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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 10:32

La Riviera, fin XIX et début XX eme siècle, avec l’arrivée ferroviaire en 1864, les touristes viennent de toute l’Europe, les aristocrates, les familles royales se rassemblent pendant la saison d’hiver, attirés par le climat doux et sain, puis par les  casinos de la Principauté de Monaco. Le Tsar Alexandre II, Napoléon III, le prince de Galles, la reine Victoria, le roi Léopold II de Belgique, le futur Edouard VII .On y rencontre aussi des artistes, des écrivains.

C’est un ancien avocat du barreau de Dijon, Stéphane Liégeard (1830-1925), installé à Cannes, qui se consacre à la littérature, et publie un livre en 1887 appelé "Côte d’Azur". Ayant la méditerranée  sous les yeux, il décide d’intituler son livre  par analogie à son département d’origine la Côte d’Or, " Côte d'Azur" le mot d’azur (terme héraldique)  signifie  de couleur bleu.

De   nombreux artistes quittent la région parisienne, la Normandie, pour venir découvrir le Midi dès  les années 1880, attirés par le  climat méditerranéen, la  luminosité, la couleur et la possibilité de peindre sur le motif…………….

Cela devient possible grâce à deux nouvelles techniques : le réseau ferroviaire, venant du nord  de la France jusqu’à Marseille, et l’invention du tube en étain, révolution qui facilite la possibilité de peindre en plein air et cela depuis 1840, l’artiste peut  planter son chevalet  où cela lui convient. 

Dans un premier temps ce sont des déplacements de quelques mois, avant, pour certains de s’y établir définitivement.

Jusqu’alors de nombreux artistes effectuaient le grand tour.

Mais l’orientalisme, fait son apparition vers 1830. Ce n’est pas un style mais un climat qui fait son apparition au XVII eme siècle, il se développe au XVIII et XIX eme siècle dans la peinture française, le théâtre avec les turqueries.

 La campagne d’Egypte, et, à partir de 1830, la prise d’Alger par l’armée de Charles X, la conquête et la colonisation de l’Algérie. Les différents affrontements s’échelonnent pendant le XIX eme siècle, ce qui donne l’occasion aux peintres d’offrir de nouveaux décors.   

Delacroix, en 1831 est envoyé au Maroc pour porter un message de paix à l’empereur du Maroc et aux britanniques implantés sur le territoire, tout le long de son voyage il a dessine de nombreux croquis, il a assisté à une noce, il a eu une   entrevue avec l’empereur de Meknès, il a voyagé dans le pays jusqu’à Tanger. A son retour l’artiste   peint ce qu’il a vu,  nouveaux paysages, des couleurs vives, un exotisme aussi dans les costumes, donc de nouvelles tonalités chromatiques, irradiantes, les tons sont plus chauds donnent plus d’intensité. Mais, le sud de la France est plus facile d’accès à l’époque que les pays du Maghreb pour les artistes. Certains  feront le voyage plus tard……..

De nombreux impressionnistes et  avant-gardistes du XIX eme siècle viennent dans le Midiussi pour  rencontrer  le grand maitre des lieux : Paul Cézanne.

Quelques exemples de leurs  périples :

Dès 1881 Renoir fait un voyage en Italie.

1883, Monet et Renoir voyagent ensemble, ils vont à Marseille, Gênes font une étape à Hyères, Saint Raphael, Monte-Carlo et Bordighera au retour les deux artistes s’arrêtent chez Paul Cézanne.

1885, c’est au tour de Cézanne de rendre visite à Renoir, il est à la Roche-Guyon, la même année Friesz découvre la Méditerranée, il y passera plusieurs étés dans un lieu proche des Calanques.

1887 c’est Guillaumin qui découvre à son tour le sud à Aguay dès 1891 il y passera ses hivers .

1888, Renoir est au "Jas de Bouffan" chez Cézanne, puis ensuite se dirige vers Martigues, tandis que Monet va à Bordighera puis à Antibes au château de la Pinède.

