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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 15:32

Michelangelo Merisi nait en septembre 1571 à Milan, son père travaille dans cette ville en tant qu’architecte, maçon, il est aussi l’intendant du marquis de Caravaggio. Francesco Sforza, seigneur de Caravaggio fut témoin du mariage des parents de l’artiste, donc famille reconnue.

 1576, la peste fait rage et la famille doit repartir en Lombardie, région de la famille, dans la province de Bergame dont la petite ville se nomme Caravaggio. C’est dans cet endroit que Michelangelo passe son enfance, son père décède en 1577, emporté par l’épidémie et sa mère en 1584, alors que le futur artiste n’a que 13 ans. Il entre comme apprenti dans l’atelier  du peintre milanais, Simone Peterzano  (peintre du maniérisme tardif, qui fut l’élève du Titien à Venise), Michelangelo va y rester 4 ans. Il apprend les théories picturales, le dessin, les techniques de la peinture à l’huile, de la peinture à fresque, le portrait.

  

En 1588, il quitte l’atelier de Simone Peterzano, il rentre à Caravaggio en 1589, il attend l’héritage familial qui arrive en 1592 et part pour Rome, il entre dans l’atelier « Alla Consolatione » de Lorenzo Siciliano (peintre sicilien).

  

Rome à cette époque est une ville pontificale très dynamique, le Concile de Trente (dix-neuvième Concile œcuménique  reconnu par l’église catholique Romain), s’est terminé  en.1563, c’est aussi la réforme  catholique.  Les chantiers sont nombreux, dans un esprit baroque.

 1592 c’est l’élection du Pape Clément VIII.

  

Ses premières années à Rome sont chaotiques, il a la réputation d’homme violent et querelleur, il est obligé de fuir les conséquences judiciaires de ses rixes et duels. Il vit avec peu de moyens et est hébergé par un ami, puis chez Monseigneur Pucci, ou il peint des images de dévotion et fait des copies de tableaux religieux, il peint ses premières œuvres dont le « garçon pelant des fruits » et « jeune garçon mordu par un lézard ».

 

 1593, il entre dans l’atelier d’Antiveduto Grammatica, proche de l’église San Giacomo d’Augusta, il continue de peindre des copies d’œuvres pour amateurs peu fortunés. En juin de la même année il va travailler chez Giuseppe Cesari (dit le cavalier d’Arpin), peintre attitré du pape, il y peint « le garçon avec un panier de fruits », « le jeune Bacchus malade ».

  

 

 caravage 1

  

Est t’il allé à Venise ? Cela expliquerait certaines influences typiquement vénitiennes, un exemple avec « le repos pendant  la fuite en Egypte ». Il  reste dans cet atelier peu de temps, il n'apprécie pas l'Antiquité ni l'art de Raphaël.

Il se lie d'amitié avec des artistes de l'académie Saint-Luc, l'institution officielle, et peint son premier tableau religieux « Madeleine repentant »e et des scènes de genre, « les tricheurs », «  la diseuse de bonne aventure », « les musiciens ». Son style est original, le fond est neutre, les personnages sont en action, il n’y a pas de décor, mais une extrême précision.

  caravage 2

 

  Il est remarqué par le Cardinal Del Monte, qui apprécie le réalisme de l’artiste, il lui achète les tricheurs. Il le prend sous sa protection et l’héberge dans son palais dès 1597. Caravage peint ses premiers grands tableaux religieux, des scènes de genre tel que « le concert » et « le joueur de luth » dont l’un sera vendu au Marquis  Vicenzo Guistini , grâce à ce mécène, il reçoit des commandes importantes dès 1599 pour le Clergé : « la vocation », « le martyr de saint Mathieu » pour la chapelle Contarelli de Saint Louis-des-Français, « la conversation de saint Paul sur le chemin de Damas », « La crucifixion de saint Pierre »  pour la chapelle Cesari à Saint-Paul-du-peuple.

 Plusieurs œuvres seront refusées par ses commanditaires (soit trop vulgaires, ou scandaleuses), tel que la première version de son « saint Mathieu et l’ange »  la sensualité de l’ange jugée triviale, mais aussi pour la saleté des pieds du saint, minutieusement reproduite d’après modèle. Mais le tableau qui cause le plus grand scandale aux yeux de l’église reste « la mort de la Vierge », la présentation du corps trop réaliste, elle a un ventre gonflé accompagné de rumeurs sulfureuses selon lesquelles le modèle aurait été le cadavre d’une prostituée enceinte retrouvée noyée dans le Tibre.

Les années qu'il passe à Rome sous la protection du cardinal ne sont pas exemptes de difficultés. Il fréquente les tavernes et les courtisanes, toujours aussi bagarreur et violent, il se trouve souvent mêlé à de nombreuses affaires de mœurs et  criminelles,il connaît plusieurs séjours en prison ainsi qu'à l'hôpital.

Entretemps, il peint une grande partie de ses tableaux les plus réputés et connaît un succès et une célébrité croissants à travers toute l'Italie : les commandes affluent, même si certaines toiles sont toujours régulièrement refusées. Les œuvres sont nombreuses, il peint directement sur la toile, d'un seul trait, et dessine très peu.

 En 1599, il peint sa «  Tête de Méduse », pour le cardinal del  Monte, première œuvre sur le thème de la décapitation, il fera d’autres œuvres sur ce thème «  Sainte Catherine d'Alexandrie », « la Conversion de Marie-Madeleine » « Judith décapitant Holopherne »  

En mai 1606, suite à une rixe, il tue en  duel   Ranuccio Tomassoni, le chef de la milice de son quartier. Il est condamné à mort, et obligé de fuir Rome en 1607, il commence un long périple à travers l’Italie. Il reviendra à Rome plus tard grâce a un   pardon pontifical que ses amis et ses protecteurs vont s'essayer d'obtenir.

