cette richesse croissante  des Néerlandais assurait les revenus des artistes au XVII eme siècle.

Epanouissement de la peinture, nouveau secteur de l’économie, c’est le début de la commercialisation  de l’art, un nouveau métier se développa : marchand d’art. Les tableaux vendus étaient souvent des compositions aux  thèmes profanes, les tableaux d’église étaient délaissés depuis la Réforme,  une spécialisation se développa dans différents genres, avec des thèmes picturaux nouveaux, le paysage, les portraits individuels ou en groupe, représentation de la famille, les membres d’associations, des cérémonies, festivités, la nature morte fournissait des aperçus de la vie quotidienne de la bourgeoisie aux  intérieurs richement décorés. Il y avait même une hiérarchie des genres : L’histoire (et religion), le portrait, la scène de genre, le paysage, la nature morte. Enrichissement de la production même sur un plan stylistique, ainsi les commanditaires pouvaient apprécier la manière de l’artiste, qu’elle se rattache à la peinture italo-flamande ou néerlandaise. Les tableaux de petits formats n’étaient plus fait sur commande, mais trouvés au hasard des marchés, mais il se développa parallèlement un marché des toiles nobles, un marché de collectionneurs très actif.

Bien souvent les artistes se spécialisaient dans un thème

  Willem Claeszoon Heda et Willem Kalf peignaient des natures mortes, on y représentait un certain nombre d’objets qui variaient la composition par des modifications de détails. 

Jan Van Goven, Jan Van Ruisdael, Hobbema spécialisés dans la peinture de paysage.

Jan Steen, Adriaen Van Ostade et Brouwer la satire villageoise.

Terborsch, Pieter de Hooch, la comédie de mœurs (variante de scènes de genre) un exemple les fêtes paysannes

 Pieter Jansz Saenredam et Emmanuel de Witte peinture de monuments.

Thomas de Kevser et Frans Hals le portrait.

 Van de Velde les marines.

Paulus Potter, les animaux.

Philips Wouwerman spécialisé dans les chevaux.

Melchior d’Hondecoeter spécialiste des oiseaux.

Van Huysum spécialiste des fleurs.

Abraham Van Beijeren les fruits de mer, coquillages.
 

Pieter Claesz auteur du nautile d’argent.

 

L’exposition du siècle d’or hollandais présente peintures, dessins, œuvres sur cuivre, argenterie, faïences, ivoires toutes ces œuvres sont d’une qualité égale. On a la technique, la thématique, l’esthétique.

Quelques exemples par thèmes

Les artistes et leur monde :

XVII eme siècle en Hollande, un grand nombre d’artistes virtuoses y travaillaient Acquisition des œuvres d’art par les classes moyennes, les artistes se sont spécialisés, la première partie de l’exposition présente des portraits et autoportraits d’artistes tel que celui de Maria van Oosterwijck peintre de fleurs, œuvre du peintre Wallerant Vaillant 1623-1677, peintre mondain, succès auprès des praticiens. Maria était connue par ses bouquets, disposés sur un fond sombre, des vanités et aussi des natures mortes, ici elle est représentée un livre sur les genoux (symbole d’érudition) dans la main gauche une palette et des pinceaux, elle a une certaine assurance, elle porte une robe de satin jaune, avec une encolure décolletée avec des rubans, c’est la mode de l’époque.

D’autres œuvres de David Bailly autoportrait, Van der Helst portrait de Van de Velde artiste peintre, Van Ostade l’atelier du peintre.

Natures mortes et arts appliqués :

Les natures mortes étaient à la mode, certains artistes s’étaient spécialisés dans cette discipline, on y trouve des fleurs, des vanités, tel que des cranes, sabliers bien souvent associés avec des objets de valeurs. La subtilité de la lumière le rendu des objets  et des textures, la composition en ont fait des œuvres très prisées.

Un exemple avec une œuvre de Jan Davidsz de Heem 1606-1684 artiste qui se spécialisa dans les compositions florales vers 1650, il devient un maitre du genre. Il est un grand observateur de la nature. La composition florale présentée dans un vase en verre sphérique sur un dessus table en pierre, les fleurs sont recouvertes de petits insectes, beaucoup de fleurs différentes dans cette composition, tulipes, pivoines, œillets et autres, les fleurs de coloris semblables sont regroupées, chaque fleur est présentée avec beaucoup de détails. Grande délicatesse, respect dans l’harmonie des  couleurs, dégradations de roses et de blancs des pivoines placées au centre de la composition  rehaussées par les tons chauds de rouges des tulipes et œillets.

Autres œuvres, Davidsz de Heem, nature morte avec des livres, Van de Velde, nature morte avec un grand verre de bière, De Bray, fleurs dans une vase de verre, Abraham Mignon, nature morte aux fruits, huitres et compotier de porcelaine

La ville :

Grande concentration de population dans les agglomérations urbaines, alors que le reste de l’Europe est rurale. Le commerce et l’industrie sont florissants, de nouveaux métiers apparaissent. De nombreux artistes trouvent inspiration et modèle dans leur environnement.

Construction de l’hôtel de ville d’Amsterdam en 1638, aujourd’hui c’est le palais royal. 

Gerrit Berckheyde 1638-1698, cet artiste rend hommage à l’édifice le plus emblématique néerlandais du XVII eme siècle. Ce bâtiment est de style classique italien il  fut conçu par Jacob van Campen.

L’artiste en remplissant la toile par cet établissement a voulu montrer l’admiration qu’il avait pour l’architecture de Campen. Quelques personnages au premier plan devant l’hôtel de ville, ce sont les marchands et conseillers élégamment vêtus, d’autres personnes un cheval sont sur la place. Diversité des personnages pour montrer le coté cosmopolite d’Amsterdam.

Autres œuvres, Cuyp, vue de Dordrecht,Van der Hoeyen, plan de la ville d’Amsterdam, Van der Heyden , le pont levis, Jacob van Ruisdael, vue de Haarlem, Jan Steen, le boulanger de Leyde

La campagne :

Les peintres au XVII eme siècle découvrirent la campagne, c’est un plat pays traversé par des fleuves, source d’inspiration, les rivières et le ciel ont une place importante dans la composition de leurs tableaux. De nombreux artistes préféraient les paysages idéalisés d’Italie, ces paysagistes pour la plus part venaient d’Utrecht et avaient travaillés à Rome.

 Paysage hollandais avec le Ponte Molle (huile sur cuivre) de Jan Both 1615-1652, il est resté 5 ans en Italie, il a réalisé de nombreux croquis pendant son séjour, sur cette toile il représente des éléments d’architecture sur la gauche, la structure un vieux pont de pierre, la tour située derrière le pont est la tombe de Plaute, la campagne ressemble aux environs de Tivoli, à l’arrière plan, collines et montagnes , au premier plan un cheval drapé de rouge, les motifs ornant un char à bœuf, les arbres, les plantes reproduits avec de nombreux détails. La lumière est dorée, les contours des collines dans les tons bleutés.

 Autres œuvres Jacob Van Ruisdael, le château de Bentheim, Van de Velde , la hutte d’un berger dans un bois, Hobbema, le moulin à eau.

Images et objets religieux le monde de Rembrandt :

Rembrandt réalisa un certain nombre de portraits d’apôtres, tous avec une atmosphère religieuse, un exemple avec le reniement de saint Pierre, œuvre saisissante. Dans l’ombre deux soldats attendent la réponse de saint Pierre de savoir si toutefois il connaît Jésus, le visage de Saint Pierre est tourmenté il est éclairé par une source lumineuse, ce qui attire notre regard, la flamme de la bougie est cachée par la main de la jeune fille qui tient la bougie à la gauche de Saint Pierre. Dans cette œuvre Rembrandt joue avec le clair obscur élément constructif du tableau, la matière est travaillée d’une nouvelle manière, il utilise la technique de l’empâtement, ce qui consiste a appliqué la peinture en couches d’épaisseur inégale, le relief obtenu confère à la toile une texture et une luminosité remarquable.

Citoyens régents et aristocrates dans la République :

Dans la seconde partie du siècle, il y a plus de régents et de citoyens nantis, ils ont un certain standing et se font immortaliser dans des tableaux, mise en valeur de l’image de marque.

Frans Hals,1582-1666, grand portraitiste de l’époque, il peint le portrait de Mr et Mme Hasselaer, le mari représente un certain dynamisme, sa chevelure est bouclée et indisciplinée, son corps est désaxé par rapport à sa tête, sa main gauche posée sur sa hanche, le bras droit repose sur la chaise ou il est assis, son vêtement sombre est orné  d’un grand col d’une magnifique dentelle blanche , on aperçoit aussi sa manche plissée blanche également, son épouse fixe le spectateur, sa chevelure tirée, une immense fraise recouvre une robe sombre au broderies d’or, un col de dentelle sort de la fraise , les vêtements sont couteux , ce couple a un certain standing. Le style de Frans Hals est spontané, la palette est claire.

Autres œuvres, Jan de Bray, l’imprimeur de Haarlem, Ter Borch, Jacob de Graeff

La république et le commerce mondial les Indes hollandaises orientales :

Le commerce avec l’Extrême-Orient a une influence sur l‘art hollandais, les poteries, l’or, les épices, les ivoires, la soie.

Les exemples sont nombreux, Jacob Coeman montre Mr Cnoll et sa famille à Batavia avec les domestiques derrière eux ils ont la peau plus sombre et les pieds nus, dans le lointain s’éloignant des navires marchands, il est venu à Batavia pour travailler à la comptabilité de la Compagnie des Indes, et a épousé une japonaise, ils sont élégamment et  richement vêtus, les boutons sont en or, les robes en soie, colliers de perles .Ce tableau obtint un grand succès. 