1889, Renoir séjourne à Monbriand près d’Aix en Provence.

1891, Renoir loue une villa à Tamaris-sur-mer, il peint des paysages et des baigneurs avant de partir pour le Lavandou et à Nîmes.

1892, Signac décide de faire une croisière, il par du Finistère pour aller vers le Midi avec son bateau Olympia, il rejoint à Bordeaux Rysselberghe et font étape à Sète, Marseille, Toulon et arrivent à Saint-Tropez. L’artiste loue une maison " la Rama", il décide d’y rester une partie de l’année.

1893, Renoir est à Saint-Chamas puis ensuite à Beaulieu sur-mer, Valtat lui, séjourne à Banyuls et Collioure, ou il se lie d’amitié avec Maillol en 1894.

1895, Renoir séjourne à Carry-le-Rouet, à l’automne Maurice Denis découvre l’Italie et la Méditerranée, il est à la recherche de la lumière du sud.

1897, Valtat quitte Banyuls pour Anthéor qui se  situe proche de Saint-Raphaël, Guillaumin est son voisin, il peint les rochers rouges de l’Esterel, il rend régulièrement visite à Renoir qui est près de Grasse.

1898, Renoir est enthousiasmé par son premier séjour à Cagnes, Matisse après son mariage part en Corse, pour lui c’est le premier contact avec la Méditerranée c’est un éblouissement.

1899, Renoir est à Cagnes, il va souvent à Nice, puis s’installe à Grasse, tandis que Cézanne est installé définitivement à Aix, Valtat fait construire à Anthéor.

1900, Picabia peint les bords de mer à Saint-Tropez, à Saint-Honorat et à Martigues.

1901, Paris découvre les œuvres de Picasso chez Vollard, Picasso y découvre les œuvres de Cézanne, Camoin fait son service militaire dans le Midi, il rend visite à Van Gogh à Arles et à Cézanne à Aix.

1902, Cézanne est installé dans son atelier des "Lauves", Valtat effectue u voyage en Italie, puis plusieurs fois va à Marseille.

1903 c’est Dufy qui découvre la Méditerranée à Martigues il rencontre Braque.

1904, 1ere exposition de Matisse chez Vollard à Paris, tandis que Dufy, Picabia et Picasso sont exposés à la galerie Berthe Weil . Cézanne invite Camoin à travailler avec lui.

1905, Marquet, Manguin, Camoin font des allers et retours entre Marseille et Saint-Tropez et dans la baie de Cassis. Pendant l’été, Marquet et Camoin se rendent à Anthéor, Saint-Raphaël et Agay invités par Cross et Valtat. Renoir à Cagnes, reçoit régulièrement Valtat, qui l’aide à exécuter le portrait de Cézanne. Matisse va à Collioure à la recherche de la lumière (conseil de Signac), Derain le rejoint pendant l’été, ils voyagent et peignent ensemble en Catalogne, ils fréquentent Maillol. La même année Maillol réalise le moulage du plâtre Méditerranée avec l’aide de Matisse. Cézanne termine ses grandes baigneuses. C’est au Salon d’automne, que le critique Vauxcelles , voyant réunis dans une même salle  les tableaux de Marquet, Derain, Matisse, Vlaminck, Camoin, Manguin a dit c’est " la cage aux fauves ".

Marquet, Vallotton et Manguin passent une partie de l’hiver à Cimiez (Nice).

­1906, Maurice Denis voyage en Corse et en Provence, rend visite à Cézanne, puis chez Renoir à Cagnes, Bonnard passe par Marseille et Toulon avant de rejoindre Maillol à Banyuls.

La même année première exposition coloniale à Marseille visitée par Matisse et Braque, Derain, Camoin y découvrent la reconstitution du temple d’Angkor Vat, des objets africains.