Il part pour  Naples, qui à l’époque est espagnole, il est hébergé dans la famille Colonna, il peint quelques tableaux, dont un retable « les sept œuvres de la miséricorde » pour l’église du pio Monte della Miséricordia » et « la flagellation du Christ », grand succès.

 

 

Il continue son périple et s’installe à Malte en 1607, son désir, obtenir la protection de l’Ordre des chevaliers de Malte, il est présenté au grand maitre de cet ordre Alof de Wignacourt, il peint son portrait ainsi que plusieurs tableaux « la décapitation de saint Jean-Baptiste », réalisé dans la cathédrale saint Jean de la Valette (une nouvelle flagellation condamnée par le clergé local). L’année suivante 1608, il est fait Chevalier de grâce de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Mais sa consécration dure peu de temps : il est rattrapé par sa réputation et suite à une nouvelle bagarre dans la maison de l'organiste de la cathédrale, il est accusé d'avoir séduit   le fils d'un haut dignitaire de l’ordre, peut-être  est-ce le jeune page au sourire malicieux représenté dans «  le portrait d’Alof de Wignacourt  » de ce fait,  il est radié de l'ordre et jeté en prison. Il ne doit son salut qu'à son évasion, probablement aidé de quelques amis haut placés.

Il part pour Syracuse, il y produit plusieurs commandes pour de grandes familles et le clergé, dont deux retables « La résurrection de Lazare », « l’enterrement de Sainte Lucie », « l’adoration des bergers », « une nativité avec saint Laurent et saint François »

Il s'emploie, avec l'appui de ses protecteurs et en peignant des tableaux moins provocateurs, à obtenir la grâce du pape afin de pouvoir rentrer à Rome.

 

1609, il revient à Naples, grièvement blessé dans une nouvelle bagarre lors de son arrivée. Il est considéré comme mort, mais il survit et peint quelques commandes « Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste », « Le reniement de Saint Pierre », «  Saint  Jean-Baptiste », « David et Goliath », (il se représente dans le visage de Goliath), « le martyr de sainte Ursule » et termine quelques œuvres « la méduse » peinte en 1598 terminée en 1609, « Marie Madeleine » 1598-1609.

 

 

1610, le pape est disposé à lui accorder sa grâce, mais il s’embarque sur une felouque qui fait liaison avec Porto-Ercole frazione de Monte Argentario (enclave espagnole) pour se rapprocher de Rome, il emporte avec lui trois tableaux qu’il voulait restaurer, mais lors de l’escale à Palo il est arrêté et emprisonné pendant deux jours, à sa sortie plus de bateau, ses tableaux sont restés à bord.
 

Désespéré, il rejoint à pied Porto-Ercole à cent kilomètres. La légende dit que, dépité, perdu et fiévreux, il marcha sur la plage en plein soleil où il finit par mourir quelques jours plus tard,

Il décède le 18 juillet 1610, alors qu’il n’a que 39 ans

Caravage maitre du clair-obscur, il place les personnages principaux de ses scènes dans l’obscurité, soit dans une pièce sombre, un extérieur nocturne, ou bien dans un fond noir sans décor. Une lumière puissante provenant d’un point surélevé du tableau, enveloppe les personnages, comme  un projecteur sur une scène de théâtre. Le centre de la scène particulièrement éclairé, les contrastes sont saisissants, ils produisent  une atmosphère dramatique et souvent mystique.

Son œuvre ne laisse pas indifférent, elle est détestée méprisée pour ses sujets ambigus, scandaleux, mais aussi pour son réalisme, sa théâtralité associée à sa vie de délinquant, d’assassin. Elle est aussi appréciée pour son intensité dramatique et bien sur par le génie de l’artiste.

La figure humaine joue un rôle très important  pour l’artiste, les personnages restent les sujets principaux dans ses tableaux soit en portraits ou mises en scènes.

Il choisit ses modèles parmi les gens du peuple tel que les prostituées, gamins des rues ou mendiants poseront souvent pour les personnages de ses tableaux, même pour les tableaux religieux.

Il a inspiré de nombreux  peintres: Poussin, La Tour, Vélasquez, Rubens, Rembrandt. Il a révolutionné la peinture au XVII eme siècle.

 

caravage

 

 

Cette pièce fut créée à l’occasion du 400 eme anniversaire de la mort de Caravage, d’après l’œuvre de Dominique Fernandez « la course à l’abime »

 

L’atmosphère est créée, nous sommes plongés dans une semi obscurité ou clair-obscur, ce qui   va permettre d’immortaliser la gestuelle et de reproduire la composition de quelques toiles de l’artiste évoquées pendant le spectacle.

Cesare Capitani se métamorphose, il incarne parfaitement le maitre, Michelangelo Merisi dit Caravage,  Il développe l’histoire d’une vie, la personnalité, les querelles, les aventures, l’œuvre de cet artiste fougueux.

 

  

Laetitia Favart sa partenaire,  adopte le visage de certains modèles de Caravage entre autre celui de la Méduse, elle interprète aussi le rôle de ses amants, chante Monteverdi.

 

meduse

Très belle prestation des artistes, ils  nous  emmènent dans un voyage à travers le temps.

Moment d’une grande intensité.

Excellent à ne pas  manquer au théâtre du Lucernaire à Paris jusqu’au 21 mai 2011 en juillet au festival d’Avignon

 A lire « La course à l’abime » de Dominique Fernandez, chez Grasset

 

 

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