Les scènes de genre la vie quotidienne :

Ce sont des peintures qui relatent la vie des personnes dans leur quotidien, avec quelques messages cachés.

Vermeer, la lettre d’amour, dans ce tableau Vermeer scrute l’intimité, la lettre d’amour un message sous-jacent, la clé de l’interprétation réside dans la combinaison des motifs au XVII eme siècle, le bateau sur la mer, c’est le thème de la poésie amoureuse, le navire et le galant, l’océan l’amour. Le spectateur est voyeur nous sommes dans le vestibule, nous regardons par la porte, de ce fait il fige le moment et le rend mystérieux. La palette est dans les tons de jaune, blanc, bleu.

Autres œuvres, Rembrandt, son fils Titus, Ter Borch, jeune fille assise en costume de paysanne, Van Ostade, paysans, scènes d’intérieurs, Jan Steen, femme à sa toilette, Pieter de Hooch, scène d’intérieur mère épouillant son enfant.

Exposition à ne pas manquer, le siècle d’or hollandais, période de bouleversements au Pays-Bas de nombreux événements  apportent dans la peinture de nouveaux thèmes, grande richesse culturelle  et artistique.
 
Extraits du catalogue de l'exposition

A la Pinacothèque Paris jusqu’en février 2010.

 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 11:13

C’est l’histoire de deux écrivains, Nin et Miller, qui ont amorcé la révolution sexuelle avec leurs écrits sulfureux et leur passion amoureuse. Anaïs est l'une des premières femmes à s'être lancée dans des écrits érotiques. Cette pièce est inspirée du journal d’Anaïs Nin.

Cette pièce est extraite du journal d'Anaïs.

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Henry Miller et Anaïs Nin, nous sommes en 1929, c’est la crise financière aux USA, Henry Miller romancier américain s’installe à Paris, Anaïs Nin écrivain mariée à un banquier, Miller invité à un diner chez Anaïs ou elle évolue dans un milieu bourgeois, nous sommes en hiver 1931. Elle vient chez lui , on écoute du jazz ,Body and soul version Billie Holiday, c’est la grande époque ,Henry ne veut pas qu’Anaïs soit sa maitresse il sait qu’il va la faire souffrir, il est marié et va voir les prostitués, n’a pas d’argent, finalement ils deviennent amants, l’alcool, la débauche, Anaïs la petite bourgeoise est séduite, elle veut qu’il lui fasse expérimenter la sexualité, elle est forte et va au bout de sa passion Henry veut connaître l’amour, elle deviendra indispensable, elle l’inspirera, il écrira entre ses jambes, ils sont fous l’un de l’autre. Finalement elle le quittera et reviendra vers son mari.

Anaïs dira " Il faut vous imaginer des choses. Ce sont des choses inracontables." 

Très belle interprétation d’Evelyne Bouix et Laurent Grévill, la mise en scène qui nous transporte dans le monde de ces deux écrivains, fous d’amour qui vivent leur passion jusqu’au bout.  Intelligence, sensibilité, délicatesse, magnifique.

Un petit rappel des biographies des deux écrivains :

Anaïs franco-cubaine, lorsque ses parents divorcent Anaïs part avec sa mère aux USA, elle quitte l’école à 14 ans et travaille comme mannequin, elle se marie avec Hugh Parker Guiler, banquier un an après leur mariage en 1924 ils s’installent à Paris. Nin se lance dans l’écriture elle est une des premières femmes à écrire des ouvrages érotiques, elle est devenue célèbre grâce à ses journaux intimes. Elle est l’amie de beaucoup d’écrivains et a une passion pour  Henry Miller et son épouse June. Ils se rencontreront lors d’une soirée qu’elle donnera chez elle. Henry Miller écrivain américain connut l’errance et enchainant petits boulots, il décide de tout quitter femme enfant en 1930 et part pour Paris, il a connu une voie de clochard, jusqu’à un premier emploi au journal la Tribune, cette même année il écrit son Tropique du cancer (qui sera son chef d’œuvre) nous sommes en 1931, il demeure à la Villa Seurat proche du parc Montsouris. Il entretien des correspondances avec de nombreux écrivains, la plus connue celle avec Anaïs Nin, elle débute dans les années 30 et cela pendant 20 ans.

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 11:59

L’événement :

Il y a 100 ans, le 3 mai 1909, Diaghilev fondateur des ballets russes arrivait à Paris gare de Lyon.

Le théâtre du Chatelet est entièrement rénové et réaménagé pour  les premières représentations du ballet russe.

Serge Diaghilev, créateur de la troupe a bien préparé son entrée, quelques semaines au paravent il a invité quelques personnalités du monde artistique, des journalistes, aux répétitions,Jean Cocteau, la princesse Anna de Noailles, les critiques en vue, sont venus. Quelques peintres à la mode avaient fait le portrait de Nijinski. Diaghilev ayant  le sens de la publicité avait fait placarder sur toutes les colonnes Morris de Paris l’affiche d’Anna Pavlova. Diaghilev invité dans tous les salons et soupers parisiens, fit quelques confidences sur un autre nom, le danseur Nijinski.

Paris est en effervescence, le 19 mai 1909, le théâtre du châtelet affiche complet, le tout Paris est présent, ce fut un choc artistique, le public fut bouleversé par la nouveauté, le talent des artistes,  la somptuosité des décors. Nijinski est à l’honneur.



Sergei Pavlovitch Diaghilev nait en 1872 à Selichtchi proche de Novgorod, dans une famille aisée de la petite noblesse, c’est la fin de l’époque tsariste. Il étudie le droit à l’université de Saint-Pétersbourg, ainsi que le chant et la musique au conservatoire.

 

En 1892, il obtient un diplôme de musicologie, élève de Rimski-Korsakov qui lui dit qu’il n’est pas fait pour cet art, découragé il abandonne.

Il se lie avec Alexandre Benois artiste peintre, décorateur, scénographe et historien d’art russe, Konstantin Somov, peintre symboliste, Dmitri Filosofov, écrivain et critique littéraire russe, Léon Bakst, peintre décorateur et créateur de costumes russes. Mais il est très difficile d’intégrer le cercle fauviste des artistes, Diaghilev se perfectionne sur l’histoire de l’art russe et occidentale aidé par son ami Alexandre Benois, il voyage pendant deux ans  pour se perfectionner, il devient le plus  apprécié  du groupe pour ses connaissances.

Avec l’aide financière de la princesse Maria Tenicheva (mécène, collectionneuse d’œuvres d’art, elle-même artiste) et de Savva Mamontov, (industriel, et mécène russe, à l’origine de l’opéra russe privé, il a financé un nombre de pièces  de compositeurs, Tchaïkovski, Rimski-Korsakov, Borodine, Moussorgski). Diaghilev créé le journal Mir Iskousstva (le monde des arts), et fonde avec son cousin Philosophoff et Alexandre Benois une groupe avant-gardiste.

Dès 1899, il est nommé assistant  particulier du prince Serge Volkonsky, qui a pris la direction des théâtres impériaux.

1900 il est responsable de l’annuel des théâtres impériaux, de ce fait propose des postes à ses amis.

Léon Bakst s’occupe des costumes du ballet français « le cœur de la marquise 1902 » chorégraphie de Marius Petipa, Alexandre Benois, produit « la vengeance de Cupidon » opéra de Taneiev.

Fin XIX eme siècle, il y a plus de liberté dans la manière d’appréhender la tonalité, le rythme les harmonies. Diaghilev est un des premiers à adopter ce style de musique.

1900-1901, Volonsky demande à Diaghilev de monter  Sylvia, ballet de Léo Delibes, mais Diaghilev refuse d’éditer l’annuel des théâtres impériaux, en raison de divergences d’opinion. Etant en conflit avec le théâtre, il fonde les ballets russes  nous sommes en 1907, de ce fait il devient  organisateur de spectacles, critique d’art, protecteur des artistes, impresario de ballet.

 De grands danseurs et chorégraphes seront issus de cette compagnie et ont marqués le XX eme siècle.

 Ses amis l’aident à monter des expositions.1905, il expose à Saint Pétersbourg, il s’agit de portraits peints par des artistes russes, l’année suivante en 1906, cette exposition vient à Paris au Petit Palais. 

Diaghilev se sépare du ballet impérial en 1911, il fait de sa compagnie une troupe privée composée des meilleurs éléments du théâtre Mariinski. Cette troupe va se fixer à Paris, Londres, Monte-Carlo.

 Pendant ces années, Diaghilev va programmer différentes compositions de Rimski-Korsakov, et passe commande auprès des compositeurs renommés pour ses musiques de ballets.

 

L’histoire des ballets russes, de 1909 à 1929, ces ballets vont représenter  toutes les formes artistiques, donnant lieu à un spectacle. Diaghilev a apporté différents styles à ses ballets, inspirés par les contes russes, l’art moderne, le futurisme.

Ils auront trois  périodes :

Les premières années jusqu’en 1912, les thèmes des ballets sont inspirés par le folklore russe et oriental, la chorégraphie de Michel Fokine (issu de l’école impériale de ballet de saint Pétersbourg), les danseurs formés selon la tradition académique et romantique, (héritage du style français et italien),  ajoutant à des  qualités spécifiques  leur sensibilité russe.

1912, deux créations : Daphnis et Chloé la musique composée par Maurice Ravel, L’après-midi d’un faune par Claude Debussy.