Après le décès de Cézanne en octobre 1906, les artistes poursuivent leurs déplacements dans le Midi , toujours inspirés par le maitre, Derain réalise des vues de Cagnes et de Saint-Paul-de-Vence  à la manière de Cézanne en 1910, Renoir et Guino exécutent plusieurs médaillons dont celui de Cézanne en 1914,  placé sur la "fontaine des Bagniers" à Aix,   Camoin revient sur les motifs de Cézanne en 1920 il est à Aix en Provence.

 

Les ateliers :

"Les Lauves" pour Cézanne, "les Collettes" pour Renoir, "la Californie" pour Picasso, Nice-Cimiez villa Matisse, Bonnard au Cannet, de Staël à Antibes ………………

Dans la sérénité des paysages méditerranéens, inondé  de lumière,  le Midi se transforme en un grand atelier. Source d’inspiration, lieux de rencontres des artistes, créativités. Les formes, la couleur, la luminosité,  les ombres (l’ombre pour Cézanne est une couleur).

 Cézanne disait :    

 « Peindre c’est enregistrer ses sensations colorées » et « Le dessin et la couleur ne sont pas distincts ; au fur et à mesure que l’on peint on dessine, plus la couleur s’harmonise plus le dessin se précise. Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude. Les contrastes et les rapports de tons, voilà le secret du dessin et du modelé ».


L’exposition :

« Le dessin et la couleur ne sont point distincts- Au fur et à mesure que l’on peint on dessine, plus la couleur s’harmonise plus le dessin se précise, quand la couleur est sa richesse, la forme est sa plénitude ».

Paul Cézanne

 

Cézanne le maitre d’Aix :

 

Cézanne originaire d’Aix en Provence, vient passer quelques mois à Paris en 1861 sous les conseils de son ami Zola, et retourne très vite dans le domaine familial. Il fait des allés retours entre Paris et Aix. 1862 il décide de s’installer à Paris et travail à l’Académie de Charles Suisse il y rencontre  Renoir, Pissarro, Sisley, Monet.  

1872, fait un séjour à Auvers sur  Oise, il peint avec son ami Pissarro

 1874, 1ere exposition des impressionnistes dans l’atelier de Nadar à Paris, Cézanne y participe.

Il se détache du groupe impressionniste à partir de 1882 , il part s’installer à l’Estaque, Renoir travaille sur le motif avec l’artiste.

1883, Paul Gauguin achète des toiles à Cézanne, "Une vue sur  l’Estaque" et "Une allée d’arbres".

Puis en 1885 à Gardanne petit village proche d’Aix, il y commence son cycle sur la montagne Sainte-Victoire environ 80 œuvres

1886, Paul Cézanne s’installe à L’Estaque

Sa première exposition personnelle, organisée par Ambroise Vollard en 1895, heurte le public car l’artiste n’est pas présent, mais il est reconnu par les artistes. A Bruxelles aux expositions des   Indépendants, il remporte un grand succès.

1895, Cézanne loue un cabanon dans les carrières de Bibémus, il y entrepose son matériel ses toiles et y passe beaucoup de temps même ses nuits jusqu’en 1904.

1901-1902, il se fait construire un atelier dans la périphérie d’Aix, les  Lauves.

1906, en octobre, il décide de peindre sur le motif dans le massif de la Sainte-Victoire.

Il décède le 22 octobre 1906 à Aix-en-Provence.

1907, publication dans le Mercure de France, de la correspondance de Cézanne avec Emile Bernard, dont celles d’avril 1904. Et une rétrospective Cézanne au salon d’automne, où sont exposées 57 œuvres qui vont influencer les artistes de l’avant-garde, Picasso, Braque, Lothe…………. 

 

"Le baigneur au rocher "  Cézanne   1860-69, peint à l’huile directement sur les murs de la bastide du jas de Bouffan, ce nu masculin est remarquable par la puissance, et la vigueur de sa manière expressionniste nordique.

