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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 14:43
Granville, en Basse-Normandie , terre qui fut occupée par les Vikings et fondée par un vassal de Guillaume le Conquérant au XI eme siècle, ancienne cité corsaire et forteresse de défense du Mont saint Michel.

Au XIV eme siècle, les anglais conquièrent la Normandie à l’exception du Mont Saint Michel qu’ils tentent d’investir depuis le port de Genets. Ce lieu n’étant plus assez sur, Sir Thomas Scalles découvre la Roque de Lihou, (le premier nom de Granville), il l’achète et construit une enceinte fortifiée, il fit creuser au sein de falaise, une tranchée de 7 mètres de large, 18 mètres de profondeur, 20 mètres à la base afin que le flux montant du nord rejoigne le Boscq et la mer coté sud, ainsi Granville devint une ile plus grande que le Mont Saint Michel.

 Les défenseurs du Mont prennent le bastion et chassent les anglais en 1442. Charles VII avait compris l’intérêt stratégique de Granville, aussi il décida d’en faire une ville fortifiée.

Dès 1450, les bateaux de Granville et des environs pèchent à Terre-Neuve, au fil des siècles, cette ville devient un port morutier important et le premier port coquillier de France.

Sous Louis XIV, les bateaux ont le droit de s’armer et de faire des courses. Ville fortifiée sous Louis XIII, les fortifications sont modifiées pour tenir compte des progrès de l’artillerie.

Le Ministre de la guerre de Louis XIV, Louvois, en 1688 fit raser le parapet de l’enceinte intérieure, supprimer la seconde enceinte et palissade extérieure, pensant qu’il ne pourrait faire face à une attaque des anglais par la mer, et des protestants par la terre.

1695, bombardements des anglais. 1793, ce fut l’attaque des Vendéens, n’ayant pour protéger la porte au pied du rempart, qu’une butte et palissade.

Granville, ville militaire, la première caserne est achevée en 1750, la seconde en 1780.

 Au XIX eme siècle, elle devient une cité balnéaire pour de nombreux artistes, écrivains, dès 1850, elle se transforme en un quartier élégant, le casino séduit et attire le public avec ses bals, spectacles, concerts pendant les mois d’été. On y rencontre Stendhal, Michelet, Victor Hugo.
 D’autres constructions de casernes s’effectuent à la fin du siècle.

 Au XX eme siècle, la ville devient un centre de communication, favorisé par l’ouverture d’une ligne de chemin de fer en 1908 et un tramway. 1911 c’est l’ouverture du nouveau casino et en 1912 installation de l’électricité.
 La première guerre mondiale passée, les régates reprirent en 1919, le carnaval en 1920, Lucien Dior, enfant du pays, devenu ministre du Commerce vient visiter la ville en 1921.
1925, inauguration d’une nouvelle gare, station climatique, l’hôtel des bains ouvre en 1926.
Les allemands, ajoutent des blockhaus du Mur de l’Atlantique, depuis l’isthme jusqu’à la pointe du roc. La ville est libérée en 1944 sans combat.

Granville est la patrie de la famille Dior, Christian y est né en 1905, illustre famille, son père Maurice industriel codirige avec son cousin Lucien, qui lui est député et ensuite sera ministre du commerce, un groupement d’usines chimiques. La plus importante se situe à Granville fondée par l’arrière Grand-père de Christian. Il s’agit d’une production d’engrais et participent de 1860 à 1920, à plusieurs innovations techniques, il y a même de la javel Dior, la lessive Saint Marc. Dans la famille il y a aussi l’une des premières femmes médecins, un chansonnier à Montmartre, ainsi que l’introduction faite par la famille de l’électricité à la ville.

Dans ce milieu d’entrepreneurs, une femme la mère de Christian, apporte des traditions d’une bourgeoisie raffinée, elle impressionne le milieu provincial par ses tenues d’une grande élégance. Elle persuade son mari d’acquérir la propriété « les Rhumbs », c’est elle qui en supervise la transformation en 1906-1907 de la maison en une villa entourée d’un jardin conçu comme un défi, face au vent de la falaise. Elle lègue à ses cinq enfants le sens de l’art de vivre, l’ameublement qu’elle choisit est très raffiné, elle transmet l’idée que la vie doit d’abord être une œuvre d’art.