De 1912 à 1921, grande diversité  dans les chorégraphies, originalité et recherches expérimentales. Diaghilev a fait travailler des artistes occidentaux ce qui donné lieu à de nombreuses créations.

Manuel de Falla, musicien espagnol, des peintres pour les décors, Picasso, Derain, Matisse, Braque. Nijinski, Massine, Fokine ont réalisés les chorégraphies.

 Jeux en 1913, musique Debussy, le sacre du printemps en 1913, musique de Stravinski, Joseph-légende 1914, musique de Strauss, Parade 1917, musique Satie, le tricorne 1917, musique Manuel de Falla,  la boutique fantasque 1918, musique Respighi.

Après une rupture pendant la guerre, des peintres d’avant-garde sont venus rejoindre la troupe, il s’agit de Michel Larionov et Nathalie Gontcharova, ils sont de la veine des modernistes. La reprise des tournées s’effectue à partir de 1917. En 1931, le chorégraphe Léonide  Massine quitte  la troupe, c’est la fin de la seconde partie des ballets russes.

De 1921 à 1929, les ballets russes ont répondu au contexte des années folles, c’était inédit.

 C’est aussi l’arrivée de  nouveaux chorégraphes Bronislava Nijinska et Georges Balanchine, des peintres surréalistes, Naum Gabo, Antoine Pevsner, vont apporter aux ballets des tendances artistiques nouvelles. Diaghilev a fait participer des musiciens du groupe des six (le groupe des six : Darius Milhaud, Georges Auric, Arthur  Honegger, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc, Louis Durey). Boris Kochno a été le Secrétaire de Diaghilev et a créé des livrets et supervisé les spectacles. De nouvelles créations :

Les biches 1923, musique Poulenc, le fils prodigue 1929, mais le plus célèbre restera Igor Stravinski a qui Diaghilev a demandé d’adapter des pièces de Chopin pour les Sylphides.

Tant  par leur style chorégraphique que par les thèmes abordés, ces ballets ont étés présentés à Paris dans différentes salles, théâtre Sarah Bernhardt, Chatelet, Théâtre des Champs Elysées, Opéra. De nombreux spectateurs sont venus les admirer.

Les ballets russes ont attiré des artistes ayant le désir de connaître les dernières innovations artistiques. Acteurs, peintres, musiciens, écrivains. Parmi les écrivains, Jean Cocteau, Marcel Proust et Romain Rolland, parmi les acteurs, Sarah Bernhardt. Jacques-Emile Blanche, Valentine Gross, le peintre Auguste Renoir et le sculpteur Auguste Rodin.

Au public d’artistes s’est ajouté un public mondain, composé d’aristocrates, de ministres et de diplomates. Pour cette élite, les Ballets Russes ont été garants d’une caution culturelle et mondaine. Le public était composé de journalistes et de critiques d’art. La presse s’est ainsi fait le relais du succès des spectacles. 

Les ballets :

A travers les thèmes présentés, les décors et la musique, les spectacles de Diaghilev ont mis en scène une Russie de légende.

Le Festin (1909) a présenté plusieurs danses traditionnelles slaves, comme la mazurka. Musique Moussorgski.

 Le livret de L’Oiseau de Feu(1910) a été tiré de plusieurs contes russes, dont ceux d’Afanasiev. Musique Stravinski.









Shéhérazade créé en 1910, a émerveillé le public par sa mise en scène, atmosphère sortis des contes orientaux, les décors composés de tapis, coussins, dans des tons  rouge, vert, les costumes richement brodés. Cela donnait l’impression d’un intérieur de harem.



Petrouchka  (1911) a mis en scène la vie et les mœurs du peuple russe, à travers des marionnettes évoluant dans le décor de la foire du carnaval de Saint-Pétersbourg. Musique Stravinski.


Pour les décors et les costumes du Coq d’Or(1914), Nathalie Gontcharova s’était inspirée de l’imagerie russe et de jouets en bois artisanaux. Musique Rimski-Korsakov

C’est surtout pendant les premières années que les thèmes sont puisés dans le folklore. Mais d’autres ballets ultérieurs ont eux aussi valorisé la Russie traditionnelle.

Chout (1921), tiré d’une légende russe, musique de Prokofiev .Noces (1923), créé à partir de poèmes populaires authentiques. Musique de Stravinski

1921, il monte la belle au bois dormant avec la ballerine Olga Spessivtseva.

 Les danseurs russes, auxquels on doit le caractère unique des ballets, sont devenus de véritables mythes vivants pour les français. Leur renommée en Russie les avait fait connaître auprès d’une partie du public avant 1909, Tamara Karsavina, Anna Pavlova, Ida Rubinstein, Vaslav Nijinski et Adolphe Bolm,   ont  impressionnés  les spectateurs par leur virtuosité technique ; Nijinski a été admiré pour son élasticité et pour la hauteur de ses sauts. 

  

Anna Pavlova

 

Les décorateurs, Bakst, Benois, Korovine et Roerich, ont émerveillés le public par la diversité et la fantaisie colorée des décors et des costumes.

 Ci-dessous décor de l'oiseau de feu


Les peintres Nathalie Gontcharova, était  à l’exposition de l’art russe organisée par Diaghilev à Paris en 1906, elle fait les décors pour le ballet le coq d’or en 1914. Dès 1917 elle accompagne la troupe de Diaghilev qui effectue une tournée en France, Espagne, Italie et s’installe à Paris en 1918 avec son compagnon Michel Liaronov. Dans les   années 20 elle est un des principaux peintres  des ballets russes, elle fera aussi le décor du ballet Noces.

Michel Liaronov  artiste peintre passa de l’impressionnisme au fauvisme, il est l’un des premiers animateurs de l’avant-garde en Russie et  fera de nombreux décors pour les ballets russes.

Naum Gabo, Antoine Pevsner sont frères, peintres surréalistes, dès 1920 Naum a utilisé métal et plastiques pour atteindre la transparence et faire interférer les structures dans l'espace.

Les compositeurs ont eux aussi été l’objet d’éloges, surtout Stravinski.

Ainsi, l’image de la Russie à travers les Ballets a été celle d’un pays qui savait mettre ses traditions en valeur. La qualité des spectacles, leur atmosphère ont ému un public en quête d’évasion.

Cet exotisme a été perçu comme l’échappatoire à la réalité, aux angoisses de la vie quotidienne, dans un contexte international tendu. Les ballets russes ont présenté des régions géographiquement lointaines comme l’Extrême-Orient ou la Grèce antique. Ainsi les spectateurs européens ont étés confrontés à l’image de leur culture, vue par les russes. Quelques exemples Pulcinella pour l’Italie en 1920, Quadro flamenco pour l’Espagne en 1920 et les facheux pour la France en 1924.

Foyer de création artistique, les ballets russes ont suscités un grand intérêt dans les milieux littéraires, aristocratiques et artistiques de l’époque.

 Cocteau ami de Diaghilev depuis 1909 a joué un rôle dans la création de plusieurs ballets, le dieu bleu 1912, Parade 1917, le train bleu 1924, il en a écrit le livret. Il a aussi participé à l’élaboration des textes de certains programmes, il a rédigé " portraits et souvenirs des ballets russes ".

Guillaume Apollinaire a ainsi pris la défense des Ballets devant la controverse suscitée par "Parade". Dans son article "Parade ou l’esprit nouveau" 1917, publié dans le programme, il a montré les qualités du ballet, qui participait selon lui de l’élan vital donnant naissance à un art nouveau.

André Gide, a écrit pour "La Nouvelle Revue Française" un article intitulé "Les représentations russes au Châtelet", où il se montrait à la fois réservé et enthousiaste, et où il évoquait l’imaginaire des étendues désertiques évoquées par "Le Prince Igor" en 1909.
Marcel Proust, grand admirateur des Ballets Russes, a trouvé dans ces derniers une source d’inspiration. D’autres écrivains, Sacha Guitry, Paul Claudel ont aussi diffusés leurs écrits. Paul Valéry a écrit un poème "l’âme et la danse".

Des éloges faites par des personnalités mondaines parisiennes,  Misia Sert, la comtesse de Greffulhe, la princesse Edmonde de Polignac et Robert de Montesquiou, esthète et figure mondaine par excellence.

L’impact des ballets russes :

Ils ont inspirés les peintres fauvistes et la naissance du style art déco, Mêlant danse, musique, et peinture, inspirés des Mille et Une Nuits, ils sont une invitation au luxe et à l'exotisme.   D’où la mode des éventails, des plumes, des jets d’eau, des couleurs vives. Les couleurs insolites vont s’imposer dans le décor du mobilier : on verra des boudoirs aux murs orangés, des salons tendus de noir.

Écrivains, mondains et mécènes, par leur intérêt pour les ballets russes et les éloges qu’ils en ont fait autour d’eux, se sont constitués en vecteurs de l’imaginaire auprès du public. Le choc culturel constitué par ces ballets  n’a pas seulement investi les milieux littéraires, mais aussi imprégné l’art français de l’époque.

Les photographies et les arts plastiques ont permis aux lecteurs de fixer sur des visages l’imaginaire suscité par les textes. Les artistes ont fait la une de la presse de l’époque, une photographie de Vaslav Nijinski et d’Anna Pavlova dans Le Pavillon d’Armide. La revue contenait également des photographies de Nijinski, prises en Russie. Nijinski a été le danseur des Ballets le plus photographié, en particulier par Auguste Bert et Eugène Druet.