 

" La montagne sainte Victoire vue du chemin de Valcros "1878-79, Cézanne


midi la montagne ste victoire vue de valcros Cézanne

 

" Rocher à l’Estaque" Renoir 1882

" Maison sous les arbres " 1885-87  Paul Cézanne

" Dans le parc du château noir " vers 1900 Cézanne

" Le rocher rouge " 1895 Cézanne, l’un des chefs-d’œuvre de la maturité de l’artiste, un chemin s’enfonce dans la végétation le rocher sur l’extrême droite, à l’ opposé  une petite borne blanche donne un équilibre. La palette la roche rouge ocre, le vert vif du feuillage et le ciel  bleu profond, l’artiste a poussé les tons, le feuillage devient animé par  les  mélanges de couleurs, vert, bleus jaunes allant même jusqu’ ‘au noir.


midi rocher rouge cezanne

 

Hommages et références Cézanniennes :

 

Considérée par les jeunes artistes comme une référence (vision renouvelée de l’art  par la manière Cézanienne).

Une impulsion vers un nouveau classicisme très vite théorisé par Emile Bernard, Maurice Denis  vient rendre visite à Cézanne en fin de vie.

" Portrait de Cézanne"  bronze de Louis Valtat 1905

" Etude pour un éventail " Gauguin d’après Cézanne. Le paysage choisit par Gauguin pour cette étude lui a été donné par une toile de Cézanne acquise vers 1880 il s’agit de midi à l’Estaque, l’u des tableaux préféré parmi ceux que l’artiste possédait de la main du maitre d’Aix. Cette vue inachevée cependant très poussée bleu, vert, orange, je crois que c’est tout simplement une merveille.

" Visite à Cézanne dit aussi Monsieur Cézanne sur le motif " peint par Maurice Denis 1906, c’est un hommage au maitre, il est installé devant la Sainte-Victoire, motif qui l’obsède.

 

midi M Denis visite à Cézanne

"Hommage à Cézanne " il s’agit d’un nu  féminin allongé  sur un drapé le bras gauche est surélevé. bronze daté de 1925 Aristide Maillol.


midi maillol hommage

 

"Femme la cafetière " Cézanne 1895, cette œuvre est une véritable leçon de géométrie offerte par l’artiste.

 

midi femme cafetiere cezanne

 

" Portrait d’Albert Marquet ", Charles Camoin en 1904

" Le petit paysan " Modigliani 1918.


midi modigliani 

 

Les baigneurs et les baigneuses :

 

S’il est motif qui connut un regain d’intérêt avec Cézanne avec la modernité et l’art moderne, c’est les baigneuses. La forme s’y trouve diversement interprétée. La ligne sinueuse de Maillol, ici, le peintre accentue symboliquement les effets décoratifs de la vertu. Vague il est encore éloigné malgré l’opulence des formes de son modèle, de cette stabilité classique qui caractérise son style en sculpture quelques années plus tard. Le compagnon de Matisse fauve, rencontré dans l’atelier parisien de Gustave Moreau, Manguin, peint dans une virulence de couleurs. Savamment dosée une baigneuse dans une pose retenue dans un environnement où les rochers se fragmentent de chromatismes puissants, et l’eau se morcelle de plans colorés cézanniens.

La liberté des baigneuses peintes par Renoir, frappa ses contemporains, qui admirent le peintre impressionniste, ne purent accepter  l’emphase, cet immense hymne à la vie de ces femmes offertes au-delà de toute réalité.


" La vague ",  Aristide Maillol, vers 1898

" Les baigneuses" Renoir 1918-19


midi les baigneuses renoir

 

" Sept baigneurs ", œuvre de Cézanne 1900

 

midi 7 baigneurs cézanne

 

" Femme s’essuyant Renoir " vers 1912-16

 

" Baigneuse à Cassis ", Jeanne Henri-Charles  Manguin 1912

 

Cubisme coloré :

 

Le cubisme nait à l’Estaque,   période de ce mouvement de 1907 à 1914

Simplification des formes, le séjour à l’Estaque fut sur les pas de Cézanne pour Derain, Braque, Dufy et Friesz, une sorte de catharsis, le passage du primat, de la couleur vers la forme. 