Christian Dior va garder une grande nostalgie de cette vie de famille traditionnelle organisée autour des enfants qui caractérise « la belle époque ». Il a aussi la passion des jardins comme sa mère, il développe son gout de la fête et du costume, des alcôves secrètes, des styles anciens revisités, pastiches tout cela va se retrouver dans sa vie d’adulte, dès 1925, il fait réaliser des costumes pour les fêtes du casino et participe aux travaux d’embellissements de la maison et du jardin alors qu’il n’a que 20 ans.

Il s’inscrit à sciences Po en vue d’une carrière de diplomate, mais dans les années 25-28 sa vraie vocation est l’architecture.
Ce gout se retrouve dans la sophistication et la construction interne de ses robes. Il a une grande admiration pour la musique, parmi ses fidèles amis Francis Poulenc, Georges Auric et Henri Sauguet qui l’introduit dans le milieu d’avant-garde des années folles. Le gout pour le dessin et la peinture l’emporte jusqu’en 1934, c’est en 1935 qu’il découvre sa vocation, il dessine pour le Figaro.
 En 1938, il est embauché chez Robert Piguet, comme modéliste, il se voit confier d’importantes responsabilités et participe à un mouvement de mode romantique qui caractérise les collections de 1939.
 Après la guerre, il vient à Paris et en 1941 s’intègre dans l’équipe de Lucien Lelong, président de la chambre syndicale de la haute couture, celui-ci anime la plus grande maison de couture parisienne de 1921 à 1948, et joue un rôle fondamental en évitant le projet allemand de transférer les maisons de couture à Berlin ou à Vienne. Christian Dior et Pierre Balmain assistants chez Lelong, décident de monter leur propre maison en 1945, mais Christian Dior à cette époque travaille aussi pour le cinéma ce qui lui permet de revenir aux formes et au savoirs- faire anciens, un des éléments du new look.
Dès 1946, il est sollicité par le groupe Boussac, pour ouvrir sa maison de couture, il s’installe dans un hôtel particulier du style Louis XVI-1910 situé 30 avenue Montaigne, il dispose de gros moyens et conçoit une maison fondée sur l’excellence.
Il ouvre sa maison de couture en 1947, il décède en 1957, en 10 ans il a créé 22 collections de haute-couture, les grandes tendances, la déclinaison du new look, caractérisé par une grande attention de la silhouette, avec des formes en corolle ou en tulipe, un allongement des robes, un retour à la taille corsetées. Le travail interne de la construction de la robe est important, il doit modeler la femme. Les collections suivantes renforceront à l’extrême ces tendances. Le corps de la femme doit être mis en valeur. Christian Dior, créé ses robes de bal, dont l’une fut nommée Henri Sauguet.
Dès les années 1950, il s’intéresse à la clientèle américaine et japonaise et développe l’idée de la robe de cocktail, intermédiaire entre la robe d’après-midi et la robe du soir.
Cette même année, il donne à des vedettes de cinéma des modèles de sa collection légèrement adaptés pour des films, l’un d’eux fut tourné dans sa propre maison de couture, il s’agit d’Ambassador’s Daughter avec Olivia de Havilland.
1953 il créé une autre ligne, restant fidèle à ses principes d’architectures et de construction, il adapte une conception plus souple de la silhouette féminine.

 En 1955, il ouvre un studio à un jeune talent de 19 ans, il s’agit d’Yves Saint Laurent.

En 1957, la maison fête ses dix ans avec éclat par un voyage triomphal aux USA. C’est lors d’une cure en Italie, qu’il décède en octobre 1957.