Les peintres, dessinateurs, sculpteurs, se sont servis des photographies comme supports pour leurs travaux, en y puisant des informations sur la plastique des danseurs. Professionnels et amateurs ont voulu fixer sur la toile l’évanescence de la danse. Trois peintres se sont particulièrement distingués dans cette traduction picturale de l’art des Ballets Russes, Valentine Gross, Jacques-Emile Blanche et Jules Flandrin. Les spectacles de Diaghilev ont également inspiré de nombreux dessinateurs, dont les croquis ont paru dans la presse, le sculpteur, Auguste Rodin, a réalisé une sculpture en bronze de Nijinski, intitulée " Danseur, dit Nijinsky " en 1912.

 la mode et les arts décoratifs aussi touchés par ce choc culturel. 

Léon Bakst, en particulier, a été l’inspirateur de nouvelles modes vestimentaires et décoratives. Il a développé et confirmé à Paris l’attrait pour les vêtements de style oriental, inspirant des maisons de couture Worth, Paquin, la population féminine aisée s’est tournée vers ces grands couturiers de l’époque.  Paul Poiret à réaliser des turbans lamés dans le style de L’Oiseau de Feu, des robes incrustées de pierres précieuses et des fourrures, inspirées des costumes de Shéhérazade et du Prince Igor. Les costumes les plus répandus ont été le  pantalon de harem création de 1910, les robes garnies de petits cerceaux, les jupes-sultanes, les tuniques et les capes frangées

Dans les années vingt, Coco Chanel, à son tour, fascinée par les ballets russes a transcrit dans la mode son goût pour les motifs slaves, elle s’est inspirée du folklore pour créer des vêtements avec ces motifs .
L’attrait pour une mode à motifs slaves s’est répercuté sur les styles de coiffure, les accessoires de mode et les bijoux...

Les arts décoratifs se sont nourris aussi de l’esthétique des ballets russes, dont l’influence a été perceptible dans la rue, vitrines des grands magasins, des restaurants, des spectacles ont également influé sur  l’aménagement des intérieurs parisiens. Les meubles de style oriental, les tapis aux couleurs chatoyantes, les coussins, les papiers peints ont été très prisés par la bourgeoisie, qui aspirait à mettre une touche d’exotisme dans sa vie quotidienne.

Diaghilev a provoqué avec ses spectacles un choc culturel  et artistique auprès du public français.  

Sa réussite a attirée de nombreux mécènes, dont l’aide matérielle était vitale.

 

Des concepts artistiques nouveaux  

Les innovations apportées par les musiciens, les décorateurs et les chorégraphes russes ont bouleversé la sensibilité artistique de l’époque.

Igor Stravinski notamment a révolutionné l’orchestration, en composant pour Le Sacre du Printemps une musique aux dissonances très dures et aux rythmes asymétriques, ainsi il a influencé les musiciens français, en particulier le « Groupe des Six.

La décoration théâtrale s’est vue modifiée, les décors des ballets ont apportés de nouvelles tendances, l’emploi de tons vifs, cela a servi de modèle aux décorateurs de théâtres français.   Ainsi les décors ont joué un rôle important dans la conception globale du spectacle, et le ballet a désormais été conçu comme un tableau animé. Beaucoup d’artistes, de décorateurs et de metteurs en scène se sont inspirés de l’esthétique des décorateurs russes et de leurs méthodes. Apport d’ une nouvelle sensibilité théâtrale.

Au début du siècle, l’art chorégraphique était sous l’emprise des conventions et du formalisme. Les ballets russes ont fait reconnaître l’autonomie créatrice du chorégraphe, l’expressivité du danseur, et le rôle actif joué par le corps de ballet. Les danseurs masculins ont désormais été admirés, ce qui est nouveau.Grâce à Nijinski, les sentiments ont été exprimés par des gestes et des pas naturels, qui ont permis de rehausser la beauté sculpturale du corps. Les chorégraphes furent influencés.

Les années d’après-guerre ont été particulièrement propices à l’expression de tous les talents créatifs. Du vivant des ballets russes, d’autres troupes de danseurs ont tenté d’atteindre leur aura. Après 1929, certains artistes se sont déclarés héritiers de la compagnie et ont créé leurs propres troupes.  Anna Pavlova (1911-1929). Ida Rubinstein, a présenté sa troupe 1914 à 1935 sur les scènes du monde entier, elle a travaillé avec Gide et Valéry.  D’autres troupes se sont construites sur ce modèle, mais aucune compagnie n’a eue leur succès. Même les Ballets Suédois de Rolf de Mare (1920-1924) avaient une certaine filiation, dans leur forme, avec la troupe russe.  

Après 1929, Serge Lifar et Boris Kochno ont tenté de faire survivre la Compagnie des ballets russes, mais sans succès, les intérêts personnels ayant pris le dessus.

Plusieurs compagnies ont été créées dans les années trente sur le modèle structurel des ballets russes, mais aucune n’a su aussi longtemps qu’eux capter l’attention du public. Celle de Bronislava Nijinska a cherché avant tout à mettre en valeur l’art du mouvement. La compagnie la plus proche des Ballets de Diaghilev a été créée en 1932 par René Blum et Wassili de Basil, qui l’ont intitulée " compagnie des Ballets russes de Monte-Carlo " (1932-1936). En 1936, elle a connu une scission, et Blum a alors fondé la seconde "Compagnie des Ballets Russes de Monte-Carlo". Les ballets russes du Colonel de Basil, fondés en 1934, ont été connus par la suite sous le nom "d’Original Ballet Russe ". En 1947, quelques-uns uns de ces ballets ont été présentés à Paris

Quant au répertoire, il a partiellement survécu, malgré le remaniement de certains spectacles. Les Sylphides, Pétrouchka, Le Spectre de la Rose et L’Après-midi d’un Faune ont été repris par diverses troupes. C’est principalement la version originale de ce ballet de Nijinski qui a été reprise pendant plus de cinquante ans. En outre, Balanchine avait conservé à son répertoire Apollon Musagète et Le Fils Prodigue. Noces, Les Biches, Le Train Bleu ont été représentés ces dernières années.

 

Après avoir participé à l’explosion moderniste et révélatrice de la Belle Epoque, considérablement enrichi l’histoire artistique des Années Folles, les ballets russes sont une synthèse des arts au service de la danse, ils ont fusionné les décors avec la mise en scène, générant un spectacle total .

Diaghilev a maintenu une tradition russe tout en mettant en scène des modes avant-gardistes. Ses ballets ont constitué une nouvelle référence sur le plan artistique, dans la manière d’exprimer des idées, des sentiments et de considérer l’œuvre d’art.

Le choc artistique et culturel produits par les spectacles ont été à l’origine de la prise de conscience française d’une identité culturelle russe.

Quelques réactions  

Certains ballets ont donné lieu à des polémiques, dont la presse s’est fait l’écho. La première représentation de L’Après-Midi d’un Faune le 29 mai 1912, a suscité des réactions très violentes.  

Le Sacre du Printemps, en 1913, a provoqué un scandale encore plus important, une partie du public ayant conspué la musique d’avant-garde de Stravinski. Les hurlements, les injures et les sifflements dans la salle ont été si intenses que les danseurs eux-mêmes n’entendaient plus la musique.

Dans Parade en 1917, le décor de Picasso composé de personnages insolites et la référence au cubisme ont également déconcerté le public.  

Le ballet Romeo et Juliette, en 1926, a révolté les surréalistes, qui ont taxé l’entreprise de Diaghilev de " capitaliste " . Les Ballets de Diaghilev ont présenté un style jugé trop novateur par certains. De fait, leur esthétique nouvelle a consacré une forme d’art inédite.

Les ballets russes peuvent en effet être qualifiés de révolutionnaires, en ce qu’ils ont durablement influé sur la musique et les arts du spectacle français de l’époque.

Le danseur Serge Lifar a résumé en quelques mots la portée des créations de celui-ci :

"Serge de Diaghilev, ce noble et ardent Chevalier de la plus grande croisade des Arts du XXe siècle, qui, par son génie, devait réaliser cette union féconde entre toutes les valeurs spirituelles et artistiques, entre l’Orient et l’Occident, et ainsi accomplir la renaissance de l’art dans le monde. La Capitale de l’Art a immortalisé ce grand Magicien". 

Diaghilev a rendu au ballet sa valeur d’art universel. Son œuvre a permis d’augmenter l’intérêt pour la danse et pour les études dans le domaine artistique.

Le ballet n’a pas survécu au décès de son créateur en 1929.

Plusieurs membres des ballets russes sont devenus des références de l’art chorégraphique. George Balanchine aux USA, Serge Lifar en France, Ninette de Valois et Marie Rambert en Angleterre.

Extraits de "Diaghilev et les ballets russes"


Une exposition sur les Ballets Russes à l'opéra Garnier à Paris depuis le 24 novembre.

Un programme de ballets russes est présenté du 12 au 31 décembre 2009 à l'opéra Garnier. 

 

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 10:53
Le Royaume du Bhoutan, pays d’Asie du Sud situé à l’est du Népal, à l’ouest de la Birmanie entre Inde et Tibet, il n’a pas d’accès sur la mer.

Le paysage bhoutanais est montagneux, doté de monuments, temples, monastères, stupas, les moines drapés de rouge sont omniprésents dans les rituels monastiques, cérémonies religieuses.
 La religion principale étant le bouddhisme Vajrayāna. Au Bhoutan il y a plus de 3000 temples et monastères, le  plus connu celui de Taksang.