Fin de l’été 1907, Braque revient à l’Estaque avec Friesz. Braque  y peint sa première version  du viaduc de l’Estaque, la palette cézannienne tend à prend le pas sur le fauvisme (1901-1910).  

1908, Braque s’installe à l’Estaque et travaille en compagnie de   Dufy pendant l’été. Sa peinture, s’oriente vers la simplification des formes  et la restriction de la palette, donnant naissance au cubisme.

Fin 1910, Braque passe quelques jours à l’Estaque et s’intéresse aux cheminées des usines   Rio-Tinto.

 

" Paysage de Provence, l’Estaque"  Braque 1907

" Le viaduc à l’Estaque" Braque   1907, C’est Derain qui a recommandé à Braque en 1906 de venir à l’Estaque.


midi viaduc estaque braque

 

" Paysage méditerranéen " Friesz 1907, l’artiste est inspiré par les couleurs de la côte méditerranéenne  

" Arcades à l’Estaque " Raoul Dufy 1908

" Usine à l’Estaque " Raoul Dufy 1908

" Arbre à l’Estaque" Dufy 1908

" Pinède à cassis ", Derain 1907

 

Fauvisme construit :

 

Le fauvisme fait son apparition en 1905 au salon d’automne, tiré d’une expression du journaliste et critique Louis Vauxcelles pour se terminer en 1910. Ce courant est caractérisé par l’audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques, le précurseur est Henri Matisse, mais Derain, Braque, Vlaminck en ont fait partie.

On sait par les artistes de la cage aux fauves du salon d’automne 1905 » chantre de la couleur », quel rôle a joué par la suite, la rétrospective consacrée à Cézanne en 1907, moins comme une influence que comme la configuration d’une certaine évolution de leurs recherches. Elle a incité Braque à simplifier les formes, abolir les perspectives classiques, et reprendre dans ses couleurs, des tonalités plus proches de la nature.

 

" Les arbres à Avignon " André Lothe 1914

" Paysage Fauve à l’Estaque" 1909 André Lothe


midi paysage fauve lothe

 

" Paysage de Corse " Camoin 1910

"Les toits rouges" Mangin 1911

" Villefranche sur mer " 1915 Survage, l’artiste s’est inspiré des fauves pour cette oeuvre

" Paysage du midi " André Lothe 1918

 

L’exposition se poursuit à l’étage du musée, le long des  escaliers les portraits des artistes qui ont marqués cette période, on peut y voir Renoir, Cézanne,  Lothe, Beckmann, Gauguin, Monet, Modigliani et bien d’autres…………..

 

Collioure, les nus de Matisse :

 

Matisse après l’exaltation de la couleur du fauvisme, développe une attention à la forme, a un moment de l’évolution de son œuvre où le primitivisme et le Cézannisme , les deux se regroupant d’ailleurs, semblent compter autant que la couleur elle-même.

 

" Nu debout " Henri Matisse 1907

"Nu couché, l’aurore" sculpture 1907 bronze


 midi aurore matisse

 

 

L’Afrique d’un rêve à l’autre :

 

Le midi fut l’approche d’un certain exotisme, Van Gogh, Gauguin en 1888. L’Afrique du nord Renoir, Camoin, Matisse, Marquet ont fait le voyage.

1881, premier voyage de Renoir en Algérie,

Second voyage de Renoir en 1882, Rysselberghe arrive à Tanger à l’automne de la même année (1er voyage au Maroc)

1906 Part en Algérie.

1912, Matisse fait deux séjours de plusieurs mois à Tanger, il est rejoint par Camoin en 1913.

Marquet voyage au Maghreb, il y fait plusieurs séjours, Tunisie, Maroc, Algérie, Egypte.