La musique a jouée un rôle important dans sa carrière de couturier, elle l’a inspiré pour ses créations. Mozart dans les turqueries fait penser aux déguisements qu’il organisait avec ses frères et sœurs on sait que Dior les aimaient. Dans sa discothèque il possédait les variations de Bach, Brahms par Toscanini, Schubert, Ravel la symphonie espagnole. Dans une de ses collections, chaque vêtement portait le nom d’un musicien.

Quelques signes de reconnaissance qui caractérisent sa griffe, cannage, rubans, médaillons, pied de poule, panthère, couleur de référence le gris, d’autres tons le rouge, le rose.
La relève de la maison fut confiée à Yves Saint-Laurent, sa ligne trapèze est un triomphe lors de la collection de printemps-été 1958, ce qui a permis à la maison de durer jusqu’à nos jours.
Marc Bohan prendra la succession dès 1960 jusqu’en 1989.  

 Dans la maison il reste peu d’éléments, le père de Christian, avec la crise des années 30, a été contraint de céder progressivement la totalité de ses biens dont le mobilier.
Quelques souvenirs et objets personnels agrémentent le musée :
Un petit train publicitaire Dior, une bouteille d’eau de javel Dior, beaucoup de photos de famille, on peut découvrir la mère de Christian très élégante, des cartes postales montrant la maison à l’époque. Le portrait de Christian peint par Nora Auric, des partitions d’Henri Sauguet, un agenda ouvert à la date de son départ en Italie. Des robes de soirées, les flacons de ses créations de parfum.

 Cet été, une exposition est consacrée à Marc Bohan, de ravissantes robes de soirées précieuses et délicates sont exposées, robes portées par La Princesse Grace de Monaco, la Princesse de Hanovre, Liz Taylor, Sophia Loren, Farah Diba, Audrey Hepburn, Isabelle Adjani, Sylvie Vartan…………….

Christian Dior avait fait appel à Marc Bohan pour être son second assistant chargé de relations à l’étranger. Marc Bohan à voulu être celui qui allait maintenir une certaine continuité après le décès de Christian Dior.
Grand créateur, Marc Bohan fut directeur artistique de Dior pendant 28 ans, il est l’auteur de 57 collections. Mais aussi créations de sacs, parfums, baby Dior. "Bohan a su capter l'esprit de son temps avec un esprit qui résiste au temps", assure Jean-Luc Dufresne .

 Extraits du livret vendu au musée. 

La visite se poursuit dans le jardin de falaise, une pelouse et quelques massifs devant la maison, en se dirigeant coté mer, on découvre la pergola et son miroir d’eau, création architecturale de Christian Dior, avec un mobilier de jardin (qu'il a surement dessiné) en continuant nous arrivons  à la terrasse qui surplombe la mer , on peut y admirer  le soleil couchant, la roseraie embaume le parcours, mais aussi les effluves de parfums de sa collection ( afin que le visiteur découvre toute la gamme de ses créations) ,
 Christian Dior s’inspirait beaucoup des senteurs de son jardin pour ses nouvelles créations, ce jardin est compartimenté , quelques bancs dispersés  permettent de s’isoler et d’imaginer les heures glorieuses de cette maison qui était magnifiquement décorée, avec beaucoup de délicatesse par Madame Dior, les enfants animant la maison ,courant dans le jardin.
 L’enfance y fut certainement très heureuse, bourgeoise, la musique surement présente.



« La maison de mon enfance j’en garde le souvenir le plus tendre et le plus émerveillé. Que dis-je ? Ma vie, mon style, doivent presque tout à sa situation et à son architecture. » Christian Dior


Excellente promenade dans le royaume de la mode, par une belle journée d’été ce qui permet de s’évader dans les allées du jardin, l’exposition jusqu’au 20 septembre.

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commentaires

Yves 18/08/2009 18:31

Bravo Tinou pour ce résumé de la vie de Dior et de la belle description de sa ville de naissance Granville qui est maintenant pour moi plus qu'un simple nom sur une carte.
Je trouve que la phrase "la vie doit d’abord être une œuvre d’art" te décrit bien et reflète exactement ton amour pour l'art.