Dans chaque famille il y a un enfant moine, il rentre au monastère dès l’âge de 7 ans. Le Bhoutan est indépendant du Tibet depuis le XVII eme siècle, le Bhoutan s’affirme, relations religieuses et artistiques existent depuis le VIII eme siècle.
Le bouddhisme tibétain dans sa forme tantrique, appelé aussi lamaïsme, pratiqué par 75 % de la population ; de nombreux Bhoutanais vénèrent le 14e Dalaï Lama . Le Bhoutan est actuellement le seul royaume au monde où le bouddhisme tantrique est religion d'État. Le reste de la population a pour religion l'hindouisme indien (et à influence népalaise) 25 %.
 Les moines ont différentes professions, danseurs, peintres, musicien, ils font les costumes, les masques. Dans la perspective Bouddhique les déités sont une part de nous même.

Le bouddhisme tantrique, a été formulé en Inde au VII eme siècle, il consiste à penser que l’éveil auquel aspire tout bouddhiste, peut-être atteint au cours d’une seule existence et non au cours d’une réincarnation. Ce bouddhisme tantrique met un accent particulier sur les rituels. Pour cela des pratiques actives, puissantes, physiques et psychiques, qui valorisent l’énergie et le dynamisme, d’où l’iconographie de multiples divinités. Afin d’acquérir un corps de diamant, participation du corps par l’exécution de gestes symboliques codifiés "les mudra " et par la parole " le mantra",de l’esprit, par des techniques de visualisation active, des qualités techniques des déités protectrices, mais aussi des danses rituelles appelées cham.
 Le panthéon du bouddhisme tantrique comporte une grande variété de déités, pouvant revêtir des formes diverses paisibles, farouches, en fonction du contexte littéraire ou cultuel, des différentes écoles ou courants. Deux écoles fondées au Tibet, l’école des Nuingmapa, et l’école du drukpa kajupa qui est majoritaire. Dans l’iconographie tantrique il existe deux genres la représentation des divinités tibétaines mise en image : les bouddhas et déesses sont en attitude de danse, on doit progresser pour être meilleur.

 Les chams danses rituelles occupent une place importante dans la culture Bhoutanaise. Illustration des concepts bouddhiques. Elles servent d’enseignement religieux pour les laïcs et de liturgie pour les divinités. Ce sont des occasions de fêtes, rencontres. Chaque communauté possède ses danses pour différentes époques de l’année. Ces danses peuvent être masquées, interprétées par des religieux ou laïcs, mais elles sont réservées aux hommes, le danseur après une retraite et de longues répétitions se sent imprégné par la divinité qu’il doit représenter. Son costume, son masque complète cette transformation symbolique le temps de la danse. C’est un travail sur le mental, par la durée de la chorégraphie cela demande de grands efforts physiques. Ces danses rituelles se répartissent en quatre catégories : Les danses de victoire du bouddhisme, celles de la gloire de Guru Rimpoche (introducteur du vajrayāna au Bhoutan), ou les danseurs tiennent un tambour, les danses de subjugation et de purification d’un lieu, les danses à contenu dictatique (ou théâtre dansé). Pendant les danses des bouffons appelés atsara jouent un rôle important, assistants des danseurs, (en cas de problèmes de costumes) et font rire le publique par leurs pitreries.



Quelques informations : Vajra, mot sanscrit signifiant « foudre » ou « diamant », est un symbole (illumination) important dans l’hindouisme et surtout dans le courant vajrayāna du bouddhisme, (on ne peut détruire un diamant ce sont les qualités qu’il faut avoir, source bouddhique), c’est aussi l’arme du dieu Indra.
La femme joue un rôle très important, elle représente la connaissance et la sagesse, nul résultat ne peut arriver donc union dieux et déesses. La représentation féminine, rituel pour s’assurer une longue vie, ce qui permet d’avoir beaucoup d’acquis pour les vies suivantes, un vase dans une main qui est supposé tenir un élixir elle a 3 têtes et 8 bras.
Les grandes divinités protectrices, le dieu le plus important, possède 16 jambes 34 bras, c’est le grand conquérant de la mort, (il faut mettre des moyens pour contrer les démons intérieurs).
L’art du Bhoutan est différent de celui du Tibet, les statues sont présentées assises sur deux niveaux de pétales de lotus. Après la mort une période de transition de 45 jours, l’esprit à des visions, le 46 eme c’est à nouveau une naissance.

Présentation de quelques œuvres de l’exposition.

 De grandes photos et vidéos présentent le Bhoutan. Le Bhoutan est le pays du dragon tonnerre connu sous le nom du Drukyel. Le royaume du Bhoutan est himalayen. Avant leur expédition les objets sont bénis par une cérémonie bouddhique.



111 pièces sont présentées , des thangka ou peintures, des sculptures, objets de culte provenant de temples.
 Le Thangka est à la fois religieux et artistique, ce sont des rouleaux montrant des peintures ou quelques fois des broderies, il est maintenu aux extrémités par des baguettes passées dans leurs ourlets, il peut avoir différentes tailles, même portatifs. Des scènes de la vie de Bouddha sont représentées, 60 sont à l’exposition.
 Les statuettes votives sont en alliage de cuivre doré ou laiton souvent incrustées de turquoises.40 sont exposées. Au Bhoutan ou ne trouve pas de statuettes en pierre.
 Des objets impliqués dans le rituel du bouddhisme tantrique, montrés dans l’iconographie peinte ou sculptée. Les dagues rituelles ou phurba, les foudres-diamants ou dorje, chaque moine en possède un exemplaire. D’autres instruments les tambours-sabliers, les trompes télescopiques montrent l’importance de la musique dans la danse, dans les rituels du bouddhisme vajrayāna (véhicule de diamant).

Le Jataka, pour atteindre l’éveil, le bouddhiste doit s’appuyer sur trois supports, les images, les écrits, les monuments funéraires ou stupa, lesquels renvoient à la théorie de la triple réincarnation de Bouddha, par le corps, le verbe, l’esprit.
Récits des vies antérieures ou jataka sur des Thangkas du XVIII et XIX eme siècle. (Encre et couleur sur coton) ce cycle d’histoire illustre la sagesse.


Sakyamuni  , est le fondateur du Bouddhisme au VI eme avant JC, il est hautement vénéré. Ce bouddha avait choisi 16 de ses disciples ou arhat pour être les protecteurs de la loi bouddhique, jusqu’à la venue du bouddha MAITREYA Bouddha du futur.
 Les Arhat (disciples) ; ont étudiés avec Bouddha, très haut état de développement spirituel sont considérés comme des êtres illuminés.
Le Bouddha Sakyamuni  représenté avec 16 arhats (influence de la peinture chinoise) époque Song (960-1279) et Yan (1260-1368) 11 thangka à l’exposition. Une statue de déesse assise du VII eme siècle ; Sakyamuni  assis XVI et XVII eme .
Padmasambhava maitre religieux vécut au VIII eme siècle dans la vallée du Swat (nord Pakistan), il est venu au Tibet et au Bhoutan. Il a une grande importance, il est l’introducteur du vajrayāna au Bhoutan, appelé maitre précieux ou Guru Rimpoche. Il est la déité principale de nombreuses pratiques tantriques de l’ordre de Nyingmapa (il a contribué à la fondation), comme de l’ordre Drukpa Kagyupa. Chaque sanctuaire bhoutanais possède son effigie. Une salle lui est consacrée, il a toujours une coiffe aux bords relevés, un collier de turquoise et corail, il a les cheveux longs. Ce sont des trésors nationaux, 3 sont exposés, l’histoire de sa naissance à la fin de sa vie princière, jusqu’à son engagement de vie religieuse. Il est aussi présenté en amiral pour montrer la lutte intérieure, que l’on doit combattre pour avancer.


Les Bodhisattva , êtres promis à l’éveil, ils différent leur entrée dans l’état de Bouddha accompli afin de venir entre aide à autrui, sur le chemin de l’illumination ils sont objets de culte fervent dans les traditions vajrayāna. A l’exposition,sur le Thangka présenté, le Bodhisttva Manjusri, ses mains effectuent un geste de prédication. Manjusri blanc, 3 figures essentielles de l’histoire du Bhoutan.


Le yoga des déités : L’exposition présente certaines de ces figures, les concepts quelles symbolisent et les pratiques qui leurs sont associées. Cakrasamvara, symbolise l’esprit de compassion, Vajrakim, diagramme cosmique, la déesse est au centre entourée de déesses naissances, Vajravarahi la mandorle sur laquelle se détache la déesse contient les 8 signes du bouddhisme, sur un autre thangka elle a le bouddha suprême au dessus de la tête, elle a le signe de la victoire derrière l’oreille sur l’ignorance, le dieu protecteur Vajrabhairava
Ces thangka sont du XVIII eme siècle.








Pema Lingpa 1350-1521, sculpteur, danseur, auteur de textes philosophiques et religieux ,il joue un rôle important dans la diffusion des enseignements du Nyingmapa (ordre des anciens). Sur le thangka présenté, il porte la coiffe qui lui est associé, il est l’un des cinq rois de la découverte des trésors. Thangka XIX eme siécle.

 Drugpa Kunley, 1455-1529, le "fou divin" très célèbre au Bhoutan. Personnage extravagant aimant femmes et alcool, originaire du Tibet. Sa statuette est présenté à l’exposition il est assis sur une peau s’antilope en posture de délassement, avec une certaine nonchalance il pince les cordes de son dramyen (luth) instrument qui accompagne le chant, Shabdrung (haute autorité) .

Ngawang Namgyal 1594-1651, auteur de l’unification politique et religieuse du Bhoutan, il fut la plus haute autorité des Drugpa Kagyupa au Tibet, avant d’occuper cette fonction au Bhoutan, il est l’une des personnalités les plus importantes de la société bhoutanaise. Il est représenté avec une longue barbe, une coiffe bleue, couleur également sur ses favoris et sourcils, effigie en bois laqué (rare au Bhoutan). Le tracé à l’or révèle les motifs du vêtement.