 Les tableaux :

" Port de Marseille sous la pluie " Marquet 1918

" La porte Mansour à Meknès ",  Théo Van Rysselberghe en 1887

" Le port de Marseille " Camoin 1904

" Marocains dans une rue de Tanger " par Camoin 1913

" Marocain debout en vert " Matisse 1913

 

midi marocain en vert matisse

 

" La place du gouvernement à Alger " 1925 Albert Marquet

 

Céret, Collioure, et la Catalogne :


Collioure devient le haut lieu de la couleur en 1905 avec Matisse et Derain, c’est un foyer incontournable de l’art moderne.

La ville de Céret en 1910 reçoit les artistes de Montmartre, c’est la résidence de Picasso et Braque.

Matisse de retour d’Algérie séjourne à Collioure jusqu’à la fin 1907, il se consacre à la nature morte et à la figure Il rencontre Maillol à Banyuls.. 

Eté 1906, Manguin rejoint Matisse à Collioure.

1908 Marquet rend visite à Matisse à Collioure

1909, pendant l’été Picasso et Fernande Olivier sont à Horta de Ebro, en Catalogne. L’artiste peint  des paysages géométriques  à la forme éclatée en facettes, dans le style du cubisme cézannien.

1910, Marquet vient passer quelques jours à Cadaqués avec Picasso et Fernande Olivier.

1911 juillet Picasso est à Céret, Braque vient le rejoindre il décrira leur collaboration, d’où naitre le cubisme analytique associant lettres et mots, tandis que Matisse est à Collioure , Braque lui rend visite .

1913, Picasso revient à Céret, il est rejoint en été par Juan gris, Herbin viendra également à Céret, ses paysages géométriques associent stylisation des formes et aplats de couleurs vives.

1914, début de la première guerre mondiale, à l’automne Matisse, réformé,  s’installe à Collioure il peint porte fenêtre, il se lie d’amitié avec Marquet et Gris.

Miro passe les années 1915 et 16 en Catalogne, il réalise des natures mortes (influencé par Van Gogh, Cézanne, Matisse et les fauves).

"La plage à Cambrils " Juan Miro 1917


midi moro cambrils

 

" Paysage à Céret " Auguste Herbin 1919

" Rue à Céret " Masson 1919

" Paysage de Céret " 1919 Soutine

 " Paysage du Roussillon" Moise  Kisling 1913


midi paysage med kisling

 

" Porte fenêtre à Collioure " Matisse 1914, le thème de la fenêtre est récurent chez l’artiste surtout en 1905 à Collioure.

 

Matisse , les années 1920-1930 :

Nice, travail et joie

Fin 1917 l’artiste s’installe à Nice à l’hôtel Beau Rivage, il rend visite à Renoir aux Collette, à Bonnard à Antibes, à partir de 1920 son ami Camoin s’intéresse au thème  des fenêtres ouvertes.

1921, l’artiste  s ’installe à  Nice dans un immeuble de la place Charles-Felix il y restera jusqu’en 1927, dont le décor  peint se retrouvera dans Odalisques, papier peint à gros motifs, paravents etc.

En 1926, l’artiste toujours à Nice se trouve au 4 eme étage de son immeuble et domine la promenade des Anglais et la bais des Anges.

En 1931, il loue un garage à Nice et peint la danse

Ces œuvres sont produites après l’installation de l’artiste à Nice.

" Nature morte au buffet vert " Matisse 1928

"Nu au peignoir " Matisse 1933

" Petit nu au canapé " entre 1900 et 1950,  bronze de Matisse

" Femme au violon " 1921-22 Matisse

midi la femme au violon matisse

 

" Lola sur la terrasse à l’hôtel de Bellevue à Toulon " Camoin 1920

 

Le Midi en motifs :

Sujets de prédilection, les arbres jouent un rôle, structurent dans la composition des paysages, les épines du pin, les feuillages des oliviers inspirent un sentiment d’éternité, où rien ne semble avoir changé depuis les grecs et les romains.

