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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 16:43

Giselle, ballet en deux actes, livret de Théophile Gauthier. Musique Adolphe Adam


 

L’histoire : Une jeune paysanne  est séduite par un grand seigneur, moins méchant homme qu’inconscient, se hausse jusqu’à la tragédie et finit par basculer dans le surnaturel.

Se perdant volontairement dans les forets de l’imaginaire que lui ouvre un récit de Heine (le mythe des fiancées mortes qui reviennent hanter de leurs danses fantastiques la mémoire des vivants).

Au lever de rideau, on aperçoit les coteaux du Rhin sous le soleil, une demeure féodale dans le lointain, nous sommes en automne, bientôt les vendanges, une modeste chaumière, en face une autre cabane, le jeune comte Albrecht est descendu dans le village, garçon de très belle allure, il séduit Giselle, qui va cueillir la marguerite en arrachant les frêles pétales, il m’aime, un peu, passionnément, pas du tout.........., Giselle déçue jette la fleur à terre, mais le bel Albrecht rectifie et fait dire aux fleurs ce qu’il veut.

La petite villageoise après avoir servie Bathilde, s’approche d’elle, et allonge sa main vers la princesse, elle effleure par hasard l’épais et riche tissu de sa robe. La princesse passe autour du cou de Giselle une lourde chaine en or. Elle est confuse et heureuse, elle se laisse embrasser par Bathilde, sans se douter qu’elle est la rivale d’une personne aussi fière, couverte de bijoux et de beaux costumes.

La vérité apparaît rapidement lorsque le trouble-fête Hilarion, apporte le manteau, l’épée et les éperons d’Albrecht devant le duc, Bathilde et tous les seigneurs.

Hélas Giselle, celui que vous aimiez n’était pas ce qu’il paraissait-être, les grands seigneurs n’épousent guère.

Elle veut se tuer et se laisse tomber sur la pointe de l’épée apportée par Hilarion. Le fer est écarté par Albrecht, la blessure et faite elle ne guérira pas, après quelques pas, elle tombe morte la main sur son cœur, entre les bras de Bathilde et Berthe, au profond désespoir de Albrecht et d’Hilarion, qui sent l’horreur du crime qu’il vient de commettre, car il est l’assassin de Giselle.

L’acte II

Une pierre tombale surmontée d’une croix, à l’arrière plan une foret au bord d’un lac. Minuit sonne,  heure inquiétante où les vivants rentrent et les morts sortent. Au milieu des fleurs et des herbes, une silhouette blanche s’élance,  il s’agit de Giselle elle fait quelques pas en chancelant, engourdie encore, l’air frais de la nuit, les rayons argentés de la lune, lui rendent sa vivacité, elle reprend possession de l’espace, elle se sent libre encore légère, elle voltige de çà et là comme un papillon. Albrecht plein de douleur vient pleurer sur la tombe de Giselle, il veut obtenir son pardon. Giselle attendrie par les larmes d’Albrecht, pousse un léger soupir, un soupir d’ombre, Albrecht éperdu se retourne «  Oh ! De grâce vision incomparable, ne t’évanouie pas, laisse-moi encore regarder ce doux visage que je ne croyais revoir qu’au ciel !» et il s’élance, les bras étendus, mais ne saisit que roseaux et lianes.

Les wilis (ce sont des fiancées mortes avant le jour des noces), ogresses de la valse, ont flairé un danseur frais,elles accourent en toute hâte prendre leur part de ce régal. «  Méchantes ! s’écrie Giselle, les mains jointes, laissez-moi mon Albrecht, ne le faites pas mourir, qu’il jouisse encore de la douce, lumière des cieux, pour se souvenir de moi, et pleurer sur ma tombe : il est si bon de sentir une tiède larme pénétrer sous terre jusqu’à vous, et tomber d’un œil brulant sur notre cœur glacé ».

Extraits du livret




Giselle, c'est le chef d’œuvre du ballet romantique, créé en 1841.  

Ce ballet  évoque les thèmes déjà dans l’air du temps, le retour à la nature, le gout pour l’irrationnel, le fantastique gothique de ruines au clair de lune, hantées d’apparitions mystérieuses. C’est aussi le désir de retrouver la simplicité, l’authenticité d’une vie innocente d’avant la perversion engendrée par l’agitation des villes, et l’envie de s’évader d’un monde devenu trop prosaïque et matérialiste : le rêve pour transcender la réalité. C’est aussi la pensée littéraire et philosophique.

Ce ballet laisse toujours une grande émotion, la  grâce, la  beauté sont au rendez-vous.

Excellente interprétation d’Isabelle Ciaravola, nouvelle étoile du ballet, dans le rôle de Giselle, Stéphane Buillon dans le rôle d’Albrecht, Karl Paquette dans celui d’Hilarion pour les rôles principaux de cette soirée.


Au Palais Garnier

 

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Published by Tinou - dans Spectacles
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commentaires

Yves 11/11/2009 19:31


Beau résumé du livret qui nous donne l'envie d'aller voir ce ballet. J'ai bien aimé ta comparaison finale avec notre vie moderne. Effectivement, nos vies devraient faire une plus grande place à nos
sentiments, à nos passions.