Mandala et stupa Mandala est une dragonne sous forme circulaire, porte aux 4 points cardinaux ou se trouvent des déités, mise en image de textes philosophiques. C’est un support à la méditation, il franchit tous les obstacles et arrive à la déesse. L’iconographie de ces diagrammes de l’espace spirituel est variée et enrichie d’inscription. Les zones à caractère géométrique, cercles et carrés, composent le parcours d’initiation, quelques fois accompagnés de scènes de la vie religieuse ou quotidienne. Le mandala peu avoir une vocation protectrice, d’autres sont utilisés lors des rituels honorant les divinités tantriques et servent de support visuel.



représentation : mandala des neuf déités.
Stupa est un monument commémoratif abritant des reliques sacrées.

Cinq années de travail avant de pouvoir réaliser cette magnifique exposition, déplacements, nettoyage, la collaboration monastique fut riche, fructueuse. Il faut savoir que certaines pièces viennent de monastères parfois isolés dans la montagne, à 9 heures de marche.
2008, moment charnière du Bhoutan, ce fut le couronnement du V eme roi, il à moins de 30 ans, son couronnement eut lieu en novembre. Le Bhoutan s’ouvre sur l’Occident.

Le Bhoutan c’est l’art de la couleur. La présentation de l’exposition est exceptionnelle, tout le long du parcours les Thangka sont présentés déroulés (ce qui ne se fait pas dans les monastères), les peintures sont délicates, très bien conservées, gout prononcé pour les nuances de roses.
Cette exposition magnifique est à visiter au musée Guimet Paris, jusqu’au 25 janvier 2010.
 Extraits de la revue connaissance des arts.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 13:39
 5 juillet 1889, naissance de Jean Cocteau à Maisons Laffitte, dans une famille bourgeoise parisienne. Son père, avocat et peintre, se suicide lorsqu’il a 9 ans. Elève au lycée Condorcet, il n’a pas un grand intérêt pour les études.
 
Ayant des talents artistiques et poétiques, il écrit son premier livre de poèmes à 20 ans " La lampe d’Aladin ", il devient ainsi connu dans les cercles artistiques. A 21 ans il publie son second recueil de poèmes " le prince frivole "

1919, il rencontre le poète Raymond Radiguet, admiration de son travail littéraire, Cocteau promeut les travaux de son ami dans son cercle artistique, et fait publier " le diable au corps ".

 Dans les années 20, période des années folles, le jazz, venu d’Amérique fait son apparition. L’utopie positive du XIX eme siècle fait place à un individualisme déchainé et extravagant. André Gide et Marcel Proust donnent le ton littéraire de cette tendance qui s’exacerbe et croit avec le mouvement Dada dont Tristan Tzara publie "le manifeste ".
Le Surréaliste d’André Breton est proche, l’art nouveau foisonnant, cède la place à l’art déco.
Cocteau s’associe avec Maurice Barrès, André Gide et Marcel Proust. Il est fasciné par Diaghilev, maitre des ballets russes. Il va collaborer avec le maitre et créer le ballet " Parade " ballet produit en 1917, sur une musique d’Eric Satie, les décors de Picasso, cette œuvre est inspirée de Guillaume Apollinaire.

En, 1921 il collabore avec le Groupe de Six pour le livret des " Mariés de la Tour Eiffel ", œuvre collective qui lance la nouvelle génération musicale en France dans le sillage d’Erik Satie qui en est le mentor.

 En 1923 à la mort de son ami Radiguet, il quitte Paris avec Diaghilev, ils partent à Monté Carlo pour la représentation 
" les noces"  par les ballets russes. La dépendance de Cocteau envers l'opium et ses efforts pour s'arrêter changent profondément son modèle littéraire.

Dans les années 30 il rencontre l’acteur Jean Marais.

En 1938, il écrit la pièce de théâtre " les parents terribles " elle remporte un grand succès. 
" Le bel indifférent "pièce écrite pour Edith Piaf, nous sommes en 1940, il travaille sur plusieurs projets avec Picasso et Coco Chanel. Il écrit et dirige ses films, un de ses plus grands succès " la belle et la bête " en 1946, plus tard en 1960, il tourne " le testament d’Orphée ".

En 1953 et 1954, Il dirige le festival de Cannes.

1955 il est élu à l’académie française.

 Il décède en 1963 à Milly-la-Forêt à 74 ans, quelques heures après le décès de son amie Edith Piaf.
 Il est un des grands artistes qui ont marqué leur époque, et côtoya ceux qui menèrent la vie artistique du moment, peintres, littéraires, chorégraphes, danseurs, chanteurs, musiciens…..



Jean Marais en compagnie de Jean-Luc Tardieu, fit la réalisation et la conception de cette pièce d’après l’œuvre de Cocteau. Jean Marais a signé les décors, supervisé le montage des textes assemblés en un monologue biographique tissé de près de quatre-vingts sources : romans, théâtre, films, journaux inédits ou correspondances particulières.

Beaucoup de délicatesse pour parcourir le voyage intime de cet immense artiste, de son enfance douloureuse à son adolescence, les guerres, le décès de Raymond Radiguet dont il fut inconsolable, le mondain, le fumeur d’opium, l’artiste provocateur, novateur. Ses rencontres avec les plus grands de son époque, Picasso, Satie, Diaghilev, Nijinski, Chanel, Piaf, sa nomination à l’académie française.
Très bel hommage rendu à Jean Cocteau, interprété par Jacques Sereys sociétaire honoraire de la comédie française. Au studio Théâtre de la Comédie Française .
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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 09:23

Venise est fondée au V eme siècle sur la lagune, cherchant à échapper aux invasions barbares, elle doit sa fortune aux croisades, elle fut capitale d’un empire maritime et commercial.

 Au XIV eme siècle, Venise possède le port le plus important de la Méditerranée, et du conquérir des terres sur la lagune pour étendre la surface urbaine de la cité.

Son déclin commença avec la progression turque en Méditerranée (qui la priva progressivement de toutes ses terres grecques, à l'exception des iles Ioniennes , et de ses accès aux débouchés de la Route de la Soie.

Sa lente décadence commence avec la prise de Constantinople en 1453.

Au  XVI eme siècle, malgré la victoire sur les Turcs à Lépante en 1571, où les Vénitiens furent très engagés, la république de Venise entre dans un déclin politique et économique.

Le  commerce européen est  détourné vers les océans (découverte de l'Amérique).

Deux incendies dévastateurs au Palais des Doges en 1574 et 1577  détruisirent un siècle de peinture, une épidémie de peste 1575 et 1577 décime une partie de la population.

 Malgré cela   elle connaît un très fort rayonnement culturel. Elle reste capitale culturelle pendant plus d’un siècle, elle triomphe sur toute l’Europe. Ce bouillonnement culturel est du aux commandes artistiques des familles patriciennes et des confréries religieuses.

Elle tient tête par l’architecture, les églises les palais.

Par contre il y a aucune possibilité d’avoir des fresques, car elles seraient détériorées par l’humidité et le salpêtre.  

De nombreux artistes y naquirent où s’y installèrent.


doges-venise.jpg
 

La peinture au XVI eme siècle à Venise :

C’est un grand siècle pour l’art vénitien, il propose un grand nombre d’artistes, l’architecte Palladio, les peintres Titien, Véronèse, Tintoret. Cet épanouissement nous le devons à Giorgione (1477-1510), maillon entre Bellini et Titien. Cet artiste reprend les grands thèmes iconographiques vénitiens,  mais il apporte dans la lumière, aux couleurs une subtilité nouvelle, cela lui permet de traduire un phénomène atmosphérique, un exemple « la tempête », un frisson traverse le paysage, il s’obscurcit, des touches  cuivrées se mêlent a des tonalités de plomb, les deux personnages sur la toile restent indécis. (Tableau ci-dessous).

giorgione_tempete.jpg
L ‘école vénitienne :

C’est le symbole de la couleur et de la puissance de celle-ci. Caractérisée par  le gout pour le faste, les brillants, effets d’architecture, les trompe-l’œil audacieux, les chevelures, les bijoux, les étoffes  chatoyantes venues d’orient.

Mais  une influence va s’exercer à  Venise qui va allier les découvertes picturales du nord, (une toile des frères Van Eyck, arrive à Messine  par  l’intermédiaire d’Antonello, cette toile est peinte à l’huile. Antonello montre cette technique aux vénitiens).

Les peintres se précipitent sur cette technique.

A la même période on invente un nouveau mode de tissage des voiles, ce qui permet aux bateaux d’aller plus vite. On utilise cette toile pour la peinture à l’huile. C’est une révolution le transport des toiles va pouvoir s’effectuer, il suffit de rouler l’œuvre et de la faire voyager.


Les trois thèmes importants de l’époque :

1er la peinture religieuse

2 eme L’antiquité (Ovide pour sujet)

3 eme Les portraits.

 

La peinture est à son zénith :

Titien peint les visages de l'inquiétude, et la clientèle des gens importants.

Véronèse peint la  fête vénitienne et sa splendeur, les patriciens.

Le Tintoret l'émotion dramatique, il aura la clientèle religieuse.

.