 Quelques paysages méditerranéens au tour des "marronniers du Jas de Bouffan"de Cézanne daté de 1895

" La baie de Saint-Tropez " Francis Picabia de 1940 à 1943

" Pin à la fossette " Théo Van Rysselberghe 1919

" Le pin parasol, le Brusc environs de Toulon " 1911 d’Armand Guillaumin

" Antibes " Monet 1888


midi monet antibes

 

" Fenêtre sur le vieux port Marseille "1925 Manguin

" La terrasse, L’Estaque " Marquet 1918


midi la terrasse à l'estaque marquet 

 

 

Le Midi sombre, surréalisme et expressionnisme :

 

L’importante production de Masson, Picabia mais aussi  Picasso va révéler une autre dimension du paysage qui peut devenir plus sombre, funèbre. Le midi un paradis retrouvé avec son coté  solaire, mais non seulement il peut avoir un coté sombre.

Face au soleil du Midi, élément qui découpe les formes, les ordonnent dans un équilibre  harmonieux, les préoccupations des artistes les conduiront à l’invention d’une écriture abstraite, lyrique ou géométrique.

"Paysage Méditerranéen" 1932 Brauner

"Eglise à Marseille" Beckmann 1931

"Paysage de Cannes" Beckmann 1931

"L’ile Saint Honorat, le matin  par Picabia" 1938-42

 

Picasso l’entre deux guerres et la libération  :

Picasso n’abandonne pas le cubisme et s’ouvre à un mode figurative aux tendances plus classiques, dans les années 1919-1920, l’artiste fit de nombreux dessins à la manière d’Ingres, il appréciait Michel-Ange.

Il séjourne à Saint-Raphaël de 1919 à 1920, à Juan les Pins en 1924.

Les œuvres présentées sont réalisées dans lez midi.

 

L’Arlésienne (il s’agit de Lee Miller, photographe américaine et modèle, elle fréquente les surréalistes et est modèle de Picasso) Picasso 1937


midi-l-arlesienne-picasso.jpg

 

"Paysage à Juan les pins" 1924 , 

"Village méditerranéen" 1937, 

"Pêcheur attable" 1924

 

L’atelier Catalan à l’épreuve de la guerre :

 

Dali est né à Figueras en 1904, cet artiste catalan  d’origine espagnole, considéré comme l’un des représentants du surréalisme. Il quitte Figueras pour recevoir une éducation artistique  à Madrid, il y rencontre Federico Garcia Lorca et Luis Buñuel et devinrent amis. L’artiste cherche son style entre divers courants artistiques, sur les conseils de Miro il vient  à Paris après ses études. Dans les années 30, les tourments intérieurs de l’artiste, ceux qui secouent l’Espagne à cette époque et annoncent une catastrophe imminente, Dali est en Catalogne et est contraint de fuir rapidement le pays en pleine guerre civile. 

 Il vécut donc la guerre d’Espagne en exil en France qu’il quitte car elle est  en guerre pour New York et y résidera   huit ans. C’est en 1949 qu’il reviendra en Catalogne

" Moment de transition " Dali 1934

" La pêche au thon " Dali 1967


midi la peche thon dali

 

"Peinture ", Miro  été 1936,  c’est le début du coup d’état de Franco  contre la République espagnole

 

« J’ai adoré cet endroit depuis ma plus tendre enfance avec une fidélité quasi fanatique ……….c’était le paysage que je préférais à tous, ou cette chose rare……..qu’est le paysage, existe seulement sur les bords de la Méditerranée et pas ailleurs.

 Dali

 

Entre figuration et abstraction :

 

 « Tout art est abstrait en soi quand il est l’expression essentielle dépouillée de toute anecdote » disait Matisse à la fin de sa vie, face à la vogue de l’abstraction.