Titien, nait  vers 1490 à Pieve di Cadore, proche de Venise. Il débute son apprentissage à l’âge de 9 ans chez Zuccato et Bellini à Venise, il effectue un séjour dans l’atelier de Giorgione qui lui transmet  le gout du paysage, qu’il va rendre plus naturaliste. Mais on retrouve l’aspect fondu de Giorgione et  du Corrège sur le traitement des chairs délicates, les contours indécis, les paysages vaporeux  avec lesquels elles fusionnent volontiers, ainsi que dans les matières veloutées.
Dans sa peinture, les couleurs deviennent éblouissantes, soleils, mêlant ainsi au sein de notre regard ébloui les personnages à leur environnement.

Titien est  considéré comme un des plus grands portraitistes de cette époque, notamment grâce à son habileté à faire ressortir les traits de caractère des personnages. « Il libère aussi la peinture des contraintes de la ligne et de la forme où elle était emprisonnée depuis le Moyen Âge finissant, et cela pour donner tout pouvoir à la couleur. »

Il est le cœur du pouvoir, il peint les rois et empereurs il décide de l’avenir de ses confrères. Portraitiste de génie resté célèbre par la sensualité de ses sujets et de sa touche, il est le maitre de la peinture et maitre des destins.


A la mort de  Bellini en 1516, il est nommé à sa suite peintre officiel de la République de Venise et établit un atelier sur le Grand Canal à San Samuele. De nombreux artistes contemporains y passent, dont Le Tintoret et Le Greco.

 En 1520, il exécute une importante commande pour la décoration du Palais des Doges, " La Bataille de Cadore " (grande fresque qui sera détruite lors d'un incendie en 1577) et trois peintures de scènes mythologiques pour Alphonse Ier d'Este. Il est également chargé de faire tous les portraits des doges successifs, jusqu'en 1555 où la tâche incombe au Tintoret.
A la suite d'un voyage à Ferrare, il fait la connaissance de Frédéric II Gonzague, marquis de Mantoue dont il fait le portrait et pour qui il travaille durant plus de 10 ans, décorant le château de Ferrare de fresques mythologiques.

En 1530, il rencontre Charles V à l'occasion d'un voyage de l'empereur en Italie, par l'intermédiaire du marquis de Mantoue. Trois ans plus tard, Charles V lui accorde le titre de Conte Palatino et Cavaliere dello Sperone d'Oro, un honneur sans précédent pour un peintre. Il peindra une série de portraits des proches de l'empereur.

En 1545, il se rend à Rome à l'invitation du pape Paul III. Le 16 mars il obtient la citoyenneté romaine, et rentre à Venise. La confrontation directe avec les œuvres de Michel-Ange influe énormément sur sa carrière, qui connaît alors une « crise maniériste », marquée par des compositions plus hardies et un coloris aux forts effets de contraste.

En 1548, il se rend à Augsbourg où se tient la Diète du Saint-Empire, présidée par Charles Quint, occasion pour lui de peindre de nombreux portraits de notables et de l'empereur lui-même. Puis il commence à travailler à sa série de Poésie pour le roi Philipe II. Ces peintures représentent des nus féminins mythologiques, telles "Danaé", "Vénus et Adonis" ou "Diane et Actéon", et elles initient la dernière phase de Titien, caractérisée par une touche beaucoup moins graphique et plus libre, où les toiles achevées laissent même voir l'action du pinceau sur la toile; on dit même que Titien aurait peint avec ses doigts certains de ses tableaux à la fin de sa vie.

En 1566 il est élu à l’académie du dessin de Florence avec Andréa Palladio et Jacopo Tintoretto.

 Son dernier tableau connu est une "Pietà", qu'il destinait à orner son tombeau : inachevée à sa mort, l'œuvre sera terminée par  Palma il Giovane.
 Il meurt le  27 aout 1576  , peut-être de la peste, plus probablement de vieillesse. Il est enterré dans l'église Santa Maria dei Frari à Venise.

titien_auto_portrait.jpgAutoportrait de Titien

Le Tintoret ou Tintoretto, (1518-1594), Jacopo Robusti de son vrai nom, doit son surnom (le petit teinturier) à son père qui travaillait dans une teinturerie (tintorìa en italien).
Élève de Titien (il ne resta que quelques mois), réputé pour sa maîtrise des couleurs et des ombres, du rendu de la matière, et est considéré comme l'un des plus grands représentants de la peinture vénitienne. Les courants maniéristes toscan, romain et émilien influencent ses premières peintures. Il avait une grande admiration pour Michel-Ange qui l'a influencé dans sa technique du dessin.

A l'inverse de celle de Titien, la peinture du Tintoret possède une dramaturgie, une violence, le surnaturel, une atmosphère assez sombre. Un de ses éléments clef est le principe du déséquilibre et de la chute des corps, ils  semblent en effet tous pliés sous un poids immense. Genoux pliés, torses courbés, très peu de regards se dirigent vers le ciel, ou alors bien souvent avec désespoir. Il y a dans les peintures du Tintoret une chute perpétuelle, un mouvement sans fin d'aspiration vers le bas, et donc, presque paradoxalement, un sentiment de vie omniprésent et très poignant.

Le Tintoret a une passion pour les effets de lumière, réalisant des statues de cire de ses modèles et expérimentant l'orientation des sources de lumière avant de les peindre. En conséquence, certains visages réapparaissent dans différents travaux, sous différents angles et sous un éclairage différent.

Parmi les œuvres les plus connues du Tintoret figurent une série de peintures de scènes de "la vie de Jésus" et de la" Vierge Marie" dans la  Scuola Grande di San Rocco, dont il est nommé décorateur officiel en 1564.

Ces  œuvres sont de dimensions impressionnantes, le Tintoret réalise des compositions aux espaces vertigineux et dynamiques et aux  torsions exacerbées où domine  un clair-obscur fantomatique et dramatique. 

Entre 1578 et 1580 il part à  Mantoue  pour travailler au service du duc Guillaume Gonzague. 
Il meurt le 31 mai 1594 à Venise.   


autoportrait-tintiret.jpg Autoportrait Le Tintoret
 

Véronèse nait en 1528 à Vérone, Paolo Caliari de son vrai nom, son père Piero di Gabriele est architecte et tailleur de pierre, comme l’étaient précédemment ses parents. Avec son épouse il eurent 10 enfants.

Il débute très jeune dans l’atelier de son Père et acquiert une habileté de modeleur pour les figures et ornements en relief, mais il s’oriente vers la peinture. Placé comme apprenti chez Antionio Badille, famille de peintres locaux. Il étudie les œuvres de celui-ci, qui plus tard sera son beau père, il étudie aussi les œuvres de tous les autres peintres de Vérone et alentours  comme les fresques et tableaux de Falconetto, Domenico, Morone, Dai Libri, Caroto,Torbido.
Il va acquérir des connaissances en matière d’architecture et de perspective, mais aussi de vivacité et d’élégance des figures, la dignité et le naturel dans les expressions, l’éclat et l’harmonie dans le jeu des colorations. Avant 20 ans il avait signé plusieurs retables pour les églises de Vérone, décoré des façades de maisons, ce qui fit sa réputation. " La Pala" un de ses chef d’œuvre réalisé en 1548 pour la chapelle de la famille Bevilacqua-Lazise.

Véronèse suivit le courant baroque dans une aspiration maniériste.  

Son œuvre est dense et comporte de nombreuses fresques d’inspiration religieuse, mais aussi des tableaux profanes, mythologiques ou allégoriques. Pour la plupart ce sont des tableaux monumentaux.

Il utilise des couleurs  accentuées, il représente des scènes très détaillées, des personnages nettement dégagés des fonds, avec de forts contrastes, des architectures théâtrales et rythmées. Sa palette claire, ses ombres colorées, son univers poétique, la grâce sensuelle de ses personnages et son sens du décor en font un maître incontournable de la peinture du XVIe siècle.

 Il est également célèbre pour sa série de portraits aux visages éblouissants de naturel. Le maître s'intéresse surtout aux visages.

Dès 1548, il quitte sa ville natale, sa renommée est grandissante, il obtient plusieurs commandes. En 1551 il va à Trévise, il est chargé de décorer la villa Soranza près de Castelfranco proche de Venise,  l’architecte San Micheli et le peintre  Battista Zelotti venaient de la construire. Son travail remarqué par le Cardinal Ercole Gonzague, l’année suivante, il lui commande un tableau pour la cathédrale de Mantoue " la tentation de saint Antoine ". Par la suite il décore une autre villa dans la province de Trévise construite par Palladio, qu’il avait rencontré à Vincence.  Il décore aussi le palais du Collatéral, à Thiène en compagnie de Battista Zelotti, son style très libre et personnel, il peint plusieurs peintures sur l’histoire ancienne.

1552, il reçoit sa première commande pour l’église San Francesco della vigna à Venise ; il y réalise " la conversation sacrée".

L’année suivante il est appelé par le père Torlioni , prêtre de l’église San Sébastiano à Venise, les deux hommes s’étaient rencontrés à Vérone, il veut lui confier les peintures de l’église.

Installé à Venise en 1553 les commandes officielles sont nombreuses, il est devenu le peintre de la république, il va réaliser avec d’autres artistes, les fresques de la salle des conseils des dix au palais des Doges. Véronèse exécuta un médaillon qui décorait, en son centre, le plafond de la salle des audiences " Jupiter foudroyant les vices ",il décore également la salle de la Boussolla d’un "Saint Marc couronnant les vertus".
En 1555, il réalise le plafond de la sacristie de l’église San Sébastiano avec « le couronnement de la vierge », ensuite il peint les trois plafonds de la nef avec « Esther présentée au roi Assuérus », «  le couronnement d’Esther », « Le triomphe de Mardochée » peintures qu’il acheva en 1556, onze mois après leur commande.

En 1560, il fait un voyage d’étude à Rome et découvre Raphael et Michel Ange, il y reste deux ans.

 Avec le soutien de Titien et de Jacopo Sansovino, il est désigné avec six autres artistes célèbres dont Battista Franco, Giuseppe Porta, Bartoloméo Ammannati, Le Tintoret pour participer à la décoration du plafond de la salle libreria de la bibliothèque Marciana (bibliothèque saint Marc). Il réalise trois allégories " la musique "," la géométrie "," l’arithmétique", pour lesquels il est récompensé par une prime et un collier d’or, décerné publiquement par Titien.

Quelques années plus tard il revient à Venise, ou  il est devenu le peintre à la mode, le décorateur des nobles et des ecclésiastiques. Il est aussi célèbre dans les provinces autour de Venise. Il reçoit des commandes de toutes sortes : des fresques, des tableaux, des sujets profanes ou sacrés, des allégories ou des portraits.

IL retravaille à l’église San Sébastiano, il y peint en 1561 " La vierge en gloire  avec saint Sébastien et d’autres saints", vers 1565 "  Saint Marc et Saint Marcellin conduits au martyre" et "Le martyr de Saint Sébastien".

A la même période il entreprend la décoration de la villa Barbaro à Maser en Vénétie, cette villa appartient aux frères Barbaro (artistes peintres).L’architecte de cette villa  est Palladio, la décoration picturale confiée à Véronèse, Daniel Barbaro avait rencontré l'artiste lorsqu’il exécutait les compositions du Palais des Doges. Dans cette villa Véronèse réalise des fresques qui marquent l’apogée de son art parmi lesquelles " l’harmonie universelle"," l’amour divin entouré des dieux olympiques "," Vénus et Vulcain avec Proserpine"," Bacchus et les nymphes ", l’espace architectural mis au défi grâce à l’usage du trompe l’œil d’illusions picturales.

1562-1563, période ou il peint 'les noces de cana" 'commandée pour le réfectoire du monastère bénédictin de penquesten, sur l’ile de San Giorgio de Maggiore, à Venise. Véronèse représente un banquet, scène qui reflète les festivités qui étaient courantes à l’époque à Venise. Il y a plus de cent personnes sur cette fresque, on y reconnaît Titien et Tintoret et Véronèse.

Dès 1566 il retourne à Vérone, il se marie et aura quatre enfants.

De 1575 à 1577, il réalise au Palais des Doges " le triomphe de Venise" pour la salle du grand conseil et " les allégories de la Vertu"pour la salle du collège qui comprend ses grands chefs d’œuvres.

À partir de 1575, Véronèse s'intéresse davantage aux paysages, il abandonne progressivement les grandes compositions et porte plus d'intérêt aux petits formats où il s'exprime  d'une manière très lyrique. C’est de cette époque que datent les scènes mythologiques comme "L’Enlèvement d'Europe "et"La Mort de Procris".

Il décède en 1588 à l’âge de 60 ans, d’une pneumonie, il est enterré dans l’église de San Sébastiano.

À sa mort, en 1588, Véronèse ne laisse pas d’école, mais son œuvre va influencer toute la peinture postérieure et de nombreux artistes tels que Vélasquez, Rubens puis, au XIX eme siècle, les coloristes européens Delacroix et Cézanne.

L’exposition est présentée d’une manière chronologique et thématique, le choix des thèmes communs permet de confronter ces trois grands artistes que sont Titien, Le Tintoret et Véronèse. Des thèmes chers aux vénitiens du « siècle d’or ».

Titien génie inventif, Tintoret génie dynamique, Véronèse génie décoratif.
Ces trois artistes sont rivaux et complémentaires, ils se détestent mais se respectent.

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Danaé Titien

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 La tentation de Saint-Antoine Véronèse

 

Au fil des salles :

Portraits des Praticiens et Praticiennes, c'est l'apogée de la classe dominante, l'art du portrait atteint Venise, un moyen de décrire la structure sociale de la cité, montrer ses citoyens, l'image sociale est idéalisée par la peinture. Le costume exprime la fonction publique,religieuse,politique.
Le portrait masculin, la gestuelle, l'expression, illustrent la vigueur morale du personnage. Par son costume, ses insignes, sa fonction publique est déterminée, l'ouverture sur l'extérieur célèbre un épisode historique qui le glorifie.
Le portrait féminin, si la praticienne est figée dans une posture impassible répondant l l'exigence de retenue imposée par la société. Sa représentation sans ouverture sur l'extérieur évoque son rôle de femme au sein de la maison, la famille, le prestige et la richesse sont révélés par le costume, la parure.
Les trois artistes reprendront ce thème. 

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Clarisse Strozzi Titien
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Iseppo de Porto Véronèse
 

Le reflet et l’éclat, jeux d’envers dans la peinture. A la Renaissance les peintres se servent des effets de reflets pour leurs valeurs artistiques. Les reflets montrent une grande force d'illusion de leur art et de sa supériorité confimé par la couleur. Dans les armures métalliques les forment arrondies reflétent la lumière et la face non visible des personnages.

Titien et Tintoret montrent l’image cachée et inverse d’une figure. Véronèse et Bassano utilisent les éclats colorés de la lumière pour donner l’illusion du relief. Dans le miroir, le reflet d’une femme à sa toilette célèbre sa beauté en permettant de l’admirer de plusieurs cotés ; mais dénonce aussi sa vanité, par le jeu érotique dans les miroirs la femme répond au spectateur qu’elle surprend entrain de la contempler.

 

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Vénus au miroir Véronèse

Entre sacré et profane, la tendance des peintres vénitiens à décrire la vie quotidienne et à figurer leur société dans des portraits de famille les conduits à estomper les frontières entre sacré et profane, transpose dans un décor contemporain l’évènement religieux, prend l’allure d’une fête ou les commanditaires du tableau se mettent en scène à coté du Christ et des Apôtres. 

Véronèse se distingue des autres par ses repas bibliques grandioses, synthèse entre histoires sacrées et narration profane.

Tintoret animé d’une spiritualité plus profonde s’oppose à ces tendances par des compositions sombres et dramatiques. Dans ces scènes bibliques la présentation d’animaux est fréquentes, elle renforce le caractère profane de l’image tout en apportant une connotation symbolique.

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Les pélerins d'Emaus Titien
 

Nocturnes sacrés, dramatisation effets de nuit, à partir du XVI eme siècle la représentation des thèmes sacrés, dans une ambiance crépusculaire ou devient un genre caractéristique de la peinture à Venise. Cette tendance s’inscrit dans la réforme engagée par l’église qui détermine une nouvelle sensibilité spirituelle préconisant l’expérience individuelle de la religion. Cela privilégie les scènes de prières de pénitence ou les épisodes tragiques de la vie du Christ.

Tintoret le premier à renouvelant la peinture sacrée par des effets de nuit dramatisant le récit. Chaque peintre le suit.

Tintoret adapte ce luminisme dans les grandes scènes théâtrales, Bassano de manière plus réaliste et angoissante.

Véronèse hésite à abandonner sa vision cristalline et ne s’essaye pas à ce langage qu’à la fin de sa vie.

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Saint Jerôme Titien

 Portraits d’artistes et collectionneurs, le gout particulièrement développé pour les portraits à Venise. Réservé aux lettrés et aux nobles autrefois, désormais partagé par les artistes qui veulent célébrer le caractère intellectuel de leur pratique et contribution à la connaissance du monde.

Le rôle intellectuel présenté par des objets caractéristiques du savoir tel que vestiges antiques, pièces de monnaie, sculptures rappelant la conscience artistique des collectionneurs et la primauté du modèle antique comme source d’inspiration pour les artistes, les peintres sont souvent auteurs de leur propre représentation.

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Jacopo Strada (antiquaire) Titien

Quelques petits tableaux semblent liés aux décors intérieurs des résidences privées.

Les scènes sont souvent des scènes mythologiques antiques ou bibliques contenant un message moral introduites dans l’intimité des jeunes époux elles sont censées leur inspirer une conduite idéale tel que fidélité, prudence. Beaucoup de détails précieux ce genre très prisé au XVI eme siècle à Venise par tous les grands maitres.

Le nu féminin à Venise,un des thèmes le plus représenté de la peinture du XVI eme siècle. Ce genre trouve son origine dans les images de femmes à la beauté idéale peint par Bellini et Giorgione dans le début du XVI eme siècle.

La femme nue apparaît dans des scènes historiques ou dans des images ou son corps étendu est offert à la contemplation devient sujet principal du tableau. Ce thème érotique devient incontournable pour tous les peintres vénitiens ou changer de passage dans la lagune.

Titien triomphe dans ce genre sensuel, ses nus sont recherchés dans les cours princières d’Europe. Ses mythologies peintes pour Philippe II d’Espagne montrent le corps féminin dans différentes positions servent de modèle.

Véronèse les transpose dans un style serein et mesuré.

Tintoret leur confère un caractère énergique souvent emprunt d’ironie.

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Mars et Vénus Véronèse

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Danaé Tintoret
 

Les trois points importants :

Assurer définitivement une place au peintre face au pouvoir Appel en est l’exemple c’est Titien qui débute.

La peinture va prendre un nouveau rôle, les portraits, cadeaux diplomatiques, c’est la mise en place de l’image du pouvoir.

Titien est l’inventeur du marché de l’Art (par l’expédition des toiles) la peinture européenne ne sera plus la même.

Exposition à ne pas manquer au Louvre jusqu'en Janvier 2010

 

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Published by Tinou - dans Exposition
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