 

"Nature morte au bouquet de fleurs " Bram van Velde 1930

" Marseille blanc", Marie-Hélène Viera Da Silva

" Méditerranée "de  Geer Van Velde 1941

" Composition " Nicolas de Staël 1942

"Pink vine pergola" Graham Sutherland 1947

" Profil sous l’eau " Pierre Tal-Coat 1947

" La montagne sainte Victoire " Masson 1948

" La carrière de Bibémus ", Masson 1948,


midi la carrire masson

 Masson assidu des 1ere éditions du festival d’Aix en Provence créé en 1948, disait des murs de l’Archevêché « la couleur de ces pierres recèlent d’un or secret (elles viennent des carrières de Bibémus)


" Feuilles dans les rochers " Tal-Coat 1950

 

L’abstraction des années 50 :


Après l’impressionnisme, l’abstraction des années 50 s’impose comme l’un des principaux mouvements novateurs mondiaux. Au milieu du XIX eme siècle, l’invention et l’essor de la photographie vont changer le courant de la peinture, l’artiste n’a plus a représenter la nature sur la toile. L’art contemporain va s’expliquer par la redéfinition de l’artiste. L’art abstrait va donc se passer de réalité visuelle. Le langage formel qu’il utilise permet de résumer et de supplanter le propos de cette réalité visuelle.

L’abstraction géométrique désigne une forme d’expression artistique bien souvent non figurative dans laquelle se sont illustrés plusieurs courants historiques et qui a recours à l’utilisation des formes  géométriques et de couleurs disposées en aplats dans un espace bidimensionnel. On le retrouve chez Robert et Sonia Delaunay en 1914

L’abstraction lyrique est une tendance à l’expression directe de l’émotion individuelle qui est rattachée à l’art informel développé à Paris après la seconde guerre mondiale. L’expression lyrique est employée pour la première fois par Jean José  Marchand et le peintre Georges Mathieu

  C’est l’abstraction lyrique (dite chaude)  en opposition à l’abstraction géométrique (dite froide).

 

" Agrigente " de Nicolas de Staël 1953

" Les mats " De Staël 1955


midi les mats nocilas de stael

" Vie infuse " de Dubuffet 1958

" Composition " de Bram Van de Velde 1959

 

Permanence de la figuration :

 

Au moment ou les développements de l’abstraction  au milieu du XX eme siècle, ont ouvert à d’autres voies l’espace  de la création, les recherches ultimes de Matisse, Picasso et Fernand Léger passent par une permanence de la figuration. Picasso s’installe dans le midi en 1947, et fait de la céramique à Vallauris, parallèle à celle de Fernand Léger venant de Biot pour travailler des sculptures polychrome  en céramiques en 1949

 

Une œuvre en terre cuite de Fernand Leger (œuvre murale) L’enfant à l’assaut 1955

"Musicien assis" Picasso 1956 pastel sur contreplaqué

"Les pigeons" Picasso 1957


midi pigeons picasso

 

"El bobo Picasso" 1959, l’artiste fait référence à l’Espagne

"Femme nue couchée, jouant avec un chat" Picasso 1964, cette œuvre est une figure de  baigneuse.

"Baigneuse jouant" Picasso 1958

"Femme à l’amphore" Matisse papier gouaché 1953.


midi amphore matisse

 

Le papier découpé me permet de dessiner dans la couleur.. Au lieu de dessiner le contour et d’y installer la couleur…… l’un modifiant l’autre, je dessine directement dans la couleur……Cette simplification garantit une précision dans la réunion des deux moyens qui ne faut plus qu’un ….ce n’est pas un départ, c’est un aboutissement.

 Matisse

 

Quelques extraits du catalogue de l’exposition.

 

Créateurs, amoureux de la couleur, des formes, qu’ils soient fauves, cubistes ils sont héritiers du grand maitre  Cézanne, père de l’art moderne.

Magnifique exposition à ne pas manquer.

 

Le grand atelier du Midi :

De Cézanne à Matisse à  Aix en Provence Musée Granet   

De Van Gogh à Bonnard à Marseille musée des Beaux-arts du Palais Longchamp

Jusqu’au 13 octobre 2013 

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Published by Tinou - dans Exposition
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